Liste des préfets des Ardennes

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Après avoir précisé les principales caractéristiques des nominations et de l'administration préfectorale en Ardennes, la liste des préfets des Ardennes est détaillée depuis la création de l'institution préfectorale.

L'exercice de cette fonction d'administration dans ce département est marquée par la dimension démographique et économique de ce territoire, par son particularisme protestant et par sa position aux frontières septentrionales de la France.

Préfecture des Ardennes

Principales caractéristiques[modifier | modifier le code]

Comment devient-on préfet des Ardennes[modifier | modifier le code]

Dès la création de cette institution par la Loi du 28 pluviôse an VIII et les premières nominations, une règle s'impose : le préfet des Ardennes n'est pas originaire des Ardennes[1]. Louis Tirman constitue la seule exception. Un seul est né de nationalité étrangère, le préfet en poste actuellement, Pierre N'Gahane, dont la carrière au sein de l'université française puis de la haute-administration a été souvent mise en avant comme un exemple d'ouverture et de diversité au sein des «élites» de la nation française.

Sur les 74 préfets qui se sont succédé de 1800 à 2012, un seul est une femme, Catherine Delmas-Comolli.

Les premiers préfets, sous le Consulat, le Premier Empire, et la Restauration, ont le plus souvent été nommés suite à des recommandations politiques, et pour avoir montré leurs qualités politiques et leurs fidélités au régime en place. À partir de la Monarchie de Juillet, ils sont davantage choisis au sein des secrétariats généraux et des sous-préfectures, accédant au poste de préfet après un parcours significatif dans l'administration préfectorale ou dans l'administration centrale[2]. Quelques périodes se caractérisent par des ruptures dans les évolutions vers les responsabilités de préfet : le début de la Troisième République puis la libération de la France en 1944 et le début de la Quatrième République[2]. Sous la Troisième République, les réseaux de la franc-maçonnerie jouent également un rôle occulte non négligeable[2].

Plusieurs préfets sont passés de diverses administrations (armée, police, université, etc.) à une carrière préfectorale. Il est devenu également assez courant que des préfets prolongent leur carrière dans le privé. Le passage de fonction de dirigeant d'entreprise à des fonctions de préfets reste par contre exceptionnel, et c'est le parcours de la seule préfète, Catherine Delmas-Comolli, avec plusieurs allers retours entre des responsabilités dans la fonction publique et dans des entreprises privées.

La formation initiale[modifier | modifier le code]

La formation de base est dès le début une formation en droit. Dans les premières années, une formation complémentaire est assurée par l'auditorat du Conseil d'État crée le 19 germinal an XI, supprimé sous la Restauration, rétabli en 1824 puis réorganisé en 1852, mais surtout essentiellement par des études à la faculté de droit. Hippolyte Carnot crée le 8 mars 1848 une école d'administration pour démocratiser l'accès à l'administration préfectorale. Mais dès le 9 août 1849 elle disparaissait[2]. En 1889, l’École Coloniale, qui change de nom ultérieurement et devient l'École nationale de la France d'outre-mer est également, par défaut d'une autre structure, un creuset de formation de haut-fonctionnaires pour la métropole française. En 1945, Michel Debré fonde une École nationale d'administration[2], dont sont aujourd'hui issus majoritairement les préfets des Ardennes, et ce depuis le milieu des années 1970.

A quoi sert un préfet des Ardennes[modifier | modifier le code]

Les fonctions des préfets en Ardennes sont bien entendu les mêmes, sur le papier, que pour le reste de la France, et elles ont évolué avec l'évolution de la fonction. Les caractéristiques du territoire ont toutefois donné plus ou moins d'importance à tel ou tel volet de l'action des préfets.

Ce territoire est marqué culturellement par une diversité religieuse, avec une assez forte tradition protestante, calviniste, en particulier dans le pays sedanais[3], et par un taux d’alphabétisation élevé dès le XVIIIe siècle[4],[5] , ce qui semble avoir favorisé à la fois les idées libérales, l'adhésion à la Nation française, et un certain conservatisme : il n'y a pas de grandes révoltes ou remous ni durant la Révolution française, ni au coup d'état du 18 brumaire, ni en 1848, ni en 1851. Et l'adhésion au régime républicain après la chute du Second empire s'est faite rapidement. D'où un contrôle politique, facette importante de l'activité des préfets au XIXe siècle, effectué sans grands heurts.

C'est un territoire agricole au sud du département et plus industriel dans sa partie septentrionale, avec une partie tertiaire plus faible. Cette structure d'activités a favorisé une dynamique économique au XIXe siècle mais se traduit, depuis la deuxième partie du XXe siècle, par une faible croissante, d'où des préoccupations économiques et depuis quelques décennies des drames sociaux à répétition. Et ceci malgré un effort auquel ont participé les préfets, pour désenclaver le territoire par des voies de navigation, les chemins de fer, les liaisons autoroutières ou plus récemment par le TGV.

Préfet des Ardennes en temps de guerre[modifier | modifier le code]

Le département des Ardennes est le seul département français à avoir été envahi en totalité à trois reprises durant le XIXe siècle et à deux reprises durant le XXe siècle. Ces guerres sont des guerres totales. Levée en masse, réquisitions, franc-tireurs, guérillas, otages, pillages d'usines, ces conflits mobilisent au delà des armées. En cela, ils touchnte profondément les populations et les pouvoirs civils.

En 1814 et 1815, les invasions provoquent la chute du régime napoléonien, et sont suivis de la révocation des préfets. En 1870, le Second Empire s'écroule durant le siège de Sedan, la République est proclamée à Paris, et le préfet en fonction dans les Ardennes, Tiburce Foy, décède de chagrin (dit-on). Louis Tirman assure l'intérim de la fonction, à la demande du gouvernement de la Défense nationale, échappant à l'ennemi, jusque l'armistice franco-allemand de janvier 1871. Puis une seconde fois du 6 avril 1871, nommé par Adolphe Thiers, jusqu'au 19 décembre 1873.

En 1914, le préfet Maurice Gervais est révoqué par le gouvernement français suite à des remontées d'informations erronées de la hiérarchie militaire. Son successeur, Pierre Népoty, est obligé de reculer devant l'avancée des troupes allemandes et tente durant tout le conflit de venir en aide à la population ardennaise, réfugiée en dehors du département ou restée sur place, de Reims ou de Paris. Conscient de l'injustice de la révocation de son prédécesseur, Maurice Gervais, le gouvernement le renomme symboliquement préfet des Ardennes à la libération du territoire. En 1939-1940, le préfet des Ardennes doit gérer la drôle de guerre, puis la débâcle, l'exode d'une grande partie de la population et l'occupation allemande. Il revient dès que possible dans son département, occupé. Les difficultés avec les occupants provoquent une valse des préfets. À la Libération, le général de Gaulle nomme des préfets qui ont la difficile mission de rétablir l’État de droit.

Les deux conflits mondiaux du XXe siècle sont suivis d'une longue période de reconstruction, suite aux dommages engendrés par la guerre et l'occupation ennemie.

Localisation de la préfecture[modifier | modifier le code]

Le siège de la préfecture est à Mézières, devenu Charleville-Mézières en 1966. Dans la continuité des choix du premier préfet des Ardennes, Joseph Frain, elle est installée dans l'ancienne École royale du génie de Mézières[1].

Liste des préfets[modifier | modifier le code]

Préfet napoléonien
Casquette de préfet
épaulette
... et gant.
Période Nom
de 1800 à 1814 Baron Joseph Frain
1814 Marquis Félix-Léonard de Roussy de Sales
1815 Baron Joseph Girod de Vienney de Trémont
1815 Baron Jean-Baptiste Rogniat
de 1816 à 1819 Comte de la Salle
de 1819 à 1823 Anne Étienne Louis Harmand d'Abancourt
de 1823 à 1828 Antoine Édouard Herman
de 1828 à 1835 Jérôme Reynaud de Bologne, baron de Lascours
de 1835 à 1837 Charles Hubert Henry
de 1837 à 1841 Henri Gustave Choppin d'Arnouville
de 1841 à 1848 Alexandre Delon
1848 Jules Allin
de 1849 à 1849 Alfred Mathey
de 1849 à 1870 Vicomte Tiburce Foy
en 1870 Louis Tirman (intérim)
de 1870 à 1871 Charles Dauzon
de 1871 à 1873 Louis Tirman
de 1873 à 1875 Stéphane Philibert Richard Buchot
de 1875 à 1876 Henri Alphonse Jolivet de Riencourt
de 1876 à 1877 Paul Benoît Louis Dumarest
en 1877 Paul Duphenieux
Comte de Brosses
de 1877 à 1879 Adrien Payelle
de 1879 à 1885 Albert Blondin
de 1885 à 1889 Etienne Antoine Joucla-Pelous
de 1889 à 1890 Alexandre Debax
de 1890 à 1893 Albert Delpech
de 1893 à 1895 Paul Anatole Lardin de Musset
de 1895 à 1900 Paul Joly
de 1900 à 1904 Félix Joseph Martin Feuillee
de 1904 à 1908 Henri Ramondou
de 1908 à 1911 Poux-Laville
de 1911 à 1912 Henri Cacaud
de 1912 à 1914 Maurice Gervais
de 1914 à 1918 Pierre Népoty
en 1918 Maurice Gervais
de 1918 à 1919 Paul Mathivet
de 1919 à 1920 René Jules Brisac
de 1920 à 1926 Paul Roquère
de 1926 à 1929 Paul Bouët
de 1929 à 1933 Jules Scamaroni
de 1934 à 1936 Pierre Proteau
en 1936 Guy Périer de Féral
en 1936 Paul Amade
de septembre 1936 à juin 1941 Edmond Pascal
en juin 1941 Pierre Philip
de juin 1941 à juin 1942 Marcel Daugy
de juin 1942 à décembre 1943 Robert Billecard
de janvier 1944 à août 1944 Frantz Lambert
d'août 1944 à octobre 1944 Marc Scaillierez
d'octobre 1944 à 1945 Georges Rastel
de 1945 à 1946 Camille Ernst
de 1946 à 1947 Maurice Picard
de 1947 à 1956 Maurice Daudin
de 1957 à février 1959 Jacques Saunier
de février 1959 à décembre 1961 Vitalis Cros
de janvier 1962 à août 1967 Robert Hayem
d'août 1967 à novembre 1969 Pierre Brunon
de novembre 1969 à avril 1974 José Bellec
d'avril 1974 à 1976 Henri Baudequin
de 1976 à août 1979 Jacques Monestier
d'août 1979 à mai 1982 Max Lavigne
de mai 1982 à octobre 1984 Jean-Paul Marty
d'octobre 1984 à novembre 1987 Michel Mosser
de novembre 1987 à mars 1990 Pierre Sébastiani
d'avril 1990 à février 1994 Philippe Callède
de février 1994 à mars 1997 Yves Henry
de mars 1997 à juin 2000 Pierre Baraton
de juin 2000 à juillet 2002 Jean-Claude Vacher
de juillet 2002 à janvier 2004 Bernard Lemaire
de janvier 2004 à août 2006 Adolphe Colrat
d'août 2006 à juillet 2008 Catherine Delmas-Comolli
de juillet 2008 à janvier 2011 Jean-François Savy
de janvier 2011 à décembre 2013 Pierre N'Gahane
depuis décembre 2013 Frédéric Perissat

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Les informations associées à chaque préfet sont issues des articles dédiées à chacun d'entre eux et les sources sont indiquées dans les articles.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages sur l'administration préfectorale, classés par année de parution.

Ouvrages sur le département.

Liens vers des sites web[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]