Mommy

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Mommy
Description de l'image Mommy logo.png.
Réalisation Xavier Dolan
Scénario Xavier Dolan
Acteurs principaux
Sociétés de production Metafilms
Pays d’origine Drapeau du Canada Canada
Genre Drame
Durée 134 minutes
Sortie 2014

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Mommy est un film dramatique québécois écrit et réalisé par Xavier Dolan, sorti en 2014.

Il a été présenté au festival de Cannes 2014 et a remporté le Prix du jury[1]. Dolan, pour sa première participation en compétition officielle (et quatrième sélection au festival) est à 25 ans le plus jeune réalisateur de la sélection. Dans l'histoire du festival, il est le second plus jeune réalisateur à recevoir le Prix du jury, la première étant l'Iranienne Samira Makhmalbaf, récompensée à 20 ans pour Le Tableau noir en 2000[2].

Comme dans le clip College Boy réalisé par Dolan en 2013, le film a la particularité d'être en majorité tourné en format d'image carré 1:1[3],[4]. Mommy a été sélectionné pour représenter le Canada à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère lors de la 87e cérémonie des Oscars qui a eu lieu en février 2015, mais a été exclu lors de la liste préliminaire[5],[6]. Le film connaît un succès tant au Québec qu’en France, où il a dépassé la barre d'un million de spectateurs. Il se place en troisième position pour un film québécois le plus vu dans un territoire français, derrière les deux films de Denys Arcand[7].

Le film figure dans la liste Canada's Top Ten, les dix meilleurs longs-métrages canadiens de 2014, sélectionnés par un jury composé de sept réalisateurs et professionnels de l'industrie du cinéma, coordonné par TIFF[8],[9],[10].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Dans un Canada du futur proche (2015), une nouvelle loi (la loi S 14) autorise les parents d'enfants très difficiles à confier ceux-ci à une institution d’État de type hôpital psychiatrique pour mineurs.

Dans ce contexte, Diane, veuve d'une quarantaine d'années habitant la banlieue de Montréal, récupère la garde de son fils Steve, un adolescent souffrant d'un trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH[11]), du fait de son expulsion pour comportement irresponsable et dangereux du centre de rééducation dans lequel il avait été placé peu de temps après la mort de son père.

La mère et le fils forment un duo explosif – entre amour, violence, tendresse et insultes – que va venir compléter leur voisine Kyla, professeur dans le secondaire en « congé sabbatique » à la suite d'un drame dont elle garde un bégaiement séquellaire handicapant. Tous les trois trouvent alors une forme d'équilibre précaire (Kyla donnant des cours de rattrapage à Steve, tandis que Diane effectue des ménages pour assurer la survie financière de la maisonnée) et même un certain bonheur. Jusqu'au jour où un huissier de justice délivre à la mère de l'enfant une très mauvaise nouvelle. Après, tout déraille...

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Développement[modifier | modifier le code]

Xavier Dolan, à 24 ans, réalise son cinquième long métrage, le quatrième à aborder directement la figure maternelle, bien qu'elle soit aussi traitée de façon indirecte dans son thriller Tom à la ferme (2013)[14]. Dolan écrit un film avec trois héros, « un film triangulaire dont aucun des personnages ne prend le pas sur l'autre[13] ». Il se détache de l'aspect autobiographique présent dans ses premiers films, notamment dans sa représentation de la figure de la mère[3],[14],[18].

« S’il est un sujet que je connaisse sous toutes ses coutures, qui m’inspire inconditionnellement, et que j’aime par-dessus tout, c’est bien ma mère. Quand je dis ma mère, je pense que je veux dire LA mère en général, sa figure, son rôle. Car c’est à elle que je reviens toujours. C’est elle que je veux voir gagner la bataille, elle à qui je veux écrire des problèmes pour qu’elle ait toute la gloire de les régler, elle à travers qui je me pose des questions, elle qui criera quand nous nous taisons, qui aura raison quand nous avons tort, c’est elle, quoi qu’on fasse, qui aura le dernier mot, dans ma vie. À l’époque de J’ai tué ma mère, j’avais voulu, je pense, punir ma mère. Seulement cinq ans ont passé depuis, mais je crois bien qu’aujourd’hui, à travers Mommy, j’essaie maintenant de la venger. Allez comprendre… »

— Xavier Dolan, Notes de production[14],[18]

Avec André Turpin, son chef opérateur rencontré sur le clip de College Boy[13], il décide de tourner le film en format 1:1 – un carré, rare au cinéma contemporain[19] – qu'ils avaient utilisé sur le clip d'Indochine[20],[3],[14]. Également monteur du film, Dolan est un habitué des changements de formats, puisqu'il avait déjà modifié les ratios de l'image dans Tom à la ferme pendant les scènes de suspense[21],[22]. Dolan estime que cela met en valeur les personnages, emprisonnant le regard du spectateur dans celui du personnage[3] et débarrassant l'image des distractions pouvant apparaître sur les bords horizontaux[13],[14]. C'est un format emprunté à la photographie, et notamment à celle des portraits : « le sujet est indéniablement le personnage, au centre de l’image, toujours. Les yeux ne peuvent l’éviter. »

Il propose à ses deux actrices fétiches, Anne Dorval et Suzanne Clément, les rôles principaux[13]. Dorval interprétait déjà la mère dans J'ai tué ma mère et est aussi apparue dans Les Amours imaginaires et Laurence Anyways. Clément jouait le rôle féminin dans Laurence Anyways. Le troisième personnage principal, Steve, est interprété par Antoine-Olivier Pilon, 16 ans au moment du tournage. Il avait un rôle de figurant dans Laurence Anyways et le rôle-titre du collégien dans le clip College Boy[14].

Tournage[modifier | modifier le code]

Annoncé sur son compte Twitter en , Xavier Dolan débute le tournage à Montréal[23]. La seconde moitié du tournage s'amorce à l'hiver 2013 et se termine en février 2014[24].

Ayant tourné dans la banlieue de Montréal où il a grandi, Dolan explique : « je m’étais juré de tout faire pour que mes personnages ressemblent aux voisins de mon quartier d’enfance, et non pas à leur caricature[14]. ».

Bande originale[modifier | modifier le code]

Pour Mommy, Xavier Dolan a choisi la musique qu'il aime, dont notamment Céline Dion : « J'aime Céline Dion, tous mes personnages aiment Céline Dion. J'ai grandi avec l'album sur lequel cette chanson figure. J'aime la mélodie, les arrangements, je trouve que c'est une chanson puissante, tendre[25]. »

Accueil[modifier | modifier le code]

Sortie[modifier | modifier le code]

Mommy est présenté en compétition officielle au festival de Cannes en , donc c'est la quatrième fois pour Xavier Dolan après les représentations des J'ai tué ma mère sélectionné de la « Quinzaine des réalisateurs » en 2009, Les Amours imaginaires à « Un certain regard » en 2010 et Laurence Anyways également à « Un certain regard » en 2012[26].

Le film est projeté en québécois sous-titré en français (et en anglais à Cannes) en raison de l'utilisation d'un dialecte joual[27],[28] ; les sous-titres français et anglais ont été créés par Xavier Dolan[29].

Le film est particulièrement bien accueilli lors de sa projection à Cannes[30], applaudi pendant la séance[31] et ovationné pendant plus de 12 minutes en fin de projection[32],[33]. Lors de la cérémonie de clôture où il décroche le Prix du jury, Dolan prononce un discours de remerciement passionné et émouvant, rendant notamment hommage à Jane Campion (la présidente du jury 2014) et poussant sa génération à réaliser ses rêves afin de changer le Monde, déclarant que « tout est possible à qui ose, travaille, s'accroche et n'abandonne jamais ».

Le film a été vendu dans plus de 50 pays dans le monde, dont les États-Unis et la France[34]. En France, le film a pris l'affiche sur 315 écrans, la plus grosse sortie pour un film québécois depuis Les Invasions barbares en 2003 avec 455 écrans[35]. De plus, la promotion de ce film a fait grandement parler de lui jusqu’avant la sortie, notamment le quotidien Libération, qui consacrait sa une et quatre pages entières de Mommy, la couverture de Télérama, des Inrocks et du supplément de L'Express. Diaphana, le distributeur français indépendant, a organisé une centaine d'avant-première pour le film Mommy qui ont remporté un énorme succès, les places s'y étant arrachées (15 000 spectateurs au bas mot)[36].

« C'est le genre de couverture de presse que l'on a très, très, rarement vu pour un réalisateur en France, aussi enthousiaste que la presse française puisse être. Pour un film cannois, la dernière fois, ça devait être Pulp fiction et Tarantino. Pas grand monde a eu droit à ce traitement-là. »

— Nathanael Karmitz, président de MK2 (distributeur), en référence à l'engouement que suscite Mommy[37]

Box-office[modifier | modifier le code]

Pays Box-office Entrées Date de sortie
Drapeau : Québec Québec 3 330 957 $ 355 624 entrées 19 septembre 2014
Drapeau de la France France 8 221 004 $[38] 1 142 750 entrées 8 octobre 2014
Drapeau des États-Unis États-Unis 22 204 $[38] - 23 janvier 2015
Drapeau de la Belgique Belgique 225 512 $[38] - 8 octobre 2014
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 84 246 $[38] - 13 novembre 2014
Drapeau de l'Italie Italie 434 479 $[38] - 4 décembre 2014
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 129 127 $[38] - 13 novembre 2014
Drapeau de la Pologne Pologne 89 620 $[38] - 17 novembre 2014
Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud 99 708 $[38] - 18 décembre 2014
Monde Mondial 12 424 260 $ 1 498 374 entrées 19 septembre 2014 - en cours

Au Québec, pour son premier weekend, le film a connu un départ canon avec 466 776 $ sur 64 écrans à travers la province. Il s'agit d'un meilleur démarrage depuis la sortie du film Le sens de l'humour en 2011[39]. Après 11 jours, le film a déjà dépassé 1 million de dollars, devenant le premier film de Xavier Dolan à franchir la barre symbolique[40]. Profitant de ce succès grâce d'un bouche à oreille, le long-métrage ajoute des copies jusqu'à 82 écrans au Québec à la troisième semaine de la sortie[41]. Depuis le 20 octobre 2014, à la cinquième semaine, Mommy devient le film québécois le plus lucratif de 2014 avec 2 417 041 $, dépassant ainsi le film 1987[42]. À la neuvième semaine, le film a passé le cap des 3 millions $ et se hisse même dans le top 15 des meilleures recettes de l’année 2014[43],[44].

En France, dès la séance de 14h, le film Mommy a déjà cumulé 2 685 entrées dans 24 salles parisiennes, pour une moyenne de 112 spectateurs par copie, soit une meilleure démarrage de la semaine depuis Les Gardiens de la Galaxie avec 2 819 entrées[45]. À son premier weekend, 273 026 personnes se sont déplacées pour voir le film, lui permettant de se hisser au troisième rang du top week-end. Le film a récolté 11 % des parts du marché français[46] et une moyenne de 867 entrées par copie. Déjà, non seulement que le film a dépassé d’autres films de Xavier Dolan, en termes de nombres d'entrées, comme Tom à la ferme avec 139 442 entrées, mais Mommy vient de battre un record de la première fin de semaines détenu par le film Les Invasions barbares de Denys Arcand avec 256 000 spectateurs en 2003. Confiant, Diaphana a décidé par la suite d'ajouter 75 copies, pour en porter le total à 390 à sa deuxième semaine[47]. À sa première semaine, le film a été vu par 340 171 spectateurs, soit le meilleur démarrage de tous les temps pour un film québécois en France[48]. Après six semaines de la sortie, le film a dépassé la barre du millionnaire avec 1 017 419 entrées. Il rejoint maintenant un des rares films québécois à atteindre le million d’entrées[49].

Aux États-Unis, le film est sorti avec quatre écrans, soit à New York et à Los Angeles. Par la suite, le distributeur américain prévoit d'augmenter le nombre de salles et de villes au cours des prochains semaines. Il s'agit d'une méthode souvent utilisée aux États-Unis pour les films étrangers[50]. Pour le premier weekend, le départ est plus modeste avec 20 950 $, à la grande incompréhension de Indiewire qui s'explique mal de cette contre-performance[51],[52].

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Festival de Cannes[modifier | modifier le code]

Le Monde le qualifie de « film le plus stupéfiant de la quinzaine[27] » et Télérama explique à propos de Xavier Dolan, que « sa plus belle réussite, en tant que trublion du cinéma d'auteur, consiste à maintenir la tension et l'émotion sans passer par un grand sujet (comme dans Laurence Anyways) ni par un genre codifié (comme le thriller dans Tom à la ferme), mais plutôt en faisant intensément exister trois personnages magnifiques[53]. » Le Time Magazine écrit qu'« au sein d'une sélection peu ambitieuse où de trop nombreux grands réalisateurs ont déçu, Mommy est précisément l'électrochoc dont on avait besoin. Comme La Vie d'Adèle l'année dernière qui avait agréablement surpris le public et le jury, le film de Dolan est intimiste, colérique, sensationnel et un peu trop long. Mais tous ses excès en font son charme[54],[55] » et The Guardian ajoute que « l'énergie et l'attaque de Dolan sont excitantes ; son film est souvent brillant et très drôle dans sa façon de briser les barrières estampillées « Incorrect » et « Inconvenant[56],[57]. » Le site Critikat écrit que si « Xavier Dolan agace, [...] le fait est que Mommy bouleverse comme aucun autre film du réalisateur québécois : il y a dans ce cinquième long-métrage un mouvement désespéré pour se soustraire au désenchantement adulte, la tentative perdue d’avance de se consoler d’une perte tellement immense qu’elle pourrait tout aspirer sur son passage. On n’attendait plus de la part de Dolan une telle lucidité[58]. » Un journaliste de L'Express ajoute que le film est « sûrement trop long, souvent dans l'hystérie, dans le tape-à-l'œil, dans le surfait, dans la chantilly. Mais il aligne quelques séquences de pur génie, du cinéma foufou et exaltant. [...] Mommy est une explosion de sentiments exacerbés. Impossible d'en réchapper. On ressort de là secoué et transi[31]. » Les trois acteurs principaux sont « époustouflants[53] » et « formidables[59] », alors que la musique du film est plébiscitée par les critiques[59],[53],[57],[60]. Peu après sa projection, Mommy est considéré comme l'un des favoris à la Palme d'or[55],[60],[61],[59],[53].

Concernant le ratio d'image 1:1, des critiques estiment que ce format rare favorise l'impression de claustrophobie tout à fait adaptée au récit[60], et le site Écran Noir ajoute que « rarement un format d’écran n’a été au service d’une sensation comme c’est le cas dans Mommy[62]. » Slate écrit à propos de la réalisation que l'une des forces de Dolan « consiste à filmer chaque scène comme si elle était la plus importante du film, sinon la plus importante jamais tournée depuis l’invention du cinéma[19]. » Alors que Dolan est régulièrement qualifié d'« enfant terrible[22],[55],[21],[31] » ou de « jeune prodige[61],[27],[59] » par la presse, Mommy est décrit comme un film énergique[57], déchirant[22], nerveux[59], drôle[19],[57] et désespéré[53], un « tour de force » d'après certains critiques[63],[22]. Le film aborde la place de la jeunesse dans la société et d'une classe sociale déboussolée[58],[3],[59] et ostracisée qui s'approprie le rêve américain[13].

Québec[modifier | modifier le code]

Tout comme à Cannes, les critiques au Québec sont très élogieuses au film, particulièrement Cinoche.com, qui l'a accordé 4,5 étoiles sur cinq, déclare que ce film est « f*cking un chef-d’œuvre dont on ne saisi toutes les subtilités que lors d'un deuxième visionnement, [...] voilà le plus grand/grandiose film québécois de l'année, les émotions humaines en étant le dernier rempart[64]. » Même le sérieux site Mediafilm.ca a accordé au film une très bonne note, saluant notamment les performances des acteurs[65]. Le critique de Point de vues n'a pas hésité d'accorder 5 étoiles à Mommy, expliquant qu'il avait été « soufflé » en sortant du cinéma[66].

Malgré des critiques excellentes, Mommy connaît quelques bémols, dont La Presse, avec 4 étoiles sur 5, qui admet que « le dernier acte – puissant sur le plan dramatique – s'étire un peu[67] » ou Le Soleil qui avoue que « les dialogues sont souvent livrés sur un ton qui frise l'hystérie, surtout dans les moments de crise[68]. »

France[modifier | modifier le code]

La critique a unanimement salué Mommy. Selon le site Allociné, le film a obtenu 4,3/5 étoiles pour 32 critiques[69], le plaçant au premier top du meilleur film de la semaine selon la presse, juste devant le film Le Garçon et le Monde[70]. Au moins 17 critiques ont mis 5 sur 5 étoiles à ce film, dont la revue Cahiers du cinéma, qui écrit : « Mommy est le meilleur film de Dolan […], celui où le cinéaste parvient avec le plus de netteté à ses fins : parvenir à un certain étourdissement émotif du spectateur, tout en esquivant, certes parfois de justesse, le pathos fictionnel ou les entourloupes de scénario et de mise en scène », le journal hebdomadaire Le Journal du dimanche décrit le film « rempli d'amour en forme de bombe émotionnelle, nous explose à la face. Et nous laisse complètement sonnés[71] », le quotidien Libération considère ce film comme « LE film de la rentrée, un amour de film, celui qui nous perturbe[72] » ou Télé 2 Semaines loue le réalisateur Xavier Dolan : « avec son trio d’acteurs brillants, sa mise en scène audacieuse et son histoire à la fois drôle et bouleversante, Dolan signe un chef-d’œuvre, qui marquera une génération. »[73].

Parmi les critiques les plus sévères, Écran Large, avec une étoile et demie sur cinq, reproche le film d'être « hystérique et vulgaire[74] », alors que Les Fiches du cinéma admet que « entre fascination et agacement, le cas Dolan va continuer, avec Mommy, à diviser[75]. » Rue89, dans sa critique intitulée « Gone Girl et Mommy : je ne ferai pas l’éloge de Fincher et Dolan », écrit que « si l’outrance est la marque du film, elle en définit aussi les limites. Et l’éloge en continu des élans libertaires contre les dogmes du conformisme ne mérite peut-être pas 2 h 30 de fiction [...] où le « surdoué » fait mumuse avec l’image (utilisation du format carré 1:1) et aussi beaucoup avec ses personnages, en n’oubliant ni les clichés ni le pathos au passage[76]. » Cependant, tous s'entendent sur une chose : les comédiens sont excellents.

États-Unis[modifier | modifier le code]

À Hollywood, le film a été projeté en vue des Oscars et des Golden Globes. Le magazine Vanity Fair le place en deuxième position des meilleurs films de 2014, derrière Love Is Strange et devant Boyhood et Mr. Turner[77]. Indiewire, pour sa part, l'a inclus sur la liste des 20 meilleurs films de l'année[78]. De plus, la performance d'Anne Dorval a été remarquée notamment par Variety qui la voit comme une des meilleures de l'année, le magazine américain estimant même que l'actrice s'est fait voler le prix d'interprétation féminine par Julianne Moore au dernier Festival de Cannes. Anne Dorval a aussi attiré l'attention de Hollywood Reporter qui ne serait pas surpris de voir l'actrice parmi les cinq finalistes de l'Oscar de la meilleure actrice. Pour que l'actrice puisse concourir dans cette catégorie, il faut que Mommy sorte dans les salles de cinéma américaines avant le 31 décembre 2014. Comme le distributeur américain, Roadside Attractions, a mis le film à l'affiche dans une salle de Los Angeles pendant une semaine au début du mois de décembre, Mommy est ainsi éligible dans toutes les catégories aux Oscars 2015[79].

Accueil public[modifier | modifier le code]

Du côté des spectateurs, selon le site AlloCiné, Mommy a obtenu la note 4,5 étoiles sur 5[80] et figure en cinquième place des meilleurs notes spectateurs de tous les films[81]. Le cinéaste Claude Lelouch l'a écrit sur son Twitter : « Cela faisait une vingtaine d’années que je n’avais pas vu un film aussi fort... Fabuleux! »[82]. En France, le film a reçu l’étiquette Coup de foudre du public, décernée par l’Observatoire de la satisfaction pour avoir atteint le taux de satisfaction à 93 %[49].

En 2015, sur le site Allociné, il est classé par les spectateurs à la onzième place des meilleurs films de tous les temps[83].

L'agrégateur Rotten Tomatoes affiche 90 % de critiques positives, avec une moyenne de 8,3/10 sur 30 critiques[84], alors que Metacritic indique la note de 81 / 100 sur 9 critiques[85].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Sélections[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  5. (en) Etan Vlessing, « Oscars: Canada Picks 'Mommy' for Foreign-Language Category », The hollywood Reporter,‎ (consulté le 12 octobre 2014)
  6. « Oscars : Mommy exclu de la catégorie du meilleur film en langue étrangère »,‎ (consulté le 19 décembre 2014)
  7. « Dolan reste derrière Arcand en France », Journal de Québec,‎ (consulté le 19 décembre 2014)
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  54. Citation originale : « At a still-precocious 25, the former Montreal child star takes a more mature but endlessly provocative and exhilarating look at the same relationship in Mommy. In a somnolent Cannes season of too many disappointments from major directors and a tepid level of ambition, Mommy is precisely the electroshock jolt the festival needed. Like Blue Is the Warmest Color, which pleasurably startled audiences on its way to winning the Palme d’Or, Dolan’s film is intimate, emotionally choleric, sensational and a bit loo long (at 2 hours and 20 minutes). But its excesses are part of, at the heart of, its appeal. »
  55. a, b et c (en) Mary Corliss, « Mommy at Cannes: The One We’ve Been Waiting For », Time,‎ (consulté le 23 mai 2014)
  56. Citation originale : « Dolan's energy and attack is thrilling; his movie is often brilliant and very funny in ways which smash through the barriers marked Incorrect and Inappropriate. »
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Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]