The Witch (film, 2015)

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The Witch (The Witch : A New-England Folktale)
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Titre québécois La Sorcière
Réalisation Robert Eggers
Scénario Robert Eggers
Acteurs principaux

Anya Taylor-Joy
Ralph Ineson
Kate Dickie
Harvey Scrimshaw
Ellie Grainger
Lucas Dawson

Sociétés de production Parts and Labor
Rooks Nest Entertainment
RT Features
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau du Canada Canada
Genre horreur
Durée 93 minutes
Sortie 2016

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

The Witch (parfois stylisé sous le titre The VVitch[1]) ou La Sorcière au Québec est un film d'épouvante américano-canadien écrit et réalisé par Robert Eggers, sorti en 2015. Premier long-métrage du réalisateur, il a été présenté au Festival du film de Sundance en , où il a obtenu le Prix de la mise en scène.

Le film relate la désagrégation d'une famille de colons bannis de leur communauté puritaine dans la Nouvelle-Angleterre du XVIIe siècle. Installés à la lisière d'une forêt, ils se trouvent confrontés à une force maléfique.

Résumé détaillé[modifier | modifier le code]

Reconstitution d'une ferme typique d'une plantation du XVIIe siècle.

Dans la Nouvelle-Angleterre du XVIIe siècle, un homme nommé William est chassé d'une plantation puritaine en raison des critiques virulentes qu'il adresse à sa communauté religieuse. Le puritain banni décide de s'installer avec sa famille — composée de sa femme Katherine, sa fille Thomasin, son fils Caleb, des jumeaux Mercy et Jonas ainsi que du nouveau-né Samuel — loin de la civilisation, à la lisière d'une forêt. Ils y construisent une ferme et mènent une existence pieuse, vivant de la culture de maïs et de l'élevage de bêtes.

Un soir, le nourrisson Samuel disparaît subitement tandis que Thomasin le veillait en jouant avec lui. À l'insu de la famille, le bébé est tué par une vieille sorcière, qui bat le petit corps dans une baratte puis enduit le manche d'un balai avec la graisse humaine obtenue.

Tandis que la disparition de Samuel laisse Katherine inconsolable, William se résigne mornement à la perte du nourrisson. Le chef de famille emmène son fils Caleb dans la forêt bordant la ferme pour ramasser les prises des collets posés pour pallier la maigreur des récoltes. Le garçon remarque alors un lièvre au comportement étrange, que William tente vainement de tuer. De retour, ils trouvent les jumeaux jouant avec Black Phillip, le bouc de la ferme, tandis que Thomasin travaille avec sa mère.

Un bouc noir.

Pendant la nuit, Katherine se dispute avec son mari. Les deux parents prévoient d'envoyer Thomasin au village pour qu'elle y travaille comme servante. Les enfants entendent toute la conversation. Thomasin et Caleb décident alors de partir en forêt avec leur chien pour aller chasser. Tout à coup, le cheval prend peur et renverse Thomasin tandis que Caleb court pour tuer un lièvre levé par le limier. Le garçon se perd dans les bois avant de tomber sur le cadavre éventré de son chien. Poursuivant son chemin, Caleb découvre une masure moussue d'où sort une jeune femme aguichante. Celle-ci attire le garçon vers elle puis l'embrasse, avant de l'agripper brusquement d'une main ridée.

Un soir d'orage, le jeune garçon, nu et à bout de force, réapparaît à la ferme. Comme possédé, Caleb est pris de convulsions puis finit par rendre l'âme en dépit des soins et prières prodigués par ses proches. Les soupçons se tournent vers Thomasin, notamment par le biais des jumeaux Mercy et Jonas. Thomasin accuse à son tour les jumeaux, en affirmant les avoir entendu converser avec Black Phillip, le bouc de la ferme. William enferme ses trois enfants dans l'étable, avec le bouc et les chèvres, puis bat sa coulpe en pleurant et en mangeant de la terre.

Durant la nuit, Katherine voit apparaître dans sa chambre ses fils défunts, Caleb et Samuel : tandis qu'elle allaite le nourrisson, celui-ci se transforme en corbeau qui lui déchire le sein. Dans l'étable, Thomasin, Mercy et Jonas perçoivent des bruits puis hurlent en découvrant qu'une vieille sorcière nue est parvenue à s'introduire au sein de leur prison.

Le lendemain, sortant de la ferme d'un air hébété, William s'aperçoit que les animaux de l'étable sont morts. Les jumeaux ont disparu et Thomasin gît évanouie, puis reprend connaissance. Black Phillip éventre alors le chef de famille à coups de cornes. Les cris de Thomasin réveillent sa mère. Celle-ci, prise de furie en découvrant la scène, se rue sur sa fille. En se défendant, Thomasin finit par poignarder Katherine à plusieurs reprises.

Thomasin se retrouve désormais seule au monde. La nuit tombée, elle adresse la parole à Black Phillip, qui finit par lui répondre en langage humain. Le bouc propose monts et merveilles, à condition que Thomasin écrive son nom dans un grand livre posée devant elle. Black Phillip se transforme en gentilhomme ténébreux et guide la main de la jeune fille illettrée.

Accompagnée par le bouc, Thomasin pénètre alors dans la forêt, nue. Elle y trouve d'autres sorcières qui dansent frénétiquement et chantent autour d'un feu de joie, puis s'élèvent au-dessus des flammes. Thomasin s'envole à son tour en riant.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Information icon with gradient background.svg Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données IMDb.

Distribution[modifier | modifier le code]

Accueil[modifier | modifier le code]

Critique[modifier | modifier le code]

L'accueil critique est partagé : le site Allociné recense une moyenne des critiques presse de 3,9/5, mais des critiques spectateurs à 2,2/5[2].

Pour Frédéric Strauss de Télérama, « l'ambition artistique du cinéma indépendant américain et les effets effrayants du fantastique font bon ménage dans ce premier film, primé au festival de Sundance comme à celui de Gérardmer. [...] le réalisateur a trouvé de quoi mêler habilement les genres. Son travail sur le décor et les costumes crée une atmosphère très soignée, picturale. Mais chargée, aussi, de puritanisme religieux et de croyances obscures. Quelques années plus tard, dans la même région, surviendra la fameuse affaire des sorcières de Salem... The Witch agite les peurs de cette époque tout en les observant avec sérieux — une partie des dialogues a même été puisée dans des documents historiques. [...] Ici, la réflexion sur la fragilité de la condition humaine est limitée par un trop-plein d'horreur. Mais le débutant Robert Eggers a un style fort et envoûtant. »[3].

Pour Romain Blondeau des Inrockuptibles, « quoiqu’un peu délirant, l’effet de hype n’est cette fois-ci pas totalement immérité : The Witch est bien l’un des meilleurs films d’horreur vu depuis des lustres, un objet radical, malin et terrifiant, apte à redorer un peu le blason d’un genre dont on vérifie chaque semaine l’état de déliquescence avancé. [...] Inspiré d’une histoire vraie, dit-on, le film a comme première singularité d’inscrire son récit dans un contexte peu visité par le cinéma horrifique, et pourtant fertile en imaginaire démoniaque : la Nouvelle-Angleterre du XVIIe siècle, son climat d’apocalypse, ses villages boueux, son ciel bas, ses curés idolâtres et ses chasses aux sorcières. [...] La première partie du film exploite habilement ce climat paranoïaque, épousant la forme d’un huis clos familial incendié par la dévotion malade et obscurantiste d’une époque pas si lointaine. »[4].

Box-office[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Jessica Bloom, « Designer-Turned-Director Robert Eggers Discusses His Horror Film The Witch », sur Format.com, (consulté le 28 août 2016).
  2. « The Witch », sur Allociné (consulté le 19 juillet 2017).
  3. Frédéric Strauss, « The Witch », sur Télérama, (consulté le 15 septembre 2016).
  4. Romain Blondeau, « The Witch », sur Les Inrockuptibles, (consulté le 15 septembre 2016).
  5. JP-Boxoffice.com ; page du film The Witch (2016) consulté le 19 juillet 2017.
  6. « Festival International du Film Fantastique de Gérardmer : Palmarès », sur Festival international du film fantastique de Gérardmer, (consulté le 27 février 2016).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie et webographie[modifier | modifier le code]

  • (en) The Witch : Press Notes, , 33 p. (lire en ligne).
  • (en) Jessica Bloom, « Designer-Turned-Director Robert Eggers Discusses his Horror Film The Witch », Format Magazine,‎ (lire en ligne).
  • (en) Aviva Briefel, « Devil in the Details : The Uncanny History of The Witch (2015) », Film & History: An Interdisciplinary Journal, Center for the Study of Film and History, vol. 49, no 1,‎ , p. 4-20 (ISSN 0360-3695, lire en ligne).
  • Pascal Grenier, « The Witch : la sorcellerie à travers les âmes », Séquences : la revue de cinéma, no 302,‎ , p. 33 (lire en ligne).
  • (en) Eric Krasny, « The witch : a New-England folktale », International Journal of Jungian Studies, vol. 9, no 3,‎ , p. 213-218 (DOI 10.1080/19409052.2017.1340728).
  • (en) Alan Bernard McGill, « The Witch, the Goat and the Devil : A Discussion of Scapegoating and the Objectification of Evil in Robert Eggers' The Witch », Theology Today, SAGE Publications, vol. 74, no 4,‎ , p. 409-414 (DOI 10.1177/0040573617731708).
  • (en) Walter C. Metz, « New Englanders, Out of Their Minds », Film Criticism, vol. 40, no 3,‎ , p. 49-63 (lire en ligne).
  • (pt) João Paulo Zerbinati et Maria Alves de Toledo Bruns, « A sexualidade feminina contextualizada no filme The Witch », Leitura Flutuante - Revista do Centro de Estudos em Semiótica e Psicanálise, vol. 8, no 1,‎ , p. 77-80 (lire en ligne).
  • (en) Noah Patterson, « Monstrous Women : Exploring Historical Witchcraft and Its Presence in The Witch », Digital Literature Review, Muncie, Université d'État de Ball, vol. 4,‎ , p. 1-14 (lire en ligne).
  • (en) Thomas Prasch, « « What went we out into this wilderness to find » : Supernatural Contest in Robert Eggers's The Witch : A New-England Folktale (2015) », dans Cynthia Miller et A. Bowdoin Van Riper (éd.), Divine Horror : Essays on the Cinematic Battle Between the Sacred and the Diabolical, Jefferson (Caroline du Nord), McFarland & Company, , 168 p. (ISBN 978-1-4766-6992-2), p. 13-28.
  • (en) Saige Walton, « Air, Atmosphere, Environment : Film Mood, Folk Horror and The VVitch », Screening the Past, vol. 43,‎ (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]