Kraï du Primorié

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Kraï du Primorie
(ru) Приморский край
Armoiries de la zone Kraï du Primorié
Armoiries de la zone Kraï du Primorié
Drapeau de la zone Kraï du Primorié
Drapeau de la zone Kraï du Primorié
Kraï du Primorié
Administration
Pays Drapeau de la Russie Russie
Région économique Extrême-Orient
District fédéral Extrême-oriental
Statut politique Kraï
Création 20 octobre 1938
Capitale Vladivostok
Gouverneur Andreï Tarassenko (intérim)
Démographie
Population 1 929 008 hab. (2016)
Densité 12 hab./km2
Géographie
Superficie 164 673 km2
Autres informations
Langue(s) officielle(s) Russe
Fuseau horaire UTC+11
Code OKATO 05
Code ISO 3166 RU-PRI
Immatriculation 25, 125
Liens
Site web http://www.primorsky.ru

Le Primorié (en russe : Примо́рье) ou kraï du Primorié (en russe : Примо́рский край, Primorski kraï), également connu autrefois sous le nom de Mandchourie extérieure est un sujet fédéral de Russie (kraï). Le mot primorski signifie « maritime » en russe, d'où le surnom de « Province maritime » de la région. Le kraï est en effet situé à l'extrême sud de l'Extrême-Orient russe, donnant sur la mer du Japon, et confine avec la province du Heilongjiang en Chine et la Corée du Nord. La capitale administrative est Vladivostok.

Histoire[modifier | modifier le code]

Stèle en forme de tortue de la dynastie Jin à Oussouriisk

Comme dans le reste de l'Extrême-Orient, le Primorié est une région où, à l'époque préhistorique, les hommes ont très tôt utilisé des récipients en céramique et commencé à mener une vie semi-sédentaire sans toutefois s'engager dans l'agriculture. Ainsi, des pièces en céramiques âgées de 9360 et de 10 770 ans ont été retrouvées à Ustinovka et à Chernigovka. Elles devaient probablement servir à la cuisson des repas. De l'herbe était ajoutée à la terre et des paniers tressés servaient de moules. La cuisson était réalisée à basse température (450-600 °C), sur un feu ouvert[1].

Au néolithique, pendant les cultures de Boisman et de Rudnaya, ils ont surtout exploité les ressources de la mer, vivant de la pêche et de la chasse. C'est aussi surtout la pêche qui les pousse à adopter un mode de vie sédentaire, tout au moins au niveau saisonnier. L'agriculture ne commence à se développer que lentement à partir de -3000 avec le passage à la culture de Zaisanovka puis, à l'âge de bronze, après -1500, avec le développement de la culture de Senii Gei autour du lac Khanka, de celle de Lidovka à l'est et de Margarita au sud-ouest[2].

Vers -800, la côte est occupée en permanence par les hommes de la culture de Yankovskaya qui font pousser de l'orge et du millet, se livrent surtout à la pêche et vivent dans de gros villages tandis que la culture de Krounovka se développe à l'ouest. Le début du premier millénaire est le temps de la culture d'Olgin. À cette époque, les éleveurs locaux doivent payer tribu aux puissants nomades de la steppe, les Huns[2].

Plus tard, le Primorié est occupé par des tribus Mohe, les ancêtres des Jurchens et des Mandchous. Ils sont intégrés dans le royaume coréen de Koguryo (seulement le sud) puis dans celui de Balhae (698-926) qui est ensuite intégré dans l'empire des Khitans. Les Jurchens reprennent le pouvoir dans la région et fondent la dynastie Jin (1115-1234). Après cette date, le Primorié suit l'histoire du reste de la Chine. Au début du XVIIe siècle, les Jurchens se révoltent à nouveau, finissent par conquérir l'ensemble de la Chine et la dirigent durant la période Qing. Craignant d'être assimilés dans leur région d'origine, ils interdisent l'installation de membres d'autres ethnies en Mandchourie. Au début du XIXe siècle, la région n'est que peu peuplée.

Construction du transsibérien près d'Ussuri en 1895

En 1860, la convention de Pékin donne le contrôle du Primorié à la Russie. Les Russes commencent dès lors la colonisation de la région et créent de nombreuses villes. Les activités principales sont d'abord la chasse, la pêche et l'agriculture auxquels viennent s'ajouter les mines de charbon.

Après la révolution, le Primorié connait la guerre civile avec des combats opposant les bolcheviques de la république d'Extrême-Orient (1920-1922) aux armées blanches et aux troupes japonaises.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le mont Sestra et la rivière Suchan
Lever de soleil sur la mer du Japon depuis Slavyanka, district de Khasansky.

Le Primorié s'étend sur une bande de 900 km de long entre le 42e et le 48e parallèle, soit aux mêmes latitudes que le sud de la France ou le nord de l'Italie par exemple, ou encore l'île de Hokkaido du Japon plus proche. Malgré sa situation côtière sur la mer du Japon, qui fait partie de l'océan Pacifique, le climat du Primorié est relativement froid pour ces latitudes. La température annuelle moyenne est de 5,5 °C dans le sud et de +1 °C dans le nord, soit 17 à 26 °C en juillet et -8 à -18 °C en janvier. La mer est gelée en hiver. Les précipitations annuelles sont comprises entre 600 et 850 mm et se concentrent sur l'été lorsque passent les typhons. Elles sont plus intenses près de la côte.

La forêt couvre 80 % du territoire. Celui-ci est montagneux car il est occupé par la cordillère du Sikhote-Aline à une altitude moyenne de 500 mètres (point culminant : le mont Anik avec 1 933 m). Celle-ci est composée de plusieurs chainons parallèles dont le Partizansky (partisan), le Siny (bleu) et le Kholodny (froid). Il y a beaucoup de grottes karstiques dans le sud du Primorjé.

La principale rivière est l'Oussouri qui prend sa source à proximité de la côte mais coule vers le nord sur 903 km avant de former la frontière avec la Chine et de rejoindre l'Amour. Les autres grandes rivières sont la Partizanskaïa, la Kievka, l'Arsenievka et la Bikin. Au sud-ouest, les plaines autour du grand lac Khanka sont la seule région de Russie où le riz est cultivé.

Flore et faune[modifier | modifier le code]

Les forêts sauvages qui couvrent encore la majeure partie de la région sont majoritairement composées de feuillus, et sont peuplées par une grande faune variée.

Parmi les régions de Russie, le Primorié est original à plus d'un titre pour sa flore et sa faune. La région est encore en grande partie recouverte par la forêt tempérée d'Extrême Orient avec une forte proportion de feuillus.

L'une des particularités les plus remarquables de cette province réside dans la coexistence d'un nombre étonnant de carnivores, avec des espèces plutôt nordiques tels l'ours brun, le loup gris et le lynx boréal, ou encore le glouton et la zibeline, et des espèces d'origines plus méridionales qui se sont adaptées au climat tempéré à hivers longs et très froids de la région, telles l'ours noir d'Asie (il a un régime végétarien), le chat-léopard de Sibérie, la panthère de l'Amour et le tigre de Sibérie. Le tigre de Sibérie est le plus grand félin de la planète, et le kraï du Primorié est le principal bastion des populations subsistantes, faisant l'objet d'un vaste plan de restauration à l'échelle de presque tout le territoire. Le dhole autrefois bien présent semble avoir disparu de Russie depuis quelques décennies, mais sa présence est encore régulièrement signalée en Primorié où il pourrait être encore présent mais rare et en danger d'extinction, sans que cela ait pu être confirmé avec certitude[3]. Parmi les ongulés il y a des sangliers, des cerfs wapitis, des cerfs sika, des rennes (dans les montagnes), des orignaux, des chevreuils, des chevrotains porte-muscs et des gorals à longue queue. Parmi les oiseaux on peut citer le kétoupa de Blakiston, le canard mandarin, la cigogne noire, le harle de Chine, le pygargue empereur (en hiver) et le vautour moine. Les rivières sont peuplées de nombreux saumons, de taïmens de Sibérie et de lenoks , tandis que la mer fournit surtout des crabes et du colin.

Économie[modifier | modifier le code]

Le port de Nakhodka

Le Primorié est la principale région économique de l'Extrême-Orient russe. La production de nourriture est le secteur le plus important, surtout à cause de la pêche avec des prises annuelles de deux millions de tonnes. Les autres grands secteurs sont la construction mécanique pour l'industrie de la pêche, la défense pour la production de bateaux et d'avions.

L'industrie du bois est en récession mais fournit encore trois millions de m³ chaque année. Le Primorié est un grand producteur de charbon et d'électricité mais les coupures sont encore fréquentes. Les principales productions agricoles sont les céréales, le soja, les patates, les légumes, l'élevage de mouton et la production de fourrures.

Au niveau des transports, Vladivostok est connectée au transsibérien. La ville possède un grand port qui est maintenant dépassé par celui de Nakhodka.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique
1897 1959 1979 1992 2010
223 336 1 381 018 1 977 779 2 314 531 1 981 970
2013 2016 - - -
1 947 263 1 929 008 - - -

En 2010, 76 % de la population vivait en ville contre 67 % en 1959. La plupart des habitants vivent dans la moitié sud du kraï, le nord étant pratiquement inhabité. Actuellement, on dénombre 1 929 008 habitants en 2016.

Le taux de mortalité est passé de 7,1 ‰ en 1970 à 9,1 en 1990, 13,6 en 2000 et 14,3 en 2010[4]. L'espérance de vie des hommes à la naissance était de 56,8 ans en 2005 dans le Primorié contre 70,5 en Chine et 64,7 en Corée du Nord[5].

Composition ethnique[modifier | modifier le code]

En 1959, il y avait 81 % de Russes, 13 % d'Ukrainiens et 1,2 % de Tatars[6]. En 2010, les trois principales ethnies sont les Russes (92,5 %), les Ukrainiens (2,8 %) et les Coréens (1 %). Les peuples autochtones parlent des langues toungouses comme les Mandchous. Ce sont les Oudéguéïs (793 personnes en 2010), les Nanaïs (383), les Tazs (253) et les Orotches (24).

Principales villes[modifier | modifier le code]

Ville Nom russe habitants (recensement 2002)
Vladivostok Владивосток 594 701
Nakhodka Находка 177 133
Oussouriisk Уссурийск 157 759
Artiom Артём 101 833
Arseniev Арсеньев 62 896
Spassk-Dalni Спасск-Дальний 51 691
Partizansk Партизанск 43 670
Lessozavodsk Лесозаводск 42 185
Dalnegorsk Дальнегорск 40 069
Bolchoï Kamen Большой Камень 38 394
Dalneretchensk Дальнереченск 30 092
Fokino Фокино 26 457

Littérature[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Irina S. Zhushchikhovskaya, « Pottery Making in Prehistoric Cultures of the Russian Far East », in Ceramics Before Farming: The Dispersal of Pottery Among Prehistoric Eurasian Hunter-Gatherers, Peter Jordan, Marek Zvelebil, Left Coast Press, 2009 - 589 pages.
  2. a et b Kommersant : Primorye (Maritime) Territory, general information.
  3. Newell, J. (2004). The Russian Far East: A Reference Guide for Conservation and Development. 2nd edition. McKinleyville: Daniel & Daniel.
  4. Taux de mortalité : [1], [2]
  5. Espérance de vie : [3], [4], [5]
  6. Ethnies : [6]