Bouriatie

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République de Bouriatie
(ru) Республика Бурятия
(bua) Буряад Республика
Armoiries de la Bouriatie
Armoiries de la Bouriatie
Drapeau de la Bouriatie
Drapeau de la Bouriatie
Bouriatie
Administration
Pays Drapeau de la Russie Russie
Région économique Sibérie de l'Est
District fédéral Sibérien
Statut politique République
Création 30 mai 1923
Capitale Oulan-Oude
Président Viatcheslav Nagovitsine
Premier ministre (Non pourvu)
Démographie
Population 963 492 hab. (2010)
Densité 2,7 hab./km2
Géographie
Superficie 351 334 km2
Autres informations
Langue(s) officielle(s) Russe, bouriate
Fuseau horaire UTC+9
Code OKATO 81
Code ISO 3166 RU-BU
Hymne Hymne de la Bouriatie
Immatriculation 03
Liens
Site web http://egov-buryatia.ru/
Buryatia02.png

La République de Bouriatie (en russe : Республика Бурятия, Respoublika Bouriatiïa ; en bouriate : Буряад Республика, Bouriaad Respoublika) est un sujet de la Fédération de Russie constituant une des Républiques de Russie. Elle borde la rive sud du lac Baïkal, ce lac étant « la Mer Sacrée » des Bouriates.

Plus de 100 nationalités et groupes ethniques différents peuplent la Bouriatie, parmi lesquels des Russes (69,9 %), des Bouriates (24 %), des Ukrainiens (2,2 %), des Tatars (1 %) et des Biélorusses (0,5 %) (statistiques du recensement de 1999).

Histoire[modifier | modifier le code]

Nés d’un brassage entre populations chamanistes indigènes et nomades mongols aux IXe et Xe siècles, les Bouriates développèrent une culture propre et une version teintée de chamanisme du bouddhisme tibétain. Soumis par Gengis Khan au XIIe siècle, ils demeurèrent inféodés aux Mongols pendant trois décennies.

Lorsque les Mongols, au sud et à l’est, se soumirent aux Mandchous, les Bouriates, au nord, mirent fin à leur alliance avec eux. Isolés face à la coalition des Mongols et des Mandchous, ils décidèrent de se placer sous la tutelle de l’empire russe. Les princes bouriates devinrent des officiers de l’armée tsariste et la cavalerie bouriate brisa les oppositions locales avec le soutien des troupes russes. Bon nombre de Mongols fuirent vers le sud le « nettoyage ethnique », les autres étant assimilés de force.[réf. nécessaire]

Au XVIe siècle, suite à l'expansion de l’Empire russe vers l’est, le mode de vie traditionnel des Bouriates, qui étaient principalement des chasseurs nomades, pratiquant l’élevage et la pêche, se transforma peu à peu. À la fin du XVIIIe siècle, le nombre de colons russes avait déjà largement dépassé celui de la population bouriate. Parmi ces colons, on trouvait des cosaques, des marchands, des aventuriers à la recherche d’or et d’argent, des exilés et des bagnards ainsi que des vieux croyants, qui furent exilés après le schisme de l’Eglise orthodoxe au XVIIe siècle. Avec la construction du Transsibérien (1891-1916), la disproportion entre la population russe et des Bouriates s’accrut encore.

Après la révolution de 1917 la région se transforma administrativement à la République autonome soviétique socialiste des Bouriates-Mongols (1923). La stratégie de la soviétisation était orientée vers la destruction des anciennes organisations tribales, l’industrialisation, la collectivisation des terres et l’organisation en kolkhozes et sovkhozes de la population rurale[1].

Les changements touchèrent ainsi tous les aspects de la vie de la population. Ainsi, l’écriture basée sur l’alphabet mongol, qui s’écrit verticalement, passa à l’alphabet latin et plus tard, en 1939, à l’alphabet cyrillique. Commencée lors du rattachement à la Russie, la sédentarisation fut achevée à cette époque ; les yourtes, habitat traditionnel des Bouriates, disparurent complètement[2].

A l’époque de Staline, par crainte d’un complot panmongol, deux régions furent séparées de la République : le district national bouriate d’Oust-Orda fut rattaché à l'Oblast d’Irkoutsk, et le district national bouriate d’Aga fut rattaché à la région de Chita. En 1958, la République perdit l’épithète de mongole. Après l’effondrement de l’URSS, la République prit le nom de République de Bouriatie en 1992. Suite à la politique d’agrandissement des régions menée par le gouvernement russe, la Bouriatie-Oust-Orda a perdu son autonomie relative en 2006 et a été rattaché à l'Oblast d'Irkoutsk. Tandis que Aga-Bouriatie a été fusionné avec l'oblast de Tchita pour former le kraï de Transbaïkalie en 2007.

Géographie[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

Autrefois les Bouriates vivaient en tribus dont la majorité des membres étaient parents. À la tête de chacune d’elles se tenait un prince dont le pouvoir se transmettait héréditairement. La terre était à la disposition de tous, mais le bétail relevait de la propriété privée. Peu à peu, un groupe de princes dirigeants, constitués de riches possédants, émergea et prit l’ascendant sur des princes subalternes, eux-mêmes exploitant les populations les plus pauvres. Il en résulta que, vers le XVIIe siècle, les Bouriates évoluèrent d'un système communautaire vers un régime féodaliste.

Autre originalité de la culture bouriate, il existait une tradition de vengeance de sang qui sanctionnait d’une amende « anza » toutes sortes de crimes et notamment le meurtre. Parfois l'affaire pouvait s'arranger grâce à un serment prêté à un endroit sacré, mais généralement le non-paiement immédiat de cette amende amenait à une exécution.

Au XVIIe siècle, un ambassadeur russe, Starkoff, rapporta du thé à la cour du tsar et ainsi débuta le commerce de thé entre la Russie et la Chine. Il devint vite la boisson la plus populaire des Russes et fut acheminé par la voie commerciale des caravanes entrée dans l'histoire sous le nom de : « Grande Route du thé ». Le thé était transporté à Irkoutsk, devenu le carrefour des voies marchandes entre l’Europe et l’Asie, à travers le territoire bouriate et le lac Baïkal. Généralement la caravane voyageait pendant plus d'un an. D’Irkoutsk, le thé était expédié aux foires de Tobolsk, de Tioumen, de Nijni Novgorod et de bien d'autres villes avant d’être finalement distribué à travers toute la Russie. La longueur totale de la route du thé représentait 9 à 10 000 kilomètres et par son chiffre d'affaires elle occupait la deuxième place, directement derrière la route de la soie.

Religion[modifier | modifier le code]

Trois religions principales sont répandues en Bouriatie : le bouddhisme tibétain, le christianisme orthodoxe et le chamanisme.

Il y a entre un demi million et un million de bouddhistes en Russie, principalement en Bouriatie, dans la région de Touva, et en Kalmoukie.

Le 14e Dalaï Lama a visité la Bouriatie et la région de Touva en 1992[3]. Yeshe Lodoi Rinpoché, un grand lama tibétain qui a eu pour maître spirituel un lama bouriate, est venu d’Inde pour donner des enseignements en Bouriatie depuis 1993.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Zhargalma Dandarova, Entretien avec une chamane sibérienne, Genève, Labor et Fides,‎ 2007, 137 p. (ISBN 978-2-8309-1228-9), p. 21-22
  2. Zhargalma Dandarova, Darima Boudaraevna, Entretien avec une chamane sibérienne, Genève, Labor et Fides,‎ 2007, 137 p. (ISBN 978-2-8309-1228-9), p. 21-22
  3. When will Dalai Lama next visit Tuva?

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Arts traditionnels de Bouriatie des XIXe et XXe siècles (exposition Association France-URSS, en collaboration avec le Ministère de la Culture de la RSFSR), Paris, 1985, 42 p.
  • Anne-Victoire Charrin (dir.), Les littératures de Bouriatie et de Yakoutie, Société littéraire de la Poste et de France Telecom, Paris, 2003, 104 p. (ISBN 2-9804476-1-7)
  • Chine, Russie, Asie centrale, éléments de géostratégie. La Bouriatie, une république russe ouverte sur l'Asie, La Documentation française, Paris, 1996, 83 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]