Ursus thibetanus
Ours du Tibet, Ours noir d'Asie, Ours-lune
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embr. | Chordata |
| Sous-embr. | Vertebrata |
| Classe | Mammalia |
| Cohorte | Placentalia |
| Ordre | Carnivora |
| Sous-ordre | Caniformia |
| Famille | Ursidae |
| Sous-famille | Ursinae |
| Genre | Ursus |
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VU A2cd+3d+4d : Vulnérable
Statut CITES
Répartition géographique
- Présent
- Présence probable
- Éteint
- Ursus Thibetanus G. Cuvier, 1823 (Protonyme)
- Ursus Tebethianus J. E. Gray, 1825
- Ursus tibetanus H. R. Schinz, 1825
- Ursus thibeticus E. Blyth, 1840
- Ursus tibetanus J. A. Wagner, 1841
- Ursus torquatus J. A. Wagner, 1841
- Ursus Tebetanus B. H. Hodgson, 1844
- Helarctos Tibetanus (Horsfield, 1857)
- Ursus japonicus Schlegel, 1857
- Heliarctos tibetanus (Swinhoe, 1863)
- Ursus formosanus Swinhoe, 1864
- Ursus torquatus var. 1. arboreus J. E. Gray, 1865
- Ursus mediterraneus Forsyth Major, 1873
- Ursus sp. (? Melursus labiatus Blanford, 1876)
- Ursus gedrosianus Blanford, 1877
- Ursus rexi Matschie, 1897
- Selenarctos leucony (Heude, 1901)
- Selenarctos mupinensis (Heude, 1901)
- Selenarctos ussuricus (Heude, 1901)
- Ursus torquatus macneili Lydekker, 1909
- Ursus torquatus macneilli Lydekker, 1909
- Arcticonus thibetanus (Pocock, 1917)
- Ursus clarki A. de C. Sowerby, 1920
- Selenarctos melli (Matschie, 1922)
- Ursus kokeni Matthew & Granger, 1923
- Selenarctos thibetanus wulsini (A. B. Howell, 1928)
- Ursus angustidens Zdansky, 1928
- Selenarctos tibetanus (Pocock, 1929)
- Ursus ussuricus Kishida & Mori, 1931
- Selenarctos thibetanus laniger (Pocock, 1932)
- Euarctos thibetanus (H. E. Anthony, 1941)
- Euarctos thibetanus thibetanus (H. E. Anthony, 1941)
- Plionarctos ? stehlini (M. Kretzoi, 1941)
- Ursus schertzi Dehm, 1943
- Selenarctos thibetanus (Stroganov, 1962)
- Selenarctos thibetanus ussuricus (Stroganov, 1962)
- Ursus (Plionarctos) telonensis Bonifay, 1971
- Ursus karabach Vereshchagin & Tihonov, 1994
- Ursus thibetanus kurteni Crégut-Bonnoure, 1997
- Ursus thibetanus vireti Crégut-Bonnoure, 1997
- Ursus thibetanus permjak Baryshnikov, 2002
- Ursus thibetanus formosanus Wozencraft, 2005
- Ursus thibetanus gedrosianus Wozencraft, 2005
- Ursus thibetanus japonicus Wozencraft, 2005
- Ursus thibetanus laniger Wozencraft, 2005
- Ursus thibetanus mupinensis Wozencraft, 2005
- Ursus thibetanus thibetanus Wozencraft, 2005
- Ursus thibetanus ussuricus Wozencraft, 2005
Ursus thibetanus, l’Ours du Tibet, plus communément désigné sous le nom d’Ours noir d'Asie, également connu sous le nom d’Ours-lune, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des ursidés. Il s’agit d’un ours de taille moyenne, largement adaptée à un mode de vie arboricole. Il est présent depuis le sud-est de l’Iran, le Pakistan, l’Inde et l’Himalaya jusqu’à l’Asie du Sud-Est continentale, la péninsule Coréenne, la Chine et l’Extrême-Orient russe, ainsi que sur les îles de Honshū et Shikoku au Japon. Il est classé comme espèce vulnérable sur la Liste rouge de l’UICN, et est menacé par la déforestation et le braconnage pour son utilisation dans la médecine traditionnelle.
Dénominations
[modifier | modifier le code]- Nom scientifique valide : Ursus thibetanus (Cuvier, 1823)[1] ;
- Nom normalisé anglais : Asian black bear, Moon bear ;
- Noms vulgaires : Ours du Tibet[2],[3], Ours noir d'Asie[2],[3],[4], Ours-lune, Ours à collier du Tibet[4] ;
- Noms vernaculaires : Ours de l'Himalaya[2],[3], Ours à collier[2],[3].
L'ours noir d'Asie est appelé mi khwai หมีควาย ou หมีดำเอเชีย (« ours-buffle ») en Thaïlande.
Le mot japonais « Ours » (熊, Kuma), referait originellement à cette espèce.
Taxonomie
[modifier | modifier le code]Évolution
[modifier | modifier le code]Sur le plan biologique et morphologique, l’ours noir d’Asie représente le début des spécialisations arboricoles atteintes par les ours lippus et les ours malais[5]. Il possède un caryotype presque identique à celui des cinq autres espèces d’ursidés du genre Ursus, et compte 74 chromosomes[6]. Il est considéré comme le moins l’espèce d’ours la moins « déviante » taxonomiquement, de l’Ancien Monde[7]. Il s’agit soit d’une forme survivante, bien que modifiée, de Ursus etruscus, en particulier la petite variété précoce du Villafranchien moyen[8] soit d’une forme plus grande de Ursus minimus, une espèce éteinte apparue il y a 4-0 Ma avant notre ère. À l’exception de l’âge des os, il est souvent difficile de distinguer les restes de Ursus minimus de ceux de l’ours-lune moderne[7].
L’ours noir d’Asie et l’ours noir d’Amérique auraient divergé génétiquement il y a environ 3-0 Ma avant notre ère, bien que les preuves génétiques soient non concluantes. Les deux espèces d’ours noirs sont considérées comme des taxons frères et sont plus étroitement apparentées entre elles qu’aux autres espèces d’ours[9]. Les plus anciens spécimens connus d’ours noir d’Asie proviennent du Pliocène inférieur en Moldavie[10]. Les plus anciens fossiles d’ours noir américain trouvés en Pennsylvanie ressemblent fortement à l’ours noir d’Asie[8]. Des études sur la séquence du cytochrome b mitochondrial indiquent que la divergence des populations continentales et japonaises pourrait avoir eu lieu lorsque les ours ont traversé le pont terrestre entre la péninsule Coréenne et le Japon il y a 500 000 ans, conformément aux preuves paléontologiques[11].
Sous-espèces
[modifier | modifier le code]| Nom de la sous-espèce | Répartition | Description |
|---|---|---|
| Ursus thibetanus formosanus R. Swinhoe, 1864 Ours noir de Formose |
Taïwan | Cette sous-espèce n’a pas l’épaisse fourrure du cou présente chez d’autres sous-espèces[13]. |
| Ursus thibetanus gedrosianus Blanford, 1877 |
Sud du Baloutchistan, Iran et Pakistan[14],[15]. | Une petite sous-espèce, à poil relativement court et rêche, souvent brun-roux plutôt que noir[14]. |
| Ursus thibetanus japonicus Schlegel, 1857 Ours noir du Japon |
Honshū et Shikoku. Éteint à Kyushu. | Une petite sous-espèce pesant de 60 à 120 kg pour le mâle adulte et 40 à 100 kg pour la femelle adulte. La longueur moyenne du corps est de 1,1 à 1,4 m[6] Il n’a pas l’épaisse fourrure du cou des autres sous-espèces et possède un museau plus sombre[13]. |
| Ursus thibetanus laniger Pocock, 1932 |
Les Himalaya[14] | Se distingue de U. t. thibetanus par sa fourrure plus longue et plus épaisse, et par une marque pectorale plus petite et plus blanche[14]. L’été, il vit dans des zones plus chaudes du Népal, de Chine, de Sibérie et du Tibet, entre 3000 et 3 600 m d’altitude. L’hiver, il descend jusqu’à 1 500 m. En moyenne, il mesure 1,4 et 1,6 m du nez à la queue et pèse entre 90 et 120 kg, mais peut atteindre 181 kg à l’automne lorsqu’il se prépare à l’hibernation[16]. |
| Ursus thibetanus mupinensis Heude, 1901 |
Indochine | Clair, similaire à U. t. laniger |
| Ursus thibetanus thibetanus Cuvier, 1823 Ours du Tibet (espèce-type) |
Assam, Népal, Myanmar, Mergui, Thaïlande et Annam[14] | Se distingue de U. t. laniger par son pelage court et fin, avec peu ou pas de sous-poil[14]. |
| Ursus thibetanus ussuricus Heude, 1901 |
Sud de la Sibérie, nord-est de la Chine et péninsule Coréenne | La plus grande sous-espèce[5],[13]. |
Jusqu’au Pléistocène supérieur, deux autres sous-espèces vivaient en Europe et en Asie occidentale : U. t. mediterraneus en Europe occidentale et dans le Caucase, et U. t. permjak en Europe orientale, en particulier dans les monts Oural[17].
Hybrides
[modifier | modifier le code]Les ours noirs d’Asie sont compatibles avec plusieurs autres espèces d’ours et ont parfois produit des descendants hybrides. Selon Jack Hanna dans son ouvrage Monkeys on the Interstate, un ours capturé à Sanford, en Floride, aurait été le descendant d’une ourse noire d’Asie échappée et d’un ours noir d’Amérique, et l’ouvrage Some notes on hybrid bears de Scherren publié en 1907 mentionne une reproduction réussie entre un ours noir d’Asie et un ours lippu[18]. En 1975, au zoo « Las Delicias » au Venezuela, une ourse noire d’Asie partageait son enclos avec un ours à lunettes et produisit plusieurs descendants hybrides[19]. En 2005, un possible hybride ours noir d’Asie–ours malais fut capturé dans le bassin du Mékong, dans l’est du Cambodge[20]. Un hybride ours noir d’Asie / ours brun, issu d’une ferme à bile, est hébergé au centre de sauvetage China Moon Bear Rescue (en) de la Animal Asia Fondation (en)[21].
Description
[modifier | modifier le code]Comme son nom vernaculaire l’indique, l’espèce se caractérise par une fourrure noire, un museau brun clair et une tache pectorale blanche ou crème, parfois en forme de V[22],[23] en forme de U ou en forme de croissant de lune, d’où le nom d’« ours-lune ».
Ses oreilles, arrondies en forme de cloche, sont proportionnellement plus longues que celles des autres ursidés, et dépassent latéralement de la tête. Sa queue est courte, autour de 11 cm de long[24].
Les adultes mesurent de 70 cm à 1 m au garrot et de 1,2 à 1,9 m de longueur. Les mâles adultes pèsent entre 60 et 200 kg, pour un poids moyen d’environ 135 kg. Les femelles adultes pèsent 40 à 125 kg, les plus grandes pouvant atteindre 140 kg[24],[25].
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Vue de face
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Marque pectorale blanche en forme de V chez l’ours noir de Formose.
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Sur quatre pattes.
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Assis, bien à la vertical.
L’ours noir d’Asie a une morphologie générale similaire à celle de l’ours brun (Ursus arctos), mais il est plus léger et plus petit. Les lèvres et le nez sont plus grands et plus mobiles que chez l’ours brun. Le crâne de l’ours noir d’Asie est relativement petit mais massif, en particulier la mâchoire inférieure. Les mâles adultes ont un crâne mesurant 311,7 et 328 mm de long et 199,5 et 228 mm de large, tandis que les crânes des femelles mesurent 291,6 et 315 mm de long et 163 et 173 mm de large. Comparé aux autres ours du genre Ursus, les apophyses du crâne sont faiblement développées ; la crête sagittale est basse et courte, même chez les vieux individus, et ne dépasse pas 19–20 % de la longueur totale du crâne, contrairement à celle de l’ours brun, qui peut représenter jusqu’à 41 % de la longueur du crâne[5].
Bien que principalement herbivore, la mâchoire de l’ours noir d’Asie n’est pas aussi spécialisée pour l’alimentation végétale que celle des pandas géants : l’espèce des arcades zygomatiques beaucoup plus étroites, et le ratio de poids des deux muscles ptérygoïdiens est également beaucoup plus faible chez eux. Les faisceaux latéraux des muscles temporaux sont plus épais et plus forts[26].
Contrairement à l’ours polaire, l’ours noir d’Asie possède un haut du corps puissant lui permettant d’escalader les arbres, avec des pattes arrière relativement faibles et plus courtes que chez l’ours brun et l’ours noir d’Amérique[5],[24]. Un ours noir d’Asie ayant les pattes arrière brisées peut encore grimper efficacement. C’est l’ours le plus bipède de tous, capable de marcher debout sur plus de 400 m[27]. Les coussinets des pattes avant sont plus grands que chez la plupart des autres espèces d’ours. Leurs griffes, principalement utilisées pour grimper et creuser, sont légèrement plus longues sur la patte avant de 30 à 45 mm que sur la patte arrière de 18 à 36 mm paramètre de Bioref « CITES » non reconnu et sont plus grandes et plus recourbées que celles de l’ours noir américain. En moyenne, les ours noirs d’Asie sont légèrement plus petits que les ours noirs américains, bien que de grands mâles puissent dépasser la taille de plusieurs autres espèces d’ours[28].
Le célèbre chasseur britannique connu sous le nom de « Old Shekarry » écrivit qu’un ours noir d’Asie qu’il avait abattu en Inde devait probablement peser pas moins de 363 kg, d’après le nombre de personnes nécessaires pour soulever son corps[29]. Le plus grand ours noir d’Asie enregistré aurait pesé200 kg[24]. Les individus élevés en zoo peuvent peser jusqu’à 225 kg[30]. Bien que leurs sens soient plus développés que ceux de l’ours brun[31], leur vue est médiocre et leur audition est de portée moyenne, la limite supérieure étant de 30 kHz[32].
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Crâne d’ours noir d’Asie au musée de l'université de Kyoto à Kyoto au Japon.
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squelette entier.
Répartition et habitat
[modifier | modifier le code]Au cours du Pléistocène moyen et du début du Pléistocène supérieur, l’ours noir d’Asie occupait un vaste territoire allant de la péninsule Ibérique[33], aux Balkans[34] jusqu’aux monts Oural[35].
Aujourd’hui, il survit de façon très fragmentée dans son ancien territoire, du sud-est de l'Iran vers l’est à travers l’Afghanistan et le Pakistan[15], dans les contreforts de l’Himalaya en Inde et au Myanmar jusque dans la partie continental du Sud-Est asiatique, sauf en Malaisie. Sa répartition en Chine est discontinue dans le nord-est et le sud, à Hainan et Taïwan, et il est absent d’une grande partie du centre-est de la Chine. D’autres populations se trouvent dans le sud de l'Extrême-Orient russe et en Corée du Nord. De petites populations résiduelles survivent en Corée du Sud et sur les îles japonaises de Honshu et Shikoku[36][37].
Il occupe généralement des forêts décidues, mixtes et épineuses[15]. En été, il fréquente habituellement des altitudes d’environ 3 500 m dans l’Himalaya, mais rarement au-dessus de 3 660 m. En hiver, il descend à des altitudes inférieures à 1 500 m. Au Japon, il peut aussi habiter au niveau de la mer[38].
Effectifs
[modifier | modifier le code]Il n’existe pas d’estimation définitive du nombre d’ours-lune : le Japon a avancé des chiffres de 8 à 14 000 individus vivant sur Honshū, bien que la fiabilité de cette estimation soit désormais contestée[36]. Bien que ces chiffres restent incertains, des estimations à l’échelle de l’aire de répartition donnent 5 à 6 000 individus selon des biologistes russes. Selon la Mammal Society of Japan, la mise en place de politiques de conservation par le Ministère de l’Environnement, combinée à la diminution du nombre de chasseurs due au vieillissement de la population, a conduit à une augmentation significative de la population et à une expansion de la répartition de l’ours noir du Japon[39]. Les estimations indiquent que la population est passée d’environ 15 000 individus en 2012 à environ 44 000 en 2023[40],[41]. Des estimations de densité approximatives, sans méthodologie ni données corroborées, ont été faites en Inde et au Pakistan, donnant 7 à 9 000 individus en Inde et 1 000 au Pakistan[15]. Des estimations non confirmées en Chine présentent des estimations variant entre 15 et 46 000 individus, avec une estimation gouvernementale de 28 000[36].
Par zones géographiques
[modifier | modifier le code]Bangladesh
[modifier | modifier le code]La Wildlife Trust of Bangladesh a mené un relevé sur le terrain des ursidés au Bangladesh de 2008 à 2010, incluant l’ours noir d’Asie. L’enquête a été réalisée dans 87 endroits différents, principalement dans les zones du nord-centre, du nord-est et du sud-est du pays ayant une présence historique du plantigrade. Les résultats indiquent que la plupart des zones conservent encore de petites populations isolées, principalement des ours noirs d’Asie. Les preuves relevées concernaient principalement de l’espèce, incluant tanières, empreintes et observations locales. Il existe de nombreux rapports sur la présence de l’ursidé dans les parties centrale, nord-centre, nord-est et sud-est du Bangladesh.
Bien que l’ours noir d’Asie subsiste dans différentes parties du pays, principalement dans les Chittagong Hill Tracts, la population est très faible. Les conservationnistes craignent que l’espèce ne disparaisse prochainement si des mesures de protection ne sont pas mises en œuvre[42].
Chine
[modifier | modifier le code]Trois sous-espèces d’ours noir d’Asie sont présentes en Chine : la sous-espèce tibétaine (U. thibetanus thibetanus), la sous-espèce indochinoise (U. thibetanus mupinensis) et la sous-espèce du nord-est (U. thibetanus ussuricus), seule sous-espèce d’ours du nord-est du pays. L’espèce se rencontre principalement dans les forêts de conifères des zones froides et tempérées du nord-est de la Chine, les principales zones étant Changbai, Zhang Guangcai, Lao Ye et les monts du Petit Xing’an. Dans la province du Liaoning, on recense environ 100 individus, présents uniquement dans les cinq villes-districts de Xinbin, Huanren, Benxi, Kuandian et Fencheng. Dans la province du Jilin, les ours noirs se trouvent surtout dans les villes de Hunchun, Dunhua, Wangqing, Antu, Changbai, Fusong, Jiaohe, Huadian, Panshi et Shulan. Dans la province du Heilongjiang, ils se rencontrent dans les villes-district de Ningan, Bayan, Wuchang, Tonghe, Baoqing, Fuyuan, Yichun, Taoshan, Lanxi, Tieli, Sunwu, Aihui, Dedu, Beian et Nenjiang[43]. Cette population a une limite nord d’environ 50° et une limite sud à Fengcheng d’environ 40°30′[43].
Corée
[modifier | modifier le code]Dans les années 90, le braconnage, la destruction de l’habitat et sa persécution pendant l’occupation japonaise avaient conduit à l’extinction locale de l’espèce en Corée du Sud. En 2004, le gouvernement sud-coréen a lancé un programme de réintroduction dans le parc national du mont Jiri. L’initiative a été réussie, les ours habitant désormais le parc et se dispersant dans les forêts du nord. En 2021, la population du parc semblait avoir atteint sa capacité maximale[44]. En Corée, la plupart des ours noirs vivent dans les forêts à feuilles larges de la région alpine, à plus de 1 500 mètres au nord de Jirisan. En avril 2018, 56 individus vivaient à l’état sauvage dans le parc national du même nom[45].
Pakistan
[modifier | modifier le code]Une étude historique globale de 1977 a fourni un premier aperçu complet de la répartition de l’ours noir d’Asie dans diverses régions du Pakistan, y compris les vallées de Kaghan, Neelum, Astore, Dir, Kohistan, Chitral, Chilas, Rondu, Gabral, Khanspur, les collines de Muree, Koh e Sufaid, Kuchmina, Shin Ghar, Takht e Suliman, Khalifat Ziarat, Wam Tangi, Kalat, Kharan, Khuzdar, les collines de Jhal Jao, les collines de Pab Range et collines de Kirthar. Depuis, de nombreuses zones n’ont pas été revisitées pour confirmer la présence de l’espèce, notamment dans les districts méridionaux de Khyber Pakhtunkhwa, du Baloutchistan et du Sindh[46]. Selon un examen de 2025, les études se sont principalement concentrées sur l’ours noir de l’Himalaya dans le nord du Pakistan, notamment dans l’Hindukush, avec le district de Mansehra et le Azad Jammu et Cachemire comme principaux secteurs de recherche, incluant des zones comme Kaghan, la vallée de Siran, Neelum, le parc national de Machiara, Pir Chinasi, Pir Hasimar, le parc national de Musk Deer, celui de Toli Pir, réserve de chasse de Moji, Banjosa, la vallée de Leepa, Hatian Bala, Haveli, Bagh et Muzaffarabad, ainsi que d’autres zones comme Battagram, Kohistan, Bajaur, Astore, Diamer et Kumrat[15]. L’ours noir du Baloutchistan vit dans toute la région montagneuse du Baloutchistan dans l’ouest du Pakistan, le sud-est de l’Iran et le sud-ouest de l’Afghanistan. Il est désormais limité au sud-ouest du Pakistan et au sud-est de l’Iran[15].
Sibérie
[modifier | modifier le code]En Sibérie, l’aire septentrionale de l’ours noir d’Asie s’étend de la baie d’Innokenti sur la côte de la mer du Japon au sud-ouest jusqu’aux zones élevées du Sikhote Alin, la franchissant à la source de la rivière Samarga. À ce point, la limite se dirige vers le nord, le long du cours moyen des rivières Khor, Anyui et Khungari, pour rejoindre le fleuve Amour, qu’elle traverse au niveau de l’embouchure de la rivière Gorin. Le long de l’Amour, la présence de l’espèce a été relevée jusqu’à 51°. La limite territoriale suit ensuite le sud-ouest de la rive gauche du fleuve, traverse la partie nord du lac Bolon et le point de confluence du Kur et de la Tunguska. Les ours noirs d’Asie sont distribués sur le bas cours de l’Urmi. Dans le kraï de l’Oussouri, l’espèce est limitée aux forêts à feuilles larges de type mandchou[5].
Taïwan
[modifier | modifier le code]À Taïwan, la sous-espèce endémique, l’ours noir de Formose (Ursus thibetanus formosanus), est confinée aux chaînes montagneuses centrales de l’île. Elle vit le long de la chaîne de montagnes du centre de la Chaîne de Hsueshan, la population étant plus importante dans cette dernière. La plus grande population semble se trouver sur le mont Lala dans la réserve de Chatienshan, dans la région des monts enneigés des parcs nationaux de Shei-Pa et Taroko jusqu’à la réserve de Tawushan dans le parc national de Yushan[47]. Elle occupe des terrains escarpés à des altitudes de 1 000 à 3 500 m. La population est estimée entre 200 et 600 individus[48].
Écologie et comportement
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Activité
[modifier | modifier le code]L’ours du Tibet à habituellement des mœurs diurnes, bien que qu’une tendance à une activité nocturne soit observée chez les individus vivant à proximité des habitations humaines. Lorsque plusieurs individus se déplacent ensemble, ils marchent à la queue leu leu, le plus grand devant et le plus petit en bout de file. C’est un bon grimpeur quand il s’agit d’escalader les troncs d’arbres ou même les rochers : il fait cela pour pouvoir se nourrir ou prendre le soleil, mais aussi pour prendre une pause, se reposer, ou hiberner, mais aussi échapper à d’éventuelles menaces. Cependant, arrivés un certain âge, certains individus deviennent trop lourds pour cette activité[38]. La vie en hauteur dans les arbres constitue la moitié de sa vie, faisant de lui parmi les plus gros mammifères arboricoles[6]. Dans la région de l’Oussouri, dans l’Extrême-Orient russe, l’ours-lune peut passer jusqu’à 15 % de son temps dans les arbres[5]. Ils casse des branches et des brindilles pour les disposer sous lui lorsqu’ils se nourrit en hauteur, ce qui fait que de nombreux arbres dans son territoire présentent des structures semblables à des nids à leur sommet[6]. Il se repose pour de courtes périodes dans ces « nids » installés dans des arbres d’environ quatre mètres ou plus[38].
Hibernation
[modifier | modifier le code]L’ours du Tibet n’hiberne pas dans la majeure partie de son aire de répartition. Il peut hiberner dans les zones septentrionales où la température est la plus basse, bien que certains individus se contentent de descendre en altitude. Presque toutes les femelles gestantes hibernent. Il prépare sa tanière pour l’hibernation à la mi-octobre et dort de novembre à mars. Il peut faire sa tanière dans des arbres creux jusqu’à 18 mètres au-dessus du sol, des cavernes ou des trous dans le sol, des troncs d’arbres morts ou encore des pentes montagneuses abruptes et bien ensoleillées. Il peut également occuper d’anciennes tanières d’ours bruns. L’ours noir établi sa tanière à des altitudes plus basses et sur des pentes moins abruptes que l’ours brun. Après l’hibernation, le mâle se réveille en premier, suivit de la femelle sans petit, la femelle ayant un petit émerge encore plus tard[49]. L’espèce se déplace généralement moins que l’ours brun. En présence de nourriture en quantité suffisante, il peut rester sur une toute petite zone d’environ 1 à 2 km2, et parfois même seulement jusqu’à 500 m2[38].
Vocalises
[modifier | modifier le code]Les ours-lune ont une large gamme de vocalises : parmi lesquelles des grognements, des gémissements, des hurlements, des bruits de succion parfois produits en se nourrissant, causant « un vacarme effroyable » lorsqu’ils sont blessés, alarmés ou en colère. Ils émettent de forts sifflements en guise d’avertissement ou de menace, et hurlent lorsqu’ils se battent. Lorsqu’ils s’approchent d’autres ours, ils produisent des sons « tut tut », supposés être produits en claquant la langue contre le palais[32].
Reproduction et cycle de vie
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Dans le Sikhote-Aline, la saison de reproduction commence plus tôt que chez les ours bruns, de la mi-juin à la mi-août. Les naissances ont également lieu plus tôt, à la mi-janvier. En octobre, les cornes utérines des femelles gestantes atteignent 15 à 22 mm. Fin décembre, les embryons pèsent 75 g[5]. La femelle met bas pour la première fois à l’âge de trois ans[6]. Les femelles gestantes représentent généralement 14 % des populations d’ours. Comme les ours bruns, les ours noirs d’Asie présentent une implantation différée[6], Les mises bas ont lieu dans des cavernes ou des arbres creux en hiver ou au début du printemps après une gestation de 200 à 240 jours. Les petits pèsent 13 onces à la naissance, commencent à marcher à quatre jours et ouvrent les yeux trois jours plus tard[38]. Le crâne des nouveau-nés ressemble fortement à celui des ours malais[5]. Les portées comptent de 1 à 4 oursons, pour une moyenne de 2 petits[38]. Les oursons grandissent lentement, n’atteignant que 2,5 kg en mai[5]. Ils tètent leur mère pendant 104 à 130 semaines de devenir complêtemrnt indépendants entre 24 et 36 mois. Il existe en général un intervalle de 2 à 3 ans entre deux portées[38]. L’espérance de vie moyenne à l’état sauvage est de 25 ans, tandis que le plus vieux spécimen en captivité est mort à 44 ans[24].
Régime alimentaire
[modifier | modifier le code]Bien qu’il soit plus herbivore que l’ours brun[5], et plus carnivore que l’ours noir américain[27], l’ours noir d’Asie est moins spécialisé mais plus opportuniste, se gavant de nombreuses ressources saisonnières riches en calories, stockant l’excédent sous forme de graisse et hibernant ensuite en période de pénurie[50].
Il consomme aussi des champignons, broute de l’herbe, détruit des arbustes comme des cornouillers, creuse à la recherche de graines, d’écorce, de racines et de tubercules, et grimpes aux arbres à la recherche de fruits comme des cerises, des noix, de glands et peut également y dénicher du miel. Il lui arrive aussi de consommer des déchets humain. Ses apports en protéines provient de la viande issue de charognes ou bien des œufs. Son régime insectivore se compose d’arthropodes et divers invertébrés comme des coléoptère, des abeilles, des termites ou encore diverses espèces de larves et de vers[38],[15].
Il tue également des ongulés avec une certaine régularité, y compris du bétail[24]. Parmi les proies chassées dans la nature figurent les muntjacs, le saro, le takin, le tapir de Malaisie[51] le sanglier[52] et des buffles d’eau adultes, qu’il tue en leur brisant la nuque[53]. Dans les années 70, des ours noirs d’Asie auraient tué et mangé des Semnopithèque entelle au Népal[54].
Consommation saisonnière
[modifier | modifier le code]Il consomme des pignons et des glands de l’année précédente entre avril et mai. En période de pénurie, il descend dans les vallées pour trouver des noisettes et des larves d’insectes dans les troncs en voie de décomposition. De la mi-mai à fin juin, il complète son régime par de la végétation et des fruits. De juillet à septembre, il grimpe pour se nourrir de merises, de pommes de pin, de lianes et de raisins. Il consomme rarement des poissons morts lors de la période de frai, bien que cette ressource représente une part peu importante dans son régime alimentaire[5].
Au Japon, les ours noirs se nourrissent principalement de glands tout au long de l’année et présentent des fluctuations caloriques similaires. Leur bilan énergétique diminue de mai à juin, augmente d’août à octobre, puis redescend en novembre. Les deux sexes ont un bilan énergétique plus élevé lors des années de glandée abondante. Lors des mauvaises années, les mâles présentent un bilan énergétique négatif en février pendant l’hibernation, et celui-ci ne redevient positif qu’en août, même s’ils peuvent commencer à se nourrir plus tôt dans l’année[55].
Relations interspécifiques et prédateurs
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L’aire de répartition de l’ours noir d’Asie chevauche celle de l’ours lippu dans le centre et le sud de l’Inde, de l’ours malais en Asie du Sud-Est et de l’ours brun dans le sud de l’Extrême-Orient russe[56]. Les ours noirs d’Asie semblent intimider les ours Isabelle lors des confrontations directes. Ces derniers mangent les fruits que les ours noirs laissent tomber des arbres, étant eux-mêmes trop lourds pour grimper[57]. Les ours bruns de l’oussouri peuvent toutefois s’en prendre aux ours noirs d’Asie[49].
L’ours noir peut potentiellement être pris pour cible par les grands fauves, comme les tigres ou les léopards : les tigres attaquent et consomment parfois des ours noirs. Des chasseurs russes ont trouvé leurs restes dans les excréments des fauves, ainsi que des carcasses montrant des signes de prédation. Pour échapper aux félins, les ours-lunes montent rapidement dans un arbre et attendent que le prédateur parte, cependant certains tigres, plus rusés, font semblant de partir puis attendent que le plantigrade ne vienne à descendre de l’arbre. Les jeunes individus sont des cibles prioritaire[58]. Certains ours sont très tenaces : Jim Corbett a observé un combat entre un tigre et le plus grand ours noir d’Asie qu’il ait jamais vu. L’ours a réussi à mettre le tigre en fuite, malgré de graves blessures au museau et le pelage au niveau de la tête. Il a observé deux fois des ours noirs voler les proies de tigres en l’absence de ces derniers[59]. Les ours du Tibet ne sont généralement plus ciblés par les tigres une fois âgés de cinq ans. Une attaque mortelle sur un jeune ours noir a été documentée dans le parc national de Jigme Dorji[60]. Un tigre de Sibérie aurait attiré un ours en imitant son cri de rut[38]. Toutefois, l’espèce serait probablement moins vulnérables aux tigres que les ours bruns, en raison de leur habitude de vivre dans des cavités ou des conduits étroits creusés dans la roche[61].
Les ours noirs d’Asie dominent généralement les léopards de l’Amour dans les zones densément boisées, tandis que les félins sont avantagés dans les zones ouvertes, bien que l’issue dépende largement de la taille de chaque individu[62]. Ces derniers sont connus pour s’attaquer aux oursons de moins de deux ans.
Les meutes de loups et le lynx boréal sont également des prédateurs potentiels des petits[5].
Relation avec l'homme
[modifier | modifier le code]Attaques contre l’Homme
[modifier | modifier le code]Bien que d’un tempérament général timides et prudents, les ours noirs d’Asie sont plus agressifs envers les humains que les ours bruns d’Eurasie[24] et les ours noirs d’Amérique. David W. Macdonald avance que cette agressivité accrue est une adaptation à leur coexistence avec les tigres[63].
Selon le brigadier général R. G. Burton[note 1] :
« L’ours noir de l’Himalaya est un animal féroce, qui attaque parfois sans provocation et inflige de terribles blessures, visant généralement la tête et le visage avec ses griffes, tout en utilisant aussi ses dents sur une victime à terre. Il n’est pas rare de voir des hommes ayant été terriblement mutilés, certains ayant le cuir chevelu arraché, et de nombreux chasseurs ont été tués par ces ours. »
En réponse au chapitre de Robert Armitage Sterndale dans son Natural History of the Mammalia of India and Ceylon affirmant que l’ours noir d’Asie n’était pas plus dangereux que d’autres animaux en Inde, un lecteur envoya une lettre à The Asian le 11 mai 1880[64],[note 2] :
« M. Sterndale, dans ses intéressants articles sur les Mammifères de l’Inde britannique, remarque au sujet d’Ursus tibetanus, communément appelé l’ours noir de l’Himalaya, qu’« un individu blessé montrera parfois les dents, mais en général il tente de s’échapper ». Cette description n’est, je pense, pas tout à fait correcte. Elle laisserait supposer que cet ours n’est pas plus féroce que n’importe quel autre animal sauvage — la plupart des bêtes sauvages cherchant à s’enfuir lorsqu’elles sont blessées, à moins qu’elles ne voient le chasseur qui a tiré sur elles, auquel cas beaucoup chargeront immédiatement et de manière désespérée.
L’ours noir de l’Himalaya non seulement agit ainsi presque invariablement, mais attaque souvent les hommes sans aucune provocation, et il est, de manière générale, l’une des brutes les plus féroces, vicieuses et dangereuses que l’on puisse rencontrer aussi bien dans les collines que dans les plaines de l’Inde. […]
Ces brutes sont totalement différentes, par leur tempérament, de l’ours brun (Ursus isabellinus), qui, même grièvement blessé, ne chargera jamais. Je crois qu’il n’existe aucun cas enregistré d’un chasseur ayant été chargé par un ours brun, ni même de natifs ayant été attaqués par l’un d’entre eux dans quelque circonstance que ce soit ; alors que chacun de vos lecteurs ayant déjà voyagé dans l’Himalaya doit avoir rencontré de nombreuses victimes de la férocité d’Ursus tibetanus. »
Au tournant du XXe siècle, un hôpital de Srinagar, au Cachemire, recevait chaque année des dizaines de victimes d’ours noirs d’Asie. Lorsqu’ils attaquent, les ours se dressent sur leurs pattes arrière, renversent la victime d’un coup de patte, puis mordent bras ou jambes avant de viser la tête[65].
Les attaques ont augmenté au Cachemire depuis le début du conflit, et en novembre 2009, dans le district de Kulgam, un ours noir d’Asie attaqua quatre insurgés après les avoir découverts dans sa tanière et en tua deux[66].
En Inde, les attaques augmentent chaque année, principalement dans les régions himalayennes du nord-ouest et de l’ouest. Dans le district de Chamba au Himachal Pradesh, le nombre d’attaques est passé de 10 en 1988–1989 à 21 en 1991–1992. Il n’existe aucun cas enregistré de prédation sur l’Homme par l’ours noir d’Asie en Russie, et aucun conflit n’a été documenté à Taïwan[6]. Des attaques ont été signalées au Népal en 2005 à Junbesi, dans le parc national de Langtang, tant dans les villages que dans la forêt environnante[6].
Neuf personnes ont été tuées au Japon entre 1979 et 1989[67] En septembre 2009, un ours noir d’Asie attaqua un groupe de neuf touristes à Takayama, Gifu[68], blessant grièvement quatre d’entre eux[69]. Les attaques surviennent surtout lors de rencontres soudaines à courte distance[70]. Elles peuvent également avoir lieu lorsque les ours défendent une source de nourriture[38]. En 2016, plusieurs attaques eurent lieu au Japon : en mai et juin, quatre personnes furent tuées dans la préfecture d’Akita alors qu’elles cueillaient des pousses de bambou[71], et en août une employée d’un parc fut tuée dans la préfecture de Gunma lorsqu’un ours noir d’Asie grimpa dans sa voiture et l’attaqua[72].
Selon une revue récente[15], environ 50 individus d’ours noirs de l’Himalaya ont été tués par l’Homme entre 1998 et 2023 au Pakistan. Aucune donnée n’existe pour l’ours noir du Baloutchistan, mais ce chiffre est probablement très sous-estimé car ces informations sont souvent dissimulées.
Prédation sur le bétail et dégâts aux cultures
[modifier | modifier le code]Par le passé, les agriculteurs des basses terres himalayennes redoutaient l’ours noir d’Asie plus que tout autre nuisible, et érigeaient des plateformes dans les champs, où des guetteurs étaient postés la nuit et battaient des tambours pour effrayer les intrus. Cependant, certains individus finissaient par s’habituer au bruit et pénétraient malgré tout dans les cultures[73].
Sur 1 375 cas d’animaux d’élevage tués examinés au Bhoutan, les ours noirs d’Asie représentaient 8 % des attaques. La prédation sur le bétail, dans l’ensemble, atteignait un pic en été et en automne, périodes correspondant au pic des cultures ; le bétail est envoyé au pâturage et en forêt pendant la saison des cultures et, par conséquent, est moins bien gardé qu’à d’autres moments[74]. Le nombre d’animaux d’élevage tués par des ours noirs d’Asie dans l’Himachal Pradesh, en Inde, est passé de 29 en 1988–1989 à 45 en 1992-1993[75].
Dans les zones les plus isolées du Japon, les ours noirs d’Asie peuvent causer de sérieux dégâts aux cultures : ils se nourrissent de pousses de bambou cultivé au printemps, de prunes, de pastèques et de maïs en été, et de kakis, de patates douces et de riz en automne. On estime que les ours noirs du Japon endommagent 3 000 ruches chaque année. Lorsqu’ils consomment de grandes cultures comme les pastèques ou les citrouilles, les ours noirs d’Asie ignorent la chair et mangent les graines, affectant ainsi négativement les récoltes futures[67]. Les ours noirs d’Asie peuvent écorcer les arbres et les tuer en arrachant leur écorce pour en boire la sève. Cela peut causer de sérieux problèmes économiques dans les précieuses forêts de bois d’œuvre d’Asie[38]. À la fin des années 1970, 400 à 1 200 hectares de terres avaient été touchés par l’écorçage des conifères japonais par les ours noirs d’Asie. Il existe des preuves que des conifères âgés de 70 ans, ceux ayant la plus grande valeur commerciale, ont également été détruits[67].
Les ours noirs d’Asie s’attaquent au bétail lorsque leurs ressources alimentaires naturelles sont insuffisantes[38]. Il a été rapporté qu’ils attaquent des bœufs, les tuant sur le coup ou les dévorant vivants[70].
Docilité et capacité d’entraînement
[modifier | modifier le code]Avec les ours malais, les ours noirs d’Asie sont les espèces les plus couramment utilisées dans les régions où les ursidés sont employés soit dans des spectacles, soit comme animal de compagnie[76]. Les plantigrades présentent une capacité d’apprentissage exceptionnelle en captivité et font partie des espèces les plus utilisées dans les numéros de cirque[77]. Gary Brown à déclaré que :
« Les ours noirs d’Asie sont les meilleurs comédiens parmi les ours à destination du spectacle. Ils semblent apprécier les applaudissements et se placent intentionnellement en retard à leur position prescrite pour susciter le rire et attirer l’attention. — Brown, The Influence of Bears on Humans[77] »
Les ours noirs d’Asie sont facilement apprivoisés et peuvent être nourris avec du riz, du maïs, des patate douce, du manioc, des citrouille, des fruit mûr, des graisse animale et des aliments sucrés. La détention d’ours noirs d’Asie en captivité est populaire en Chine, notamment en raison de la croyance selon laquelle la traite de la vésicule biliaire de l’ours conduit à une prospérité rapide. Les ours noirs d’Asie sont également prisés comme animaux de compagnie au Vietnam[6].
Chasse et exploitation
[modifier | modifier le code]Chasse
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Selon The Great and Small Game of India, Burma, and Tibet, à propos de la chasse à l’ours noir d’Asie en Inde britannique :
« La chasse à l’ours noir dans les forêts bordant la vallée du Cachemire exige beaucoup plus de prudence que celle à l’ours brun sur les collines ouvertes, les sens de la vue et de l’ouïe étant plus développés chez l’ours noir que chez l’ours brun. Beaucoup de ces forêts sont très denses, si bien qu’il faut l’œil d’un shikari expérimenté pour détecter la silhouette sombre des ours tout en cherchant des châtaignes au sol, sans que le groupe avancé ne soit repéré par les animaux vigilants. »

L’ouvrage décrit également une deuxième méthode de chasse, consistant à battre de petites parcelles de forêt pour faire sortir les ours en file indienne. Cependant, les ours noirs étaient rarement chassés pour le sport, en raison de la mauvaise qualité de leur fourrure et de la facilité avec laquelle ils pouvaient être abattus dans les arbres ou traqués, leur ouïe étant moins développée[31].
« Les ours noirs ici ne procurent aucun plaisir de chasse ; ce n’est pas vraiment du tir, c’est simplement tirer sur une chose noire dans un arbre… Je peux assurer au lecteur que s’il aime le pistage, il méprisera la chasse à l’ours et ne tirera jamais sur eux si autre chose est disponible. Si un homme ne chassait que des ours et en tuait cent pendant ses six mois de congé, il n’aurait pas pris autant de plaisir que s’il avait tué dix mouflons ou markhor mâles. »
[78].
Bien que faciles à traquer et à abattre par tir, les ours noirs d’Asie étaient connus des chasseurs britanniques pour être extrêmement dangereux lorsqu’ils étaient blessés. Le brigadier général R.G. Burton rapporta que de nombreux chasseurs avaient été tués après avoir échoué à atteindre un tir direct[70].
Aujourd’hui, la chasse sportive à l’ours noir d’Asie n’est autorisée que au Japon et en Russie. En Russie, 75 à 100 ours noirs d’Asie sont légalement prélevés chaque année, bien que 500 individus soient apparemment chassés illégalement[79].
Produits issu de l’ours
[modifier | modifier le code]Les ours du Tibet sont chassés pour leurs différentes parties du corps en Chine depuis le Paléolithique[43]. Au XIXe siècle, leur fourrure était de faible valeur[64],[31]. Leur graisse constituait le seul usage pratique de leur carcasse en Inde britannique, et les ours proches des villages étaient privilégiés, car presque toujours plus gras que ceux vivant en forêt[78]. Dans l’ex-URSS, l’ours-lune fournissait une fourrure, de la viande et de la graisse de meilleure qualité que l’ours brun[5] . Aujourd’hui, la bile est recherchée pour ses vertus supposées contre diverses maladies, les accumulations de sang sous la peau et les chocs toxiques[80]. Les produits comprennent également de la colle osseuse et de la graisse, utilisés en médecine traditionnelle et consommés comme tonique. La viande de l’ours noir d’Asie est comestible[6].
Menaces
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La principale menace pesant sur l’habitat de l’ours noir d’Asie est la surexploitation des forêts, principalement due à l’augmentation des populations humaines au-delà de 430 000 individus dans les régions où les ours sont présents, dans les provinces de Shaanxi, Gansu et Sichuan. Vingt-sept entreprises forestières ont été établies dans ces zones entre 1950 et 1985 sans compter les unités de coupe dépendant de la région. Au début des années 1990, la zone de répartition de l’ours noir d’Asie avait été réduite à un cinquième de ce qu’elle était avant les années 1940. Les populations isolées font face à des stress environnementaux et génétiques. Toutefois, l’une des raisons les plus importantes de leur déclin est la chasse excessive, car les pattes, les vésicules biliaires et les oursons ont une grande valeur économique. Les prélèvements d’ours noirs d’Asie restent élevés en raison des dommages qu’ils causent aux cultures, aux vergers et aux ruches. Dans les années 1950 et 1960, 1 000 ours noirs d’Asie étaient prélevés chaque année dans la province du Heilongjiang. Cependant, les fourrures achetées ont diminué des 4/5, voire de 9/10 par an entre la fin des années 1970 et le début des années 1980. Les plantigrades ont également décliné chaque année dans la préfecture autonome de Dehong Dai et Jingpo et au Yunnan[6].
Le braconnage pour la vésicule biliaire et la peau constitue la principale menace pour l’espèce en Inde[6].
Au Pakistan, en plus des mises à mort directes, par le braconnage et des conflits homme-ursidés, les principaux problèmes sont la perte d’habitat causée par l’exploitation forestière, l’expansion des plantations et l’agriculture, les réseaux routiers et les barrages[16]. La population d’ours noirs d’Asie est passée de 11 807 km² dans les années 1950 à 7 925 km² en 2014. L’espèce habite principalement les zones de basse altitude du Khyber Pakhtunkhwa, du Gilgit-Baltistan et de l’Azad Jammu et Cachemire, caractérisées par une forte densité humaine, une végétation forestière et une forte agriculture[15].
Du début des années 1970 aux années 1980, le Japon a mené des campagnes d’abattage à grande échelle d’ursidés au printemps pour prévenir la destruction de l’écorce des plantations de cèdres et de cyprès, ce qui a entraîné un déclin marqué de leur population. En réponse, à partir de la fin des années 1980, des restrictions de chasse et une auto-limitation volontaire ont été introduites dans l’ouest de l’archipel, réduisant le nombre d’ours chassés[39], bien que le braconnage soit resté un problème[6]. En 2000, le ministère de l’Environnement a établi un manuel de gestion visant le rétablissement des populations, fixant explicitement des limites annuelles d’abattage en fonction de la taille estimée de plantigrade ; ce manuel a été révisé plusieurs fois par la suite. Le nombre d’ours chassés a diminué en raison des politiques de conservation et du vieillissement de la population de chasseurs, permettant à la population d’ours de se rétablir. Combiné à une mauvaise production de glands et de faînes due au changement climatique, ce rétablissement a contribué à une forte augmentation des blessures et décès causés par les ursidés autour de 2023, atteignant un record en 2025. Par conséquent, en 2024, le gouvernement japonais a révisé le plan de conservation existant, adoptant une politique de gestion plus proactive par la chasse, de nombreux ours redevenant des cibles d’abattage[39],[41].
Bien que l’espèce bénéficie d’une protection en Russie depuis 1983, le braconnage illégal, alimenté par une demande croissante pour les parties du corps sur le marché asiatique, reste une menace majeure. De nombreux travailleurs d’origine chinoise et coréenne, officiellement employés dans l’industrie du bois, participeraient en réalité au commerce illégal. Certains marins russes achèteraient des parties d’ours aux chasseurs locaux pour les vendre à des clients japonais et d’Asie du Sud-Est. Le développement rapide de l’industrie forestière russe constitue une menace sérieuse pour l’habitat de l’ours noir depuis trois décennies. L’abattage des arbres à cavités prive l’espèce de ses principaux refuges hivernaux et la force à se réfugier au sol ou dans des rochers, la rendant plus vulnérable aux tigres, aux ours bruns et aux chasseurs[6].
À Taïwan, les ours noirs d’Asie ne sont pas activement chassés, bien que les pièges métalliques destinés aux sangliers soient responsables de captures accidentelles[6]. L’exploitation forestière n’est plus une menace majeure pour la population taïwanaise, mais une nouvelle politique concernant le transfert de la propriété des terres en montagne du gouvernement vers des intérêts privés pourrait affecter certains habitats de basse altitude, en particulier dans l’est du pays. La construction de nouvelles routes transinsulaires traversant l’habitat de l’espèce constitue également une menace potentielle[6].
Les populations vietnamiennes d’ours noirs d’Asie ont diminué rapidement sous la pression de la croissance démographique et d’un établissement humain instable. Les forêts vietnamiennes diminuent : sur les 87 000 km2 de forêts naturelles, environ 1 000 km2 disparaissent chaque année. La pression de chasse a également augmenté parallèlement à un déclin de la sensibilisation environnementale[6].
La Corée du Sud reste l’un des deux pays à autoriser légalement l’élevage d’ours à bile. En 2009, environ 1 374 ours noirs d’Asie vivaient dans environ 74 fermes, où ils sont gardés pour l’abattage afin d’alimenter la médecine traditionnelle asiatique[82]. En contraste, moins de 20 ours noirs vivent au centre de réintroduction dans le parc national de Jirisan.
Ces dernières années, le changement climatique a également contribué au déclin des ours noirs dans le sud et le sud-est de l’Iran. En tant que grands mammifères, ces ours réagissent davantage au changement climatique que les petites espèces qui leur font office de proies. En raison de leur grande taille, ils ne peuvent pas utiliser de refuges micro-climatiques, comme se cacher dans l’herbe pour réguler leur température. Au cours des trente dernières années, une diminution de 30 à 40 % de la population a été signalée, corrélée à l’augmentation de la température à l’échelle mondiale[83]. De plus, une diminution de 10 % de l’habitat favorable a été observée depuis 2016, en raison du changement climatique et de la déforestation.
Conservation
[modifier | modifier le code]L’espèce est classée comme vulnérable dans la Liste rouge de l'UICN[84].
L’ours noir d’Asie est classé comme animal protégé dans la Loi chinoise sur la protection de la faune, qui stipule que toute personne chassant ou capturant des ours sans permis sera sévèrement punie.
Bien que l’ours noir d’Asie soit protégé en Inde, puisqu’il est classé comme vulnérable dans le livre rouge des espèces menacés, inscrit à l’Annexe I de la CITES en Inde et à l’Annexe I de la loi indienne sur la protection de la faune (Indian Wildlife Protection Act) ainsi que dans son amendement de 1991, il reste difficile d’engager des poursuites contre les personnes accusées de braconnage, en raison du manque de témoins et de l’absence de laboratoires de criminalistique spécialisés capables de vérifier l’origine des parties ou produits d’origine animales saisis. De plus, en raison de l’étendue des frontières de l’Inde avec le Pakistan, le Tibet, la Chine, le Népal, le Bhoutan, le Bangladesh et le Myanmar, il est difficile de surveiller efficacement ces zones souvent montagneuses.
Au Japon, cinq populations d’ours noirs d’Asie, présentes à Kyūshū, Shikoku, dans l’ouest et l’est du Chūgoku et la région de Kii, ont été classées en danger par l’Agence de l’environnement dans le livre rouge des espèces menacés du Japon de 1991. De petites populations isolées dans les régions de Tanzawa et Shimokita, sur l’île principale de Honshū, ont été classées en danger en 1995. En 2000, le ministère de l’Environnement a introduit un manuel de gestion des ours fixant une limite supérieure au taux annuel de capture en fonction des estimations de population, marquant une transition complète vers une politique de conservation. Le manuel a depuis été révisé à plusieurs reprises. Avec la baisse des quotas de chasse et la diminution du nombre de chasseurs due au vieillissement de la population, la population d’ours noirs japonais a augmenté rapidement jusqu’en 2023, en particulier à Honshū.
En Russie, l’ours noir d’Asie apparaît comme une espèce peu fréquente dans le livre rouge des espèces menacés, ce qui lui confère une protection spéciale, et la chasse est interdite. Il existe actuellement un mouvement fort en faveur de la légalisation de la chasse à l’ours noir russe, soutenu par une grande partie de la communauté scientifique locale.
À Taïwan, l’ours noir de Formose a été inscrit le 30 janvier 1989 comme espèce menacée en vertu de la Loi sur le patrimoine naturel et culturel, puis classé ultérieurement comme espèce protégée de catégorie I.
Le gouvernement vietnamien a publié la décision 276/QD, 276/1989, interdisant la chasse et l’exportation de l’ours noir d’Asie. Le livre rouge des espèces menacés du Viêt Nam classe l’espèce locale comme menacée.
Le gouvernement sud-coréen a désigné l’ours noir d’Asie comme Monument naturel no 329, et l’espèce y est considérée en situation de crise d’extinction. Actuellement, le Centre de restauration des espèces menacées de la Korea National Park Service mène un programme de réintroduction[85].
Au Pakistan, l’ours noir d’Asie et la sous-espèce locale sont classés respectivement vulnérables depuis 1979 et en danger critique d’extinction depuis 1996 sur la Liste rouge de l’UICN, et tous deux inscrits à l’Annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces menacées[86]. Actuellement, de nombreuses études utilisant des outils technologiques avancés — telles que des caméras modernes[87] , des applications SIG[88],[89] et des modèles écologiques[90] , ainsi que des questionnaires administrés dans divers villages en conflit avec l’espèce[91], ont permis d’identifier et de concevoir de nouvelles stratégies de conservation.

Dans la culture
[modifier | modifier le code]Dans le folklore et la mythologie
[modifier | modifier le code]Dans la culture japonaise, l’ours noir d’Asie est traditionnellement associé à l’esprit / divinité de la montagne (山の神, yama no kami) et est caractérisé sous des terminologies comme « homme des montagnes » (山男, yamaotoko), « oncle des montagnes » (山のおっさん, yama no ossan), « père des montagnes » (山の親父, yama no oyaji), une mère aimante ou un enfant. Étant un animal largement solitaire, l’ours noir d’Asie est également considéré comme une « personne solitaire » (さびしがりや, sabishigariya)[67]. Les ours noirs d’Asie ne sont pas une composante importante du folklore japonais dans les plaines, mais sont en revanche très présents dans les régions montagneuses, un fait interprété comme reflétant leur valeur économique plus importante dans ces zones d’altitude. Selon le folklore local de Kituarahara-gun dans la préfecture de Niigata, l’ours noir aurait reçu sa marque blanche après avoir reçu une amulette enveloppée de soie de la divinité de la montagne, qui laissa une marque même après avoir été retirée[28].
Après l’introduction du bouddhisme au Japon, qui interdit de tuer les animaux, les Japonais ont adapté leurs pratiques de chasse. Certaines communautés, comme dans le district de Kiso dans la préfecture de Nagano, interdisaient complètement la chasse aux ours, tandis que d’autres développaient des rituels pour apaiser l’esprit des ours tués. Dans certaines communautés de chasseurs matagi, les ours noirs dépourvus de la marque blanche sur la poitrine sont considérés comme sacrés. Dans la préfecture d’Akita, ces ours étaient appelés minaguro (tout noir) ou munaguro (noir de poitrine), et étaient considérés comme des messagers de la divinité de la montagne. Si un tel ours était abattu, le chasseur l’offrait à la divinité et abandonnait la chasse par la suite. Des croyances similaires existaient à Nagano, où les ours entièrement noirs étaient appelés nekoguma (ours-chat). Les communautés matagi croyaient que tuer un ours noir d’Asie dans la montagne pouvait provoquer une tempête, les esprits des ours influençant le climat. La chasse avait lieu au printemps ou entre la fin de l’automne et le début de l’hiver, avant l’hibernation. Dans les zones montagneuses, les ours étaient chassés en les poussant vers un chasseur posté en amont. Les expéditions pouvaient durer jusqu’à deux semaines, précédées de rituels, et après la mise à mort, les chasseurs priaient pour l’âme de l’ours[28]. La chasse à l’ours noir d’Asie au Japon est souvent appelée « élimination des ours » (熊退治, kuma-taiji). Le mot « élimination » ; « extermination » (退治, taiji) est utilisé dans le folklore japonais pour désigner l’élimination de monstres et de démons[67], et plus particulièrement les Oni. Dans la préfecture de Nagano dans la vallée de Kiso, il est dit qu’un ours très vieux pouvait devenir une créature monstrueuse, un Onikuma.
Traditionnellement, les peuples Atayal, Taroko et Bunun de Taïwan considèrent l’ours noir d’Asie comme quasi humain, et tuer un ours injustement équivaut à un meurtre pouvant provoquer maladies, décès ou mauvais rendements agricoles. Les Bunun appellent l’ours noir Aguman ou Duman, signifiant « démon ». Un chasseur Bunun ayant accidentellement piégé un ours doit construire un refuge dans la montagne et y incinérer l’animal. Il doit rester seul dans le refuge jusqu’à la fin de la récolte du millet, car tuer un ours entraînerait la perte de la récolte. Dans la région de Tungpu, les ours sont considérés comme des animaux de « troisième catégorie », les plus éloignés de l’homme, limités aux abords des habitats humains. Ainsi, lorsqu’ils s’approchent des villages, ils sont considérés comme de mauvais augures. Les Rukai et Palawanais peuvent chasser l’ours noir d’Asie, mais pensent que cela maudit les chasseurs : les Rukai croient que cela peut provoquer des maladies. Les enfants ne doivent pas consommer la viande d’ours, interdite à l’intérieur des habitations.[réf. nécessaire]
Dans la mythologie hindoue, l’ours noir d’Asie nommé Jambavantha (en), Jambavan ou encore Jamvanta, est censé avoir vécu du Treta Yuga au Dvapara Yuga. Dans l’épopée Ramayana, Jambavantha aide Rāma à retrouver son épouse Sītā et à combattre son ravisseur, Ravana[92].
En Thaïlande, l’ours noir d’Asie est appelé mi khwai (thaï : หมีควาย), ce qui signifie « ours-buffle », non pas en raison de son apparence, mais en référence à la tache de fourrure en forme de V sous son cou, similaire à celle du buffle. Il existe aussi un idiome thaï, bon meuan mi kin pheung (thaï : บ่นเหมือนหมีกินผึ้ง), « râler comme un ours qui mange du miel », utilisé pour désigner les personnes qui marmonnent et se plaignent. L’expression vient du comportement de cette espèce lorsqu’elle grimpe dans les arbres à la recherche de miel et de jeunes abeilles : en mangeant, elle produit un son de murmure[93].
Dans la littérature et la culture contemporaine
[modifier | modifier le code]Les ours noirs d’Asie sont brièvement mentionnés dans le roman de Yann Martel, L’Histoire de Pi, où ils sont décrits par le père du protagoniste comme faisant partie des animaux les plus dangereux du zoo.
De nombreux personnage de la culture populaire japonaises contemporaine sont inspiré de l’ours noir d’Asie, comme Kumamon la mascotte de la préfecture de Kumamoto.
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ « The Himalayan black bear is a savage animal, sometimes attacking without provocation, and inflicting horrible wounds, attacking generally the head and face with their claws, while using their teeth also on a prostrate victim. It is not uncommon to see men who have been terribly mutilated, some having the scalp torn from the head, and many sportsmen have been killed by these bears. »
- ↑ « Mr Sterndale, in the course of his interesting papers on the Mammalia of British India, remarks of Ursus Tibetanus, commonly known as the Himalayan Black Bear, that 'a wounded one will sometimes show fight, but in general it tries to escape.' This description is not, I think, quite correct. As it would lead one to suppose that this bear is not more savage than any other wild animal—the nature of most of the feræ being to try to escape when wounded, unless they see the hunter who has fired at them, when many will charge at once, and desperately. The Himalayan Black Bear will not only do this almost invariably, but often attacks men without any provocation whatever, and is altogether about the most fierce, vicious, dangerous brute to be met with either in the hills or plains of India. [...] These brutes are totally different in their dispositions to the Brown Bear (Ursus Isabellinus), which, however desperately wounded, will never charge. I believe there is no case on record of a hunter being charged by a Brown Bear; or even of natives, under any circumstances, being attacked by one; whereas every one of your readers who has ever marched in the Himalayas must have come across many victims of the ferocity of Ursus Tibetanus. »
Références
[modifier | modifier le code]- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Asian black bear » (voir la liste des auteurs).
- ↑ ASM Mammal Diversity Database, consulté le 20 novembre 2025.
- GBIF Secretariat. GBIF Backbone Taxonomy. Checklist dataset https://doi.org/10.15468/39omei accessed via GBIF.org, consulté le 23 octobre 2025.
- CITES, consulté le 23 octobre 2025.
- Base de données mondiale de l'OEPP, https://gd.eppo.int, consulté le 23 octobre 2025.
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Voir aussi
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