Hokkaidō

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Hokkaidō
北海道 (ja)
Carte de Hokkaidō.
Carte de Hokkaidō.
Géographie
Pays Drapeau du Japon Japon
Archipel Archipel japonais
Localisation Océan Pacifique
Coordonnées 43° N, 142° E
Superficie 83 456,58 km2
Point culminant Asahidake (2 290 m)
Géologie Île continentale
Administration
Préfecture Hokkaidō
Démographie
Population 5 471 274 hab. (31 décembre 2012)
Densité 65,56 hab./km2
Plus grande ville Sapporo
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+9
Site officiel http://www.pref.hokkaido.lg.jp

Géolocalisation sur la carte : Japon

(Voir situation sur carte : Japon)
Hokkaidō
Hokkaidō
Îles au Japon
Préfecture de Hokkaidō
北海道 Hokkaidō
Blason de Préfecture de Hokkaidō
Symbole
Drapeau de Préfecture de Hokkaidō
Drapeau
Administration
Pays Drapeau du Japon Japon
Capitale Sapporo
Région Hokkaidō
Île Hokkaidō
Sous-préfectures 14
Districts ruraux 68[1]
Municipalités 180[2]
Gouverneur Harumi Takahashi
ISO 3166-2 JP-01
Démographie
Population 5 541 598 hab. ()
Densité 66 hab./km2
Rang 8e
Géographie
Superficie 8 345 664 ha = 83 456,64 km2
Rang 1re
Pourcentage d'eau 6,4 %
Symboles préfectoraux
Fleur Rosier rugueux (Rosa rugosa)
Arbre Epicéa du Japon (Picea jezoensis)
Oiseau Grue du Japon (Grus japonensis)
Localisation
Carte du Japon avec la Préfecture de Hokkaidō mise en évidence
Carte du Japon avec la Préfecture de Hokkaidō mise en évidence
Liens
Site web (en) www.pref.hokkaido.jp/index-e.html

Hokkaidō (北海道?, [hokːaidoː]) ou Hokkaïdo, autrefois appelée Yeso ou Ezo (蝦夷?), est la plus septentrionale des quatre îles principales de l'archipel du Japon. Administrativement, elle correspond également à la fois à une préfecture et à une région. Le chef-lieu de cette préfecture est Sapporo. Parmi les Japonais qui vivent sur Hokkaidō se trouvent une minorité d'Aïnous, qui furent les premiers habitants de l'archipel.

Géographie[modifier | modifier le code]

Relief[modifier | modifier le code]

Hokkaidō est une île située dans le nord du Japon, à proximité de la Sibérie. Elle est entourée par l'océan Pacifique (à l'est), la mer du Japon (à l'ouest) et la mer d'Okhotsk (au nord). Elle est séparée de Honshū par le détroit de Tsugaru.

Elle est couverte à 71 % par des forêts et à 16 % par des terres agricoles.

La préfecture de Hokkaidō inclut de nombreuses îles, comme Rishiri, Okushiri et Rebun.

L'épicentre d'un séisme de magnitude 8 se situait à proximité de l'île le à 19:50:07 (UTC).

Le cap Erimo, à l'extrémité sud-est de l'île, se trouve dans le prolongement des monts Hidaka.

Climat[modifier | modifier le code]

Hokkaidō est connu pour ses étés frais et secs (ce qui attire de nombreux touristes) et ses hivers rigoureux. La température moyenne en août est d'environ 22 °C, tandis que celle de janvier varie entre −12 °C et −4 °C, en fonction de l'altitude et de la latitude. Les tempêtes de neige, apportées par les vents en provenance de Sibérie, ne sont pas rares.

En hiver, la mer d'Okhotsk gèle en grande partie, rendant la navigation impossible sur toute la côte Nord. Les poissonneries doivent cesser leur activité jusqu'au dégel.

Histoire[modifier | modifier le code]

Hokkaidō était à l'origine la terre du peuple aïnou. On retrouve d'ailleurs la trace de la langue aïnoue dans la toponymie de l'île, ainsi que celle de nombreuses villes dont Sapporo, et de nombreuses espèces d'arbres et d'animaux (par exemple, ezomatsu, ou pin de Hokkaidō). L'origine des Aïnous fait toujours débat ; la théorie la plus répandue les fait venir du continent asiatique, probablement liés aux peuples mongols[3]. En effet, dans le sud de Hokkaidō, des études archéologiques ont mis en évidence la présence de peuplade jōmon, venant probablement d'Asie, il y a 8 000 à 6 000 ans, et dont les aïnous sont peut-être les descendants des Jōmon tardifs[4]. Dans le nord de Hokkaidō, s'installèrent les Okhotsks six ou sept siècles av. J.-C.[3]

Du VIIe au XIIe siècle cohabitaient les cultures okhotsk et satsujin sédentaires et agricoles qui avaient pu se mélanger par endroits. Toutefois, les Okhotsks disparurent ou furent absorbés par les Satsujin au XIIe, formant finalement le peuple aïnou[3].

L'établissement des premiers Japonais à Hokkaidō survint dans les années 1600 avec une dizaine de milliers de pêcheurs, marchands et cultivateurs, mais globalement, l'île restait très peu peuplée jusqu'au XIXe avec une population de peu ou prou 50 000 habitants, les migrants japonais ayant d'ailleurs dépassé en nombre les aïnous, qui diminuèrent dès le XVIe[5] et dont la vitalité était passée[6]. Hokkaidō s'est longtemps appelé Yeso, Ezo ou Ezochi jusqu'à la restauration de Meiji.

Peu après la guerre de Boshin de 1868, un groupe de fidèles de Tokugawa, dirigé par Takeaki Enomoto, déclara l'indépendance de l'île sous le nom de République indépendante d'Ezo, mais la rébellion fut écrasée en mai 1869. L'intégration proprement dite de Hokkaidō dans le Japon, à l'époque l'empire du Japon, survint avec la restauration de Meiji, à partir de 1868, en raison des inquiétudes liées à l’expansion russe en Extrême-Orient[5]. La région fut divisée en onze provinces : Tokachi, Hidaka, Ishikari, Kitami, Kushiro, Nemuro et Teshio, Oshima, Shiribeshi, Iburi et la Chishima pour les îles Kouriles du sud. En 1882, les provinces de Hokkaidō fusionnèrent pour former trois préfectures : Hakodate, Sapporo et Nemuro, qui fusionnèrent à leur tour en 1886. La commission de colonisation fut créée pour favoriser le peuplement de l'île, dont la population augmenta fortement au sud et dans la ville de Sapporo, choisie pour établir un gouvernement central en 1885. Dès 1875, des soldats-colons s'installaient en échange de terres au centre, à l'est et au nord. En 1900, 600 000 colons japonais résidaient à Hokkaidō[5]. L'intégration des migrants se fit en trois étapes : l'instabilité de la nouvelle société à l'époque de Meiji ; l'enracinement et l'affirmation d'une identité locale d'environ 1910 à 1955 ; enfin une phase de délocalisation, comme dans tout le Japon, et de forte urbanisation, signifiant que les localismes s'effaçaient plus ou moins[7].

Dans les années 1930, l'île avait profité de la modernisation intensive, de la révolution industrielle, de l'établissement des rizicultures, des aides occidentales et notamment américaines, si bien que la majeure partie du territoire était parfaitement occupée à l'exception des terres les plus hostiles au nord et à l'est, avec de grandes villes dont Sapporo et Otaru[5].

Après la Seconde Guerre mondiale, quelque cinq millions de colons revinrent de Corée et de Mandchourie, si bien que l'agence de développement créée en 1950 poussait systématiquement au peuplement des zones peu habitées du nord et de l'est[5].

Découpage administratif[modifier | modifier le code]

Hokkaidō est à la fois une préfecture et une région du Japon. Le chef-lieu de cette préfecture est Sapporo.

Hokkaidō est la seule préfecture entièrement divisée en sous-préfectures. Cela est dû principalement à sa grande taille. La ville de Sapporo est en effet trop éloignée de certaines parties de l'île pour pouvoir prendre en charge toute la gestion administrative. Les sous-préfectures de Hokkaidō effectuent le travail habituellement accompli par les bureaux préfectoraux dans le reste du Japon.

Les quatorze sous-préfectures sont :
Carte des sous-préfectures et des principales villes.

Les villes principales sont Sapporo, Hakodate et Asahikawa.

Économie[modifier | modifier le code]

Bien que l'industrie légère soit également représentée (en particulier papeterie, brassage de la bière et production de nourriture), la plus grande part des emplois se trouve dans le secteur des services. Le tourisme est très important pour l'économie, en particulier pendant l'été, dont la fraîcheur attire les vacanciers (il fait très chaud dans le reste du Japon à cette période de l'année). En hiver, ce sont les stations de ski qui prennent le relais.

Les Jeux olympiques d'hiver de 1972 ont eu lieu à Sapporo.

Transport[modifier | modifier le code]

Le seul lien terrestre de Hokkaidō avec le reste du Japon est le tunnel du Seikan (tunnel ferroviaire). Il s'agit du deuxième plus grand tunnel du monde.Il a été ouvert en mars 1988 après plus de 10 ans de travaux. Il relie l’île d’Honshu à Hokkaido, et permet une meilleur intégration de l’espace insulaire, grâce à sa ligne ferroviaire[8].

Mais la plupart des voyageurs arrivent sur l'île par avion. Le principal aéroport est celui de Chitose, appelé Nouvel Aéroport de Chitose, au sud de Sapporo. Tokyo-Chitose est la ligne la plus empruntée du Japon avec plus de quarante-cinq vols par jour, assurés par trois compagnies.

On peut également se rendre à Hokkaidō par ferry, à partir des ports de Sendai et de Niigata.

Le réseau ferré à l'intérieur de Hokkaidō est bien développé, mais certaines villes ne sont accessibles qu'en bus ou en voiture.

Le Shinkansen est un autre élément d’intégration d’Hokkaido à la dynamique du Japon[9]. En effet, le Shinkansen est un service de train à grande vitesse qui existe au Japon depuis environ cinquante ans. Le , une ligne a été ouverte entre les gares de Shin-Aomori (qui se situe au Nord de l’île d’Honshu) et de Shin-Hakodate-Hokuto (qui se situe au Sud de l’île d’Hokkaido). On voit ainsi une continuité de la ligne, qui traverse les espaces dynamiques du Japon et qui va sur l’île la plus septentrionale du pays. Cette ouverture récente a pour but de dynamiser et d’intégrer Hokkaido en rendant cet espace plus accessible. De plus, une extension de la ligne du train à grande vitesse est prévue pour 2030 afin de relier la ville principale d’Hokkaido, Sapporo, à ce système ferroviaire. 

Agriculture[modifier | modifier le code]

Hokkaidō occupe le premier rang dans l'agriculture du Japon, notamment pour la production de riz et de poisson. L'ensemble de la filière agricole est très développé : élevageculturepêche. Un quart des terres cultivées se situe dans cette région[10]. Les productions principales sont celles de blé (65,5 %), de pommes de terre (79,5 %) et de betteraves (100 %). On y produits également de nombreuses variétés de légumes, de la viande, du poisson, et des fruits de mer. 

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le tourisme occupe une place importante dans l’économie de l'île d'Hokkaidō. En 2014 le Japon a attiré plus de treize millions de visiteurs étrangers, ce chiffre est en hausse depuis 2011[11]. La majorité des touristes vient d’Asie, en particulier de Chine, de Taiwan et de Corée du Sud.

Hokkaido est doté de paysages divers (montagnes, mer, plaines). Il y a donc de nombreux touristes, notamment grâce aux stations de ski et aux stations thermales. Ces ensembles touristiques attirent beaucoup la population asiatique, et en particulier les Chinois. Ce n’est cependant pas un tourisme qui provient de toutes les régions du monde. La clientèle ciblée vient de pays proches, ou du Japon même. Cela montre la marginalité et la méconnaissance d’Hokkaido, car les principales villes japonaises qui se situent sur l’ile d’Honshū, au « Japon de l’endroit » attirent, elles, des touristes très divers, qui viennent de différents continents. 

Culture[modifier | modifier le code]

Personnalité liée à Hokkaidō[modifier | modifier le code]

Revendications territoriales[modifier | modifier le code]

Il y a un conflit à propos des îles qui se situent au Nord d’Hokkaido. En effet, les îles Kouriles sont revendiquées par le Japon et la Russie, cela créé un contentieux. Chaque Etat revendique les îles du Sud de l’archipel des Kouriles, et ne reconnait pas la souveraineté de l’autre. Cet archipel est composé d’environ trente îles volcaniques et de plusieurs îlots. Le Japon et la Russie s’affrontent dans ce conflit, en particulier pour bénéficier de la zone économique exclusive des îles [12].

Les zones économiques exclusives des îles Kouriles offrent en effet de nombreuses ressources halieutiques, car c’est l’un des espaces les plus poissonneux de l’Océan Pacifique, mais aussi des ressources minérales avec des gisements de souffre et de pyrite. Ainsi, le Japon réclame les quatre îles les plus au Sud de l’archipel, qu’il décrit comme des extensions de l’île d’Hokkaido. 

Municipalités jumelées[modifier | modifier le code]

La préfecture de Hokkaidō est jumelée avec les municipalités suivantes[13] :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 73 en comptant les 5 districts qui, pour les Japonais, subdivisent les îles Kouriles du sud revendiquées par le Japon.
  2. 186 en comptant les 6 communes qui, pour les Japonais, subdivisent les îles Kouriles du sud revendiquées par le Japon.
  3. a, b et c Irish 2009, p. 24-25
  4. (en) Delmer M. Brown, The Cambridge History of Japan: Ancient Japan, vol. 1, Cambridge University Press, (ISBN 9780521223522), p. 79
  5. a, b, c, d et e Jacques Pezeu-Massabuau, « Étude de géographie humaine d'une région japonaise », Revue de géographie de Lyon, vol. 44, no 3,‎ , p. 281-319 (lire en ligne)
  6. Christophe Sabouret, « Pourquoi les Japonais n’ont-ils pas colonisé plus tôt le Hokkaidô ? », Réseau Asie, (consulté le 17 novembre 2012)
  7. Augustin Berque, « L'Évolution de la société japonaise à Hokkaidō », The science reports of the Tohoku University, vol. 27, no 1,‎ , p. 1-12 (lire en ligne)
  8. Philippe Rekacewicz, « Japon: atouts et faiblesses », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  9. « Au Japon, le Shinkansen relie désormais Tokyo à l’île d’Hokkaido », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  10. (en) « Agriculture in Hokkaido Japan », sur http://www.pref.hokkaido.lg.jp, (consulté le 27 avril 2017)
  11. « Fréquentation touristique au Japon », Kanpai,‎ publié en déc 2013 - mis à jour en oct 2016 (lire en ligne)
  12. Pierre Gentelle, Philippe Pelletier, sous la direction de Roger Brunet, Géographie universelle : Chine, Japon, Corée, Belin, , 480 p. (ISBN 978-2-7011-1664-8)
  13. (ja) Council of Local Authorities for International Relations, « 姉妹(友好)提携情報 » [« Informations sur les relations de jumelage »] [xls], sur www.clair.or.jp,‎ (consulté le 22 septembre 2015).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Ann B. Irish, Hokkaido: A History of Ethnic Transition and Development on Japan's Northern Island, McFarland, , 370 p. (ISBN 9780786444496, lire en ligne)