Ban Ki-moon

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Dans ce nom coréen, le nom de famille, Ban, précède le nom personnel.
Ban Ki-moon
반기문
Image illustrative de l'article Ban Ki-moon
Fonctions
Secrétaire général des Nations unies

(9 ans 11 mois et 30 jours)
Élection
Réélection
Prédécesseur Kofi Annan
Successeur António Guterres
Ministre des Affaires étrangères et du Commerce
de Corée du Sud

(2 ans 9 mois et 24 jours)
Premier ministre Goh Kun
Lee Hae Chan
Han Duck-soo
Han Myeong-sook
Prédécesseur Yoon Young-kwan
Successeur Song Min-soon
Biographie
Date de naissance (72 ans)
Lieu de naissance Eumseong (Corée)
Nationalité Sud-coréenne
Parti politique Indépendant
Conjoint Yoo Soon-taek
Diplômé de Université nationale de Séoul
Harvard
Profession Diplomate

Signature de Ban Ki-moon반기문

Ban Ki-moon Ban Ki-moon
Secrétaires généraux des Nations unies
Ban Ki-moon
Hangeul 반기문
Hanja 潘基文
Romanisation révisée Ban Gi-mun
McCune-Reischauer Pan Ki-mun

Ban Ki-moon (hangeul : 반기문, hanja : 潘基文, prononcé [pan gi mun]), né le à Eumseong, est un diplomate et homme politique sud-coréen.

Succédant à Kofi Annan, il est le huitième secrétaire général des Nations unies, effectuant deux mandats du au . Précédemment, il a été ministre des Affaires étrangères et du Commerce de son pays entre au . Il a commencé sa carrière dans les services diplomatiques, avec un premier poste à New Delhi (Inde).

De langue maternelle coréenne, Ban Ki-moon parle couramment l'anglais[1] et le français[2],[3] (deux des six langues de travail de l'ONU) et, selon ses services, il a de bonnes notions d'allemand et de japonais[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Ban Ki-moon est né dans un petit village agricole de la province de Chungcheongbuk en Corée du Sud alors sous domination japonaise[5], il est issu d'une famille paysanne. Sa famille a déménagé dans la ville voisine de Chungju, où il a grandi. Durant son enfance, son père avait une entreprise, mais l'entrepôt a fait faillite et la famille a perdu son niveau de vie de classe moyenne. Lorsque Ban eut six ans, sa famille fuit pour toute la durée de la guerre de Corée vers un flanc de montagne éloigné. Une fois la guerre terminée, la famille retourna à Chungju.

Au lycée de Chungju, Ban est un bon élève, en particulier dans ses études d'anglais. En 1952, il a été choisi par sa classe pour adresser un message au Secrétaire général de l'ONU d'alors Dag Hammarskjöld, mais on ignore si le message a été envoyé. En 1962, M. Ban a remporté un concours de dissertation parrainé par la Croix-Rouge et gagna un voyage aux États-Unis, vivant pendant plusieurs mois dans une famille d'accueil à San Francisco. Lors d'une partie du voyage, Ban a rencontré le président américain John F. Kennedy. Quand un journaliste lors de la réunion lui a demandé ce qu'il comptait faire lorsqu'il serait grand, il répondit « je veux devenir diplomate ».

Il obtient une licence en relations internationales de l'université nationale de Séoul en 1970, puis une maîtrise en administration publique à la John F. Kennedy School of Government de l'université Harvard en 1975[6]. À Harvard, il a étudié sous la coupe de Joseph Nye qui remarqua que M. Ban avait « un mélange rare d'analyse claire, d'humilité et de persévérance ». Il s'est vu attribuer le titre honorifique de docteur honoris causa par l'université de Malte le 22 avril 2009[7], en mai 2016 par l'université Columbia lors de la cérémonie de remise des diplômes et le 25 juin 2016 par l'Université Panthéon-Sorbonne. Il a en outre reçu un titre honorifique de docteur en droit de l'Université de Washington en octobre 2009[8].

Premiers pas à l'ONU[modifier | modifier le code]

En 1978[9], il est nommé Premier secrétaire de la mission sud-coréenne auprès de l'ONU[6], poste qu'il occupe jusqu'en 1980[10], où il devient directeur du bureau des Nations unies au ministère des Affaires étrangères de Corée du Sud[6]. Il y reste jusqu'en 1983[10]. En 1996, il devient conseiller à la sécurité nationale de Kim Young-sam[1]. Il est directeur de cabinet de Han Seung-soo, président de l'Assemblée générale des Nations unies, en 2001-2002[11]. À ce poste, il travaille à l'adoption de la résolution condamnant les attentats du 11 septembre 2001[réf. nécessaire].

Chef de la diplomatie sud-coréenne[modifier | modifier le code]

À la tête de la diplomatie sud-coréenne depuis janvier 2004[12], il est l'un des ministres des Affaires étrangères qui tient le plus longtemps à ce poste[12], ayant survécu à plusieurs crises intercoréennes[réf. nécessaire]. Il défend notamment la position de son pays, qui se démarque de l'infléchissement de la politique américaine envers la Corée du Nord depuis le retour des républicains aux affaires en 2001[réf. nécessaire].

Secrétaire général des Nations unies[modifier | modifier le code]

Ban Ki-moon avec Frans Timmermans, ministre néerlandais des Affaires étrangères, en 2014.

Le 9 octobre 2006, il est proposé par le Conseil de sécurité comme successeur de Kofi Annan au poste de secrétaire général des Nations unies à partir du 1er janvier 2007[13],[14]. Le 13 octobre 2006, l'Assemblée générale de l'ONU l'élit[15],[14] par acclamation[16]. Le 14 décembre 2006, il prête serment devant les 192 membres de l'assemblée[16]. Song Min-soon lui succède comme ministre sud-coréen des Affaires étrangères[17],[12].

Il se prononce pour une réforme des Nations unies[18] et se dit entièrement responsable dans la future gestion du Secrétariat général[19].

Son mandat qui devait s'achever le [14] est reconduit pour cinq ans le et finira donc le 31 décembre 2016[20].

En septembre 2014, il est à l'initiative du sommet sur l'environnement qui se tient à New York.

Interventions en tant que Secrétaire général de l'ONU[modifier | modifier le code]

Lors de sa première journée officielle en tant que Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon a adopté une position très nuancée concernant l'exécution de Saddam Hussein. La peine de mort était jusqu'alors condamnée par l'ONU, condamnation rappelée par Ashraf Qazi, qui réaffirmait juste après la pendaison de Saddam Hussein, combien l'organisation est opposée « à la peine capitale, même dans les cas de crimes de guerre, contre l'humanité ou de génocide ». Ban Ki-moon a indiqué que « la question de la peine capitale reste la décision de chacun des pays membres » et n'a pas mentionné l'interdiction de la peine de mort par l'ONU. Michèle Montas, porte-parole du nouveau Secrétaire général, a été amenée à répondre que la position de l'ONU concernant la peine de mort n'était en rien changée. Il s'agirait d'une maladresse de prise de fonction, mais déjà des observateurs y voient le témoignage du fait que « Ban Ki-moon est l'homme des Américains »[21].

En janvier 2007, il a exhorté le président américain George W. Bush à la fermeture du camp de Guantanamo[22].

Lors d'un de ses premiers déplacements après sa nomination comme secrétaire général, en Autriche, il a rendu une visite privée à son prédécesseur et ami Kurt Waldheim, au passé controversé d'ancien officier de la Wehrmacht[23].

En mars 2007, Ban a jugé « décevantes » les premières déclarations du nouveau gouvernement palestinien d'union, formé entre le Fatah et le Hamas, sur le « droit légitime » du peuple palestinien à la « résistance sous toutes ses formes ».

Il effectue une tournée de six pays en neuf jours au Moyen-Orient, marquée par plusieurs dizaines de tête-à-tête avec chefs d'État et de gouvernement de la région[24].

Selon la Fédération syndicale internationale, Ban Ki-moon a annoncé le 11 juillet 2013 le retrait de la reconnaissance officielle des organisations syndicales représentant les 65 000 membres de son personnel et le démantèlement de leur conseil d'administration. Les syndicats des employés de l’ONU mènent campagne pour que Ban Ki-moon revienne sur sa décision avant la fin de l’année et argumentent en avançant que les normes internationales du travail ne sont plus respectées au sein des propres organes et institutions de l'ONU[25],[réf. insuffisante].

Ban Ki-moon a rendu hommage à Nelson Mandela au nom des Nations unies lors de la cérémonie du 10 décembre 2013.

Le 9 novembre 2016, le secrétaire général de l'ONU félicite Donald Trump pour sa victoire à l'élection présidentielle américaine de 2016. Il encourage également les Américains à garder à l'esprit que « l'unité dans la diversité des États-Unis est l'une des grandes forces du pays » et évoque le combat contre le changement climatique dont Trump conteste l'existence-même dans son programme[26],[27].

Retour en Corée du Sud[modifier | modifier le code]

Revenant en Corée du Sud, il parcourt le pays au mois de janvier 2017, considéré comme un possible candidat du parti Saenuri à l'élection présidentielle sud-coréenne de 2017. Il y renonce toutefois le [28].

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Relations avec les médias[modifier | modifier le code]

Comme il le reconnaît lui-même[29], il a été surnommé l'« anguille glissante » (ou l'« anguille insaisissable ») pour sa capacité à éluder les questions embarrassantes des journalistes sud-coréens[30].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Il est élevé à la dignité de grand-croix de l'ordre de Saint-Charles de Monaco le [31].

Le , il reçoit le titre de docteur honoris causa de l'université Panthéon-Sorbonne[32].

Il a été élevé au rang de grand officier de la Légion d'honneur par le président de la République française François Hollande le [33].

Accusations de corruption[modifier | modifier le code]

Alors que Ban est évoqué comme candidat du Saenuri à l'élection présidentielle sud-coréenne de 2017, une possible affaire de corruption est soulevée dans le journal sud-coréen Sisa-in. Ministre des Affaires étrangères sous le gouvernement de Roh Moo-hyun, il aurait perçu en 2005 près de 200 000 euros de pots-de-vins du patron du groupe de chaussures Taekwang, lui-même déjà au centre d’un autre scandale de corruption. Il aurait à nouveau perçu des pots-de-vins en 2007 du même groupe Taekwang[34],[35].

En janvier 2015, la justice américaine réclame auprès de la Corée du Sud l'arrestation de l'un de ses frères pour des faits de corruption[36].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il est marié à Yoo Soon-taek et a deux filles et un fils[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Charles Mercieca, (en) « S. Korean Foreign Minister Ban Ki-Moon Sure to Succeed Kofi Annan as UN Secretary-General », theseoultimes.com.
  2. « Interview de Ban Ki-moon à Berne » [vidéo], sur Radio télévision suisse (RTS),
  3. « Hollande remet la légion d'honneur à Ban Ki-moon » [vidéo], sur Le Monde,
  4. Source : dépêche de l'agence Reuteurs, reprise sur le site yahoo actualités
  5. (en) Biographie de Ban Ki-Moon sur le site de s9.com
  6. a, b, c et d Biographie de Ban Ki-moon sur le site des Nations unies.
  7. University of Malta, « Honoris Causa », News on Campus,‎
  8. Kristi Heim, « A conversation with UN Secretary General Ban Ki-moon », The Seattle Times,‎ (lire en ligne)
  9. Source : BBCAfrique.com
  10. a et b Source : BBCAfrique.com, op.cit.
  11. Source : dépêche de l'agence Associated Press, citant l'agence Reuters
  12. a, b et c (en) Trombinoscope des ministres coréens des affaires étrangères (depuis 1948), sur le site du Ministère coréen des affaires étrangères.
  13. (en) 09/10/2006 - Communiqué de presse de l'ONU sur la proposition d'un nouveau secrétaire général
  14. a, b et c « 31/10/2006 - Résolution de l'ONU officialisant la nomination de Ban Ki-moon en tant que Secrétaire général. »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 20 mars 2013)
  15. (en) 13/10/2006 - Rapport du Président de l'Assemblée générale des Nations unies, à l'occasion de la nomination d'un nouveau Secrétaire général.
  16. a et b 14/12/2006 - Le huitième secrétaire général Ban Ki-moon prête serment devant l'Assemblée générale
  17. (en) 01/12/2006 - Song Min-soon formellement nommé Ministre des affaires étrangères de Corée du Sud, sur le site du Président.
  18. (en) 25/09/2004 - Compte rendu de la réunion entre Ban Ki-moon et le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, §5
  19. Compte rendu de l'Assemblée générale des Nations unies du 13/10/2006
  20. Ban Ki-moon reconduit à la tête de l'ONU dans Le Monde du 21 juin 2011.
  21. 24 heures en ligne : Malaise à l’ONU après la gaffe troublante de Ban Ki-moon, par Andrés Allemand, publié le 4 janvier 2007.
  22. Ban Ki-moon appelle à fermer Guantanamo, sur le site du Nouvel observateur
  23. (en) Mark Turner, « Ban in « private » meeting with Waldheim », The Financial Times, 23 février 2007.
  24. Article du Figaro mis en ligne le 10 avril 2007 sur lefigaro.fr
  25. La PSI appelle à un soutien international envers le respect des droits du personnel des Nations-Unies, 13 septembre 2013.
  26. « DONALD TRUMP NE CROIT PAS AU CHANGEMENT CLIMATIQUE : AUX ETATS-UNIS, IL N'EST PAS LE SEUL... », sur lci.fr,
  27. « Ban Ki-moon réagit à l’élection de Donald Trump », sur tdg.ch,
  28. (en) Ban Ki-moon announces end to unofficial presidential campaign, Korea Jooang Daily, 2 février 2017.
  29. Conférence de presse du 14 décembre 2006 sur le site des Nations-Unies
  30. Abdeslam Kadiri, Ban Ki-moon, l'homme du consensus, sur le site TelQuel
  31. Ordonnance Souveraine n° 4.251 du 3 avril 2013 portant élévation dans l’Ordre de Saint-Charles
  32. « Ban Ki-moon, Docteur Honoris Causa de Paris 1 Panthéon-Sorbonne », Le Sorbonn@ute
  33. « Ban Ki-moon "honoré et fier" d'avoir reçu la Légion d'honneur », www.parismatch.com,‎ (lire en ligne)
  34. « Corée du Sud. Une affaire de corruption atteint Ban Ki-moon », L'Humanité,‎ (lire en ligne)
  35. Philippe Mesmer, « Les ambitions présidentielles de Ban Ki-moon perturbées par une affaire de corruption », Le Monde,
  36. « La justice américaine demande d'arrêter un frère de Ban Ki-Moon | Asie & Océanie », La Presse,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]