Michel Camdessus

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Michel Camdessus
Michel Camdessus 6e Forum mondial de l'Eau en 2012.
Michel Camdessus 6e Forum mondial de l'Eau en 2012.
Fonctions
Directeur général du
Fonds monétaire international
Prédécesseur Jacques de Larosière
Successeur Horst Köhler
Gouverneur de la Banque de France
Prédécesseur Renaud de la Genière
Successeur Jacques de Larosière
Biographie
Nom de naissance Michel Camdessus
Date de naissance (83 ans)
Lieu de naissance Bayonne
Nationalité Française
Diplômé de Université de Paris, Sciences Po Paris, ENA
Profession Économiste

Michel Camdessus, né le [1] à Bayonne, est un économiste français.

Directeur général du Fonds monétaire international du au , il est Gouverneur honoraire de la Banque de France. Il préside la nouvelle société de refinancement des activités des établissements de crédit (SRAEC) depuis le . Il est aussi membre de l'Africa Progress Panel depuis 2008, une fondation basée à Genève et présidée par Kofi Annan.

Études[modifier | modifier le code]

Michel Camdessus étudie ses humanités au collège Notre-Dame de Bétharram, en 1950.

Michel Camdessus est diplômé d'études supérieures d'économie politique et de sciences économiques de l'Université de Paris, diplômé de l'institut d'études politiques de Paris (Sciences Po), et ancien élève de l'École nationale d'administration (ENA).

Carrière[modifier | modifier le code]

En 1960, il rejoint comme administrateur civil la direction du Trésor au ministère des finances et des affaires économiques. De 1966 à 1968, il est à Bruxelles, comme attaché financier à la représentation permanente française auprès des communautés économiques européennes, puis il revient au Trésor, où il devient successivement : sous-directeur en 1971, directeur adjoint en 1974, et enfin directeur en .

De 1978 à 1984, Michel Camdessus a également exercé les fonctions de président du Club de Paris, ainsi que celles de président du comité monétaire de la communauté économique européenne de à .

En , il a été nommé sous-gouverneur, puis en , gouverneur de la Banque de France, poste qu'il a conservé jusqu'à sa nomination comme directeur général du FMI en .

Le , il est nommé président de la Société de financement de l'économie française.

Depuis le , il a été chargé de superviser les rémunérations des traders par le président de la République française Nicolas Sarkozy[2].

Carrière au FMI[modifier | modifier le code]

  • Directeur général du FMI le pour 5 ans
  • Directeur général du FMI : deuxième mandat pour 5 ans
  • Directeur général du FMI : troisième mandat le

Il a quitté ses fonctions le .

Influence sur l'économie[modifier | modifier le code]

Alassane Ouattara et Michel Camdessus à Abidjan

Peu de temps après avoir été élu le 18 décembre 1986 directeur général et président du conseil d'administration du FMI, Michel Camdessus relit attentivement les statuts de l'organisation, ainsi qu'il l'indique dans l'avant-propos de son livre intitulé La scène de ce drame est le monde (Les Arènes - Paris 2014). C'est au paragraphe 5 de l'article 1er qu'il découvre le coeur de la mission de l'institution:

"v) Donner confiance aux membres en mettant les ressources générales du Fonds temporairement à leur disposition moyennant des garanties adéquates, leur fournissant ainsi la possibilité de corriger les déséquilibres de leurs balances des paiements sans recourir à des mesures préjudiciables à la prospérité nationale ou internationale."

En avril 1987, il reçoit Alassane Ouattara pour un petit-déjeuner. Alors directeur du département Afrique du FMI, celui-ci est venu lui exposer un plan pour sortir les pays les plus pauvres de l'asphyxie financière qui condamne par avance toute tentative de développement. "J'ai bien réfléchis, affirme Alassane, nous avons un instrument - la facilité d'ajustement structurel (SAF) - que nous utilisons peu parce qu'il est mal doté et encombré de conditions d'emploi trop compliquées, mais il est le seul à nous permettre de faire des prêts à taux très faibles. Imagine qu'au lieu d'en accroître les ressources de 10 à 20% comme on nous le demande parfois, tu en triples le montant... à ce moment-là, tout serait changé !"[3] Michel Camdessus va négocier avec les grands dirigeants du monde pour les convaincre de réunir ces 8 à 10 milliards de dollars. Après plusieurs mois d'efforts, il y parvient. Le 18 décembre 1987, le conseil d'administration du FMI adopte le projet. L'impact sera considérable. Ainsi au Niger, selon Emilio Sacerdoti et Philippe Callier, dans le cadre de ce programme, le taux de mortalité infantile tombé de 156 à 81 pour mille et celui de l'accès à l'eau potable a augmenté de 40 à 69% (Op. cité p.161).

Selon certains, libéral convaincu[4], il aurait donné un tournant particulièrement brutal au FMI en imposant aux pays les plus pauvres ou en voie de développement des mesures "de privatisations ou de réductions des dépenses publique d’éducation et de santé en échange de prêts aux pays concernés, aggravant des crises existantes ou menant ces pays à des crises sans précédent[5]: Mexique (1994), Thaïlande (1997) puis toute l'Asie du sud est (1997-1998), Russie (1998), Brésil (1999), Turquie (2001) et Argentine (2000-2001)". Ce dernier cas aurait été un échec cinglant, car l'Argentine a servi à maintes reprises d'exemple, voire de modèle[6] au directeur du FMI, et a été une, sinon la cause de sa démission de la tête du FMI[réf. nécessaire]. Rubens Ricupero, secrétaire général de la CNUCED, estimera, dans son Rapport sur le commerce et le développement[7] que la politique de libéralisation a « provoqué le chaos en Extrême-Orient et en Russie [et] neutralisé les progrès accomplis en Amérique latine ».

Cette opinion n'est pas partagée par tous. Elle ne reflète pas la politique d'ensemble menée par le FMI. Le nouvel article VIII des statuts du FMI prévoit de faire "du droit de tirage spécial le principal instrument de réserve du système monétaire international". Or ces droits ne représentent en 1994 que 21,4 milliards de dollars (soit moins de 3% des liquidités mondiales). Après avoir obtenu le soutien de l'équipe dirigeante du FMI, son Directeur propose à l'Assemblée générale réunie à Madrid de porter ces droits à 36 milliards. S'agissant de renforcer son programme de lutte contre la pauvreté, cette proposition reçoit le soutien de pratiquement tous les Etats du Tiers-monde. Le G7 refuse cependant énergiquement. Michel Camdessus maintient cependant sa demande contre la volonté du G7, qui rassemble les pays les plus riches du monde. Le lendemain, l'International Herald Tribune rapporte sous le titre "A Madrid, une naissance et des funérailles": "Les plus gros actionnaires du FMI devraient cesser de se comporter comme si le Fonds leur appartenait. Ils devraient cesser de s'attendre à ce que Michel Camdessus obéisse à leurs claquements de doigts comme s'il était à leur service. C'est bien ce qu'il a refusé à Madrid". La lutte du Directeur portera ses fruits. Les DTS seront portés à 42,8 milliards en 1997 et à près de 560 milliards de dollars en 2008.

Michel Camdessus poursuit son combat contre trois fléaux principaux: "la prolifération des dépenses improductives, les inégalités dans la distribution des revenus et une corruption rampante"[8]. Grâce à cette politique fondée sur le développement de la "bonne gouvernance", le FMI a contribué à l'apparition des pays émergents, c'est à dire des pays qui quittent à vive allure le stade du sous-développement et enregistre à moyen et long terme des rythmes de croissance supérieurs à ceux des pays riches.

Après la chute du mur, le FMI jouera un rôle très important dans l'appui apporté par le FMI à la mutation des économies collectivistes vers des économies de marché. Difficile et dangereuse, la mutation historique, qui s'est déroulée sur une quinzaine d'année, a été, malgré le terrible drame yougoslave, un succès.

Lorsque Boris Eltsine lui fait le reproche de vouloir traiter la Russie comme le Burkina Faso, le directeur général du FMI lui répond qu'il ne fait pas de différence entre le Burkina Faso et la Russie. Selon lui les règles du FMI imposent que tous les Etats bénéficient de "la clause de la nation la plus favorisée"[9].

Boris Eltsine et Michel Camdessus

Les nombreux échanges de Michel Camdessus avec les dirigeants russes, les plans et l'aide du FMI se révéleront efficaces puisqu'en 1992, au moment où la Russie était accueillie au FMI, son inflation était montée jusqu'à 2500% l'an. En 1995, elle redescend à moins de 1,5% par mois, Dès 1997, le pays entre dans une phase de croissance. Le 17 février 1998, Elstine, en compagnie du Premier ministre et du gouverneur de la banque centrale, le reçoit au Kremlin. Il lui offre alors une médaille en or en prononçant ces mots : « Je n'ai fait frapper que deux exemplaires de cette médaille; elles sont pour les deux amis de la Russie : le chancellier Kohl et vous ».

En 2005, Rawi Abdelal, professeur à la Harvard Business School, dénonce dans un article intitulé Le consensus de Paris: la France et les règles de la finance mondiale (Critique internationale, no. 28 (juillet/septembre 2005): 87–115), la dérégulation des marchés financiers qui aurait été principalement l'oeuvre de personnalités françaises, dont Michel Camdessus. Pour Abdelal, « c’est le consensus de Paris et non le consensus de Washington, qui est avant tout responsable de l’organisation financière mondiale telle que nous la connaissons aujourd’hui, c'est-à-dire centrée sur des économies dont les codes libéraux constituent le socle institutionnel de la mobilité des capitaux. »[10]

Quoiqu'influentes, ces critiques restent minoritaires. La qualité de la gestion de Michel Camdessus à la tête du FMI sera généralement reconnue par les responsables du terrain. Par la suite, Il sera chargé par des organisations mondiales, conseillères officielles et officieuses de l’ONU, d’imaginer les financements des infrastructures nécessaires pour réduire de moitié le nombre de personnes qui n’ont pas accès à l’eau (1,4 milliard de personnes) d'ici à 2015. Il proposera l'introduction du secteur privé dans un secteur très majoritairement détenu alors à plus de 90 % par les puissances publiques, ainsi que des partenariats public-privé[11].

En 2010, il préside un groupe de travail chargé de proposer une nouvelle règle d’équilibre des finances publiques. Le rapport du groupe a été remis au Premier ministre en [12][réf. insuffisante]. Il préconise une loi-cadre de programmation des finances publiques, pluriannuelle, s’imposant aux lois de finances et de financement de la Sécurité sociale, visant retour à l'équilibre sous le contrôle du juge constitutionnel. Toutefois, la mise en œuvre de ses préconisations implique une révision de la Constitution de 1958.

Carrière au FMI

  • Directeur général du FMI le pour 5 ans
  • Directeur général du FMI : deuxième mandat pour 5 ans
  • Directeur général du FMI : troisième mandat le

Il a quitté ses fonctions le .

Rapport de 2004[modifier | modifier le code]

Michel Camdessus au Sénat.

Par lettre en date du 17 mai 2004, le ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, M. Nicolas Sarkozy a chargé Michel Camdessus de réunir un groupe d'experts indépendants pour aider la France et sa représentation nationale à réfléchir sur les choix économiques et budgétaires qu'il convenait de faire pour, à partir d'une appréciation de la situation qui était alors celle du pays, envisager les contours d'une nouvelle stratégie de croissance.

Michel Camdessus a réuni vingt personnalités de premier plan. Le groupe de travail s'est donné cent jours pour dresser un bilan sans concession de la situation, au delà des affrontements idéologiques et des idées reçues, et définir les grandes orientations que la France devrait suivre afin de concilier l'efficacité économique, la justice sociale et la préservation de l'environnement dans un modèle de développement durable.

Ces orientations sont consignées dans le rapport paru aux éditions de poche de La documentation française sous le titre Le sursaut[13]. Il préconise en particulier de :

  • « multiplier le travail plutôt que de le partager » ;
  • « être en tête dans une économie de la connaissance » ;
  • « réformer l'Etat pour le rendre plus agile au service des citoyens » ;
  • « redevenir un moteur pour l'Europe » ;
  • « et tenir ses engagements dans le monde ».

Décorations[modifier | modifier le code]

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Vie privée[modifier | modifier le code]

Michel Camdessus est marié à Brigitte d'Arcy et est le père de six enfants.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Biographie de Michel Camdessus, Forum Events
  2. Christian Losson, Un libéral converti en mission de régulation, Libération, 12 septembre 2009
  3. Michel Camdessus, La scène de ce drame est le monde, p.149
  4. « La libéralisation financière a mauvaise réputation, mais elle demeure le but correct. », La Tribune, Paris, 26 juin 1998.
  5. « Ce qui est grave, ce n’est pas seulement d’avoir exigé des mesures qui ont abouti à la crise ; c’est de les avoir exigées alors qu’il n’y avait pratiquement aucune preuve qu’elles favorisaient la croissance, et de multiples preuves qu’elles faisaient courir aux pays d’énormes risques », Joseph Stiglitz, Prix « Nobel » d’économie, Les Echos, 14 septembre 1998
  6. « L’Argentine a une histoire à raconter au monde : une histoire sur l’importance de la discipline fiscale, des changements structurels, et une politique monétaire rigoureusement maintenue », Michel Cadmessus, 1er octobre 1998, au siège du FMI
  7. Rapport sur le commerce et le développement à la CNUCED, Unctad.org
  8. Michel Camdessus, La scène de ce drame est le monde, p. 275. p.
  9. Michel Camdessus, La scène de ce drame est le monde, Paris, Les Arènes,‎ , 446 p., p.95
  10. La gauche française, pionnière de la dérégulation financière ? Le Nouvel Observateur, 16 septembre 2011
  11. Martine Bulard, Les fourberies de M. Camdessus, Le Monde diplomatique, janvier 2005
  12. Rapport de la Commission présidée par M. Michel Camdessus sur la règle constitutionnelle d’équilibre des finances publiques, Portail du Gouvernement, 25 juin 2010
  13. Michel Camdessus, Le sursaut, Paris, La documentation française,‎ , 269 p. (ISBN 2110058293)
  14. Décret du 2 avril 2010, publié au Journal officiel le 4 avril 2010, NOR: PREX1004885D
  15. http://ivoire.telediaspora.net/fr/texte.asp?idinfo=63059
  16. Conseil d'administration de l'IFRI
  17. Conseil d'administration de la Fondation Chirac
  18. « Nos parrains - Collège des Bernardins », sur www.collegedesbernardins.fr (consulté le 8 février 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]