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Alliance pour une révolution verte en Afrique

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Alliance pour une révolution verte en Afrique
Histoire
Fondation
Cadre
Type
Siège
Pays
Organisation
Chiffre d'affaires
84,4 M$ (), 99,5 M$ (), 104,4 M$ (), 71,9 M$ (), 72,7 M$ (), 49,9 M$ (), 89,5 M$ (), 95,9 M$ (), 118 M$ (), 97,9 M$ (), 92,2 M$ (), 80,3 M$ (), 128 M$ ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web
(en) agra.orgVoir et modifier les données sur Wikidata
Identifiants
IRS

L'Alliance pour une révolution verte en Afrique (en anglais : Alliance for a Green Revolution in Africa ou AGRA), est une association à but non lucratif qui vise à faire passer l'agriculture africaine d'un modèle de subsistance à des entreprises solides qui améliorent les moyens de subsistance des ménages agricoles du continent[1],[2].

L'AGRA est fondée en 2006 en Afrique, et conçue comme une fondation basée en Afrique et dirigée par l'Afrique, qui travaille dans le cadre du Programme détaillé de développement de l'agriculture africaine (PDDAA), le cadre politique de l'Afrique pour la transformation agricole, la création de richesses, la sécurité alimentaire et la nutrition, la croissance économique et la prospérité[3],[4].

L'ancien secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, est le premier président de l'organisation jusqu'en 2013, date à laquelle le fondateur d'Econet Wireless, Strive Masiyiwa, lui succède[3],[5]. Le mandat de Masiyiwa s'achève en 2019. L'ancien Premier ministre éthiopien Haile Mariam Dessalegn le remplace[6]. L'organisation est dirigée en 2023 par l'agronome rwandaise Agnes Matilda Kalibata, qui occupe ce poste depuis 2014. Elle est secondée par Fadel Ndiame[7],[8].

Objectif et stratégie

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L'objectif initial de l'AGRA était de doubler les rendements et les revenus de 30 millions de ménages de petits exploitants dans 11 pays d'ici la fin 2021[9]. L'impact de l'organisation devait porter sur :

  • 9 millions de ménages de petits exploitants agricoles, qui bénéficieraient d'une sécurité alimentaire accrue grâce aux interventions directes de l'AGRA.
  • 21 millions de ménages de petits exploitants agricoles qui bénéficiairent indirectement des partenariats de l'AGRA, du soutien aux gouvernements et des investissements qui débloquent l'engagement et le pouvoir du secteur privé[10].

L'AGRA donne la priorité à onze pays, faisant partie de trois écosystèmes différents[11] :

Partenaires

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L'AGRA est guidée par ses partenaires à travers le continent, à commencer par le leadership des États africains par le biais de la coordination du Programme détaillé pour le développement de l'agriculture africaine (PDDAA) dans le cadre de la déclaration de Malabo[12],[13]. L'AGRA travaille en collaboration avec des gouvernements africains, en particulier dans les onze pays dans lesquels ont lieu des opérations, à qui elle doit rendre des comptes dans le cadre de l'appropriation nationale de la direction du développement et de la gouvernance. L'AGRA travaille dans le cadre de plans de développement nationaux et de plans nationaux d'investissement dans l'agriculture. Elle travaille également en partenariat avec d'autres acteurs nationaux du secteur privé, des organisations d'agriculteurs, de la communauté universitaire et de la recherche, et de la société civile[14].

Les bailleurs de fonds de l’association sont en particulier les fondations Gates, Rockefeller, Ikea, l’Agence américaine pour le développement international (USaid), les gouvernements du Royaume-Uni, d’Allemagne, etc. Entre 2006 et 2021, AGRA a reçu plus de 1 milliard d’euros, dont deux tiers venaient de la fondation Gates[15].

L'institution dispose de bureaux dans onze pays africains, sous la direction de responsables locaux[16].

Autres activités

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L'AGRA est l'un des principaux organisateurs[17] du Forum sur la révolution verte en Afrique (AGRF), une réunion annuelle qui rassemble des chefs d'État et de gouvernement, des ministres, des scientifiques, des agriculteurs, des investisseurs du secteur privé et des membres de la société civile pour échanger afin de développer l'agriculture africaine[18],[19].

L'organisation, par le biais de recherches scientifiques, cherche à développer des souches de manioc résistantes aux maladies. Le manioc génétiquement modifié serait notamment immunisé contre le virus de la striure brune du manioc et le virus de la mosaïque commune du manioc (en)[20].

Des programmes de doctorat sont également mis en place dans des universités au Ghana et en Afrique du Sud[21].

Résultats et critiques

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En 2020, l'Oakland Institute suggère que l'AGRA[22] est planifiée sans prendre en compte les voix africaines, qu'elle impose des solutions technologiques rapides à des problèmes sociaux complexes et historiquement profonds, et un régime dans lequel les agriculteurs perdront le pouvoir sur leurs propres semences et seront contraints de les racheter à de grandes entreprises année après année. Ce système peut également contribuer à la marginalisation des femmes[23],[24].

Dans une publication de 2006, l'Institute for Food and Development Policy affirme également que la faim en Afrique résulte davantage de la pauvreté que de réelles pénuries alimentaires ; les gens ne seraient pas en mesure d'acheter toute nourriture supplémentaire produite sans changements systémiques plus importants[25].

Dans une étude publiée en 2020, Wise trouve peu d'éléments permettant de vérifier l’impact des activités d’AGRA. Par exemple, il souligne que la croissance de la productivité des céréales a augmenté en moyenne de 18 % dans les pays AGRA au cours des 12 années du programme, contre 17 % sur la même période avant AGRA. Dans huit pays AGRA, la productivité a diminué[26],[27].

En septembre 2021, l'Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique publie une lettre ouverte déclarant que l'AGRA a « échoué dans sa mission d'augmenter la productivité et les revenus et de réduire l'insécurité alimentaire[28] ». La lettre[29] signée par les 35 organisations membres de l’AFSA ainsi que par 165 organisations alliées, demandent au principal sponsor du programme « Green Revolution », la Fondation Bill and Melinda Gates, de cesser de financer AGRA. Elle souligne qu’AGRA a reçu plus d’un million de dollars de financement et que depuis le début du programme en 2006, le nombre de personnes souffrant de la faim dans les 13 pays[30],[31] concernés par le programme, a augmenté de 30 %[30].

En septembre 2022, lors de sa rencontre annuelle African Green Revolution Forum, l’association a annoncé sa nouvelle strategie pour 5 ans. Une simplification du nom de l’association (ne faisant plus référence à Alliance for a Green Revolution mais uniquement à l’accronyme AGRA) et le renommage des rencontres annuelles (précédemment African Green Revolution Forum, renommées African Food Systems Forum) ont fait partie des évolutions annoncées[32],[33].

Publications

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  • Africa Agriculture Status Report : une publication annuelle soulignant les principales tendances de l'agriculture africaine, les moteurs de ces tendances et les nouveaux défis auxquels les systèmes alimentaires africains sont confrontés[34].
  • Food Security Monitor : Une publication mensuelle fournissant les perspectives de la sécurité alimentaire dans les pays ciblés par l'AGRA en Afrique[35].
  • Rapports annuels de l'AGRA[36].

Notes et références

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  1. (en) Gary Toenniessen, Akinwumi Adesina et Joseph DeVries, « Building an alliance for a green revolution in Africa », Annals of the New York Academy of Sciences, vol. 1136,‎ , p. 233–242 (ISSN 0077-8923, PMID 18579885, DOI 10.1196/annals.1425.028, lire en ligne)
  2. (en) « Boosting African Agriculture: New AGRA-World Bank Agreement to Support Farming-Led Transformation », World Bank (consulté le )
  3. a et b (en) « New Agriculturist: News brief - Kofi Annan leads Africa's new 'Green Revolution' », sur www.new-ag.info (consulté le )
  4. (en) « The farmers’ voice in agricultural development », sur Alliance magazine (consulté le )
  5. (en-CA) « Strive Masiyiwa - Chair Emeritus », Nutrition International (consulté le )
  6. (en) « Ex-Ethiopian PM on why Rwanda was named new home for continental agric body », The New Times | Rwanda, (consulté le )
  7. (en) Nations, « Leadership », United Nations (consulté le )
  8. (en-GB) « IBRAF is going to develop a leadership program in partnership with the Alliance for the Green Revolution in Africa - IBRAF | Brazil Africa Institute | Instituto Brasil África », (consulté le )
  9. (en-GB) Kim, « Does the African Green Revolution include smallholder farmers? », STEPS Centre, (consulté le )
  10. (en) « AGRA half-year 2020 M&E Progress Report » [archive du ], sur United States Agency for International Development (consulté le )
  11. (en) « GAIN and AGRA to partner for food and nutrition security », Global Alliance for Improved Nutrition (GAIN) (consulté le )
  12. (en-GB) « African Green Revolution – Theme 3 », sur Future agricultures (consulté le )
  13. « Malabo Declaration on Accelerated Agricultural Growth | AUDA-NEPAD », sur www.nepad.org (consulté le )
  14. « Green Revolution in Africa Has Sown Agricultural Success, Report Finds » [archive du ], sur Philanthropy News Digest
  15. « Fronde paysanne face à Bill Gates et la « révolution verte » », sur Afrique XXI, (consulté le )
  16. (en) « Africa seeks the cooperation of Latin America and the Caribbean in the areas of export development, soil recovery and reforestation », IICA.INT (consulté le )
  17. « Forum sur la révolution verte en Afrique | West Africa Gateway | Portail de l'Afrique de l'Ouest », sur www.actualite-ouest-africaine.org (consulté le )
  18. « Le FIDA au Forum pour une révolution verte en Afrique de 2020 », sur IFAD (consulté le )
  19. « The Africa Green Revolution Forum (AGRF) | Bureau régional de la FAO pour l'Afrique | Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture », sur www.fao.org (consulté le )
  20. « Good news for cassava as new varieties to combat deadly viral diseases are officially released in Tanzania », Newstime Africa,‎ (lire en ligne, consulté le )
  21. Tami Hultman, « Africa: Aid Can Spur 'Historic Progress' - Bill Gates », AllAfrica,‎ (lire en ligne, consulté le )
  22. (en) « THE OAKLAND INSTITUTE 2020 ANNUAL REPORT », (consulté le )
  23. Katherine Austin-Evelyn, « The ‘keepers of seed’: The impact of the ‘Green Revolution’ in Africa on female farmers », Consultancy Africa Intelligence, (consulté le )
  24. Melissa Moore (dir.), Voices From Africa, Oakland, Oakland Institute, (lire en ligne)
  25. Eric Holt-Giménez, « Ten Reasons Why AGRA Will not Solve Poverty and Hunger in Africa » [archive du ], sur foodfirst.org (consulté le )
  26. (en) Timothy A. Wise, « Failing Africa’s Farmers: An Impact Assessment of the Alliance for a Green Revolution in Africa »,
  27. (en) « False Promises: The Alliance for a Green Revolution in Africa (AGRA) »,
  28. Julius Sigei, « AGRA’s Green Revolution Has Failed, Critics Say », The Elephant,‎ (lire en ligne, consulté le )
  29. (en) « Call to End Support for Green Revolution Programs in Africa », (consulté le )
  30. a et b (en-US) Stacy Malkan, « Gates Foundation’s 'Failing' Green Revolution in Africa », sur U.S. Right to Know, (consulté le )
  31. Plusieurs publications évoquent que le nombre de pays cibles est de 13 alors que le site d’AGRA mentionne 11.
  32. (en-US) « AGRA Retreats from its Own 'Green Revolution' », sur Food Tank, (consulté le )
  33. (en) https://www.devex.com/news/authors/1383406, « Devex Dish: The end of the Alliance for a Green Revolution in Africa », sur Devex, (consulté le )
  34. « Africa Agriculture Status Report 2020 Launched » [archive du ], sur massp.ifpri.info (consulté le )
  35. (en-US) « Food Security Monitor », AGRA (consulté le )
  36. (en-US) « Annual Reports », sur AGRA (consulté le )

Liens externes

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