Ilse Barande

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Ilse Barande
Portrait de Ilse Barande

Ilse Barande

Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
à MannheimVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata (à 84 ans)
à Canet-en-RoussillonVoir et modifier les données sur Wikidata
Pays de nationalité FranceVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Titres Directrice de la Revue française de psychanalyse
Profession Psychanalyste et psychiatreVoir et modifier les données sur Wikidata
Travaux
  • Sandor Ferenczi (1972)
  • Le maternel singulier (1977)
Distinctions Prix Maurice Bouvet (d) () et Prix Montyon - prix littéraire (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Ilse Barande, née Rothschild, est une psychiatre et psychanalyste française d’origine allemande née le à Mannheim (Allemagne) et décédée le [1] à Canet-en-Roussillon (France).

Biographie[modifier | modifier le code]

Sa famille a quitté l'Allemagne dès 1935, du fait de la montée du nazisme et de l'antisémitisme, et se fixe à Paris, où Ilse passe le baccalauréat (1945). Elle fait des études de médecine et de psychologie (1953), est interne des hôpitaux psychiatriques (1954), devient neuropsychiatre et chef de clinique (1955-1960).

Psychanalyse[modifier | modifier le code]

Tout en exerçant la psychiatrie, Ilse Barande entreprend dès 1953 une analyse didactique puis une formation à la Société psychanalytique de Paris, dont elle devient membre adhérent (1962) puis membre titulaire (1965). En 1967, elle reçoit le prix Maurice Bouvet. Elle privilégie le métier de psychanalyste au CCTP (Centre de Consultations et de Traitements Psychanalytiques) et en clientèle privée et participe activement à la vie intellectuelle de la Société psychanalytique de Paris, en faisant partie de 1967 à 1988 du comité de rédaction ou de direction de la Revue française de psychanalyse qu’elle dirigera de 1984 à 1988. Elle continue d’exercer une activité hospitalière de jour comme pédopsychiatre et psychothérapeute au centre hospitalier Théophile Roussel à Montesson, puis surtout, dès la fin des années 1960, à l’hôpital Sainte-Anne à Paris à la guidance infantile sous la direction de Pierre Mâle, aux côtés notamment de S. Daymas, P. Bourdier, Th. Tremblais. Elle y assure des consultations et la formation de nombreux thérapeutes d’enfants et dirige ce service de 1988 à 1993. Elle contribue en outre activement à la prise en charge psychothérapeutique et financière de survivants des camps et orphelins de guerre.

Elle collabore avec Robert Barande, devenu son époux en 1954, notamment dans un ouvrage collectif intitulé La Sexualité Perverse, puis dans Histoire de la psychanalyse en France(1975). Ils sont également rapporteurs au Congrès de psychanalystes de langue française de Montréal (1982), sur le thème de la Perversion », et leur contribution intitulée « Antinomie du concept de perversion et épigenèse de l’appétit d’excitation (notre duplicité d’être inachevé) » est reprise dans le livre « De la Perversion – notre duplicité d’être inachevé » (1987).

Dans ce travail à visée anthropologique ils concluent au caractère antinomique du concept de perversion en montrant son universalité, son caractère inévitable, conséquence chemin faisant de l'appétit d'excitation, lui -même inhérent à la condition humaine et corollaire de l'inachèvement de l'homme néotène au sens à la fois de prématuré et d'immature perpétuel (Louis Bolk). L’inachèvement, fondateur de la vie mentale, activateur des pulsions et fantasmes fondamentaux, source et condition du processus de développement individuel inaugurerait cette perpétuelle et vaine quête du retour à l’unité primordiale mère-fœtus ; les élaborations incessantes et renouvelées pour atteindre cette unité se manifesteraient sous forme d’un « appétit d’excitation » souvent déguisé et ambivalent, riche d’une duplicité aux modalités aisément qualifiées de perversions.

Recherches et publications[modifier | modifier le code]

En 1972, Ilse Barande publie « Sandor Ferenczi », dans lequel elle rend hommage à l’audace et à l’originalité des travaux de ce disciple de Freud qui encore peu connu en France à l’époque.

En 1977 paraît « Le maternel singulier », réédité en 2011 sous le titre plus explicite « Le maternel au masculin » ; citons l’auteure : «  cet ouvrage s’emploie à débusquer le Freud autobiographe dissimulé au cœur de son roman psychanalytique sur Léonard de Vinci.

En 2009, Ilse Barande publie « L’appétit d’excitation », titre d’un recueil rassemblant une sélection de ses articles parus dans la Revue française de psychanalyse et dont l'article éponyme constitue le fil rouge. Elle y poursuit sa réflexion sur l’appétit d’excitation avec sa conséquence : la course à l’excitation - aux satisfactions nouvelles, toujours incertaines, toujours substitutives - aboutissant à son excès, à une traumatophilie du fonctionnement psychique : la néoténie, l’état conservé d’immaturité, serait « à l’origine et le secret d’une part de l’humaine insatiabilité traumatophile ‘perverse’, d’autre part du véhicule langagier, cette mémorisation particulière qui fonde le lamarckisme culturel ».

Germaniste, Ilse Barande conduit des analyses en allemand et s’attache à faire connaître l’œuvre de psychanalystes/écrivains de langue allemande en France : elle traduit notamment les œuvres complètes de Karl Abraham, des textes inédits de Sigmund Freud, Peter Weiss. Elle exprime ses réserves à propos de l'entreprise traduction des œuvres complètes de Freud sous la direction de Jean Laplanche et écrit « le dommage infligé au corps de la lettre freudienne », référant à la fixité impérative d’une traduction fragilisant le sens et le style des écrits de Freud, écrivain reconnu dont « la qualité littéraire, si elle ne fut pas son souci, n’a cessé d’être hautement appréciée pour sa clarté et même son élégance ».

Vie privée[modifier | modifier le code]

Elle est sauvée par une « juste ». Sa mère est déportée sans retour à Auschwitz lors de la rafle du Vel d’Hiv en juillet 1942. Son père s’enrôle en 1939 comme réserviste dans l’armée française, puis devient citoyen britannique, à la suite de la débâcle et à un passage en Algérie. Elle épouse en 1954 Robert Barande, avec qui elle collabore et publie.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Sandor Ferenczi, Paris, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 1972.
  • Le maternel singulier, Paris, Aubier Montaigne, 1977.
  • L’appétit d’excitation, Paris, Presses Universitaires de France, 2009.
  • Le Maternel au masculin, Freud et Leonard de Vinci, Paris, L’Harmattan, 2011.
  • (Chapitre) La sexualité perverse, études psychanalytiques, Paris, Payot, 1972.

Publications collectives[modifier | modifier le code]

  • (Ouvrage) Histoire de la psychanalyse en France, Toulouse, Privat, avec R. Barande, 1975.
  • (Article) « Antinomies du concept de perversion et épigenèse de l’appétit d’excitation (notre duplicité d’être inachevé) », avec R. Barande, Revue française de psychanalyse, 1 « la perversion », p. 143-282.
  • (Ouvrage) De la perversion, Notre duplicité d’être inachevé, Lyon, Césura, 1987.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]