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de Havilland DH.82 Tiger Moth

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de Havilland DH.82 Tiger Moth
Vue de l'avion.

Constructeur de Havilland
Rôle Avion d'entraînement
Statut En service comme avion civil
Premier vol
Mise en service
Date de retrait Service militaire : 1959
Nombre construits 8 280
Équipage
2 (1 élève, 1 instructeur)
Motorisation
Moteur de Havilland Gipsy Major
Nombre 1
Type 4 cylindres en ligne refroidi par air
Puissance unitaire 130 ch
Dimensions
Envergure 8,94 m
Longueur 7,34 m
Hauteur 2,68 m
Surface alaire 22,20 m2
Masses
À vide 500 kg
Maximale 830 kg
Performances
Vitesse maximale 167 km/h
Plafond 4 267 m
Rayon d'action 483 km

Le de Havilland DH.82 Tiger Moth est un avion biplan des années 1930 conçu par de Havilland et utilisé principalement par la Royal Air Force et les autres armées de l'air du commonwealth comme avion-école de début et d'entraînement. Il reste en service dans la RAF jusqu'en 1952, date à partir de laquelle nombre d'entre eux sont utilisés dans l'aviation légère civile. C'est un avion produit massivement, avec un total de 8868 exemplaires, dont une partie au Canada et en Nouvelle-Zélande.

En 1935, le DH.82 Queen Bee en est la version sans pilote et radiocommandée, destinée à servir d'avion-cible. Trois cents de ceux-ci sont en service au début de la Seconde Guerre mondiale.

Le DH.60 Moth, dont le premier vol a lieu en 1925, connait rapidement un succès certain comme avion de sport et d'entrainement, vendu aussi bien aux aéro-clubs qu'à des forces armées. Il est associé aux records établie par des aviateurs comme Amy Johnson, Francis Chichester et Jean Batten. Le ministère de l'Air l'évalue comme avion-école mais lui trouve un défaut rédhibitoire : la position des ailes rend très difficile l'évaluation en parachute par ses deux occupants en cas de perte de contrôle de l'avion. En réponse, de Havilland modifie un DH.60. Sans véritable plans, l'avion est démonté et modifié, avec plusieurs itérations jusqu'à arriver à une configuration viable. La position des ailes supérieures est décallée vers l'avant, et, pour recentrer le centre de portance, les ailes sont affecté d'un léger angle vers l'arrière. L'appareil modifié devient le prototype d'un nouveau modèle. Geoffrey de Havilland, collectionneur passionné d'insectes, lui donne le nom Tiger Moth, c'est un nom vernaculaire qui, en anglais, fait référence à différents papillons de la famille Arctiini[1].

Caractéristiques

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En dehors de l'agencement modifié de la voilure, le DH.82 reste très similaire au DH.60. C'est un biplan construit presque entièrement en bois et en toile, avec deux cockpits ouvert, placés en tandem, l'instructeur étant assis à l'arrière. Le moteur est un De Havilland Gipsy : un quatre cylindres en ligne à disposition inversée (têtes de cylindres en bas) refroidi par air, d'une cylindrée de 6,1 litres et développant 130 chevaux. Le train fixe se compose de deux roues et d'un patin de queue[1].

Années 1930

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L'avion connait rapidement le succès auprès des pilotes privés et d'armées de l'air étrangères, qui l'adoptent pour l'instruction au pilotage, et parfois pour quelques autres missions comme le repérage de cibles pour l'artillerie. Le succès des avions produits par de Havilland (Moth, Tiger Moth, Fox Moth,...) est tel que le mot « Moth » tend, au Royaume-Uni, à être utilisé de façon générique pour désigner un avion léger, même si il provient en fait d'un autre constructeur[2].

Seconde Guerre mondiale

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Des cadets de la RAF autour d'un Tiger Moth, Biggin Hill, Kent, 1942.

La production du Tiger Moth est massive pendant le conflit, pour répondre aux besoins des forces armées du Commonwealth qui doivent former un nombre très important de nouvelles recrues. Outre l'instruction au pilotage, les Tiger Moth répondent à d'autres besoins, comme surveiller le littoral britannique contre les incursions de U-boot, remorquer des planeurs, etc. 1 424 Tiger Moth ont été produits avant le conflit, en incluant la production des filiales canadienne et australienne[3]. Quand la production du modèle prend fin en 1944, un total de 8 868 unités sont sorties d'usine[4]. C'est sur Tiger Moth que les élèves font leurs premières heures de vol, avant de passer, pour la suite de leur entrainement, sur un avion plus performant, comme le Harvard[5].

La moitié de la production est effectuée dans l'usine d'Ofxord, du constructeur automobile Morris, réquisitionnée et convertie au début de la guerre[6].

De Havilland Canada (DHC) produit 1546 avions de ce type, à partir de 1938, dans son usine de Toronto. Les appareils produits au Canada se distinguent de la version britannique par un certain nombre de détails destinés à les adapter à l'utilisation dans un climat plus froid, portant sur les verrières, le chauffage, etc. De plus, la production insuffisante de moteurs Gipsy amène DHC à utiliser sur une partie des avions le Menasco Pirate, un moteur aux caractéristiques similaires produit aux États-Unis[7].

De Havilland produit aussi environ 400 DH.82 Queen Bee. Ce dérivé du Tiger Moth est un avion radiocommandé, employé pour les exercices de l'artillerie anti-aérienne[8].

Après la guerre

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Une patrouille acrobatique de Tiger Moth en 2009.

Dans la RAF, le Tiger Moth est utilisé jusqu'en 1952[9]. Même si la production cesse peu après la guerre, beaucoup sont revendus à titre de surplus par les armées de l'air du Commonwealth. Environ 250 exemplaires, circulant sur le marché civil, volent toujours en 2025[10].

Déclinaisons

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DH.60T Moth Trainer/Tiger Moth
Version d'entraînement militaire du De Havilland DH.60 Moth. Les huit premiers prototypes d'avion en configuration DH.82 sont baptisés Tiger Moth.
DH.82 Tiger Moth (Tiger Moth I)
Avion d'entraînement primaire biplace. Propulsé par un moteur à pistons de Havilland Gipsy III de 120 ch (89 kW), renommé Tiger Moth I dans la RAF.
DH.82A Tiger Moth (Tiger Moth II)
Avion d'entraînement primaire biplace. Propulsé par un moteur à pistons de Havilland Gipsy Major de 130 ch (97 kW) et équipé d'un capot au-dessus du cockpit arrière pour l'instruction au vol sans visibilité. Nommé Tiger Moth II dans la RAF.
DH.82B Tiger Moth III
Variante améliorée avec un moteur de Havilland Gipsy Major III, équipée d'un fuselage plus large et d'une dérive agrandie. Vole pour la première fois le 1er octobre 1939, un seul exemplaire construit.
DH.82C Tiger Moth
Version pour des opérations par temps froid pour la RCAF. Équipée d'une verrière coulissante en plexiglas, d'un chauffage de cockpit, de freins, roulette de queue et entretoises métalliques. Les roues sont déplacées vers l'avant pour compenser l'installation des freins en modifiant l'angle des jambes de train. Propulsés par un moteur à pistons de Havilland Gipsy Major de 145 ch (108 kW). 1523 produits construits (y compris Menasco Moths et PT-24).
DH.82C-2 Menasco Moth I
DH.82C équipé du moteur 4 cylindres inversé en ligne Menasco D-4 Super Pirate de 125 ch en raison de la pénurie de moteurs Gipsy Major. En raison de la réduction de puissance, ils sont utilisés principalement comme entraineur radio. Peut être distingué extérieurement du 82C par la rotation opposée de l'hélice et l'inversion des ouvertures du capot. 10 construits.
DH.82C-4 Menasco Moth II
Semblable au DH.82C-2 mais avec une capacité de carburant réduite et d'autres modifications minimes. Un exemplaires est exposé au Musée de l'aviation et de l'espace du Canada à Ottawa. 125 construits.
DH.82C-4 Menasco Moth III
Équipé d'une radio américaine AT-1 / AR-2 et conçu comme un entraîneur radio dès le départ, mais le projet est annulé lorsque la pénurie de radios et de moteurs britanniques est résolue. Le seul exemplaire, RCAF 4934 est converti en Menasco Moth II.
DH.82 Queen Bee
Une cible radiocommandée sans pilote qui utilise des ailes de Tiger Moth et par économie, un fuselage en bois basé sur celui du DH.60 Moth est utilisé. Le Queen Bee peut être équipé de flotteurs ou de roues. En 2008, le seul Queen Bee en état de vol réside à RAF Henlow, en Angleterre. 405 sont construits.
PT-24 Moth
Désignation militaire américaine du DH.82C commandé par les Etats-Unis pour l'Aviation royale canadienne dans le cadre du pret bail; 200 sont construits par de Havilland Canada.
Thruxton Jackaroo
Biplan quadriplace à cabine, cellules de DH.82A existantes modifiées en élargissant l'espace entre les longerons du fuselage. 19 sont convertis au Royaume-Uni.
DH.83 Fox Moth
Utilise de nombreux composants du Tiger Moth, y compris les ailes redimensionnées, la queue et le train d'atterrissage avec un nouveau fuselage comprenant une cabine fermée pour les passagers et un cockpit ouvert pour le pilote. Construit au Royaume-Uni avant la Seconde Guerre mondiale et au Canada après la guerre.

Culture populaire

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Cet avion apparait dans le jeu Plane mechanic simulator, où on peut en voir les détails mécaniques.

Notes et références

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  1. a et b (en) Graham M. Simons, De Havilland Enterprises: A History, Casemate Publishers, (ISBN 978-1-4738-6140-4, lire en ligne)
  2. (en) Sylvia Schneider Horne, « The Moth whisperer », sur www.aopa.org, (consulté le )
  3. (en) E. J. MacAdam, « Aircraft Profiles Nos. 61-96.Profile Publications, Leatherhead. 1966. Illustrations. Diagrams. 4 guineas. », The Journal of the Royal Aeronautical Society, vol. 70, no 672,‎ , p. 1109–1109 (ISSN 0368-3931 et 2398-4600, DOI 10.1017/s0368393100083334, lire en ligne, consulté le ).
  4. (en) J. Paul Hodgson, Britain's glorious aircraft industry: 100 years of success, setback and change, Air World, (ISBN 978-1-5267-7467-5 et 978-1-5267-7466-8).
  5. (en-GB) « WW2 Pilots | RAF Training | RAF Aircrew », sur RAF Museum (consulté le )
  6. (en-GB) « Tiger Moth G-BWMK (T8191) », sur Navy Wings (consulté le )
  7. Service Canada, « Not Found », sur www.canada.ca, (consulté le )
  8. (en-US) « de Havilland DH82B Queen Bee – de Havilland Aircraft Museum » (consulté le )
  9. Frédéric Gil, La formation des aviateurs de la Royal Air Force et du Commonwealth 1934 - 1945: Histoire, programmes et matériels, Books on Demand, coll. « La Royal Air Force 1939-1945 - Histoire et manuels de pilotage », (ISBN 978-2-322-54197-3)
  10. « The History of the Tiger Moth Plane | Blog », sur www.flydays.co.uk (consulté le )

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Aéronefs comparables

Articles connexes

Thunderbird 6 (en), film où le Tiger Moth est en évidence.

Bibliographie

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  • Enzo Angelucci et Paolo Matricardi, Les avions, t. 3 : La Seconde Guerre mondiale - France, Allemagne, Angleterre, etc..., Elsevier Sequoia, coll. « Multiguide aviation », (ISBN 2-8003-0387-5), p. 12.
  • (en) Gordon Bain, De Havilland : a pictorial tribute, Leicester United States, PRC Book Sales, Inc. distributor, , 147 p. (ISBN 978-1-85648-243-1, OCLC 37856817)
  • (en) Alan Bramson et Neville Birch (préf. Sir Alan J. Cobham), The Tiger Moth story, Shrewsbury, Eng, Airlife Pub, , 4e éd., 279 p. (ISBN 978-0-906393-19-2, OCLC 9121709)
  • (en) Alan Bramson, The Tiger Moth story, Manchester, Crécy, , 5e éd., 272 p. (ISBN 978-0-85979-103-8, OCLC 60320483)
  • (en) Fred W. Hotson, The De Havilland Canada story, Toronto, Canada, Canav Books, , 244 p. (ISBN 978-0-9690703-2-0, OCLC 9736398)
  • (en) Barry Ketley et Mark Rolfe, Luftwaffe fledglings 1935-1945 Luftwaffe training units & their aircraft, Aldershot, Hikoki, , 88 p. (ISBN 978-0-9519899-2-0, OCLC 42274719)
  • (en) Stuart McKay, The Tiger Moth : a tribute, New York, Orion Books, (ISBN 978-0-517-56864-4, OCLC 17765106)