Aller au contenu

Alentejo

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Alentejo
Alentejo
Image illustrative de l’article Alentejo
Localisation de la région (NUTSII) de l'Alentejo sur la carte du Portugal : en rouge la région de l'Alentejo ; en vert menthe la partie de la région du Ribatejo incluse dans la région NUTSII de l'Alentejo ; en vert anis la région du Ribatejo incluse dans la région NUTSII du Centre ; en vert printemps la partie du Ribatejo incluse dans la région métropolitaine de Lisbonne.
Noms
Nom portugais Alentejo
Administration
Pays Drapeau du Portugal Portugal
Région Alentejo
Démographie
Population 758 739 hab. (2011[1])
Densité 24 hab./km2
Géographie
Coordonnées 38° nord, 8° ouest
Superficie 3 155 120 ha = 31 551,2 km2

L'Alentejo est une région statistique du Portugal couvrant 31 385 km2 comprenant une grande partie de la moitié sud du pays et peuplée (en 2010) de 521 240 habitants. Cette région comprend toute la région historique et traditionnelle de la province de l'Alentejo.

L’Alentejo est une région réputée pour son tourisme rural et écologique.

Étymologie

[modifier | modifier le code]

Signifierait littéralement « au-delà du Tage », en complémentarité avec la région plus au nord nommée Ribatejo, littéralement « au-dessus du Tage ». Il est avancé aussi une étymologie liée au peuple Alain qui se traduirait "le Tage des Alains".

Géographie

[modifier | modifier le code]

Au nord–est se trouvent les villes et villages typiques de la Route des Châteaux : Nisa, Castelo de Vide, Marvão, Portalegre (renommée pour ses tapisseries) et Alter do Chão.

A l’est s’étend une vaste plaine avec l’un des plus grands lacs artificiels en Europe : le lac d’Alqueva situé à proximité de la ville d’Alqueva. Cette plaine comprend notamment des plantations d’oliviers et des champs de blé. Elle est baignée par le Rio Guadiana.

Champ sur les berges du Lac d'Alqueva, dans le Sud-Est de la région

En allant vers le sud, le paysage se fait plus aride. Dans les environs de Evora (inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO), on trouve Monsaraz, Vila Viçosa, Estremoz (carrières de marbre) et Arraiolos (réputée pour ses tapis tissés à la main). Plus au sud, on remarque des plantations d’oliviers, de chênes verts, ainsi que des plans d’eau recherchés par les amateurs de sports nautiques.

Subdivisions

[modifier | modifier le code]

La région est composée de quatre sous-régions, chacune étant une unité du troisième niveau de la nomenclature des unités territoriales statistiques européennes (NUTS 3) [2] :

L’Alentejo est la plus pauvre des cinq régions continentales du Portugal[3].

Le blé, le liège, l'huile d'olive et le vin sont les productions les plus caractéristiques de la région.

Paysage rural typique de l'Alentejo : Les arbres du premier plan sont des chênes-lièges (Quercus suber) dans un champ de blé moissonné. Au deuxième et au troisième plan on aperçoit des vignes (Vitis vinifera) et des oliviers (Olea europaea).

Le nombre d'habitants est de 704 000 en 2023, soit 7 % de moins par rapport à 2011. On observe aussi une « litoralização », c’est-à-dire une poussée démographique sur la côte, avec l’arrivée de migrants attirés par de nouveaux projets d’agriculture intensive, conjuguée à un repli net dans l’intérieur, autour des villes d’Évora ou Beja, où l’activité s’effondre[3].

Centrale solaire

[modifier | modifier le code]

En , la plus grande centrale photovoltaïque du monde a été mise en service à Amareleja.

Mégalithisme

[modifier | modifier le code]
Le menhir de Outeiro

En Alentejo se dressent les plus grands menhirs de la péninsule Ibérique (le menhir de Meada et celui de Outeiro), ainsi que la Pedra do Galo, un énorme bloc de pierre mesurant environ 10 m de haut, et la Rocha dos Namorados.

Cette région est caractérisée par ses nombreux exemples d'art mégalithiques (dolmens, cromlechs...), ses vestiges romains antiques, ses villes-fortifiées, héritage de la conquête islamique sur le christianisme médiéval, puis par les témoignages de la reconquête chrétienne.

Sur le plan politique, la région a été marquée par l'influence communiste après la révolution des Œillets. C’est ici, dans l’Alentejo, que le PCP a obtenu la journée de huit heures pour les travailleurs agricoles. Il y a aussi mené la réforme agraire après 1974, avec la mise en place de coopératives et d’unités collectives de production, pour contrer le système des grands producteurs associés aux latifundios (exploitations agricoles de grandes dimensions à rendement faible). Cette influence est aujourd'hui en déclin, du fait notamment de la disparition progressive du prolétariat agricole[3].

Le conseil des ministres du crée la Région de l'Alentejo en tant qu'unité de niveau 2 pour la nomenclature européenne des unités territoriales statistiques (NUTS II). C'est aujourd'hui le territoire d'action de la Commission de coordination et de développement régional de l'Alentejo[4]. Le conseil crée également quatre sous-régions de la région (ou unités de niveau III pour la même nomenclature) :

Sous-région
NUTS 3
Surface
(km2)[4]
Nombre de
municipalités[4]
Alentejo littoral
(Alentejo Litoral)
- 5
Haut Alentejo
(Alto Alentejo)
4932 13
Alentejo central
(Alentejo Central)
7114 13
Bas Alentejo (Baixo Alentejo) 8781 14

Le décret-loi no 46-1989 du 15 février 1989 amende la division du Portugal en sous-régions (unités NUTS de 3ème niveau) et les frontières de plusieurs d'entre-elles sont modifiées[5] :

Sous-région
NUTS 3
Surface
(km2)[6],[7]
Nombre de
municipalités[5],[7]
Alentejo littoral
(Alentejo Litoral)
5264 5
Haut Alentejo
(Alto Alentejo)
5935 14
Alentejo central
(Alentejo Central)
7228 14
Bas Alentejo (Baixo Alentejo) 8503 13

Le décret-loi no 244-2002 du 5 novembre affecte la sous-région de la Lisière du Tage à l'Alentejo, qui comporte ainsi cinq sous-régions jusqu'en 2023[5].

Sous-région[8] Surface
(km2)[9],[10]
Nombre de
municipalités[9],[11]
Pop.
(2001)[11]
Pop.
(2011)[11]
Lisière du Tage (Lezíria do Tejo) 4 273 11 240 832 247 453
Alentejo littoral (Alentejo Litoral) 5 303 5 99 976 97 925
Haut Alentejo (Alto Alentejo) 6 248 15 127 026 118 410
Alentejo central (Alentejo Central) 7 228 14 173 646 166 822
Bas Alentejo (Baixo Alentejo) 8 545 13 135 105 126 692

La loi no 75/2013 du 12 septembre 2013 de réforme de l'organisation territoriale crée des communautés intermunicipales dont le territoire correspond aux sous-régions[12].

A partir de 2024

[modifier | modifier le code]

Au , la Lisière du Tage est redéplacée dans la nouvelle région de l'Ouest et Vallée du Tage. L'Alentejo revient à quatre sous-régions[2].

Références

[modifier | modifier le code]
  1. (pt)INE, « Résultats définitifs du recensement 2011 », (consulté le )
  2. a et b (pt) « Costuma consultar dados por região? Conheça o novo domínio das estatísticas regionais », sur bpstat.bportugal.pt, (consulté le ).
  3. a b et c « Dans leur bastion de l’Alentejo, les communistes portugais résistent au déclin », Mediapart,‎ (lire en ligne)
  4. a b et c (pt) « Resolução do Conselho de Ministros n.º 34/86, de 5 de maio » [« Résolution du Conseil des ministres n° 34/86 du 5 mai »], sur Diário da República, .
  5. a b et c (pt) Ana Tomás et Nuno Valério, « Autarquias locais e divisões administrativas em Portugal 1836-2013 » [« Autorités locales et divisions administratives au Portugal 1836-2013 »], Gabinete de Histôria Econômica e Social, Lisbonne, Instituto Superior de Economia e Gestão, série Documentos de Trabalho, vol. 63,‎ (ISSN 2183-1785, lire en ligne [PDF]).
  6. (pt) « Decreto-Lei n. 46/89 de 15 de Fevereiro » [« Décret-loi n° 46/89 du 15 février 1989 »], Diário da República, 1re série, no 38,‎ , p. 590-594 (lire en ligne [PDF]).
  7. a et b En gras, les changements par rapport à 1986.
  8. (pt) António de Jesus Fernandes de Matos, « Dinâmicas Recentes nas Sub-Regiões Portuguesas: uma aplicação do método shift-share », sur redalyc.org, Revista Portuguesa de Estudos Regionais, (ISSN 1645-586X, consulté le ).
  9. a et b En gras, les changements par rapport à 1989.
  10. (pt) « Decreto-Lei n.º 244/2002, de 5 de novembro », sur Diário da República, .
  11. a b et c (pt) Instituto Nacional de Estatística, « População residente (N.º) por Local de residência e Sexo; Decenal », sur ine.pt, (consulté le ).
  12. (pt) Instituto Nacional de Estatística, « NUTS 2013 : As novas unidades territoriais para fins estatísticos », sur compete2020.gov.pt, (ISBN 978-989-25-0341-7, consulté le ).

Liens externes

[modifier | modifier le code]