Famille Giscard d'Estaing

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Image représentant deux personnes Cette page explique l’histoire ou répertorie les différents membres de la famille Giscard d'Estaing.
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La famille Giscard d'Estaing est une famille d'ancienne bourgeoisie qui se nommait simplement Giscard et qui porte ce nom depuis les décrets pris en Conseil d'État les 17 juin 1922 et 16 janvier 1923, autorisant Edmond Giscard (1894-1982), ainsi que ses oncles Joseph et Philippe et leurs descendants, puis son frère aîné René Giscard (1891-1945), alors maître des requêtes au Conseil d'État, à ajouter le nom « d'Estaing » à leur patronyme, afin de reprendre celui d'une de leurs quadrisaïeules en ligne féminine : Lucie-Madeleine Destaing (1769-1844).

Cette famille a donné au XXe siècle des administrateurs, des hommes d'affaires et des hommes politiques, en particulier un président de la République française, Valéry Giscard d'Estaing.

Origine[modifier | modifier le code]

Patronyme Giscard[modifier | modifier le code]

Le patronyme Giscard est un ancien prénom (nom de baptême) au XIe siècle (à l'époque où les noms de famille apparaissent), d'origine germanique. Le prénom Giscard dérive lui-même du germanique Giskkard, formé de deux racines juxtaposées : giscl, peut-être formé sur gisel : « otage », et hard : fort, dur[1].

Ce nom assez courant est surtout porté dans le Lot et en Corrèze.

Valéry Giscard d'Estaing rapporte dans une conférence[2], que sa famille serait issue de Robert Guiscard, fils de Tancrède de Hauteville, dont les derniers descendants légitimes sont les Wishart (Guiscard) of Pitarrow d'Écosse[3]. Mais cette affirmation n'est fondée sur aucune source.

Généalogie simplifiée Giscard[modifier | modifier le code]

Selon les actes connus, cette famille Giscard est originaire de Marvejols en Lozère (Languedoc-Roussillon), avec une généalogie qui commence avec :

  • François Giscard, calviniste, marié en 1632 à Marvejols avec Marguerite Aymar (1609 à Marvejols – 1692), dont :
  • Pierre Giscard, calviniste, marié en 1676 à Marvejols avec Jeanne Moynier, dont :
  • Barthélémy Giscard, sieur de Montplaisir, marié en 1707 à Marvejols avec Marie Prieur (1682 à Marvejols – 1715), abjure le calvinisme avant son mariage, dont :
  • Pierre Giscard (1709 à Marvejols – 1798 à Marvejols ), marié en 1730 à Marvejols avec Jeanne Deliane, dont :
  • Barthélémy Giscard (1732 à Marvejols – 1808 à Marvejols), marié en 1764 à Marvejols avec Jeanne Charlotte Charpentier, dont :
  • Pierre Giscard (1770 à Marvejols – 1855 à Clermont-Ferrand), négociant, marié en 1795 avec sa cousine germaine Anne Marie Louise Athénaïs de Julien de Moriès (1776 à Marvejols – ????), dont :
  • Martial Giscard (1796 à Marvejols – 1865 à Paris), propriétaire, marié en 1818 à Saint-Amant-Tallende avec Élise Cousin de La Tour-Fondue (1790 à Saint-Amant-Tallende – 1858 à Saint-Amant-Tallende), fille de Jacques Guy Cousin de La Tour-Fondue (1765-1846), officier au Régiment de Bourgogne, et de Lucie-Madeleine Destaing ou d'Estaing (1769 à Saint-Babel – 1844 à Saint-Amant-Tallende), dont :
  • Théodore Giscard (1824 à Brioude – 1895 à Saint-Amant-Tallende), magistrat, juge de paix à Massiac, juge au tribunal civil de Murat, juge de paix, marié le 2 mars 1859 à Clermont-Ferrand avec Marie-Anne de Lussigny (1829 à Ambert – 1885 à Saint-Amant-Tallende), dont :
    • Valéry Giscard dit Giscard de La Tour-Fondue (1862-1916), marié à Louise Monteil-Ansaldi (1869-1957), dont deux fils : René Giscard, puis Giscard d'Estaing (1891-1945), maître des requêtes au Conseil d'État, et Edmond Giscard, puis Giscard d'Estaing (1894-1982). Ce sont eux qui ont demandé et obtenu du Conseil d'État les décrets les autorisant à reprendre le nom « d'Estaing »,
    • Philippe Giscard d'Estaing (1863 - 1932), administrateur des Colonies, marié en 1903 au Sénégal avec Marguerite Sarran,
    • Joseph Giscard d'Estaing (1866-1929), officier d'infanterie, marié en 1896 avec Jenny de Lussigny.

Patronyme d'Estaing[modifier | modifier le code]

La famille Destaing dont descendent les Giscard d'Estaing serait selon eux une branche bâtarde ignorée de la famille d'Estaing du célèbre Amiral d'Estaing. En réalité, la confusion des deux familles a été entretenue par l'homonymie de deux Lucie-Madeleine d'Estaing appartenant à deux familles fort différentes. L'existence d'une branche ignorée des généalogistes s'est trouvée démentie par les documents existants.

La prise du nom « d'Estaing » par la famille Giscard s'est faite en deux temps : un premier décret rendu en Conseil d'État, en date du 17 juin 1922, permet à Edmond Giscard qui en avait fait la demande, et à ses deux oncles Joseph et Philippe de relever le nom d'Estaing ; Son frère aîné René Giscard, alors maître des requêtes au conseil d'État, n'avait pas voulu être compris dans cette première décision et fit prendre un deuxième décret 16 janvier 1923 étendant la décision en sa faveur. Précédemment, leur père Valéry Giscard avait tenté de relever le nom de la Tour Fondue, mais le dernier descendant de cette vieille famille auvergnate, alors émigré en Amérique, était revenu du Canada tout exprès pour s'y opposer. Pour l'anecdote, une rue Giscard de La Tour Fondue existe à Clermont-Ferrand.

Généalogie détaillée[modifier | modifier le code]

Principales personnalités[modifier | modifier le code]

(par ordre alphabétique)

  • Anne-Aymone Giscard d'Estaing (née Sauvage de Brantes) (10/04/1933 à Paris), épouse du président Valéry Giscard d'Estaing ;
  • Edmond Giscard, puis Giscard d'Estaing (29/03/1894 à Clermont-Ferrand – 03/08/1982 à Chanonat), inspecteur des Finances, administrateur de société, maire de Chanonat, marié le 18 avril 1923 à Paris à Marthe dite « May » Bardoux (06/05/1901 à Paris – 13/03/2003 à Saint-Saturnin), fille d'Achille Octave Marie Jacques Bardoux, et de Geneviève Georges-Picot ;
  • François Giscard d'Estaing (17/09/1926 à Cerny – 2003), inspecteur général des finances, directeur de banque, président-administrateur de la banque française du commerce extérieur, cousin germain du président Valéry Giscard d'Estaing ;
  • Guillaume Giscard d'Estaing (27/02/1958 à Paris), ingénieur et chef d'entreprise, Président de Sofema, fils de Jacques Giscard d'Estaing ;
  • Henri Giscard d'Estaing (17/10/1956 à Paris), homme politique, homme d'affaires, PDG du Club Méditerranée, fils du président Valéry Giscard d'Estaing ;
  • Isabelle Giscard d'Estaing (épouse de Lasteyrie du Saillant) (1935), présidente du Festival de la Vézère, sœur du président Valéry Giscard d'Estaing ;
  • Jacques Giscard d'Estaing (1929-2012), président de chambre à la Cour des comptes, cousin germain du président Valéry Giscard d'Estaing ;
  • Louis Giscard d'Estaing (20/10/1958 à Paris), homme politique, maire de Chamalières, ancien député du Puy-de-Dôme, fils du président Valéry Giscard d'Estaing ;
  • Olivia Giscard d'Estaing (épouse Griveau), directrice générale de Neuflize Private Assets, nièce du président Valéry Giscard d'Estaing ;
  • Olivier Giscard d'Estaing (30/12/1927 à Paris), homme d'affaires, administrateur de société, homme politique, frère du président Valéry Giscard d'Estaing ;
  • Philippe Giscard d'Estaing (1863-1932), administrateur en chef des Colonies, grand-oncle du président Valéry Giscard d'Estaing ;
  • Philippe Giscard d'Estaing (21/01/1928 à Grasse), ingénieur, administrateur de sociétés, PDG de Thomson International, membre du conseil de surveillance de Telspace, chevalier de la Légion d'Honneur, cousin germain du président Valéry Giscard d'Estaing ;
  • René Giscard puis Giscard d'Estaing (1891-1945), conseiller d'État, chevalier de la Légion d'honneur, croix de guerre 1914-1918, frère de Edmond Giscard (1894-1982), marié en 1925 avec Anne Carnot (1898), petite-fille du Président Sadi Carnot (1837-1894) ;
  • Sylvie Giscard d'Estaing (épouse de Las Cases) (08/12/1924 à Coblence – 2008), maire de Prinsuéjols de 1974 à 2001, sœur du président Valéry Giscard d'Estaing ;
  • Théodore Giscard (14/01/1824 à Brioude – 30/09/1895 à Saint-Amant-Tallende), magistrat, juge de paix à Massiac, juge au tribunal civil de Murat, juge de paix, arrière-grand-père du président Valéry Giscard d'Estaing ;
  • Valérie-Anne Giscard d'Estaing (épouse Fixot) (01/11/1953), éditrice, fille du président Valéry Giscard d'Estaing ;
  • Valéry Giscard (25/10/1862 à Saint-Amant-Tallende – 24/05/1916 à Saint-Amant-Tallende), avocat, conseiller à la cour d'appel de Riom, conseiller municipal de Clermont-Ferrand, où il a créé un lotissement dont une rue porte toujours le nom de rue Giscard de La Tour-Fondue ; à cette époque, la famille Giscard faisait des démarches pour reprendre le nom de la famille de La Tour-Fondue, laquelle possédait encore des représentants au Canada qui s'y sont opposés), marié le 16 mai 1888 à Clermont-Ferrand à Marie Louise Monteil (1869 à Clermont-Ferrand – 1957 à Paris), grand-père du président Valéry Giscard d'Estaing ;
  • Valéry Giscard d'Estaing (02/02/1926 à Coblence), inspecteur des Finances, ministre du général de Gaulle, président de la République de 1974 à 1981, Grand-Croix de la Légion d'Honneur, Croix de Guerre 1939-1945, auteur d'un roman, membre de l'Académie française.

Les châteaux des membres de la famille[modifier | modifier le code]

Le château de Murol à Saint-Amant-Tallende dans le Puy-de-Dôme[modifier | modifier le code]

Le château de Murol (Saint-Amant), sur la commune de Saint-Amant-Tallende, possédé depuis 1735 par la famille Cousin de La Tour-Fondue, a été reconstruit à la fin du XIXe siècle par Joseph Giscard dans un style néo-médiéval[11]. Appelé souvent château de Latour-Fondue, il ne doit pas être confondu avec l'ancien château de Saint-Amant[11], qui est situé plus haut, qui date du XVe siècle et qui a hébergé la Reine Margot, ni avec l'ancien château de Murol à Murol qui appartenait de longue date à la famille d'Estaing.

Le château de Varvasse dans le Puy-de-Dôme[modifier | modifier le code]

Le château de Varvasse, construit au XVe siècle, situé sur la commune de Chanonat, avait été acheté par en 1936 par Edmond Giscard d'Estaing, père du Président Valéry Giscard d'Estaing qui l'a mis en vente[12].

Le château de Chaillot dans le Cher[modifier | modifier le code]

Ce château, situé à Vierzon, appartenait à Olivier Giscard d'Estaing[13], avant qu'il n'acquiert une résidence à Estaing dans l'Aveyron.

Le château d'Estaing dans l'Aveyron[modifier | modifier le code]

La famille Giscard d'Estaing a acheté en 2005 le château d'Estaing à Estaing.

La famille Giscard ayant acquis à la fois le nom et la demeure historique de l'ancienne famille noble éteinte d'Estaing, on pourrait croire à une filiation entre les deux familles alors qu'il n'en est rien. Edmond Giscard d'Estaing se présentait, avec son frère René, comme « le représentant de la maison d'Estaing »[14], ce que contestent les généalogistes[15] puisque la famille des comtes d'Estaing a - de son côté - une nombreuse descendance légitime en ligne féminine. Cela est d'autant plus sensible que la question concerne un ancien président de la République française.

D'autre part, le château d'Estaing est un des monuments remarquables du département de l'Aveyron. Son achat par les Giscard d'Estaing a été réalisé après une période de cinq ans durant laquelle la commune en a été propriétaire. Le conseil municipal du petit bourg était prêt à aider les deux frères et la quasi-totalité des habitants du bourg se rangeait derrière le conseil. C'est ainsi que le château fut vendu deux fois - en 2000 et en 2005 – sans appel d'offre, sans publicité et en écartant un autre acquéreur sérieux qui se présentait. Une pléiade de journaux internationaux a exprimé son étonnement, voire sa réprobation. Le Monde titrait : « Après le nom, le château »[16]. The Sunday Times<[17] : « The natives are revolting at Château Giscard ». Le Figaro notait[18] : « (...) dans dix ans il aura des subventions et un jour les visiteurs contempleront le cèdre où il avait l'habitude de s'entretenir avec Sésostris II ». Et la Neue Zürcher Zeitung[19] a démonté une combinaison qui visait probablement à transférer le bien à la famille Giscard sans surenchère inopportune : les sœurs de St Joseph, qui possédaient le château depuis 1834, ont déclaré en ce sens au magazine Point de vue avoir préféré vendre à la commune, parce que cela « ne leur plaisait pas » de vendre à la famille Giscard d'Estaing. Une communauté religieuse est tenue de vendre ses biens âprement puisque le surplus gagné profite aux œuvres ; seule exception : la vente à une autre communauté religieuse ou à la municipalité doit se faire à prix d'ami. Au moment des deux ventes, les Aveyronnais, à l'exception d'une poignée, se sont déclarés pour la famille Giscard, craignant surtout que le château tombe entre les mains d'un étranger. Quant à la communauté religieuse, elle est consciente d'avoir vendu sous le prix du marché mais « de bonne foi », c'est-à-dire sans savoir que la commune agissait en intermédiaire. À noter qu'Olivier Giscard d'Estaing a été maire de cette commune de 1965 à 1977.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Généanet.org/onomastique
  2. "On a modern note, the former French President Valéry Giscard d'Estaing, known simply as Giscard, is descended from the Guiscards of Normandy and therefore with the Wisharts of Scotland. [1]
  3. Ascendance agnatique de Valéry Giscard d'Estaing
  4. http://gw0.geneanet.org/anfvillelume?lang=fr&pz=guillaume&nz=de+villelume&ocz=2&m=D&p=martial+marie+barthemy&n=giscard&t=L&sosab=10&alwsurn=yes&color=&v=6
  5. http://www.heredis.com/genealogie/genealogies-celebres/les-celebrites/giscard-destaing.html
  6. Fille de Jacques Guy Cousin (1765-1846), comte de La Tour-Fondue, officier au régiment de Bourgogne-infanterie, et de Lucie Madeleine Destaing (24/08/1769 à Saint-Babel – 10/03/1844 à Saint-Amant-Tallende), dame de Réquisat.
  7. Fille de Joseph de Lussigny (31/08/1798 à Ambert – 19/09/1844 à Brioude), procureur du roi, et de Bernardine Beille (31/12/1800 à Clermont-Ferrand – 28/05/1866 à Clermont-Ferrand).
  8. Fille d'Edmond Monteil (25/11/1841 à Bort-les-Orgues – 02/07/1900 à Clermont-Ferrand), avocat, négociant, administrateur des hospices, membre de la chambre de commerce, et de Charlotte Ansaldi (20/07/1840 à Clermont-Ferrand – 16/12/1902 à Clermont-Ferrand).
  9. Fille d'Achille Octave Marie Jacques Bardoux (27/05/1874 à Versailles – 15/08/1959 à Saint-Saturnin), homme de lettres, journaliste, sénateur, député, membre de l'académie des sciences morales et politiques, et de Geneviève Georges-Picot (04/01/1876 à Paris – 12/07/1949 à Paris). Sa grand-mère maternelle, Marthe de Montalivet, était arrière-petite-fille de Louis XV par Adélaïde Starot de Saint-Germain, bâtarde royale.
  10. Fille de François Sauvage de Brantes (????-1944 à Melk-Mauthausen), lieutenant-colonel de cavalerie, officier de la Légion d'honneur, résistant membre de l'ORA mort en déportation, et d'Aymone de Faucigny-Lucinge (1905-1993), princesse de Faucigny-Lucinge et Coligny.
  11. a et b Benoît Dufournier, Auvergne, Velay, guide bleu
  12. Article dans La Montagne, Article dans La Croix
  13. Bottin mondain, édition 1974.
  14. Dans son livre La Maison d'Estaing,1950
  15. Voir Albert Ginisty, Estaing - aspects du passé, p. 94 : « Fin d'une lignée », et p. 97 :« Nous noterons que cette filiation, par branche féminine, d'un d'Estaing à un Giscard est à rapprocher du décret du 17 juin... »
  16. 24 décembre 2004
  17. 16 janv. 2005
  18. 22 février 2005
  19. 15 février 2005

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]