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Edme-Bonaventure Courtois

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Edme-Bonaventure Courtois
Fonctions
Député de l'Aube

(1 an et 13 jours)
Gouvernement Assemblée législative
Groupe politique Gauche
Député à la Convention nationale

(3 ans, 1 mois et 22 jours)
Député au Conseil des anciens

(4 ans, 2 mois et 11 jours)
Membre du Tribunat
(1 an et 4 jours)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Troyes, France
Date de décès (à 62 ans)
Lieu de décès Bruxelles (Belgique)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique Gauche
Droite
Profession Receveur
député de l'Aube

Edme-Bonaventure Courtois, né le à Troyes, mort le à Bruxelles, est un homme politique de la Révolution française.

Edme-Bonaventure Courtois effectue ses études secondaires au Collège de l'Oratoire, où il a pour condisciple Georges-Jacques Danton.

La France devient une monarchie constitutionnelle en application de la constitution du 3 septembre 1791.

Le même mois, Edme-Bonaventure Courtois, alors receveur du district d'Arcis-sur-Aube, est élu député du département de l'Aube, le premier sur neuf, à l'Assemblée nationale législative.

Il siège sur les bancs de la gauche de l'Assemblée. En février 1792, il vote en faveur de la mise en accusation de Bertrand de Molleville, le ministre de la Marine. En août, il vote en faveur de la mise en accusation du marquis de La Fayette.

Mandat à la Convention

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La monarchie prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.

En septembre 1792, Edme-Bonaventure Courtois est réélu député de l'Aube, le premier sur neuf, à la Convention nationale[1].

Il siège sur les bancs de la Montagne. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort, et rejette l'appel au peuple et le sursis à l'exécution de la peine[2]. Le 13 avril 1793, il vote contre la mise en accusation de Jean-Paul Marat[3] :

Attendu l’illégalité de l'acte accusatif intenté contre un représentant du peuple ; attendu les crimes de Dumouriez, la complicité connue et prouvée de quelques membres qui siègent ici, avec le traître ; attendu que ces même hommes sont les ennemis implacables de Marat, leur courageux dénonciateur ; [...] je dis, non.

Le 28 mai, il est absent lors du scrutin sur le rétablissement de la Commission des Douze[4].

Le 21 avril, Edme-Bonaventure Courtois est en effet envoyé en mission aux côtés d'Antoine Dubois de Bellegarde (député de la Charente), de Charles Cochon de Lapparent (député des Deux-Sèvres) et de Joseph Lequinio (député du Morbihan) auprès de l'armée du Nord[5]. Le 30 juillet, à l'issue de la victoire autrichienne lors du siège de Valenciennes, Courtois et son collègue Louis-Étienne Beffroy (député de l'Aisne) sont rappelés à Paris et auditionnés par le Comité de Salut public[6].

Après la chute de Robespierre, Edme-Bonaventure Courtois prend part à la réaction thermidorienne. Le 30 thermidor an II (le 17 août 1794), il est chargé, en remplacement de Louis-Joseph Charlier (député de la Marne), de lever les sceller et d'examiner les papiers saisis chez Maximilien de Robespierre[7]. Le 16 nivôse an III (5 janvier 1795), il émet la conclusion de la Commission[8]. Le 7 nivôse (27 décembre), il est élu membre de la Commission des Vingt-et-Un chargée d'examiner la conduite des anciens membres du Comité de Salut public et du Comité de sûreté générale (Bertrand Barère, Jacques-Nicolas Billaud-Varenne, Jean-Marie Collot-d'Herbois et Marc Vadier)[9].

Mandat aux Anciens

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Sous le Directoire, Edme-Bonaventure Courtois est réélu député et siège au Conseil des Anciens. Le 1er floréal an V (le 20 avril 1797), il est élu président du Conseil et ses secrétaires sont Jean-André Barrot (député de la Lozère), Michel-Pascal Creuzé-Dufresne (député de la Vienne), de Jacques Guermeur (député du Finistère) et de Florent-Guiot (député de la Côte-d'Or)[10]. Il est tiré au sort pour quitter le Conseil le 1er prairial an V (le 20 mai 1797)[11].

Visé par la loi du 12 janvier 1816 contre les régicides et les soutiens aux Cent-Jours, il est contraint de s'exiler à Bruxelles où il meurt à la fin de l'année de son arrivée.

Il était également féru de bibliophilie. La vente de sa bibliothèque eut lieu à Paris le 3 janvier 1820.

Publications

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  • «Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just etc.» (II., 1828).

Bibliographie

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  • « Edme-Bonaventure Courtois », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
  • Eugène Welvert, « Les papiers de Courtois ». p. 249-337 in Lendemains révolutionnaires ; les régicides, Paris, Calmann-Lévy, 1907.
  • Augustin Kuscinski, Dictionnaire des Conventionnels, F. Rieder, Paris, 1917, 615 p.
  • Jean-Philippe Giboury, Dictionnaire des régicides, Paris, Perrin, 1989.
  • Edna Hindie Le May (dir.), Dictionnaire des législateurs, Paris, 2007, 2 vol, tome 1.
  • Gérard Walter, Maximilien de Robespierre, Paris, Gallimard, 1989 (1961).
  • Jean-Daniel Piquet, « Robespierre et la liberté des Noirs en l'an II dans les archives des comités et les papiers de la Commission Courtois », Annales historiques de la Révolution française, n° 323-janvier-mars 2001.
  • Jean-Daniel Piquet, « Jean-Baptiste Belley et Louis Dufay : souvenir et oubli en l’an III d’une lettre à Maximilien Robespierre », Tierce : Carnets de recherches interdisciplinaires en Histoire, Histoire de l'Art et Musicologie, 2021-5, https://tierce.edel.univ-poitiers.fr/tierce/index.php?id=606.

Notes et références

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  1. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, Liste des députés par départements » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  2. Froullé, Jacques-François (≃1734-1794) et Levigneur, Thomas (≃1747-1794), « Liste comparative des cinq appels nominaux. Faits dans les séances des 15, 16, 17, 18 et 19 janvier 1793, sur le procès et le jugement de Louis XVI [...] » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  3. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  4. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  5. Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 3 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  6. Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 5 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  7. Alquier, Aline et Brunel, Françoise (née en 1948), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 95, séance du 30 thermidor an II (17 août 1794) » Accès libre, sur https://www.persee.fr, (consulté le )
  8. Gazette nationale ou le Moniteur universel n°150, « Convention nationale, séance du 16 nivôse (5 janvier) » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, 30 pluviôse an 3 (18 février 1795) (consulté le )
  9. Gazette nationale ou le Moniteur universel n°99, « Convention nationale, séance du soir du 7 nivôse (27 décembre) » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, 9 nivôse an iii (29 décembre 1794) (consulté le )
  10. Gazette nationale ou le Moniteur universel n°216, « Conseil des Anciens, séance du soir du 1er floréal (20 avril) » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, 6 floréal an 5 (25 avril 1797) (consulté le )
  11. Gazette nationale ou le Moniteur universel n°167, « Conseil des Anciens et Conseil des Cinq-Cents, séance du 15 ventôse (5 mars) » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, 17 ventôse an 5 (7 mars 1797) (consulté le )

Liens externes

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