Cryptide

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Un cryptide est un animal ou une plante[1] dont certaines personnes supposent l’existence, laquelle est étayée par des preuves autoscopiques (que tout le monde peut voir), testimoniales (fondées sur des témoignages) ou circonstancielles (des indices concomitants) insuffisantes pour être reconnue par la communauté scientifique, comme le Yéti, le Kraken ou le monstre du loch Ness[2]. L'étude (considérée par une partie de la communauté scientifique comme pseudoscientifique[3]) de ces êtres cryptiques est appelée cryptozoologie pour les animaux et cryptobotanique pour les plantes. En 1986, le cryptozoologue Bernard Heuvelmans, a suggéré qu'environ 140 cryptides pourraient être découverts[4]. Certains cryptozoologues ont suggérés qu'il pourraient y avoir jusqu'à 250 cryptides à découvrir.

Origine du terme[modifier | modifier le code]

Le mot « cryptide » est apparu pour la première fois en 1983. Il fut inventé par des cryptozoologues pour remplacer des termes comme « animaux inconnus », ou « monstres », que ces derniers jugeaient trop générique, sensationnaliste, ou inapproprié. Depuis, le terme est largement utilisé pour dénominer les créatures relevant du champ d'étude de la cryptozoologie[5].

Types de cryptides[modifier | modifier le code]

Bernard Heuvelmans, considéré comme le fondateur de la cryptozoologie, a définit les créatures relevant de la cryptozoologie comme des « formes animales encore inconnues », en excluant de son domaine les espèces décrites scientifiquement, éteintes récemment, et étant toujours signalées (par exemple le thylacine)[6], même si de fait, elles sont bien étudiées par les cryptozoologues. Selon le cryptozoologue américain Loren Coleman (en), le champ d’étude de la cryptozoologie recouvre toute créature n'étant pas officiellement reconnue et répertoriée par la science[7]. Les cryptides sont généralement définit comme toute créature signalée par des témoins, et considérée par certains comme pouvant exister sans qu'il y ait pour autant de preuves irréfutables[8].

En 2004, Chad Arment, dans Cryptozoology: Science & Speculation, a définit quatre type de cryptides : des créatures ne ressemblant à aucun animal connu ou éteint (par exemple le sasquatch), des animaux considérés comme actuellement éteints (comme de prétendus dinosaures), des animaux connus apparaissant hors de leurs aires de répartition normale (comme les " aliens big cats " (en)), et enfin des animaux connus se démarquant des autres membres de leur espèce d’une certaine manière, comme par exemple la taille (gigantisme (comme certains calmars géants de " plus de 100 pieds (30,5 mètres) "[4]) et nanisme) la couleur (albinisme (comme les ours blancs signalés dans les forêts de Shennongjia dans le Hubei[4]), mélanisme) ou encore du fait de diverses mutations[7].

Comme la cryptozoologie n'est l'objet d'aucune formation universitaire, ni d'aucun institut scientifique officiel[6], et qu'il n'existe pas d'organisme définissant ce qui est et ce qui n'est pas un cryptide, de fait, certains amateurs de cryptozoologie désignent parfois des créatures mythiques, de prétendus extraterrestres, des montages taxidermiques, ou encore des créatures liés à des phénomènes paranormaux, des rumeurs liées à des phénomènes internet ou des creepypasta comme des cryptides[8].

Les animaux n'ayant pas été pas signalés au préalable par des témoins avant leurs découvertes (comme de nombreux insectes) ne sont pas considérés comme des cryptides[6]. La plupart des cryptides sont des animaux de moyenne ou grande taille, les petites créatures comme les insectes ayant peu marqué les esprits pour attirer l'attention des cryptozoologues, à quelques exceptions près[9].

Recherches et ébauches de preuves[modifier | modifier le code]

Les cryptides possèdent souvent plusieurs noms vernaculaires dans une ou plusieurs cultures particulières : le sasquatch est par exemple appelé dans certaines langues amérindiennes, Oh-mah, S'oq'wiam ou See-ah-tik[10]. La plupart des témoignages font état d'une espèce à part entière d'animaux, malgré une mention au singulier régulière (le Yéti par exemple), et parfois un être unique, souvent nommée d'après le lieu où elle a été aperçue et ou elle est censée vivre, sans sous-entendus d'une possible population de cette dernière (comme le Monstre du Loch Ness). Les cryptides sont généralement « connus » par leur présence dans des traditions, et par des empreintes dans la mémoire collective, des représentations dans les arts, par des témoignages directs, des empreintes physiques (traces de pas, photo, film...), et parfois par des fragments anatomiques (par exemple les poils attribués au yéti) voire par un « spécimen complet », comme par exemple l'homme congelé du Minnesota[6].

Si certains cryptides sont largement médiatisés (yéti, monstre du Loch Ness), beaucoup ne sont plus signalés de nos jours (par exemple le marozi). Selon certains cryptozoologues, certains cryptides pourraient êtres des animaux ayant disparu avant d'être officiellement décrits. Le terme de « crypto-extinction » est alors utilisé[11]. A contrario, aujourd'hui, peu de nouveaux cryptides sont recensés ces dernières années, possiblement à cause de l'évolution de la société et des médias qui prennent davantage de recul et analysent de manière raisonnable les évènements ou témoignages « surnaturels » sans rattacher ces derniers à une quelconque créature[réf. nécessaire]. L'un des derniers cryptide recensé récemment est le Chupacabra, dont la légende à pris racine dans les années 90.

D'un point de vue cryptozoologique, tous les animaux répertoriés ont été au départ des cryptides, car ayant été d'abord connus uniquement par des informations inexactes ou invérifiables[5]. De même, des animaux aujourd'hui bien connus étaient autrefois considérés comme mythiques, comme par exemple l'okapi, le tapir des Andes, le panda ou le gorille, qui était décrit au milieu du XIXe siècle comme un "homme des bois" enlevant les femmes et pouvant être capturé après avoir été enivré avec un bol d'alcool ; les récits étants semblables à ceux évoquant le yéti[3]. Cependant, très peu de cryptides ont vus leur existence prouvée à ce jour.

Médiatisation et culture populaire[modifier | modifier le code]

Le nombre de cryptides autour du monde est assez conséquent mais seul un petit nombre est médiatisé auprès du public. Ceux qui viennent en tête étant par exemple le Bigfoot, le Yéti, le Kraken, le Monstre du Loch Ness, etc..., apparaissant dans de nombreux films, romans, bandes-dessinées ou jeux vidéos[12]. La popularité d'un cryptide est influencé par divers facteurs comme l'importance de l'évènement auquel il est rattaché ou encore sa présence dans la pensée collective et le folklore depuis des décennies ou des siècles (selon que les témoignages soient fréquents ou non). Souvent, l'hystérie collective joue un rôle important dans la médiatisation et la popularité d'un cryptide.[réf. nécessaire]. Certains pays, ont un cryptide phare, comme le Bunyip qui est le cryptide par excellence de l'Australie[13].

Liste de cryptides (non exhaustive)[modifier | modifier le code]

Pieuvre géante attaquant un navire français au large des côtes d'Angola par Pierre Dénys de Montfort (1810).
Fichier:Peau de Marozi.jpg
Peau attribuée à un Marozi.
Dessin d'un Tatzelwurm.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « cryptobotanique - Dictionnaire des Sciences Animales », sur dico-sciences-animales.cirad.fr (consulté le )
  2. Bernard Heuvelmans, Le Grand serpent-de-mer, le problème zoologique et sa solution., Paris, Plon, (lire en ligne), p. 19 - 22
  3. a et b « La méthode Cryptozoologique », sur Institut virtuel de cryptozoologie
  4. a b et c (en) Bernard Heuvelmans, « Annotated Checklist of apparently unknown animals with wich cryptozoology is concerned », Cryptozoology,‎ vol. 5 - 1986, p. 1 - 26
  5. a et b (it) Lorenzo Rossi, « Définition », sur criptozoo.com
  6. a b c et d « Qu'est-ce-que la cryptozoologie ? »,
  7. a et b « Qu'est-ce qu'un cryptide vraiment ? »
  8. a et b (en) Hayley Williams, « What Is A Cryptid? The Gizmodo Guide To Undocumented And Unusual Beasts », sur gizmodo.com.au,
  9. Michel Raynal, « Le papillon " prédit " de Madagascar : un succès méconnu de la cryptozoologie », sur Institut virtuel de Cryptozoologie,
  10. Ivan Sanderson, Hommes-des-Neiges et Hommes-des-Bois, Paris, Plon, , 480 p., p. 64 - 65
  11. (it) Lorenzo Rossi, « Marozi, le lion tacheté du Kenya », sur Criptozoo.com,
  12. « Cryptozoologie et culture », sur Institut virtuel de Cryptozoologie,
  13. Bernard Heuvelmans, Sur la piste des bêtes ignorées, Tome 1, Indo-Malaisie, Océanie., paris, Plon, , chapitre 8

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie sur les cryptides[modifier | modifier le code]

Ouvrages génériques[modifier | modifier le code]

  • Bernard Heuvelmans, Sur la piste des bêtes ignorées, (2 tomes), Paris, Plon, 1955.
  • Jean-Jacques Barloy, Les survivants de l'ombre, Arthaud, 1986.
  • Philippe Coudray, Guide des animaux cachés : Traité de cryptozoologie, Éditions Du Mont, 2009.
  • Éric Buffetaut, À la recherche des animaux mystérieux : idées reçues sur la cryptozoologie, Le Cavalier Bleu, 2016
  • Benoit Grison, Du yeti au calamar géant: le bestiaire énigmatique de la cryptozoologie, Delachaux et Niestlé, 2016.

Humanoïdes velus[modifier | modifier le code]

  • Ivan Sanderson, Hommes-des-Neiges et Hommes-des-bois, Plon, 1963.
  • Bernard Heuvelmans, Les bêtes humaines d'Afrique, Plon, 1980.
  • Jacqueline Roumeguère-Eberhardt, Les hominidés non identifiés des forêts d'Afrique, Robert Laffont, 1990 (lire en ligne).
  • Robert A. Hutchinson ,Sur les traces du yéti - le toit du monde : imaginaire et réalité, Robert Laffont, 1991.
  • (en) Marie-Jeanne Koffman, L'Almasty, Yéti du Caucase, Archéologia, no 269, 1991 (lire en ligne).
  • Jordi Magraner, Les Hominidés reliques d'Asie centrale, 1992, (lire en ligne).
  • (en) Marie-Jeanne Koffman, L'Almasty, mode de vie d'un hominidé, Archéologia, no 276, 1992 (lire en ligne).
  • Reinhold Messner, Yéti, du mythe à la réalité, Glénat, 2000.
  • Jean Roche, Sauvages et velus, éditions exergue, 2000.
  • Dmitri Bayanov, Sur les traces de l'homme des neiges russe, Éditions Exergue Pierre d'Angle, 2001.
  • Jean-Paul Debenat, Sasquatch, et le mystère des hommes sauvages, Temps Présent, 2007.
  • Boris Porchnev, Bernard Heuvelmans, L'Homme de Néandertal est toujours vivant, éditions de l'œil du Sphynx, 2011.

Serpents de mer et monstres lacustres[modifier | modifier le code]

  • (en) A. C. Oudemans, The great sea-serpent. An historical and critical treatise, E. J. Brill; London, Luzac & co, 1892. (lire en ligne)
  • Bernard Heuvelmans, Le Grand Serpent de mer. Le problème zoologique et sa solution, Plon, 1965. (lire en ligne)
  • Peter Costello, A La Recherche Des Monstres Lacustres -Le Monstre Du Loch-ness et Beaucoup d' Autres, France loisirs, 1977.
  • Jean-Jacques Barloy, Serpent de mer et monstres aquatiques, éditions Famot, 1978.
  • Bernard Heuvelmans, Les derniers dragons d'Afrique, Plon, 1978.
  • (en) Roy P. Mackal (en), A living dinosaur ? In Search of Mokele-Mbembe, E.J. Brill, 1987.
  • Michel Ballot, A la recherche du Mokélé-Mbembé, Éditions du Trésor, 2014.

Autres[modifier | modifier le code]

  • Bernard Heuvelmans, Les félins encore inconnus d'Afrique, éditions de l'œil du Sphynx, 2007.
  • Bernard Heuvelmans, Les ours insolites d'Afrique, éditions de l'œil du Sphynx, 2015.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]