Éléphant de forêt d'Afrique

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Loxodonta cyclotis

Loxodonta cyclotis
Description de cette image, également commentée ci-après

Femelle avec son éléphanteau.

Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Proboscidea
Famille Elephantidae
Genre Loxodonta

Nom binominal

Loxodonta cyclotis
Matschie, 1900

Statut de conservation UICN

( EN )
EN  : En danger

Répartition géographique

Description de l'image Loxodonta cyclotis map.svg.

Statut CITES

Sur l'annexe  I  de la CITES Annexe I , Rév. du 13/09/2007

L'éléphant de forêt d'Afrique (Loxodonta cyclotis) est un mammifère de la famille des Éléphantidés de petite taille et typiquement forestier (les données génétiques récentes ont montré qu'il en existe en réalité deux espèces). C'est l'un des rares éléphants contemporains survivants.

Deux espèces au lieu d'une[modifier | modifier le code]

Les différents éléphants africains ont longtemps été considérés comme des représentants de sous-espèces du taxon Loxodonta africana. Des études génétiques datant de 2001 ont permis de démontrer que les deux principales sous-espèces africaines Loxodonta africana africana et Loxodonta africana cyclotis étaient en fait deux espèces distinctes : en Afrique, il convient donc de distinguer désormais l’éléphant de la savane Loxodonta africana et l’éléphant des forêts Loxodonta cyclotis[1].

Principales caractéristiques[modifier | modifier le code]

L'éléphant de forêt d'Afrique présente des oreilles généralement plus petites et plus circulaires que l'autre espèce africaine. Il a également des défenses plus minces et plus droites. Les mâles mesurent entre 5,5 et 7,5 mètres de long (6,5 mètres en moyenne), 2,5 et 3,5 mètres au garrot (3 mètres en moyenne) et pèsent de 4 à 6 tonnes (5 tonnes en moyenne), tandis que les femelles, plus petites, mesurent entre 4 et 5 mètres de long (4,5 mètres en moyenne), 1,5 et 2,5 m au garrot (2 mètres en moyenne) et pèsent entre 2 à 3,5 tonnes (2,75 tonnes en moyenne). Cette espèce, moins connue en raison des obstacles écologiques et politiques, est plus difficile à étudier et à protéger. Ils se rencontrent généralement en forêt dense d'Afrique centrale et d'Afrique de l'Ouest, mais on les trouve aussi parfois en bord de territoire forestier, comme les éléphants de savane.

Hypothèse d'utilisation historique[modifier | modifier le code]

Article connexe : Éléphant.
Mosaïque romaine de la place des Corporations à Ostie, IIe siècle

Les Carthaginois adoptèrent en 278 av. J.-C. l'utilisation de l'éléphant de guerre après leur affrontement en 278 av. J.-C. en Sicile contre l'armée de Pyrrhus Ier.[réf. nécessaire] Ils en alignèrent par dizaines dans leur armée, notamment lors des première et deuxième guerre punique. La figuration d'éléphant sur les monnaies carthaginoises de cette époque permet selon Philippe Leveau[2] d'identifier un éléphant de forêt, caractérisé par une trompe annelée et non lisse, de grands pavillons et une croupe rebondie. Son habitat était signalé par Hérodote dans le sud de l'actuelle Tunisie[3], dans les régions côtières du Maroc selon le Périple d'Hannon et par Pline l'Ancien au pied de l'Atlas marocain[4]. Ces diverses régions d'Afrique du Nord avaient alors une couverture boisée plus importante qu'actuellement.

Cette hypothèse est contredite par Polybe qui affirme au livre V de son histoire que "La plupart des éléphants .. craignirent le combat, ce qui est assez ordinaire aux éléphants d'Afrique. Ils ne peuvent soutenir ni l'odeur ni le cri de ceux des Indes, ou, plutôt, je crois que c'est la grandeur et la force de ceux-ci qui les épouvantent et leur font prendre la fuite avant même qu'on les en approche.". En effet l'éléphant d'Asie que nous connaissons est plus grand que l'éléphant des forêts.

Selon Jean-Pascal Jospin, l'éléphant des forêts aurait pu disparaître de ces régions en raison du recul de la forêt, et de la chasse systématique pratiquée durant l'Empire romain pour approvisionner les amphithéâtres en bêtes de cirque[5].

État des populations, menaces, pressions[modifier | modifier le code]

Site d'étude scientifique Ndoki-Dzanga MIKE (Bassin du Congo) :
À gauche (et en vert) : Indices de présence d'éléphant de forêt. À droite (et en rouge) : indices de présence humaine sur le même territoire.

Cette espèce, traditionnellement chassée par les peuples pygmées, a longtemps été protégée dans le bassin du Congo par la difficulté de pénétration de son milieu très enforesté.

Cela change progressivement avec la construction de routes forestières et de nombreuses pistes forestières qui facilitent grandement la pénétration de braconniers et de leurs équipements. Une étude publiée en 2007 a montré que les signes de présence de chasseurs augmentent quand on se rapproche des routes et que le nombre des animaux décroit jusqu'à 40 km de routes principales[6]. Selon William F. Laurance, ces effets « sont parmi les pires des maux apparus dans la boîte de Pandore des impacts routiers[7]. »

Sur la carte ci-contre on voit que cette espèce d'éléphant tend à fuir la présence humaine et/ou que le braconnage l'a déjà éliminé à proximité des routes forestières et des établissements humains[6].

Les zones rouges correspondent toutes à des zones desservies par des routes forestières[6]. Plus on est proche d'une route, moins on a de chance d'observer un éléphant vivant, et plus le risque de braconnage augmente. Selon les auteurs : l'abondance et la diversité des éléphants de forêt sont menacés par le braconnage qui est le plus intense à proximité des routes forestières[6]. La probabilité de présence d'éléphants a augmenté avec la distance aux routes, alors que celle des signes humains a diminué. À toutes les distances des routes, la probabilité d'occurrence d'éléphant était toujours plus élevé à l'intérieur, par rapport à l'extérieur, les aires protégées, alors que celui de l'homme était toujours plus faible. À l'intérieur des zones protégées, la densité des éléphants de forêt a été corrélée avec la taille du noyau de forêt à distance, mais pas avec la taille de la zone protégée[6].

Selon les auteurs de cette étude, appuyée par la Wildlife Conservation Society de New York, il y a urgence, « les éléphants de forêt doivent être prioritairement pris en compte dans la planification de la gestion des éléphants à l'échelle continentale »[6] en tenant mieux compte de la menace que constituent les routes pour les espèces sauvages vulnérables au braconnage.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alfred L. Roca, Nicholas Georgiadis, Jill Pecon-Slattery et Stephen J. O'Brien, « Genetic Evidence for Two Species of Elephant in Africa », 24 August 2001, Science (revue) 293 (5534), 1473. résumé
  2. Philippe Leveau, Le franchissement du Rhône par Hannibal : le chenal et la navigation fluviale à la fin de l’Âge du Fer, Revue archéologique, no 35, P.U.F., 2003/3, pp. 42 et suivantes (ISBN 978-2-88474-244-3)
  3. Hérodote, Histoires, IV, 191
  4. Pline l'Ancien, Histoires naturelles, VIII, 5
  5. Jean-Pascal Jospin, Les blindés d'Hannibal : quels éléphants ?, publié dans Hannibal et les Alpes, Infolio, 2011, (ISBN 978-2-88474-244-3), pp. 109-110
  6. a, b, c, d, e et f (en) S. Blake et al., « Forest elephant crisis in the Congo Basin », PLoS Biol, no 5(4):e111,‎ (DOI 10.1371/journal.pbio.0050111)
  7. (en) W.F. Laurance, « Wildlife struggle in an increasingly noisy world », PNAS, vol. 112, no 39,‎ (lire en ligne).