Kenya (bande dessinée)

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Kenya
Série
Scénario Leo
Rodolphe
Dessin Leo
Couleurs Scarlett Smulkowski
Genre(s) Franco-belge
Science-fiction
Aventure

Thèmes Afrique
Mystère
Espionnage
Extra-Terrestre
Ovni
Personnages principaux Kathy Austin
John Remington
Hank Grabble
Lieu de l’action Kenya
Époque de l’action 1947

Pays France
Langue originale française
Éditeur Dargaud
Première publication
Format Normal
Nb. d’albums 5

Kenya est une série de bande dessinée franco-belge fantastique créée par Leo (scénario et dessin), Rodolphe (scénario, découpages et dialogues) et Scarlett Smulkowski (couleur) dont le premier tome est édité le par Dargaud, à trente mille exemplaires[1].

Ceci étant le premier cycle, le second reconnaît un autre titre Namibia sorti le .

L'accroche[modifier | modifier le code]

« Une légende ancienne prétend que dans les contreforts du Kilimandjaro, le plus haut sommet d'Afrique, sont enfouies des choses vieilles comme le monde, des choses terribles qu'il ne faut pas réveiller…[Note 1] »

La création[modifier | modifier le code]

Après avoir fait vivre le personnage Trent une dizaine d’années durant, Rodolphe et Leo veulent faire autre chose plutôt que de rester dans l'univers froid avec cet agent solitaire de la Gendarmerie royale du Canada à la fin du XIXe siècle. Encouragés par leur éditeur, ils prennent le contre-pied de la série précédente : la chaleur, l'Afrique et beaucoup de personnages[2].

« Le Kenya a une fonction dans l’histoire par rapport au Kilimandjaro, le plus haut sommet de l’Afrique, où on comprend que c’est là que les « visiteurs » ont déposé les animaux qu’ils voulaient sauvegarder. »
Rodolphe[2]

Lectures, films, et souvenirs d'enfance reviennent à eux, notamment la littérature de Ernest Hemingway, quelques filmographies de Clark Gable dans les années 1950 dans lesquels Leo avait adoré les vêtements de cette époque, les avions à hélices, tout lui rappelait de superbes images de safaris avec le Kilimandjaro. Ils construisent alors ensemble une histoire sur Kenya en 1947 en pleine Guerre froide où l'on apprenait les premières apparitions des soucoupes volantes[2].

« Quand j’étais gosse il y a eu une fièvre d’apparitions de soucoupes volantes, on voyait ces photos assez floues et bizarroïdes… Ces éléments sont une véritable richesse pour tisser des histoires autour. C’est ce qu’on a fait avec un énorme plaisir ! On s’est fait des déjeuners où l’on commençait à en parler et l’histoire de « Kenya » a commencé à prendre forme comme ça. On prenait des notes que Rodolphe recopiait au propre avant de faire les dialogues et de découper l’histoire case par case… C’était génial ! »

— Leo[2]

« Kenya est un mot porteur qui est facilement mémorisable et qui fait rêver. Je crois qu’on avait hésité au départ entre le Congo et d’autres pays puisque de base on était partis pour raconter une histoire en Afrique. Mais on avait encore une idée large et mal définie. Et on a donc précisé au fur et à mesure de l’écriture de l’histoire quel pays se prêterait le mieux à notre récit. »

— Rodolphe[2]

Description[modifier | modifier le code]

Synopsis[modifier | modifier le code]

En 1947, au Kenya et surtout dans la région du Kilimandjaro, d'étranges animaux apparaissent ; certains ont vu des soucoupes volantes. Ces phénomènes intéressent trois espions présents dans le pays en ce début de Guerre froide. Sous une couverture d'enseignants d'une école de Mombasa, ils partent dans la savane pour retrouver une expédition disparue alors qu'elle avait croisé un animal gigantesque.

Résumé[modifier | modifier le code]

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Katherine "Kathy" Austin, personnage principal de l'histoire, derrière son apparence d'une jeune et belle enseignante d'une école de Mombasa se cache une agent des Secret Intelligence Service.
  • John Remington, personnage haut en couleur, fort en gueule, assez brutal, volontiers grossier, plutôt macho. Mais solide, volontaire, courageux[3]… un écrivain américain détestable et désagréable que tout le monde croyait mort comme sa femme Daisy sauvagement éventré par un mystérieux singe aux poils dorés. Il a organisé un safari en compagnie de sa femme Daisy, Lord Balmer, Judith Foster et son mari Roy.
  • Hank Grabble, l'aviateur et ami de Konrad Fluchs.
  • Le comte Valentino Di Broglie "Le Baron", un richissime fou qui s'est fait construire un gigantesque palais en plein désert. Chez lui, dans l'entrée, les mystérieuses mitrailleuses font drôlement parti dans la décoration.
  • Konrad Fluchs, un professeur d'allemand.
  • Jacques Merlin qui se fait passer pour un professeur français est un espion pour les Soviétiques.
  • Tom "Tommy", petit frère de la gouvernante de Kathy Austin dans son villa, est un témoin d'un curieux évènement du safari américain dont il était l'un des trois guides.
  • Vladimir Irmanius, un espion aux cheveux blancs.
  • Mademoiselle Merlin, géologue, complice de Vladimir Irmanius, est la sœur de Jacques.
  • Lord Balmer, un survivant du safari, retrouvé par Le Baron et Judith Foster au vieux village Massaï, a perdu toutes ses raisons : il s'était fait enlever par des extraterrestres.
  • Judith Foster, une des survivantes du safari, réapparaît dans l'ancienne mine de Tubor Dew avec John Remington.
  • John Mortimer, professeur de l'école qui accueille Kathy Austin à Mombasa.
  • Roy, le gentil mari de Judith Foster est mort fondu avec sa voiture par de soucoupes volantes.

Clins d'œil[modifier | modifier le code]

Héros mythiques[modifier | modifier le code]

Clark Gable, ici en 1943, s'est servi de la silhouette de l'aviateur Hank Grabble dans la série.

Quelques héros mythiques apparus dans cette série ne sont pas sans rappeler des célébrités :

  • L'écrivain John Remington ressemble beaucoup à Ernest Hemingway que Rodolphe avait voulu assez proche de certains [de ses] héros pour lesquels la virilité est capitale. Il est lié à la création, à l'écriture, aux armes, à un prototype d'homme chef de clan, détestable et désagréable. Mais qui reste néanmoins intéressant[1].
  • L'aviateur Hank Grabble qui rappelle l'acteur Clark Gable.
  • Le professeur Mortimer, le célèbre personnage d'Edgar P. Jacobs.
  • La bibliothécaire Jane Flemming, allusion à Ian Fleming, créateur de l'agent James Bond

Les romanciers influencés et leur littérature[modifier | modifier le code]

Des Ptérodactyles dans Le Monde perdu d'Arthur Conan Doyle qui ont inspiré pour la série, notamment dans troisième tome Aberrations.

Les réalisateurs et leur film[modifier | modifier le code]

Analyse[modifier | modifier le code]

La mise en couleurs[modifier | modifier le code]

Pour cette série, Leo ne pouvait réaliser la mise en couleur par manque du temps avec ses Mondes d'Aldébaran, a donc d'abord songé à Marie-Paule Alluard, la coloriste de la série Trent — qui faisait mieux la colorisation que lui, car, depuis toujours, il n'y est pas souvent très à l'aise — et n'avait pas réussi à l'appeler en raison du presque abandon de son métier de coloriste[2].

C'est alors Scarlett Smulkowski qui assure la mise en couleurs.

Imprécisions historiques[modifier | modifier le code]

L'histoire de Kenya débute en 1947. À plusieurs reprises, des termes apparus dans les années 1950 seulement sont mentionnés :

  • Album 2 Rencontres, page 45 : il est fait mention d'intelligence artificielle alors que cette expression apparaît avec les travaux d'Alan Turing dès 1950.
  • Album 2 Rencontres, page 46 : il est fait mention d'ovnis, terme francophone traduisant mot à mot le UFO américain, lequel est apparu dans un rapport établi par Edward J. Ruppelt après 1952.
    • En page 37 de l'album 1 Apparitions, il est fait mention de soucoupe volante (anglais: Flying saucer), lequel apparaît à la même époque, 1947, dans les médias américains à la suite de la célèbre observation de Kenneth Arnold.

Dans le tome 2, Rencontres, dans la case finale de la page 35, une radio diffuse un bulletin d'information qui évoque — « le président Daladier s'est félicité d'avoir les ministres communistes de son gouvernement » — l'expulsion par « Daladier » des ministres communistes du gouvernement. La dernière participation de cet homme d'État à un exécutif français a eu lieu en 1940, sept ans avant l'action supposée de la bande dessinée, tandis que le président du Conseil qui expulsait du gouvernement français les ministres communistes Maurice Thorez, François Billoux, Charles Tillon, Ambroise Croizat et Georges Marrane s'appelait en réalité Paul Ramadier.

Postérité[modifier | modifier le code]

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Influences[modifier | modifier le code]

Albums[modifier | modifier le code]

Intégrale 
Les cinq tomes se réunissent avec les six premières planches inédites en noir et blanc du second cycle Namibia.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Accroche visible au quatrième plan des cinq tomes.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o Voir Remerciements à… dans Kenya, tome 1, p.2.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Interview : Rodolphe », sur le site Auracan, en novembre 2001.
  2. a, b, c, d, e et f « Léo et Rodolphe », sur le blog Momie BD, le 4 septembre 2008.
  3. « Les mots de Rodolphe », sur le site Dargaud, en janvier 2006.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]