Jacqueline Roumeguère-Eberhardt

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Jacqueline Roumeguere-Eberhardt
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Naissance
Elim, Province du Transvaal (Afrique du Sud)
Décès (à 78 ans)
Nairobi (Kenya)
Nationalité Drapeau : France française
Domaines Ethnologie
Institutions Sorbonne
EPHE
CNRS
Diplôme Université de Johannesburg
Renommé pour Travaux sur les Maasai

Jacqueline Roumeguère-Eberhardt, née le à Elim au Transvaal (actuelle province du Limpopo) en Afrique du Sud et morte le [1] à Nairobi au Kenya, est une anthropologue française. Elle a été directrice de recherche au CNRS spécialiste de l'Afrique.

Elle a mené des recherches pionnières en Afrique australe (chez les Venda, Lemba, Tsonga, Shonas, Lozi, Bushmen), en Centrafrique (chez les Gbaya) et au Kenya (chez les Maasai, Samburu, El Molo, Rendille et sur les hominidés non-identifiés), qui l'ont amenées à développer le projet de "Géographie totémique de l'Afrique" (GTA). Au cours de sa carrière, elle a récolté de précieux matériaux de terrain (entretiens, notes, enregistrements sonores et audiovisuels, photographies, objets) qui constituent aujourd'hui un fonds d'archives considérable, et dont une grande partie a été déposée au musée du quai Branly en 2011. Elle est l'auteur de nombreuses publications scientifiques (articles, ouvrages et films de références).

Biographie[modifier | modifier le code]

Éléments de biographie[modifier | modifier le code]

Elle fait ses études secondaires à la Pretoria Girls'high School, école de jeunes filles à Pretoria. En mars 1948 elle obtient une licence en sciences sociales (BA Social Studies) et le prix Max Pollack, puis en décembre 1949 un master avec mention (M.A with Distinction)

De 1950 à 1954 elle fait des études doctorales en anthropologie sociale et philosophie à la Sorbonne et à l'École pratique des hautes études (Paris), avec les professeurs Georges Gurvitch, Gaston Bachelard, Maurice Leenhardt, Marcel Griaule et Claude Lévi-Strauss.

De 1954 à 2002 elle est chercheur au CNRS, et ses recherches sur le terrain l'amenèrent successivement à :

  • 1954 : Venda, Tsonga, Afrique du Sud
  • 1958-1962 : Zimbabwe, Botswana, Kalahari
  • 1963 : Gbaya (République centrafricaine)
  • 1966/1992/1993 : Lozi, Zambie
  • 1966-2002 : Maasai and Samburu, Kenya
  • 1972-1979/1987-2002 : Rendille, Kenya

Les langues pratiquées par Jacqueline Roumeguère-Eberhardt furent le français, l'anglais, le maasai, le venda, le tsonga, l'afrikaans, le sotho[Lequel ?], le pedi, le tswana, l'espagnol, le portugais, le kalanga/karanga (shona), le gbaya, le gukwe, le kiswahili.

Biographie détaillée[modifier | modifier le code]

(Source : Isabelle Roumeguère & Pierre Zanger, Memorendum, Jacqueline Roumegère-Eberhardt, in Revue d'Outres-Mer, 2006)

Jacqueline Roumeguère-Eberhardt aura été une ethnologue au parcours hors norme. Née sur les rives du fleuve Limpopo, dans une famille de missionnaires protestants suisses installés depuis la fin du XIXe siècle au nord Transvaal, elle grandit dans une ferme.

Naturellement, à l’âge de la puberté, elle est initiée chez les Tsonga en compagnie des enfants de sa nourrice, puis chez les princesses venda où elle reçoit une initiation ésotérique. Parallèlement elle poursuit une brillante scolarité anglo-saxonne qu’elle termine à quinze ans et entre à l’université de Johannesburg, où elle obtient son master à 19 ans, le sujet portant sur une réflexion de l’urbanisme à Soweto. Elle est alors hébergée par la famille de Gandhi, officiellement dans une cabane de leur jardin, pour ne pas contrevenir à la loi sur la ségrégation raciale.

Elle devient présidente de l’Association des étudiants chrétiens et organise des cours du soir d’alphabétisation pour adultes africains. Elle se lie d’amitié, en lui apportant un soutien scolaire, à Eduardo Mondlane, le dirigeant du FRELIMO, luttant pour l’indépendance du Mozambique et mort dans un attentat en 1969. Mais son militantisme anti-apartheid lui vaut menaces et gardes à vue, et la contraint à quitter son pays pour la France en 1948.

Elle s’inscrit en troisième cycle à la Sorbonne, devient l’élève de Georges Gurvitch, Claude Levi-Strauss, Roger Bastide, Marcel Griaule, Maurice Merleau-Ponty, et entre au CNRS (Centre national de la recherche scientifique) en 1954, où elle recevra la médaille du Mérite en 1994 pour l’ensemble de sa carrière, et ce, deux ans avant sa retraite.

Son premier mari, Pierre Roumeguère, rencontré en 1955, décoré de la Croix de guerre et de la Légion d’honneur, a été un résistant acharné surnommé « Dr Satan » pour ses trois évasions des prisons allemandes[2]. Psychanalyste et critique d’art, il lui permet de nouer amitié tant avec les artistes Chagall, Fernand Léger, la psychologue Françoise Dolto, l’égyptologue Christiane Desroches Noblecourt, que le grand peintre Salvador Dalí, qui appelait Pierre « mon psychanalyste ». Et leur ami, le cinéaste Jean-Pierre Melville logera chez eux lors d’un de leur séjour en Afrique.

En 1960, Jacqueline retourne avec son mari, également chercheur au CNRS, en Afrique australe afin d’y poursuivre son apprentissage auprès de ses maîtres africains. Les films et les enregistrements sonores qu’elle y réalise font partie de ses outils d’ethnologue. Ses écrits abordent le système de pensée des Bantous du Sud-Est, reposant sur une dialectique de complémentarité antagoniste, aux antipodes de la pensée cartésienne française. Ceci est publié en 1963 à l’invitation de Claude Levi-Strauss dans les « Cahiers de l’Homme ».

Ethnologue atypique et parfois controversée, Jacqueline Roumeguère-Eberhardt, n’aura jamais cherché à séduire. Son refus, malgré la très grande cohérence de son œuvre, de se spécialiser sur un seul terrain, lui aura permis de vivre tant parmi les peuples d’Afrique du Sud, que du Zimbabwe, de la Zambie, du Botswana, de Centrafrique et du Kenya. Pour comprendre un peuple, elle choisit à chaque fois une observation participante totale. Il lui faut pouvoir rire et pleurer avec ceux qu’elle étudie pour les connaître et ensuite extraire de ses expériences une analyse ethnologique ou sociologique

Femme de terrain et femme d’action, femme à l’éthique d’une extrême intransigeance, elle n’a jamais été, ni carriériste, ni conformiste, et dans le refus le plus total du moindre enfermement, du moindre ghetto de la pensée.

Passionné par sa volonté de comprendre les peuples, elle s’estime dans sa pensée africaine plus sociologue qu’ethnologue, et découvre les Maasai en 1966. Partie pour une mission de trois mois, elle y vit dix ans sans retour en Europe et s’immergera trente années dans cette culture. Elle se marie avec un homme traditionnel qui deviendra polygame. Ensemble, ils élèveront ses trois enfants.

En mai 1968, elle est invitée à enseigner l’histoire des religions par Jean Guiart à la Sorbonne. Loin de donner des cours théoriques, elle propose aux étudiants, une recherche sur la transcription et l’étude de l’enseignement prodigué par ses maîtres africains. Un travail d’articulation civilisationnelle délimitant sur une carte du continent la « Géographie totémique de l’Afrique », et permettant de suivre les mouvements des populations en Afrique à travers les siècles, totem par totem, parcours dessiné par les Sages de l’Afrique du Sud.

De 1982 à 1998, elle cherchera en vain auprès de différents organismes internationaux à mettre sur pied un projet à l’échelle panafricaine afin de vérifier par des recherches sur le terrain, la réalité de ces migrations. Elle ne parviendra pas à obtenir un financement pour un projet aussi atypique malgré la recommandation notable de plusieurs chefs d'États africains, (Mozambique, Angola, Sénégal et Ouganda). Sa théorie totémique, avant-gardiste fait voler en éclats les frontières des nations et des pays sans qu’aucune récupération politique ne soit possible.

Chercheur imprévisible, incontrôlable, elle s’intéresse en 1978 aux récits évoquant l’existence d’hominidés non identifiés dans les forêts du Kenya, suscitant le scepticisme de Richard Leakey et le soutien, lors d’un colloque, d’André Leroi-Gourhan qui lui dira : « C’est une idée farfelue mais continuez ma chère, car après-tout ce sont les farfelus qui font avancer la science ».

Son autobiographie « Quand le python se déroule » l’a fait mieux connaître en 1988, et elle reçoit en 1996 des mains des rois du Bénin la distinction de Chef Majeobaje.

De 1985 à 1992 elle réalisera pour la télévision des films sur les Maasai, mais aussi elle réussit à monter les films tournés dans les années soixante sur les cérémonies du Zimbabwe.

Les Éditions Lidis font appel à elle en 1985 pour participer à leur Encyclopédie des mythes et croyances du monde entier. Elle traite les mythes et croyances de l’Afrique australe.

Malgré sa retraite, ses travaux depuis plusieurs années se sont portés sur un peuple monothéiste du nord du Kenya, les Rendille dont elle laisse un manuscrit grand public inédit.

Elle aura également, et sous l’invitation de l’UNESCO, participé à la Conférence inter-traditions en 1997 sous les auspices du Dalaï-lama, en organisant la venue d’hommes religieux d’Afrique. Elle choisit le Chef suprême du Vaudou du Bénin et celle d’un grand devin Rendille du Kenya qui viendront assister à ce séminaire de dix jours, réunissant les traditions religieuses des 5 continents à Karma-Ling en Savoie.

Sa dernière escapade date de 2004, lorsqu’elle est retournée au Botswana après 45 ans d’absence, sur les traces de son expédition de 1959 à la recherche de la Cité perdue du Kalahari. Elle y aura reçu sa dernière distinction, reconnu par les plus anciens comme étant « celle qui jadis traversait le désert à dos d’âne ».

En 2005, la mobilité physique lui était devenue pesante, et elle s’était apprêtée à de nouvelles explorations, écrivant : « Mission terre terminée, quelle sera ma prochaine mission ? ».

Cette grande dame, souffrant d’une grave insuffisance cardiaque qu’elle a refusé de soigner, nous a quitté le 29 mars 2006. Elle nous laisse son ouverture d’esprit, sa rigueur, son originalité et son message d’enrichissement par la diversité culturelle et le métissage. Un métissage qu’elle développait à partir d’une prise en compte aigu de la spécificité de chaque peuple quel qu’il soit.

Les travaux qu’elle laisse, pour certains inédits, sont d’une brûlante actualité et d’une grande universalité malgré la complexité des élaborations sur lesquelles ils reposent.

Tout sa vie elle aura vécu selon un dicton tsonga de son enfance « l'Homme, c'est les autres ».

Bibliographie (en cours de rédaction)[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Pensée et société africaines : essais sur une dialectique de complémentarité antagoniste chez les Bantu du Sud-Est, 1re édition : Mouton et Cie, pour « Cahiers de l’homme », 1963 - 2e édition : Éditions Publisud, 1986.
  • "Le signe du début" de Zimbabwe : facettes d'une sociologie de la connaissance, Éditions Publisud, 1982.
  • Les Maasai : guerriers de la savane, Éditions Berger-Levrault, 1984 (photos de Yann Arthus-Bertrand)
  • Quand le python se déroule, Éditions Robert Laffont, 1988
  • Dossier X : les hominidés non identifiés des forêts d'Afrique, Robert Laffont, 1990
  • La relativité culturelle (ouvrage collectif), Éditions Publisud, 1991

Ouvrages inédits[modifier | modifier le code]

  • Maasai Hommes des rites
  • Rendille
  • Kaléidoscope d’Afrique (livre de photos)
  • Inside Story, Mambo’s People, Sons of Mwari
  • Les 6 femmes de mon mari
  • Ainsi que les traductions anglaises de ses ouvrages publiés

Contributions à des ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

  • Exorcisme des démons et phénomènes de possession dans Contributions à la rencontre de Bouaké, octobre 1963, Éditions du Seuil
  • Textes rituels tsonga, venda, karanga/kalanga, 'xung et gukwe dans Recueil de textes sacrés africains, édité par Louis Vincent Thomas, Université de Dakar, 1966
  • Le messianisme sud-africain dans L'Encyclopédie de La Pléiade, Histoire des religions, Tome III, (date à préciser)
  • Totems et sociologie de l'épistémologie africaine : base d'une microhistoire dans Contribution à la sociologie de la connaissance, Cahiers 1, Anthropos, 1967
  • La divination en Afrique australe dans L'Encyclopédie de La divination, Presses universitaires de France, Paris, 1968
  • La double intelligence du monde : essai sur l'écart entre l'idéal et le vécu en Afrique australe dans Hommage à Georges Gurvitch, Perspectives de la sociologie contemporaine, Presses universitaires de France, Paris, 1968
  • Invocation au dieu suprême : Mwali dans Textes sacrés d'Afrique noire, Gallimard, 1985
  • Textes initiatiques des Tswana dans Textes sacrés d'Afrique noire, Gallimard, 1985
  • Mythes et croyances de l’Afrique australe dans Mythes et croyance du monde entier, Tome III. Lidis/Bepols, 1985
  • La règle du jeu maasai dans Ethnologiques : hommage à Marcel Griaule, Hermann, Paris 1987
  • 'La relativité culturelle : hommage à Georges Gurvitch, Publisud, 1995 (à préciser)
  • La persistance chez les esclaves des identités claniques au moyen du culte des Vodun et Orisha dans La chaine et le lien, Édition Unesco, 1998
  • Maasai, tradition orale dans Encyclopédie philosophique universelle, Presses universitaires de France, Paris, 1998
  • Poupées de fertilité et figurines d’argile dans Jeu de poupées, de Françoise Dolto, Éditions Mercure de France, 1999

Articles dans des revues scientifiques[modifier | modifier le code]

  • « Divers aspects du mariage chez les Venda » in Journal de la Société des africanistes, Fasc (à préciser), 1955.
  • « Messianismes en Afrique du Sud » in Archives de sociologie des religions, no 4, juillet-décembre 1957.
  • « Acculturation et culte de possession chez les Bantu du sud-est », in Le monde non-chrétien, no 43, décembre 1957.
  • « La notion de vie : base de la structure sociale Venda » in Journal de la Société des africanistes, Fasc (à préciser), 1957.
  • « The mythical python among the Venda and the Fulani » in Archiv for Volkerkunde, 1958.
  • « Poupées de fertilité et figurines d'argile : leurs lois initiatiques » in Journal de la Société des africanistes, Fasc. I (à préciser), 1960.
  • « Les dynamismes internes des systèmes de parenté » in Cahiers internationaux de sociologie, vol. XXX (à préciser), 1961.
  • « Human clay figurines and fertility dolls : their iniatic laws » in Proceedings of the First International Congress of African Culture, National Gallery, Harare, 1962.
  • « Sociologie de la connaissance et connaissance mythique chez les Bantu » in Cahiers internationaux de sociologie, vol. XXXV, 1963.
  • « Actualité de l'œuvre de Maurice Leenhardt pour les études africanistes » in Le monde non-chrétien, no 71-72, juillet-décembre 1964.
  • « La nécessité rituelle chez les Maasai » in Africa Revista do Estudos Africanos, (éditions à préciser), 1985.
  • « Dialectiques des pouvoirs et sanctions chez les Maasai » in Droit et cultures, no 13, Éd. de la Maison des sciences de l'homme (à préciser), 1987

Filmographie (en cours de rédaction)[modifier | modifier le code]

Chaque film est disponible en version française et en version anglaise.

Films sur l'Afrique australe[modifier | modifier le code]

  • Les danseurs de la pluie, 10 min, 1982
  • Jeux d'enfants, 9 min, 1982
  • Rites du Zimbabwe : ZCC, 26 min, 1984
  • Le python se déroule, 26 min, 1984

Films sur les Maasai[modifier | modifier le code]

  • Le taureau strié, 16 mm, couleur, 52 minutes, 1985 (diffusé sur A2). Réalisation : Isabelle Roumeguère et Jacqueline Roumeguère-Eberhardt, coproduction : Azakili Films / A 2

Il est parfaitement surréaliste d'enivrer, puis de strier un taureau noir avec de la chaux blanche pour ensuite l'emmener au pied d'une falaise, loin des regards des femmes, pour l'étouffer et boire son sang. Pourquoi les Maasaï, grands pasteurs nomades du Kenya, individualistes acharnés, se regroupent-ils tous les 14 ans près de leur montagne sacrée - un volcan qui fume encore. Pourquoi ils effectuent de longues migrations partant avec seulement ce que l'on peut porter sur le dos d'un âne ? Pour que des milliers de garçons puissent rivaliser en attrapant le taureau par les cornes, et dans le délire, les transes et les danses, affirmer leur volonté de devenir guerriers. Le Taureau strié nous projette dans ce monde délirant de migrations, de poussière, de chants scandés, de sauts rythmés, de taureau sacré, de miel malaxé, du taureau terrassé, d'écorces déchiquetées, du bétail qui rit, de chemins parfumés, des falaises desséchées, du taureau enivré, étouffé, partagé… de garçons striés, de clochettes en fer, de cornemuse de koudou, de sang, de miel d'hydromel et de lait, de feu fabriqué entre les cornes et sur le dos du taureau, de bâtons à friction dans son oreille, bref, de quoi nous étonner et nous ravir. L'étonnante cérémonie Emuwuo Olkiteng qui tous les 14 ans ouvre un nouveau cycle de guerriers Maasaï, est pratiquée depuis des millénaires, et a été filmé pour la première fois par une mère et sa fille qui ont vécu de nombreuses années chez les Maasaï, en Maasaï.

  • Je veux être circoncis, 16 mm, couleur, 33 minutes, 1985. Réalisation : Jacqueline Roumeguère-Eberhardt et Isabelle Roumeguère

« Je veux être circoncis », voici le cri du jeune garçon maasai qui désire subir cette grande épreuve afin de devenir un guerrier "nonchalant et vainqueur". En 1984 un jeune homme nous invite à filmer sa circoncision, car, dit-il "vous verrez, je vais être très courageux" Son histoire. Son triomphe.

  • Les nouveaux guerriers maasai, 16 mm, couleur, 52 minutes, 1987 (diffusé sur FR3). Réalisation : Jacqueline Roumeguère-Eberhardt et Meitamei ole Kapusia ; production : Azakili Films et FR3 1987

Nouveaux guerriers, guerriers en transition, guerriers de la plus moderne des sociétés anciennes, ils veulent conquérir le monde des affaires dans le domaine propre à leur tradition de grands pasteurs nomades, celui du bétail qu'ils appellent : « notre souffle de vie » . Du monde traditionnel des rites, ces guerriers maasai passent avec aisance au monde moderne des marchés de bétail de la capitale Nairobi. Nomades aussi bien à pied qu'en taxi-brousse, ils perpétuent leur fonction traditionnelle d'accroître le bétail, don d'Enkai (Dieu) aux Maasai. Ces nouveaux guerriers ont su exploiter en leur faveur la coutume traditionnelle d'échanger une génisse contre un gros bœuf qu'ils vont vendre aux bouchers de Nairobi, parcourant pariais des centaines de kilomètres à travers un pays ardu et dangereux. Avec l'argent ils peuvent, dans les marchés de brousse, acheter quatre génisses; ils en garde deux pour leur troupeaux et répètent l'opération commerciale avec les deux autres. Ils augmentent ainsi rapidement leur bétail tout en contribuant à ravitailler les villes en viande. Et ainsi cette ancienne société de pasteur nomade reste toujours actuelle. Dynamique, elle contribue à l'économie nationale sans compromettre sa vocation d'élevage. Et l'accroissement du bétail est encore assumé par le guerrier. Hier son rôle le menait à faire des razzias de bétail chez ses voisins; aujourd'hui il le réalise en s'intégrant dans le circuit économique des affaires.

  • Adieu beau guerrier, 16 mm, couleur, 19 minutes, 1987 (diffusé sur TF1), un film de Jacqueline Roumeguère-Eberhardt. Production : Azakili Films 1987

Paris 1986 : une jeune fille reçoit un télégramme l'invitant à venir pour la dernière grande cérémonie du Eunoto Purko. Elle se souvient de son enfance passé chez les Maasai avec sa mère, une ethnologue adoptée chez eux. De retour au Kenya elle retrouve ses camarades d'enfance devenus guerriers et à nouveau s'intègre dans la vie du village et participe à la grande cérémonie d'adieu aux guerriers voués à disparaître pour toujours.

  • Eunoto : une cérémonie maasai, 16 mm, couleur, 52 minutes, 1987 (diffusé sur F3), un film de Jacqueline Roumeguère-Eberhardt et Meitamei ole Kapusia

Ce film est peut-être le seul et le dernier témoignage de cette extraordinaire cérémonie Eunoto qui marque la fin du cycle des guerriers Maasai, dit" Propriétaire du Pays". Plumes d'autruche, coiffes de lions, guerriers intrépides, élégants, galants, arrogants, incroyablement courageux, nonchalants et vainqueurs, ilmurran, vous demeurerez dans nos rêves sinon dans notre réalité.

  • Vies parallèles, 52 min, 1990 (diffusé sur F3)

Nominations aux festivals[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Isabelle Roumeguère & Pierre Zanger, Memorendum, Jacqueline Roumegère-Eberhardt, in Revue d'Outres-Mer, 2006 (référence à préciser)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Consultation de la bibliothèque et des archives[modifier | modifier le code]

La bibliothèque personnelle de Jacqueline Roumeguère-Eberhardt a été déposée en 2011 à la Bibliothèque Éric de Dampierre du LESC (Laboratoire d'ethnologie et de sociologie comparative, UMR 7186, CNRS), située à la Maison René Ginouvès d'archéologie et d'ethnologie, Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Le détail de ce fonds privé sera consultable sur le catalogue de la bibliothèque[3].

Les archives papier, photo, sonores et vidéo ont été déposées en 2011 à la médiathèque du musée du quai Branly à Paris et ont été numérisées en 2012. Le détail de ce fonds privé est consultable sur les catalogues du musée[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]