John Nelson Darby

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John Nelson Darby
John Nelson Darby à Genève 1840.jpg
John Nelson Darby à Genève en 1840
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 81 ans)
BournemouthVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Théologien, pasteur, traducteur de la Bible, traducteur, écrivainVoir et modifier les données sur Wikidata
Père
John Darby (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Anne Vaughan (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Religion

John Nelson Darby (né le et mort le ) est un prédicateur évangélique[b 1],[a 1],[w 1] du mouvement des Assemblées de Frères et le fondateur du mouvement des frères « étroits » (Exclusive Brethren), ainsi qu'un traducteur en plusieurs langues de la Bible.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Naissance et origines[modifier | modifier le code]

John Nelson Darby naît à Londres le dans la Cité de Westminster au sein d'une famille anglo-irlandaise influente[w 2]. Son deuxième prénom, Nelson, rend hommage à lord Nelson, un ami de la famille. Il est le neveu de l'amiral de la Royal Navy Henry D'Esterre Darby et le beau-frère d'Edward Pennefather, qui sera Lord Chief Justice of Ireland[b 2]. Son grand-père, Samuel Vaughan, un ami de Benjamin Franklin, est connu pour avoir planifié la plantation du jardin de l'Independence Hall, à Philadelphie, où fut signée la déclaration d’indépendance des États-Unis[1].

Ses parents, John Darby et Anne Vaughan, se marient à New-York en 1784[a 2]. En 1800, John Nelson est le neuvième de leurs dix enfants. Son Père est un riche marchand anglo-irlandais. Il possède une maison à Londres et il a hérité, peu avant la naissance de John Nelson, de la propriété familiale, le château de Leap, en Irlande[1]. Ainsi, le jeune Darby passe son enfance et sa jeunesse entre Londres et l'Irlande, où il fait ses études, et où habite une partie de sa famille.

Éducation[modifier | modifier le code]

Darby fait ses études en humanités à la Westminster School puis entre au Trinity College à Dublin en 1815, où il termine médaillé d'or en Humanités classiques en 1819[2],[3]. Il devient ensuite avocat : le 9 novembre 1819, il rejoint la Lincoln's Inn à Londres, puis est admis au barreau d'Irlande en janvier 1822[4],[5]. Pendant l'été 1820 ou 1821, il s'intéresse au Christianisme[6] et il abandonne rapidement sa carrière pour se consacrer au service religieux[3],[h 1].

Darby entre dans les ordres de l'église anglicane[modifier | modifier le code]

En 1825, Darby est ordonné Diacre, puis Curate[w 3] de l'Église anglicane l'année suivante, par William Maggee, Archevêque de Dublin[3]. Il est ordonné au service pour la paroisse de Calary dans le Comté de Wicklow, une région pauvre et rurale largement catholique. Darby devient alors un ecclésiastique convaincu. Il déclare: « j'ai beaucoup pensé à Rome, à sa sainteté, à sa catholicité et à son antiquité. … J'ai jeûné pendant le Carême … J'allais toujours voir mon prêtre quand je voulais recevoir le sacrement, afin qu'il en juge. Je reconnaissais pleinement la succession apostolique, et qu'elle était le seul canal de la grâce. Je considérais donc que Luther, Calvin et leurs disciples étaient exclus. … J'ai cherché avec une diligence sérieuse les preuves de la succession apostolique en Angleterre…[7] ». Darby parcourt la campagne souvent à pied, et souvent sans nourriture, de chaumière en chaumière, pour convertir les catholiques de sa paroisse[w 4],[b 3]. Il se consacre pleinement à son service mais en février 1827, l'archevêque de Dublin signe une pétition pour requérir la protection de la chambre des communes vis-à-vis des tensions interreligieuses ayant lieu en Irlande[b 4]. Darby proteste par écrit contre la pétition[b 4],[8]. Selon Darby, l'église doit rester indépendante du pouvoir civil et ne doit pas sacrifier son pouvoir spirituel au profit de sa sécurité[9],[10]. Ces événements ont profondément troublé Darby, et il commence à prêcher Christ et l'amour de Dieu. Il ne cherche pas à s'opposer à l'église, mais à s'opposer à l'erreur[w 5]. En novembre de la même année, Darby est victime d'un accident à cheval, et il rentre passer l'hiver en convalescence à Dublin chez sa grande sœur Susannah et son beau-frère Edward Pennefather, chez qui il fait la connaissance de Francis Newman[11]. Il ne reprendra jamais son service à Calary.

Émergence des Assemblées: 1827—1845[modifier | modifier le code]

Début du mouvement à Dublin[modifier | modifier le code]

À Dublin, Darby rencontre également de jeunes chrétiens qui partagent les mêmes idées que lui, notamment Edward Cronin, Anthony Norris Groves ou J. G. Bellet[12]. Ils se réunissent périodiquement pour prier ensemble et étudier les prophéties bibliques non réalisés. Rapidement, ces chrétiens sont convaincus que le Christ reviendra bientôt pour enlever son église[13]. Ils concluent également qu'ils sont appelés à se « réunir en toute simplicité en tant que disciples [de Christ], sans attendre une quelconque chaire ou un quelconque ministère, mais en faisant confiance au Seigneur pour [s']édifier ensemble en exerçant le ministère qui lui plaît »[14]. Ayant cette liberté, les deux ou trois réunis à Dublin commencent à « rompre le pain » dans une petite chambre, c'est-à-dire, à commémorer le sacrifice de Jésus-Christ sur la Croix et sa résurrection par Dieu[15]. Forts de cette espérance, plusieurs quittent Dublin pour prêcher Christ ressuscité. Groves, Cronin et Newman partent en Asie. Darby continue à prêcher Christ en Irlande et en Angleterre.

Benjamin Newton et les Frères de Plymouth[modifier | modifier le code]

En mai 1830, Darby se rend à Oxford où il rencontre Benjamin Wills Newton, un ami de Newman, Fellow au College d'Exeter et originaire de Plymouth[11]. Newton l'y invite pour des réunions d'études bibliques qui seront organisées dans une chapelle appartenant à G. V. Wigram, lui aussi Curate de l'église anglicane[b 5]. Le petit rassemblement est non-dénominationel. Il suit les mêmes principes qu'à Dublin: se rassembler simplement autour de Christ et commémorer sa mort et sa résurrection par la fraction du pain jusqu'à ce qu'il revienne enlever son église. Ceux qui se joignent au petit rassemblement sont reçus sur la base de leur foi en Christ seulement[16]. De nombreux efforts sont engagés pour diffuser ces principes. Newton lance avec d'autres un périodique, le Christian Witness[17], dans lequel Darby écrit régulièrement. Darby voyage dans toute l’Angleterre alors que des rassemblements similaires apparaissent, à Londres, à Bristol, et dans beaucoup d'autres villes, pour prier, étudier la Bible, et rompre le pain « sans d'autre centre que Christ, d’autre énergie pour rassembler que le Saint Esprit, d’autre autorité que la parole de Dieu, d’autre caractéristique que la sainteté de la vie et la pureté de la doctrine (...), en s’attendant au Seigneur Jésus Christ, pour qu’Il édifie [les croyants] par la bouche de celui qu’Il voudra »[18]. Darby se rassemble avec ces croyants, et tient ou participe régulièrement à diverses réunions et conférences où il expose et commente la doctrine chrétienne, à l'image notamment des conférences de Powerscourt[19], organisées chez son amie Theodosia Wingfield[Notes 1], ou plus tard à Genève[20], où il traite des questions eschatologiques et développe la vision dispensationnaliste. Darby continue également à prêcher dans l'église anglicane, notamment à Limerick et Cork, en sa qualité de Curate[13], et partout où l'occasion se présente[b 6]. Newton reste à Plymouth et prêche la parole régulièrement. Des centaines de croyants se joignent au rassemblement. Entre eux, ils s'appellent « frères » et « sœurs » en référence aux écrits bibliques[21],[22],[23],[24], si bien que dans toute l'Angleterre, on qualifiera bientôt ce mouvement de « Frères de Plymouth »[25],[26],[27],[Notes 2]

Darby voyage en Suisse[modifier | modifier le code]

Le 31 Décembre 1836, Theodosia Wingfield décède. Peu après, Darby quitte l'Irlande[a 3], son champ missionnaire principal depuis qu'il avait rejoint les ordres, et part s'installer en Suisse, où il restera environ huit ans. Darby a appris que des églises évangéliques ont des pratiques similaires à Plymouth[13],[b 7] dans le Canton de Vaud (Groves a rencontré des chrétiens à Genève en 1834 pendant un voyage missionnaire). En effet, au moment du Réveil autour des années 1820, des chrétiens en Suisse se sont séparés de l'église nationale (les nationaux) et ont formé des communautés chrétiennes indépendantes (les dissidents), telles que l'église du Bourg-de-Four à Genève[28]. Ils se sont séparés pour des raisons un peu similaires à celles des Frères de Plymouth quand ces derniers ont commencé à se réunir ensemble: une recherche de plus de piété et d'une plus grande pureté morale et doctrinale[29]. En même temps, des différences fondamentales existent entre les principes de ces églises et ceux mis en avant par les Frères, au sujet de la formation d'églises indépendantes[30],[31] ou au sujet du sacerdoce universel[32],[h 2].

Malgré ces divergences, Darby rejoint l'église du Bourg-de-Four en 1837 et se réjouit de l'accueil qu'il y reçoit[33]. Il loge pendant un temps chez un de leurs pasteurs[b 8]. Il commence à écrire et prêcher en français. Ses prédications sont reçues avec beaucoup d'enthousiasme[34]. En 1840, Darby prêche l'Attente actuelle de l'Église[20] en onze soirées à l'Église Réformée du Sacré Cœur à Genève. On dit de lui qu'il apporte « enfin une connaissance vraiment approfondie des vérités du salut »[h 3]. Il organise ensuite, pour une douzaine de jeunes qui souhaitent devenir missionnaire, des études bibliques chez lui pendant un an[33],[13]. Toutefois, Darby n'est pas satisfait. Depuis son arrivée, il s'est bien gardé de souligner ses divergences avec ses frères du Canton de Vaud[35], et il a maintenant l'impression de perdre son temps dans son ministère en Suisse[36]. Il y remédie en 1841 en publiant, anonymement toutefois, un pamphlet sur la formation des églises[30], qui étudie « la compétence des fidèles de nos jours à former des Églises » (p. 3). Pour Darby, les croyants peuvent être réunis au nom de Jésus, mais ils ne peuvent pas s'organiser en église et prétendre être l'église de Dieu. Plusieurs des pasteurs des églises du canton voient ce pamphlet d'un mauvais œil. Auguste Rochat, pasteur à Bière et à Rolle, est le premier à répondre, quelques semaines plus tard[31], mais le point de tension principal entre Darby et les pasteurs est sans doute au sujet du sacerdoce universel. En effet, Darby invite les pasteurs à renoncer à leurs titres et à laisser la libre expression des dons et des ministères dans l'église. Pour lui, « qui a le droit de fermer la bouche à celui auquel Dieu l’a ouverte par le St-Esprit ? Si la capacité de prêcher existe, ce serait en vérité non-seulement dommage d’en arrêter l’exercice, mais encore, et nécessairement, éteindre et contrister l’Esprit du Seigneur »[32] .

En septembre 1842, une rencontre est organisée avec Darby par les pasteurs pour examiner ses positions, mais elle n'aboutit qu'à plus de dissensions[33],[34]. Darby admet dans une de ces lettres que son ministère en Suisse a créé quelques commotions[37]. Pour Darby, les « anciens ministres, mis de côté par ce nouveau réveil », s'opposent à lui par jalousie[33]. Pour les pasteurs, Darby a un plan: « attirer à lui les meilleures forces du réveil religieux ... et les grouper ... en assemblées absolument libres qui n’eussent que lui pour centre »[h 4]. Quoi qu'il en soit, un schisme a lieu dans l'église de Bourg-de-Four et une soixantaine de membres font sécession. Plusieurs croyants se rangent aux principes exposés par Darby et des petits rassemblements apparaissent en Suisse et en France[34]. Ses opposants commencent à parler de réunions Darbystes[h 5]. Toutefois, à ce moment, ces nouveaux rassemblements ne sont pas exclusifs. Au contraire, Darby se réjouit volontiers de l'association de Nationaux et de Dissidents pour rompre le pain ensemble, comme c'est le cas à Vevey[38].

Affaire de Plymouth et de Bethesda: 1845—1848[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

En l'absence de Darby, à Plymouth, l'assemblée a considérablement crû. Elle est devenue l'assemblée la plus prospère de tout le mouvement. Vers 1840, les Frères ont dû déménager de la petite chapelle de Raleigh Street pour un nouveau local dans Ebrington Street, pouvant accueillir plus de 800 personnes[Notes 3],[b 9]. Newton continue à y prêcher très régulièrement et il en est la figure principale. Il est reconnu pour ces qualités d'orateurs et sa connaissance de la Parole[b 10]. Toutefois les tensions grandissent entre Newton et Darby. En effet, les deux hommes, qui ont tous les deux un grand intérêt pour les prophéties bibliques non réalisés, ne sont pas d'accord quant au moment de l'enlèvement de l'église. Darby pense que l'enlèvement aura lieu de façon soudaine et imprévisible. Au contraire, Newton pense que le Sermon de Jésus dans Matthieu 24 présente des événements annonciateurs du prochain retour de Christ[1]. Cette controverse entre les deux hommes n'est pas nouvelle, et on peut la retrouver dès la conférence de Powerscourt de 1833[1] mais Newton, de sept ans plus jeune que Darby, ne s'était pas publiquement opposé à lui.

Vers 1840, pendant que Darby prêche en Suisse l'enlèvement secret de l'église[39], des lettres circulent en Angleterre et ailleurs[1], dans lesquelles Newton explique en détails pourquoi il pense que des événements précéderont le retour de Christ[40],[Notes 4]. Darby le reprend séverement. Il lui écrit qu'il aurait souhaité que ses opinions ne circulent jamais, et que « son amour pour la première place a toujours été sa faiblesse »[1], sans toutefois lui démontrer en quoi il a tort sur le fond. Dans sa réponse, Newton lui fait comprendre que cette fois-ci, il ne s'inclinera pas devant Darby parce qu'il croit que ce dernier se trompe[1]. C'est le début d'un conflit de plus en plus ouvert, qui aboutira à la scission du mouvement.

Conflit ouvert entre Darby et Newton[modifier | modifier le code]

En 1844, Newton publie finalement une interprétation de l'Apocalypse[41] où il confirme ses positions quant au moment du retour de Christ. Pendant ce temps, une révolution éclate à Genève et Darby doit fuir car sa vie est en danger. Darby se rend directement à Plymouth et s'oppose à Newton partout où il prêche. Newton et Darby échangent plusieurs lettres, dans lesquels Newton demande à Darby: « Mais qu'est-ce que tu as contre moi ? »[42]. Darby refuse de lui donner des indications claires, mais déclare qu'il est prêt à tout révéler devant les frères à Plymouth[a 4]. En Avril 1845, Darby accuse Newton devant plusieurs frères de sectarisme et de cléricalisme. Dans le même temps, depuis Avril jusqu'à Août 1845, Darby commence à publier, chapitre par chapitre, une réponse au livre de Newton duquel il critique les moindres détails[43]. L'ouvrage est finalement publié en un seul volume en Août. Le titre, « Un examen des déclarations faites dans les Pensées sur l'Apocalypse, par B. W. Newton, et une enquête pour savoir dans quelle mesure elles s'accordent avec l’Écriture », fait explicitement mention de Newton. S'il y avait eu auparavant de nombreux débats d'idées dans les assemblées de Frères (on en trouve notamment dans le Christian Witness), c'est la première fois qu'un Frère attaque publiquement un autre en le nommant. Par la même occasion, « Cher Benjamin » est devenu « Monsieur Newton ». À l'avenir, la distance entre les deux hommes ne fera que grandir. Au delà des idées, Darby s'oppose à Newton.

Entre Avril 1845 et Août 1845, toutes les occasions sont bonnes pour porter accusation contre Newton. Darby accuse Newton dans ses prédications, devant les frères principaux, et dans ses écrits, presque chaque semaine. Les accusations portent sur la doctrine dans les écrits[43], sur son supposé sectarisme devant les frères, et également sur son caractère ou son tempérament[a 5]. Darby reproche à Newton de ne pas être venu aux conférences en Irlande, mais d'avoir organisé sa propre conférence à Plymouth[44]. Darby se plaint que Newton s'accapare le Christian Witness (en fait, Darby y publie plus régulièrement que Newton)[b 8]. Darby accuse également Newton de s'être mal conduit envers plusieurs frères. Quand Newton lui demande de déclarer avec qui et dans quelles circonstances, Darby ne répond pas[a 6].

Les événements d'Avril à Août ont assez peu de conséquences à Plymouth. Malgré les attaques répétées de Darby, Newton continue de bénéficier d'un large soutien des frères et sœurs dans l'assemblée. De son côté, Newton engage des actions qui réduisent l'influence de Darby dans l'assemblée. En particulier, en 1845, Newton a œuvré pour la fin des « réunions du vendredi »[Notes 5]. La tension se cristallise finalement sur cette question. À la fin de l'été, Darby déclare qu'il n'exercera plus aucun ministère à Plymouth tant que les réunions du vendredi ne seront pas rétablies. Son ultimatum n'ayant pas d'effet, il s’exécute et est absent deux mois de Plymouth, mais le dimanche 26 Octobre 1845, Darby se rend finalement à Ebrington Street pour le culte, se lève à la fin du service, déclare se séparer de l'assemblée, fond en larmes, et s'en va[b 11]. Suivront trois années d'une violente controverse entre le parti de Newton et celui de Darby qui aboutiront sur la scission du mouvement des Frères en deux branches: une aile « exclusive » suivra les positions de Darby, et les autres suivent l’approche plus « ouverte » de George Müller, Craik ou Chapman [45].

Après 1848: Darby, leader du courant exclusif[modifier | modifier le code]

John Nelson Darby, après 1870.

Il développe alors des prises de position publiques radicales, engageant les fidèles à se détourner de l'Église officielle. Il écrira ainsi dans son Étude sur la seconde épître de Paul à Timothée : « Là où est la forme sans la puissance, nous ne devons pas aller ; et plus que cela, dans un sens positif, nous devons nous retirer de tels gens. » Il visitera divers pays comme les Îles Britanniques, la Suisse ou encore la France. Mais, progressivement, dans plusieurs domaines, ses positions provoquent une forte contestation notamment sur sa conception de l’apostasie de la chrétienté et son soutien au baptême des enfants[46].

Il voyage ensuite en Amérique, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Il meurt en 1882 et est enterré à Bournemouth, dans le Dorset en Angleterre. Durant sa vie, Darby est passé d'une position de prêtre de l'église anglicane à une conception révolutionnaire des institutions ecclésiales : pour lui, nul besoin d'une organisation pour se réunir entre chrétiens, nul besoin de l'ordination (chaque croyant est fait prêtre, sans aucune ordination) ; il conclut même que la notion de clergé est un affront fait à Jésus-Christ. Sa formation anglicane laissa des traces dans sa doctrine concernant les peines éternelles.

Darby et le dispensationalisme[modifier | modifier le code]

Darby est à l'origine de la systémisation et de la diffusion de la méthode de lecture de la Bible appelée « dispensationalisme », qui distingue des grandes époques dans la révélation progressive de Dieu[47]. Il affirme qu'après l'époque actuelle de la grâce viendra celle du royaume dans laquelle le Christ reviendra sur terre avec une série d'événements avant-coureurs (Enlèvement de l'Église, guerre, apparition d'un nouvel ordre politique et économique mondial, arrivée de l'Antéchrist, bataille d'Armageddon), et établira un règne de paix pendant mille ans, avant que ne vienne le jugement dernier.

Cette méthode de lecture a été reprise et popularisée par Cyrus Scofield, à travers son édition annotée de la Bible[48], publiée une première fois en 1909 par Oxford University Press[49], et diffusée depuis en plusieurs millions d'exemplaires[50].

Traduction de la Bible et écriture[modifier | modifier le code]

Darby qui connaît six langues (hébreu, grec ancien, anglais, français, allemand et italien), traduit la Bible, directement à partir des textes hébreu et grec, en trois langues: anglais, allemand et français[51]. En 1859, il publie Le Nouveau Testament en français[52]. Cette traduction est titrée « Version Nouvelle » parce qu'elle ne se base pas, contrairement aux traductions précédentes de la Bible, sur le « Texte Reçu » des Elzévir de Hollande, mais sur les travaux critiques qui ont eu lieu au cours du XIXe siècle, en particulier ceux de Griesbach, Scholz (en), Tischendorf ou Lachmann[53]. Cette traduction a pour particularité d'être très littérale, de vouloir avant tout respecter le texte, en sacrifiant au besoin l'élégance du style, voire la clarté du texte traduit. La traduction complète de la Bible est publié en 1885, trois ans après la mort de Darby[54]. Cyrus Ingerson Scofield s'inspira de la Bible Darby pour la Bible annotée par lui-même et qui est aujourd'hui la Bible commentée de référence aux États-Unis. Darby rédige aussi un synopsis de la Bible, de nombreux commentaires bibliques, et des traités doctrinaux.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • L’Attente Actuelle de l’Église, Genève & Paris, Kauffman & Delay, , 231 p. (lire sur Wikisource)
  • La Résurrection, vérité fondamentale de l’Évangile., Genève, Kaufmann, , 31 p. (lire sur Wikisource)
  • Sur l’Apostasie de l’Économie Actuelle, Lausanne & Genève, Ducloux & Kaufmann, , 24 p. (lire sur Wikisource)
  • Sur la Formation des Églises, Lausanne, Ducloux, , 29 p. (lire sur Wikisource)
  • Liberté de prêcher Jésus, possédée par tout chrétien, Lyon, Perrin, , 34 p. (lire sur Wikisource)
  • La promesse du Seigneur, Pontarlier, Laithier, , 22 p. (lire sur Wikisource)
  • De la Présence et de l’Action du Saint-Esprit dans l’Église, Valence, Aurel, , 180 p. (lire sur Wikisource)
  • Les sympathies de Jésus et son isolement au milieu des hommes, Genève, Kaufmann, , 31 p. (lire sur Wikisource)
  • Vues Scripturaires sur la Question des Anciens, Genève, Kaufmann, , 70 p. (lire sur Wikisource)
  • L’Église selon la Parole, Montpellier, Bokhm, , 67 p. (lire sur Wikisource)
  • Le Culte selon la Parole, Paris, Genève & Montpellier, Cherbuliez, Kauffmann & Boehm, , 71 p. (lire sur Wikisource)
  • Les souffrances de Christ, Pau, Lauga, , 18 p. (lire sur Wikisource)
  • Les richesses incompréhensibles de Christ, Vevey, Guignard, , 23 p. (lire sur Wikisource)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Donald H. Akenson, Exporting the Rapture: John Nelson Darby and the Victorian Conquest of North-American Evangelicalism, Oxford University Press, , 520 p. (ISBN 978-0190882709, lire en ligne Accès limité)
  • (en) Jonathan Burnham, A Story of Conflict: the controversial relationship between Benjamin Wills Newton and John Nelson Darby, Eugene, Wipf and Stock Publishers, coll. « Studies in Evangelical History and Thought », (1re éd. 2004), 267 p. (ISBN 1597527599, lire en ligne Accès limité)
  • Frédéric Cuendet, Souvenez-vous de vos conducteurs, Vevey, EBLC Editions (1re éd. 1935), 160 p. (lire en ligne Accès payant)
  • F. Estéoule, Le plymouthisme d’autrefois et le darbysme d’aujourd’hui., Paris, Grassart & Meyrueis, , 119 p. (lire sur Wikisource).
  • (en) Marion Field, John Nelson Darby, Highland Books, , 240 p. (ISBN 978-1897913765, lire en ligne Accès limité)
  • Johann Jakob Herzog, Les Frères de Plymouth et John Darby, leur doctrine et leur histoire, Lausanne, Bridel, , 92 p. (lire sur Wikisource).
  • (en) William G. Turner, Unknown and Well Known: a biography of John Nelson Darby, London, Chapter Two, (1re éd. 1901), 168 p. (ISBN 1-85307-230-3, lire en ligne Accès payant)
  • (en) Max S. Weremchuk, John Nelson Darby: A Biography: Updated and Expanded, El Cajon, CA, Southern California Seminary Press, (1re éd. 1992), 214 p. (ISBN 9780986444265, lire en ligne Accès limité)
  • Le temps du réveil, Valence, Bibles et Publications Chrétiennes, , 150 p. (ISBN 2900319773, lire en ligne Accès payant)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Plusieurs biographes de Darby (notamment Akenson, 2018; Weremchuk, 2021; et d'autres) suggèrent, sans le prouver, que John Nelson et Theodosia ont été fiancés. S'il ne sera sans doute jamais possible d'en avoir la confirmation, il est certain que les deux trentenaires avaient l'un pour l'autre une profonde affection.
  2. Une autre communauté chrétienne du même nom a existé à Plymouth en Nouvelle-Angleterre. Bien que cette communauté soit plus ancienne, les Frères de Plymouth dont nous parlons n'en sont pas descendants. Il est probable qu'ils n'en aient pas eu connaissance au début du mouvement.
  3. Les sources varient de 800 à 1400 personnes.
  4. Les lettres sont publiées pour la première fois en 1847, pour éviter la diffusion de rumeurs au sujet de leur contenu pendant le conflit avec Darby. Avant 1847, les lettres étaient copiées à la main par des adeptes des prédications de Newton, et transmises de pair à pair.
  5. Les réunions du vendredi, les Friday meetings, étaient des réunions pour l'administration de l'assemblée auxquelles pouvaient assister tous les frères ayant un ministère, y compris les ministres de passages, comme Darby.

Références souvent citées[modifier | modifier le code]

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  2. p. 14.
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  4. p. 200.
  5. p. 212.
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  • (en) Jonathan Burnham, A Story of Conflict: the controversial relationship between Benjamin Wills Newton and John Nelson Darby, Eugene, Wipf and Stock Publishers, coll. « Studies in Evangelical History and Thought », (1re éd. 2004), 267 p. (ISBN 1597527599, lire en ligne Accès limité)
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  8. a et b page non précisée
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  10. p. 163
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  • Johann Jakob Herzog, Les Frères de Plymouth et John Darby, leur doctrine et leur histoire, Lausanne, Bridel, , 92 p. (lire sur Wikisource).
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  5. p. 24.

Autres références[modifier | modifier le code]

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  2. (en) Dublin University Calendar, Dublin, Curry, Jun. and co., , 124 p. (lire en ligne), p. 50
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  4. (en) Weremchuk, M., John Nelson Darby Research Papers, ([1]), p. 9.
  5. (en) Donald H. Akenson, Discovering the end of time : Irish Evangelicals in the age of Daniel O'Connell, McGill-Queen's University Press, (ISBN 978-0-7735-9849-2, 0-7735-9849-9 et 978-0-7735-4679-0, OCLC 1032591115, lire en ligne), p. 161
  6. (en) Weremchuk, M., John Nelson Darby Research Papers, ([2]), p. 10.
  7. Darby, J. N., Analysis of Newman's Apologia, 1891 [1866], p. 31.
  8. (en)Darby, J. N., Considerations addressed to the Archbishop of Dublin and the Clergy who signed the petition to the House of Commons for Protection, ([3]), published in the Collected Writings of J. N. Darby, Ecclesiastical, N°1, 1-19.
  9. (en)Darby, J. N., Considerations addressed to the Archbishop of Dublin and the Clergy who signed the petition to the House of Commons for Protection, ([4]), published in the Collected Writings of J. N. Darby, Ecclesiastical, N°1, p. 8.
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  11. a et b (en) Newman, Francis William Verfasser, Phases of Faith Passages from the History of my Creed (ISBN 978-3-337-76265-0 et 3-337-76265-4, OCLC 1189629232, lire en ligne)
  12. (en)(en) William Blair Neatby, A history of the Plymouth Brethren, London, Hodder and Stoughton, (lire sur Wikisource), p. 4.
  13. a b c et d Impr. par IMEAF), Le Temps du réveil : l'Église au XIXe siècle et dans les deux premiers tiers du XXe siècle., Bibles et publ. chrétiennes, (ISBN 2-900319-77-3 et 978-2-900319-77-2, OCLC 417563580, lire en ligne)
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