Opus caementicium

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Noyau en opus caementicium d'une tombe de la voie Appienne.

L'opus caementicium (du latin caementum = moellon, pierre brute, agrégat) était une maçonnerie faite de mortier et de pierres de toute sorte (appelées caementum : fragments de pierre, déchets de taille, éléments en terre cuite) et qui a l'aspect du béton. Le mélange se faisait à la montée de l'ouvrage, en alternant des pelletées de mortier et de caillasse, ce qui le différencie du béton moderne dans lequel le mélange de mortier et de cailloux est préparé à l'avance. Le mortier antique était à base de chaux mélangée à de la pouzzolane. Les Grecs utilisaient l'emplekton (it), une technique similaire à celle de Rome avec à la place du mortier une boue argileuse[1].

L'opus caementicium est l'une des clés de la réussite architecturale du bâtiment romain qui s'est développée à la fin du IIIe siècle av. J.-C. dans le Latium et en Campanie et s’est rapidement diffusé dans tout le monde romain[2]. Son succès s'explique par un coût des matières moins important, la rapidité de mise en œuvre et la solidité des constructions. Il autorisait la réalisation de voûte monobloc (dite voûte concrète) d'une portée de plusieurs dizaines de mètres, comme pour la basilique de Maxence ou le Panthéon de Rome.

Réalisations[modifier | modifier le code]

Après le gâchage du mortier à la main, le mélange avec les pierres provoque le phénomène prise, consistant en la concrétion de l'ensemble (d'où le nom de maçonnerie concrète) avec la cristallisation d'une croûte de carbonate enveloppant les grains de pierre ou de tuileau[3].

Ce béton pouvait être utilisé seul (moulé dans des coffrages ou coulé dans des tranchées), ou former le remplissage des fondations, des murs, des dômes et des voûtes. Il pouvait constituer le noyau interne appelé blocage) enfermé entre deux parements de blocs de pierre parallélépipédiques (opus incertum, opus reticulatum, opus vittatum et opus mixtum). À mesure de la montée du mur, on pouvait placer des assises en briques sur toute l’épaisseur du mur, qui permettaient de régulariser et de renforcer l'ensemble par l’effet de chaînage. Il pouvait servir aussi à réaliser des joints ou des enduits.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Carmelo G. Malacrino, Constructing the Ancient World: Architectural Techniques of the Greeks and Romans, Getty Publications,‎ 2010, p. 114
  2. (en) Flavio Conti, A Profile of Ancient Rome, Getty Publications,‎ 2003, p. 150
  3. René Vittone, Bâtir, PPUR Presses polytechniques,‎ 2010 (lire en ligne), p. 123

Voir aussi[modifier | modifier le code]