Cary Grant

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Cary Grant
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Cary Grant dans Les Enchaînés en 1946.

Nom de naissance Archibald Alexander Leach
Naissance
Bristol, Drapeau de l'Angleterre Angleterre
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Nationalité Drapeau du Royaume-Uni Britannique
Drapeau des États-Unis Américain
Décès (à 82 ans)
Davenport, Drapeau de l'Iowa Iowa
Drapeau des États-Unis États-Unis
Profession Acteur
Films notables Cette sacrée vérité,
L'Impossible monsieur Bébé,
Indiscrétions,
Soupçons
Les Enchaînés,
On murmure dans la ville,
Charade,
Elle et lui,
La Mort aux trousses

Archibald Alexander Leach, plus connu sous son pseudonyme de Cary Grant, né le à Bristol (Angleterre) et mort le à Davenport (Iowa), est un acteur anglo-américain. Il a été naturalisé citoyen des États-Unis le .

Après une adolescence troublée, ce bricoleur habile, de grande taille (il mesurait 1,87 m)[1] et qui avait la particularité d'avoir un menton dit « en fesses d'ange », devient chanteur dans les comédies musicales de Broadway à New York. Son accent britannique mi-aristocratique mi-ouvrier de représentant de commerce fit de lui un spécialiste du genre dit « loufoque » (screwball comedy). Charmant mais peu stable, il a été marié cinq fois. Il tourna dans plusieurs films d'Alfred Hitchcock qui, bien connu pour ne pas aimer les acteurs, dit de lui « qu'il était le seul acteur qu'il ait jamais aimé de toute sa vie ».

Ian Fleming s'est inspiré de sa séduction et de son apparence soignée pour créer le personnage de James Bond. En 1961, il fut le premier acteur à avoir été approché par Ian Fleming pour le rôle de James Bond, qu'il refusa parce qu'à 58 ans, il se sentait trop vieux pour incarner le célèbre agent secret[2].

À la fin de sa vie, il fit des tournées aux États-Unis intitulées A Conversation with Cary Grant et au cours desquelles étaient projetés des extraits de ses films suivis de débats.

L'American Film Institute l'a classé deuxième acteur de légende du cinéma américain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et débuts[modifier | modifier le code]

Archibald Alexander Leach naît le au 15 de la rue Hughenden à Horfield (en), faubourg du nord de Bristol, en Angleterre. Il est le second fils d'Elias James Leach (1873–1935), travaillant comme préposé au repassage dans une usine de confection, et d'Elsie Maria Leach (née Kingdon, 1877–1973), couturière[3]. Son frère John William Elias Leach (9 février 1899 – 7 février 1900) souffrant d'une méningite tuberculeuse, Elsie le veille régulièrement mais en janvier 1900, une porte se referme sur l'ongle de son fils alors qu'elle le tient dans ses bras, et au bout d'une semaine une gangrène se développe[4]. Convaincue d'être responsable de la mort de son fils, elle reportera toute son affection sur Archibald. Mère surprotectrice, elle rêve pour lui d'un grand destin et lui donne une éducation sévère, le battant lorsqu'il se tient mal à table[5].

Il est élève dans l'école primaire de Bishop Road puis à la Fairfield Grammar School. Il vit une enfance malheureuse et agitée, avec un père alcoolique et une mère souffrant de dépression chronique depuis la mort de John. Elias la fait placer dans un hôpital psychiatrique lorsqu'Archie a dix ans mais il raconte à son fils qu'elle est partie pour de longues vacances. Archibald croit donc que sa mère l'a abandonné et en garde une grande méfiance envers les femmes. En 1915, son père qui a trouvé un meilleur travail à Southampton, part s'y installer avec sa seconde épouse et abandonne Archibald à sa grand-mère paternelle. Souvent livré à lui-même dans une maison glaciale, il doit se débrouiller tout seul[6].

Sa fascination pour le monde du spectacle remonte à l'automne 1917, lorsqu'un électricien, enseignant à temps partiel de son école, l'invite à visiter les coulisses du théâtre Hippodrome de Bristol où il doit installer un tableau de distribution d'éclairage[7]. Il se fait probablement renvoyer de la Fairfield Grammar School de Bristol en 1918 pour rejoindre la troupe d'acrobates de Bob Pender et voyage avec le groupe vers les États-Unis en 1920, lors d'une tournée de deux ans. À la fin de la tournée, il décide de rester sur place pour poursuivre sa carrière théâtrale.

Encore sous son nom de naissance, il joue sur la scène de The Muny à St. Louis (Missouri), dans les spectacles suivants : Irene (1931) ; Music in May (1931) ; Nina Rosa (1931) ; Rio Rita (1931) ; Street Singer (1931) ; The Three Musketeers (1931) et Wonderful Night (1931).

Carrière à Hollywood[modifier | modifier le code]

Dans Indiscrétions (1940)

Ayant connu le succès dans des comédies légères de Broadway, il part pour Hollywood en 1931, où il prend le nom de Cary Lockwood. Il choisit ce nom d'après son personnage dans la pièce Nikki. Il signe avec Paramount Pictures, mais les patrons du studio étaient plus impressionnés par l'acteur que par son pseudonyme. Le prénom convenait mais le nom de Lockwood prêtait à confusion avec un autre acteur. C'est en parcourant une liste de noms d'emprunt que naquit Cary Grant, choisi pour ses initiales C et G qui avaient déjà porté chance à Clark Gable et Gary Cooper, deux des plus grandes stars de l'époque.

Après des participations et un premier rôle face à Marlène Dietrich dans Blonde Venus, sa célébrité survient grâce à Mae West qui le choisit pour lui donner la réplique dans deux films à grand succès Lady Lou et Je ne suis pas un ange (tous les deux de 1933)[8]. Je ne suis pas un ange s'avère un succès très rentable, tout comme Lady Lou, nommé pour l'Oscar du meilleur film, qui sauve Paramount de la banqueroute.

Peu de temps avant de mourir, son père lui révèle son mensonge au sujet de sa mère. Cary Grant la fait sortir de l'asile et l'installe à Bristol où il lui rend régulièrement visite jusqu'à la fin de ses jours[9].

En 1936, l'acteur commence à se montrer très exigeant, il ne supporte plus que la Paramount ne voie en lui qu'un sosie de Gary Cooper[10], aussi décide-t-il à la fin de son contrat de devenir indépendant. Il signe deux contrats notamment avec la RKO et la Columbia Pictures qui lui permettent de devenir un acteur indépendant, et c'est à titre d'acteur indépendant qu'il devient l'égal de Gary Cooper et l'acteur de légende qu'on connaît[10].

Grant devient citoyen américain le 26 juin 1942 pour désamorcer le scandale résultant de sa non-incorporation à l'armée britannique. Il a pourtant servi comme volontaire dans la Royal Navy dès 1940, mais à 36 ans il a atteint la limite d'âge d'incorporation[11]. Cela lui fait déclarer qu'il veut participer activement, même pour un poste de pompier. Mais une partie du gouvernement britannique pense qu'il serait d'une plus grande utilité en restant à Hollywood. Durant les années de guerre, il reverse l'intégralité de ses cachets aux œuvres de charité anglaises et le bruit court même qu'il travaille pour les services de renseignement de son pays, transmettant les suspicions de sympathie nazie parmi l'élite d'Hollywood. Mais ceci n'a jamais pu être prouvé, tant que les archives sur ce sujet restent classées à ce jour. En 1946, George VI l'honore de la médaille du Roi pour services rendus à la Grande-Bretagne durant les hostilités[réf. souhaitée].

Marilyn Monroe et Cary Grant dans Chérie, je me sens rajeunir (1952)

Cary Grant joue dans les plus célèbres screwball comédies, dont L'Impossible monsieur Bébé avec Katharine Hepburn, La dame du vendredi avec Rosalind Russell, Arsenic et vieilles dentelles avec Priscilla Lane, et Chérie, je me sens rajeunir avec Ginger Rogers et Marilyn Monroe. Son rôle dans Cette sacrée vérité avec Irene Dunne représente l'incarnation type du personnage de Grant à l'écran. Ces rôles solidifient sa force d'attraction, et Indiscrétions, avec Katharine Hepburn et James Stewart, démontre son stéréotype à l'écran : l'homme charmeur mais peu fiable, précédemment marié à une femme intelligente et de caractère qui, après avoir divorcé de lui, réalise que - malgré ses défauts - il est irrésistible.

À la fin des années 1950, son enfance douloureuse et les échecs de ses relations amoureuses le mènent à une crise existentielle. Sa femme, Betsy Drake, lui fait découvrir la psychanalyse et la thérapie en vogue à Hollywood, à base de LSD. Il raconta comment un traitement à base de cette drogue hallucinogène – légale à l'époque – dans la prestigieuse clinique californienne du docteur Mortimer Hartman lui apporta la paix intérieure que le yoga, l'hypnose et le mysticisme n'avaient pu lui procurer[12],[13],[14].

Grant s'affirme comme une valeur sûre du box-office pendant plusieurs décennies. Acteur polyvalent, il peut jouer des rôles physiques comme dans Gunga Din avec le savoir-faire acquis sur la scène. Howard Hawks dit de lui qu'il était « de si loin le meilleur qu'aucun ne pouvait se comparer à lui. »[15]

Il tourne dans plusieurs films d'Alfred Hitchcock qui, bien connu pour ne pas aimer les acteurs, dit de lui « qu'il était le seul acteur qu'il ait jamais aimé de toute sa vie »[16]. Grant apparaît ainsi dans de grands classiques du maître du suspense : Soupçons, Les Enchaînés, La Main au collet et La Mort aux trousses. Hitchcock réussit à sortir Cary Grant de la comédie pour le tirer vers des rôles plus noirs et ambigus, montrant ainsi une palette plus étendue de son talent. Le biographe Patrick McGilligan a écrit qu'en 1965, Hitchcock proposa à Grant de jouer dans Le Rideau déchiré mais celui-ci avait décidé de se retirer après son dernier film, Rien ne sert de courir (1966); Paul Newman prit son rôle face à Julie Andrews[17].

Au milieu des années 1950, Grant crée sa propre maison de production, Grantley Productions, et produit plusieurs films distribués par Universal, tels Opération jupons, Indiscret, Un soupçon de vison (avec Doris Day), et Grand méchant loup appelle. En 1963, il joue aux côtés d'Audrey Hepburn dans Charade.

Grant est perçu comme un électron libre du fait qu'il s'avère être le premier acteur « indépendant », à contre-courant de l'ancien système des studios, qui décidaient des évolutions de leurs acteurs. Il peut ainsi avoir le contrôle de chaque aspect de sa carrière. Il décide quels films tourner et s'implique dans le choix du réalisateur et de ses partenaires et négocie même parfois un pourcentage sur les bénéfices, un privilège rare à l'époque mais désormais courant parmi les grandes stars.

Il est nommé deux fois aux Oscars dans les années 1940 mais, étant l'un des premiers acteurs indépendants des grands studios, il ne l'obtient pas durant ses années d'activité. Ce n'est qu'en 1970 que l'académie lui remet un Oscar d'honneur pour sa carrière. En 1981, il reçoit les honneurs du Kennedy Center.

Retraite[modifier | modifier le code]

Éloigné des écrans, l'acteur reste néanmoins actif. À la fin des années 1960, il accepte un poste au comité de direction de Fabergé. Une fonction qu'il assume pleinement en assistant aux assemblées et faisant de la promotion, conscient que sa présence lors du lancement d'un nouveau produit peut lui garantir le succès.

À la fin de sa vie, il fait des tournées aux États-Unis appelées A Conversation with Cary Grant au cours desquelles sont projetés des extraits de ses films suivis de débats. Dans l'après-midi du , alors que l'acteur fait une répétition pour une représentation à l'Adler Theater à Davenport dans l'Iowa, Cary Grant est victime d'un accident vasculaire cérébral. Il meurt dans la nuit au St. Luke's Hospital à l'âge de 82 ans. Son corps est ramené en Californie, où il est incinéré et ses cendres dispersées dans l’Océan Pacifique[18].

Vie privée à Hollywood[modifier | modifier le code]

La vie privée de l'acteur est agitée, comprenant notamment cinq mariages.

Cary Grant vit également pendant 12 ans avec l'acteur Randolph Scott qu'il rencontre en 1932 dans les studios Paramount et avec qui il emménage dans une maison à Malibu, 2177 W. Live Oak Drive, dans le quartier de Los Feliz à Los Angeles, qui sera surnommé "Bachelor Hall"[19].

Mariages[modifier | modifier le code]

  • Sa première femme, Virginia Cherrill, divorce de lui le au motif de violences conjugales. Ils s'étaient mariés le .
  • En 1942, Grant épouse la très riche et mondaine Barbara Hutton et devient une figure paternelle pour son fils, Lance Reventlow, qui trouve la mort dans un accident d'avion. Le couple est ironiquement surnommé « Cash and Cary », même si dans un accord prénuptial, l'acteur refusait tout arrangement financier en cas de divorce. Celui-ci survint en 1945, mais les ex-époux restèrent amis tout au long de leur vie. Grant a toujours réfuté l'accusation d'un mariage d'argent. Il a dit avec son humour typique : « Je peux m'être marié pour de très bonnes raisons, mais l'argent n'a jamais été l'une d'elles. »
  • Sa troisième femme est l'actrice Betsy Drake, qu'il épouse le . Ils partagent l'affiche de deux films ensemble. Ce mariage, qui s'avère le plus durable, s'achève le 14 août 1962.
  • Grant s'unit en quatrièmes noces à l'actrice Dyan Cannon, de trente-trois ans sa cadette, le à Las Vegas. Le mariage est suivi de la naissance prématurée de son unique enfant, Jennifer Grant, le alors que l'acteur est âgé de 62 ans. Il l'appelait souvent « ma meilleure production » et regretta de n'avoir pas eu d'enfant plus tôt. Le mariage a du plomb dans l'aile dès le début et Cannon quitte Grant en décembre 1966, déclarant que ce dernier faisait souvent état de rages soudaines et la battait quand elle lui « désobéissait ». Le divorce, prononcé en 1968, est amer et public, et la bataille pour la garde de leur fille dure dix ans.
  • Le , Grant épouse sa compagne de longue date, Barbara Harris, qui a trente et un ans de moins que lui. Elle restera à ses côtés jusqu'à sa mort.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Katharine Hepburn et Cary Grant dans Indiscrétions (1940)
Cary Grant et Ingrid Bergman dans Les Enchaînés (1946)
Cary Grant et Audrey Hepburn dans Charade (1963)

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Tout le monde veut être Cary Grant, même moi. »
  • Après l'échec de son mariage avec Barbara Hutton : « Elle pensait qu'elle avait épousé Cary Grant. »
  • « J'ai probablement choisi cette profession à la recherche d'approbation, d'adulation, d'admiration et d'affection. »
  • « J'ai passé la plus grande partie de ma vie à osciller entre Archie Leach et Cary Grant, peu sûr de chacun d'entre eux, les suspectant tous les deux. »
  • Après Charade (1963) avec Audrey Hepburn : « Tout ce que je veux pour Noël, c'est un autre film avec Audrey Hepburn ! »

Voix françaises[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Yann-Brice Dherbier, Cary Grant les images d'une vie, Paris, YB éditions, (ISBN 978-2-355-37031-1), p. 5
  2. Yann-Brice Dherbier 2009, p. 187
  3. (en) Geoffrey Wansell, Cary Grant, Dark Angel, Skyhorse Publishing, , p. 13.
  4. Geoffrey Wansell, Cary Grant, Gremese Editore, , p. 13.
  5. Geoffrey Wansell, Cary Grant, Gremese Editore, , p. 14.
  6. Geoffrey Wansell, Cary Grant, Gremese Editore, , p. 15-16.
  7. Geoffrey Wansell, Cary Grant, Gremese Editore, , p. 18.
  8. Encyclopedia Britannica, biographie de Cary Grant
  9. (en) Graham McCann, Cary Grant: A Class Apart, HarperCollins UK, , p. 47.
  10. a et b Yann-Brice Dherbier 2009, p. 7
  11. (en) Cary Grant in the spotlight, Galley Press, , p. 60.
  12. White, Betty. "Cary Grant Today" - Saturday Evening Post - (c/o CaryGrant.net) - March 1978
  13. McKelvey, Bob. "Cary Grant - Hollywood's Zany Lover Reaches 80" - Detroit Free Press - (c/o CaryGrant.net) -
  14. (en) Lionel Godfrey, Cary Grant : the light touch, New York, St. Martin's Press, (ISBN 0-312-12309-4)
  15. Entretien d'Howard Hawks avec Joseph McBride, in Hawks, Howard et Gerald Mast, Bringing Up Baby, p. 260. New Brunswick, NJ: Rutgers University Press, 1988.
  16. Nancy Nelson et Cary Grant, Evenings with Cary Grant : recollections in his own words and by those who knew him best, Thorndike, Maine, Thorndike Press, (ISBN 1-560-54342-6), p. 325
  17. (en) Patrick McGilligan, Alfred Hitchcock : a life in darkness and light, New York, Regan Books, (ISBN 0-060-39322-X), p. 663-664
  18. (en) Gary Morecambe, Martin Sterling, Cary Grant: In Name Only, Robson, , p. 325.
  19. (en) Charles Higham, Roy Moseley, Cary Grant: The Lonely Heart, Avon Books, , p. 57.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Jacques Dupuis, Cary Grant, Henri Veyrier, , 220 p.
  • Geoffrey Wansell, Cary Grant, Gremese Editore, , 192 p. (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]