Le Rideau déchiré

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Le Rideau déchiré
Description de cette image, également commentée ci-après
Titre du film en version originale
Titre québécois Le Rideau déchiré
Titre original Torn Curtain
Réalisation Alfred Hitchcock
Scénario Brian Moore d'après son roman
Acteurs principaux
Sociétés de production Universal Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Thriller
Durée 122, 29 minutes (2 heures 2 minutes 29 secondes)
Sortie USA :
France :

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Rideau déchiré (titre original : Torn Curtain) est un film américain réalisé par Alfred Hitchcock sorti en 1966, tirant son nom du rideau de fer. Le scénario est de Brian Moore, adapté à partir de son roman. Le film n'a pas reçu de trophées et n'a pas été un succès commercial.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Un chercheur en physique nucléaire, Armstrong, rompt sans explications avec sa fiancée et assistante, Sarah, avant de se rendre prétendument à Stockholm. Intriguée, elle le suit et découvre qu'il part en réalité pour Berlin-Est. Elle le suit, celui-ci est furieux de la voir sur ses talons. Armstrong semble vouloir mettre ses découvertes à disposition des Allemands de l'Est.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

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La préparation du film voit la perte de deux des collaborateurs les plus importants d'Hitchcock sur lesquels s'étaient construits ses plus grands succès américains : le monteur George Tomasini et le chef opérateur Robert Burks. Mais la perte la plus mesurable pour le film reste le rejet par Hitchcock, et par Universal, de la musique écrite et enregistrée par Bernard Herrmann, mettant un terme à une longue et prolifique collaboration. La musique est alors composée par John Addison, tout juste oscarisé ; la musique d'Herrmann a depuis été montée sur certains plans à des fins documentaires.

Générique[modifier | modifier le code]

Un soin particulier est apporté au générique. L'illustration succède à l'abstraction. Des photogrammes du film recadrés sur les visages (ou des détails de visage) sont montés image par image (à vitesse variable, en boucle…) en surimpression sur de la fumée produite par une fusée dont la flamme rouge occupe la partie gauche de l'écran.

Casting et caméo[modifier | modifier le code]

Caméo : à la 8e minute, Alfred Hitchcock assis dans le hall de l'Hôtel d'Angleterre avec un bébé joufflu, accompagné par un insert dans la musique de la signature du thème de la série Alfred Hitchcock présente.

À la différence de ses précédents films, Hitchcock n'eut pas la possibilité de choisir ses comédiens principaux, l'échec de Pas de printemps pour Marnie l'obligeait à accepter l'acteur et l'actrice qu'Universal Pictures voulaient pour les deux premiers rôles[1]. À l'origine le réalisateur désirait reconstituer le couple de La Mort aux trousses à savoir Eva Marie Saint et Cary Grant, mais le studio lui imposa Julie Andrews et Paul Newman.

En 1965 Julie Andrews était avec Doris Day une des actrices classée en tête du box office, fort du succès des deux films précédents où elle tenait le rôle principal Mary Poppins et La Mélodie du bonheur. Hitchcock n'était cependant pas convaincu par l'actrice dans le registre d'une assistante d'un physicien, la considérant comme une actrice de films musicaux[2], selon lui : « le public va s'attendre à ce qu'elle chante »[3]. D'autre part les obligations de l'actrice appelée sur d'autres projets, eurent pour conséquence d’accélérer le tournage[4].

Les relations entre Hitchcock et Paul Newman ont été difficiles. La scène du meurtre dans la ferme posait problème à Newman qui ne comprenait pas pourquoi la fermière l'aidait à tuer Gromek. Hitchcock aurait répondu à l'acteur : "Pourquoi vous aide-t-elle ? Parce qu'elle vient tourner la scène au studio aujourd'hui !".[réf. nécessaire] Les deux hommes ne travailleront plus jamais ensemble.

Pour le rôle de Hermann Gromeck, l'agent de la Stasi mâchant du chewing-gum, chargé de surveiller le professeur Armstrong, et qui est assassiné par celui-ci, Hitchcock choisit l'acteur allemand Wolfgang Kieling qui s'était fait remarquer dans Le congrès s'amuse. À l'origine, Kieling devait incarner à la fois Gromeck et son frère jumeau. Dans une scène qu'Hitchcock a coupé au montage, Newman devait annoncer à son frère la mort de Gromeck[5].

Scènes marquantes[modifier | modifier le code]

Parmi les scènes où le savoir-faire du réalisateur s'affirme clairement, on retient généralement la filature dans le musée pour son travail sur le son, la fuite en bus, et la scène du meurtre. La scène du meurtre, l'élément le plus mémorable du film, illustre la tendance qu'aura le réalisateur avec les années, à tendre vers une représentation naturaliste du crime (qui aboutira par la strangulation au moyen d'une cravate et la représentation d'un cadavre sans « noblesse » dans Frenzy).

Nomination[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bourdon 2007, p. 820.
  2. Bourdon 2007, p. 52.
  3. Law 2010, p. 130.
  4. Bourdon 2007, p. 821.
  5. Bourdon 2007, p. 517.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Laurent Bourdon, Dictionnaire Hitchcock, Paris, Larousse, coll. « In Extenso », (ISBN 978-2-03-583668-7).
  • (en) John William Law, Alfred Hitchcock : The Icon years, San Francisco, Aplomb Publishing, (ISBN 978-0-9665676-4-9).

Liens externes[modifier | modifier le code]