National Endowment for the Arts

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National Endowment for the Arts
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Le National Endowment for the Arts (NEA), signifiant en français Fonds national pour les arts, est une agence culturelle fédérale des États-Unis. Elle est chargée d'aider les artistes et les institutions culturelles du pays. Elle fut créée en 1965 par une loi votée par le Congrès américain comme agence indépendante du gouvernement des États-Unis.

L'actuelle présidente est Mary Ann Carter.

Ses bureaux se trouvaient jusqu'en 2013 dans l’Old Post Office Pavilion, à Washington D.C..

Histoire[modifier | modifier le code]

Old Post Office Pavilion, l'ancien siège du NEA à Washington DC.

Contexte[modifier | modifier le code]

Il n'existe aucun ministère de la Culture aux États-Unis et la culture est l'affaire des autorités locales et de la société civile ; la culture doit être indépendante du pouvoir et de la bureaucratie pour assurer la liberté des artistes. Cependant, les présidents qui se sont succédé dans la deuxième moitié du XXe siècle n'ont pas tous été indifférents aux problèmes culturels. Eisenhower crée par exemple le National Cultural Center à Washington DC, qui sera rebaptisé John F. Kennedy Center for the Performing Arts après l'assassinat de Kennedy.

La création du NEa intervient également dans le contexte de la Guerre froide qui oppose l'Union soviétique aux États-Unis : la compétition est idéologique, militaire et technologique, mais elle affecte également le domaine culturel. L'URSS envoie le premier homme dans l'espace et s'autoproclame patrie des intellectuels et des artistes[1]. L'art devient un moyen de propagande dans les deux camps. Le gouvernement fédéral prend le contre-pied du modèle soviétique : il n'y aura pas de ministère de la culture centralisé et l'art américain sera encouragé à se développer et à se diffuser dans le monde. Pour pallier la crise financière que traversent de nombreux musées et théâtres, les subventions seront néanmoins distribuées.

Débuts du NEA[modifier | modifier le code]

L'idée d'une agence culturelle aux États-Unis est apparue sous la présidence d'Eisenhower, mais le projet d'un Conseil national pour les Arts fut finalement rejeté par le Congrès. Sous la pression des syndicats d'artistes et d'écrivains, Lyndon Baines Johnson (président de 1963 à 1969) décide de mettre en place une institution subventionnée par des fonds fédéraux mais indépendante du gouvernement. La loi est promulguée le [2]. Elle est complétée en 1965 par la création de la National Foundation on the Arts and the Humanities.

L'agence du NEA n'est pas conçue pour être un ministère : elle fonctionne comme une organisation à but non lucratif et repose en grande partie sur la philanthropie.

Apogée dans les années 1970[modifier | modifier le code]

Dans les années 1970, le NEA devient une agence importante pour la culture et les arts aux États-Unis. Son budget augmente pour atteindre 100 millions de dollars en 1977[3]. En 1980, 245 personnes sont employées à temps plein[3].

Les divers programmes du NEA permettent de distribuer des subventions, des bourses aux artistes, des aides aux agences culturelles locales[4]. Le Museum Program soutient les musées, le Folk Art Program promeut l'artisanat, le programme Artists in School tente de développer l'art à l'école[5].

Déclin de l'institution[modifier | modifier le code]

Dans les années 1980, l'arrivée au pouvoir des conservateurs, la réactivation de la Guerre froide et le réveil de l'évangélisme accompagnent les culture wars : ces polémiques et ces tensions se déclenchent à la suite d'expositions de photographies controversées et financées par le NEA. Les photographies ont pour sujet l’homosexualité et représentent des scènes érotiques, pornographiques et sadomasochistes (Robert Clark Young, Robert Mapplethorpe). Les associations conservatrices combattent des œuvres telles que Piss Christ d’Andres Serrano, une photographie représentant un crucifix plongé dans l’urine de l’artiste[6]. La pièce de Terrence McNally Corpus Christi prête à polémique car elle propose un Jésus ayant des relations homosexuelles avec ses disciples[7]. Les culture wars provoquent la censure d'œuvres financées par le NEA. Une clause anti-obscénité est mise en place pour tout artiste souhaitant recevoir des aides fédérales.

Une loi de décembre 1980 impose de tenir compte de la diversité culturelle dans les actions du NEA[8].

Liste des directeurs du NEA[modifier | modifier le code]

  1. Roger L. Stevens, 1965-1969, nommé par Lyndon B. Johnson
  2. Nancy Hanks, 1969-1977, nommée par Richard M. Nixon
  3. Livingston L. Biddle Jr., 1977-1981, nommé par Jimmy Carter
  4. Frank Hodsoll, 1981-1989, nommé par Ronald Reagan.
  5. John E. Frohnmayer, 1989-1992, nommé par George H. W. Bush
  6. Jane Alexander, 1993-1997, nommée par Bill Clinton
  7. Bill Ivey, 1998-2001, nommé par Bill Clinton
  8. Michael P. Hammond, 2002, nommé par George W. Bush
  9. Dana Gioia, 2003-2009, nommé par George W. Bush
  10. Patrice Walker Powell, 2009 (intérim), nommé par Barack Obama
  11. Rocco Landesman, 2009-2012, nommé par Barack Obama
  12. Joan Shigekawa, 2012-2014, nommée par Barack Obama
  13. R. Jane Chu, depuis 2014, nommée par Barack Obama
  14. Mary Anne Carter, depuis 2019, nommée par Donald Trump[9]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Articles[modifier | modifier le code]

  • (en-US) « Grants to Art Museums National Endowment for the Arts », Art Journal, Vol. 32, No. 4,‎ , p. 449-452 (4 pages) (lire en ligne Inscription nécessaire),
  • (en-US) Ralph A. Smith, « A Policy Analysis and Criticism of the Artist-in-Schools Program of the National Endowment for the Arts », Art Education, Vol. 30, No. 5,‎ , p. 12-16+18-19 (7 pages) (lire en ligne Inscription nécessaire),
  • (en-US) Elliot W. Eisner, « The State of Art Education Today and Some Potential Remedies: A Report to the National Endowment for the Arts », Art Education, Vol. 31, No. 8,‎ , p. 14-18+20-23 (9 pages) (lire en ligne Inscription nécessaire),
  • (en-US) Francis S. M. Hodsoll, « Supporting the Arts in the Eighties: The View from the National Endowment for the Arts », The Annals of the American Academy of Political and Social Science, Vol. 471,‎ , p. 84-88 (5 pages) (lire en ligne Inscription nécessaire),
  • (en-US) Frank Hodsoll, « The National Endowment for the Arts and Cultural Economics : The Information Partnership », Journal of Cultural Economics, Vol. 9, No. 1,‎ , p. 1-12 (12 pages) (lire en ligne Inscription nécessaire),
  • (en-US) Fraser Barron, « A Mission Renewed : The Survival of the National Endowment for the Arts, 1981-1983 », Journal of Cultural Economics, Vol. 11, No. 1,‎ , p. 22-75 (54 pages) (lire en ligne Inscription nécessaire)
  • (en-US) Craig Alford Masback, « Independence vs. Accountability: Correcting the Structural Defects in the National Endowment for the Arts », Yale Law & Policy Review, Vol. 10, No. 1,‎ , p. 177-204 (28 pages) (lire en ligne Inscription nécessaire),
  • (en-US) Michael C. Dorf, « Artifactions: The Battle over the National Endowment for the Arts », The Brookings Review, Vol. 11, No. 1,‎ , p. 32-35 (4 pages) (lire en ligne Inscription nécessaire),
  • (en-US) Julie Van Camp, « Freedom of Expression at the National Endowment for the Arts: An Opportunity for Interdisciplinary Education », The Journal of Aesthetic Education, Vol. 30, No. 3,‎ , p. 43-65 (23 pages) (lire en ligne Inscription nécessaire),
  • (en-US) Elliot W. Eisner, « The State of Art Education Today and Some Potential Remedies: A Report to the National Endowment for the Arts », Art Education, Vol. 50, No. 1,‎ , p. 27-28+61-72 (14 pages) (lire en ligne Inscription nécessaire),
  • (en-US) Francesca Bornonovi & Michael O'Hara, « The Impact of the National Endowment for the Arts in the United States: Institutional and Sectoral Effects on Private Funding », Journal of Cultural Economics, Vol. 28, No. 1,‎ , p. 21-36 (16 pages) (lire en ligne Inscription nécessaire),
  • (en-US) S. K. Wertz, « The National Endowment for the Arts and Its Opposition: Danto's Argument for Art for Our Sake », The Journal of Aesthetic Education, Vol. 41, No. 3,‎ , p. 111-117 (7 pages) (lire en ligne Inscription nécessaire),

Essais[modifier | modifier le code]

Francophone[modifier | modifier le code]

Anglophones[modifier | modifier le code]

  • (en-US) Jane Alexander, Command Performance An Actress In The Theater Of Politics, New York, PublicAffairs, , 366 p. (ISBN 9781891620065, lire en ligne),
  • (en-US) Donna Binkiewicz, Federalizing the Muse : United States Arts Policy and the National Endowment for the Arts, 1965-1980, Chapel Hill, Caroline du Nord, University of North Carolina Press, , 320 p. (ISBN 9780807828786, lire en ligne),
  • (en-US) Jerry Henderson, The State and the Politics of Culture : A Critical Analysis of the National Endowment for the Arts, Lanham, Maryland, University Press of America, , 94 p. (ISBN 9780761831808, lire en ligne),
  • (en-US) Mark Bauerlein & Ellen Grantham, National Endowment for the Arts : A History, 1965-2008, Washington, DC, National Endowment for the Arts, , 326 p. (ISBN 9780615232485, lire en ligne),

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. F. Martel, De la culture en Amérique, 2006, p. 32.
  2. F. Martel, op. cit., p. 80.
  3. a et b F. Martel, op. cit., p. 165.
  4. F. Martel, op. cit., p. 154.
  5. F. Martel, op. cit., p. 159.
  6. F. Martel, op. cit., p. 240.
  7. F. Martel, op. cit., p. 254.
  8. F. Martel, op. cit., p. 481.
  9. (en) « Mary Anne Carter Confirmed by Senate as Chairman of National Endowment for the Arts », sur NASAA (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]