Énergie en Suisse

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Énergie en Suisse
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Le pétrole, l'énergie nucléaire et l'énergie hydraulique sont les principaux agents énergétiques utilisés pour la production d'énergie en Suisse, tandis que les transports sont les principaux consommateurs.
Bilan énergétique (2019)
Offre d'énergie primaire (TPES) 24,3 M tep
(1 019,3 PJ)
par agent énergétique électricité : 40,7 %
pétrole : 35,5 %
gaz naturel : 12 %
charbon : 0,3 %
Énergies renouvelables 14,5 %
Consommation totale (TFC) 17,7 M tep
(740,1 PJ)
par habitant 2,1 tep/hab.
(87,1 GJ/hab.)
par secteur ménages : 28,6 %
industrie : 19,5 %
transports : 32,2 %
services : 17,9 %
agriculture : 0,6 %
Commerce extérieur (2018 - ktep)
Importations électricité : 2537
pétrole : 11194
gaz naturel : 2929
charbon : 80
bois : 216
Exportations électricité : 3075
pétrole : 459
bois : 3
Sources
Agence internationale de l'énergie[1],[2].
NB : dans le bilan énergétique, l'agent « bois » comprend l'ensemble biomasse-déchets.

Le secteur de l'énergie en Suisse est, par sa structure et son importance, typique d'un pays développé. Hormis l'énergie hydroélectrique et le bois énergie, le pays dispose de peu de ressources énergétiques indigènes : produits pétroliers, gaz naturel et combustible nucléaire sont importés, de sorte qu'en 2018 seulement 25 % de la consommation d'énergie primaire ont été couverts par des ressources locales.

La consommation énergétique finale a été multipliée par près de cinq depuis le début du XXe siècle, passant d'environ 47 TWh à 231 TWh par an (170 PJ/an à 831 PJ/an), le secteur le plus consommateur étant aujourd'hui celui des transports (37,8 % en 2018). Cette augmentation a été le produit du fort développement de son économie et de l’accroissement de la population. Le secteur étant fortement libéralisé, la politique énergétique fédérale vise à accompagner les promesses faites à Kyoto en promouvant une utilisation plus rationnelle des énergies et, particulièrement depuis les années 1990, le développement de nouvelles sources renouvelables.

Grâce à la part importante de l'hydroélectricité (55,4 %) et du nucléaire (36,1 %) dans la production électrique, les émissions de CO2 liées à l'énergie par habitant en Suisse sont inférieures de 50 % à celles de l'Allemagne et de 7 % à celles de la France. 45 % de ces émissions proviennent du secteur des transports.

À la suite de l'accident nucléaire de Fukushima en , le Conseil fédéral a annoncé le une sortie progressive de l'énergie nucléaire programmée pour 2034.

Cette "stratégie énergétique 2050" a été acceptée en votation populaire par 58,2 % de la population le , et la nouvelle législation mise en vigueur en 2018.

Histoire[modifier | modifier le code]

Intérieur de l'usine hydraulique de la Coulouvrenière, à Genève, dans les années 1900.

Globalement, l'économie énergétique suisse s'est développée similairement au reste de l'Europe, bien qu'elle ait été en retard jusqu'en 1850. Jusqu'au milieu du XIXe siècle, la Suisse est une société agraire. Elle fait reposer son approvisionnement énergétique sur le bois, la biomasse, l'éolien (pour de la navigation à voile), l'hydraulique (pour des moulins), la tourbe dans certains cantons et le charbon indigène dès le XVIIIe siècle[3],[4]. L'énergie mécanique dépend alors de la force humaine ou animale, et le transport de combustibles sur de longues distances n'a pas de sens économiquement[3].

La construction de chemins de fer vers 1850 permet de relier la Suisse à l'Allemagne et la France et donne lieu aux premières importations de combustibles fossiles, tels que la houille. La transition de la Suisse vers une société industrielle provoque peu à peu la disparition de l'industrie de la tourbe et permet d'alléger les besoins en bois, bien que celui-ci soit alors toujours principalement utilisé dans les ménages et l'artisanat. Dans les années 1880, l'électricité commence à être utilisée en Suisse. Avant et pendant la Première Guerre mondiale, des crises du charbon amènent la Suisse à reconsidérer sa politique énergétique, et les premiers barrages hydrauliques voient le jour à partir de 1918. Dès lors, l'électricité prend de plus en plus d'importance dans la consommation énergétique, notamment grâce à l'éclairage, la chaleur industrielle et l'électrification des Chemins de fer fédéraux suisses[3].

La centrale nucléaire de Beznau, ici en 1969 pendant sa construction, permet à la Suisse d'exploiter pour la première fois de l'énergie nucléaire.

L'arrivée de la motorisation à partir de 1930 change à nouveau le mix énergétique suisse avec l'arrivée du pétrole. Lors de la Seconde Guerre mondiale, le principal combustible utilisé par les ménages et l'industrie est le charbon, celui-ci plaçant la Suisse dans une position de faiblesse pour négocier avec l'Allemagne. En 1950, les produits pétroliers sont cependant plus utilisés pour le chauffage des ménages et des industries que pour les transports. La Suisse entre alors dans une société de consommation, ce qui cause une augmentation des besoins énergétiques du pays. Celle-ci est couverte par une hausse du nombre de centrales hydrauliques et l'arrivée de l'énergie nucléaire en 1969[3].

Vers 1970, la houille est progressivement abandonnée au détriment du gaz naturel, plus propre et disponible grâce à la construction de gazoducs. De manière générale, les ressources énergétiques pétrolières ont un impact fondamental sur le mode de vie des Suisses, qui se déplacent plus. Le premier choc pétrolier touche la Suisse en 1974 et 1975, et il permet de se rendre compte que le pays dépend trop d'agents énergétiques importés. Dès lors, de nouvelles solutions énergétiques renouvelables et durables sont mises en avant, telles que la géothermie, l'énergie solaire, l'éolien et le biogaz, mais les économies d'énergie sont également explorées, par exemple au travers de la chaleur de récupération ou l'amélioration de l'isolation thermique dans le bâtiment[3]. Depuis cette date, la production de ces agents énergétiques est en hausse continuelle[5].

En 2017, la Stratégie énergétique 2050 est acceptée lors d'une votation populaire avec 58,2 % de votes favorables. Celle-ci est motivée par l'accident nucléaire de Fukushima de 2011 et prévoit l'interdiction de construction de nouvelles centrales nucléaires, la fermeture graduelle des centrales existantes ainsi que des mesures pour réduire la consommation d’électricité, augmenter l’efficacité énergétique et promouvoir les énergies renouvelables[6]. La même année, la Suisse ratifie l'accord de Paris sur le climat, visant à limiter le réchauffement climatique à °C en 2100. Le pays s'est donc engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de moitié en 2030 par rapport à 1990 et doit parvenir à zéro émissions nettes en 2050[7]. Pour arriver à cet objectif, l'abandon des énergies fossiles est privilégié[8].

Agents énergétiques[modifier | modifier le code]

Mix énergétique primaire suisse en pourcents pour l'année 2020[9].

Les agents énergétiques sont des matières pouvant couvrir les besoins de la Suisse en énergie grâce à leur teneur énergétique élevée. Ils se présentent sous divers formes, et sont généralement catégorisés comme étant primaires — non transformés, comme le pétrole brut ou le bois — ou secondaires — comme l'essence et le charbon de bois[10]. Les agents énergétiques se définissent également selon leur provenance ; en Suisse en 2020, la production indigène comprend le bois énergie, la force hydraulique, les ordures ménagères, les déchets industriels, l'énergie solaire, l'éolien, la géothermie, la chaleur ambiante, le biogaz, les carburants biogènes et la biomasse[11]. Les agents énergétiques indigènes ont produit 287 010 TJ en 2020[12].

Le taux d'agents énergétiques importés varie annuellement selon la fluctuation des prix de l'énergie, de la conjoncture et des conditions hydrologiques et climatiques[13]. L'importation d'agents énergétiques concerne le bois et le charbon de bois, le charbon, le pétrole brut et les produits pétroliers, le gaz naturel, les carburants biogènes et l'électricité. La Suisse a importé 621 380 TJ en 2020[14]. Le pays exporte également du bois, du charbon de bois, du charbon, du pétrole brut, des produits pétroliers et de l'électricité pour 136 150 TJ en 2020[12].

Les organisations internationales catégorisent les combustibles nucléaires comme faisant partie du bilan indigène. L'Office fédéral de l'énergie (OFEN) les considère cependant comme importés mais ne les inclut pas dans ses bilans d'importation, le temps entre l'arrivée en Suisse du combustible et son utilisation étant considérable[15].

Renouvelables[modifier | modifier le code]

Le bois énergie et les forces hydrauliques sont les principales sources d'énergie renouvelables en Suisse. L'OFEN considère comme « autres énergies renouvelables » l'énergie solaire, l'énergie éolienne, les biogaz, les biocarburants ainsi que les pompes à chaleur alimentées par la géothermie et la chaleur ambiante[16]. L'utilisation des « autres énergies renouvelables » fait l'objet de relevés depuis 1990[17]. L'ordonnance sur l'énergie de 2017 fixe à 50 % la part renouvelable des déchets incinérés[18]. En 2020, la consommation finale des énergies renouvelables s'est élevée à 203 476 TJ, soit 27 % de la consommation totale finale[19],[20]. Pour respecter la Stratégie énergétique 2050, les sources d'énergie renouvelables devraient représenter 100 % du mixte énergétique de la Suisse en 2050[21].

Forces hydrauliques[modifier | modifier le code]

Localisation des centrales hydroélectriques en Suisse.

Historiquement, les forces hydrauliques suisses sont d'abord converties en énergie mécanique dans des moulins afin de broyer des matières premières, telles que des céréales ou du papier[22]. Leur utilisation est alors limitée à des lieux proches de cours d'eau, et elle est ainsi consommée localement, parfois en la transportant sur une centaine de mètres au moyen de courroies[23]. Dès la fin du XIXe siècle, l'énergie hydraulique sert à la production d'électricité et la transformation en énergie mécanique perd peu à peu son intérêt[24]. Au milieu des années 1920, les forces hydrauliques dépassent le bois en tant que premier agent énergétique indigène[23]. Les plus gros bassins d'accumulations de Suisse sont construits entre 1945 et 1970, en même temps que de nombreuses centrales au fil de l'eau[24].

L'hydrologie de la Suisse est marquée par la présence de nombreux cours d'eau sur tout le territoire national ainsi que par un niveau de précipitations important[24] ; ceux-ci participent au cycle de l'eau et font de l'énergie hydraulique une source renouvelable[25]. L'énergie hydraulique joue un rôle important dans la Stratégie énergétique 2050 de la Suisse[26]. Les centrales existantes doivent être rénovées ou agrandies et de nouvelles centrales doivent être construites pour atteindre les objectifs fixés[27] ; cependant, une augmentation substantielle de la production hydraulique n'est pas possible, le débit des cours d'eau devant être maintenu[28]. La production annuelle d'énergie par force hydraulique n'est pas affectée de manière significative par le réchauffement climatique, bien que, entre 2021 et 2050, la production moyenne devrait baisser de 4 à 6 % les mois d'été et augmenter de 10 % les mois d'hiver[29]. En 2020, 667 centrales produisent 36 741 GWh annuellement, 48,7 % venant de centrales au fil de l'eau, 47 % de centrales à accumulation et 4,3 % de centrales à pompage-turbinage. Les cantons alpins d'Uri, des Grisons, du Tessin et du Valais couvrent environ 63 % de la production totale ; des centrales internationales, alimentées par des cours d'eau frontaliers, représentent 11 % de la production suisse[24]. La même année, les forces hydrauliques produisent 146 220 TJ, ce qui représente 50,9 % de la production indigène d'agents énergétiques primaires[5] et 12,3 % de la consommation brute d'énergie du pays[9].

Bois[modifier | modifier le code]

Exploitation forestière dans le canton de Vaud ; bûches de bois de chauffage.

En Suisse, le bois énergie est surtout utilisé pour la production de chaleur, mais également dans certains cas pour la production d'électricité au moyen de vapeur et d'une turbine ou comme carburant sous forme de gaz[30],[31]. Le bois a constitué la principale ressource énergétique en Suisse jusqu'à l'arrivée du charbon[32]. Au début du XXe siècle, le bois assure environ 15 % des besoins énergétiques du pays. Lors de la Première Guerre mondiale, le manque de charbon engendre un recours plus important au bois, et à la fin de la guerre, celui-ci couvre environ 20 % des besoins. L'utilisation du bois comme ressource énergétique a ensuite lentement diminué jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle la production de bois comme ressource énergétique atteint des valeurs bien supérieures à la croissance naturelle du bois dans le pays ; en 1941 et 1942, l'utilisation est montée à 200 % de la croissance naturelle du bois. Au cours de cette période, le bois représente 30 % de la consommation totale d'énergie dans le pays[33]. Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, la part du bois dans les énergies utilisées en Suisse a diminué pour ne représenter que 1,7 % de la consommation finale en 1970. À la suite du premier choc pétrolier, cette part a fortement augmenté pour atteindre 3,7 % en 1985[33]. Depuis 1990, un changement de méthode fait que les chiffres récents ne sont pas comparables à ceux avant cette période[34].

La loi fédérale sur les forêts fait du bois une source d'énergie durable en plus d'être renouvelable, car elle interdit de récolter plus de bois qu'il n'en pousse[35],[36]. En 2019, 1,9 million de mètres cubes de bois énergie ont été récoltés. Cela représente 37 % de la récolte totale de bois en Suisse. Près de la moitié vient de bois de forêt ; le bois hors forêt, les sous-produits tirés de la transformation du bois, le bois de récupération et le papier recyclé représentent l'autre moitié. Au total, 5 millions de mètres cubes de bois ont servi à produire de l'énergie, générant 10 TWh[37]. En 2020, le bois fournit 42 930 TJ, soit 15 % de la production indigène d'énergie[5] et, avec les importations, 4,5 % de la consommation d'énergie primaire du pays[9] ; il représente 5,3 % de la consommation finale d'agents énergétiques avec un volume de 39 480 TJ[38].

Ordures ménagères et déchets industriels[modifier | modifier le code]

Localisation des usines et répartition du territoire suisse pour l'incinération des déchets[39].

La Suisse génère environ 24 millions tonnes de déchets par an[40]. Le recyclage est la première méthode de valorisation des déchets en Suisse, couvrant 52 % de ceux-ci en 2016[41]. Les déchets ne pouvant être recyclés sont utilisés comme combustibles dans des usines d'incinération des ordures ménagères (UIOM) ou dans des cimenteries[42]. La chaleur est alors exploitée sous forme d'énergie au moyen de réseaux de chaleur ou en produisant de l'électricité[42].

En Suisse, les déchets sont répartis en deux catégories distinctes : les ordures ménagères, qui sont utilisées comme agent énergétique primaire, et les déchets industriels, qui comprennent entre autres les boues d’épuration et les déchets de l'industrie du papier et qui sont utilisés comme agents énergétiques finals[43],[44]. La part renouvelable des déchets incinérés englobe la biomasse, le papier, le carton, les textiles et les emballages composites[18]. L'utilisation des déchets comme agent énergétique fait l'objet de statistiques officielles depuis 1978. Au début des années 1980, la part des déchets au mixte énergétique brute est similaire à celle du bois. Elle connaît, en 1985, une forte croissance grâce à la transformation d'usines d'incinération ne possédant pas la possibilité de récupérer de l'énergie[44].

La combustion des déchets demande une certaine énergie ; les UIOM suisses récupèrent 69 % de l'énergie consommée. Les polluants qui se trouvent dans la fumée sont retenus ou détruits par des systèmes d'épuration, mais 1 271 kg de CO2 sont émis à chaque tonne de déchets brûlée, soit 5 % des gaz à effet de serre émis par la Suisse[45]. Entre 2010 et 2018, le pouvoir calorifique des déchets incinérés a été en moyenne de 3,3 MWh/t[46]. En 2020, 4 071 600 tonnes de déchets ont été valorisées par les 30 UIOM suisses[47]. Les déchets ont ainsi fourni 60 470 TJ, soit 21,1 % de la production indigène d'énergie[5] et 6 % de la consommation brute d'énergie suisse[9].

Chaleur ambiante et géothermie[modifier | modifier le code]

Pose de tuyaux pour un réseau de chaleur à Genève. Les Services industriels de Genève utilisent de l'eau du Léman pour chauffer et refroidir des bâtiments à distance[48].

En Suisse, les systèmes de pompe à chaleur (PAC) utilisent la chaleur ambiante et la géothermie afin de chauffer ou refroidir des locaux et de l'eau[49]. La chaleur ambiante exploite la chaleur de l'air à proximité du sol, dans les eaux de surface et dans le sol jusqu'à quelques mètres de profondeur. C'est un sous-produit de l'énergie solaire, puisque c'est celle-ci qui renouvelle constamment la chaleur. La géothermie est quant à elle alimentée par la chaleur des sous-sols et des eaux souterraines. Le caractère renouvelable de la géothermie vient du réchauffement des zones exploitées par la désintégration d’isotopes radioactifs[50]. La géothermie présente des risques durant le forage (sismicité induite, pollution des eaux, dégagement de gaz, etc.) ainsi que pendant son exploitation et la construction d'un système utilisant la géothermie requiert un permis[51],[52].

En 2017 en Suisse, il n'existe aucune installation qui produit de l'électricité à partir de chaleur ambiante ou de géothermie[49]. La part la plus importante de la production de chaleur par géothermie vient des sondes placées jusqu'à 200 m de profondeur (78,2 % de la production en 2017), suivi par l'exploitation des eaux souterraines (11,6 %), des eaux thermales (8,3 %), des géostructures (1,1 %), des aquifères profonds (0,4 %) et des eaux drainées par les tunnels (0,2 %)[49]. Deux projets de géothermie de grande profondeur, à Bâle en 2006 et à Saint-Gall en 2013 — respectivement à 5 000 et 4 000 m de profondeur —, ont été abandonnés car ils ont induit des séismes de 3,4 et 3,5 sur l'échelle de Richter[53]. En 2017, 10 projets de géothermie de moyenne et grande profondeur étaient à l'étude[54].

Les PAC à chaleur ambiante ou géothermie n'émettent pas de CO2 mais consomment un peu d'électricité pour leur fonctionnement ; il est possible de coupler une PAC à une installation photovoltaïque afin de minimiser sa consommation électrique[50]. Les PAC tendent à remplacer les chaudières à énergies fossiles dans le cadre la Stratégie énergétique 2050[50]. En 2020, la Suisse compte 350 380 PAC, soit 23 266 de plus que l'année précédente. Elles ont produit 7 402 GWh de chaleur et 18 670 PJ, soit 2,5 % de la consommation d’énergie finale en Suisse[55],[38],[56].

Énergie solaire[modifier | modifier le code]

Irradiation solaire sur le territoire suisse.

L'énergie solaire est transformée en électricité ou en chaleur grâce aux technologies de captage photovoltaïques et solaires thermiques[57]. La Suisse a fait office de pionnière en matière d'énergie solaire en Europe. En 1986, elle accueille la première installation solaire raccordée au réseau électrique en Europe[58], puis, en 1992, une centrale électrique solaire est inaugurée au mont Soleil ; c'est alors la plus grande centrale solaire d'Europe[59]. Au début du 21e siècle, la Suisse continue de faire partie des pays les plus innovants en matière d'énergie solaire avec des projets tels que PlanetSolar et Solar Impulse, bien que la production nationale d'énergie solaire soit en dessous de la moyenne européenne[60].

Depuis 2019, une centrale photovoltaïque de 2 240 m2 flotte sur le lac du barrage des Toules[61].

La plupart des installations solaires en Suisse se trouvent sur des bâtiments, la construction sur des terrains dédiés étant trop contraignante sur le plan administratif[60]. En 2020, la Suisse a installé 475,3 MWc, soit 19 320 nouvelles installations photovoltaïques, portant son total à 117 660 et 2 973,4 MWc. La même année, le parc photovoltaïque suisse a produit 2 598,7 GWh[62], soit 3,7 % de la production brute d'électricité du pays[63]. Les capteurs solaires destinés à la production de chaleur totalisent en 2020 une surface de 1,7 million de m2, une augmentation de 13 000 m2 par rapport à 2019 ; leur production de chaleur atteint 739 GWh[64]. L'énergie solaire thermique a fourni 2 660 TJ en 2020, soit 0,4 % de la consommation finale d'énergie du pays[20], et l'énergie photovoltaïque a produit 9 355 TJ, soit 3,8 % de la consommation brute[19]. La Suisse se classe au 15e rang mondial en pourcentage de la couverture de ses besoins en électricité par l'énergie solaire[65].

Selon l'OFEN, le potentiel solaire de la Suisse s'élève à 82 TWh par an. Pour répondre aux exigences de l'Accord de Paris sur le climat et la Stratégie énergétique 2050, la capacité de production du solaire photovoltaïque devrait augmenter de 1 500 MWc par année jusqu'en 2050. En convertissant en centrales solaires les surfaces routières, les places de stationnement et les espaces alpins déjà occupés, la production pourrait augmenter de 15 TWh par an. Le potentiel des façades de bâtiment en Suisse s'élève à 17 TWh par an[66].

Biogaz[modifier | modifier le code]

Usine de biogaz à Ibach, dans le canton de Schwytz. La chaleur latente de sa production est réutilisée dans un réseau de chaleur pour les communes de Schwytz, Ingenbohl, Morschach et Steinen[67].

Du biogaz est injecté dans le réseau de gaz naturel depuis 1998[56]. Celui-ci peut être utilisé pour les mêmes applications que le gaz naturel[68],[69],[70]. Le biogaz est renouvelable, et il peut être produit en Suisse, à partir de purin, d'eaux usées ou de déchets verts[56],[71],[72]. Il est considéré comme neutre en CO2 car ses émissions sont équivalentes à celles de la biomasse utilisée si celle-ci avait pourri sans rien produire[73]. En 2020, 369 GWh de biogaz ont été injectés dans le réseau suisse, soit 1 % de la consommation finale[71]. En 2017, la part de biogaz dans le gaz naturel utilisé comme carburant était de plus de 20 %[74]. Dans le cadre de la Stratégie énergétique 2050, la part du biogaz devrait passer à 30 % en 2030, 50 % en 2040 et devrait avoir complètement remplacé le gaz naturel en 2050[75].

Énergie éolienne[modifier | modifier le code]

L'énergie éolienne est utilisée pour produire de l'électricité en Suisse depuis 1986[76]. Avant cela, le seul moulin à vent connu se trouvait à Lutry entre la fin du XVIIe et la seconde moitié du XVIIIe siècle[22]. En 2020, la Suisse compte 38 éoliennes pour une puissance installée totale de 87,1 MW[62]. L'énergie éolienne produit plus en hiver, ce qui est utile pour combler la baisse de production des énergies hydraulique et solaire[76]. C'est également l'énergie renouvelable avec le plus petit bilan carbone, s'élevant à 15 grammes d'équivalent CO2 par kWh produit. La croissance du nombre d'éoliennes en Suisse est ainsi un élément important de la Stratégie énergétique 2050. Le nombre de sites exploitables avec un impact écologique moindre en Suisse équivaut à 30 TWh/an, mais 9 TWh/an suffiraient à atteindre les objectifs fixés pour 2050[77]. Cependant, les projets de parcs éoliens se concrétisent difficilement car ils rencontrent des oppositions de la part d'associations environnementales ou de riverains. Selon Lionel Perret, directeur de Suisse Eole, les procédures de construction d'une installation éolienne peuvent prendre jusqu'à 25 ans, contre cinq à dix ans dans les pays voisins ; en 2020, l'Autriche possède 1 100 éoliennes qui produisent 13 % de la consommation nationale[78]. La même année en Suisse, l'énergie éolienne a produit 145,5 GWh, soit 0,2 % de la production d’électricité nationale brute[62], alors que quatorze projets ont été déposés à l'enquête et que 75 autres sont en conception[77].

Fossiles[modifier | modifier le code]

Les énergies fossiles représentent les agents énergétiques issus de la transformation naturelle de matières organiques durant plusieurs millions d'années. Ils sont classifiés comme non renouvelables car leur processus de production n'est pas reproductible à l'échelle humaine[79]. En Suisse, près de trois quarts des émissions de CO2 sont produites par l'utilisation d'agents énergétiques fossiles[80]. Pour ces raisons, leur utilisation doit être réduite pour satisfaire les objectifs de la Stratégie énergétique 2050[81]. En 2020, les énergies fossiles ont représenté 475 660 TJ (47,5 %) de la consommation brute et 444 350 TJ (59,5 %) de la consommation finale d'énergie en Suisse[9],[38].

Pétrole et produits pétroliers[modifier | modifier le code]

L'usine de Chavalon, dans le canton du Valais, a utilisé du carburant lourd issu de la raffinerie de Collombey pour produire de l'électricité entre 1965 et 1999[82].

Des recherches pétrolifères ont été menées en Suisse par la Swisspetrol Holding SA, créée à cette fin. Il s'agissait d'une association de dix sociétés cantonales et régionales ; sa liquidation a eu lieu en 1994 en raison de la faible probabilité de trouver du pétrole exploitable dans le pays[83]. En 2008, face à la montée du prix du baril, les recherches pétrolifères reprennent notamment dans la région lémanique[84]. Jusqu'en 2008, les besoins suisses en pétrole et en produits pétroliers ont toujours dépendu des importations et d'éventuels stockages dans les dépôts pétroliers et raffineries.

Pendant la première moitié du XXe siècle, le pétrole n'a représenté qu'une part minime des agents énergétiques utilisés en Suisse. Au début des années 1930 il représentait 10 % de l'approvisionnement énergétique du pays. À la suite de la Seconde Guerre mondiale, les produits pétroliers ont pris une place très importante. En 1970, à la veille du premier choc pétrolier, ils représentent 80 % de l'approvisionnement énergétique. Après les deux chocs pétroliers des années 1970, cette part a diminué pour atteindre 70 % dans les années 1980[44].

Le pétrole brut n'est pas consommé tel quel, il est raffiné afin d'obtenir différents sous-produits comme le fioul, le kérosène ou les gaz (butane et propane). La Suisse possède deux raffineries, une à Collombey, arrêtée en 2015, qui appartenait à Tamoil Suisse SA au groupe Oilinvest, et l'autre à Cressier dans le canton de Neuchâtel[85], alimentée depuis Fos-sur-Mer (France) par l'oléoduc SPSE. La production de cette raffinerie suisse représentait 30,7 % de la consommation finale de produits pétroliers en 2018, le reste étant importé ou tiré des stocks. Cette part varie d'une année à l'autre mais reste comprise entre 29 et 47 % entre 1991 et 2018[86].

En 2018, la consommation finale de produits pétroliers a été de 9,56 Mt (millions de tonnes), dont 6,86 Mt de carburants et 2,70 Mt de combustibles ; elle a peu varié jusqu'en 2010 (11 à 12 Mt/an), puis a baissé brutalement de 7,9 % en 2011 ; après une légère remontée en 2012-2013, elle a chuté à nouveau de 9 % en 2014. Le pic de consommation avait été atteint en 1992 avec 12,295 millions de tonnes[87]. Sur le total des produits consommés, l'huile extra-légère (fioul domestique) représente 27,1 % (en recul progressif, avec des fluctuations selon les températures : c'est elle qui est responsable des chutes de consommation de 2011 et 2014, dues à des hivers très doux ; sa consommation a baissé de 63 % par rapport à 1973) ; l'essence représente 24 %, le carburant diesel 28,3 % (en hausse constante depuis plus de 30 ans, sauf pendant la décennie 1990 : sa part était de 5,5 % en 1975), les carburants d'aviation 19,6 % (eux aussi en progression constante depuis 30 ans, sauf dans les années 1990), l'huile moyenne et lourde 0,01 % (utilisée surtout pour la production d'électricité, elle est en voie de disparition après avoir eu une part de 23 % en 1973), la coke de pétrole 0,4 %, les autres produits pétroliers (gaz liquéfié, pétrole lampant, White Spirit) 0,7 %[88].

Gaz[modifier | modifier le code]

Tour de forage de Finsterwald, dans le canton de Lucerne en 1980.

Le gaz regroupe deux agents énergétiques aux compositions chimiques différentes : le gaz manufacturé, parfois appelé gaz de ville, un agent énergétique secondaire, et le gaz naturel, un agent énergétique primaire[89]. Le gaz de ville peut être produit dans des usines à partir de produits pétroliers, de charbon ou de bois[89]. Sa production a disparu progressivement pour s'arrêter définitivement en , le dernier producteur étant passé au gaz naturel[90]. La Suisse est raccordée au réseau international de gaz naturel[91]. Celui-ci s'est développé dans le pays à partir de 1971 grâce à la construction d'un gazoduc reliant l'Italie et les Pays-Bas[92]. Depuis, le réseau s'est considérablement développé et dessert tous les cantons romands, le Tessin, les Grisons et le nord de la Suisse[93]. Bien que les gisements suisses soient trop maigres pour justifier une exploitation économique, du gaz naturel a été extrait de 1985 à 1994 à Finsterwald, dans le canton de Lucerne. Cette production n’a représenté que 0,4 % de la production indigène d’agents énergétiques primaires en 1985, au plus fort de sa production[94].

Le gazoduc traversant le lac de Zurich lors de sa construction en 2012[95].

Le gaz peut être utilisé pour produire de la chaleur, pour générer de l'électricité au moyen de couplage chaleur-force et comme carburant[68],[69],[70]. Le gaz naturel se compose de méthane (CH4), est une ressource non renouvelable et sa combustion dégage du CO2 et du CH4. En 2020, les pouvoirs calorifiques inférieur et supérieur du gaz naturel étaient respectivement de 0,036 et 0,040 TJ/m3 et, en 2017, son facteur d’émission de CO2 valait 56,3 t de CO2 par TJ consommé[96],[97]. Le gaz naturel est principalement importé des Pays-Bas, de Russie, de Norvège, d'Allemagne et d'Algérie par 12 raccordements transfrontaliers[98]. Le gaz naturel tend à être remplacé par le biogaz d'ici à 2050 selon la Stratégie énergétique 2050[75].

En 2020, la Suisse a importé 33 148 GWh de gaz naturel (-2,6 % par rapport aux 34 060 GWh de 2019, mais +17,1 % par rapport à 2000)[14]. Le gaz est utilisé pour la production d'électricité et de chaleur (6,6 % de la consommation brute de gaz)[71], et directement dans l'industrie (33,7 % de la consommation finale de gaz), par les ménages (42 %), et dans les services (22,2 %) ; son utilisation dans les transports est encore faible : 0,9 %, dont près de la moitié pour les compresseurs des gazoducs[99]. Le gaz a représenté 119 330 TJ (11,9 %) de la consommation brute d'énergie et 112 860 TJ (15,1 %) de la consommation finale en Suisse[9],[38].

Charbon[modifier | modifier le code]

Pendant la première moitié du XXe siècle, le charbon est la principale ressource énergétique du pays. Avant la Première Guerre mondiale, le charbon, utilisé tant pour la production de chaleur que pour le travail mécanique, a représenté jusqu'à 80 % de l'énergie consommée en Suisse. À cette époque, les chemins de fer consommaient environ un quart du charbon utilisé dans le pays.

La Première Guerre mondiale a entraîné une hausse importante des prix du charbon, la situation ne revenant à la normale qu'après 1920 ; en 1919 et 1920 les Chemins de fer fédéraux suisses (CFF) ont payé le charbon six fois plus cher qu'avant la guerre[101]. Cette augmentation des prix et cette pénurie ont provoqué un rationnement, au point qu'en les CFF ont dû suspendre le trafic dominical.

Après la guerre, la consommation de charbon a lentement augmenté pour atteindre un maximum absolu d'environ 3,3 millions de tonnes en 1929. En raison des tensions politiques importantes en Europe, la Suisse constitue d'importants stocks de charbon dans les années précédant la Seconde Guerre mondiale. Ces stocks ainsi que l'extraction de tourbe, comme substituant, ont permis de pallier une partie des importations en nette baisse. En 1945, les stocks ont couvert 60 % des besoins bruts en charbon[101]. Au cours de la période 1950 - 1965, la consommation brute de charbon reste constante, elle est à un niveau correspondant à environ 80 % des années d'avant-guerre. Elle a par la suite diminué, alors que la consommation totale d'énergie a fortement augmenté durant les trois décennies suivant la seconde Guerre mondiale, ainsi sa part relative dans la consommation énergétique suisse a diminué. En 1998, la Confédération suisse annonce la fin de l'obligation du stockage obligatoire du charbon. À cette date, le charbon représente moins de 1 % de la consommation énergétique du pays[102].

Du charbon est présent dans le sous-sol suisse. Un total de trois millions de tonnes a été extrait dont 40 % pendant la Seconde Guerre mondiale, pour répondre à des problèmes d'approvisionnement[103]. L'exploitation du charbon présent dans le sous-sol est définitivement abandonnée en 1947 à la suite de la reprise des importations après-guerre[101].

En 2018, il n'y a plus d'extraction du charbon en Suisse ; 141 000 tonnes ont été importées[104] et 176 000 tonnes consommées[87]. La quantité de charbon consommée en 2018, correspondant à 4 290 TJ, représente 0,4 % de la consommation intérieure brute du pays[105] et est utilisée à 98 % dans l'industrie du ciment, et à 2 % par les ménages[106].

Électricité[modifier | modifier le code]

Lignes à haute tension sur le territoire de la commune d'Ollon, dans le canton de Vaud.

La Suisse produit principalement de l'électricité au moyen d'installations hydroélectriques et de centrales nucléaires[107]. En 2020, la production brute d'électricité est assurée à 58,1 % par les installations hydroélectriques, 32,9 % par les centrales nucléaires, 5,7 % par des centrales thermiques classiques (dont 1,7 % de part renouvelable) et 6,7 % d'énergies renouvelables diverses[63]. La consommation finale d'électricité représente 26,8 % de la consommation finale totale du pays en 2020, pour un total de 55 714 GWh, soit 200 570 TJ[108],[109]. La consommation par habitant s'élève à 6 451 kWh en 2020, en baisse de 3,29 % par rapport à l'année précédente. Globalement, la consommation par habitant en Suisse a atteint un pic en 2006 (7 721 kWh) avant de stagner quelque peu jusqu'en 2011 puis de baisser graduellement dès lors[110]. Selon l'Agence internationale de l'énergie, la consommation par habitant de la Suisse en 2018 était de 7 434 kWh, supérieure de 4 % à celle de la France (7 141 kWh) et de 9 % à celle de l'Allemagne (6 848 kWh)[2].

La consommation finale d'électricité en 2020 se répartit entre les ménages (34,6 % ; 30 % en 2000), le secteur primaire (agriculture, horticulture, sylviculture, pêche ; 1,7 % ; 1,9 % en 2000), le secteur secondaire (industrie, artisanat ; 29,9 % ; 34,5 % en 2000), les services (26,1 % ; 25,6 % en 2000) et les transports (7,7 %, dont chemins de fer 5,1 %, téléski, trams et trolleys et l'éclairage public 0,6 % et tunnels, gares et poste : 2,0 %)[111],[112].

La Suisse réalise des échanges internationaux avec tous ses pays frontaliers, soit l'Allemagne, l'Autriche, la France, le Liechtenstein et l'Italie[113]. Globalement, elle importe d'Allemagne, d'Autriche et de France et exporte massivement vers l'Italie[114],[115]. Les flux en importation et en exportation sont variables selon la période de l'année et le moment de la journée ; de manière générale, la Suisse exporte en été et importe en hiver[116]. En 2020, elle a importé 27 TWh et exporté 32,5 TWh[114].

Énergie nucléaire[modifier | modifier le code]

Les minerais d'uranium présents dans le sous-sol suisse n'ont jamais été exploités. Des recherches ont été menées entre 1957 et 1977. De nombreux gisements ont été découverts, la plupart se trouvant dans le canton du Valais, les autres dans les cantons des Grisons et de Saint-Gall. En 1979, une subvention de 1,5 million de francs suisses est octroyée par la confédération pour encourager la prospection d'uranium, subvention répartie de 1980 à 1984. Entre 1980 et 1981 des recherches sont menées dans le massif des Aiguilles Rouges. En 1982, c'est en Valais à Isérables (prospection au sol) et Naters (sondage) que des recherches sont menées. Entre 1982 et 1984, d'autres recherches, toujours en Valais, concernent la région de la nappe de charriage de Bernhard dans les Alpes pennines (ouest du Valais). Il en résulte que l'uranium présent dans la zone est disséminé de façon irrégulière dans la roche. Depuis 1985, aucune prospection d'uranium n'a été réalisée en Suisse[117]. En 1986, une étude a estimé que le coût du minerai exploité dans le gisement le plus intéressant dépasserait le prix du marché mondial[103].

Selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), aucune ressource en uranium n'est exploitée en 2016 en Suisse, et les besoins en uranium des centrales nucléaires suisses ont été de 231 tU en 2015 et 197 tU en 2016[118].

La Suisse ne dispose pas d'usine de production de combustible nucléaire, aucun projet de ce type n'existe. Les centrales nucléaires suisses fonctionnent donc avec du combustible importé. Il n'existe pas de politique fédérale sur l'approvisionnement en combustible nucléaire, en effet les sociétés privées propriétaires des centrales prennent la totalité des achats à leurs charges[119].

Selon l'OCDE, les seuls stocks d'uranium présents en Suisse sont ceux détenus par les entreprises exploitant les centrales nucléaires, il s'agit d'U3O8, d'UF6 (naturel) et d'UF6 (enrichi)[119].

Évolution historique[modifier | modifier le code]

Consommation brute[modifier | modifier le code]

Agents renouvelables[modifier | modifier le code]

Évolution de la consommation brute entre 1910 et 2020 en térajoule[120].

Agents non-renouvelable et autres[modifier | modifier le code]

Évolution de la consommation brute entre 1910 et 2020 en térajoule[120].

Consommation finale[modifier | modifier le code]

Chaleur à distance, déchets, bois et autres renouvelables[modifier | modifier le code]

Évolution de la consommation brute entre 1910 et 2020 en térajoule[a],[121].

Électricité et non-renouvelables[modifier | modifier le code]

Évolution de la consommation brute entre 1910 et 2020 en térajoule[121].

Secteurs de consommation[modifier | modifier le code]

Consommation finale selon les catégories de consommateurs en pétajoule pour l'année 2020[122].

Le secteur des transports est celui qui consomme le plus d'énergie (35 % du total) et ce avec une forte dépendance envers les produits pétroliers. L'énergie finale consommée par les transports en Suisse a plus que décuplé entre 1950 et 2000. Au début des années 2000, ce niveau a relativement peu varié pour être, en 2007, de 1 % inférieur à celui de 2000. En 2018, sur les 314 020 TJ consommés par les transports, 93,7 % proviennent de produits pétroliers et 3,5 % de l'électricité, fortement imputable aux chemins de fer. Le gaz représente seulement 0,3 % (compresseurs des gazoducs et gaz naturel pour véhicules). Le reste, 2,4 %, correspond aux énergies renouvelables (biocarburants, biogaz...), dont l'utilisation a augmenté de 36 % en 2018[106].

Les ménages sont le second secteur au regard de la consommation finale d'énergie (26,5 %). Le chauffage des locaux occupe une part importante de la consommation énergétique des ménages, celle-ci est donc liée au facteur climatique. Les hivers froids et longs demandent plus de chauffage que les hivers plus courts et plus doux. La consommation énergétique des ménages est sensiblement constante depuis une vingtaine d'années, avec des variations sensibles d'une année à l'autre, en fonction de la rudesse du climat. Néanmoins, les parts respectives de certaines énergies ont évolué, ainsi l'utilisation des produits pétroliers est en régression alors celles du gaz et de l'électricité augmentent[123]. En 2018, les besoins énergétiques des ménages ont été couverts à 30,7 % par l'électricité (19,9 % en 1990), à 30,4 % par les produits pétroliers (contre 57,3 % en 1990 et 49,3 % en 2000), à 20,6 % par le gaz (10,9 % en 1990), à 8,2 % par le bois, à 3,4 % par de la chaleur à distance. Les énergies renouvelables utilisées par les ménages sont l'énergie solaire, l'énergie éolienne, le biogaz et la chaleur de l'environnement (pompe à chaleur) ; l'utilisation de ces énergies est en hausse rapide, de 1 % des besoins des ménages en 1990 à 6,8 % en 2018[123].

L'industrie a consommé 18,1 % de l'énergie finale utilisée en Suisse en 2018, l'électricité étant le principal fournisseur d'énergie à l'industrie avec 41,4 % des 150 410 TJ consommés par ce secteur, suivie par le gaz (26,1 %), les produits pétroliers (9,5 %), le bois (7,3 %), les déchets industriels (7,2 %), la chaleur à distance (4,6 %) et le charbon (2,8 %)[106].

Les services ont consommé 16,1 % de l'énergie finale utilisée en 2018 dans le pays, dont 46,3 % pour l'électricité, 22,9 % pour les produits pétroliers, 18,4 % pour le gaz, 6,2 % pour le bois, 3,7 % pour la chaleur à distance et 2,5 % pour les énergies renouvelables diverses[106].

Taux d'indépendance énergétique[modifier | modifier le code]

En 2018, la production indigène d'agents énergétiques primaires couvre 25 % des besoins, la production nucléaire 25 % et les importations nettes d'agents énergétiques 50 %. Le taux d'indépendance énergétique est donc de 25 %, ou de 50 % si l'on considère le nucléaire comme une production indigène[124].

L'État fédéral suisse règlemente le volume des réserves stratégiques. Elles sont liées aux « risques et dangers auxquels l'approvisionnement du pays est soumis. » Selon le Département fédéral de l'économie, le risque de guerre en Europe n'est plus d'actualité, cependant les difficultés d'approvisionnement pourraient provenir de risques naturels ou techniques, de boycottage, de longues grèves ou des guerres et dangers hégémoniques hors d'Europe[125]. Ces réserves stratégiques concernent l'alimentation, l'énergie et les produits thérapeutiques. L'État fixe des quantités minimales non pas en volume mais en durée de consommation normale. Ainsi, dans le secteur de l'énergie cela correspond à 4,5 mois de consommation normale pour l'essence, le diesel et le mazout extra-léger et 3 mois pour le kérosène[126].

Contexte économique[modifier | modifier le code]

Prix des énergies pour le consommateur[modifier | modifier le code]

Évolution des prix de l'énergie et des prix à la consommation, indice 100 en 1990.

De 1990 à 2018, tous les prix des agents énergétiques à la production ou à l'importation ont fortement augmenté en monnaie constante (corrigée de l'inflation), à l'exception de l'électricité. L'augmentation la plus prononcée est celle de l'huile extra-légère (principalement utilisée pour le chauffage) : +151 %. Les carburants automobiles ont aussi augmenté : diesel +53 %, ainsi que le gaz : +111 %. La production d'électricité en Suisse étant très peu dépendante des énergies fossiles, le prix de l'électricité (+5 % en 28 ans) ne suit pas la tendance des énergies fossiles[127].

Les prix réels (diminués de l'inflation) à la consommation ont également connu une augmentation rapide, sauf ceux de l'électricité : huile extra-légère (fioul domestique) +99 % ; électricité +2 % ; gaz +46 % ; essence +21 %[128].

Commerce extérieur[modifier | modifier le code]

En matière de commerce extérieur, le secteur de l'énergie est déficitaire en raison de la forte dépendance vis-à-vis des énergies fossiles importées. Pour l'année 2018, l'excédent d'importation[b] se monte à 6 565 millions de Francs suisses (CHF) dont 5 750 millions CHF pour le pétrole, 890 millions CHF pour le gaz, 23 millions CHF pour le charbon, 33 millions CHF pour le bois et le charbon de bois et 146 millions CHF pour le combustible nucléaire, moins 277 millions CHF de solde exportateur d'électricité[129].

En ce qui concerne le marché de l'électricité, la Suisse a exporté plus d'énergie qu'elle n'en a importé, sur le plan monétaire cette balance commerciale est aussi positive avec un excédent d'importation de 277 millions de Francs suisses en 2018. Au cours des années 2005 et 2006, la Suisse a importé plus d'électricité (en kWh) qu'elle n'en a exporté, cependant ces deux années là le solde commercial est bénéficiaire. En effet, certaines installations hydroélectriques font du pompage-turbinage. L'électricité est achetée aux pays voisins pendant les creux de consommation (notamment la nuit et en week-end) quand le prix d'achat est faible, elle permet le remplissage des lacs d'accumulation (pompage), l'eau est ensuite turbinée pendant les pics de consommation où l'électricité est revendue à prix élevé.

Organisation fédérale[modifier | modifier le code]

Office fédéral de l'énergie[modifier | modifier le code]

L'Office fédéral de l'énergie (OFEN) est l'office fédéral compétent en matière d'énergie en Suisse. Il dépend du Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication. Il est chargé des questions relatives à l'approvisionnement énergétique et l'utilisation de l'énergie.

Le programme SuisseEnergie de l'OFEN a pour objectif de mettre en œuvre une partie de la politique énergétique du pays. Les différents objectifs de ce programme touchent trois secteurs : le climat, l'électricité et les énergies renouvelables. En ce qui concerne le climat, les objectifs fixent une réduction de 10 % des émissions de CO2 d'ici 2010, par rapport à leur niveau de 1990. En 2007, le niveau de ces émissions est de 2,7 % inférieur à celui de 1990. Pour l'électricité, l'objectif est de limiter l'augmentation de consommation à 5 % en 2010 par rapport au niveau de 2000. En 2007, cette augmentation se monte à 9,7 %. Concernant les énergies renouvelables, les objectifs prévoient une augmentation de 500 millions de kilowattheures dans la production d'électricité et de 3 000 millions de kilowattheures dans la production de chaleur[130].

Politique énergétique fédérale[modifier | modifier le code]

La politique fédérale sur l'énergie est décrite dans la Loi sur l'énergie (LEne) du . Cette loi a pour but un « approvisionnement énergétique suffisant diversifié, sûr, économique et compatible avec les impératifs de la protection de l'environnement »[131]. Le , le programme SuisseEnergie est lancé par le conseiller fédéral, chef du Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication, Moritz Leuenberger. Ce programme promeut, au niveau national, l'utilisation rationnelle de l'énergie[132].

La Suisse a adhéré au protocole de Kyōto en 2003. Ce protocole vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre. La Suisse, comme l'Union européenne, s'est engagée à réduire de 8 % ses émissions de CO2 entre 2008 et 2012 par rapport à leur niveau de 1990[133].

À la suite du tremblement de terre ayant touché le Japon en mars 2011 et aux accidents nucléaires ayant touché les installations de Fukushima, le Conseil fédéral annonce le une sortie progressive de l'énergie nucléaire programmée pour 2034[134]. Les 5 réacteurs en activité produisant 40 % de l'électricité du pays, l'accompagnement de la sortie du nucléaire porte sur les trois axes principaux suivants : les économies d'énergies, le développement des énergies renouvelables (éolien, solaire, biogaz et biomasse) et l'importation, ceci pour un coût estimé entre 0,4 % et 0,7 % du PIB et avec pour conséquence une augmentation des prix de l'électricité entre 15 % et 60 %[135].

Statistiques[modifier | modifier le code]

Les autorités fédérales établissent des statistiques annuelles sur l'énergie. En 1928, une statistique de la production d'électricité a été établie pour les 40 années précédentes. Ensuite l'Office fédéral de l'économie électrique, puis l'Office fédéral de l'énergie ont établi ces statistiques électriques annuellement. Les statistiques concernant les autres agents énergétiques étaient établies par des associations professionnelles et la Direction générale des douanes. Une statistique détaillée de l'énergie date du début des années 1950[136]. Des rétrospectives par périodes ont été publiées par l'Office fédéral de l'énergie.

Recherche[modifier | modifier le code]

La Commission fédérale pour la recherche énergétique ou (CORE) est un organisme fédéral. Il s'agit d'un organe consultatif du conseil fédéral et du Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication. Cette commission élabore le Plan directeur de la recherche énergétique de la Confédération suisse.

La Suisse mène des recherches sur l'énergie nucléaire, dans le domaine de la fission nucléaire et de la fusion nucléaire. Ces dernières années, le budget alloué à la recherche nucléaire a été réduit au profit de recherche sur l’utilisation rationnelle de l’énergie. En ce qui concerne la fission, la priorité est mise sur la sécurité et la gestion des déchets radioactifs. Ces travaux de recherche se déroulent presque exclusivement à l'institut Paul Scherrer et sont financés pour environ 40 % par les sociétés propriétaires des centrales nucléaires. Dans le domaine de la fusion, les directives de la CORE recommandent des contributions de très haut niveau de la Suisse à des projets internationaux. La Suisse participe notamment au programme ITER[137].

Impact environnemental[modifier | modifier le code]

Par habitant en 2018, la Suisse émettait 4,19 t/hab de CO2, soit 50 % de moins que l'Allemagne : 8,40 t/hab et 7 % de moins que la France : 4,51 t/hab[2].

Si on considère les émissions liées à la consommation (en), en 2019, la Suisse a émis 13,51 tonnes de CO2 par habitant, soit 37 % de plus que l'Allemagne (9,88 t/hab) et 108 % de plus que la France (6,48 t/hab). Les émissions par habitant de la Suisse (liées à la consommation) ont augmenté de 6 % depuis 1990, alors qu'elles ont baissé de 34 % en Allemagne et de 25 % en France[138]. En 2018, les émissions de CO2 par habitant étaient également nettement supérieures à la moyenne de l'Union européenne[139].

Évolution des émissions de CO2 liées à l'énergie
1971 1990 2018 var.
2018/1971
var.
2018/1990
var.UE28
2018/1990
Émissions[140] (Mt CO2) 38,9 40,7 35,7 −8,2 % −12,3 % −21,7 %
Émissions/habitant[141] (t CO2) 6,14 6,00 4,20 −31,6 % −30 % −27,1 %
Source : Agence internationale de l'énergie

L'AIE fournit également les émissions de 2019 : 36,3 MtCO2, en hausse de 1,7 % par rapport à 2018[142] ; par habitant : 4,23 tCO2[143].

Répartition par combustible des émissions de CO2 liées à l'énergie
Combustible 1971
Mt CO2
1990
Mt CO2
2018
Mt CO2
% var.
2018/1990
var.UE28
2018/1990
Charbon[144] 1,9 1,4 0,4 1 % −71 % −50,3 %
Pétrole[145] 37,0 33,2 24,7 69 % −25,6 % −17,0 %
Gaz naturel[146] 0 3,8 6,8 19 % +79 % +37,0 %
Source : Agence internationale de l'énergie

69 % des émissions suisses sont dues au pétrole.

Émissions de CO2 liées à l'énergie par secteur de consommation*
Émissions 2018 part du secteur Émissions/habitant Émiss./hab. UE-28
Secteur Millions tonnes CO2 % tonnes CO2/hab. tonnes CO2/hab.
Secteur énergie hors élec. 0,4 1 % 0,05 0,41
Industrie et construction 5,8 16 % 0,68 1,55
Transport 15,9 45 % 1,87 1,85
dont transport routier 15,5 43 % 1,82 1,71
Résidentiel 8,6 24 % 1,01 1,30
Tertiaire 4,5 13 % 0,53 0,86
Total 35,7 100 % 4,20 6,14
Source : Agence internationale de l'énergie[147]
* après ré-allocation des émissions de la production d'électricité et de chaleur aux secteurs de consommation.

Tous les secteurs de consommation suisses émettent largement moins de CO2 par habitant que la moyenne de l'Union européenne, sauf le transport, responsable à lui seul de 45 % des émissions du pays.

Comparaisons internationales[modifier | modifier le code]

Le Forum économique mondial classe la Suisse au premier rang mondial en 2014 selon son « indice de performance de l'architecture énergétique » fondé sur trois critères : contribution à la croissance économique, impact environnemental de l'approvisionnement et de la consommation énergétique et degré de sécurité, accessibilité et diversité de l'approvisionnement[148].

Unités et grandeurs[modifier | modifier le code]

Chaque secteur fournit ses données dans les unités d'énergies qui lui sont propres. Afin de réaliser une statistique globale sur un pays, il est nécessaire de ramener l'énergie à une unité commune ; pour ce faire, l'Office fédéral de l'énergie utilise le joule[149] :

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Rapports de l'office fédéral de l'énergie[modifier | modifier le code]

Statistique globale suisse de l'énergie[modifier | modifier le code]
  • (fr + de) Office fédéral de l'énergie, Statistique suisse de l'énergie 1910-1985, Berne, . Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (fr + de) Office fédéral de l'énergie, Statistique globale suisse de l'énergie 2018, Berne, (lire en ligne [PDF]). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (fr + de) Office fédéral de l'énergie, Statistique globale suisse de l'énergie 2020, Berne, (lire en ligne [PDF]). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
Statistique suisse de l’électricité[modifier | modifier le code]
  • (fr + de) Office fédéral de l'énergie, Statistique suisse de l’électricité 2000, Berne, (lire en ligne [PDF]). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (fr + de) Office fédéral de l'énergie, Statistique suisse de l’électricité 2018, Berne, (lire en ligne [PDF]). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (fr + de) Office fédéral de l'énergie, Statistique suisse de l’électricité 2020, Berne, (lire en ligne [PDF]). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
Bases de données[modifier | modifier le code]
Divers[modifier | modifier le code]
  • Office fédéral de l'énergie, Potentiel hydroélectrique de la Suisse : Évaluation du potentiel de développement de la force hydraulique dans le cadre de la Stratégie énergétique 2050, Berne, (lire en ligne [PDF]). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Suisse Énergie, Géothermie en Suisse, une source d’énergie polyvalente, Berne, (lire en ligne [PDF]). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Autres[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Depuis 1980, un changement de méthode pour le calcul de l'énergie du bois fait que les chiffres récents ne sont pas comparables à ceux avant cette période[121].
  2. On parle d'excédent d'importation pour la différence entre les importations et les exportations.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en)Data and statistics : Switzerland - Balances 2019, Agence internationale de l'énergie, 12 septembre 2020.
  2. a b et c (en) Agence internationale de l'énergie (AIE - en anglais : International Energy Agency - IEA), Key World Energy Statistics 2020, pages 60-69, 27 août 2020, [PDF].
  3. a b c d et e Daniel Marek (trad. Marie Ellenberger-Leuba), « Energie », sur hls-dhs-dss.ch, (consulté le ).
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