Énergie en Allemagne

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Énergie en Allemagne
Image illustrative de l’article Énergie en Allemagne
raffinerie MiRO, à Karlsruhe
Bilan énergétique (2015)
Offre d'énergie primaire (TPES) 307,8 M tep
(12 886,8 PJ)
par agent énergétique pétrole : 32,8 %
charbon : 25,8 %
gaz naturel : 21,2 %
électricité : 10,5 %
Énergies renouvelables 4,1 %
Consommation totale (TFC) 198,9 M tep
(8 327,6 PJ)
par habitant 2,4 tep/hab.
(101,9 GJ/hab.)
par secteur ménages : 26,7 %
industrie : 27,8 %
transports : 28 %
services : 17,4 %
agriculture : 0 %
pêche : 0 %
Électricité (2015)
Production 646,89 TWh
par filière thermique : 53,6 %
nucléaire : 14,2 %
éoliennes : 12,2 %
biomasse/déchets : 8,9 %
autres : 6,3 %
hydro : 3,8 %
Combustibles (2015 (MTep))
Production pétrole : 3,18
gaz naturel : 6,33
charbon : 43,00
Commerce extérieur (2015 (MTep))
Importations électricité : 3,18
pétrole : 130,73
gaz naturel : 85,89
charbon : 37,48
Exportations électricité : 7,33
pétrole : 22,47
gaz naturel : 27,23
charbon : 1,40
Sources

Le secteur de l’énergie en Allemagne est l’un des plus importants au monde : il est en particulier 2e importateur net de gaz naturel et 6e de pétrole et de charbon, 3e exportateur net d'électricité ; 1er producteur de lignite, 8e producteur de charbon/lignite, 7e producteur d'électricité, 5e producteur d'électricité à base de charbon et lignite, 7e producteur d'électricité nucléaire ; sa place est particulièrement éminente dans la production d'électricité à partir des énergies renouvelables (EnR) : 6e producteur mondial pour l'ensemble des EnR, 2e rang mondial pour le solaire, 4e rang pour la biomasse et 3e rang pour l'éolien.

Mais c'est aussi :

Pour sa consommation par habitant, l'Allemagne se situe très au-dessus de la moyenne mondiale : 3,77 tep par habitant (Monde : 1,86 tep, France : 3,71 tep, États-Unis : 6,80 tep).

L'Allemagne reste en 2015 très marquée par sa culture charbonnière : le charbon a été la base de la formidable ascension de l'industrie allemande au XIXe siècle, et reste une des composantes fondamentales de son approvisionnement énergétique (charbon + lignite : 23,6 % de l'énergie primaire consommée en 2016 ; 22,7 % en 2010). L'industrie charbonnière pèse encore très lourd du point de vue de l'emploi et de l'influence politique : le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le plus peuplé (23 % de la population allemande) et le plus fort contributeur au PIB (22 %), est le plus charbonnier avec les mines de lignite et de charbon du bassin de la Ruhr. L'Allemagne est le premier producteur mondial de lignite, utilisé pour produire 23,1 % de son électricité en 2016 contre 23,0 % en 2010 ; cette production d'électricité à base de lignite est passée de 146 TWh en 2010 à 161 TWh en 2013, niveau record depuis 1990, lorsque les centrales de l'ex-RDA tournaient à plein régime ; depuis, elle est redescendue à 150 TWh. Un signe flagrant de la persistance de cette culture charbonnière est que dans les statistiques allemandes l'unité « TEP » (tonne équivalent pétrole) n'est que rarement utilisée : les Allemands lui préfèrent la TEC (tonne équivalent charbon, en allemand : SKE, Steinkohleeinheit). Il est à noter que les émissions de CO2 des centrales au lignite sont très élevées : 980 à 1 230 gCO2/kWh, contre 410 à 430 gCO2/kWh pour les centrales à cycle combiné gaz par exemple.

Depuis le début du XXIe siècle, le pays développe rapidement les énergies renouvelables (EnR), notamment électriques, mais la prépondérance des énergies fossiles dans l'offre d'énergie primaire reste en 2016 toujours la norme : 12,6 % de l'offre est couverte par des sources renouvelables (dont 2,1 % d'éolien et 1,0 % de solaire), contre 80,1 % par des sources fossiles (78,0 % en 2010)[n 1]. Dans le secteur électrique, 29 % de la production provenait d'EnR en 2016, dont 11,9 % d'éolien et 5,9 % de solaire.

Le nucléaire ne contribuait qu'à hauteur de 11 % en 2010, et cette part a fortement baissé en 2011 : 8,7 % suite aux fermetures de centrales post-Fukushima ; elle n'est plus que de 6,9 % en 2016.

La consommation finale d'électricité représentait seulement 20,1 % de la consommation finale d'énergie totale en Allemagne en 2015.

Une autre caractéristique typiquement allemande est l'ampleur de l'intervention des collectivités locales dans le secteur énergétique : Länder et communes, en particulier sous la forme des Stadtwerke (littéralement "ateliers municipaux"), qui sont l'équivalent des régies municipales françaises, mais avec des domaines d'activité beaucoup plus larges : distribution de l'eau, de l'électricité et du gaz, collecte et traitement des déchets, chauffage urbain, transports urbains, etc. Les grandes villes affichent des objectifs de politique énergétique globale avec souvent une volonté d'autonomie poussée.

Sommaire

Vue d'ensemble[modifier | modifier le code]

Évolution des principaux indicateurs de l'énergie en Allemagne[2]
Population Consommation
énergie primaire
Production Importation
nette
Consommation
électricité
Émissions
de CO2
Année Millions Mtep Mtep Mtep TWh Mt CO2éq
1990 79,36 351,20 186,16 167,27 527,41 940,27
2000 81,46 336,58 135,23 205,66 545,51 812,40
2008 80,76 330,94 132,58 210,15 590,19 775,27
2009 80,48 309,88 126,30 197,60 558,34 720,31
2010 80,28 325,97 128,56 203,94 594,05 758,87
2011 80,28 309,49 122,49 199,28 584,50 731,31
2012 80,43 310,81 122,54 199,14 584,71 744,78
2013 80,65 317,60 120,42 207,00 582,06 763,86
2014 80,98 305,72 119,73 195,99 569,75 723,27
2015 81,69 307,79 119,57 198,31 573,00 729,77
variation
1990-2015
+2,9 % -12,4 % -35,8 % +18,6 % +8,6 % -22,4 %

Comparaisons internationales[modifier | modifier le code]

Selon les statistiques 2017 de l'Agence internationale de l'énergie, l'Allemagne apparait dans le « top ten » pour la plupart des indicateurs du domaine de l'énergie:

Place de l'Allemagne dans les classements mondiaux
Source d'énergie indicateur rang année quantité unité % monde commentaires
Pétrole brut[s 1] Importation nette 6e 2015 91 Mt 4,5 % 1er : États-Unis (348 Mt), 2e : Chine (333 Mt)
Gaz naturel[s 2] Importation nette 2e 2016p 79 Mds m³ 9,2 % 1er : Japon (116 Mds m³)
Charbon+lignite[s 3] Production 8e 2016p 176 Mt 2,4 % 1er : Chine (3 242 Mt)
Importation nette 6e 2016p 53 Mt 4,4 % 1er : Chine (247 Mds m³)
Nucléaire[s 4] Production 7e 2015 92 TWh 3,6 % 1er : États-Unis (830 TWh), 2e : France (437 TWh)
Puissance installée 9e 2015 11 GW 2,9 % 1er : États-Unis (99 GW), 2e : France (63 GW)
% nucléaire/élec* 9e 2015 14,3 % 1er : France (77,6 %)
Raffinage[s 5] Capacité de distillation de brut 9e 2016 2,02 Mbarils/jour 2,1 % 1er : États-Unis (18,12 Mb/j), 2e : Chine (14,43 Mb/j)
Importation nette (brut+produits) 6e 2015 106 Mt 4,9 % 1er : Chine (345 Mt)
Prod.élec.par sources**[s 6] Charbon/lignite 5e 2015 284 TWh 3,0 % 1er : Chine (4 109 TWh), 2e : États-Unis (1 471 TWh)
Renouvelables 6e 2015 187 TWh 3,4 % 1er : Chine (1 398 TWh), 2e : États-Unis (568 TWh)
Électricité[s 7] Production 7e 2015 641 TWh 2,6 % 1er : Chine (5 844 TWh), 2e : États-Unis (4 297 TWh)
Exportation nette 3e 2015 48 TWh 14,2 % 1er : France (64 TWh), 2e : Canada (60 TWh)
Énergie éolienne[s 8] Production 3e 2015 79 TWh 9,5 % 1er : États-Unis (193 TWh), 2e : Chine (186 TWh)
Puissance installée 3e 2015 44,7 GW 10,8 % 1er : Chine (129,3 GW), 2e : États-Unis (72,6 GW)
% éolien/élec* 2e 2015 12,2 % 1er : Espagne (17,6 %)
Biomasse[3] Production élec. 4e 2015 44,6 TWh 10,9 % 1er : États-Unis (61,6 TWh), 2e : Chine (52,7 TWh), 3e : Brésil (48,8 TWh)
Solaire PV[s 9] Production élec. 2e 2015 39 TWh 15,7 % 1er : Chine (45 TWh)
Puissance installée 2e 2015 39,8 GW 18,1 % 1er : Chine (43,2 GW)
% solaire PV/élec* 2e 2015 6,0 % 1er : Italie (8,1 %)
* % nucléaire (ou éolien ou solaire)/total production d'électricité
** production d'électricité par sources
2016p = estimation provisoire pour 2016.

Des changements importants ont eu lieu de 2011 à 2015 :

  • production nucléaire : passage du 6e au 5e rang du fait de l'arrêt de presque toutes les centrales japonaises, l'Allemagne ayant fermé seulement un peu moins de la moitié de ses centrales ; en 2013, elle recule au 7e rang, dépassée par la Chine et le Canada ;
  • part du nucléaire : passage du 5e au 9e rang en 2015 (baisse de 22,6 % à 14,3 %) ; l'Allemagne passe devant le Japon, mais est dépassée par le Royaume-Uni, les États-Unis et la Russie, puis en 2013 par le Canada.

Pour la consommation par habitant[n 2], l'Allemagne se situe un peu au-dessous la moyenne des pays de l'OCDE, mais très au-dessus de la moyenne mondiale en 2015[s 10] (en TEP) :

  • Monde : 1,86
  • OCDE : 4,12
  • Allemagne : 3,77
  • France : 3,71
  • États-Unis : 6,80
  • Chine : 2,17

La consommation allemande d'électricité par habitant était en 2015 de 7 015 TWh, celle de la France de 7 043 TWh kWh et celle des États-Unis de 12 833 TWh[s 11].

Les émissions de CO2 liées à l'énergie en Allemagne sont en 2015 parmi les plus élevées : 729,8 Mt de CO2 (6e rang mondial), soit 8,93 tonnes par habitant[s 12] (France : 4,37 ; États-Unis : 15,53)[s 11].

Ressources énergétiques[modifier | modifier le code]

L'Allemagne utilise de nombreux agents énergétiques primaires pour répondre à ses besoins ; ils proviennent en grande partie de l'importation.

Les statistiques allemandes sont habituellement présentées en pétajoules (PJ ; 1 PJ = 1015 joules soit un million de milliards de joules), unité du Système international, alors qu'en France subsiste une vieille habitude de présentation en tep (tonnes équivalent pétrole), unité qui devient obsolète du fait du recul de la part du pétrole dans l'économie énergétique mondiale.

Conversion : 1 kWh = 3 600 000 J ; 1 joule = 2,777 77 × 10−7 kWh ; 1 PJ = 0,277 777 TWh.

Ressources énergétiques primaires locales[modifier | modifier le code]

Production d'énergie primaire de l'Allemagne 1990-2012
source données : AGEB[a 1]
Production d'énergie primaire par source[n 3]
en PJ 1990 % 2000 % 2010 % 2011 2012 2013 2014 2015 2016* % 2016 var.2016
/1990
Charbon 2 089 33,6 1 012 26,7 387 9,3 361 324 229 230 185 115 2,9 -95 %
Lignite 3 142 50,5 1 528 40,3 1 535 36,9 1 595 1 676 1 660 1 617 1 608 1 544 38,8 -51 %
Pétrole 156 2,5 131 3,5 107 2,6 112 111 112 104 103 100 2,5 -36 %
Gaz 575 9,2 649 17,1 462 11,1 459 404 389 311 290 262 6,6 -54 %
Énergie renouvelable 200 3,2 417 11,0 1 421 34,2 1 463 1 378 1 510 1 544 1 666 1 720 43,3 +760 %
Autres** 62 1,0 56 1,5 244 5,9 255 231 208 226 224 236 5,9 +281 %
Total 6 224 100 3 793 100 4 155 100 4 246 4 124 4 109 4 033 4 076 3 978 100 -36 %
Source des données : AGEB[a 1] ; * 2016 : provisoire
** Autres : déchets non renouvelables et "chaleur résiduelle pour la production d'électricité et de chaleur".

Les combustibles fossiles restent majoritaires avec 50,8 % de la production totale en 2016, en particulier le lignite : bien que sa production ait baissé de moitié en 26 ans, elle a fortement remonté de 2010 à 2012 : +9,2 %, du fait de l'arrêt de plusieurs centrales nucléaires après Fukushima ; elle est revenue en 2016 au niveau de 2010.

Les conventions usuelles pour définir l'énergie primaire dans le bilan énergétique ont pour effet de minorer la part des énergies renouvelables électriques[n 4] ; avec des conventions plus conformes au service réellement rendu par les diverses énergies[n 5], la part des énergies renouvelables en 2016 passerait à près de 47 % au lieu de 43,3 %.

Énergies renouvelables[modifier | modifier le code]

Production allemande d'énergies renouvelables (cumul), 1990-2012
source données : BMWI (Ministère fédéral de l'Économie et de la Technologie)[4]

En 2016, la production d'énergie renouvelable atteignait 1 697 PJ soit 12,6 % de la consommation totale d'énergie primaire, répartie en :

Production d'énergie renouvelable par filière[b 1].
PJ 1990 % 2000 % 2010 % 2011 2012 2013 2014 2015 2016 % 2016
Hydraulique 58 29,5 92 22,1 75 5,3 64 78 83 71 68 74 4,4 %
Éolien - - 35 8,3 136 9,6 176 182 186 206 285 279 16,4 %
Solaire PV - - 0,3 0,1 42 3,0 70 95 112 130 139 137 8,1 %
Bois, paille, etc. 59 29,9 210 50,3 532 37,6 511 458 525 479 505 534 31,5 %
Agrocarburants - - 13 3,0 191 13,5 168 130 121 125 117 117 6,9 %
Déchets urbains 80 40,6 39 9,3 106 7,5 110 114 127 131 129 138 8,1 %
Biogaz - - 20 4,7 292 20,6 321 268 283 308 326 339 20,0 %
Autres - - 9 2,2 39 2,8 43 60 62 68 74 79 4,7 %
Total ENR 196 100 417 100 1413 100 1463 1385 1499 1519 1644 1697 100 %
% cons.én.pr. 1,3 % 2,9 % 9,9 % 10,8 % 10,3 % 10,8 % 11,5 % 12,4 % 12,6 %
Solaire PV = Solaire photovoltaïque ; Agrocarburants = biodiesel, éthanol, etc. ; Déchets urbains : + gaz de décharge
Autres = pompes à chaleur, géothermie, solaire thermique
% cons.én.pr. = part des EnR dans la consommation d'énergie primaire.

NB : les conventions utilisées pour calculer les énergies primaires minorent les énergies renouvelables électriques[n 4] ; avec des conventions plus réalistes[n 5], leur part atteint en 2016 : 8,3 % pour l'hydraulique, 31,2 % pour l'éolien et 15,4 % pour le PV.

Production d'énergie renouvelable en Allemagne
Source données : BMWI (Ministère fédéral de l'Économie et de la Technologie)[4].

Selon BDEW, en 2016, la part des énergies renouvelables dans la consommation totale d'énergie a atteint 14,8 % ; leur production de 379,6 TWh (en progression de 2,7 % par rapport à 2015) s'est répartie en 32 % pour les combustibles solides biosourcés (bois, paille, etc.), 17 % pour l'éolien terrestre (+3 % d'offshore), 13 % pour le biogaz, 10 % pour le photovoltaïque, 5 % pour le biodiesel, 5 % pour l'hydroélectricité, 5 % pour les déchets, 2 % pour le bioéthanol, 2 % pour le solaire thermique, 3 % pour la géothermie, 0,9 % pour le gaz issu du traitement des eaux usées, 0,6 % pour la biomasse liquide et 0,1 % pour le gaz de décharge[e 1].

L'utilisation des EnR se répartit comme suit :

Production d'énergie renouvelable par usage et par filière TWh[5]
Usage/filière 2011 2012 var. %
Production d'électricité
Hydraulique 17,7 20,5 16,0
Éolien 48,9 45,0 -7,9
Photovoltaïque 19,3 28,5 47,4
Biomasse 37,6 41,0 9,1
total électricité 123,5 135,0 9,3
Production de chaleur
Biomasse 123,1 132,7 7,8
Solaire thermique 5,6 6,0 8,0
Géothermie 6,3 7,0 11,9
total chaleur 135,0 145,8 8,0
Biocarburants
Biodiesel 24,9 23,8 -4,3
Huile végétale 0,2 0,3 57,1
Bioéthanol 9,1 9,2 1,4
total biocarburants 34,2 33,4 -2,4

Les énergies renouvelables électriques[n 4] sont étudiées dans l'article Électricité en Allemagne. Les Enr thermiques, utilisées directement sans transformation en électricité, sont étudiées ci-dessous.

Biomasse[modifier | modifier le code]
Centrale biomasse de STEAG à Lünen
Combustible : 135 000 t/an de bois usagé.
Centrale biomasse de Vattenfall à Sellessen (Brandebourg).

La biomasse représente en 2016 près de la moitié de la production d'énergie renouvelable allemande : 32 % pour la biomasse solide (bois, paille, déchets), 13 % pour le biogaz, 0,9 % pour le gaz issu du traitement des eaux usées, 0,6 % pour la biomasse liquide. La biomasse contribuait en 2016 pour 24 % à la production d'électricité renouvelable, dont 17 % par le biogaz et 6 % par la biomasse solide[e 1] et pour près de 80 % à la production de chaleur et de froid à partir d'énergies renouvelables, dont 68 % provenant de la biomasse solide (granulés bois pour chauffage domestique et combustion de déchets bois dans les centrales de cogénération) et 10 % du biogaz[e 2].

Le bois est très utilisé pour le chauffage domestique : en Bavière, 1,8 million de foyers utilisent le bois pour se chauffer, économisant plus de 3 milliards de litres de fioul par an[6]

Les combustibles utilisés dans les centrales à biomasse (électriques et/ou chaleur) sont :

  • la plaquette forestière, broyat de bois issu de l'exploitation forestière ou de la collecte de bois usagé (encombrants, traverses de chemin de fer, etc.), ou encore de taillis à courte rotation (saule, peuplier, eucalyptus) ;
  • le granulé de bois issu du compactage des résidus de scieries comme les sciures et copeaux provenant directement de la sylviculture ;
  • la paille ou les céréales ;
  • le miscanthus géant : espèce hybride de plantes herbacées créée dans un but de production énergétique en raison de sa productivité et de sa teneur en lignocellulose ;
  • les déchets organiques de toutes sortes ;
  • les déchets combustibles : pneumatiques, épaves, sous-produits de papeteries, rejets du système de recyclage des déchets, rejets des casses automobiles (sièges, etc.), boues des stations d'épuration ;
  • les fibres textiles…

Les centrales à biomasse sont de taille modeste, car elles doivent être proches de leurs sources de combustible (forêts, exploitations agricoles, usines de pâte à papier, etc.) afin de minimiser les coûts de transport ; parmi les plus importantes, on peut citer :

  • centrale biomasse (20 MW) de STEAG[n 6] à Lünen en Rhénanie-du-Nord-Westphalie : mise en service en 2006, elle brûle 135 000 t/an de bois usagé ;
  • une centrale identique est exploitée depuis 2006 à Hambourg ;
  • MVV Énergie, Stadtwerk de Mannheim, exploite depuis 2003 deux centrales à plaquette forestière à Flörsheim am Main en Hesse (15 MW) et à Mannheim dans le Bade-Wurtemberg (20 MW) ;
  • centrale à cogénération à bois d'Evonik à Ilmenau en Thuringe : alimente en vapeur (10 MWth) le réseau de chauffage urbain et l'usine verrière voisine, et produit de l'électricité (5 MWe) ;
  • centrale à cogénération à bois de Vattenfall à Sellesen à Spremberg-Haidemühl dans le Brandebourg : alimente depuis 2006 en vapeur (3,5 MWth) le réseau de chauffage urbain et produit de l'électricité (2,8 MWe) à partir de broyats de bois (30 000 t/an) ;
  • centrale à cogénération à bois de GDF Suez à Zolling en Bavière, sur le site d'une centrale charbon : produit depuis 2003 de l'électricité (20 MWe) et de la vapeur en brûlant du bois, y compris des traverses de chemin de fer ;
  • centrale à cogénération à bois de RWE Innogy à Berlin-Rudow : alimente depuis 2003 le réseau de chaleur (65 MWth) de la ville de Berlin-Gropiusstadt et produit de l'électricité (20 MWe) à partir de bois usagé.
Biogaz[modifier | modifier le code]

Biogaz et biométhane couvrent 2 % de la consommation nationale d'énergie primaire[e 1]. La production de biométhane (Bio-Erdgas : biogaz ayant acquis par raffinage les mêmes qualités que le gaz naturel, donc injectable dans les réseaux de gaz) augmente rapidement : en 2016, 865 Mm3 (millions de m³) de biométhane produits par 196 installations ont été injectés dans les réseaux de gaz naturel contre 780 Mm3 en 2015 et 275 Mm3 en 2011[e 2] ; les objectifs du gouvernement fédéral sont de 6 Mds m³ en 2020 et 10 Mds m³ en 2030[7] (à comparer avec la production allemande de gaz naturel : 11,1 Mds m³ en 2013).

La production d'électricité issue du biogaz a atteint 32,4 TWh en 2016, soit 5,5 % de la production allemande d'électricité[e 1] ; à cela s'ajoute la production de chaleur par biogaz : 16,8 TWh (1,3 % de la consommation finale de chauffage)[e 2], et l'utilisation du biogaz comme carburant : les 100 000 véhicules à gaz peuvent s'alimenter dans un tiers des stations à gaz en mélange gaz naturel-biométhane et dans 180 des 919 stations de gaz en biométhane 100 % ; au total, 0,4 TWh de biométhane ont été utilisés comme carburant en 2013[7].

Solaire thermique[modifier | modifier le code]

Charbon et lignite[modifier | modifier le code]

En 2016, la production primaire de combustibles solides atteignait 1 660 PJ soit 41,7 % de la production d'énergie primaire allemande[b 2], dont :

  • charbon : 115 PJ (2,9 %), soit 6,2 Mt[b 3] ;
  • lignite : 1 544 PJ (38,8 %) ; les 171,55 Mt (millions de tonnes) produits en 2016 (contre 185,43 Mt en 2012) ont été utilisés à raison de 155,2 Mt (90,3 %) pour la production d'électricité[b 4].

Les réserves de charbon économiquement exploitables de l'Allemagne sont évaluées par le BGR[8] ( Agence Fédérale pour les Sciences de la Terre et les Matières Premières) à 8 Mt en 2016 (61e rang mondial), plus 83 Mds de tonnes de ressources potentielles (12e rang mondial ; 0,5 % des ressources mondiales) ; les charbonnages allemands (RAG) contestent l'estimation des ressources, qu'elles évaluent à 2,5 Mds de tonnes techniquement exploitables ; la production 2016 atteignait 4,1 Mt (21e rang mondial) contre 14,1 Mt en 2010 ; la consommation 2016 était de 56,9 Mt (11e rang mondial) et les importations de 53,1 Mt (6e rang mondial, 4,2 % des importations mondiales)[g 1].

Le Conseil mondial de l'Énergie évaluait en 2014 les réserves prouvées récupérables à 40,5 Mds de tonnes, presque uniquement sous forme de lignite[9].

Les réserves de lignite sont estimées en 2016 à 36 100 Mt, au 3e rang mondial avec 11,4 % des réserves mondiales, derrière la Russie (28,7 %) et l'Australie (24,2 %), plus 36 500 Mt de ressources potentielles (11e rang mondial, 0,8 % du total mondial) ; l'Allemagne se classe en 2016 au 1er rang mondial pour sa production de lignite avec 171,5 Mt, soit 17,3 % de la production mondiale, devant la Chine : 14,1 %, et pour sa consommation de lignite : 168,2 Mt, soit 17,0 % de la consommation mondiale[g 2].

Lignite de la mine de Welzow-Sud.
Mine de lignite de Hambach en 2006.jpg.

Le groupe RWE-RHEINBRAUN, filiale du holding RWE en extrait environ 100 millions de tonnes par an dans trois mines à ciel ouvert dans la Rhénanie-du-Nord-Westphalie (entre Cologne, Aix-la-Chapelle et Mönchengladbach). Ces mines sont celles de Hambach I, Inden I et II et Garzweiler I, qu'il est prévu d'exploiter jusque vers 2050, malgré leur contribution majeure à l'émission de gaz à effet de serre : 980-1 230 g CO2/kWh, contre 410-430 g CO2/kWh pour les centrales à cycle combiné gaz. Les pelleteuses descendent jusqu'à 450 mètres de profondeur dans des excavations de plusieurs kilomètres de large. Les engins avancent en creusant d'un côté et en comblant de l'autre, ce qui explique que la mine se déplace dans le paysage[10].

Le charbon a longtemps été un des fondements essentiels de la puissance industrielle allemande, et la culture charbonnière a laissé une empreinte indélébile en Allemagne. Mais l'Allemagne n'est plus, en 2016, que le 21e producteur de charbon du monde, avec 4,1 Mt (0,1 % seulement)[g 1]. En 1970, elle était encore 6e avec 108,6 Mt.

Les gisements allemands de charbon se situent surtout dans la Ruhr et en Sarre ; seules trois mines restent en activité dans la Ruhr, avec une production annuelle d'environ 8 Mt ; la mine Auguste Victoria à Marl doit fermer fin 2015, les deux autres fin 2018.

Les charbonnages (RAG Deutsche Steinkohle AG) reçoivent des subventions de l'État fédéral : 2 milliards d'euros en 2008, après 29,9 Mds de 1997 à 2006 (3 Mds/an), plus 4,9 Mds d'euros du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie ; en 2007, l'État fédéral et les Länder de Sarre et de Rhénanie-du-Nord-Westphalie se sont entendus pour mettre fin à ces subventions d'ici 2018, année où l'extraction de charbon devrait cesser définitivement. La loi qui formalise cet accord est entrée en vigueur le 27/12/2007 : elle prévoit un total de subventions de 13,9 Mds euros de 2009 à 2017. En juillet 2010, la Commission européenne a proposé de cesser les subventions en octobre 2014, mais suite aux critiques allemandes, le Conseil de l'Union européenne a admis la poursuite des subventions jusqu'à 2018, mais avec un profil de réduction plus rapide.

Pétrole[modifier | modifier le code]

En 2016, la production de pétrole atteignait 100 PJ soit 2,5 % de la production d'énergie primaire allemande et 2,0 % des besoins du pays en pétrole[b 2].

En 2016, selon l'Agence allemande des matières premières (Deutsche Rohstoffagentur), l'Allemagne avait 32 Mt de réserves économiquement exploitables plus 240 Mt de ressources potentiellement récupérables, dont 20 Mt de pétrole conventionnel, 70 Mt de pétrole de schiste et 150 Mt de pétrole de réservoirs étanches (tight oil) ; elle se classait au 58e rang mondial pour ses réserves et au 85e rang mondial pour les ressources ; sa production 2016 était de 2,4 Mt (58e rang mondial) et sa consommation de 109,8 Mt, au 9e rang mondial avec 2,5 % de la consommation mondiale ; ses importations de brut atteignaient 91,1 Mt, au 6e rang mondial avec 4,0 % des importations mondiales[g 3].

Gaz naturel[modifier | modifier le code]

Les réserves économiquement exploitables de gaz naturel en Allemagne sont estimées en 2015 à 70 Mds m3 (57e rang mondial), plus 1 360 Mds m3 de ressources potentielles (48e rang mondial), dont 20 Mds m3 de gaz conventionnel, 800 Mds m3 de gaz de schiste, 450 Mds m3 de gaz de couche et 90 Mds m3 de gaz de réservoir compact ; la production 2016 a été de 9,0 Mds m3 (44e rang mondial, avec 0,2 % de la production mondiale et 3,6 % de la production de l'Europe), sa consommation de 101,5 Mds m3, au 7e rang mondial avec 2,8 % de la consommation mondiale, ses importations de 112 Mds m3, au 1er rang mondial, avec 10,3 % des importations mondiales, devant le Japon, et ses exportations de 19,3 Mds m3, au 13e rang mondial, avec 1,8 % des exportations mondiales[g 4].

En 2016, la production de gaz naturel (surtout dans le Nord du pays) atteignait 262 PJ soit 6,6 % de la production d'énergie primaire allemande et 9,4 % des besoins en gaz du pays[b 2].

En 2011, l'Allemagne était 38e producteur mondial de gaz naturel avec 11,9 milliards de m3, soit 0,4 % de la production mondiale ; cette production diminue d'année en année : en 1980, elle atteignait encore 26,9 milliards de m3[11],[12].

La principale entreprise productrice de gaz est BEB Erdgas und Erdöl GmbH (siège à Hanovre), filiale de Shell et Esso.

Les ressources de l'Allemagne en gaz de schiste pourraient être importantes : le 4 avril 2011, Gernot Kalkoffen, patron du géant pétrolier ExxonMobil Europe centrale, confiait au journal Handelsblatt qu’il pourrait investir des centaines de millions d’euros pour exploiter les réserves de gaz de schiste en Rhénanie du nord-Westphalie : « Nous tablons pour la phase d’exploration sur une somme significative dans les centaines de millions d’euros ». Avec 2 100 milliards de mètres cubes de réserves estimées de gaz de schiste, la Rhénanie du nord disposerait des deuxièmes ressources en gaz naturel d’Europe[13]. Après avoir commandé une étude sur les différentes réglementations et procédures relatives à l'exploration et l'exploitation de gaz de schiste en Pologne, France, Allemagne et Suède, la Commission européenne a estimé qu'il n'y avait pas lieu d'introduire de nouveaux textes règlementaires à l'échelle européenne. L'Allemagne a stoppé tous travaux après la réalisation de six forages (dont un suivi d'une fracturation hydraulique) depuis 2008, dans l'attente des conclusions d'un groupe de travail réunissant des scientifiques et des représentants de l'industrie et du gouvernement[14].

La société Wintershall, filiale du groupe pétrolier allemand BASF, a annoncé vouloir prospecter deux concessions situées en Westphalie afin de trouver des gisements de gaz de schiste. Alors que l'Allemagne ne s'est pas prononcée sur la technique de la fracturation hydraulique, contrairement à la France, cette prospection de la part de Wintershall pourrait bien accélérer le processus et conduire à la nécessité d'une législation pour ou contre le gaz de schiste chez nos voisins. Selon l'institut fédéral de géologie allemand, les réserves de gaz de schiste du sous-sol allemand seraient comprises entre 0,7 et 2,3 milliards de m3[15].

Ressources énergétiques primaires importées[modifier | modifier le code]

Les importations couvrent 70,4 % des besoins en énergie de l'Allemagne en 2016 contre 56,8 % en 1990 ; le taux de dépendance est proche de 100 % sauf pour le lignite :

Importation nettes d'énergie primaire par filière (soldes importateurs et taux de dépendance)[b 2]
PJ 1990 % dép. 2000 % dép. 2010 % dép. 2011 2012 2013 2014 2015 2016 % dép.
2016
Charbon 177 7,7 % 906 44,8 % 1 321 77,0 % 1 399 1 386 1 597 1 535 1 529 1 558 94,1 %
Lignite -32 -1,0 % 19 1,2 % -25 -1,6 % -27 -31 -31 -43 -40 -29 -1,9 %
Pétrole 4 956 95,0 % 5 215 94,8 % 4 578 97,8 % 4 361 4 463 4 535 4 426 4 473 4 508 98,0 %
Gaz naturel 1 761 75,6 % 2 368 79,1 % 2 587 81,3 % 2 531 2 498 2 651 2 347 2 423 2 719 90,6 %
Uranium 1 606 96,3 % 1 851 100 % 1 533 100 % 1 178 1 085 1 061 1 060 1 001 923 100 %
Total 8 471 56,8 % 10 371 72,0 % 9 923 69,8 % 9 419 9 324 9 685 9 177 9 189 9 473 70,4 %
% dép. = taux de dépendance (solde importateur/total des ressources primaires).

Charbon et lignite[modifier | modifier le code]

En 2016, l'Allemagne a importé 55,05 Mt de charbon. Ces importations de charbon proviennent surtout de Russie (32,3 %), des États-Unis (16,5 %), de Colombie (19,5 %), d'Australie (11,8 %) et de Pologne (5,1 %) ; de 2012 à 2014, la part des États-Unis est passée de 14 % à 19,6 % (effet du boom du gaz de schiste qui a évincé le charbon des centrales américaines), avant de retomber à 11 %[b 5].

L'Allemagne a exporté 1,38 Mt de produits à base de lignite en 2016[b 4].

Pétrole et produits pétroliers[modifier | modifier le code]

En 2016, l'Allemagne a importé 91,08 Mt de pétrole brut ; voici l'évolution de ces importations et de leur répartition :

Importations de pétrole brut et répartition par provenance[b 6]
Provenance 1990 2000 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
Importations (Mt) 88,1 103,6 93,3 90,5 93,4 90,6 89,4 91,3 91,1
Moyen-Orient 19,1 % 13,1 % 5,7 % 5,2 % 4,2 % 4,2 % 2,9 % 4,2 % 4,6 %
dont : Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite 6,8 % 4,4 % 0,8 % 1,2 % 2,5 % 2,7 % 1,6 % 1,3 % 0,9 %
dont : Drapeau de la Syrie Syrie 4,0 % 6,8 % 2,9 % 1,7 % 0 % 0 % 0 % 0 % 0 %
dont : Drapeau de l'Iran Iran 3,3 % 0,9 % 1,6 % 0,9 % 0,1 % 0 % 0 % 0 % 0 %
dont : Drapeau de l'Irak Irak 0,2 % 0,2 % 0,4 % 0,8 % 0,9 % 0,9 % 1,0 % 2,6 % 3,5 %
Afrique 26,1 % 20,6 % 16,5 % 16,7 % 22,1 % 21,7 % 18,4 % 18,9 % 13,8 %
dont : Drapeau de la Libye Libye 13,1 % 11,4 % 7,8 % 3,1 % 9,2 % 7,3 % 3,6 % 3,1 % 2,0 %
dont : Drapeau du Nigeria Nigeria 7,0 % 1,9 % 4,2 % 6,0 % 7,1 % 8,1 % 8,0 % 7,3 % 4,2 %
dont : Drapeau de l'Algérie Algérie 4,0 % 6,3 % 1,1 % 3,1 % 2,5 % 2,9 % 4,1 % 3,8 % 3,6 %
Drapeau de la Russie Russie 24,2 % 28,7 % 36,3 % 39,0 % 37,1 % 34,8 % 33,6 % 35,7 % 39,6 %
Drapeau de la Norvège Norvège 7,5 % 17,9 % 9,5 % 8,2 % 10,0 % 12,1 % 17,0 % 13,6 % 12,2 %
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 16,9 % 12,6 % 14,0 % 14,0 % 14,2 % 10,4 % 10,9 % 10,9 % 10,0 %
Drapeau du Venezuela Venezuela 5,2 % 1,8 % 1,3 % 1,2 % 0,8 % 0,4 % 0 % 0,1 % 0,4 %
Autres 1,1 % 5,3 % 16,6 % 15,6 % 11,6 % 16,4 % 17,2 % 16,6 % 19,4 %

Les importations ont baissé de 18,8 % depuis le pic de 112,2 Mt atteint en 2005.

Gaz naturel[modifier | modifier le code]

En 2016, l'Allemagne a importé 4 156 PJ[n 7] de gaz naturel (en baisse de 3 %), soit 93,8 % de ses besoins. Ses importations provenaient surtout, en 2015, de Russie (34,6 %), de Norvège (34,1 %) et des Pays-Bas (28,8 %). Ces importations ont progressé de 101 % depuis 1991 (depuis 2000, de 46 %)[b 7].

La provenance du gaz consommé en Allemagne a évolué comme suit :

Origine du gaz naturel consommé en Allemagne (%)[b 7]
Pays 1990 2000 2010 2011 2012 2013 2014 2015
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 23,1 19,9 10,7 10,5 9,3 8,4 8,2 6,5
Drapeau de la Russie Russie 33,5 36,6 35,0 35,6 34,7 35,4 35,4 32,4
Drapeau de la Norvège Norvège 12,7 21,4 31,3 30,8 31,6 26,9 30,4 31,8
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 29,4 17,7 19,2 19,8 20,3 23,9 22,1 27,0
Autres 1,3 4,4 3,8 3,3 4,1 5,3 3,9 2,3
pouvoir calorifique supérieur ; Autres= Danemark, Royaume-Uni, etc.

La dépendance de l'Allemagne envers la Russie pour son approvisionnement en gaz est un problème majeur, partagé par plusieurs autres pays de l'Union Européenne.

Le ministre de l'Énergie Sigmar Gabriel a déclaré le 27 mars 2014 qu'il n'y a « pas d'alternative raisonnable » au gaz russe pour l'approvisionnement de l'Europe ; le chef du gouvernement polonais Donald Tusk avait critiqué la dépendance de l'Allemagne au gaz russe, estimant qu'elle constituait une menace pour la souveraineté de l'Europe. La Norvège, souvent présentée comme un fournisseur alternatif, a des possibilités d'exportation limitées, et le gaz des Pays-Bas n'est pas d'assez bonne qualité, selon Sigmar Gabriel[16].

Le président Obama s'est déclaré prêt à faciliter le développement de livraisons de gaz américain afin de casser la domination du fournisseur russe ; Gazprom a vendu 133 milliards de m³ de gaz en 2013 à l'UE, soit 25 % de sa consommation ; l'Allemagne en absorbe près du tiers[17]. Mais ses déclarations ont été ambiguës : il a incité les Européens à chercher d'abord à diversifier leurs ressources, et a cherché à utiliser ce sujet pour pousser les Européens à accélérer les négociations sur l'accord commercial entre l'Europe et les États-Unis (TTIP) qui devrait faciliter ces exportations de gaz[18]. De plus, cet appoint américain ne pourrait être que limité, étant donné que malgré le boom du gaz de schiste, les États-Unis sont encore importateurs nets de 16 % de leur consommation de gaz en 2012 et, selon les projections de l'EIA, le seront encore de 4 % en 2040[19].

Wintershall Holding GmbH (siège à Kassel), filiale du groupe BASF, le plus grand producteur allemand de pétrole et de gaz naturel a créé en 1993 avec le géant russe Gazprom une coentreprise dénommée WINGAS GmbH[20], qui est devenue l'un des principaux fournisseurs de gaz en Allemagne avec une part de marché de 20 %, et effectue 45 % de ses ventes dans les pays voisins. Son réseau de gazoduc atteint 2 000 km, et possède le plus grand stockage souterrain de gaz d'Europe Occidentale à Rehden (Basse-Saxe), d'une capacité de plus de quatre milliards de m3, 20 % de la capacité de stockage totale en Allemagne. Elle a acquis récemment trois autres en Autriche, Angleterre et Basse-Saxe.

Un nouveau gazoduc, nommé Nord Stream est en construction, reliant la ville russe de Vyborg à la ville allemande de Greifswald par le fond de la mer Baltique[21]. Afin de réaliser le projet, les actionnaires ont fondé la compagnie Nord Stream AG. Son capital est réparti entre le Russe Gazprom (51 %), les Allemands Wintershall Holding et E.ON Ruhrgas (15,5 % chacun), le Néerlandais Gasunie et le Français GDF Suez (9 % chacun). La première canalisation entrera en service en 2011 et la seconde en 2012[22]. La partie sous-marine a été terminée en mai 2011[23].

Énergie nucléaire[modifier | modifier le code]

Concernant l'énergie nucléaire, il est nécessaire de distinguer ressources primaires (les combustibles) et ressources secondaires (l'énergie électrique produite). Alors que les combustibles sont presque entièrement importés, l'énergie produite est considérée dans les statistiques françaises comme une énergie locale, étant donné le très faible poids des combustibles bruts dans le coût total du kWh nucléaire. Mais les statistiques allemandes préfèrent les classer dans les énergies importées.

Les besoins en uranium des centrales allemandes se sont élevées en 2015 à 1 321 tU (tonnes d'uranium) et en 2016 à 1 396 tU alors que la production d'uranium s'est limitée à 45 tU en 2016[24].

En 2016, la production d'énergie nucléaire atteignait 923 PJ soit 6,9 % de la consommation allemande d'énergie primaire[b 8].

Coûts de production[modifier | modifier le code]

Financement des énergies renouvelables[modifier | modifier le code]

La production EnR est achetée par les fournisseurs d'électricité à un tarif d'achat réglementé (moyenne 2011 : 171,5 /MWh[25]); le surcoût de ce tarif par rapport aux prix de marché (soit 128,3 /MWh[25]) est répercuté sur les consommateurs d'électricité sous la forme d'un prélèvement uniforme (EEG-Umlage[26]) sur tous les kWh consommés (sauf pour les industries électro-intensives, qui ne paient qu'un prélèvement minoré à 0,5 /MWh afin de préserver leur compétitivité à l'export) ; cet EEG-Umlage atteignait en 2011 une moyenne de 35,9 /MWh[25], soit 14 % du prix moyen 2011 du kWh (249,5 /MWh[25]) pour un ménage-type de 3 personnes consommant 3 500 kWh/an ; en comparaison, pour un ménage français, le prix moyen du kWh est d'environ 120 /MWh et le prélèvement analogue à l'EEG-Umlage, appelé CSPE (Contribution au service public de l'électricité), atteignait 7,5 /MWh en 2011, puis 10,5 /MWh au 2e semestre 2012, dont 52,1 % pour les surcoûts de rachat des énergies renouvelables. Les 35,9 /MWh de EEG-Umlage se répartissent entre 49 % pour le solaire, 23 % pour l'éolien et 26 % pour la biomasse. La croissance très rapide de ce fardeau a amené le gouvernement à abaisser fortement les tarifs d'achat pour le solaire.

La part de la production d'énergies renouvelables éligible aux tarifs d'achat réglementés est de 85 % : 100 % pour toutes les EnR, sauf l'hydraulique (dont 28 % est éligible) et les déchets[27]. La rémunération versée en 2015 à travers l'EEG-Umlage atteignait 24,37 Mds € (13,18 Mds € en 2010), dont 10,76 Mds € (44 %) pour le photovoltaïque, 6,75 Mds € (28 %) pour la biomasse, 5,08 Mds € (21 %) pour l'éolien terrestre, 1,26 Mds € (5 %) pour l'éolien en mer, etc ; la prévision pour 2017 est de 26,57 Mds €, dont 38 % pour le solaire, 26 % pour la biomasse, 22 % pour l'éolien terrestre et 12 % pour l'éolien en mer[e 3].

Le gouvernement a mis en 2011 à la disposition des producteurs d'EnR, par un amendement à la loi EEG sur les EnR, une série d'options (autoconsommation, prime de marché, privilège au kWh vert, etc.) pour une commercialisation directe de leur production ; un basculement progressif du tarif d'achat vers ces options s'est produit : en 2015, sur les 163,4 TWh éligibles aux subventions de la loi EEG, 49,56 TWh (30 %) étaient encore sous le régime des tarifs d'achat, 112,13 TWh (69 %) sous celui de la commercialisation directe et 0,9 TWh (0,5 %) sous celui de l'autoconsommation rémunérée (solaire uniquement) et 0,7 TWh (0,4 %) autoconsommés hors statut[e 4].

Le rapport 2014 de l'EFI (Expertenkommission Forschung und Innovation - Commission d’experts sur la recherche et l’innovation), créée par le gouvernement fédéral allemand avec mission de fournir des avis sur la politique scientifique, fait un bilan très négatif de la loi allemande sur les énergies renouvelables (Erneuerbare-Energien-Gesetz - EEG) : non seulement elle coûte excessivement cher (le total des subventions aux EnR a atteint 22,9 milliards d'euros pour l'année 2013, et le surcoût répercuté sur les factures d'électricité des consommateurs atteint 5,28 c€/kWh en 2013, soit près de 20 % du prix total de l'électricité), mais de plus elle n'a pas contribué à la lutte contre le changement climatique, mais simplement relocalisé les émissions de gaz à effet de serre de l'industrie vers d'autres secteurs et vers d'autres pays, et n'a pas eu d'effet stimulant pour l'innovation, comme le montre l'analyse des dépôts de brevets. L'EFI en conclut qu'il n'existe aucune justification pour la poursuite de cette politique[28].

Prix des énergies renouvelables[modifier | modifier le code]

La prime pour différence (subvention) moyenne versée (prix garanti moins prix de marché) en 2015 était de 138 €/MWh pour un prix moyen sur le marché de gros de 30,8 €/MWh :

Subvention moyenne versée par MWh d'énergie renouvelable (€/MWh)[e 5]
Énergie 2012 2013 2014 2015 2016p 2017p
Photovoltaïque 306 286 278 274 265 260
Éolien terrestre 60 64 67 66 64 65
Éolien offshore 127 135 144 155 157 161
Biomasse 135 144 150 152 149 154
Hydraulique 45 53 58 59 56 62
total EnR 138 141 143 138 132 132
Prix moyen
marché de gros
43,9 36,9 32,2 30,8 31,3 26,8

Le BDEW décrit l'« effet merit order[n 8] » des EnR sur le prix du marché de gros : lors d'un afflux d'énergie éolienne ou solaire (sans offre de prix, car leur coût marginal est nul), les prix du marché spot sont poussés vers le bas : le prix du marché en 2016 s'élevait en moyenne à 37 €/MWh lorsque la production éolienne était nulle et à 21 €/MWh lorsqu'elle était à son maximum[e 6]. Le photovoltaïque a un effet additionnel pendant les heures du milieu de la journée, estimé à -4,6 €/MWh[e 7].

Du fait des prix très élevés de l'électricité en Allemagne, la parité réseau est atteinte depuis avril 2012 : le coût de l'électricité produite par les nouvelles installations photovoltaïques est inférieur à tous les tarifs résidentiels de l'électricité du réseau ; en août 2013, il est de 10,25 à 14,80 c€/kWh (tarif d'achat réglementé) au lieu de 24,42 à 40,28 c€/kWh ttc (tarif réseau moyen selon consommation d'après Eurostat database[29]) et les tarifs d'achat de l'électricité produite par des installations de 10 kWc et plus (surface > 80 m2) sont inférieurs (10,25 à 14,04 c€/kWh) au tarif industriel moyen de l'électricité du réseau (17,27 c€/kWh pour 500 à 2 000 MWh par an)[30]. Le gouvernement allemand a donc décidé de supprimer, à partir du 1er janvier 2014, la prime à l’autoconsommation devenue inutile[31].

Consommation d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

Consommation d'énergie primaire en Allemagne en 2012
source données : AGEB[a 2]
Consommation d'énergie primaire en Allemagne par agent 1990-2012
source données : AGEB[a 2]

Entre la consommation brute, au niveau de la production ou de l'importation d'énergie (énergie primaire) et la consommation au niveau de l'utilisateur final (énergie finale), les transformations (raffinage, production d'électricité, etc) et le transport d'énergie causent des pertes. Pour plus de détail, voir Article sur le bilan énergétique.

La consommation d'énergie primaire s'est élevée en 2016 (chiffres provisoires) à 13 451 PJ, répartie en :

  • énergies fossiles : 80,1 % (pétrole : 34,0 % ; gaz : 22,6 % ; charbon : 12,3 % ; lignite : 11,3 %) contre 78,0 % en 2010 ;
  • nucléaire : 6,9 % contre 10,8 % en 2010 ;
  • énergies renouvelables : 12,6 % contre 9,9 % en 2010 ;
  • autres (dont solde exportateur électricité) : 0,4 %.

La consommation d'énergie primaire se réduit progressivement en Allemagne : -10 % en 26 ans, alors qu'en France elle a progressé de 13,3 % en 25 ans. Depuis 1990, la consommation de charbon (-22,5 %), de lignite (-49 %) et de pétrole (-11 %) ont nettement décru, ainsi que le nucléaire (-36 %), au profit du gaz naturel (+38 %) et des énergies renouvelables (+532 %).

On notera cependant que la part du lignite remonte depuis 2010 (de 10,6 % à 11,3 %), celle du charbon de 12,1 % à 12,3 %, celle du pétrole de 32,9 % à 34,0 % et celle du gaz de 22,4 % à 22,6 % ; la progression des énergies renouvelables (+2,7 points) n'a pas suffi à compenser la baisse du nucléaire (-3,9 points).

La consommation d'énergie est très sensible à la température : ainsi, en 2011, année marquée par un climat exceptionnellement doux, la consommation d'énergie primaire a baissé de 5,3 % ; l'AGEB estime qu'après correction de cet effet température, la baisse de consommation n'est plus que de 1 %[32] ; de même en 2014, année très douce, elle a baissé de 4,8 %[33]. L'effet température est particulièrement marqué sur les consommations des ménages et du tertiaire : ainsi, la consommation d'énergie finale des ménages chute de 18 % en 2011.

Consommation d'énergie primaire par source d'énergie (en PJ)
Énergie 1990 % 2000 % 2010 % 2011 2012 2013 2014 2015 2016* % 2016 Var.2016
/1990
Charbon 2 306 15,5 2 021 14,0 1 714 12,1 1 715 1 725 1 840 1 759 1 729 1 656 12,3 -28 %
Lignite 3 201 21,5 1 550 10,8 1 512 10,6 1 564 1 645 1 629 1 574 1 565 1 519 11,3 -53 %
Pétrole 5 228 35,1 5 499 38,2 4 684 32,9 4 525 4 527 4 628 4 493 4 491 4 567 34,0 -13 %
Gaz naturel 2 304 15,5 2 996 20,8 3 181 22,4 2 923 2 933 3 074 2 672 2 781 3 036 22,6 +32 %
Total fossiles 13 039 87,6 12 066 83,8 11 091 78,0 10 727 10 830 11 171 10 498 10 566 10 778 80,1 -17 %
Nucléaire 1 668 11,2 1 851 12,9 1 533 10,8 1 178 1 085 1 061 1 060 1 001 923 6,9 -45 %
EnR 196 1,3 417 2,9 1 413 9,9 1 463 1 385 1 499 1 519 1 644 1 697 12,6 +766 %
Autres** 0 0 56 0,4 243 1,7 255 231 208 226 224 235 1,8 ns
Solde élec.*** 3 0,02 11 0,1 -64 -0,4 -23 -83 -116 -122 -174 -182 -1,4 ns
TOTAL 14 905 100 14 401 100 14 217 100 13 599 13 447 13 822 13 180 13 262 13 451 100 -10 %
Source : AGEB[a 2] ; * 2016 : provisoire
** Autres : déchets non renouvelables et "chaleur résiduelle pour la production d'électricité et de chaleur"
*** solde élec. = solde des échanges internationaux d'électricité.

De l'énergie primaire consommée à l'énergie finale consommée[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bilan énergétique (statistique).

Pour couvrir les besoins énergétiques de l'Allemagne, la branche énergétique utilise de l'énergie primaire, produite en Allemagne ou importée, puis la transforme et la distribue aux utilisateurs.

Tous ces flux peuvent se résumer en un tableau sous forme de bilan Ressources/Emploi, dénommé "bilan énergétique national" :

BILAN ÉNERGÉTIQUE 2012[34]
RESSOURCES PJ % EMPLOIS PJ %
Production d’énergie primaire 4 336 31,5 Consommation branche énergie 3 725 27,1
Importations 11 305 82,2 Consommation finale non énergétique 978 7,1
Prélèvt sur stocks 68 0,5 Écarts statistiques 44 0,3
Exportations+soutes -1 964 -14,3 Consommation finale énergétique 8 998 65,5
Total ressources 13 745 100 Total emplois 13 745 100
Détail consommation branche énergie Détail consommation finale
Pertes de conversion 3 181 23,1 Industrie 2 599 28,9
Usage propre branche énergie 544 4,0 Transport 2 571 28,6
Ménages 2 431 27,0
Tertiaire 1 397 15,5

L'Allemagne importe 82,2 % de l'énergie qu'elle consomme, mais elle en réexporte 14,3 %.

L'énergie primaire consommée par la filière énergétique comprend :

  • la consommation propre de la branche énergie : 4 % de la consommation totale d'énergie primaire en 2011,
  • les pertes de conversion : 23 %.

Au total, 24,8 % de l'énergie primaire totale consommée en 2016 l'était dans le secteur énergétique[b 9].

L'énergie primaire consommée par les branches non énergétiques comprend notamment les consommations de produits pétroliers et gaz utilisés comme matières premières dans la pétrochimie ; en Allemagne, la consommation de ces branches est de 7 % de l'énergie finale consommée.

Pour plus de détail sur le contenu des rubriques de ce tableau, voir bilan énergétique.

Énergie finale consommée[modifier | modifier le code]

Consommation finale répartie par source[modifier | modifier le code]

Consommation d'énergie finale par source en Allemagne
source données : AGEB[a 3].
Consommation d'énergie finale par source en Allemagne (cumul)
source données : AGEB[a 3].

En 2016, l'énergie finale consommée provient encore à 67,2 % des combustibles fossiles : pétrole 36,8 %, gaz 25,3 %, charbon + lignite 5,1 %. Il s'agit seulement de leurs utilisations directes, puisque les rubriques "électricité" et "réseaux de chaleur" incluent toutes les énergies primaires employées pour produire l'électricité et la chaleur de réseau : fossiles, nucléaire et énergies renouvelables.

Énergie finale consommée par source[a 3]
en PJ 1990 % 2000 % 2010 % 2011 2012 2013 2014 2015 2016 % 2016 Var.2016
/1990
Charbon 571 6,0 432 4,7 375 4,0 387 340 338 348 382 386 4,2 -32 %
Lignite 975 10,3 82 0,9 89 1,0 94 92 93 85 84 85 0,9 -91 %
Pétrole 4 061 42,9 4 148 44,9 3 431 36,9 3 298 3 331 3 454 3 317 3 322 3 367 36,8 -17 %
Gaz 1 789 18,9 2 328 25,2 2 352 25,3 2 149 2 186 2 286 2 058 2 163 2 316 25,3 +29 %
Électricité(1) 1 638 17,3 1 780 19,3 1 899 20,4 1 876 1 884 1 884 1 846 1 853 1 856 20,3 +13 %
Réseaux de chaleur 383 4,0 265 2,9 472 5,1 420 431 435 383 402 408 4,5 +7 %
EnR thermiques(2) 54 0,6 201 2,2 617 6,6 557 572 627 589 622 658 7,2 +1119 %
Divers 0 0 0 0 74 0,8 99 82 63 73 70 76 0,8 ns
TOTAL 9 472 100 9 235 100 9 310 100 8 881 8 919 9 179 8 699 8 898 9 152 100 %
(1) y compris électricité produite par les EnR : hydro, éolien, solaire photovoltaïque, etc.
(2) biomasse, déchets, géothermie, solaire thermique, pompes à chaleur.

Dans ce tableau, la rubrique EnR ne prend en compte que les EnR thermiques ; l'électricité produite par les EnR représente 31,3 % de la production brute d'électricité 2015[3], soit 581 PJ, ce qui porte les EnR à 1 239 PJ, soit 13,5 % de l'énergie finale consommée.

La part des combustibles fossiles décline progressivement de 78,1 % en 1990 à 67,1 % en 2010, puis remonte à 67,2 % en 2016. On note la baisse des combustibles fossiles solides (charbon + lignite), qui chutent en 26 ans de 16,3 % à 5,1 % du total. Le pétrole perd 6 points au bénéfice du gaz (+6,4 points). La forte progression des EnR thermiques (+6,6 points) compense plus de la moitié de la baisse des fossiles (-11 points) ; l'électricité progresse de 3 points.

Les réseaux de chaleur et de froid sont alimentés pour 13,4 % par les énergies renouvelables en 2016 ; la production de chaleur par les EnR atteignait 168,1 TWh en 2016, en progression de 5,9 % par rapport à 2015 ; cette production 2016 se répartissait en 68 % de biomasse solide, 10 % de biogaz, 5 % de déchets, 7 % de géothermie et pompes à chaleur, 5 % de solaire thermique, etc[e 2].

Consommation finale répartie par secteur[modifier | modifier le code]

Énergie finale consommée par secteur en Allemagne, 1990-2012
source données : AGEB[a 4]

En 2016, la consommation d’énergie finale était répartie en 28,2 % dans la production industrielle et agricole, 29,5 % dans le secteur des transports, 26,2 % dans la consommation des ménages et 16,2 % dans le secteur tertiaire (commerce, services, administration).

Énergie finale consommée par secteur[a 4]
en PJ 1990 % 2000 % 2010 % 2011 2012 2013 2014 2015 2016* % 2016 var.2016
1990
Industrie 2 977 31,4 2 421 26,2 2 592 27,8 2 634 2 587 2 551 2 545 2 548 2 581 28,2 -13 %
Transport 2 379 25,1 2 751 29,8 2 559 27,5 2 568 2 559 2 612 2 616 2 621 2 696 29,5 +13 %
Résidentiel 2 383 25,2 2 584 28,0 2 676 28,7 2 333 2 427 2 556 2 188 2 302 2 394 26,2 +0,5 %
Commerce et services 1 733 18,3 1 478 16,0 1 483 15,9 1 346 1 345 1 460 1 350 1 428 1 480 16,2 -15 %
TOTAL 9 472 100 9 235 100 9 310 100 8 881 8 919 9 179 8 699 8 898 9 152 100 -3,4 %
* 2016 : provisoire

Les consommations du secteur résidentiel et, dans une moindre mesure, du secteur tertiaire sont sensibles au climat du fait du chauffage, d'où les fluctuations visibles sur le graphique.

L'industrie a perdu 5 points au cours des années 1990, puis en a regagné 2 depuis 2000 ; sur 26 ans, elle a réduit sa consommation de 13 %. Le secteur commerce-service a perdu 2 points en 26 ans et réduit sa consommation de 15 %. Les secteurs transport et résidentiel par contre ont fortement accru leur consommation d'énergie au cours des années 1990, gagnant respectivement 5 points et 3 points, mais le résidentiel a perdu près de 2 points depuis ; en 26 ans, leur consommation s'est accrue de 13 % et 0,5 % respectivement ; le secteur résidentiel a connu deux fortes baisses en 2011 et en 2014, dues à des hivers exceptionnellement doux. On peut donc dire que les entreprises (industrie et tertiaire) sont pour l'essentiel à l'origine de la baisse des consommations d'énergie, du fait des délocalisations et des progrès de l'efficacité énergétique ; les particuliers n'ont guère réduit leur consommation, en particulier dans les transports, malgré la stagnation de la population.

Consommation finale des ménages[modifier | modifier le code]

Consommation d'énergie finale des ménages allemands (consommation résidentielle) 1990-2012 (en PJ)
source données : AGEB[a 5]

Le graphique ci-contre montre l'évolution des consommations d'énergie des ménages allemands (hors transport)[n 9] par source d'énergie. À noter : la source "électricité" intègre toutes les sources primaires de production d'électricité, y compris les EnR "électriques" (éolien, solaire, etc.).

On voit très clairement la forte baisse du lignite (consommé sous forme de briquettes pour le chauffage) et du charbon dans la décennie 1990, compensée par l'essor du gaz, puis la forte baisse du fioul à partir de 1997, en partie compensée par la progression des énergies renouvelables thermiques (bois, biogaz, solaire thermique, etc.) et de l'électricité.

En 2016, le gaz occupe de loin la première place avec 39,9 % (contre 21,6 % en 1990), suivi par le fioul (19,4 %, contre 31,1 % en 1990) et l'électricité (19,3 % contre 17,7 %) ; loin derrière viennent les énergies renouvelables thermiques (13,3 % contre 1,6 % en 1990) et le chauffage urbain (7,0 %)[a 5].

En 2010, la consommation des ménages était de 2 676 PJ, soit 63,9 Mtep, ce qui donne une consommation résidentielle par habitant de 0,782 tep ; en comparaison, la consommation des ménages français était de 50,2 Mtep, soit 0,770 tep/hab ; mais le même calcul effectué sur 2011 donne 0,641 tep/hab en Allemagne, et 0,774 tep/hab en France ; en effet, 2010 a été une année très froide et 2011 une année douce ; or les données françaises sont corrigées de l'effet température, et les données allemandes ne le sont pas ; la moyenne des 2 années donne pour l'Allemagne une consommation de 711 tep/hab ; on peut donc conclure que les ménages allemands consomment environ 8 % moins que les français.

Les systèmes de chauffage dans les nouvelles habitations en 2012 se répartissaient entre le gaz (environ 50 %), les pompes à chaleur (24 à 25 %), le chauffage urbain (16 %) et le bois (6 %). Dans les logements existants, la part du gaz est passée de 15 % en 1975 à 39,7 % en 1996 et 49,1 % en 2011, mais cette part semble se stabiliser depuis 2007 ; la part du fioul a chuté de 52 % en 1975 à 33,6 en 1996, puis à 29,3 % en 2011, et cette régression va se poursuivre puisqu'il ne reste que moins de 1 % de chauffage au fioul dans les nouvelles constructions ; charbon, lignite et bois ont chuté de 20 % en 1975 à 8 % en 1996 et 2,8 % en 2011, mais le bois se développe depuis 2005 ; le chauffage urbain progresse lentement de 7 % environ en 1975 à 12 % en 1996 et 12,7 % en 2011 : enfin, l'électricité (y compris celle consommée par les pompes à chaleur) reste stable aux environs de 6 % de 1975 à 2011[5].

Facteurs explicatifs de la consommation d'énergie résidentielle en Allemagne
Source données : BMWI (Ministère fédéral de l'Économie et de la Technologie)[4].

Le graphique ci-contre montre très clairement l'articulation des principaux facteurs explicatifs des consommations d'énergie des ménages[b 10] :

  • population : la population résidente, après avoir légèrement augmenté au cours des années 1990, de 79,4 Mhab (millions d'habitants) en 1990 à 81,5 Mhab en 1996, sous l'effet du flux important d'immigration déclenché par la chute du rideau de fer et par la réunification (en particulier, plusieurs centaines de milliers d'Allemands de souche vivant dans les pays de l'Est, surtout en Russie, sont revenus vers la mère Patrie[n 10]), s'est stabilisée jusqu'en 2004 ; dans les années 2000, l'accroissement naturel négatif (-0,2 %) qui caractérise l'Allemagne a repris le dessus : la population baisse peu à peu jusqu'en 2010 : 80,3 Mhab ; depuis, l'immigration dépassant le déficit démographique naturel, la population progresse lentement, atteignant 81,6 Mhab en 2015, puis bondit à 82,5 Mhab en 2016 après une vague de réfugiés du Moyen-Orient ; en 26 ans, la population s'est accrue de 4 % ;
  • le nombre de ménages augmente rapidement de 34,9 millions en 1990 à 45,1 millions en 2016 (+18,4 %), sous l'effet du phénomène de décohabitation général dans les pays développés (les familles se scindent, les enfants prenant leur indépendance de plus en plus tôt et les divorces multipliant les familles monoparentales) ;
  • la parc de logements augmente encore plus vite : +22,4 %, du fait de la croissance des résidences secondaires ;
  • la surface habitable s’accroît encore plus vite que le parc : +35,1 %, les logements étant de plus en plus vastes.

Cette analyse permet de comprendre pourquoi, malgré les efforts d'économie d'énergie (isolation, appareils ménagers plus économes, etc.), la consommation d'énergie des ménages parvient difficilement à baisser. On peut cependant constater qu'après une forte hausse des consommations unitaires jusqu'en 1996, une nette tendance à la baisse (bien visible sur le graphique malgré les fluctuations dues aux écarts climatiques) semble prévaloir, mais elle n'a pas encore complètement réussi à compenser les excès des années 1990.

Une analyse encore plus fine permet de constater que, sur la période 1996-2015[b 11] :

  • le chauffage passe de 78,6 % des consommations totales des ménages en 1996 à 68,6 % en 2015 (mais 73,9 % en 2010 : attention aux variations de température) : il y a donc eu un net effort d'isolation des logements ; la part du pétrole baisse fortement (de 37,8 % à 27,0 % des consommations de chauffage) ainsi que celles du charbon (de 4,3 % à 1,6 %) et de l'électricité (de 4,1 % à 2,1 %) au bénéfice des énergies renouvelables (de 0 à 15,9 %) et du chauffage urbain (de 6,6 % à 9,8 %), mais le gaz reste l'énergie de chauffage no 1 (de 43,4 % à 43,6 %) ;
  • l'eau chaude passe de 10,7 % à 14,4 % (gaz : 47,3 % contre 38,2 % en 1996, fioul : 18,8 % contre 27,3 %, électricité : 17,0 % contre 25,5 %, chauffage urbain : 4,3 % contre 6,4 %, renouvelables : 12,6 % contre 0 % : les chauffe-eau solaires percent peu à peu) ;
  • les autres usages thermiques (électroménager) progressent de 3,3 % à 6,2 % (presque entièrement électriques) ;
  • le froid (réfrigérateurs, congélateurs) représente 4,7 % ; la climatisation est négligeable : 0,2 % ;
  • les usages télécoms et informatiques représentent 3,6 % ;
  • l'éclairage progresse de 1,4 % à 1,7 %.

Consommation finale des transports[modifier | modifier le code]

Facteurs explicatifs de la consommation finale d'énergie des transports en Allemagne
Source données : BMWI (Ministère fédéral de l'Économie et de la Technologie)[4].

Le graphique ci-contre montre clairement l'articulation des principaux facteurs explicatifs des consommations d'énergie des transports :

  • le nombre de voitures augmente assez rapidement : de 35,5 millions en 1990 à 45,1 millions en 2016 ; le décrochage de 12 % qui apparaît sur la courbe en 2008 provient d'un changement de méthode statistique : à partir de cette date, les véhicules temporairement mis au rancart sont exclus ; comme le nombre de voitures a progressé de 31 % entre 1990 et 2007, puis de 9,5 % entre 2008 et 2016, la progression totale sur 26 ans est proche de 44 %[b 10] ;
  • le transport de passagers (en milliards de personnes-km, ici ramené en base 100 en 1990) augmente très fortement (+36 %) de 1990 à 1994, du fait de l'arrivée sur le marché des Ossies (Allemands de l'Est) et des Spätaussiedler (immigrants de souche allemande revenus en Allemagne après la chute du rideau de fer), dont la plupart accédaient pour la première fois à l'automobile ; après 1994, la progression ralentit mais se poursuit, malgré la baisse de la population ; au total, le volume du transport de passagers progresse de 65,5 % en 26 ans ; la voiture individuelle reste le moyen de transport prépondérant : 79,9 % en 2016 contre 82,5 % en 1990, mais la part des chemins de fer progresse de 6,1 % à 7,9 % et celle de l'avion de 2,5 % à 5,3 %, alors que les transports publics urbains reculent de 8,9 % à 6,8 %[b 10] ;
  • le transport de marchandises (en milliards de tonnes-km, ici ramené en base 100 en 1990) a connu une croissance explosive jusqu'à 2008 : +118 %, suivie d'une chute brutale (-10,7 %) en 2009, du fait de la crise économique ; le niveau de 2008 n'a été dépassé qu'en 2016 ; là aussi, la route est prépondérante, et sa part progresse fortement : de 56,6 % en 1990 à 70,9 % en 2016, aux dépens de tous les autres moyens de transport : le chemin de fer régresse de 20,6 % à 17,7 %, la voie d'eau de 18,2 % à 8,3 % et les oléoducs et gazoducs de 4,4 % à 2,9 %[b 10] ;
  • en comparaison de ces facteurs explicatifs, la croissance de 13 % des consommations d'énergie des transports entre 1990 et 2016 apparaît modeste : après une croissance assez vive, mais très inférieure à celles des indicateurs ci-dessus, jusqu'en 1999, ces consommations ont baissé d'année en année jusqu'en 2012, avant de remonter légèrement depuis, ce qui montre l'ampleur des progrès réalisés dans l'efficacité énergétique du secteur.

Selon l'association négaWatt, même si l'Allemagne a jusqu'à présent plutôt bien négocié le virage de la transition énergétique, le poids de l'industrie automobile est tel que la transition énergétique pourrait être mise à mal par le secteur des transports[35].

Secteur de l'électricité[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Électricité en Allemagne.
Production brute d'électricité en Allemagne par source, 1990-2012
source données : AGEB

Politique énergétique[modifier | modifier le code]

Pour les Allemands, l’atome civil reste indissolublement lié à l’atome militaire auquel le pays a renoncé. Fukushima n’a fait qu’accélérer le processus. La sortie du nucléaire bénéficie d’une large majorité au parlement et dans l’opinion.

Quelques dates clés[modifier | modifier le code]

Rappel : L’Union européenne s’est fixé comme objectif 2020, en 2008 dans le paquet climat-énergie : 20 % d'EnR, moins 20 % sur les émissions de CO2 et +20 % d'efficacité énergétique.

Lois EEG et Atomaustieg de 2001[modifier | modifier le code]

En 1998, la coalition SPD/Verts arrive au pouvoir. La nouvelle politique, dite de modernisation énergétique, menée par le ministre de l’écologie, Jürgen Trittin, se traduit par deux décisions majeures :

  • Le 29 mars 2001, adoption de la loi Erneuerbare Energien Gesetz (Loi sur les EnR) : Tarif d’achat garanti sur 20 ans, à un prix connu d’avance ; le surcoût est répercuté sur le consommateur final ( EEG-Umlage).
  • Le 14 juin 2001, signature d’une convention avec les exploitants de réacteurs nucléaires. Les parties conviennent que les 19 réacteurs en service pourront produire encore 2 620 TWh et que le dernier réacteur devra être arrêté en 2021. Le 22 avril 2002, cette convention est transcrite dans la loi Atomaustieg (sortie de l’atome).

Energiekonzept de 2010[modifier | modifier le code]

En 2009 arrive au pouvoir une coalition CDU/FDP. Angela Merkel, alors plutôt favorable à l’énergie nucléaire, promet de revoir la loi sur la sortie du nucléaire. L’Energiekonzept de novembre 2010 propose une inflexion de la politique énergétique d’ici 2050. La chancelière y perdit en popularité.

Le 29 octobre 2010, ce nouveau concept est adopté par le Bundestag. Il prévoit un allongement de la durée de vie des réacteurs pour une durée comprise entre 8 et 14 ans au-delà de 2021. En échange, les opérateurs concernés s’engagent à payer une taxe sur l’énergie nucléaire dont le produit servira à réduire le déficit public et à contribuer au fond énergie-climat dont l’objet est de stimuler le développement des ENR.

Gesetzpaket de 2011 - sortie de l'atome[modifier | modifier le code]

Carte des centrales nucléaires allemandes fermées par l'Atom-Moratorium le 14.03.2011. Les réacteurs fermés sont en rouge, les réacteurs restés en marche en bleu.

Le 14 mars 2011, 3 jours après l’accident de Fukushima, la Chancelière annonce l’arrêt des 8 réacteurs les plus anciens (8 400 MW). À l’époque, la Chancelière était en difficultés avec son partenaire FDP et, disait-on, envisageait une coalition avec les Verts.

Le 22 mars, la Chancelière installe une Ethikkommission, composée pour l'essentiel de philosophes et de sociologues, dont le mandat consiste à examiner la faisabilité d’une sortie accélérée du nucléaire. La commission remet son rapport le 28 mai en concluant que l’Allemagne pouvait obtenir une sécurité d’approvisionnement à un niveau équivalent au niveau actuel en sortant du nucléaire et en développant les ENR, le recours aux centrales thermiques à flamme restant nécessaire pendant la période de transition. Le surlendemain le ministre de l’environnement annonce que les 8 réacteurs arrêtés ne redémarreront pas et que les 9 autres seront définitivement arrêtés d’ici 2022.

Dès l’été 2011 est adopté un paquet de lois (Gesetzpaket) qui n’en comprend pas moins de sept. Les objectifs sont :

  • Fermer le dernier réacteur nucléaire en 2022.
  • Réduire les émissions de GES de 40 % en 2020 et de 80-95 % en 2050, 1990 étant l’année de référence. L’Union s’est donnée comme objectif moins 20 % d’ici 2020 ; la discussion se poursuit à Bruxelles sur ce qu’il adviendra ultérieurement.
  • Réduire la consommation d’énergie primaire de 20 % d’ici 2020 et de 50 % d’ici 2050, 2008 étant l’année de référence. Ceci correspond à une baisse de 2,3-2,5 % par an. C’est peut-être là le plus ambitieux des objectifs que s’est fixé l’Allemagne.
  • Réduire celle d’électricité de 10 % d’ici 2020, de 25 % d’ici 2050, toujours avec 2008 comme année de référence. Ceci sera également difficile compte tenu de la politique d’encouragement au développement des véhicules électriques.
  • Réduire la consommation de chaleur dans les bâtiments de 20 % d’ici 2020.
  • Améliorer la productivité énergétique de 2,1 % par an
  • Produire avec les EnR en 2050 plus de 50 % de la consommation d’énergie primaire et, dès 2020, 35 % de la consommation finale d’électricité. L’essentiel de la puissance supplémentaire sera le fait d’EnR intermittentes (éolien et solaire).

Nouvelle loi EEG de 2014[modifier | modifier le code]

En juillet 2014, le parlement allemand a adopté la nouvelle loi sur les énergies renouvelables (Erneuerbare Energien Gesetz - EEG), qui est entrée en vigueur le 1er août 2014 ; voici ses principales dispositions[36] :

  • objectifs de part des EnR dans la consommation d’électricité : 40 à 45 % en 2025, 55 à 60 % en 2035 et au moins 80 % en 2050 ; objectif de part des EnR dans la consommation d'énergie : au moins 18 % en 2020 ;
  • trajectoires de développement :
    • éolien terrestre : 2 500 MW/an ;
    • éolien en mer : puissance installée de 6 500 MW d'ici 2020 et 15 000 MW d'ici 2030 ;
    • solaire photovoltaïque : 2 500 MWc/an ;
    • biomasse électrique : 100 MW/an ;
  • évolution des formes de soutien aux EnR : les tarifs d'achat sont remplacés progressivement[n 11] par la prime de marché pour vente directe sur le marché et par des appels d'offres ;
  • la vente directe d'électricité à des tiers à proximité est autorisée à condition que l'électricité ne passe pas par le réseau électrique ;
  • pour l'éolien terrestre, le tarif est fixé à 8,9 c€/kWh pendant les cinq premières années de production, puis varie selon la qualité du site pendant les 15 années restantes, jusqu'au tarif plancher de 4,95 c€/kWh ;
  • pour l'offshore, le tarif est de 15,4 c€/kWh pendant les douze premières années, puis varie en fonction de l'éloignement de la côte et de la profondeur d'eau jusqu'à 3,9 c€/kWh ;
  • pour le photovoltaïque, le niveau de tarif va de 13,15 c€/kWh pour les installations de moins de 10 kWc à 9,23 c€/kWh pour celles de 1 à 10 MWc ; le tarif d'achat sera supprimé lorsque l'objectif de 52 GWc installés aura été atteint dans le pays (36,57 GWc au 31 mai 2014) ;
  • pour la biomasse, le tarif va de 23,73 c€/kWh pour les installations à la ferme de moins de 75 kW à 5,85 c€/kWh pour les unités de plus de 20 MW ;
  • les tarifs d'achat seront diminués de 0,4 % par trimestre pour l'éolien terrestre[n 12], 0,5 % pour le photovoltaïque et la biomasse, taux qui seront modulés en fonction du volume des mises en service[n 13] ;
  • à partir du 1er janvier 2017, le niveau de soutien aux énergies renouvelables sera défini dans le cadre d’appels d’offres ; un appel d'offres pilote sera lancé dès 2015 pour 600 MWc de centrales photovoltaïques au sol ;
  • pour l'électricité vendue directement sur le marché, la prime de marché, calculée mensuellement, correspondra à la différence entre le tarif d'achat et le prix moyen du marché ;
  • les personnes s’auto-approvisionnant participeront au financement de la contribution EEG, sauf si leur installation n'est pas raccordée au réseau ou couvre la totalité de leur consommation, ou était déjà en service avant l'entrée en vigueur de la loi, ou a une puissance inférieure à 10 kW.

Le secrétaire d'État à l'Énergie, Rainer Baake, explique que le but de cette nouvelle loi est de favoriser les technologies les moins coûteuses : éolien et photovoltaïque. Le coût moyen des installations électriques renouvelables qui seront mises en service en 2015 se situera à 12 c€/kWh, contre 17 c€/kWh actuellement[37].

Plan de protection du climat 2050[modifier | modifier le code]

Après la conférence de Paris sur le climat de 2015, le gouvernement fédéral a engagé la préparation d'un « plan de protection du climat 2050 » (Klimaschutzplan 2050) ; les collectivités et les citoyens ont été invités à proposer des idées pour contribuer à l'objectif de limitation à °C de l'augmentation de température par rapport au niveau pré-industriel, ce qui implique de parvenir à la neutralité carbone (treibhausgasneutral = neutre en termes de gaz à effet de serre) dans la deuxième moitié du siècle[38]. La coalition au pouvoir a fixé l'objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80 à 95 % en 2050 par rapport à 1990[39].

Accord de coalition 2018[modifier | modifier le code]

L'accord de coalition négocié début 2018 par la « Grande Coalition » CDU-SPD porte l'objectif 2030 de part des énergies renouvelables à 65 % ; il n'est pas précisé s'il s'agit de part dans l'ensemble des énergies ou seulement dans l'électricité, mais c'est très probablement d'électricité qu'il s'agit ; la part des combustibles fossiles (charbon et gaz) serait donc ramenée à 35 % contre 55 % en 2017. Le texte précise que « le développement des énergies renouvelables doit être considérablement accru pour répondre aux besoins supplémentaires en électricité permettant d’atteindre les objectifs de protection du climat dans les transports, dans les bâtiments et dans l’industrie ». Le contrat propose la nomination d’une commission spéciale pour approcher autant que possible de l’objectif 2020, et atteindre à temps celui de 2030 ; cette commission a aussi le mandat spécifique de planifier la fin du charbon dans l’électricité, de décider des mesures d’accompagnement et de prévoir le financement des mutations structurelles pour les régions touchées. Le texte insiste fortement sur la nécessité de développer le stockage d'énergie ; il prévoit également une réduction de 50 % de la consommation d'énergie d'ici 2050[40].

Les difficultés de la transition énergétique[modifier | modifier le code]

La transition énergétique (Energiewende) lancée par le Gesetzpaket pose des défis de grande ampleur. Une étude de France Stratégie publiée en août 2017 souligne qu'aucun des objectifs de la transition énergétique allemande pour 2020, hormis celui de part des énergies renouvelables dans la consommation électrique, ne semble en mesure d'être atteint : l'Allemagne a toujours recours au charbon pour produire son électricité et reste un des pays d’Europe les plus émetteurs en CO2 par habitant ; fermer les centrales au charbon et au lignite est un objectif qui divise la population et met en jeu la sécurité de son approvisionnement ; le développement massif des énergies renouvelables intermittentes a compromis l’équilibre du système électrique et impose la construction de milliers de kilomètres de lignes à haute tension, sur fond de forte opposition locale ; une éventuelle électrification du transport plongerait encore davantage dans la crise le secteur automobile. On peut donc s’attendre à une réduction des ambitions de la politique énergétique allemande après les élections fédérales de septembre 2017[41].

L'indice semestriel de transition énergétique (Energiewende-Index) calculé depuis 2012 par McKinsey pour suivre la réalisation des objectifs de l'Energiewende montre que, sur les 14 indicateurs pris en compte, huit révèlent un tel retard que la réalisation de l'objectif correspondant est devenue irréaliste ; en particulier, l'objectif de réduction de 40 % des émissions de CO2 entre 1990 et 2020 est hors d'atteinte, étant donné qu'au 1er semestre 2017 les émissions n'ont baissé que de 8 %[42].

Restructuration du réseau électrique[modifier | modifier le code]

Le développement de l’éolien se faisant principalement dans le nord du pays et plus particulièrement dans la mer du Nord et l’électricité étant consommée principalement dans les Länder du sud, la transition doit s’accompagner d’un fort développement des lignes de transport à haute tension. Mais ce développement se heurte à l’opposition des riverains. Dans une étude remise fin mai 2012 à la Chancelière, les quatre gestionnaires de réseaux de transport estiment à 3 800 km la longueur des lignes haute tension à construire et à 4 000 km celle des lignes à moderniser, pour un montant de 20 Md € auxquelles il faut ajouter 12 Md € pour le raccordement de l’éolien marin. Soit un total de 32 Md € à investir pour atteindre l’objectif 2022. Or depuis 2005, seuls 200 km de lignes haute tension ont pu être construites. C'est pourquoi une loi est en discussion pour faciliter les autorisations de construction des lignes haute tension : la Netzausbaubeschleunigungsgesetz (NABEG) vise la réduction des délais de construction des lignes de grand transport de 10 à 4 ans. En novembre 2012, l'association des entreprises de l'énergie BDEW annonce que d'ici 2020 il faudra construire 4 300 km de lignes HT pour acheminer la production éolienne vers le sud[43]. L'afflux des énergies renouvelables provoque des surcharges du réseau au point que l’électricité doit souvent être déroutée par la Pologne et la République Tchèque afin de revenir en Allemagne du sud, ce qui provoque dans ces pays, des incidents techniques à répétition[44].

Le plan de développement du réseau, élaboré fin 2014, estime que 7 700 km sont hautement prioritaires. Or en mai 2017 seuls 850 km de nouvelles lignes avaient été déployés depuis cette date, dont seulement 90 en 2016. La population s’oppose de façon virulente au passage des lignes afin de préserver les paysages, car les Länder traversés ne bénéficient souvent ni du courant acheminé ni des revenus associés à la production des ENR. Fin 2015, les autorités ont pris la décision d’enfouir les lignes, sans parvenir à calmer toutes les résistances. Les coûts estimés du développement du réseau se chiffrent en dizaines de milliards d’euros. Pour le consommateur, après celle du soutien aux ENR, la part du réseau dans le prix du kWh a commencé à augmenter significativement[41].

Compensation de la perte de 10 GWe nucléaire[modifier | modifier le code]

Il faudra construire de nouvelles centrales thermiques à flamme, pour remplacer les vieilles centrales au charbon et au lignite qui ne respectent plus les normes environnementales, et pour atténuer l’intermittence des productions éoliennes et photovoltaïques en fonction des variations climatiques. En 2011, la perte de production due à la fermeture de 8 réacteurs a été de 31,1 TWh. Elle a été compensée par une baisse de la consommation de 1,9 TWh, une augmentation de 18,5 TWh de la production des EnR, une baisse des exportations de 3,9 TWh (-6,4 %, dont -0,7 TWh vers la France) et une augmentation des importations de 7,5 TWh (+18 %, dont 5,2 TWh de France)[45]. Les groupes énergétiques comme E.ON ou RWE rencontrent beaucoup de difficultés et sont parfois contraintes de ne faire tourner leurs centrales à gaz que 1000 à 1500 heures par an, au lieu des 6000 nécessaires pour qu’elles soient rentables[44].

Compensation de l’intermittence des EnR[modifier | modifier le code]

Pour pallier les conséquences de l’intermittence des productions éolienne et photovoltaïque : le stockage par pompage dans des réservoirs de barrage est très séduisant, mais le potentiel reste limité, la plupart des sites envisageables étant déjà équipés ; reste le stockage sous forme d’hydrogène, une technologie prometteuse et pour laquelle les Allemands sont à la pointe de la recherche, mais dont la maturité semble encore lointaine, et l'efficacité énergétique encore réduite. Le stockage sous forme d’air comprimé est également à l’étude. La conclusion d’accords est envisagée avec la Norvège, pays richement doté en centrales hydrauliques, permettant une optimisation entre le soutirage en Norvège et le surplus d’électricité d’origine éolienne en Allemagne ; mais cette souplesse est déjà utilisée abondamment par le Danemark, et la capacité des réservoirs norvégiens n'est pas illimitée.

Beaucoup d’espoirs avaient été mis dans l’hydrogène, mais le coût de l’électrolyse est prohibitif et les rendements sont trop faibles : au mieux, 30 % de l’énergie stockée est restituée, contre 90 % avec les batteries. Les capacités installées en énergies renouvelables fatales et intermittentes, éoliennes et solaires, atteignent 90 GW, bien au-dessus de la demande moyenne allemande (65 GW) et surtout de celle des week-ends estivaux (40 GW). Les épisodes de surproduction sont donc fréquents, générant occasionnellement des prix négatifs sur les marchés de gros de l’électricité. Mais surtout, les fortes variations de production menacent la stabilité du système électrique, ce qui oblige les gestionnaires de réseau à recourir régulièrement à des mesures exceptionnelles comme l'arrêt des énergies renouvelables quand leur production ne peut plus être évacuée par le réseau ou absorbée par la demande locale. Les coûts induits deviennent significatifs, répartis entre les indemnités à payer aux producteurs d’ENR et les coûts de congestion réseau, et ils augmentent plus vite que la part d’ENR intermittentes[41].

Une étude de la société Energy Brainpool pour le compte de Greenpeace évalue à 42,7 GW la puissance totale des électrolyseurs nécessaires en 2040 pour compenser l'intermittence des énergies éolienne et solaire dans un système entièrement renouvelable, y compris dans les périodes de plusieurs semaines de vent faible ; la puissance des centrales à gaz nécessaires pour compléter le système serait de 67 GW ; la puissance de pointe de la demande était en 2016 de 84 GW[46].

Hausse excessive du prix de l'électricité[modifier | modifier le code]

La production EnR est achetée par les fournisseurs d'électricité à un tarif d'achat réglementé dont le surcoût par rapport aux prix de marché (soit 128,3 /MWh en 2011[25]) est répercuté sur les consommateurs d'électricité sous la forme d'un prélèvement uniforme (EEG-Umlage) sur tous les kWh consommés ; cet EEG-Umlage atteignait en 2011 une moyenne de 35,9 /MWh[25] (49 % pour le solaire, 23 % pour l'éolien et 26 % pour la biomasse), soit 14 % du prix moyen 2011 du kWh (249,5 /MWh[25]) pour un ménage-type de 3 personnes consommant 3 500 kWh/an. La croissance très rapide de ce fardeau a amené le gouvernement à abaisser fortement les tarifs d'achat pour le solaire. Il convient d'ajouter à cela les coûts des renforcements de réseaux évoqués ci-dessus, ainsi que ceux des dispositifs de stockage rendus nécessaires par l'intermittence, qui seront forcément répercutés sur les consommateurs. Le renchérissement de l'électricité, déjà 2 fois plus coûteuse qu'en France, risque de poser des problèmes d'acceptabilité sociale. Le patron de Vattenfall Europe prédit des prix de l'électricité de 30 % supérieurs à leur niveau actuel à l'horizon 2020[47].

Plusieurs ministres allemands ont laissé entendre au cours de l'été 2012 que le pays pourrait ralentir sa transition énergétique en faveur des énergies renouvelables. Philipp Rösler, ministre de l’économie allemand, a déclaré que « les objectifs et les délais restent les mêmes, mais nous devrons reconsidérer les choses si des emplois ou la compétitivité étaient menacés. » De son côté, le ministre de l’environnement, Peter Altmaier, avouait que « l’objectif de la réduction de la consommation de 10 % d’ici 2020 sera difficile à tenir ». Cette évolution de position s’explique par des projections récentes qui montrent que le prix de l’électricité allemande pourrait grimper de 30 % d’ici 2020 ; une telle hausse du prix de l’électricité pour les particuliers pourrait être mal acceptée par le peuple, problème délicat à un an des élections législatives ; et l’ensemble de l’économie nationale serait affectée par cette hausse de prix liée à la politique gouvernementale de sortie du nucléaire ; l’industrie allemande, forte consommatrice d’électricité, aurait du mal à rester concurrentielle si le prix de l’énergie venait à exploser de la sorte[48].

Le baromètre d'opinion de la BDEW révèle que 90 % de la population allemande considère la transition énergétique importante, mais qu'une bonne moitié considère que sa contribution aux frais est trop élevée, contre 35 % trois ans plus tôt[7].

L'EEG-Umlage est passée au 1er janvier 2013 à 53 /MWh, ce qui représente un surcoût moyen par foyer de 185  par an ; selon la Frankfurter Allgemeine Zeitung, la facture des consommateurs allemands d’électricité pour les fournitures d’origine renouvelable a représenté en 2012 un montant record de plus de 20 milliards d’euros ; la valeur de marché de cette électricité renouvelable selon les cours de la Bourse de l'électricité est de 2,9 Mds € ; le surcoût payé par les consommateurs est donc de 17 milliards d'euros[49].

Peter Altmaier, ministre CDU de l'Environnement, a annoncé fin janvier 2013 son intention de revoir le mode de financement des énergies renouvelables, qui repose aujourd'hui essentiellement sur les ménages et le Mittelstand (les ETI allemandes). Il remet en cause l'EEG-Umlage qui est passée de 0,35 c/kWh en 2003 à 5,3 c/kWh en 2013, ce qui représente un coût de 20 milliards d'euros par an pour les consommateurs d'électricité ; d'après le cabinet Bearing Point, elle pourrait atteindre 12 c/kWh en 2020, soit 50 Mds €/an ; pour un ménage qui consomme 3 500 kWh/an, l'addition passerait de 185 à 420 /an ; « nous avons atteint la charge limite de cette subvention », a déclaré le ministre de l'Environnement. Philipp Rösler, ministre libéral de l'Économie, pourfendeur assidu d'une transition énergétique qui sacrifierait la compétitivité des industriels allemands, a salué « un pas important, dans la bonne direction » ; d'après l'institut VIK, les industriels français paient leur électricité 22 % moins cher que les Allemands, les Chinois 25 % et les Américains 52 % moins cher. Par ailleurs, Peter Altmaier a l'intention de rechercher une meilleure allocation des aides en fonction des besoins du réseau : la production éolienne est très concentrée dans le nord, en particulier en Basse-Saxe, alors que la grande industrie est plutôt localisée dans le sud[50] ; cette dernière déclaration pourrait bien annoncer la disgrâce de l'éolien offshore, très coûteux et nécessitant la construction de lignes à très haute tension nord-sud.

Dans un entretien accordé, mercredi 20 février, à la Frankfurter Allgemeine Zeitung, Peter Altmaier, ministre allemand de l'environnement, annonce que la sortie du nucléaire d'ici à 2022 et la transition vers les énergies renouvelables pourraient coûter à l'Allemagne « un billion (1 000 milliards) d'euros d'ici la fin des années 2030 »[51].

Les difficultés de l'Energiewende, et en particulier de son financement, ont été un des thèmes majeurs de la campagne électorale législative de 2013 : la chancelière Angela Merkel a promis que le niveau des subventions aux énergies renouvelables ne doit plus augmenter (mais elle avait déjà promis en 2011 que les prix de l'électricité demeureraient stables...) ; le ministre de l'Environnement, Peter Altmaier, suggère que ces subventions soient financées par l'emprunt. Le SPD et les Verts proposent de baisser les taxes, dont la TVA, sur l'électricité. Une commission ad hoc, mise en place par le gouvernement, a remis au ministre de l'Économie Philipp Rösler des conclusions autrement plus radicales, suggérant notamment que l'Allemagne s'inspire du modèle suédois, abolisse les subventions et les remplace par des quotas annuels de production d'électricité à partir des énergies renouvelables[52].

Les négociations pour la formation d'un gouvernement d'union CDU-SPD s'orientent vers une révision en baisse des objectifs de production d'éolien offshore pour 2020 à 6,5 GW au lieu de 10 GW, et vers une réduction des aides à l'éolien terrestre et aux autres énergies renouvelables, qui seront réorientées vers un système de primes qui remplacerait le système actuel de prix d'achat garanti : les producteurs de ces énergies vendront leur électricité sur le marché et recevront une prime au kWh ; la chancelière Angela Merkel a déclaré : « Nous devons surtout freiner l'explosion des coûts. » ; un accord a également été trouvé pour interdire la fracturation hydraulique[53].

Le nouveau ministre de l’Économie et de l'Énergie Sigmar Gabriel a présenté le 9 avril 2014 le projet de réforme "Energiewende 2.0" de la loi sur le financement des énergies renouvelables (EEG) de 2000, qui vise à abaisser les tarifs d'obligation d'achat : de 17 cents/kWh en moyenne actuellement, la rémunération moyenne va passer à 12 cents/kWh en 2015, ce qui est encore trois fois supérieur au prix du marché de gros, mais inférieur de plus de moitié au prix de détail payé par les particuliers ; les Länder ont obtenu quelques aménagements en faveur des éoliennes en mer et de la biomasse dans le Sud ; les exemptions de taxe EnR (EEG-Umlage) pour les entreprises seront revues à la baisse, mais les entreprises grosses consommatrices d'électricité conserveront leurs exemptions ; à moyen terme, la réforme vise, conformément aux nouvelles orientations prônées par Bruxelles, à supprimer les tarifs d'obligation d'achat : les exploitants des EnR devront alors vendre leur électricité directement sur le marché de gros, moyennant une prime compensatoire. Le projet de loi doit être voté au Bundestag fin juin pour entrer en vigueur le 1er août 2014 ; le commissaire européen à l'Énergie Günther Oettinger a déclaré qu'une autre loi EEG devra venir dans trois ans[54]; des limites en volume seront fixées au développement de l'éolien terrestre et du solaire à 2 500 MW par an et de l'éolien offshore à 6,5 GW d'ici 2020. Le gouvernement se fixe comme objectif de porter la part de l'« électricité verte » à 40-45 % en 2025 et 55-60 % en 2035[55].

Le commissaire européen à la Concurrence Joaquin Almunia a présenté le 9 avril 2014 un projet de "nouvelles lignes directrices concernant les aides d’État à la protection de l'environnement et de l'énergie" destiné à mettre fin progressivement au régime dérogatoire à la règle de la libre concurrence qui interdit les aides d'état, dont bénéficiaient les énergies renouvelables afin de favoriser leur montée en puissance[56] ; la Commission estime que ce système a fait son temps, a rempli son objectif puisque les énergies renouvelables assurent désormais 14 % de l'approvisionnement énergétique européen, et a provoqué des "bulles" et des abus, notamment du fait des tarifs garantis pour le photovoltaïque. Elle propose donc pour la période 2014-2020 :

  • d'interdire le système de prix garantis pour toutes les installations solaires de plus de 500 kW et éoliennes de plus de 3 MW ;
  • de privilégier désormais un système d'appel d'offres sans discrimination entre énergies renouvelables (le solaire l'emportera dans les régions ensoleillées, l'éolien dans les régions ventées, la biomasse dans les régions forestières, etc.) afin de réintégrer l'électricité verte dans les mécanismes de marché ;
  • des régimes plus souples mais complexes sont prévus pour les technologies non matures ;
  • les soutiens aux biocarburants de première génération seront interdits à l'horizon 2020 ;
  • de maintenir le régime dérogatoire dont bénéficient les industries les plus énergivores pour plafonner leur contribution au financement des énergies renouvelables : 65 secteurs (ciment, aluminium, etc.) ; au terme d'un intense lobbying, les électro-intensifs allemands ont obtenu le maintien du volume d'exemption à la taxe sur les énergies renouvelables (EEG) qui s'élèvera cette année à 5 milliards d'euros ; le ministre de l’Économie et de l’Énergie, Sigmar Gabriel, a déclaré que « cela représente un coût de 40 euros par an pour un ménage de trois personnes, mais le maintien de plusieurs centaines de milliers d'emplois ».

La cour fédérale des comptes allemande a publié un rapport critiquant les modalités de la politique de transition énergétique pour son manque de cohérence et une mauvaise visibilité sur ses conséquences financières : cette politique a été menée par six ministères différents ; en 2011, quatre d'entre eux ont passé commande, sans se coordonner, auprès d'experts pour évaluer le coût de la transition énergétique ; le gouvernement n'a pas de vision d'ensemble et ces expertises n'ont pas donné d'évaluation fiable[57].

Un rapport publié fin 2016 par l'Institut pour l'économie de marché de Düsseldorf évalue le coût de la transition énergétique en Allemagne jusqu'en 2025 à 520 milliards d'euros, dont 408 Md€ de subventions aux énergies renouvelables (EEG-Umlage) et 55 Md€ de renforcements de réseaux[58].

Perturbation du marché de l'électricité[modifier | modifier le code]

En octobre 2017, alors que les prix de marché de l'électricité sont en hausse dans tous les pays voisins, en Allemagne une très forte production éolienne sur le mois fait reculer nettement le prix. Il devient même négatif pendant 31 heures le weekend des 28 et 29 octobre, et s’établit à −52,1 €/MWh en moyenne le dimanche[59].

Les principaux producteurs d'électricité européens : RWE, E.ON et GDF-Suez ont lancé le 13/11/2013 un avertissement sur la crise du secteur électrique européen, déstabilisé par la conjugaison du boom incontrôlé des énergies renouvelables, l'arrêt du nucléaire en Allemagne, l'effondrement du marché des permis d'émission de GES et la forte baisse du charbon causée par le boom du gaz de schiste aux États-Unis : les prix de gros de l'électricité ont fortement baissé, les opérateurs se sont vu contraints de fermer de nombreuses centrales au gaz qui étaient sous-utilisées, et les cours de leurs actions ont fortement baissé depuis le début de 2013[60] (sauf EDF)[n 14].

Prospective[modifier | modifier le code]

L'Institut Fraunhofer pour les systèmes énergétiques solaires[61] a publié en novembre 2012 une étude intitulée « 100 % d'énergies renouvelables pour l'électricité et la chaleur en Allemagne » pour l'horizon 2050[62] : les chercheurs ont simulé un système électrique fonctionnant heure par heure et sur une année entière à partir d'énergies renouvelables, en prenant comme hypothèse de demande le succès d'une politique d'économie d'énergie réduisant la consommation d'électricité d'environ 25 % par rapport à 2011, hypothèse très volontariste puisque jusqu'ici seule la crise a réussi à faire baisser cette consommation (mais seulement dans l'industrie). Le mix énergétique auquel aboutissent leurs travaux est le suivant :

  • 170 GW d'éolien terrestre et 85 GW d'éolien en mer, soit 255 GW contre 29 GW en 2010 ;
  • 200 GW de photovoltaïque, contre 17 GW en 2010 ;
  • 70 GW de centrales "Power-to-gas" transformant l'électricité issue des EnR en gaz (hydrogène) lors des périodes de production excédentaires par rapport à la demande ;
  • 95 GW de centrales à gaz utilisées en "back-up", lorsque la production EnR n'est pas suffisante, et optionnellement couplées à des systèmes de récupération de la chaleur pour réinjection dans les réseaux de chaleur ;
  • de nombreuses installations de stockage de chaleur permettant de diminuer la part de la biomasse (50 TWh/a) dans la production de chaleur et d'électricité. Ainsi, la majeure partie de la biomasse sera consacrée aux transports et aux procédés industriels ;
  • 130 GW de solaire thermique, produisant directement de l'eau chaude qui ne font pas partie du système électrique mais qu'il faut mentionner car ils remplacent des systèmes électriques actuels.

Les capacités de production d'électricité totaliseraient donc 550 GW, chiffre énorme en comparaison de la puissance installée de la France : 125 GW, dont 64 GW de nucléaire. À lui seul, le parc de centrales à gaz aurait une puissance largement supérieure au parc nucléaire français actuel ! Au total, environ quatre fois plus de capacités de production, pour une production réelle de même ordre de grandeur. C'est le prix de l'intermittence des vents et du soleil. Et l'objectif de 100 % d'EnR n'est pas atteint puisque subsiste cet énorme parc de centrales à gaz[63].

Impact environnemental[modifier | modifier le code]

Évolution des émissions de gaz à effet de serre des principaux pays européens
Source données : Agence européenne de l'environnement[64].

Émissions de gaz à effet de serre[modifier | modifier le code]

L'Allemagne est un des plus gros émetteurs de gaz à effet de serre au monde : en 2016, ses émissions de CO2 liées à l'énergie, estimées à 761 Mt, en font le no 1 de l'Union Européenne, loin devant la Grande-Bretagne qui est no 2 avec 406 Mt et la France, no 4 (après l'Italie) avec 316 Mt. Les émissions allemandes représentent 21,8 % du total de celles de l'Union Européenne et 2,3 % du total mondial. Elles ont reculé de 24,2 % depuis 1990, mais se sont stabilisées depuis 2011[b 12].

Elle occupait le 6e rang mondial en 2015, avec 729,8 Mt de CO2[s 12], soit 2,3 % des émissions mondiales pour 1,1 % de la population mondiale. Pour les émissions par habitant, l'AIE lui attribue 8,93 tonnes par habitant contre 4,37 tonnes en France, mais 15,53 tonnes aux États-Unis[s 12]. Selon les statistiques allemandes, ce serait en fait 9,2 tonnes par habitant.

Voici l'ensemble des émissions de tous les gaz à effet de serre et de l'ensemble des secteurs :

Émissions de gaz à effet de serre[b 13]
en Mt CO2-équivalent 1990 % 2000 % 2010 % 2011 2012 2013 2014 2015 % 2015 2016*
CO2 dioxyde de carbone 1052 84,1 899 86,2 832 88,4 813 817 835 795 792 87,8 796
CH4 méthane 120 9,6 88 8,4 58 6,2 57 58 57 56 56 6,2 55
N2O dioxyde d'azote 65 5,2 43 4,1 37 3,9 38 37 38 38 39 4,3 39
autres 13 1,0 13 1,2 15 1,5 15 14 14 14 15 1,7 nd
TOTAL** 1251 100 1043 100 942 100 922 927 945 904 902 100 906
Énergie 1037 82,9 870 83,4 802 85,1 781 788 806 764 762 84,5 767
Process industriels 97 7,7 77 7,4 63 6,6 62 61 61 61 62 6,8 61
Agriculture 80 6,4 68 6,5 63 6,6 65 64 65 67 67 7,4 67
Sylviculture et CAS*** -31 -2,5 -38 -3,6 -16 -1,7 -16 -14 -14 -15 -15 -1,6 nd
Déchets 38 3,0 29 2,7 15 1,6 14 13 12 12 11 1,2 11
* 2016 : première estimation ; ** hors sylviculture et changements d'usage des sols ; *** CAS = changement d'affectation des sols.

Les émissions de gaz à effet de serre ont diminué de 27,9 % entre 1990 et 2015 ; cependant, l'essentiel du gain a été acquis pendant les 10 premières années : en 2000, il atteignait déjà 16,6 % ; de 2010 à 2015, le gain n'a été que de 4,2 %. Les gains ont été particulièrement marqués sur le méthane : -54 % en 25 ans. On note également une forte diminution (-70 %) des émissions des ordures (recyclage, récupération du CH4 des décharges, etc.).

Émissions de CO2[modifier | modifier le code]

Selon les estimations d'octobre 2017 du ministère de l'Environnement, l'Allemagne ne pourra pas atteindre ses objectifs de réduction d'émissions de CO2 de 40 % entre 1990 et 2020. Alors qu'une baisse globale de 34,7 % était prévue dans un rapport en mai 2017, la nouvelle prévision du ministère est comprise entre 31,7 et 32,5 %. Les Verts exigent la fermeture des 20 centrales à charbon allemandes les plus polluantes d'ici 2020[65].

Pour les émissions de CO2, le ministère fournit des données détaillées, issues de l'Office Fédéral de l'Environnement (Umweltbundesamt) :

Émissions de dioxyde de carbone[b 14]
en Mt 1990 % 2000 % 2010 % 2011 2012 2013 2014 2015 % 2015 2016*
Total CO2 1019 100 860 100 814 100 795 801 819 778 776 100
Transport 162 15,9 181 21,0 153 18,8 155 153 158 158 159 20,5 165
Ménages 129 12,6 118 13,7 106 13,0 90 94 100 82 85 11,0 87
Professionnels 64 6,3 45 5,3 40 4,9 36 34 38 34 35 4,4
Entreprises manufacturières 185 18,2 129 15,0 124 15,3 125 120 121 120 126 16,2 126
Secteur énergétique 424 41,6 355 41,2 352 43,2 349 359 362 342 330 42,5 327
Agriculture, sylviculture, pêche 10 1,0 6 0,7 6 0,7 6 5 6 6 6 0,7
Autres émissions liées à l'énergie 16 1,6 5 0,7 4 0,5 4 4 4 4 4 0,4
Ss-total émissions CO2 liées à l'énergie 990 97,1 839 97,7 784 96,3 764 769 788 747 744 95,9 749
Process industriels 59 5,8 57 6,6 46 5,6 46 45 45 45 45 5,8 44
Solvants et divers 3 0,3 3 0,3 2 0,3 3 3 3 3 3 0,4
Sylviculture et CAS -33 -3,2 -40 -4,6 -18 -2,2 -17 -16 -16 -17 -16 -2,1
* 2016 : provisoire. CAS = changement d'affectation des sols.

Les émissions totales de CO2 ont baissé de 23,9 % en 25 ans. Celles liées à l'énergie (96 à 98 % du total) ont baissé de 24,8 %.

La prépondérance des émissions du secteur énergétique (pertes de rendement, pertes en ligne, consommations propres du secteur) est massive : 41 % à 44 % sur toute la période ; sa contribution à la baisse des émissions est donc majeure, mais a été un peu plus lente que la moyenne : -22,1 % en 25 ans.

Les progrès ont été plus rapides chez les ménages (résidentiel) : -33,6 %, les professionnels : -46,2 % et les entreprises manufacturières : - 31,9 %, mais une part importante de cette baisse provient des délocalisations ; par contre, les transports n'ont guère diminué leurs émissions : seulement -1,7 % en 25 ans ; de ce fait, leur part dans le total passe de 15,9 % à 20,5 % ; cependant, après avoir culminé à 184 Mt CO2 (21,5 % du total) en 1999, leurs émissions ont baissé de 13,6 % en 16 ans ; l'amélioration des moteurs, l'allègement des carrosseries et les primes à la casse ont donc été efficaces, mais ont été en partie compensés par l'accroissement du parc.

Les émissions par habitant pour la catégorie « ménages » passent de 1 631 kg/hab. en 1990 à 1 139 kg/hab. en 2012, en baisse de 30 %. En comparaison, en France, elles sont passées de 60,6 Mt en 1990 à 52,2 Mt en 2011, soit -14 % (mais ces émissions sont très sensibles au climat : elles étaient de 64,3 Mt en 2010), et par habitant : de 1 038 kg/hab. à 804 kg/hab., en baisse de 23 %[66] : en première analyse, les Français semblent avoir fait moins d'efforts que les Allemands, mais ils émettent encore 30 % de GES en moins.

L'Agence internationale de l’énergie fournit des données supplémentaires :

Évolution des émissions de CO2 liées à l'énergie
1971 1990 2015 var.
2015/1971
var.
2015/1990
var.UE
2015/1990
Émissions[é 1] (Mt CO2) 978,2 940,3 729,8 -25,4 % -22,4 % -20,5 %
Émissions/habitant[é 2] (t CO2) 12,49 11,85 8,93 -28,5 % -24,6 % -25,5 %
Source : Agence internationale de l'énergie
Répartition par combustible des émissions de CO2 liées à l'énergie
Combustible Émissions 2015
Mt CO2
% var.
2015/1990
var.UE
2015/1990
Charbon[é 3] 316,2 43,3 % -38,8 % -41,7 %
Pétrole[é 4] 242,4 33,2 % -20,2 % -18,1 %
Gaz naturel[é 5] 152,1 20,8 % +32,1 % +24,8 %
Source : Agence internationale de l'énergie
Émissions de CO2 liées à l'énergie par secteur de consommation*
Émissions 2015 part du secteur Émissions/habitant Émiss./hab. UE-28
Secteur Millions tonnes CO2 % tonnes CO2/hab. tonnes CO2/hab.
Secteur énergie hors élec. 32,0 4 % 0,39 0,42
Industrie et construction 231,0 32 % 2,83 1,60[n 15]
Transport 163,2 22 % 2,00 1,78[n 16]
dont transport routier 152,5 21 % 1,87 1,66[n 17]
Résidentiel 173,1 24 % 2,12 1,40[n 18]
Autres 130,5 18 % 1,60 1,08
Total 729,8 100 % 8,93 6,28
Source : Agence internationale de l'énergie[é 6]
* après ré-allocation des émissions de la production d'électricité et de chaleur aux secteurs de consommation

Les émissions de CO2 en Allemagne sont largement supérieures à la moyenne européenne, sauf dans le secteur énergétique. Les émissions allemandes sont particulièrement massives dans l'industrie, mais aussi dans les transports, le résidentiel et les autres secteurs (tertiaire surtout).

En 2014, les producteurs d'électricité RWE et E.ON se classent à la première et à la troisième place des plus gros émetteurs de CO2 européens[67].

Pollution atmosphérique[modifier | modifier le code]

Un rapport publié en juin 2016 par WWF et trois autres ONG avec le soutien de l'Union européenne évalue à 22 900 décès prématurés les impacts de la pollution atmosphérique (particules fines, ozone, dioxyde d'azote) causée par les centrales au charbon de l'Union européenne en 2013, un bilan comparable à celui des accidents de la route : 26 000 décès. Les centrales allemandes ont été responsables de 4 350 décès, dont 2 500 décès dans les pays voisins ; l'impact le plus élevé dû à des centrales étrangères est celui de la France : 1 200 décès causés surtout par les centrales allemandes (490 décès) et britanniques (350 décès)[68].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. il convient de préciser que les conventions utilisées pour calculer les bilans énergétiques ont pour effet de minorer la part des énergies renouvelables électriques
  2. TPES = total des approvisionnements en énergie primaire : production locale + importations - exportations - consommations des lignes aériennes et maritimes internationales + variations de stocks
  3. calcul sur la base du Wirkungsgradprinzip (méthode des rendements, retenue par l'AIEA et Eurostat), qui tend à sous-estimer les énergies renouvelables électriques.
  4. a, b et c hydraulique, éolien, photovoltaïque
  5. a et b par exemple, en les affectant du même coefficient de rendement que le nucléaire (33 %).
  6. STEAG GmbH : Evonik 49 % + un groupe de 6 Stadtwerke.
  7. la différence entre ce montant et celui du tableau général des importations s'explique par le fait qu'il est calculé en pouvoir calorifique supérieur et non en pouvoir calorifique inférieur.
  8. le merit order est l'ordre dans lequel le gestionnaire du marché classe les centrales électriques, en fonction de leur prix au MWh proposé, afin de calculer le prix de marché (cf Ajustement offre-demande d'électricité)
  9. ou consommation résidentielle.
  10. en allemand : Vaterland - le père patrie : la patrie est masculine en allemand...
  11. seules les petites installations sont désormais éligibles aux tarifs d'achat : dès le 1er août 2014 pour les nouvelles installations mises en service avant le 1er janvier 2016 et de puissance < 500 kW ; à partir du 1er janvier 2016 pour les nouvelles installations mises en service à partir du 1er janvier 2016 et de puissance < 100 kW
  12. pour l'éolien en mer : baisse de 0,5 c/kWh au 1er janvier 2018, de 1 c/kWh au 1er janvier 2020, puis de 0,5 c/kWh par an
  13. exemple : pour l'éolien terrestre, 0,4 % pour des mises en service comprises entre 2400 et 2600 MW/an, 0,5 % pour un dépassement de moins de 200 MW, 0,6 % pour un dépassement de 200 à 400 MW, etc
  14. EDF n'est guère touché par cette crise et a au contraire bénéficié de décisions favorables : hausses des tarifs réglementés, remboursement progressif des dettes CSPE de l'État, autorisation du projet nucléaire d'Hinkley Point au Royaume-Uni.
  15. en France : 0,72 t/hab (17 %)
  16. en France : 1,85 t/hab (42 %)
  17. en France : 1,77 t/hab (41 %)
  18. en France : 0,83 t/hab (19 %)

Références[modifier | modifier le code]

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  2. p. 15
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  12. a, b et c p. 62-63
  1. a et b p. 136 à 143
  2. p. 144 à 149
  3. p. 116 à 125
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  1. tab.20
  2. a, b, c et d tab.3
  3. tab.18
  4. a et b tab.16
  5. tab.19
  6. tab.13
  7. a et b tab.17
  8. tab.4
  9. tab.5
  10. a, b, c et d tab.1
  11. tab.7b
  12. tab.12
  13. tab.10
  14. tab.9
  1. a et b tab.1.1
  2. a, b et c tab.2.1
  3. a, b et c tab.6.1
  4. a et b tab.2.2
  5. a et b tab.6.3.1
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  3. p. 28
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  • Autres références
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]