Énergie au Danemark

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Énergie au Danemark
Le parc éolien de Rønland au Danemark.
Le parc éolien de Rønland au Danemark.
Bilan énergétique (2011)
Offre d'énergie primaire (TPES) 19 M tep
(795,2 PJ)
par agent énergétique pétrole : 39,1 %
gaz naturel : 19,6 %
charbon : 17 %
autres renouvelables : 16,9 %
électricité : 4,5 %
Énergies renouvelables 21,5 %
Consommation totale (TFC) 13,4 M tep
(563 PJ)
par habitant 2,4 tep/hab.
(101,4 GJ/hab.)
par secteur ménages : 29,8 %
industrie : 20 %
transports : 30 %
services : 12,8 %
agriculture : 5,5 %
pêche : 1,9 %
Électricité (2011)
Production 35,17 TWh
par filière thermique : 57,5 %
éoliennes : 27,8 %
biomasse/déchets : 14,6 %
hydro : 0 %
autres : 0 %
Combustibles (2011 - ktep)
Production pétrole : 11250
gaz naturel : 6321
Commerce extérieur (2011 - TJ)
Importations électricité : 42095
pétrole : 129861
gaz naturel : 13803
charbon : 150217
Exportations électricité : 37349
pétrole : 318545
gaz naturel : 117051
Sources
Eurostat[1] et Danish Energy Agency[S 1] pour l'électricité et l'import-export.

Le secteur de l'énergie au Danemark bénéficie de ressources naturelles fossiles (pétrole et gaz) importantes, mais en voie d'épuisement, et de ressources renouvelables (biomasse et éoliennes) ; les ressources primaires utilisées (locales et importées) se répartissaient en 2011 pour l'essentiel en 37,7 % de pétrole ; 19,8 % de gaz naturel ; 18,5 % de charbon et 21,8 % d'énergies renouvelables ; quant à la production d'électricité, elle repose pour 59,7 % sur des centrales thermiques, en particulier au charbon (39,7 %) et au gaz naturel (16,5 %), et pour 40,3 % sur les énergies renouvelables, en particulier les éoliennes (27,8 %) et la biomasse (11,4 %). Le Danemark a lancé depuis plus de 30 ans une politique en faveur des énergies renouvelables, et s'est fixé en 2012 l'objectif d'atteindre 35 % d'énergies renouvelables pour la consommation totale d'énergie, et 50 % d'éolien dans la production d'électricité d'ici 2020, et 100 % d'énergies renouvelables en 2050.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au XXe siècle, les centrales électriques danoises fonctionnent traditionnellement au charbon, mais pendant les années 1960, le charbon est supplanté par le pétrole. Ainsi, en 1972, 80 % de électricité est produite à partir du pétrole et 20 % à partir du charbon. À la même époque, le pays dépend totalement des combustibles d'importation, dont le pétrole représente 94 %. Durant les années 1980, le rapport entre le pétrole et le charbon s'inverse, et au début des années 1990, le pétrole ne représente plus qu'une faible part d'approvisionnement en électricité. Le Danemark devient peu à peu un exportateur de pétrole et en 1997, il est devenu auto-suffisant en énergie.

Le gaz naturel[modifier | modifier le code]

En mai 1979, des gisements de gaz sont découverts dans la mer du Nord, dans les eaux territoriales danoises. En 1984, ces gisements commencent à être exploités et au début des années 1990, le réseau de distribution approvisionne la totalité du Danemark en gaz naturel.

En 2002, 23 % de la consommation totale électrique du Danemark avait pour source le gaz naturel. La même année, l'ensemble des réserves danoises en mer du Nord représentait 141 milliards de m³, soit 18 années de la production de 2001.

Le pétrole[modifier | modifier le code]

En 1962-63, la compagnie danoise A.P. Møller obtient l'exclusivité de la prospection et l'extraction des hydrocarbures dans le sous-sol et le socle continental danois. Le 1er janvier 2002, les réserves totales danoises de pétrole brut représentent 313 millions de m³, soit 15 années de la production de 2001.

Énergies renouvelables[modifier | modifier le code]

La part des énergies renouvelables dans la consommation totale d'énergie est passée de 3 % en 1980 à 6 % en 1990, à plus de 11 % en 2000 et à 21,8 % en 2011.

En 2008, le Danemark était en tête des pays producteurs d'éoliennes avec 28400 emplois dans la filière et des exportations atteignant 42 milliards de DKK soit 7,2 % des exportations totales danoises[2] ; en 2010, l'emploi dans le secteur est retombé à 25000 et les exportations ont atteint 46 milliards de DKK[3]. En 2011, les éoliennes assuraient 27,8 % de la production électrique danoise contre 2 % en 1990.

Le parlement danois a voté en mars 2012 un plan visant pour 2020 des objectifs de 35 % d'énergies renouvelables pour la consommation totale d'énergie, et 50 % d'éolien dans la production d'électricité. À l'horizon 2050, le Danemark veut atteindre 100 % d'énergie renouvelable[4],[5].

Production d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

En 2011, la production d'énergie primaire du Danemark a atteint 887,2 pétajoules (PJ=1015 joules)[R 1], dont :

  • pétrole brut : 470,4 PJ (53 %) ;
  • gaz naturel : 264,6 PJ (29,8 %) ;
  • déchets (part non renouvelable) : 17,3 PJ (2 %) ;
  • énergies renouvelables : 134,8 PJ (15,2 %).

Cette production est supérieure de 12 % à la consommation totale d'énergie du pays : le Danemark est donc globalement exportateur. Le degré d'autosuffisance, calculé par rapport à la consommation brute corrigée du climat, était de 110 % en 2011 contre 121 % en 2010 ; le Danemark est devenu auto suffisant pour la première fois en 1997 ; le degré d'autosuffisance, qui était de 52 % seulement en 1990, a atteint son apogée en 2004 à 156 %[R 1].

La production d'énergie primaire de 2010 était de 984 PJ ; elle a donc baissé de 9,8 % en 2011 ; son pic a été atteint en 2005 à 1315 PJ. La baisse de production en 2011 a été de 10 % pour le pétrole et 13,9 % pour la gaz naturel[R 2].

Pétrole[modifier | modifier le code]

Le Danemark a atteint l'autosuffisance en pétrole en 1993 ; en 2011, le degré d'autosuffisance en pétrole atteignait 155 % contre 168 % en 2010 ; après son pic atteint en 2004, il diminue depuis 7 ans[R 1].

Bilan ressources-emplois du pétrole
PJ 2011
RESSOURCES 604,1
Production d’énergie primaire 470,4
Importations 129,9
Stocks et différences statist. 3,8
EMPLOIS 604,1
Exportations 318,5
Raffinage 285,6

Les réserves (y compris les ressources contingentes) sont estimées à 181 millions de m³ à la fin 2011, soit 14 ans de production au rythme actuel[R 2].

Gaz naturel[modifier | modifier le code]

Bilan ressources-emplois du gaz naturel
PJ 2011
RESSOURCES 279,4
Production d’énergie primaire 264,6
Importations 13,8
Différences statistiques 1,0
EMPLOIS 279,4
Exportations 117,1
Variation stocks 5,7
Extraction et gazéification 25,1
Transformation (cogénération, etc) 65,3
Consommation finale 66,2

La consommation de gaz pour l'extraction du pétrole et du gaz et leur transport (25 PJ en 2011) représente 15,9 % de la consommation de gaz ; par ailleurs, le gaz brûlé par les torchères a atteint 3,2 PJ en 2001 contre 4,6 PJ en 2010.

Les réserves (y compris les ressources contingentes) sont estimées à 95 milliards de Nm³ à la fin 2011, soit 15 ans de production au rythme actuel[R 2].

Énergies renouvelables[modifier | modifier le code]

La production d'énergies renouvelables a été de 134,8 PJ en 2011, en baisse de 1,1 % du fait de la douceur du climat, qui a fait baisser la production de chaleur à partir de bois et de déchets. Elle a connu une très vive croissance sur les deux dernières décennies : +195 % de 1990 à 2011[R 3].

Consommation d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

Consommation d'énergie primaire au Danemark, 1972-2011
source données : Agence Danoise de l'Énergie

En 2011, la consommation d'énergie primaire au Danemark a été de 807 364 Pétajoules (PJ) en valeurs ajustées[6], dont 37,7 % de pétrole ; 19,8 % de gaz naturel ; 18,5 % de charbon ; 21,8 % d'énergies renouvelables et 2,2 % de déchets (part non-renouvelable). Cette consommation s'est faite sous la forme d'électricité pour 32,2 %, de chauffage urbain pour 10,8 %, de consommation directe de combustibles pour 49 % (produits pétroliers : 37,7 % ; gaz naturel : 11,5 % ; charbon et coke : 0,8 %)[S 2].

Le graphique ci-contre montre l'évolution du mélange énergétique danois :

  • on remarque en premier lieu la stabilité de la consommation totale : sur 40 ans, elle a fluctué entre 756 PJ (en 1983) et 874 PJ (en 2007), avec une valeur moyenne de 823 PJ ; l'écart à la moyenne est donc toujours resté inférieur à 8 % ;
  • la consommation 2011 est en forte baisse par rapport à 2007 : -7,7 %, l'essentiel de cette baisse s'étant réalisé en 2009 : -5,6 % ; la crise économique a donc eu un impact bien visible ;
  • le pétrole était en position hégémonique en 1972 : 91,8 % ; sa part n'a cessé de baisser avec l'épuisement progressif des gisements danois ;
  • le charbon a compensé dans un premier temps le déclin du pétrole : parti de 6,3 % en 1972, il est arrivé à son apogée en 1990 : 39,9 % ;
  • le gaz naturel a pris le relai : apparu en 1981 avec 0,8 %, il atteint 10 % en 1990 et culmine à 23,7 % en 2002, puis décline à son tour avec l'épuisement progressif des gisements gaziers ;
  • enfin, les énergies renouvelables se développent progressivement sur toute la période : 1,5 % en 1972 ; 2,7 % en 1980 ; 5,9 % en 1990 ; 9,6 % en 2000 ; 14,5 % en 2005 ; 21,8 % en 2011.

De l'énergie primaire consommée à l'énergie finale consommée[modifier | modifier le code]

Pour couvrir tous ses besoins énergétiques, le Danemark utilise de l'énergie primaire, qui provient de la production locale et d'importations desquelles il faut soustraire les exportations et les soutes, et ajuster les variations de stocks.

Ces ressources sont ensuite employées (consommées ou perdues) par différents secteurs : secteur énergétique qui transforme l'énergie, usages non énergétiques (bitume, chimie,…) et branche de consommation énergétique : consommation d'énergie par les utilisateurs finaux.

Tout ceci peut se résumer par un tableau sous forme de bilan Ressources/Emploi :

BILAN ÉNERGÉTIQUE 2011[S 3]
RESSOURCES PJ % EMPLOIS PJ %
Production d’énergie primaire 887 112,0 Consommation branche énergie 161 20,3
Importations 640 80,8 Consommation finale énergétique 631 79,7
Exportations -716 -90,4
Soutes -29 -3,7
Prélèvt sur stocks 10 1,3
Total ressources 792 100 Total emplois 792 100
Détail consommation branche énergie Détail consommation finale
Usage propre branche énergie 46 28,7 Industrie + agric. 136 21,5
Pertes de transformation 79 49,4 Transport 211 33,4
Pertes de distribution 35 21,9 Ménages 190 30,1
Tertiaire 83 13,1
Usages non énerg. 12 2,0

Consommation finale[modifier | modifier le code]

Consommation finale d'énergie au Danemark, 1972-2011
source données : Agence Danoise de l'Énergie
Répartition de la consommation finale d'énergie (%)
Source 1972 1990 2000 2010 2011 variation 1972-2011
Pétrole 78,7 54,0 48,7 43,3 44,2 -44,8 %
Gaz naturel 0 8,1 10,9 11,0 10,5 ns
Charbon 0,9 2,9 1,9 0,9 1,0 +1,7 %
Déchets n.r.* 0 0,1 0,1 0,1 0,2 +567 %
EnR thermiques 1,0 4,4 4,8 9,2 9,7 +827 %
Électricité 8,8 17,6 18,5 17,5 17,9 +100 %
Chauffage urbain 9,5 12,7 14,9 18,0 16,6 +71,8 %
Gaz manufacturé 1,0 0,3 0,1 0,1 0,1 -91 %
Source : Danish Energy Agency, Energy Statistics 2011[S 4].
* part non renouvelable des déchets (la part renouvelable est dans les EnR).

La consommation finale d'énergie du Danemark se caractérise avant tout par sa stabilité exceptionnelle : de 1972 à 2011, elle n'a varié que de -1,5 % ; en fait, elle avait légèrement augmenté jusqu'en 2007 (+4 %), puis est retombée de 5,5 % sous l'effet de la crise.

Le pétrole reste prédominant, mais décline peu à peu en faveur du gaz, des énergies renouvelables thermiques (bois, biogaz, etc) et du chauffage urbain ; la part de l'électricité a progressé de 115,5 % entre 1972 et 2006, puis a régressé de 7,1 % en 5 ans ; le gaz naturel est monté en flèche de ses débuts en 1982 jusqu'à son apogée en 1996 (à 11,4 %) puis s'est stabilisé autour de 11 %.

Consommation finale d'énergie par secteur au Danemark, 1972-2011
source données : Agence Danoise de l'Énergie

L'utilisation de l'énergie est répartie par secteur comme suit :

  • usages non énergétiques : 2 % ;
  • transport : 33,4 % ;
  • industrie : 16,0 % ;
  • ménages : 30,1 % ;
  • services : 13,1 % ;
  • agriculture, sylviculture, pêche : 5,5 %.

De 1972 à 2011, tous les secteurs ont vu leur consommation finale baisser, sauf les transports : +57,2 % et les services : +0,6 % ; l'industrie a baissé de 19,6 %, les ménages de 21,1 % et l'agriculture de 11,8 %.

Les consommations des ménages et de l'industrie ont baissé au cours des années 1970 et 1980, puis sont restées stables (en dehors des fluctuations dues aux températures pour les ménages) ; la crise a fait plonger l'industrie de 18 % entre 2006 et 2011.

La consommation des transports a progressé fortement sur toute la période, sauf en 1980-81 et surtout lors de la crise : -5,9 % de 2007 à 2011. La route représente 76 % de la consommation des transports, suivie par l'aviation : 17,4 %, le cabotage : 3 % et le rail : 2,3 %. Depuis 1972, la route a progressé de 80,2 % et l'aviation de 52,2 % ; le cabotage a reculé de 19 % et le rail de 5 %.

Principaux acteurs[modifier | modifier le code]

logo de DONG Energy
  • DONG Energy, opérateur historique de la production de gaz et d'électricité, fondé par l'État danois en 1972 sous le nom de Dansk Naturgas A/S pour exploiter les gisements de gaz de Mer du Nord, a étendu ses activités à la production d'électricité, puis fusionné en 2005 avec 5 autres compagnies danoises d'énergie[7] ; l'État danois contrôle 80 % du capital[8] et doit en conserver la majorité jusqu'en 2025. DONG Energy emploie 7000 salariés et a réalisé en 2012 un chiffre d'affaires de 9 Mds €. Sa branche exploration-production produit 78 000 barils équivalent pétrole/jour de pétrole et gaz, et vise un objectif de 150000 bep/j en 2020[9] ; sa branche production thermique exploite 13 centrales (10 au Danemark, 1 aux Pays-Bas, 1 en Norvège et 1 au Royaume-Uni - total : 6000 MW) et 3 unités d'incinération de déchets (67 MW) ; ces centrales ont assuré en 2012 48 % de la production d'électricité de Dong, le reste provenant d'éoliennes et de centrales hydroélectriques en Suède ; Dong remplace progressivement le charbon par de la biomasse (bois, paille) afin de réduire ses émissions de CO2 ; la branche éolienne gère des parcs éoliens depuis 20 ans et en 2012 emploie 1950 employés pour gérer des éoliennes au Danemark, au Royaume-Uni, en Suède, Norvège, Pologne et France ; elle a construit 1,7 GW d'éoliennes offshore, soit 38 % de la capacité éolienne offshore de l'Europe et son objectif 2020 est de 6,5 GW ; sa branche ventes et distribution fournit en électricité un million de clients et en gaz 120000 clients ; ses ventes d'électricité 2012 ont atteint 7,5 TWh, et ses ventes de gaz 36,8 TWh, dont 25 % au Danemark, 46 % au Royaume-Uni et 20 % aux Pays-Bas ; sa part de marché au Danemark est de 20 % ; dans la distribution, sa part est de 30 % (19 000 km de réseaux ; les lignes aériennes sont progressivement remplacées par des câbles souterrains) ; la branche trading emploie 320 personnes.
logo de VESTAS
  • Vestas Wind Systems A/S[10] était depuis 2000 et jusqu'en 2011 le plus grand fabricant mondial d'éoliennes ; il aurait cédé la première place à l'américain General Electric Wind en 2012 ; Vestas a souffert de difficultés (perte nette de 963 millions d'euros en 2012) après avoir surestimé la croissance du secteur des éoliennes, mais son activité a continué à croître (6,2 GW installés en 2012 contre 5,2 GW en 2011 ; le chiffre d'affaires est en hausse de 23 % à 7,2 Mds €) et après quatre plans de restructuration successifs le groupe a réduit sa masse salariale de 22 %[11]. Vestas a joué un rôle de pionnier dans le secteur, installant sa première turbine (30 kW)en 1979. En 2013, son catalogue va de 2 MW à 8 MW : Vestas a installé à Østerild, au nord du pays, son prototype d’éolienne de 8 MW, la V164 ; avec une hauteur de mât de 140 m et un rotor de 164 m de diamètre, cette éolienne remporte le record de puissance au niveau mondial, précédemment établi à 7,5 MW par Enercon ; la V164 est destinée à l’offshore et doit entrer en production de série à partir de 2015[12].
  • Energinet.dk, entreprise d'État dépendant du Ministère danois du Climat, de l'Énergie et de la Construction, gestionnaire des réseaux de transport de gaz et d'électricité, exploite 800 km de gazoducs et le réseau danois de transport d'électricité (en 400 kV : 1 180 km de lignes aériennes, 228 km de câbles souterrains et 163 km de câbles sous-marins ; et en 150/132 kV)[13].

Secteur de l'électricité et du chauffage urbain[modifier | modifier le code]

Au Danemark, les secteurs de la production d'électricité et de la production de chaleur pour les réseaux de chauffage urbain sont indissolublement liés, la majeure partie des centrales étant des centrales de cogénération : en 2011, 63,2 % de l'électricité thermique était produite conjointement avec de la chaleur ; ce pourcentage était de 36,8 % en 1990, 55,9 % en 2000 et 61 % en 2010 ; le chauffage urbain était approvisionné à 76,3 % par ces centrales de cogénération (55,8 % en 1990 et 81,6 % en 2000)[R 4].

Production d'électricité[modifier | modifier le code]

Puissance installée électrique (MW) au 31/12
Type de centrale 1994 2000 2005 2010 2011 % 2011/1994
Centrales de grande taille 9 126 8 160 7 710 7 173 7 173 -21,4
- électriques pures 2 186 1 429 444 838 838 -61,7
- cogénération 6 940 6 731 7 267 6 335 6 335 -8,7
Centrales de petite taille 773 1 462 1 575 1 816 1 811 +134
Autoproducteurs 339 574 664 632 626 +84,4
Hydroélectricité 9 10 11 9 9 0
Éolien 527 2 390 3 127 3 802 3 951 +650
Solaire 0 2 3 7 17 ns
Total 10 774 12 598 13 091 13 438 13 586 +26,1
Source : Danish Energy Agency, Energy Statistics 2011[R 4].

La part des grandes centrales décroit au bénéfice des petites installations. La cogénération domine largement.

Production d'électricité au Danemark, 1994-2011
source données : Agence Danoise de l'Énergie

Sur le graphique, les pics de 1996, 2003 et 2006 correspondent à des soldes exportateurs exceptionnellement élevés (années de faible hydraulicité en Suède et Norvège).

Production brute d'électricité (GWh)
Source 1994 2000 2005 2010 2011 % 2011 % 2011/1994
Pétrole 2 652 4 435 1 370 768 452 1,3 % -83 %
Gaz naturel 2 280 8 775 8 780 7 885 5 811 16,5 % +155 %
Charbon 33 293 16 713 15 464 16 978 13 967 39,7 % -58 %
Déchets (non renouv.)* 232 556 816 747 778 2,2 % +235 %
Énergies renouvelables 1 743 5 573 9 814 12 418 14 166 40,3 % +713 %
- Hydroélectricité 33 30 23 21 17 0,05 % -48 %
- Éolien 1 137 4 242 6 615 7 810 9 775 27,8 % +760 %
- Solaire 0 1 2 6 15 0,04 % ns
- Biomasse 573 1 300 3 174 4 581 4 359 11,4 % +660 %
Total 40 200 36 052 36 244 38 795 35 174 100 % -12,5 %
Source : Danish Energy Agency, Energy Statistics 2011[S 1].
  • part non renouvelable des déchets urbains.

Les centrales au charbon, qui en 1994 assuraient 82,8 % de la production d'électricité, n'en couvrent plus que 39,7 % en 2011 ; le pétrole disparait peu à peu, et le gaz décline après avoir couvert près du quart de la production au début des années 2000 ; les énergies renouvelables progressent d'année en année et représentent en 2011 plus de 40 % du total ; les éoliennes sont en tête des renouvelables avec 27,8 % devant la biomasse (11,4 %) ; l'hydroélectricité et le solaire sont marginaux.

Production de chaleur (chauffage urbain)[modifier | modifier le code]

En 2011, les centrales de cogénération ont produit pour le chauffage urbain 123,2 PJ (à comparer avec la production d'électricité : 126,6 PJ), dont 26,3 % à partir de gaz naturel ; 23,4 % de charbon ; 1,8 % de pétrole ; 8,2 % de déchets (part non renouvelable) ; 2 % de chaleur résiduelle issue des process industriels ; et 38,2 % de sources d'énergie renouvelables, surtout de la biomasse (36,8 %) : bois 18,9 %, paille 7,4 %, déchets 10 %, etc ; cette production est bien évidemment très sensible au climat : ainsi, en 2010, année froide, elle a bondi de 15,3 % avant de retomber en 2011 de 12 % ; depuis 1994, la production de chaleur a progressé de 16,9 % ; le gaz naturel a progressé de 37 % au dépens du charbon (-44,5 %) ; les déchets ont progressé de 78 % et les renouvelables de 199 %[S 5].

Thermique classique[modifier | modifier le code]

Centrale au charbon Asnæs de DONG Energy à Kalundborg.

Les centrales thermiques à combustible fossile totalisent une puissance installée de 9610 MW en 2011, soit 71 % du parc électrique danois. La plupart sont des centrales de cogénération[R 4]. Elles ont produit 59,7 % de l'électricité danoise en 2011[S 1].

La plus grande centrale thermique du Danemark est la centrale au charbon Asnæs à Kalundborg, dont la puissance installée est de 1057 MW. Elle appartient à l'opérateur historique danois DONG Energy.

Une liste des centrales thermiques danoises : List of power stations in Denmark (en).

Énergies renouvelables[modifier | modifier le code]

Production d'électricité renouvelable au Danemark, 1994-2011
source données : Agence Danoise de l'Énergie

Les énergies renouvelables assurent 40,3 % de la production d'électricité danoise en 2011, ainsi que 38,2 % de la production de chaleur pour le chauffage urbain ; l'éolien est largement en tête, mais la contribution de la biomasse (bois, paille, déchets, biogaz) est substantielle, alors que l'hydroélectricité est marginale et le solaire encore en début de démarrage.

Éoliennes[modifier | modifier le code]
Éolien au Danemark : capacité installée, production et facteur de charge 1977-2009

Le Danemark est le pays européen le plus densément équipé en éoliennes : 852 W/habitant en 2013 (la moyenne de l'Union européenne se situe à 233 W/hab). Il a produit 11 105 GWh en 2013 (7e rang) et atteignait fin 2013 une puissance installée de 4 772 MW (6e rang). Il tient le 2e rang européen, loin derrière le Royaume-Uni, sur le segment offshore : 1 271 MW installés fin 2013[14].

En 2011 la puissance installée des 4968 éoliennes danoises (4563 éoliennes terrestres et 405 offshore) était de 3952 MW[R 5].

Le parc éolien de Middelgrunden, le plus important parc éolien offshore au monde lors de sa construction.

En 2012, les éoliennes couvrent plus de 28 % de la consommation d'électricité du Danemark, proportion que le gouvernement s'est donné l'objectif de porter à 50 % en 2020[15]. En 2013, cette proportion a atteint 33,2 % ; un record a été atteint en décembre 2013 avec 135,8 % de l’électricité produite par l’éolien pendant une tempête (l'excédent a été exporté)[12].

DONG Energy prévoit d'abaisser le coût du kWh éolien offshore livré à terre de 160 € en 2012 (coût basé sur le site britannique de Walney-2, incluant les sous-stations et les câbles sous-marins) à 100 € en 2020 grâce à un ensemble d'améliorations techniques (éoliennes de 8 à 10 MW, câbles en courant continu, etc.) et organisationnelles[16].

L'intégration d'une telle proportion d'électricité éolienne, avec sa forte intermittence, aurait été impossible sans la capacité de régulation apportée par les réservoirs des centrales hydroélectriques norvégiennes et suédoises. En effet, si la part des éoliennes dans la production électrique n'est que de 28 % en moyenne, il arrive de plus en plus souvent qu'elle dépasse 100 %, en particulier la nuit, lorsque la consommation est à son minimum, si le vent souffle fort. À ces moments-là, le Danemark exporte son surplus d'électricité éolienne vers la Norvège et la Suède, qui alors stoppent la production de certaines centrales hydroélectriques et stockent l'eau dans leurs réservoirs, pour la turbiner lorsque le vent sera retombé. Il y a ainsi une forte complémentarité entre l'éolien et l'hydraulique, qui va être de plus en plus sollicitée, y compris par l'Allemagne et les Pays-Bas ; à terme, d'autres moyens de régulation sont en cours d'expérimentation : effacement de certaines consommations (chauffage électrique, lave-linge, etc.) pendant les périodes de faible vent, utilisation des batteries des voitures pour stocker les surplus éoliens, etc.; pour cela, les recherches sur les réseaux intelligents (smart grids) sont très développées au Danemark[17],[18].

Solaire[modifier | modifier le code]
Irradiation solaire globale et potentiel photovoltaïque pour des modules d'inclinaison optimale.

Le Danemark a atteint dès 2012 l'objectif gouvernemental 2020 de 200 MWc de cellules solaires. En 2012, 36 MW sont installés chaque mois. Le secteur énergétique danois estime que cette tendance va aboutir à 1 000 MW en 2020 et 3 400 MW en 2030[19].

La production d'énergie solaire était en 2011 de 784 TJ, soit 0,6 % de la production totale d'énergie renouvelable[S 6], dont 54 TJ d'électricité, soit 0,04 % de la production totale d'électricité[S 1].

Parc solaire de Marstal (18 365 m²).

Le Danemark est de loin le premier pays européen en termes de développement des centrales de chauffage solaire. Fin 2012, 193 MWth étaient en fonctionnement dans le pays pour un total de 37 centrales. L'Allemagne arrive deuxième en Europe avec 27,3 MWth installés répartis en 21 centrales. Plusieurs facteurs permettent d'expliquer l'explosion du nombre de centrales au cours des dernières années, notamment les taxes élevées sur les énergies fossiles ainsi que la forte décentralisation du système de production énergétique[20], s'appuyant notamment sur des réseaux de chaleur largement développés, pour couvrir les besoins en eau chaude sanitaire et en chauffage du pays.

Cette capacité est amenée à augmenter très fortement dans les années à venir. Dans un document de planification à long terme paru en 2010, les compagnies danoises de distribution de chaleur envisagent d'ici 2020 de construire de nouvelles centrales solaires, pour atteindre une surface de 4 millions de m2 de panneaux solaires installés, et de continuer le développement jusqu'à 8 millions de m2 d'ici 2030. Cela permettrait de couvrir 10 % de la chaleur produite par ces entreprises de distribution[21].

Transport et distribution[modifier | modifier le code]

Station de transformation de Amager, architecte : hans chr. hansen, 1901-1978

Le réseau danois de transport se compose de 1 508 km de lignes à très haute tension (400 kV), dont 371 km de câbles souterrains ou sous-marins, et 702 km de lignes à haute tension (220-285 kV), dont 231 km de câbles[22]. Il est interconnecté avec les réseaux des trois pays voisins : Allemagne, Norvège et Suède. Il appartient à Energinet.dk, entreprise publique gérée par le Ministère danois du Climat, de l'Énergie et de la Construction[23].

Consommation[modifier | modifier le code]

En 2011, la consommation d'électricité (corrigée des variations climatiques) se répartit en :

  • transport : 1,3 % (rail) ;
  • agriculture : 5,9 % ;
  • industrie : 26,9 % ;
  • services : 33,6 % (commerce de gros : 5 % ; commerce de détail : 5,7 % ; services privés : 15 % ; services publics : 7,9 %) ;
  • ménages : 32,3 % (maisons individuelles : 24 % ; habitat collectif : 8,3 %)[S 7].

Échanges internationaux[modifier | modifier le code]

Station de transformation de Konti-Skan près de Vester Hassing (haute tension, courant continu) pour les échanges d'électricité avec la Suède.

Le Danemark est interconnecté avec les trois pays voisins :

  • la Norvège : 3 câbles sous-marins partant de Tjele vers Kristiansand (2 en 250 kV, un en 350 kV) avec une capacité totale de 850 MVA ;
  • la Suède : 6 câbles sous-marins partant de Vester Hassing vers Lindome (285 kV), de Gørløsegård vers Söderåsen (400 kV), de Hovegård vers Söderåsen (400 kV), de Bornholm vers Borrby (60 kV) et de Teglstrupgård vers Mörarp (130 kV), avec une capacité totale de 2750 MVA ;
  • l'Allemagne : 6 lignes dont 3 partant de Kasso (220 kV et 2x380 kV) vers Flensburg et Audorf, 2 de Ensted (220 kV et 150 kV) vers Flensburg et 1 de Bjæverskov vers Bentwisch en 400 kV, avec une capacité totale de 2680 MVA[22].

Les échanges internationaux d'électricité du Danemark sont très variables, en fonction des prix sur le marché des échanges d'électricité scandinave, Nordpool, qui est à son tour influencé par les fluctuations des précipitations sur la Norvège et la Suède, où la production électrique est dominée par l'hydroélectricité. D'une année à l'autre, les échanges varient fortement et peuvent s'inverser ; ainsi, le Danemark a été importateur net en 1990, 1992 et 1993, mais exportateur en 1991, puis toutes les années de 1994 à 2004 , sauf 2000 ; depuis, les soldes nets globaux sont plus faibles, mais les soldes par pays varient fortement[R 6].

En 2011, le Danemark a été globalement importateur de 1,37 TWh, ce solde résultant d'importations nettes de Norvège (1,19 TWh) et de Suède (2,33 TWh) et d'exportations nettes vers l'Allemagne (2,15 TWh) ; on remarque que les soldes se sont tous inversés entre 2010 et 2011, et que pour chaque pays les flux sont importants dans chaque sens ; au niveau mensuel également, les variations sont très importantes. Ces échanges jouent donc bien leur rôle d'optimisation des mélanges énergétiques à très court terme.

Echanges physiques extérieurs d'électricité du Danemark[22]
GWh 2010 2011
Pays Import Export Solde Import Export Solde
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 6 471 2 707 +3 764 2 906 5 055 -2 149
Drapeau de la Norvège Norvège 1 458 4 055 -2 597 3 600 2 414 +1 186
Drapeau de la Suède Suède 2 656 4 978 -2 322 5 141 2 807 +2 334
Total 10 585 11 740 -1 155 11 647 10 276 +1 371
soldes : + = importateur ; - = exportateur

Impact environnemental[modifier | modifier le code]

Les émissions de gaz à effet de serre liées à l'énergie au Danemark (ajustées)[6] sont passées de 59,9 Mt CO2 (millions de tonnes de CO2) en 1972 à 46,0 Mt CO2 en 2011, en baisse de 23,4 % ; leur répartition par combustible en 2011 est : 46 % pétrole, 20 % gaz naturel, 31 % charbon, 3 % déchets ; 5 % sont émis au stade de la production primaire (1,7 % pétrole, 3,3 % gaz), 42 % au stade de la transformation et 53 % au stade de la consommation finale ; les émissions au stade de la consommation finale se répartissent en : 81,3 % pétrole, 15,9 % gaz et 2,4 % charbon ; 61,5 % de ces émissions proviennent des transports, 16,4 % de l'industrie, 11,8 % des ménages et 7,2 % de l'agriculture[S 8].

Par habitant, le Danemark émettait 8,48 tonnes de CO2 en 2010 (émissions de CO2 liées à l'énergie), soit 16 % de plus que la moyenne de l'Union européenne (7,29 t/hab) ; l'Allemagne émettait 9,135 tonnes/hab, la France 5,518 t/hab, la Suède 5,07 t/hab, les États-Unis 17,3 t/hab et la Chine 5,39 t/hab[24].

L'Agence internationale de l’énergie fournit la répartition de l'ensemble des émissions par secteur de consommation (après ré-allocation des émissions de la production d'électricité et de chaleur aux secteurs de consommation)[24] : pour le Danemark, en 2010 :

  • industrie et construction : 1,33 t CO2/hab (16 % des émissions totales) ; en France : 1,16 t/hab, et en Allemagne : 2,99 t/hab ;
  • transport : 2,34 t/hab (27,6 %), dont transport routier : 2,14 t/hab (25 %) ; en France : 1,93 t/hab, et en Allemagne : 1,88 t/hab ;
  • résidentiel (ménages) : 2,465 t/hab (29 %) ; en France : 1,15 t/hab, et en Allemagne : 2,384 t/hab ;
  • autres (services, agriculture) : 1,866 t/hab (22 %) ; en France : 0,986 t/hab, et en Allemagne : 1,65 t/hab.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c p. 4
  2. a, b et c p. 6
  3. p. 7
  4. a, b et c p. 14
  5. p. 10
  6. p. 13
  1. a, b, c et d p. 24.
  2. p. 2
  3. p. 29
  4. p. 13
  5. p. 26
  6. p. 23.
  7. p. 9
  8. p. 10
  • autres références :
  1. statistiques Eurostat énergie quantités, sur le site d'Eurostat
  2. (en)Wind turbines in Denmark, p. 8, sur le site de l'Agence Danoise de l'Énergie.
  3. (en)The wind turbine industry : a historical flagship, p. 4 et 5, sur le site de l'Agence Danoise de l'Énergie.
  4. (en)Energy Agreements, sur le site du Ministère danois du Climat, de l'Énergie et de la Construction.
  5. Énergies renouvelables: le Danemark veut être 100% vert d’ici 2050, sur le site SmartPlanet.
  6. a et b corrigées des variations climatiques et de l'énergie contenue dans le solde net exportateur d'électrcité.
  7. (en)Background, sur le site de DONG Energy.
  8. (en)Ownership (Actionnariat), sur le site de DONG Energy.
  9. (en)activities Business activities, sur le site de DONG Energy.
  10. (en)about VESTAS, site de Vestas.
  11. Vestas, le roi déchu du vent, sur le site de la Tribune.
  12. a et b Danemark : un pays dans le vent, site du Journal des Énergies Renouvelables consulté le 23 février 2014.
  13. (en)Electricity facilities, sur le site d'Energinet.
  14. EurObserv'ER Baromètre éolien 2013 (février 2014).
  15. (en)Wind Power, sur le site du consortium State of Green créé par le gouvernement danois.
  16. (en)[PDF]Offshore Wind Cost-of-Energy, Feb.2013, sur le site de DONG Energy.
  17. (en)Wind turbines in Denmark - Incorporation of wind power into the electricity system, p. 27, sur le site de l'Agence Danoise de l'Énergie
  18. (en)Windpower - To Combat Climate Change, p. 18, sur le site d'energinet.dk.
  19. (en)Denmark reaches 2020-goal for solar energy before time, sur le site du Ministère danois des Affaires Etrangères, 12.09.2012.
  20. (en) Franz Mauthner et Werner Weiss, « Solar Heat Worldwide - Markets and Contribution to the Energy Supply 2011 (Edition 2013) », sur www.iea-shc.org,‎ mai 2013 (consulté le 19 novembre 2013), p. 42.
  21. (da) Rambøll et Université d'Aalborg, « Varmeplan Danmark 2010 », sur www.fjernvarmen.dk,‎ 8 septembre 2010 (consulté le 20 novembre 2013), p. 124.
  22. a, b et c (en)ENTSO-E Statistical Yearbook 2011, sur le site d'ENTSO-E (European Network of Transmission System Operators for Electricity).
  23. (en)Présentation d'Energinet.dk, sur le site d'Energinet.dk.
  24. a et b (en)« CO2 Emissions from fuel combustion - Highlights », sur IEA (consulté le 22 avril 2013), p. 105

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]