Énergie au Danemark

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Énergie au Danemark
Image illustrative de l'article Énergie au Danemark
Le parc éolien de Rønland au Danemark.
Bilan énergétique (2013)
Offre d'énergie primaire (TPES) 17,4 M tep
(730,4 PJ)
par agent énergétique pétrole : 35 %
gaz naturel : 19 %
charbon : 18 %
électricité : 6,4 %
Énergies renouvelables 5,9 %
Consommation totale (TFC) 13,4 M tep
(559,2 PJ)
par habitant 3,11 tep/hab
par secteur ménages : 32,4 %
industrie : 16,8 %
transports : 29,6 %
services : 14,7 %
agriculture : 5,5 %
pêche : 0,9 %
Électricité (2013)
Production 34,75 TWh
par filière thermique : 51,9 %
éoliennes : 32 %
biomasse/déchets : 14,5 %
autres : 1,5 %
hydro : 0 %
Combustibles (2013 - Mtep)
Production pétrole : 8,92
gaz naturel : 4,28
Commerce extérieur (2013 - Mtep)
Importations électricité : 0,98
pétrole : 12,42
gaz naturel : 1,20
charbon : 2,88
Exportations électricité : 0,89
pétrole : 13,48
gaz naturel : 1,97
charbon : 0,03
Sources
Agence internationale de l'énergie[1]

Le secteur de l'énergie au Danemark bénéficie de ressources naturelles fossiles (pétrole et gaz) importantes, mais en voie d'épuisement, et de ressources renouvelables (surtout biomasse et éoliennes) ; les ressources primaires utilisées (locales et importées) se répartissaient en 2014 pour l'essentiel en 74 % de combustibles fossiles (37 % de pétrole ; 17 % de gaz naturel, 18 % de charbon, 2 % de déchets non renouvelables) et 26 % d'énergies renouvelables.

La consommation danoise d'énergie primaire par habitant en 2013 était de 3,11 tep, nettement inférieure à celles de la France : 3,84 tep et de l'Allemagne : 3,87 tep.

La production d'électricité repose pour 44 % sur des centrales thermiques à combustibles fossiles (surtout charbon : 34,4 % et gaz naturel : 6,5 %), et pour 56 % sur les énergies renouvelables, en particulier les éoliennes (40,6 %) et la biomasse (13,3 %) ; la part du solaire augmente très rapidement : 1,9 %.

Le Danemark a lancé depuis plus de 30 ans une politique de promotion des énergies renouvelables, et s'est fixé en 2012 l'objectif d'atteindre 35 % d'énergies renouvelables pour la consommation totale d'énergie, 50 % d'éolien dans la production d'électricité d'ici 2020 et 100 % d'énergies renouvelables en 2050.

Cependant, du fait de son utilisation encore importante de charbon, le Danemark émettait 6,91 tonnes de CO2 par habitant en 2013 (émissions de CO2 liées à l'énergie), 5,2 % au-dessus de la moyenne de l'Union européenne ; la France émettait 4,79 t/hab, la Suède 3,91 t/hab, l'Allemagne 9,25 tonnes/hab.

Vue d'ensemble[modifier | modifier le code]

Principaux indicateurs de l'énergie au Danemark[2]
Population Consommation
énergie primaire
Production Exportation
nette
Consommation
électricité
Émissions
de CO2
Année Million Mtep Mtep Mtep TWh Mt CO2éq
1990 5,14 17,36 10,08 8,65 30,56 50,96
2000 5,34 18,63 27,73 -7,47 34,61 50,75
2008 5,49 19,24 26,68 -4,60 35,90 48,63
2009 5,52 18,39 23,99 -4,02 34,35 46,91
2010 5,55 19,48 23,35 -3,45 35,10 47,41
2011 5,57 17,99 20,61 -1,24 34,35 42,20
2012 5,59 17,32 18,90 -0,62 33,75 37,05
2013 5,61 17,45 16,84 2,25 33,91 38,81
variation
1990-2013
+9 % +0,5 % +67 % -74 % +11 % -24 %

Histoire[modifier | modifier le code]

Au XXe siècle, les centrales électriques danoises fonctionnent traditionnellement au charbon, mais pendant les années 1960, le charbon est supplanté par le pétrole. Ainsi, en 1972, 80 % de l'électricité est produite à partir du pétrole et 20 % à partir du charbon ; le pays dépend totalement des combustibles d'importation, dont le pétrole représente 94 %. Après le choc pétrolier de 1973, le pays s'efforce de réduire cette dépendance au pétrole : durant les années 1980, le rapport entre le pétrole et le charbon s'inverse, et au début des années 1990, le pétrole ne représente plus qu'une faible part de l'approvisionnement en électricité. Grâce aux gisements de pétrole et de gaz de la Mer du Nord, le Danemark devient peu à peu un exportateur de pétrole et en 1997, il est devenu auto-suffisant en énergie.

Le gaz naturel[modifier | modifier le code]

En mai 1979, des gisements de gaz sont découverts dans la mer du Nord, dans les eaux territoriales danoises. En 1984, ces gisements commencent à être exploités et au début des années 1990, le réseau de distribution approvisionne la totalité du Danemark en gaz naturel.

En 2002, 23 % de la consommation totale électrique du Danemark avait pour source le gaz naturel. La même année, l'ensemble des réserves danoises en mer du Nord représentait 141 milliards de m³, soit 18 années de la production de 2001.

Le pétrole[modifier | modifier le code]

En 1962-63, la compagnie danoise A.P. Møller obtient l'exclusivité de la prospection et l'extraction des hydrocarbures dans le sous-sol et le socle continental danois. Le 1er janvier 2002, les réserves totales danoises de pétrole brut représentent 313 millions de m³, soit 15 années de la production de 2001.

Énergies renouvelables[modifier | modifier le code]

La part des énergies renouvelables dans la consommation totale d'énergie est passée de 3 % en 1980 à 6 % en 1990, à plus de 11 % en 2000 et à 21,8 % en 2011.

En 2008, le Danemark était en tête des pays producteurs d'éoliennes avec 28400 emplois dans la filière et des exportations atteignant 42 milliards de DKK soit 7,2 % des exportations totales danoises[3] ; en 2010, l'emploi dans le secteur est retombé à 25000 et les exportations ont atteint 46 milliards de DKK[4]. En 2011, les éoliennes assuraient 27,8 % de la production électrique danoise contre 2 % en 1990.

Le parlement danois a voté en mars 2012 un plan visant pour 2020 des objectifs de 35 % d'énergies renouvelables pour la consommation totale d'énergie, et 50 % d'éolien dans la production d'électricité. À l'horizon 2050, le Danemark veut atteindre 100 % d'énergie renouvelable[5],[6].

Le ministre du Climat et de l’Énergie a déclaré le 31 mars 2016 : « la politique énergétique danoise coûte trop cher. Il est bon de l’examiner d’un regard neuf » , en présentant une nouvelle commission chargée d’ « aider le Danemark à respecter ses engagements internationaux » dans la lutte contre le changement climatique ». Le Parti libéral revenu au pouvoir en juin 2015 souhaite réviser à la baisse les objectifs que le précédent gouvernement de centre gauche avait voulus plus ambitieux que ceux de l’Union européenne ; il veut ainsi abandonner l’échéancier fixé pour encadrer la transition vers les renouvelables : la fin de l’utilisation du charbon en 2030 et celle du gaz naturel en 2035 ; il veut aussi renoncer à l’objectif d’une réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020 par rapport à 1990. En revanche, l’objectif final de l’abandon des combustibles fossiles en 2050 est maintenu[7].

Production d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

En 2013, la production d'énergie primaire du Danemark a atteint 709,3 pétajoules (PJ=1015 joules), en baisse de 10,8 % par rapport à 2012[r 1], et 679,7 PJ en 2014[e 1] :

Production d'énergie primaire (pétajoules)
Énergie 1980 1990 2000 2005 2010 2012 2013 2014 % 2014
Pétrole 12,7 256,0 764,5 796,2 522,7 429,1 373,4 349,6 51,4 %
Gaz naturel 0,017 116,0 310,3 392,9 307,4 216,0 179,3 173,6 25,5 %
Déchets n.r.** 4,8 7,0 13,7 17,0 17,1 16,8 16,9 17,4 2,6 %
Énergies renouvelables 22,7 45,5 76,0 105,6 131,3 130,1 135,2 139,0 20,4 %
Total 40,2 424,4 1 164,5 1 311,7 978,6 792,0 704,7 679,7 100 %
Source : Danish Energy Agency, Energy Statistics 2012[r 2] ; 2014 : provisoire[e 2].
** part non renouvelable des déchets (la part renouvelable est dans les EnR).

La production 2012 était supérieure de 2 % à la consommation totale d'énergie primaire du pays : le Danemark était donc globalement exportateur, mais en 2013 la production est tombée au-dessous de la consommation ; le Danemark est devenu importateur. Le degré d'autosuffisance, calculé par rapport à la consommation brute corrigée du climat, était de 102 % en 2012, 108 % en 2011 et 121 % en 2010, mais tombe à 93 % en 2013 ; le Danemark est devenu autosuffisant pour la première fois en 1997 ; le degré d'autosuffisance, qui était de 52 % seulement en 1990, a atteint son apogée en 2004 à 156 %[r 1]. En 2014 il est tombé à 90 %[e 1].

La production d'énergie primaire a reculé de 48 % en neuf ans depuis son pic atteint en 2005 ; la production de pétrole a reculé de 56,1 %, et celle de gaz naturel de 55,8 %, tandis que celle des énergies renouvelables progressait de 31,6 %[e 2].

Pétrole[modifier | modifier le code]

Les réserves (y compris les ressources contingentes[n 1]) sont estimées à 167 millions de m³ à la fin 2013[r 3], soit 16 ans de production au rythme de 2013.

Le Danemark a atteint l'autosuffisance en pétrole en 1993 ; en 2013, le degré d'autosuffisance en pétrole atteignait 134 % contre 149 % en 2012 et 168 % en 2010 ; il diminue depuis son pic atteint en 2004[r 1] ; en 2014, il est tombé à 127 %[e 1].

La production de pétrole a décliné de 21,8 millions de m³ en 2005 à 10,2 Mm³ en 2013[8].

Bilan ressources-emplois du pétrole
PJ 2011 2012 2013[r 1] 2014[e 1]
RESSOURCES 604,1 613,7 590,5 528,1
Production d’énergie primaire 470,4 429,1 373,4 349,6
Importations 129,9 186,9 216,2 170,7
Stocks et différences statist. 3,8 -2,3 0,9 7,7
EMPLOIS 604,1 613,7 590,5 528,1
Exportations 318,5 291,4 289,5 241,1
Raffinage 285,6 322,3 301,0 287,0

Les raffineries danoises ont produit 288,3 PJ de produits pétroliers en 2014 ; 328,9 PJ ont été importés et 289,0 PJ exportés, plus 31,1 PJ consommés en soutes maritimes internationales[e 1].

Gaz naturel[modifier | modifier le code]

Les réserves (y compris les ressources contingentes) sont estimées à 90 milliards de m³ à la fin 2013, soit 19 ans de production au rythme de 2013[r 3].

La production danoise de gaz naturel a décliné progressivement de 11,5 milliards de m³ en 2005 à 4,7 milliards de m³ en 2013[8].

Bilan ressources-emplois du gaz naturel
PJ 2011 2012[9] 2013[r 1] 2014[e 1]
RESSOURCES 278,4 257,3 229,6 197,5
Production d’énergie primaire 264,6 217,6 179,3 173,6
Importations 13,8 32,8 50,4 23,4
Variation stocks - diff. stat. - 6,9 - 0,6
EMPLOIS 278,4 257,3 229,6 197,5
Exportations 117,1 111,9 82,6 78,4
Variation stocks - diff. stat. 4,7 - 8,9 -
Extraction et gazéification 25,1 25,0 23,4 23,0
Transformation (cogénération, etc) 65,3 55,9 48,8 36,2
Consommation finale 66,2 64,4 65,8 59,9

La consommation de gaz pour l'extraction du pétrole et du gaz et leur transport (23,4 PJ en 2013) représente 17 % de la consommation totale de gaz ; par ailleurs, le gaz brûlé par les torchères a atteint 3,8 PJ en 2013 (2,8 PJ en 2012)[r 3].

Énergies renouvelables[modifier | modifier le code]

La production d'énergies renouvelables a été de 139 PJ en 2014 (+2,8 %). Elle a connu une très vive croissance : +206 % de 1990 à 2014. La production éolienne a progressé de 17,6 % (après +8,3 % en 2013) à 47,1 PJ, et celle de la biomasse a reculé de 5,7 % : bois 35,5 PJ, paille 18,4 PJ et déchets renouvelables 21,3 PJ ; les importations d'énergies renouvelables (surtout biomasse) ont été de 52,8 PJ, nettes des exportations (biocarburants) ; la consommation d'EnR a été de 191,8 PJ, en hausse de 2,8 % ; depuis 1990 elle a été multipliée par 4,2 ; les importations couvrent 28 % de la consommation[e 3].

Le Danemark a établi en 2015 un nouveau record dans l'éolien : l'énergie éolienne a assuré 42,1 % de la consommation électrique du pays, soit 3 points de plus qu'en 2014, grâce à des conditions de vent supérieures à la moyenne[10].

Consommation d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

Consommation d'énergie primaire au Danemark, 1972-2011
source données : Agence danoise de l'Énergie

La consommation danoise d'énergie primaire par habitant en 2013 était de 3,11 tep[k 1] ; pour comparaison, celle de la France était de 3,84 tep, celle de l'Allemagne de 3,87 tep et celle des États-Unis de 6,92 tep[k 2].

En 2014, la consommation d'énergie primaire au Danemark a été de 755 PJ (pétajoules) en valeurs ajustées[n 2] (763 PJ en 2013), dont 37 % de pétrole ; 17 % de gaz naturel ; 18 % de charbon ; 26 % d'énergies renouvelables et 2 % de déchets (part non-renouvelable). Cette consommation s'est faite sous la forme d'électricité pour 32 %, de chauffage urbain pour 12 %, de consommation directe de combustibles pour 56 % (produits pétroliers : 36 % ; gaz naturel : 12 % ; charbon et coke : 1 % ; énergies renouvelables thermiques : 8 %)[e 4].

Le graphique ci-contre montre l'évolution du mix énergétique danois :

  • on remarque la stabilité de la consommation totale : sur 40 ans, elle a fluctué entre 756 PJ (en 1983) et 874 PJ (en 2007), avec une valeur moyenne de 823 PJ ; l'écart à la moyenne est toujours resté inférieur à 8 % ;
  • la consommation 2012 est en forte baisse par rapport à 2007 : -10,2 %, l'essentiel de cette baisse s'étant réalisé en 2009 : -5,6 % ; la crise économique a donc eu un impact bien visible ;
  • le pétrole était en position hégémonique en 1972 : 91,8 % ; sa part n'a cessé de baisser avec l'épuisement progressif des gisements danois, que le pays a anticipé par une diversification progressive des sources d'énergie ;
  • le charbon a compensé dans un premier temps le déclin du pétrole : parti de 6,3 % en 1972, il est arrivé à son apogée en 1990 : 39,9 % ; depuis, il a régressé de 55 % ;
  • le gaz naturel a pris le relai : apparu en 1981 avec 0,8 %, il atteint 10 % en 1990 et culmine à 23,7 % en 2002, puis décline à son tour avec l'épuisement progressif des gisements gaziers ;
  • enfin, les énergies renouvelables se développent progressivement sur toute la période : 1,5 % en 1972 ; 2,7 % en 1980 ; 5,9 % en 1990 ; 9,6 % en 2000 ; 14,5 % en 2005 ; 23,4 % en 2012.

Bilan énergétique[modifier | modifier le code]

Le bilan énergétique retrace les flux d'énergie de la production locale et des importations jusqu'à la consommation par les utilisateurs finaux :

BILAN ÉNERGÉTIQUE 2014[e 1]
RESSOURCES PJ % EMPLOIS PJ %
Production d’énergie primaire 680 94 Consommation branche énergie 133 18
Importations 736 102 Consommation finale énergétique 587 82
Exportations -647 -90
Soutes -31 -4
Prélèvt sur stocks -15 -2
Total ressources[n 3] 720 100 Total emplois[n 4] 720 100
Détail consommation branche énergie Détail consommation finale
Usage propre branche énergie 40 30 Industrie + agric. 121 21
Pertes de transformation 62 47 Transport 208 35
Pertes de distribution 31 23 Ménages 171 29
Tertiaire 76 13
Usages non énerg. 11 2

Consommation finale[modifier | modifier le code]

Consommation finale d'énergie au Danemark, 1972-2011
source données : Agence Danoise de l'Énergie

La consommation finale d'énergie (corrigée des variations climatiques) au Danemark a atteint 607,7 PJ en 2014, à 0,6 % seulement au-dessus de son niveau de 1990 ; elle avait culminé à 665,9 PJ en 2005[e 5].

Répartition de la consommation finale d'énergie (PJ)
Source 1980 % 1990 2000 2010 2012 2013 2014 % var.
1980-2014
Pétrole 430,7 70,7 % 321,9 312,4 283,7 264,0 257,5 256,7 42,3 % -40 %
Gaz naturel 0 - 50,1 72,7 67,6 65,1 65,1 63,7 10,8 % ns
Charbon 21,6 3,5 % 17,2 12,4 5,6 4,8 5,4 5,5 0,9 % -75 %
Déchets n.r.* 0,3 0,05 % 0,5 0,8 0,9 0,9 0,9 1,0 0,2 % +231 %
EnR thermiques 16,0 2,6 % 28,0 32,5 52,6 60,2 59,9 59,8 9,9 % +275 %
Électricité 78,3 12,9 % 103,2 117,6 114,7 114,3 112,0 112,3 18,5 % +43 %
Chauffage urbain 57,7 9,5 % 81,7 102,1 106,7 109,0 106,6 105,6 17,4 % +83 %
Gaz manufacturé 4,9 0,8 % 1,7 0,7 0,5 0,5 0,5 0,6 0,1 % -88 %
Total consommation finale 609,6 100 % 604,2 651,1 632,1 638,2 613,4 607,0 100 % -0,4 %
Source : Danish Energy Agency, Energy Statistics 2014[e 5].
* part non renouvelable des déchets (la part renouvelable est dans les EnR).

La consommation finale d'énergie du Danemark se caractérise avant tout par sa stabilité exceptionnelle : de 1972 à 2012, elle n'a varié que de -3,4 % ; en fait, elle avait légèrement augmenté jusqu'en 2007 (+4 %), puis est retombée de 7 % sous l'effet de la crise.

Le pétrole reste prédominant, mais décline progressivement en faveur du gaz, des énergies renouvelables thermiques (bois, biogaz, etc) et du chauffage urbain ; l'électricité a progressé de 115,5 % entre 1972 et 2006, puis a régressé de 7,8 % en 6 ans ; le gaz naturel est monté en flèche de ses débuts en 1982 jusqu'à son apogée en 1996 (à 11,4 %) puis s'est stabilisé autour de 11 %.

Consommation finale d'énergie par secteur au Danemark, 1972-2011
source données : Agence Danoise de l'Énergie

L'utilisation de l'énergie se répartit par secteur comme suit en 2014[e 5] :

  • usages non énergétiques : 1,7 % ;
  • transport : 34,2 % ;
  • industrie : 14,9 % ;
  • ménages : 30,6 % ;
  • services : 13,2 % ;
  • agriculture, sylviculture, pêche : 5,3 %.

De 1980 à 2014, le secteur des transports a vu sa consommation finale progresser de 22,1 %, celui des services de 4,4 %, les ménages de 0,5 % ; l'industrie et l'agriculture ont baissé de 22,7 %, et les usages non énergétiques de 18,9 %.

Les consommations des ménages et de l'industrie ont baissé au cours des années 1970 et 1980, puis sont restées stables (en dehors des fluctuations dues aux températures pour les ménages) ; la crise de 2008 a fait plonger l'industrie de 21 % entre 2006 et 2012.

La consommation des transports a progressé fortement sur toute la période, sauf en 1980-81 et surtout lors de la crise : -8,6 % de 2007 à 2012. La route représente 75,3 % de la consommation des transports, suivie par l'aviation : 18,8 %, le cabotage : 2,7 % et le rail : 2,3 %. Depuis 1980, la route a progressé de 20,4 %, l'aviation de 42,2 % et le rail de 0,6 % ; le cabotage a reculé de 10,6 %[e 5].

De 1990 à 2014, la consommation d'essence a baissé de 20,8 %, celle de diesel a augmenté de 73,4 % et celle de carburéacteur de 38,3 %[e 6].

La consommation d'énergie des transports se répartissait en 2014 en 75,1 % pour les transports de passagers et 24 % pour le fret (solde : transports militaires). Ces consommations ont progressé de 28,7 % pour les transports de passagers et 5,7 % pour le fret entre 1990 et 2014[e 7].

Les consommations pour le chauffage des logements sont restées quasiment inchangées de 1990 à 2014 : -1,9 %, mais cette stabilité résulte d'une augmentation de 22 % des surfaces chauffées et d'une baisse de 19,6 % de la consommation d'énergie par mètre carré ; les modes de chauffage des 2,79 millions de logements danois se répartissaient, au 1er janvier 2014, en[e 8] :

  • chauffage urbain : 63,2 % :
  • chaudières à gaz naturel : 15,4 % ;
  • chaudières au fioul : 10,7 % ;
  • autres : 10,7 % (pompes à chaleur, chauffage électrique, chaudières à bois).

Principaux acteurs[modifier | modifier le code]

logo de DONG Energy
  • DONG Energy, opérateur historique de la production de gaz et d'électricité, fondé par l'État danois en 1972 sous le nom de Dansk Naturgas A/S pour exploiter les gisements de gaz de Mer du Nord, a étendu ses activités à la production d'électricité, puis fusionné en 2005 avec 5 autres compagnies danoises d'énergie[11] ; l'État danois contrôle 80 % du capital[12] et doit en conserver la majorité jusqu'en 2025. DONG Energy emploie 7000 salariés et a réalisé en 2012 un chiffre d'affaires de 9 Mds €. Sa branche exploration-production produit 78 000 barils équivalent pétrole/jour de pétrole et gaz, et vise un objectif de 150000 bep/j en 2020[13] ; sa branche production thermique exploite 13 centrales (10 au Danemark, 1 aux Pays-Bas, 1 en Norvège et 1 au Royaume-Uni - total : 6000 MW) et 3 unités d'incinération de déchets (67 MW) ; ces centrales ont assuré en 2012 48 % de la production d'électricité de Dong, le reste provenant d'éoliennes et de centrales hydroélectriques en Suède ; Dong remplace progressivement le charbon par de la biomasse (bois, paille) afin de réduire ses émissions de CO2 ; la branche éolienne gère des parcs éoliens depuis 20 ans et en 2012 emploie 1950 employés pour gérer des éoliennes au Danemark, au Royaume-Uni, en Suède, Norvège, Pologne et France ; elle a construit 1,7 GW d'éoliennes offshore, soit 38 % de la capacité éolienne offshore de l'Europe et son objectif 2020 est de 6,5 GW ; sa branche ventes et distribution fournit en électricité un million de clients et en gaz 120000 clients ; ses ventes d'électricité 2012 ont atteint 7,5 TWh, et ses ventes de gaz 36,8 TWh, dont 25 % au Danemark, 46 % au Royaume-Uni et 20 % aux Pays-Bas ; sa part de marché au Danemark est de 20 % ; dans la distribution, sa part est de 30 % (19 000 km de réseaux ; les lignes aériennes sont progressivement remplacées par des câbles souterrains) ; la branche trading emploie 320 personnes.
logo de VESTAS
  • Vestas Wind Systems A/S[14] était depuis 2000 et jusqu'en 2011 le plus grand fabricant mondial d'éoliennes ; il aurait cédé la première place à l'américain General Electric Wind en 2012 ; Vestas a souffert de difficultés (perte nette de 963 millions d'euros en 2012) après avoir surestimé la croissance du secteur des éoliennes, mais son activité a continué à croître (6,2 GW installés en 2012 contre 5,2 GW en 2011 ; le chiffre d'affaires est en hausse de 23 % à 7,2 Mds €) et après quatre plans de restructuration successifs le groupe a réduit sa masse salariale de 22 %[15]. Vestas a joué un rôle de pionnier dans le secteur, installant sa première turbine (30 kW)en 1979. En 2013, son catalogue va de 2 MW à 8 MW : Vestas a installé à Østerild, au nord du pays, son prototype d’éolienne de 8 MW, la V164 ; avec une hauteur de mât de 140 m et un rotor de 164 m de diamètre, cette éolienne remporte le record de puissance au niveau mondial, précédemment établi à 7,5 MW par Enercon ; la V164 est destinée à l’offshore et doit entrer en production de série à partir de 2015[16].
  • Energinet.dk, entreprise d'État dépendant du Ministère danois du Climat, de l'Énergie et de la Construction, gestionnaire des réseaux de transport de gaz et d'électricité, exploite 800 km de gazoducs et le réseau danois de transport d'électricité (en 400 kV : 1 180 km de lignes aériennes, 228 km de câbles souterrains et 163 km de câbles sous-marins ; et en 150/132 kV)[17].

Secteur de l'électricité et du chauffage urbain[modifier | modifier le code]

Au Danemark, les secteurs de la production d'électricité et de la production de chaleur pour les réseaux de chauffage urbain sont indissolublement liés, la majeure partie des centrales étant des centrales de cogénération : en 2014, 61,1 % de l'électricité thermique était produite conjointement avec de la chaleur ; ce pourcentage était de 36,8 % en 1990, 55,9 % en 2000 et 61 % en 2010 ; le chauffage urbain était approvisionné à 68,9 % par ces centrales de cogénération (55,8 % en 1990 et 81,6 % en 2000)[e 9].

Organisation du secteur[modifier | modifier le code]

Jusqu'à la fin des années 1990, l'électricité était entièrement contrôlé par un monopole d'état. Au cours de la première moitié des années 1990, l'industrie a revendiqué le droit de choisir ses fournisseurs d'électricité, puis l'Union européenne a publié sa première directive sur le marché intérieur de l'électricité, demandant aux états d'ouvrir le secteur électrique à la concurrence ; une première étape de libéralisation en 1998 a concerné seulement les grands comptes (> 100 GWh), puis en juin 1999 une nouvelle loi sur la fourniture d'électricité a organisé l'ouverture à la concurrence : libre accès au réseau, séparation des activités de monopole (réseaux) et des activités concurrentielles (production et fourniture), en trois étapes dont la dernière aboutit à l'ouverture complète le 1er janvier 2003 ; l'État ne possède plus que l'opérateur de réseaux Energinet.dk qui gère le marché de l'électricité conjointement avec ses confrères scandinaves et baltes[18] ; il conserve aussi une part majoritaire dans l'opérateur historique DONG Energy jusqu'à 2025.

Production d'électricité[modifier | modifier le code]

Puissance installée électrique (MW) au 31/12
Type de centrale 1994 2000 2005 2010 2011 2012 2013 2014 var.
2014/1994
Centrales de grande taille 9 126 8 160 7 710 7 175 7 175 7 084 5 968 5 693 -37,6 %
- électriques pures 2 186 1 429 834 840 840 840 841 841 -61,5 %
- cogénération 6 940 6 731 6 877 6 608 6 335 6 244 5 127 4 852 -30,1 %
Centrales de petite taille 773 1 462 1 579 1 819 1 820 1 829 1 868 1 887 +144 %
Autoproducteurs 339 574 657 638 598 634 574 574 +69,4 %
Hydroélectricité 9 10 11 9 9 9 9 9 +3,8 %
Éolien 521 2 390 3 128 3 802 3 952 4 164 4 820 4 888 +838 %
Solaire 0 1 3 7 17 402 571 607 ns
Total 10 767 12 598 13 088 13 450 13 570 14 122 13 810 13 657 +26,8 %
Source : Danish Energy Agency, Energy Statistics 2014[e 9].

La part des grandes centrales décroit au bénéfice des petites installations. La cogénération domine largement.

Production d'électricité au Danemark, 1994-2011
source données : Agence Danoise de l'Énergie[19].

Sur le graphique, les pics de 1996, 2003 et 2006 correspondent à des soldes exportateurs exceptionnellement élevés (années de faible hydraulicité en Suède et Norvège).

Production brute d'électricité (GWh)
Source 1990 % 2000 2005 2010 2011 2012 2013 2014 % var.
2014/1990
Charbon 23 558 90,7 % 16 673 15 463 17 006 13 976 10 564 14 292 11 063 34,4 % -53 %
Pétrole 882 3,4 % 4 435 1 370 768 453 403 352 317 1,0 % -64 %
Gaz naturel 694 2,7 % 8 775 8 779 7 907 5 841 4 194 3 401 2 096 6,5 % +202 %
Déchets non renouv.* 28 0,1 % 556 816 747 778 729 715 724 2,3 % +2496 %
Énergies renouvelables 848 3,3 % 5 572 9 813 12 431 14 184 14 838 16 704 17 983 55,9 % +2021 %
- Hydroélectricité 28 0,1 % 30 23 21 17 17 13 15 0,05 % -46 %
- Éolien 610 2,3 % 4 241 6 614 7 809 9 774 10 270 11 123 13 079 40,6 % +2044 %
- Solaire 0 0 1 2 6 15 104 518 596 1,9 % ns
- Biomasse 182 0,7 % 1 300 3 174 4 595 4 378 4 444 4 335 4 294 13,3 % +2258 %
Total 25 982 100 % 36 049 36 241 38 863 35 232 30 725 34 749 32 183 100 % +23,9 %
Source : Agence internationale de l’énergie[20] ; 2014 : Agence danoise de l'Énergie[e 10].
* part non renouvelable des déchets urbains.

Production de chaleur (chauffage urbain)[modifier | modifier le code]

En 2014, les centrales de cogénération et les centrales de production de chaleur ont produit pour le chauffage urbain 121,5 PJ (soit un peu plus que la production d'électricité : 115,9 PJ), dont 20,3 % de charbon ; 19,3 % à partir de gaz naturel ; 1,0 % de pétrole ; 9,4 % de déchets (part non renouvelable) ; 2,1 % de chaleur résiduelle issue des process industriels et 0,3 % d'électricité ; et 47,7 % de sources d'énergie renouvelables, surtout de la biomasse (45,6 % : bois 25,6 %, paille 8,0 %, déchets 11,5 %, etc), du biogaz : 1,4 % et du solaire thermique : 0,5 % ; cette production est bien évidemment très sensible au climat : ainsi, en 2010, année froide, elle a bondi de 15,3 % avant de retomber en 2011 de 12 % ; depuis 1994, la production de chaleur a progressé de 7,4 % ; le charbon a reculé de 56 %, le gaz naturel de 7,5 %, le pétrole de 82 % ; les déchets ont progressé de 87 % et les renouvelables de 247 %[e 11].

Thermique classique[modifier | modifier le code]

Centrale au charbon Asnæs de DONG Energy à Kalundborg.

Les centrales thermiques à combustible fossile totalisent une puissance installée de 5 693 MW en 2014, en baisse de 37,6 % par rapport à 1990. La plupart sont des centrales de cogénération : 4 852 MW[e 9]. Elles ont produit 44 % de l'électricité danoise en 2014 : charbon 34,4 %, pétrole : 1 %, gaz naturel : 6,5 %, déchets : 2,3 %[e 10].

La plus grande centrale thermique du Danemark est la centrale au charbon Asnæs à Kalundborg, dont la puissance installée est de 1 057 MW. Elle appartient à l'opérateur historique danois DONG Energy.

Une liste des centrales thermiques danoises est disponible : List of power stations in Denmark (en).

Énergies renouvelables[modifier | modifier le code]

Production d'électricité renouvelable au Danemark, 1994-2011
source données : Agence Danoise de l'Énergie

Les énergies renouvelables assuraient 48,3 % de la production d'électricité danoise en 2012, ainsi que 40,6 % de la production de chaleur pour le chauffage urbain ; l'éolien est largement en tête (33,4 %) pour l'électricité, mais la contribution de la biomasse (bois, paille, déchets, biogaz) est substantielle : 13,2 % de la production électrique et 38,7 % de celle de chaleur, alors que l'hydroélectricité est marginale et le solaire encore en début de démarrage.

Éoliennes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Énergie éolienne au Danemark.

Solaire[modifier | modifier le code]

Irradiation solaire globale et potentiel photovoltaïque pour des modules d'inclinaison optimale.

En 2014, le Danemark a installé seulement 39,4 MWc en photovoltaïque contre 360 MWc en 2012 et 155 MWc en 2013 ; sa puissance cumulée de 603 MWc fin 2014 la classe au 14e rang européen ; une modification du système de net metering[n 5] a causé la chute du marché[21].

La production d'énergie solaire était en 2014 de 3 371 TJ, soit 2,4 % de la production totale d'énergie renouvelable et 0,5 % de la production totale d'énergie primaire[e 2], dont 2 144 TJ d'électricité, soit 1,9 % de la production totale d'électricité[e 12].

Production d'énergie solaire (térajoules)
TJ 1980 1990 2000 2005 2010 2012 2013 2014 Variation 2014/1990
Production primaire[e 2] 50 100 335 419 657 1 254 2 890 3 371 +3277 %
dont électricité[e 12] 4 8 22 374 1 863 2 144 ns
Source : Danish Energy Agency, Energy Statistics 2014.

Le Danemark a atteint dès 2012 l'objectif gouvernemental 2020 de 200 MWc de cellules solaires. En 2012, 36 MW sont installés chaque mois. Le secteur énergétique danois estime que cette tendance va aboutir à 1 000 MW en 2020 et 3 400 MW en 2030[22].

Parc solaire de Marstal (18 365 m2).

Le Danemark est de loin le premier pays européen en termes de développement des centrales de chauffage solaire. Fin 2012, 193 MWth étaient en fonctionnement dans le pays pour un total de 37 centrales. L'Allemagne arrive deuxième en Europe avec 27,3 MWth installés répartis en 21 centrales. Plusieurs facteurs permettent d'expliquer l'explosion du nombre de centrales au cours des dernières années, notamment les taxes élevées sur les énergies fossiles ainsi que la forte décentralisation du système de production énergétique[23], s'appuyant notamment sur des réseaux de chaleur largement développés, pour couvrir les besoins en eau chaude sanitaire et en chauffage du pays.

Cette capacité est amenée à augmenter très fortement dans les années à venir. Dans un document de planification à long terme paru en 2010, les compagnies danoises de distribution de chaleur envisagent d'ici 2020 de construire de nouvelles centrales solaires, pour atteindre une surface de 4 millions de mètres carrés de panneaux solaires installés, et de continuer le développement jusqu'à 8 millions de mètres carrés d'ici 2030. Cela permettrait de couvrir 10 % de la chaleur produite par ces entreprises de distribution[24].

Transport et distribution[modifier | modifier le code]

Station de transformation de Amager, architecte : hans chr. hansen, 1901-1978

Le réseau danois de transport se compose de 1 508 km de lignes à très haute tension (400 kV), dont 371 km de câbles souterrains ou sous-marins, et 702 km de lignes à haute tension (220-285 kV), dont 231 km de câbles[25]. Il est interconnecté avec les réseaux des trois pays voisins : Allemagne, Norvège et Suède. Il appartient à Energinet.dk, entreprise publique gérée par le Ministère danois du Climat, de l'Énergie et de la Construction[26].

Consommation[modifier | modifier le code]

La consommation danoise d'électricité par habitant en 2013 était de 6 042 kWh[k 1] ; celle de la France était de 7 382 kWh, celle de l'Allemagne de 7 022 kWh et celle des États-Unis de 12 987 kWh[k 2].

En 2013, la consommation finale d'électricité [20] se répartit en :

  • industrie : 26,7 % ;
  • transport : 1,2 % (rail) ;
  • ménages : 32,7 % ;
  • services : 32,8 % ;
  • agriculture : 6,6 %.

Échanges internationaux[modifier | modifier le code]

Station de transformation de Konti-Skan près de Vester Hassing (haute tension, courant continu) pour les échanges d'électricité avec la Suède.

Le Danemark est interconnecté avec les trois pays voisins :

  • la Norvège : 3 câbles sous-marins partant de Tjele vers Kristiansand (2 en 250 kV, un en 350 kV) avec une capacité totale de 850 MVA ;
  • la Suède : 6 câbles sous-marins partant de Vester Hassing vers Lindome (285 kV), de Gørløsegård vers Söderåsen (400 kV), de Hovegård vers Söderåsen (400 kV), de Bornholm vers Borrby (60 kV) et de Teglstrupgård vers Mörarp (130 kV), avec une capacité totale de 2750 MVA ;
  • l'Allemagne : 6 lignes dont 3 partant de Kasso (220 kV et 2x380 kV) vers Flensburg et Audorf, 2 de Ensted (220 kV et 150 kV) vers Flensburg et 1 de Bjæverskov vers Bentwisch en 400 kV, avec une capacité totale de 2680 MVA[25].

D'ici 2019 une nouvelle interconnexion de 700 MW connectera le Danemark aux Pays-Bas, via un câble sous-marin nommé COBRA[27].

Les échanges internationaux d'électricité du Danemark sont très variables, en fonction des prix sur le marché des échanges d'électricité scandinave, Nordpool, qui est à son tour influencé par les fluctuations des précipitations sur la Norvège et la Suède, où la production électrique est dominée par l'hydroélectricité. D'une année à l'autre, les échanges varient fortement et peuvent s'inverser ; ainsi, le Danemark a été importateur net en 1990, 1992 et 1993, mais exportateur en 1991, puis toutes les années de 1994 à 2007, sauf 2000 et 2005 ; depuis, les soldes nets globaux sont faibles (sauf en 2012, largement importateur), mais les soldes par pays varient fortement ; en 2014, le solde a été largement importateur : 10,3 PJ, soit 2,9 TWh[e 12].

En 2012, le Danemark a été globalement importateur de 5,4 TWh, ce solde résultant d'importations nettes de Norvège (4,8 TWh) et de Suède (7,4 TWh) et d'exportations nettes vers l'Allemagne (6,7 TWh), mais en 2013 les flux se sont inversés : le solde est légèrement importateur (0,3 TWh), mais il résulte d'exportations nettes vers la Norvège (0,3 TWh) et la Suède (2 TWh) et d'importations nettes de l'Allemagne (2,5 TWh) ; on remarque que les soldes s'étaient déjà inversés entre 2010 et 2011, et que pour chaque pays les flux sont importants dans chaque sens ; au niveau mensuel également, les variations sont très importantes. Ces échanges jouent donc bien leur rôle d'optimisation des mix énergétiques à très court terme.

Échanges physiques extérieurs d'électricité du Danemark
GWh 2011[25] 2012[28] 2013[29] 2014[30]
Pays Import Export Solde Import Export Solde Import Export Solde Import Export Solde
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 2 906 5 055 -2 149 1 439 8 177 -6 738 5 772 3 233 +2 539 3 983 4 529 -546
Drapeau de la Norvège Norvège 3 600 2 414 +1 186 5 456 675 +4 781 2 558 2 846 -288 4 108 1 461 +2 647
Drapeau de la Suède Suède 5 141 2 807 +2 334 9 001 1 629 +7 372 3 134 5 093 -1 959 4 694 3 811 +883
Total 11 647 10 276 +1 371 15 896 10 481 +5 415 11 464 11 172 +292 12 785 9 801 +2 984
soldes : + = importateur ; - = exportateur

Prix de l'électricité[modifier | modifier le code]

La base de données d'Eurostat[31] fournit les prix moyens de l'électricité pour consommateurs domestiques (2500 à 5000 kWh) au 2e semestre 2013 :

  • hors taxes : 0,1249 €/kWh (moyenne UE-28 : 0,1381 ; Allemagne : 0,1489 ; France : 0,1099)
  • toutes taxes comprises : 0,2936 €/kWh (moyenne UE-28 : 0,2009 ; Allemagne : 0,2921 ; France : 0,1589)

Les taxes majorent le prix HT de 135 % au Danemark (moyenne UE-28 : 45 % ; Allemagne : 96 % ; France : 45 %).

Pour les consommateurs industriels (500 MWh à 2000 MWh) :

  • hors taxes : 0,0871 €/kWh (moyenne UE-28 : 0,0931 ; Allemagne : 0,0905 ; France : 0,0661)
  • toutes taxes comprises : 0,2421 €/kWh (moyenne UE-28 : 0,1438 ; Allemagne : 0,1727 ; France : 0,0942)

Les taxes majorent le prix HT de 178 % au Danemark (moyenne UE-28 : 54 % ; Allemagne : 91 % ; France : 43 %).

Le prix de l'électricité en 2014 pour les ménages était composé de 43,2 % de prix HT, 20 % de TVA et 36,8 % de taxes diverses (taxe sur l'électricité, taxe sur la distribution d'électricité, contribution aux économies d'électricité, taxe carbone)[e 13].

Le taux des taxes sur l'électricité en 2014 est de 231,4 DKK/GJ (0,833 DKK/kWh), ramené à 114,4 DKK/GJ pour le chauffage des locaux (0,412 DKK/kWh)[e 14].

Impact environnemental[modifier | modifier le code]

Les émissions de gaz à effet de serre liées à l'énergie au Danemark (ajustées)[n 2] sont passées de 62,4 Mt CO2 (millions de tonnes de CO2) en 1980 à 41,2 Mt CO2 en 2014, en baisse de 32,6 % ; leur répartition par combustible en 2014 est : 47,5 % pétrole, 18 % gaz naturel, 31 % charbon, 3,5 % déchets ; 6 % sont émis au stade de la production primaire, 40 % au stade de la transformation (production d'électricité : 31 %, production de chaleur : 9 %) et 54 % au stade de la consommation finale (transport : 35 %, industrie : 12 %, ménages : 6 %, services : 1,5 %)[e 15].

Par habitant, le Danemark émettait 6,91 tonnes de CO2 en 2013 (émissions de CO2 liées à l'énergie)[k 1] ; l'Allemagne émettait 9,25 tonnes/hab, la France 4,79 t/hab, la Suède 3,91 t/hab, les États-Unis 16,18 t/hab et la Chine 6,60 t/hab[k 2]. Les émissions danoises se situaient 5,2 % au-dessus de la moyenne de l'Union européenne (6,57 t/hab)[32].

L'Agence internationale de l’énergie fournit la répartition de l'ensemble des émissions par secteur de consommation (après ré-allocation des émissions de la production d'électricité et de chaleur aux secteurs de consommation) :

Émissions de CO2 liées à l'énergie par secteur de consommation*
Émissions 2013 part du secteur Émissions/habitant Émiss./hab. UE-28
Secteur Millions tonnes CO2 % tonnes CO2/hab. tonnes CO2/hab.
Secteur énergie hors élec. 2,4 6 % 0,43 0,41
Industrie et construction 6,1 16 % 1,09 1,67[n 6]
Transport 11,3 29 % 2,01 1,74[n 7]
dont transport routier 10,3 26 % 1,84 1,61
Résidentiel 10,5 27 % 1,87 1,58[n 8]
Autres 8,4 22 % 1,50 1,17
Total 38,8 100 % 6,91 6,57
Source : Agence internationale de l'énergie[33]
* après ré-allocation des émissions de la production d'électricité et de chaleur aux secteurs de consommation

L'énergie dans l'économie[modifier | modifier le code]

Les dépenses d'énergie (taxes comprises) ont atteint 156,3 milliards de couronnes (DKK) en 2014, dont 84,9 pour les ménages, 20,4 pour l'industrie et l'agriculture et 27,7 pour les services[e 16]. Elles représentent 21,6 Mds €, soit 8,8 % du PIB (245,25 Mds € en 2012[34]).

Les taxes sur l'énergie (y compris taxe carbone et taxes sur les NOx et le SO2) totalisaient 39,3 Mds DKK en 2014, soit 4,0 % des revenus fiscaux du Danemark (4,6 % en 2013) ; les principales contributions proviennent de l'électricité : 12 Mds DKK, du diesel : 9,3 Mds DKK, de l'essence : 7,3 Mds DKK et des taxes carbone : 3,9 Mds DKK[e 17]. Les taxes sur l'énergie (à l'origine : sur l'électricité et le pétrole) ont été créées en 1977 pour inciter les consommateurs à économiser l'énergie ; depuis, elles ont été augmentées à plusieurs reprises et étendues au charbon et au gaz ; en 1992, des taxes sur le CO2 ont été ajoutées ; l'industrie est exonérée en tout ou partie de ces taxes afin d'éviter de la défavoriser dans la compétition internationale. Le niveau de ces taxes est beaucoup plus élevé que dans les autres pays, sauf dans le secteur du transport où elles sont à un niveau proche de celui de l'Allemagne. L'Accord sur l'Énergie de 2012 entre les partis politiques ayant décidé d'aller vers la disparition des combustibles fossiles, ces taxes risquaient de rapporter de moins en moins ; une "taxe de sécurité d'approvisionnement" a donc été créé sur toutes les énergies, renouvelables comprises, utilisées pour le chauffage. Sur les 40 Mds DKK de taxes sur l'énergie, 45 % sont supportés par les transports, près de 50 % par le chauffage et l'électricité et 8 % par les process industriels[18].

Le déficit de la balance commerciale des produits énergétiques (hors gaz) était de 8 Mds DKK en 2013 (charbon : -2,4 Mds DKK, électricité : -1 Md DKK, biomasse : -2,5 Mds DKK), contre un excédent de 2,6 Mds DKK en 2012 ; ce solde a culminé à 30 Mds DKK en 2006[r 4].

Les dépenses pour obligations de service public (équivalent danois de la CSPE) ont atteint 7,3 Mds DKK en 2014 contre 5,6 Mds DKK en 2013, 4,7 Mds DKK en 2012 et 3,3 Mds DKK en 2011 ; cette forte hausse est due à la progression de la production éolienne et surtout à la baisse des prix de marché de l'électricité, sur la base desquels sont calculées ces dépenses ; le soutien aux énergies renouvelables représentait 6,9 Mds DKK, dont 4,1 Mds DKK pour l'éolien, 1 Md DKK pour la biomasse et 1,8 Mds DKK pour les petites cogénérations[e 17].

La valeur du pétrole brut produit en Mer du Nord a été de 33,6 Mds DKK en 2014, contre 41,4 Mds DKK en 2013, et celle du gaz naturel de 7,1 Mds DKK contre 9,3 Mds DKK en 2013 ; par rapport à 1990, malgré la baisse des prix de 2014, ces valeurs ont été multipliées par plus de cinq grâce à la hausse des prix pétroliers[e 18].

Les exportations de technologies et équipements énergétiques (éoliennes, canalisations de chauffage urbain, pompes, thermostats, etc) ont connu un pic à 69,7 Mds DKK en 2008, puis ont chuté en 2009-10 et ont repris leur progression, culminant à 74,4 Mds DKK en 2014 ; elles représentent 12 % des exportations danoises[e 18].

En 2014, le prix spot du marché de l'électricité Nordpool a chuté à 0,22 DKK/kWh contre 0,28 DKK/kWh en 2013 ; ses variations dépendent surtout des températures et du niveau d'eau des barrages nordiques ; au 1er semestre 2015 il est retombé à 0,18 DKK/kWh[e 19].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. ressources contingentes : techniquement récupérables, mais économiquement non rentables dans les conditions actuelles.
  2. a et b corrigées des variations climatiques et de l'énergie contenue dans le solde net exportateur d'électricité.
  3. ou : approvisionnement en énergie primaire.
  4. ou : consommation totale d'énergie primaire.
  5. comptage net : électricité consommée moins électricité auto-produite.
  6. en France : 0,91 t/hab (19 %) ; en Allemagne : 2,89 t/hab (31 %).
  7. en France : 1,85 t/hab (39 %) ; en Allemagne : 1,93 t/hab (21 %).
  8. en France : 1,03 t/hab (22 %) ; en Allemagne : 2,40 t/hab (26 %).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c p. 51
  2. a, b et c p. 49-57
  1. a, b, c, d, e, f et g p. 4
  2. a, b, c et d p. 5
  3. p. 7
  4. p.20
  5. a, b, c et d p.22
  6. p. 25
  7. p. 26
  8. p. 36
  9. a, b et c p. 14
  10. a et b p. 12
  11. p.17
  12. a, b et c p. 13
  13. p. 49
  14. p. 59
  15. tab.40
  16. p. 44
  17. a et b p. 45
  18. a et b p. 46
  19. p. 47
  1. a, b, c, d et e p. 4
  2. p. 5
  3. a, b et c p. 6
  4. p. 45
  • autres références :
  1. (en)Denmark : Balances for 2013, site AIE, 8 novembre 2015.
  2. (en)Denmark : Indicators for 2013, Agence internationale de l'énergie, 8 novembre 2015.
  3. (en)Wind turbines in Denmark, p. 8, sur le site de l'Agence Danoise de l'Énergie.
  4. (en)The wind turbine industry : a historical flagship, p. 4 et 5, sur le site de l'Agence Danoise de l'Énergie.
  5. (en)Energy Agreements, sur le site du Ministère danois du Climat, de l'Énergie et de la Construction.
  6. Énergies renouvelables: le Danemark veut être 100% vert d’ici 2050, sur le site SmartPlanet.
  7. Le Danemark révise ses ambitions vertes à la baisse, Les Échos, 3 avril 2016.
  8. a et b (en)Oil and Gas Production in Denmark 2013, Danish Energy Agency, juin 2014.
  9. (en)[PDF]Energy Statistics Report 2012, sur le site de l'Agence danoise de l'Énergie.
  10. Danemark: nouveau record du monde de consommation d'énergie éolienne en 2015, Sciences et Avenir, 18 janvier 2016.
  11. (en)Background, sur le site de DONG Energy.
  12. (en)Ownership (Actionnariat), sur le site de DONG Energy.
  13. (en)activities Business activities, sur le site de DONG Energy.
  14. (en)about VESTAS, site de Vestas.
  15. Vestas, le roi déchu du vent, sur le site de la Tribune.
  16. Danemark : un pays dans le vent, site du Journal des Énergies Renouvelables consulté le 23 février 2014.
  17. (en)Electricity facilities, sur le site d'Energinet.
  18. a et b (en)[PDF]Energy policy in Denmark, sur le site de l'agence Danoise de l'Énergie.
  19. (en)[xls]Energy Statistics 2012, sur le site de l'Agence danoise de l'Énergie.
  20. a et b (en)Denmark : Electricity and Heat for 2013, Agence internationale de l’énergie, 8 novembre 2015.
  21. (en) A Snapshot of Global PV : 2014, IEA-PVPS, 30 mars 2015.
  22. (en)Denmark reaches 2020-goal for solar energy before time, sur le site du Ministère danois des Affaires Etrangères, 12.09.2012.
  23. (en) Franz Mauthner et Werner Weiss, « Solar Heat Worldwide - Markets and Contribution to the Energy Supply 2011 (Edition 2013) », sur www.iea-shc.org,‎ (consulté le 19 novembre 2013), p. 42.
  24. (da) Rambøll et Université d'Aalborg, « Varmeplan Danmark 2010 », sur www.fjernvarmen.dk,‎ (consulté le 20 novembre 2013), p. 124.
  25. a, b et c (en)ENTSO-E Statistical Yearbook 2011, sur le site d'ENTSO-E (European Network of Transmission System Operators for Electricity).
  26. (en)Présentation d'Energinet.dk, sur le site d'Energinet.dk.
  27. (en) Energinet.dk, « Siemens and Prysmian will build the COBRA interconnection between Denmark and the Netherlands », sur energinet.dk,‎ (consulté le 2 février 2016).
  28. (en)Memo 2012, site d'ENTSO-E consulté le 10 juin 2014.
  29. (en)Statistical factsheet 2013, site d'ENTSO-E consulté le 10 juin 2014.
  30. (en)Statistical factsheet 2014, ENTSO-E, consulté le 10 janvier 2016.
  31. accès à la base de données Eurostat, sur le site d'Eurostat.
  32. (en)European Union-28 : Indicators for 2013, Agence internationale de l'énergie, 8 novembre 2015.
  33. (en) CO2 Emissions from fuel combustion - Highlights 2015, site Agence internationale de l'énergie consulté le 23 mars 2015 (voir page 69).
  34. Produit intérieur brut aux prix de marché, site Eurostat consulté le 10 juin 2014.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]