Énergie en Turquie

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Énergie en Turquie
Image illustrative de l'article Énergie en Turquie
Barrage de Karakaya
Bilan énergétique (2013)
Offre d'énergie primaire (TPES) 116,5 M tep
(4 877 PJ)
par agent énergétique gaz naturel : 32,2 %
charbon : 27,9 %
pétrole : 27,2 %
électricité : 8,4 %
Énergies renouvelables 8 %
Consommation totale (TFC) 79 M tep
(3 306,5 PJ)
par habitant 1,54 tep/hab
par secteur ménages : 26,4 %
industrie : 31 %
transports : 24,2 %
services : 12,9 %
agriculture : 5,4 %
pêche : 0 %
Électricité (2013)
Production 240,15 TWh
par filière thermique : 71,1 %
hydro : 24,7 %
éoliennes : 3,1 %
autres : 0,6 %
biomasse/déchets : 0,4 %
Combustibles (2013 - Mtep)
Production pétrole : 2,37
gaz naturel : 0,44
charbon : 15,67
Commerce extérieur (2013 - Mtep)
Importations électricité : 0,64
pétrole : 39,50
gaz naturel : 37,26
charbon : 17,83
Exportations électricité : 0,11
pétrole : 8,21
gaz naturel : 0,56
Sources
Agence internationale de l'énergie[1]

L'énergie en Turquie était principalement fournie en 2012 par les combustibles fossiles : charbon : 30 %, gaz naturel : 32 %, pétrole : 18 % et produits pétroliers : 9,5 %, soit au total 89,5 % de ressources fossiles, importées à 84 %.

L'électricité est issue en 2012 pour l'essentiel de la production thermique, surtout au gaz : 43,6 % et au charbon : 28,4 % ; les centrales hydroélectriques produisent 24,2 % et les éoliennes 2,4 %.

La Turquie étant en forte croissance, ses besoins énergétiques augmentent rapidement. Pour répondre à cette forte demande, Ankara a lancé deux grands projets :

Vue d'ensemble[modifier | modifier le code]

Énergie en Turquie[2]
Population Consommation
énergie primaire
Production Exportation
nette
Production
électricité
Émissions
de CO2
Année Million Mtep Mtep Mtep TWh Mt CO2éq
1990 55,12 52,7 25,8 28,1 57,5 126,9
2000 64,25 76,0 25,9 50,9 124,9 200,6
2008 71,10 98,7 29,0 72,5 198,4 263,5
2009 72,05 97,8 30,3 70,3 194,8 256,3
2010 73,00 105,3 32,2 73,9 211,2 265,9
2011 73,95 112,2 32,1 80,2 229,4 285,7
2012 74,90 116,9 30,6 89,0 239,5 302,4
variation
1990-2012
+36 % +122 % +18 % +217 % +316 % +138 %

Production d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

Pétrole[modifier | modifier le code]

Oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan[modifier | modifier le code]

Tracé de l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan

L'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan, qui part de l'Azerbaïdjan pour atteindre le port méditerranéen de Ceyhan, en Turquie, a été inauguré en 2005.

Ga z naturel[modifier | modifier le code]

Gazoducs[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Nabucco (gazoduc) et South Stream.

Le projet de gazoduc Nabucco doit relier l'Iran à l'Europe centrale en traversant la Turquie. Il est actuellement en cours de construction par le Hongrois MOL, le Turc Botas, le Bulgare Bulgargaz (en), le Roumain Transgaz et l'Autrichien OMV, entreprise chef de file.

Un autre projet de gazoduc, le Blue Stream, doit alimenter la Turquie et l'Europe à partir de la Russie.

Consommation intérieure d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

La consommation d'énergie primaire en Turquie atteignait 1,54 tep par habitant en 2013[k 1], soit seulement 81 % de la moyenne mondiale (1,90 tep/hab) ; pour comparaison, celle de la France était de 3,84 tep, celle de l'Allemagne de 3,87 tep et celle des États-Unis de 6,92 tep[k 2], mais sa progression est très rapide : en 22 ans, elle a augmenté de 122 % (+3,5 % par an) alors que la population augmentait de 36 % (+1,4 % par an).

La Turquie se classait deuxième après la Chine en 2008 en ce qui concerne l'augmentation de la consommation de gaz naturel et d'électricité[3]. Sa consommation d'électricité augmentait alors de 8 % par an[3] ; en comparaison, la consommation électrique de l'Europe n'augmentait que de 1 % par an[3].

Selon des rapports du Ministère de l'Énergie, Ankara devrait investir 70 milliards de dollars dans la production énergétique et les réseaux de distribution, d'ici à 2020, pour pouvoir répondre à cette demande en expansion[3].

Secteur électrique[modifier | modifier le code]

Production d'électricité[modifier | modifier le code]

L'électricité était issue en 2013 pour l'essentiel de la production thermique, surtout au gaz : 43,8 % et au charbon : 26,6 % ; les centrales hydroélectriques ont produit 24,7 %, les éoliennes 3,1 % et la géothermie 0,6 %[1].

Le gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan souhaite répartir de manière équilibrée la production électrique entre cinq ressources principales: le gaz naturel, le charbon, l'eau, les énergies renouvelables et le nucléaire[3].

Projet d'Anatolie du Sud-est[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Projet d'Anatolie du Sud-est.
Carte des barrages du Projet d'Anatolie du Sud-est

Pour répondre à ces besoins croissants, Ankara a d'une part lancé en vaste programme de construction de 19 centrales hydroélectriques, dénommé projet d'Anatolie du Sud-est (GAP). En 2000, le GAP fournissait 19 % des besoins énergétiques turcs ; et près de 13 % en 1999[4].

Le tableau ci-dessous présente la part du projet d'Anatolie du Sud-est (GAP) dans la production hydroélectrique de la Turquie ainsi que dans la production d'énergie électrique globale.

Production d'énergie électrique en Turquie
Année Turquie Production
hydroélectrique
du GAP
(GWh)
Part du GAP
Production
thermique

(GWh)
Production
hydroélectrique

(GWh)
Production
éolienne

(GWh)
Total
(GWh)
Part du GAP
dans la
production
hydroélectrique

(%)
Part du GAP
dans la
production
totale

(%)
1995 52 548 31 973 16 114 84 521 50 19
2000 94 041 30 881 12 100 124 922 39 10
2005 121 900 39 600 60 18 700 161 500 47 11
2006 131 400 44 200 130 21 400 175 200 48 12
2012 174 151 57 865 5 860 239 496
sources : www.gap.gov.tr et hors-série Atlaséco du Nouvel Observateur - janvier 2006

Programme nucléaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Programme nucléaire de la Turquie.

D'autre part, le gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan a donné son feu vert à la construction de trois centrales nucléaires, pour une capacité cumulée de 5 000 mégawatts[5]. La mise en service est prévue pour 2012. Lancé en mars 2008, l'appel d'offre prenait fin le 24 septembre 2008, et seule la compagnie russe Atomstroyexport a présenté une offre[6]. La centrale comptera 4 réacteurs d'une puissance totale de 4,8 GW, coûtera 20 milliards de dollars, et sera construite à Mersin Akkuyu, sur les bords de la Méditerranée, par Rosatom, qui compte lancer le chantier à la mi-2015 pour une mise en service en 2019. Le chantier a été lancé le 14 avril 2015[7].

L'appel d'offres pour la 2e centrale nucléaire turque, sur le site de Sinop, sur les bords de la Mer Noire, aurait été remporté début avril 2013 par Areva et Mitsubishi, selon des sources japonaises ; la centrale, dont la construction devrait commencer en 2017 pour une entrée en service du premier réacteur en 2023, comptera 4 réacteurs, d'une puissance totale de 4,5 GW, coûtera 22 milliards de dollars (17 milliards d'euros), et sera exploitée par le français GDF Suez[8]. Le gouvernement turc a confirmé le 02 mai 2013 l'attribution du contrat au consortium franco-japonais ; la centrale de Sinop disposera de 4 réacteurs Atmea de 1 100 MW chacun[9].

Consommation d'électricité[modifier | modifier le code]

La consommation turque d'électricité par habitant en 2013 était de 2 761 kWh[k 1], soit 91 % de la moyenne mondiale (3 026 kWh) ; celle de la France était de 7 382 kWh, celle de l'Allemagne de 7 022 kWh et celle des États-Unis de 12 987 kWh[k 2].

Impact environnemental[modifier | modifier le code]

Les émissions de CO2 liées à l'énergie en Turquie ont atteint 283,84 Mt CO2 en 2013, soit 3,75 tonnes CO2 par habitant[k 1] (moyenne mondiale : 4,52 ; France : 4,79 ; Allemagne : 9,25 ; États-Unis : 16,18)[k 2].

Les émissions de CO2 liées à l'énergie en Turquie sont passées de 126,9 Mt CO2 en 1990 à 265,9 Mt CO2 en 2010, en progression de 109,5 % sur 20 ans, alors que celles de l'Union européenne baissaient de 9,6 %. Elles ont à peine marqué le pas en 2009 du fait de la crise : -2,7 % puis ont regagné 3,7 % en 2010[10].

Par habitant, la Turquie émettait 3,65 tonnes de CO2 en 2010 (émissions de CO2 liées à l'énergie), soit exactement la moitié de la moyenne de l'Union européenne (7,29 t/hab) ; l'Allemagne émettait 9,135 tonnes/hab, la France 5,518 t/hab, les États-Unis 17,3 t/hab et la Chine 5,39 t/hab[11].

L'Agence internationale de l’énergie fournit la répartition de l'ensemble des émissions par secteur de consommation (après ré-allocation des émissions de la production d'électricité et de chaleur aux secteurs de consommation)[11] : pour la Turquie, en 2010 :

  • industrie et construction : 1,375 t CO2/hab (38 % des émissions totales) ; en France : 1,16 t/hab, et en Allemagne : 2,99 t/hab ;
  • transport : 0,61 t/hab (17 %), dont transport routier : 0,536 t/hab (15 %) ; en France : 1,93 t/hab, et en Allemagne : 1,88 t/hab ;
  • résidentiel (ménages) : 0,868 t/hab (24 %) ; en France : 1,15 t/hab, et en Allemagne : 2,384 t/hab ;
  • autres (services, agriculture) : 0,632 t/hab (17 %) ; en France : 0,986 t/hab, et en Allemagne : 1,65 t/hab.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c p. 57
  2. a, b et c p. 49-57
  • Autres références
  1. a et b (en)Turkey : Balances for 2013, Agence internationale de l'énergie, 8 novembre 2015.
  2. (en)Turkey : Indicators for 2013, Agence internationale de l'énergie, 8 novembre 2015.
  3. a, b, c, d et e TUĞBA KİBAR, ABDULLAH ÜNAL Turkey moves one step closer to nuclear plant, Today's Zaman, 24 septembre 2008
  4. www.gap.gov.tr
  5. La Turquie veut accéder au nucléaire civil, Bulletins électroniques BE Turquie 6, 15/01/2008
  6. Turquie/nucléaire : une seule offre, AFP sur le site du Figaro, 24 septembre 2008
  7. La Turquie lance la construction de sa première centrale nucléaire, Les Échos du 15 avril 2015.
  8. Areva aurait remporté un méga-contrat nucléaire en Turquie, sur le site de Capital, consulté le 17/04/2013.
  9. Areva et GDF-Suez remportent un contrat de 17 milliards d'euros en Turquie, sur le site de La Tribune, consulté le 03 mai 2013.
  10. (en)CO2 Emissions from fuel combustion - Highlights, page 48, sur le site de l'AIE.
  11. a et b (en)« CO2 Emissions from fuel combustion - Highlights », sur IEA (consulté le 22 avril 2013), p. 105