Énergie en Italie

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Énergie en Italie
Image illustrative de l'article Énergie en Italie
La raffinerie SARAS, près de Sarroch, en Sardaigne.
Bilan énergétique (2015)
Offre d'énergie primaire (TPES) 152,6 M tep
(6 389,3 PJ)
par agent énergétique gaz naturel : 36,2 %
pétrole : 35,1 %
électricité : 11 %
charbon : 8,1 %
Énergies renouvelables 8,4 %
Consommation totale (TFC) 112,6 M tep
(4 714,6 PJ)
par habitant 1,9 tep/hab.
(77,6 GJ/hab.)
par secteur ménages : 28,9 %
industrie : 22,5 %
transports : 32,3 %
services : 13,7 %
agriculture : 2,4 %
pêche : 0,2 %
Électricité (2015)
Production 282,99 TWh
par filière thermique : 59,9 %
hydro : 16,6 %
autres : 10,5 %
biomasse/déchets : 7,7 %
éoliennes : 5,2 %
Combustibles (2015 - ktep)
Production pétrole : 5788
gaz naturel : 5544
charbon : 51
Commerce extérieur (2015 - ktep)
Importations électricité : 4373
pétrole : 80725
gaz naturel : 50163
charbon : 12640
Exportations électricité : 385
pétrole : 28298
gaz naturel : 181
charbon : 262
Sources

L'Italie est un pays très dépendant des importations pour son approvisionnement en énergie : en 2015, 75,7 % de l'énergie consommée dans le pays provenait de l'étranger ; l'Italie est le 2e importateur net d'électricité au monde en 2015, le 4e importateur de gaz naturel en 2016 et le 7e importateur de pétrole.

Sa consommation intérieure d'énergie primaire provient en 2016 à 76 % des énergies fossiles (gaz naturel : 34,4 % ; pétrole : 34,6 % ; charbon : 7 %), 19,1 % des énergies renouvelables (surtout biomasse et déchets : 7,5 %, hydroélectricité : 5,6 %, éolien+solaire : 5,2 %) et 4,9 % des importations nettes d'électricité.

L'Italie a cependant été pionnière dans l'exploitation de l'hydroélectricité, qui fournit 15,3 % de son électricité en 2016, et de la géothermie (2,2 % de la production d'électricité) ; elle a développé rapidement ses autres énergies renouvelables : elle détenait en 2015, pour la production d'électricité, le 5e rang mondial pour le solaire (8,1 % de l'électricité produite en Italie en 2015), le 6e rang mondial pour la géothermie, le 9e rang mondial pour l'éolien (5,2 %) et le 8e rang pour la biomasse (6,0 %) ; au total, les énergies renouvelables ont produit 40,1 % de l'électricité italienne en 2015 (mais 32,1 % en 2016, la faiblesse des pluies ayant fait chuter la production hydroélectrique), contre 16,1 % en 2005.

Mais l'électricité ne couvre, en 2016, que 19,8 % de la consommation finale d'énergie, qui repose pour 74,2 % sur l'utilisation directe des combustibles fossiles, surtout dans les transports, le chauffage et l'industrie.

De ce fait, les émissions de CO2 de l'Italie atteignaient 5,45 tonnes par habitant en 2015, soit 25 % de plus qu'en France : 4,37 tonnes, mais 39 % de moins qu'en Allemagne : 8,93 tonnes.

Vue d'ensemble[modifier | modifier le code]

Énergie en Italie[2]
Population Consommation
énergie primaire
Production Exportation
nette
Consommation
électricité
Émissions
de CO2
Année Million Mtep Mtep Mtep TWh Mt CO2éq
1990 56,72 146,56 25,31 127,26 235,10 389,29
2000 56,94 171,52 28,17 152,43 301,79 420,31
2008 59,24 181,63 32,91 155,28 338,72 428,74
2009 59,58 169,60 31,66 141,28 317,25 383,61
2010 59,83 173,72 33,00 148,46 325,65 391,89
2011 60,06 167,95 31,94 141,28 327,47 384,01
2012 60,34 161,31 34,95 132,02 321,38 366,58
2013 60,65 155,37 36,76 123,20 310,76 337,44
2014 60,80 146,77 36,69 115,06 304,09 319,71
2015 60,73 152,60 36,09 121,47 309,66 330,75
variation
1990-2015
+7,1 % +4,1 % +42,6 % -4,5 % +31,7 % -15,0 %

Comparaisons internationales[modifier | modifier le code]

Dans les classements que publie l'Agence internationale de l'énergie, l'Italie apparaît parmi les dix premiers pays du monde pour plusieurs des indicateurs :

Place de l'Italie dans les classements mondiaux
Source d'énergie indicateur rang année quantité unité % monde commentaires
Pétrole brut[s 1] Importation nette 7e 2015 67 Mt 3,3 % 1er : États-Unis (348 Mt) ; 6e : Allemagne (91 Mt) ; 10e : France (57 Mt)
Gaz naturel[s 2] Importation nette 4e 2016p 65 Mds m³ 7,6 % 1er : Japon (116 Mds m3) ; 2e : Allemagne (79 Mds m3)
Électricité[s 3] Importation nette 2e 2015 46 TWh 12,6 % 1er : États-Unis (67 TWh)
Production à partir d'énergies renouvelables[s 4] 10e 2015 109 TWh 2,0 % 1er : Chine (1 398 TWh)
Énergie éolienne[s 5] Puissance installée 9e 2015 9,1 GW 2,2 % 1er : Chine (129,3 GW) ; 3e : Allemagne 44,7 GW ; 5e : Espagne 22,9 GW ; 8e : France 10,2 GW
Énergie solaire photovoltaïque[s 6] Production élec. 5e 2015 23 TWh 9,3 % 1er : Chine (45 TWh) ; 2e : Allemagne 39 TWh
Puissance installée 5e 2015 18,9 GW 8,6 % 1er : Chine (43,2 GW) ; 2e : Allemagne 39,8 GW
% PV/élec 1er 2015 8,1  % 2e : Allemagne (6,0 %)
Biomasse[3] Production élec. 8e 2015 17,05 TWh 3,9 % 1er : États-Unis (61,6 TWh)
Géothermie[3] Production élec. 6e 2015 6,2 TWh 7,7 % 1er : États-Unis (18,7 TWh)
2016p = données 2016 provisoires.

Ressources énergétiques[modifier | modifier le code]

Réserves[modifier | modifier le code]

Concernant le pétrole, la production italienne ne subvient qu'à une fraction de la demande.

Les réserves de combustibles fossiles de l'Italie sont modestes, mais son potentiel dans le domaine des énergies renouvelables est important, en particulier pour l'hydroélectricité et le solaire.

  • les réserves de pétrole prouvées et économiquement récupérables sont évaluées en 2011 à 76 Mt, et les ressources potentielles supplémentaires à 250 Mt ; la production cumulée jusqu'à 2011 atteint 175 Mt : l'Italie a donc déjà très largement entamé ses ressources ; au rythme de la production actuelle (5,3 Mt en 2011), les réserves seraient épuisées en 2025[4] ;
  • les réserves de gaz prouvées et économiquement récupérables sont évaluées en 2011 à 62 Gm3, et les ressources potentielles supplémentaires à 405 Gm3 ; la production cumulée jusqu'à 2011 atteint 728 Gm3 : l'Italie a donc là aussi très largement entamé ses ressources ; au rythme de la production actuelle (7,7 Gm3 en 2011), les réserves prouvées seraient épuisées en 2019[4] ;
  • pour le charbon, l'Italie a seulement 10 Mt de réserves.

L'Italie bénéficie d'un potentiel hydroélectrique important, en particulier dans les Alpes, mais il est déjà presque entièrement exploité ; pendant la première moitié du XIXe siècle, l'hydroélectricité couvrait la quasi-totalité des besoins d'électricité du pays.

La carte des radiations solaires en Italie (cf section solaire) révèle des potentiels élevés dans le sud de l'Italie, en particulier en Sicile et en Sardaigne.

Production d'énergie nationale[modifier | modifier le code]

Production d'énergie primaire 2011 en Italie
source données : Ministère du Développement Économique italien[5]

En 2016, la production énergétique du pays atteignait 39,15 Mtep, répartie en[b 1] :

  • combustibles fossiles : 22,5 %, dont :
    • gaz naturel : 4,74 Mtep (12,1 %), couvrant 8,2 % de la consommation intérieure de gaz ;
    • pétrole : 3,75 Mtep (9,6 %), 6,5 % de la consommation de pétrole ;
    • charbon : 0,31 Mtep (0,8 %), 2,7 % de la consommation de charbon ;
  • énergies renouvelables : 30,35 Mtep, soit 77,5 %, dont[b 2],[n 1] :
    • énergie hydroélectrique : 9,33 Mtep (23,8 %) ;
    • géothermie : 1,38 Mtep (3,5 %) ;
    • éolien + solaire : 8,75 Mtep (22,4 %) ;
    • déchets : 1,49 Mtep (3,8 %) ;
    • bois : 5,18 Mtep (13,2 %) ;
    • biomasse : 3,67 Mtep (9,4 %) ;
    • biodiesel : 0,54 Mtep (1,4 %).

L'ensemble de ces ressources couvraient seulement 23,4 % des besoins du pays[b 1].

Production d'énergie primaire en Italie par source (Mtep)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2014 2015 % 2015 var.
2015/1990
Charbon 0,3 1,1 0,003 0,01 0,06 0,2 0,05 0,05 0,1 -81 %
Pétrole 4,5 17,7 4,7 16,7 5,6 19,1 6,0 5,8 16,0 +30 %
Gaz naturel 14,0 55,4 13,6 48,3 6,9 23,3 5,9 5,5 15,4 -60 %
Total fossiles 18,8 74,1 18,3 65,0 12,6 42,6 11,9 11,4 31,5 -39 %
Hydraulique 2,7 10,7 3,8 13,5 4,4 14,9 5,0 3,9 10,8 +44 %
Géoth., solaire, éolien 3,0 11,8 4,3 15,3 5,9 19,9 8,6 8,9 24,7 +199 %
Biomasse-déchets 0,8 3,4 1,7 6,2 6,7 22,6 11,1 11,9 32,9 +1300 %
Total EnR 6,5 25,9 9,9 35,0 16,9 57,4 24,8 24,7 68,5 +278 %
Total 25,3 100 28,2 100 29,5 100 36,7 36,1 100 +43 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[1]

NB : entre les statistiques de l'AIE et celles du Ministère du Développement Économique (MDE) italien, plusieurs différences de conventions rendent les comparaisons difficiles :

  • l'AIE valorise la production hydroélectrique à son équivalent en consommation finale, alors que le MDE applique un coefficient d'un tiers entre l'énergie primaire et l'énergie finale, comme pour le thermique ;
  • le MDE intègre le charbon de bois dans le charbon et l'AIE dans la biomasse, etc.

Énergies importées[modifier | modifier le code]

L'Italie dépend de ses importations pour une part très élevée de ses besoins d'énergie : en 2016, ses importations d'énergie atteignaient 157,9 Mtep contre 156,8 Mtep en 2015 ; après déduction de 31,0 Mtep d'exportations (produits pétroliers pour l'essentiel), les importations nettes représentaient 75,7 % de la consommation totale d'énergie du pays, alors que sa production nationale ne couvrait que 23,4 % de ses besoins[b 1].

Le pétrole est la principale énergie importée : en 2016, les importations nettes de pétrole brut ont atteint 60,25 Mt, soit 93,3 % de la consommation de pétrole du pays[b 3]. Cependant, le bilan des échanges de produits pétroliers est exportateur (autrement dit, la production des raffineries italiennes : 72,1 Mt, dépasse les besoins nationaux : 59,2 Mt) ; les exportations 27,7 Mt dépassent les importations14,3 Mt[b 4].

Le gaz naturel est la deuxième énergie importée : en 2016, les importations de gaz naturel ont atteint 53,5 Mtep (50,1 Mtep en 2015), soit 92,1 % de la consommation de gaz du pays[b 1].

L'Italie a aussi importé 11,4 Mtep de charbon en 2016, essentiellement pour les centrales électriques (8,9 Mtep), le coke et les centrales de production de chaleur[b 1].

Même l'électricité est largement importée : 8,15 Mtep, soit 13 % de l'approvisionnement brut total en électricité en 2016[b 1].

Consommation énergétique[modifier | modifier le code]

De l'énergie primaire consommée à l'énergie finale consommée[modifier | modifier le code]

La consommation d'énergie d'un pays peut être étudiée selon deux points de vue :

  • soit au niveau de son acquisition initiale (production en Italie ou importation) : on parle alors de « consommation d'énergie primaire » ; afin de restreindre l'analyse à la seule consommation intérieure, on en soustrait les exportations d'énergie ; dans les statistiques italiennes, on conserve les soutes internationales (consommations des avions et bateaux à destination de l'étranger) dans la consommation intérieure, alors que dans les statistiques internationales on les en soustrait ;
  • soit au niveau de leur consommation par l'utilisateur final, après toute la cascade de transformations (raffinage, production d'électricité, etc), de transport et distribution qu'elles subissent avant de lui parvenir ; on parle alors de « consommation finale d'énergie ».

Les flux de production, échanges internationaux et transformation des énergies se résument en un tableau sous forme de bilan Ressources/Emploi, dénommé "bilan énergétique national" :

BILAN ÉNERGÉTIQUE 2016[b 1]
RESSOURCES Mtep % EMPLOIS Mtep %
Production d’énergie primaire 39,1 23,4 Consommation et pertes branche énergie 43,3 25,9
Importations 157,9 94,2 Soutes 2,9 1,8
Exportations -31,0 -18,5 Consommation finale non énergétique 5,6 3,3
Prélèvt sur stocks 1,5 0,9 Consommation finale énergétique 115,8 69,1
Total ressources 167,6 100 Total emplois 167,6 100
Détail consommation branche énergie[b 5] Détail consommation finale
Pertes de conversion 35.5 82 Industrie 27,1 23,4
Consommations propres 5.7 13 Transport 38,9 33,6
Pertes de transport/distrib. 2.1 5 Résidentiel + Tertiaire 46,9 40,5
Agriculture 2,8 2,4

Consommation d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

Consommation d'énergie primaire de l'Italie en 2011
source données : Ministère du Développement Économique italien[5]

Le total des ressources primaires produites en Italie ou importées était en 2016 de 167,63 Mtep. La consommation d'énergie primaire est massivement dominée par les énergies fossiles : 76 % en 2016 (charbon : 7,0 % ; pétrole : 34,6 % ; gaz naturel : 34,4 %) ; les énergies renouvelables ne couvrent que 19,1 % des besoins, et le solde importateur d'électricité apporte les 4,9 % restants[b 1].

Les énergies renouvelables se décomposent en[b 2] :

  • énergie hydroélectrique : 5,6 % ;
  • géothermie : 0,8 % ;
  • éolien + solaire : 5,2 % ;
  • déchets : 0,9 % ;
  • bois : 3,8 % ;
  • biomasse : 2,2 % ;
  • biodiesel : 0,6 %.
Consommation d'énergie primaire en Italie par source (Mtep)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2014 2015 % 2015 var.
2015/1990
Charbon 14,6 10 12,6 7,3 13,7 8,0 13,1 12,4 8,1 -16 %
Pétrole 83,3 57 86,9 50,6 65,3 38,4 51,6 53,6 35,1 -36 %
Gaz naturel 39,0 26,6 57,9 33,8 68,0 40,0 50,7 55,3 36,2 +42 %
Total fossiles 136,9 93,4 157,3 91,7 147,0 86,5 115,3 121,2 79,4 -11 %
Hydraulique 2,7 1,9 3,8 2,2 4,4 2,6 5,0 3,9 2,6 +44 %
Géoth., solaire, éolien 3,0 2,0 4,3 2,5 5,9 3,4 8,6 8,9 5,8 +199 %
Biomasse-déchets 0,9 0,6 2,3 1,3 8,9 5,3 14,0 14,6 9,6 +1451 %
Total EnR 6,6 4,6 10,4 6,0 19,2 11,3 27,7 27,4 18,0 +313 %
Solde exp.électricité 3,0 2,0 3,8 2,2 3,8 2,2 3,8 4,0 2,6 +34 %
Total 146,6 100 171,5 100 170,0 100 146,8 152,6 100 +4 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[1]

NB : on retrouve ici les divergences entre les statistiques de l'AIE et celles du Ministère du Développement Économique (MDE) italien, déjà signalées dans le chapitre « Production d'énergie nationale », en particulier la sous-valorisation par l'AIE des énergies renouvelables électriques (production hydroélectrique, éolienne et solaire).

La consommation italienne d'énergie primaire par habitant en 2015 était de 2,51 tep[s 7] ; pour comparaison, celle de la France était de 3,71 tep et celle de l'Allemagne de 3,77 tep ; celle des États-Unis de 6,80 tep[s 8].

Consommation finale d'énergie[modifier | modifier le code]

Consommation finale d'énergie de l'Italie en 2011
source données : Ministère du Développement Économique italien[5]

La consommation finale d'énergie (après raffinage, transformation en électricité ou en chaleur de réseau, transport, etc) était en 2016 de 124,3 Mtep, en hausse de 0,2 % par rapport à 2015. Elle se répartissait en 74,2 % d'énergies fossiles, 6,0 % d'énergies renouvelables thermiques et 19,8 % d'électricité. Sur ces 19,8 % d'électricité, 10,9 % étaient produits à partir de combustibles fossiles et 8,9 % à partir d'énergies renouvelables ; au total, la consommation finale était donc à 85 % d'origine fossile et à 15 % d'origine renouvelable[b 1].

Sa répartition par usages était[b 1] :

  • usages non énergétiques : 4,5 % (chimie surtout) ;
  • soutes : 2,4 % (consommations des avions hors vols intérieurs et bateaux lignes internationales) ;
  • usages énergétiques intérieurs : 115,8 Mtep (93,2 %), dont :
    • industrie : 27,1 Mtep (21,8 %) ;
    • transport : 38,9 Mtep (31,3 %) ;
    • résidentiel-tertiaire : 46,9 Mtep (37,7 %) ;
    • agriculture : 2,8 Mtep (2,3 %).

La consommation finale d'énergie en Italie a évolué comme suit :

Consommation finale d'énergie en Italie par source (Mtep)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2014 2015 % 2015 var.
2015/1990
Charbon 3,6 3,1 2,7 2,1 1,9 1,5 1,7 1,3 1,1 -63 %
Produits pétroliers 61,5 53,5 62,3 48,4 54,4 41,9 47,8 47,1 39,5 -23 %
Gaz naturel 30,4 26,4 38,6 29,9 39,1 30,0 31,4 33,5 28,1 +10 %
Total fossiles 95,4 83,0 103,6 80,4 95,4 73,4 80,9 82,0 68,8 -14 %
Solaire thermique 0,2 0,2 0,2 0,2 0,3 0,2 0,3 0,3 0,3 +48 %
Biomasse-déchets 0,9 0,8 1,6 1,2 5,3 4,1 7,4 8,3 7,0 +865 %
Électricité 18,5 16,1 23,5 18,2 25,7 19,8 24,2 24,7 20,7 +34 %
Chaleur 0 0 3,3 2,6 3,7 3,9 3,2 ns
Total 114,9 100 128,8 100 130,0 100 116,6 119,2 100 +3,7 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[1]

La répartition par secteur de la consommation finale d'énergie a évolué comme suit :

Consommation finale d'énergie en Italie par secteur (Mtep)
Filière 1990 % 2000 % 2010 % 2014 2015 % 2015 var.
2015/1990
Industrie 34,1 29,7 38,3 29,7 30,2 23,2 25,3 25,4 21,3 -26 %
Transport 32,7 28,5 39,7 30,8 38,6 29,7 37,0 36,4 30,5 +11 %
Résidentiel 26,1 22,7 27,6 21,4 31,7 24,3 29,5 32,5 27,3 +25 %
Tertiaire 8,2 7,1 11,5 9,0 17,0 13,1 14,7 15,4 12,9 +88 %
Agriculture 2,9 2,5 2,9 2,3 2,7 2,1 2,6 2,7 2,2 -8 %
Pêche 0,2 0,2 0,3 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 -6 %
Non spécifié 0,4 0,3 0,2 0,1 0,2 0,1 0,1 0,1 0,1 -62 %
Usages non énergétiques (chimie) 10,4 9,1 8,4 6,5 9,6 7,4 7,2 6,6 5,5 -37 %
Total 114,9 100 128,8 100 130,1 100 116,6 119,2 100 +3,7 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[1]

Secteur de l'électricité[modifier | modifier le code]

Évolution de la production d'électricité en Italie 1950-2012 :
en bleu : importations d'électricité
Source données : Terna.

L'Italie produit son électricité au moyen de centrales thermiques, de centrales hydrauliques et autres installations d'énergies renouvelables. Elle est importatrice nette d'électricité[6].

Le graphique ci-contre fait bien ressortir :

  • l'essor très rapide de la demande, stoppé en 2008 par la crise économique ;
  • la prépondérance écrasante des combustibles fossiles ;
  • le recours massif aux importations d'électricité ;
  • la contribution récente, encore modeste mais rapidement croissante, des nouvelles énergies renouvelables.

Production[modifier | modifier le code]

En 2016, la production brute d'électricité en Italie atteignait 289,8 TWh, en hausse de 2,4 % par rapport à 2015 ; les centrales thermiques ont assuré 68,8 % de la production et les énergies renouvelables 31,2 % : hydraulique 15,3 %, solaire 7,6 %, éolien 6,1 % et géothermie 2,2 % (attention : cette statistique inclut la biomasse et les déchets dans le thermique). La production nette était de 279,7 TWh, dont 2,5 TWh destinés au pompage[d 1].

Évolution de la production d'électricité en Italie
Production brute (TWh) 1960 1970 1980 1990 2000 2010 2014 2015 % 2015 var.
2015/1990
Thermique fossile 8,0 70,2 133,3 178,2 217,8 218,9 154,3 169,6 59,9 % -5 %
dont charbon nd nd nd 35,8 30,5 44,4 46,5 45,4 16,0 % +27 %
dont pétrole nd nd nd 102,7 85,9 21,7 14,2 13,4 4,7 % -87 %
dont gaz naturel nd nd nd 39,7 101,4 152,7 93,6 110,9 39,2 % +179 %
Thermique nucléaire 3,2 2,2
Hydraulique 46,1 41,3 47,5 35,1 50,9 54,4 60,3 47,0 16,6 % +34 %
moins Pompage nd -1,4 -3,3 -4,8 -9,1 -4,5 nd nd nd
Géothermie 2,1 2,7 2,7 3,2 4,7 5,4 5,9 6,2 2,2 % +92 %
Biomasse 0,014 1,0 7,4 16,4 17,1 6,0 % x1218
Déchets 0,09 0,9 4,2 4,8 4,8 1,7 % +5263 %
Éolien 0,002 0,56 9,1 15,2 14,8 5,2 % ns
Photovoltaïque 0,004 0,02 1,9 22,3 22,9 8,1 % ns
Autres sources 0 0,8 0,8 0,7 0,6 0,2 ns
Total EnR 48 42,6 46,9 33,5 58,1 82,5 123,0 113,4 40,1 % +195 %
Production brute[n 2] 56,2 116,1 182,5 211,8 267,5 297,6 279,8 283,0 100,0 +31 %
Consommation propre 1,4 5,0 9,0 15,7 19,7 21,8 22,6 22,2 7,8 +8 %
Production nette 54,9 111,1 173,5 196,1 247,8 275,8 257,2 260,8 92,2 +33 %
Sources : Terna pour les années 1960 à 1980[t 1] ; Agence internationale de l’énergie[3] pour 1990-2015.

La crise économique de fin 2008 a fait baisser la demande d'électricité de 5,7 % en 2009 ; après une légère reprise, elle est retombée en 2014 au-dessous du niveau de 2009. La forte progression des énergies renouvelables (+159 % depuis 2005) a permis de réduire la production à base de combustibles fossiles de 37 % entre 2005 et 2014.

Évolution de la puissance installée[t 2]
Puissance
brute (MW)
1960 1980 2000 2010 2014 2015 2016 Var. 2016
2000
Facteur de charge
2016 (%)*
Thermique classique 4 556 30 654 56 431 78 341 74 966 68 597 64 915 +15 % 34,0 %
Thermique nucléaire 1 471
Hydraulique 11 468 15 904 20 658 21 893 22 435 22 560 22 658 +9,7 % 22,3 %
Géothermique 287 440 627 772 821 821 815 +30 % 87,5 %
Éolien+Photovoltaïque 370 9 406 27 297 28 063 28 693 +7655 % 16,0 %
Puissance totale 16 311 48 469 78 086 110 380 125 519 120 041 117 081 +50 % 27,8 %
* Facteur de charge 2016 : le calcul prend en compte l'échelonnement des mises en service.

Centrales thermiques fossiles[modifier | modifier le code]

Évolution de la production thermique par combustible en Italie, 1963-2011
source données : Terna
La Centrale thermique Eugenio Montale près de La Spezia en Ligurie, une des plus grandes d'Italie (1,3 GW), en service depuis 1962[7].

Les centrales thermiques à combustibles fossiles assurent la majeure partie de la production d'électricité en Italie, avec un total de 198,7 TWh en 2016, soit 68,8 % de l'électricité produite dans le pays. Au cours de la décennie 1997-2007, les centrales à gaz naturel ont connu une forte progression passant de 24 à 55 % de la production d'électricité totale ; depuis 2009 elles ont fortement reculé, tombant à 33,5 % en 2014, mais représentant encore 53,4 % de la production thermique ; en 2015 et 2016, elles ont repris leur progression : +35 % en deux ans, passant à 43,5 % de la production d'électricité totale et 63,5 % de la production thermique ; le reste de cette production est assuré par le charbon (17,9 %), en baisse de 27,5 % par rapport à 2012 après avoir connu en 2011-12 un rebond (+24 %) comme dans toute l'Europe du fait de la baisse des prix du charbon causée par le boom du gaz de schiste aux États-Unis, les gaz dérivés des process (1,4 %), les produits pétroliers (2,1 %), les autres combustibles (biomasse surtout, ainsi que goudron, gaz de raffinerie, chaleur récupérée, etc) représentant 15,1 %[t 3].

Leur puissance installée totale atteignait 62 429 MW fin 2016, dont 4 717 MW appartenant à des autoproducteurs :

  • 1 867 unités, d'une puissance totale de 38 971 MW, consacrées uniquement à la production électrique ;
  • 3 539 unités, d'une puissance totale de 21 968 MW, de cogénération (production combinée chaleur+électricité).

Les unités à cycle combiné (gaz) étaient au nombre de 174 et totalisaient une puissance de 40 242 MW (dont 58 unités purement électriques : 22 300 MW et 116 unités de cogénération : 17 942 MW), et les turbines à gaz 130 unités (3 073 MW); les unités à condensation de vapeur (charbon) étaient 104 (12 637 MW)[8].

Les combustibles consommés pour la production d'électricité étaient en 2016[t 4] de :

  • 13 301 kt de charbon et lignite ;
  • 23 114 millions de m3 de gaz naturel et 5 051 Mm3 de gaz dérivés ;
  • 775 kt de produits pétroliers ;
  • 16 815 kt d'autres combustibles solides (biomasse, etc) et 3 523 Mm3 d'autres combustibles gazeux (biogaz, etc).

ENEL a lancé un appel à projets pour 23 vieilles centrales en cours de fermeture, soit 13 000 MW, sur 54 centrales au total ; la centrale à cycle combiné Tor del Sale à Piombino, près de Livourne en Toscane, servira de site pilote[9].

ENEL prévoit en 2017 d'atteindre avec 10 ans d'avance son objectif de zéro émission de CO2 fixé initialement à l'horizon 2050. Enel Green Power installera 2 500 MW de centrales d'énergies renouvelables en 2017. ENEL avait déjà fermé 13 000 MW de vieilles centrales thermiques fossiles en 2015[10].

Énergie nucléaire[modifier | modifier le code]

À la suite d'un référendum approuvé par 62 % de la population, l'Italie a renoncé à l'utilisation du nucléaire civil en 1987. Les centrales nucléaires alors en activité (1 312 MW) ont été progressivement arrêtées. En mai 2008, le gouvernement de Silvio Berlusconi annonce un retour à l'énergie nucléaire afin de résoudre la dépendance énergétique du pays. Un accord est signé le visant à la création d'une société détenue à moitié par Électricité de France et Enel. L'objectif était la construction d'au moins quatre réacteurs de type EPR[11]. L'émotion soulevée par la catastrophe de Fukushima de mars 2011 a contraint le gouvernement à abandonner ce projet[12].

Énergies renouvelables[modifier | modifier le code]

Production d'électricité à partir des EnR en Italie, 2000-2012
source données : GSE

Le rapport statistique annuel 2016 de GSE (Gestore dei servizi energetici), agence chargée de la promotion des énergies renouvelables, évalue la consommation finale brute d'EnR en 2016 à 21 081 ktep, en baisse de 1 % ; sa part dans la consommation finale d'énergie du pays s'élevait à 17,35 % ; dans le secteur électrique, les EnR ont produit un peu plus de 108 TWh, soit 37 % de la production nationale d'électricité, en baisse de 0,8 % du fait de la baisse de la production hydraulique : -6,8 % et de celle du photovoltaïque : -3,7 %, en contrepartie la production éolienne a progressé de 19,2 %. Dans le secteur des EnR thermiques, la production d'énergie a connu un léger recul de 1,4 %, à 10,5 Mtep, la contribution de la biomasse ayant reculé de 3 % ; la géothermie a progressé de 9 % et les panneaux solaires thermiques de 5 % ; les EnR thermiques fournissent 19 % de la consommation du chauffage[r 1].

Unités de production d'électricité renouvelable en Italie[r 2]
Filière 2010 2015 2016 variation %
2016/2010
nombre MW nombre MW nombre MW nombre MW
Hydraulique 2 729 17 876 3 693 18 543 3 920 18 641 +43,6 % +4,3 %
Éolien 487 5 814 2 734 9 162 3 598 9 410 +639 % +61,9 %
Solaire 155 977 3 470 687 759 18 901 732 053 19 283 +369 % +456 %
Géothermie 33 772 34 821 34 815 +3 % +5,6 %
Bioénergie :
Biomasse 142 1 243 369 1 612 407 1 671 +187 % +34 %
Biogaz 451 508 1 924 1 406 1 995 1 424 +342 % +180 %
Bioliquides 97 601 525 1 038 510 1 030 +426 % +71 %
total bioénergie 669 2 352 2 647 4 057 2 735 4 124 +309 % +75 %
total EnR 159 895 30 284 696 867 51 483 742 340 52 273 +364 % +73 %
Production d'électricité renouvelable en Italie[r 3]
Filière 2010[13] 2015 2016 variation %
2012/2011
TWh réelle corrigée* réelle corrigée* réelle corrigée* réelle corrigée*
Hydraulique 51 117 43 393 45 537 45 933 42 432 46 191 -17,0 % +6,4 %
Éolien 9 126 8 787 14 844 15 298 17 689 16 518 +83,8 % +88,0 %
Solaire 1 906 22 942 22 104 +1060 %
Géothermie 5 376 6 185 6 289 +17 %
Bioénergie
Biomasse solide 4 308 6 290 6 540 +51,8 %
dont part renouv. déchets** 2 048 2 428 2 451 +19,7 %
Biogaz 2 054 8 212 8 259 +302 %
Bioliquides 3 078 nd 4 894 4 865 4 710 4 626 +53 % nd
total bioénergie 9 440 nd 19 396 19 367 19 509 19 425 +15,3 % nd
total EnR 76 964 68 902 108 904 109 725 108 022 110 528 +40,4 % +60,4 %
part de la consommation finale brute 22,4 % 20,1 % 33,2 % 33,5 % 33,2 % 34,0 %
* production corrigée des effets des variations des précipitations (hydro) et des vents (éolien), selon les règles de la directive 2009/28/CE.
** part renouvelable des déchets urbains.

La part des EnR dans la consommation finale brute d'électricité italienne est passée de 16,3 % en 2005 à 34,0 % en 2016 (production EnR corrigée des variations climatiques)[r 4].

Facteur de charge (%) des centrales à énergies renouvelables
Filière 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 moyenne
Hydro 21,4 26,9 31,7 32,7 28,9 26,4 32,9 36,3 28,1 25,6 29,1
Éolien 20,4 18,8 18,0 20,0 17,8 21,1 20,5 20,2 19,2 21,8 19,8
Solaire 13,7 13,2 13,3 13,6 15,1 14,9 14,2 13,8 14,0 13,2 13,9
Géothermie 89,4 88,4 84,0 81,2 83,6 82,5 83,6 82,3 86,0 88,1 84,9
Bioénergie 43,3 44,9 43,7 45,6 43,4 43,5 49,3 52,4 53,7 53,1 47,3
facteur de charge = production / (puissance installée x nombre d'heures de l'année)
Source : GSE (2007-2012 : rapport 2012[13] et 2013-2016 : rapport 2016[r 5]).

Le facteur de charge est une caractéristique technique essentielle d'un moyen de production d'électricité : selon ce critère, la géothermie est de loin l'énergie la plus efficiente, et le solaire la moins disponible ; mais d'autres critères sont aussi importants, en particulier la dispatchabilité (possibilité pour le gestionnaire du système électrique d'arrêter/démarrer rapidement une centrale, ou au moins de moduler sa puissance, en fonction de la demande instantanée des consommateurs) ; de ce point de vue, les centrales hydrauliques dotées d'un réservoir sont très précieuses ; enfin, le critère du coût de production est bien évidemment crucial ; le facteur de charge de la bioénergie est affecté par le caractère saisonnier de la plupart des centrales de cogénération dans laquelle elle est utilisée pour alimenter les réseaux de chaleur.

Selon le Plan d'Action National Énergies Renouvelables de 2011, l'Italie n'atteindra pas en 2020 son objectif de 17 % de production d'énergie renouvelable. L'objectif de l'Italie pour l'électricité renouvelable est de 100 TWh en 2020, dont 20 TWh d'éolien, 42 TWh d'hydro, 19 TWh de biomasse, 12 TWh de solaire et 7 TWh de géothermie[14].

Hydroélectricité[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Hydroélectricité en Italie.
Géothermie[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Larderello.
Centrale géothermique de Larderello en Toscane.

L'Italie détenait en 2015 le 6e rang mondial pour la production d'électricité géothermique : 6,2 TWh, soit 7,7 % de la production géothermique mondiale ; les États-Unis, au 1er rang, produisaient 18,7 TWh (23,3 %)[3].

En 1818, François de Larderel, un Français considéré comme le père de la géothermie, met au point une technique permettant de recueillir la vapeur émise par les "lagoni" et de la faire sortir à une pression suffisante pour alimenter les chaudières d'évaporation nécessaires à l'extraction de l'acide borique des boues naturellement riches en substances boriquées. La technique sera perfectionnée en 1827, puis en 1833, lorsque seront effectués les premiers travaux de forage qui permettront d'augmenter la quantité de vapeur qui, plus tard, conduira à produire de l'électricité. Le grand-duc Léopold II de Habsbourg-Toscane soutient l'entreprise de Larderel et lui accorde le titre de comte de Montecerboli. Une ville, baptisée Larderello en hommage à l'action de l'industriel, est fondée pour accueillir les ouvriers travaillant dans l'usine de production de l'acide borique.

La production d'énergie à partir des sources géothermales sera expérimentée pour la première fois en 1904, lorsque cinq ampoules seront allumées grâce à l'électricité produite par la vapeur émergeant des trous dans le sol - première démonstration pratique du pouvoir de la géothermie. En 1911, la première centrale géothermique était construite dans la Valle del Diavolo ("la Vallée du Diable"). Elle restera la seule usine d'électricité géothermique du monde jusqu'en 1958, date à laquelle la Nouvelle-Zélande s'en dotera à son tour. Rappelons toutefois que c'est sans doute aux États-Unis, à Boise, dans l'Idaho, qu'on utilisa pour la première fois l'énergie géothermique à d'autres fins, en 1890 et 1891, lorsque la ville creusa deux puits géothermiques dans le but de fournir de l'eau chaude à la ville.

Larderello produit aujourd'hui 8 % de la production mondiale d'énergie géothermique, soit plus de 5 000 GWh/an, fournissant en électricité environ 1 million de foyers italiens. Sa géologie exceptionnelle lui permet de produire de l'énergie géothermique grâce à des roches de granite chaudes affleurant à la surface du sol et produisant de la vapeur dont la température peut atteindre 220 degrés Celsius. Néanmoins, au cours des dernières années, des doutes se sont fait jour quant à la durabilité de ses réserves de vapeur, car une baisse de 30 % du niveau de pression a été enregistrée par rapport aux niveaux records des années 1950.

L'Italie compte, en 2016, 34 centrales géothermiques, toutes situées en Toscane, d'une puissance installée totale de 814,6 MW dont 409 MW dans la province de Pise, 204 MW dans la province de Sienne et 202 MW dans la province de Grosseto ; 27 centrales ont moins de 20 MW et 4 plus de 40 MW ; de 2003 à 2016, le nombre de centrales n'a que peu changé (34 en 2003, 31 de 2004 à 2008, 32 en 2009, 33 de 2010 à 2012, 34 depuis 2013), leur puissance s'est accrue de 707 MW à 815 MW (+15 %) avec un pic à 821 MW en 2014-2015, et leur production de 5 341 GWh à 6 289 GWh (+18 %) (6 185 GWh en 2015) ; la disponibilité de la source géothermique est constante, si bien que le facteur de charge est élevé (durée d'utilisation record de 7 720 MW heures en 2016, soit 88,1 % ; 7 534 MW heures en 2015, soit 86,0 %)[r 6].

Éolien[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Énergie éolienne en Italie.
Solaire[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Énergie solaire en Italie.
Biomasse[modifier | modifier le code]

L'Italie figurait en 2015 au 8e rang mondial pour la production d'électricité à partir de la biomasse : 17,05 TWh, soit 3,9 % de la production mondiale, à comparer avec l'Allemagne : 44,6 TWh (10,3 % - 4e rang derrière les États-Unis, la Chine et le Brésil) et le Royaume-Uni : 26,6 TWh (6,1 % - 6e rang)[3].

Unités de production d'électricité à bioénergie en Italie[r 7]
Source 2010 2015 2016 variation
2016/10
nombre MW nombre MW nombre MW nombre MW
Biomasse solide 142 1 243 369 1 612 407 1 671 +187 % +34 %
déchets urbains 71 798 69 953 68 938 -4 % +17,5 %
autres 71 445 300 659 339 733 +377 % +65 %
Biogaz 451 508 1 924 1 406 1 995 1 423 +342 % +180 %
de déchets 228 341 380 399 389 401 +71 % +18 %
de boues 47 15 78 44 77 44 +64 % +193 %
de déjections animales 95 41 493 217 539 230 +467 % +461 %
de déchets agricoles et forestiers 81 110 973 746 990 748 +1122 % +580 %
Bioliquides 97 601 525 1 038 516 1 030 +432 % +71 %
huiles végétales 86 510 436 892 417 877 +385 % +72 %
autres 11 91 89 146 99 152 +800 % +67 %
total bioénergie 669 2 352 2 647 4 056 2 735 4 124 +309 % +75 %

Le tableau ci-dessus ne prend pas en compte les centrales hybrides, qui produisent de l'électricité à partir de combustibles fossiles avec un appoint de biomasse. En nombre de centrales, le biogaz domine avec 73 %, mais en capacité installée c'est la biomasse qui arrive en tête avec 40,5 %, suivie du biogaz : 34,5 % et des bio-liquides : 25 %. Les unités à biogaz ont une capacité moyenne de 0,7 MW, alors que les unités à biomasse sont en moyenne de 4,1 MW[r 7].

De 2003 à 2016, la puissance des unités à bioénergie s'est accru au rythme de 10,8 % par an, mais cette croissance s'est ralentie à partir de 2013 (+2,3 % seulement en quatre ans) ; la taille moyenne des unités a fortement baissé : 1,5 MW en 2016 contre 4,3 MW en 2005 et 4,8 MW en 2009[r 8].

Production d'électricité en bioénergie en Italie[r 9]
GWh 2010 2015 2016 variation
2016/10
Biomasse solide 4 308 6 290 6 540 +52 %
déchets urbains 2 048 2 428 2 451 +20 %
autres 2 260 3 862 4 089 +81 %
Biogaz 2 054 8 212 8 259 +392 %
de déchets 1 415 1 527 1 476 +4 %
de boues 28 128 129 +360 %
de déjections animales 221 1 067 1 160 +425 %
de déchets agricoles et forestiers 390 5 490 5 494 +1309 %
Bioliquides 3 078 4 894 4 710 +53 %
huiles végétales 2 682 4 190 3 932 +47 %
autres 397 704 778 +96 %
total bioénergie 9 440 19 396 19 509 +107 %

En 2016, la bioénergie a fourni 18,1 % de la production d'électricité renouvelable ; la production à partir de biomasse solide a progressé de 4 % , celle de biogaz est restée stable (+0,6 %) et celle de bioliquides a reculé de 3,8 %, surtout celle à base d'huiles végétales (huile de palme surtout)[r 9].

De 2003 à 2016, la production a progressé au rythme de 16 % l'an, passant de 3 587 GWh à 19 509 GWh ; les biogaz ont connu une croissance particulièrement dynamique. En 2016, la part des biogaz est de 42,3 %, celle de la biomasse solide de 33,6 % (déchets urbains : 12,6 %, autres : 21 %) et celle des bioliquides de 24,1 %[r 10].

Les principales régions productrices étaient en 2016[r 11] :

  • la Lombardie (biogaz et déchets urbains) : 4 376 GWh (22,4 %) ;
  • l'Émilie-Romagne (surtout biogaz): 2 723 GWh (14 %) ;
  • la Vénétie (biogaz et autre biomasse) : 2 027 GWh (10,4 %) ;
  • les Pouilles (surtout bioliquides) : 1 879 GWh GWh (9,6 %) ;
  • le Piémont (biogaz et autre biomasse) : 1 876 GWh (9,6 %).

Transport et distribution[modifier | modifier le code]

Le transport de l'électricité en haute tension est assuré par Terna, société cotée à la bourse italienne, qui se présente comme « le 1er opérateur de réseau de Transport en Europe et le 6ème au monde en termes de km de lignes gérées ». Le réseau de transport compte 63 500 km de lignes HT, 22 lignes d'interconnexion avec l'étranger, 445 stations de transformation[15]. Terna est également responsable du dispatching économique.

Évolution de la longueur des réseaux HT[t 2]
Longueur (km) 1960 1980 2000 2010 2014 2015 2016
120-150 kV 23 395 36 268 44 046 45 758 46 575 48 895 48 833
220 kV 9 889 14 470 11 980 11 284 10 935 11 066 11 698
380 kV 4 813 9 782 10 713 10 996 11 015 12 314
Longueur totale 33 284 55 551 65 808 67 755 68 506 70 976 72 845

Enel, pionnière dans le domaine des « compteurs intelligents » pouvant être interrogés à distance, a commencé en 2017 l'installation de 16 millions de compteurs de nouvelle génération dans le but de devenir un leader dans l'internet des objets et de mieux gérer les flux intermittents fournis par les énergies solaire et éolienne[10].

Échanges internationaux[modifier | modifier le code]

L'Italie a commencé à importer de l'électricité en 1926, mais ces importations sont restées faibles jusqu'en 1962, où elles ont passé le seuil du TWh ; elles ont fluctué ensuite sans jamais dépasser 4 TWh ; en 1979 a commencé une ascension très rapide : de 2,1 TWh en 1978, les importations sont passées à 5,4 TWh en 1979, ont atteint 11,1 TWh en 1983, puis 20,9 TWh en 1984, 31,3 TWh en 1988, 40,7 TWh en 1998, 50,6 TWh en 2002 ; depuis, elles tendent à décroître, avec des fluctuations liées à l'hydraulicité : 46,4 TWh en 2015, 37,0 TWh en 2016[t 1].

En 2016, l'Italie a importé 43,18 TWh d'électricité (-15 %) et exporté 6,15 TWh ; le solde importateur de 37,03 TWh[d 2] représente 11,8 % de la demande du pays[d 1].

Échanges physiques internationaux d'électricité de l'Italie
GWh Importations Exportations Soldes
Pays 2015 2016 2015 2016 2015 2016
Drapeau de la France France 16 316 13 987 810 1 038 15 506 12 949
Drapeau de la Suisse Suisse 26 180 20 977 824 1 322 25 356 19 655
Drapeau de l'Autriche Autriche 1 538 1 443 40 68 1 498 1 375
Drapeau de la Slovénie Slovénie 6 223 6 468 81 171 6 142 6 297
Drapeau de la Grèce Grèce 592 306 1 672 2 030 -1 080 -1 724
Drapeau de Malte Malte 0 0 1 044 1 525 -1 044 -1 525
Total 50 849 43 181 4 471 6 154 46 378 37 026
Source: Terna, statistiques 2016[d 2]
solde des échanges extérieurs : négatif si exportateur

Les exportations vers la France sont destinées à la Corse, via deux câbles 220 kV sous-marins (liaison à courant continu Italie-Corse-Sardaigne), l'un depuis la Sardaigne, l'autre depuis le continent, près de l'Ile d'Elbe.

Consommation[modifier | modifier le code]

Consommation d'électricité par secteur en Italie, évolution 1963-2011.
Source données : Terna[t 5]

Le graphique montre :

  • la prépondérance de l'industrie, et sa sensibilité à la conjoncture économique (chute de 6 % en 2009) ;
  • l'ascension ininterrompue et très rapide du tertiaire ;
  • le ralentissement de la progression du résidentiel depuis les années 1990.

La consommation d'électricité en 2013 a été de 297,3 térawattheures (TWh), en baisse de 3,2 % ; sa répartition par secteur est la suivante[16] :

  • industrie : 124,9 TWh (-4,5 %), soit 42,0 % de la consommation totale ;
  • résidentiel : 67,0 TWh (-3,6 %), soit 22,5 % de la consommation totale ;
  • services : 99,8 TWh (-1,3 %), soit 33,6 % de la consommation totale ;
  • agriculture : 5,7 TWh (-4,2 %), soit 1,9 % de la consommation totale.

La répartition par secteur de la consommation finale d'électricité a évolué comme suit, selon l'Agence internationale de l'énergie[n 3] :

Consommation finale d'électricité en Italie par secteur (TWh)
Secteur 1990 % 2000 % 2010 % 2014 2015 % 2015 var.
2015/1990
Industrie 110,9 51,7 141,8 52,0 127,9 42,7 112,9 112,7 39,2 +2 %
Transport 6,7 3,1 8,5 3,1 10,7 3,6 10,5 10,9 3,8 +61 %
Résidentiel 52,7 24,6 61,1 22,4 69,5 23,2 64,3 66,2 23,0 +26 %
Tertiaire 40,0 18,6 56,6 20,7 85,6 28,6 88,5 92,1 32,0 +130 %
Agriculture 4,2 2,0 4,9 1,8 5,6 1,9 5,4 5,5 1,9 +30 %
Total 214,6 100 273,0 100 299,3 100 281,5 287,5 100 +34 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[3]

La consommation italienne d'électricité par habitant en 2015 était de 5 099 kWh[s 7] ; celle de la France était de 7 043 kWh et celle de l'Allemagne de 7 015 kWh ; celle des États-Unis de 12 833 kWh[s 8].

ENEL a alloué 300 millions d'euros au déploiement de 12.000 bornes de recharge pour les voitures électriques, qui devrait être achevé d'ici la fin 2017[10].

Réseaux de chaleur[modifier | modifier le code]

La chaleur issue des centrales de cogénération et distribuée par les réseaux de chaleur représentait 3,85 Mtep en 2015, soit 3,2 % de la consommation finale d'énergie du pays, destinée pour 70 % à l'industrie, 24 % au secteur résidentiel et 6 % au tertiaire[1]. Elle était produite à partir de charbon pour 3 %, de pétrole pour 15 %, de gaz naturel pour 62 %, de biomasse pour 15 %, de déchets pour 4 % et d'énergie géothermique pour 0,4 %. La production a progressé de 5,3 % en 2015 et de 12,4 % entre 2005 et 2015. La production de chaleur de l'Italie atteignait 216,95 PJ en 2015, soit 1,6 % du total mondial (9e rang mondial), à comparer avec l'Allemagne : 458 PJ, la France : 136 PJ et la Russie, n°1 mondial : 5 207 PJ[3].

Impact environnemental[modifier | modifier le code]

Les émissions de CO2 de l'Italie atteignaient 5,45 tonnes par habitant en 2014[s 7] (France : 4,37 ; Allemagne : 8,93 ; États-Unis : 15,53[s 8]).

Évolution des émissions de CO2 liées à l'énergie
1971 1990 2015 var.
2015/1971
var.
2015/1990
var.UE
2015/1990
Émissions[é 1] (Mt CO2) 289,3 389,3 330,7 +14,3 % -15,0 % -20,5 %
Émissions/habitant[é 2] (t CO2) 5,35 6,86 5,45 +1,9 % -20,7 % -25,5 %
Source : Agence internationale de l'énergie

Les émissions de CO2 liées à l'énergie en Italie ont connu une forte croissance jusqu'en 2005 : 456,3 Mt, soit +58 % en 25 ans, puis ont reculé à 435 Mt en 2008, se sont effondrées en 2009 du fait de la crise : -8,4 % et ont continué à décliner ensuite[é 1].

Par habitant, l'Italie émettait 5,45 tonnes de CO2 en 2015, soit 13 % de moins que la moyenne de l'Union européenne (6,28 t/hab) ; l'Allemagne émettait 8,93 tonnes/hab, la France 4,37 t/hab, les États-Unis 15,53 t/hab et la Chine 6,59 t/hab[é 2].

Répartition par combustible des émissions de CO2 liées à l'énergie
Combustible 1971
Mt CO2
1990
Mt CO2
2015
Mt CO2
% var.
2015/1990
var.UE
2015/1990
Charbon[é 3] 32,6 56,5 49,1 15 % -13,2 % -41,7 %
Pétrole[é 4] 232,6 244,7 148,7 45 % -39,2 % -18,1 %
Gaz naturel[é 5] 24,1 87,0 127,9 39 % +46,9 % +24,8 %
Source : Agence internationale de l'énergie
Émissions de CO2 liées à l'énergie par secteur de consommation*
Émissions 2015 part du secteur Émissions/habitant Émiss./hab. UE-28
Secteur Millions tonnes CO2 % tonnes CO2/hab. tonnes CO2/hab.
Secteur énergie hors élec. 19,5 6 % 0,32 0,42
Industrie et construction 80,0 24 % 1,32 1,60[n 4]
Transport 106,3 32 % 1,75 1,78[n 5]
dont transport routier 97,5 29 % 1,61 1,66
Résidentiel 70,1 21 % 1,15 1,40[n 6]
Autres 54,9 17 % 0,90 1,08
Total 330,7 100 % 5,45 6,28
Source : Agence internationale de l'énergie[é 6]
* après ré-allocation des émissions de la production d'électricité et de chaleur aux secteurs de consommation

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. le tableau de la page 15 du bilan énergétique national est en milliards de kcal ; pour convertir en Mtep, il faut diviser par 10⁴ (cf AIE, Key World Energy Statistics 2017, p.70)
  2. nette du pompage
  3. l'Agence internationale de l'énergie classe dans la consommation propre du secteur énergétique les consommations des industries pétrolière, gazière et charbonnière que Terna classe dans la consommation finale de l'industrie
  4. en France : 0,72 t/hab (17 %) ; en Allemagne : 2,83 t/hab (32 %).
  5. en France : 1,85 t/hab (42 %) ; en Allemagne : 2,00 t/hab (22 %).
  6. en France : 0,83 t/hab (19 %) ; en Allemagne : 2,12 t/hab (24 %).

Références[modifier | modifier le code]

  1. p. 13
  2. p. 15
  3. p. 33
  4. p. 31
  5. p. 23
  6. p. 25
  7. a, b et c p. 65
  8. a, b et c p. 60-69
  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j p. 2
  2. a et b p. 15
  3. p. 5
  4. p. 6
  5. p. 20
  1. a et b p. 14
  2. a et b p. 22
  1. a et b p. 158-159
  2. a et b p. 160-161
  3. p. 162-167
  4. p. 173
  5. p. 178-185
  1. p. 8
  2. p. 36
  3. p. 19
  4. p. 29
  5. p. 47
  6. p. 116-120
  7. a et b p. 93
  8. p. 94
  9. a et b p. 98
  10. p. 99
  11. p. 100
  1. a et b p.94
  2. a et b p.130
  3. p.97
  4. p.100
  5. p.103
  6. p.115
  • Autre références :
  1. a, b, c, d, e et f (en)Italy : Balances for 2015, Agence internationale de l’énergie, 19 septembre 2017.
  2. (en)Italy : Indicators for 2015, Agence internationale de l'énergie, 19 septembre 2017.
  3. a, b, c, d, e, f et g (en) Italy : Electricity and Heat for 2015, Agence internationale de l'énergie, 19 septembre 2017.
  4. a et b (de)[PDF]Rapport annuel 2012 sur les réserves de matières premières de l'Agence Fédérale Allemande pour les Sciences de la Terre et les Matières Premières, consulté le 11 février 2013.
  5. a, b et c (it)Bilancio Energetico Nazionale 2013, site du Ministère du Développement Économique italien.
  6. Office fédéral de l'énergie (Suisse), Magazine Energeia, mai 2009, L'Italie à la recherche d'une plus grande autonomie énergétique.
  7. La centrale "Eugenio Montale", sur le site de l'ENEL.
  8. (it)Dati statistici - Impianti di generazione, pages 33, 54, 62-64, site de Terna
  9. Enel lance un appel à projets pour 23 centrales, Les Échos du 15 juillet 2015.
  10. a, b et c L’italien Enel promet la fin des centrales fossiles en 2035, Les Échos, 9 août 2017.
  11. Yann Le Guernigou, « EDF va aider Enel à construire des centrales EPR en Italie », Bourse.fr,‎ (lire en ligne).
  12. Nucléaire : l'Italie fera sans, journal Libération du 20/04/2011.
  13. a et b (it)[PDF]Rapporto Statistico Impianti a fonti rinnovabili - Anno 2012, site de GSE (voir pages 13, 47, 66 et 78).
  14. Rapport EWEA sur la politique énergétique de l'Union européenne, mars 2011 pages : tableaux 43-47, plan national : 58
  15. (en)About Terna, version anglaise du site de Terna.
  16. (it)Nota di sintesi "Dati statistici sull'energia elettrica in Italia" anno 2013, site de Terna

Liens externes[modifier | modifier le code]