Énergie au Portugal

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Énergie au Portugal
Image illustrative de l’article Énergie au Portugal
Parc éolien à São Bartolomeu dos Galegos.
Bilan énergétique (2016)
Offre d'énergie primaire (TPES) 21,1 M tep
(884,4 PJ)
par agent énergétique pétrole : 45,4 %
gaz naturel : 20,4 %
bois : 14,6 %
charbon : 13,5 %
électricité : 10,9 %
Énergies renouvelables 27,6 %
Consommation totale (TFC) 14,9 M tep
(624,3 PJ)
par habitant 1,4 tep/hab.
(60,6 GJ/hab.)
par secteur ménages : 17,6 %
industrie : 29 %
transports : 37,4 %
services : 13 %
agriculture : 2,3 %
pêche : 0,5 %
Électricité (2014)
Production 52,8 TWh
par filière thermique : 38,1 %
hydro : 31,1 %
éoliennes : 22,9 %
biomasse/déchets : 6,2 %
autres : 1,6 %
Commerce extérieur (2016 - Mtep)
Importations électricité : 0,40
pétrole : 17,96
gaz naturel : 4,26
charbon : 2,91
Exportations électricité : 0,83
pétrole : 6,77
Sources
Agence internationale de l’énergie[1]
dans le bilan énergétique, l'agent « bois » comprend l'ensemble biomasse-déchets

Le secteur de l'énergie au Portugal est marqué par un fort déficit des échanges énergétiques, le Portugal important la totalité des combustibles fossiles consommés dans le pays, soit 80 % des besoins d'énergie primaire du pays en 2016.

Le développement des énergies renouvelables (EnR) a amélioré la situation dans le secteur électrique (56 % d'EnR en 2016), mais n'a qu'un impact limité sur le bilan énergétique global : 26,4 % de la consommation d'énergie primaire en 2016, dont 14,0 % pour la biomasse et les déchets, 6,3 % pour l'éolien, le solaire et la géothermie, et 6,1 % pour l'hydroélectricité ; la part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d'énergie atteignait 28,5 % en 2016, très supérieure à la moyenne de l'Union européenne : 17 %.

La consommation d'énergie primaire par habitant au Portugal ne dépasse que de 16 % la moyenne mondiale et est inférieure de 32 % à celle de l'Union européenne.

Les émissions de CO2 liées à l'énergie par habitant au Portugal sont inférieures de 5,5 % à la moyenne mondiale et de 26 % à celles de l'Union européenne.

Vue d'ensemble[modifier | modifier le code]

Principaux indicateurs de l'énergie au Portugal[2]
Population Consommation
énergie primaire
Production Exportation
nette
Consommation
électricité
Émissions
de CO2
Année Million Mtep Mtep Mtep TWh Mt CO2éq
1990 10,0 17 3 15 25 38
2000 10,3 25 4 22 41 58
2008 10,6 25 4 22 51 53
2009 10,6 24 5 21 51 53
2010 10,6 24 6 19 52 48
2011 10,6 23 6 19 51 47
2012 10,5 21 5 18 50 46
2013 10,5 22 6 17 49 44
2014 10,4 21 6 16 49 43
2015 10,4 22 5 19 50 47
2016 10,3 22 6 18 50 47
variation
1990-2016
+3 % +29 % +100 % +20 % +100 % +24 %
variation
2008-2016
-3 % -12 % +50 % -18 % -2 % -11 %

Production[modifier | modifier le code]

La production nationale est exclusivement composée d'énergies renouvelables[1], dont :

  • biomasse et déchets : 3 261 ktep (54 %)
  • hydroélectricité : 1 352 ktep (22,5 %), très fluctuante : 483 ktep en 2012, 992 ktep en 2011
  • autres (éolien, solaire,etc) : 1 385 ktep (23 %).

Cette production couvrait 27 % des besoins d'énergie primaire du pays en 2016. Elle a progressé de 77 % depuis 1990 (hydraulique : +72 %, biomasse-déchets : +32 % ; autres : x98).

Importations[modifier | modifier le code]

Le Portugal importait 80 % de ses besoins d'énergie primaire en 2016[1].

Pétrole[modifier | modifier le code]

Le pétrole est la principale ressource énergétique utilisée au Portugal : 9 586 ktep en 2016, soit 43,3 % de l'énergie primaire consommée[1]. Il est importé à 100 %.

La production de pétrole du Portugal est modeste : 5 250 barils par jour en 2012 (après un pic à 6 960 barils par jour en 2008), soit 2 % des besoins ; la consommation baisse rapidement : 234 000 barils par jour en 2012 après un pic à 343 000 barils par jour en 2002[3].

Galp Energia (Petróleos e Gás de Portugal, SGPS, S.A)[4] est la principale entreprise portugaise du secteur pétrolier et gazier, créée le 22 avril 1999 dans le cadre de la restructuration du secteur énergétique portugais. Elle mène des activités d'exploration au Brésil, en Angola et au Mozambique, y produit 24 400 barils par jour ; ses réserves atteignent 783 Mbbl. Elle est le seul raffineur au Portugal (330 kbbl/j). Elle exploite 1 486 stations-service, dont 1 367 au Portugal. Elle importe le gaz naturel (contrats de fourniture de six milliards de m³ de gaz naturel par an d'Algérie et du Nigeria) et le vend à 1,3 million de clients en Espagne et au Portugal. Elle a 175 MW de centrales électriques (cogénération et éoliennes).

Dans le cadre d'un consortium avec l'italien ENI, Galp possède trois concessions de prospection dans l'Océan atlantique, dont la réalisation d'un puits de prospection en eaux profondes à 46 km d'Aljezur dans l'Algarve. Le contrat est prolongé jusqu'à fin 2018, ce qu'ont contesté un millier de manifestants à Lisbonne le 14 avril 2018[5].

Gaz[modifier | modifier le code]

Le gaz naturel est la deuxième source d'énergie primaire utilisée au Portugal : 4 300 ktep en 2016, soit 19,4 % de la consommation totale d'énergie primaire ; il est entièrement importé[1].

Selon l'EIA, le Portugal a commencé en 2012 pour la première fois à produire du gaz naturel : 173 milliards de mètres cubes ; la consommation, apparue en 1997, a progressé rapidement jusqu'à 182,6 milliards de mètres cubes en 2011, puis a fléchi en 2012 à 163,3 Gm3 ; les importations par contre ont continué à croître à 183,1 Gm3[3].

Les ventes de gaz ont démarré en 1997 et ont bondi en deux ans de 68 à 2 137 millions de mètres cubes ; elles ont culminé à 4 617 en 2008, puis ont décliné du fait de la crise économique à 4 138 Mm3 en 2011 et 3 585 Mm3 en 2012[6].

Le Portugal est approvisionné en gaz naturel :

  • depuis l'Algérie par le gazoduc Maghreb–Europe qui relie le gisement d'Hassi R'Mel à Cordoue en Espagne ; de là, le gazoduc d'Estrémadure alimente le Portugal.
  • par le terminal méthanier de Sines, mis en service en 2004 par REN Atlantico, dont la capacité de regazéification est de 8 milliards de mètres cubes par an[7]. En juillet 2012, sa capacité de stockage a été portée à 390 000 m3 et sa capacité d'émission de gaz à 1 350 000 m3/h[8]

Les infrastructures de transport et de stockage de gaz sont gérées par Redes Energéticas Nacionais[9] qui exploite également le réseau de transport d'électricité.

Les centrales électriques de Tapada do Outeiro et TER (Termoeléctrica do Ribatejo) fonctionnent à partir de gaz naturel.

Charbon[modifier | modifier le code]

Le charbon est la troisième source d'énergie primaire utilisée au Portugal : 2 846 ktep en 2016, soit 13 % de la consommation totale d'énergie primaire ; il est entièrement importé[1].

La production de charbon au Portugal a cessé en 1995 après avoir atteint un pic à 310 000 tonnes en 1990 ; le Portugal a consommé 4,55 millions de tonnes en 2012 ; après avoir atteint un pic à 6,73 Mt en 2000, la consommation de charbon a décru jusqu'à 2,98 Mt en 2010, puis s'est redressée comme dans toute l'Europe à cause du bas prix du charbon américain, conséquence du boom du gaz de schiste aux États-Unis ; tout le charbon consommé est importé : les importations ont atteint 3,97 Mt en 2012[3].

Le charbon est presque uniquement utilisé pour la production d'électricité ; la centrale thermique charbon de Sines, sur le port de Sines par où arrivent la plupart des importations du Portugal, a été rénovée en 2006-2007 afin de réduire ses émissions d'oxydes d'azote[10].

La centrale à charbon Central Tejo a alimenté Lisbonne de 1909 à 1972, mais en 1944, une nouvelle loi (nº2002 – Loi de l’Électrification Nationale) donna une priorité absolue à la production d’énergie hydroélectrique ; cette loi relégua la « Central Tejo » au second plan en raison de la construction de la première grande centrale hydroélectrique: le barrage du « Castelo do Bode », qui commença à produire en 1951 et, progressivement, la « Central Tejo » devint une centrale de réserve. Elle a été transformée en musée.

Consommation d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

La consommation totale d'énergie primaire locale et importée atteignait 22 124 ktep en 2016[1], répartie comme suit :

  • pétrole (net des exportations de produits pétroliers et des soutes) : 9 586 ktep (43,3 %)
  • gaz naturel : 4 300 ktep (19,4 %)
  • charbon : 2 846 ktep (12,9 %)

total combustibles fossiles : 16 732 ktep (75,6 %)

  • hydroélectricité : 1 352 ktep (6,1 %)
  • biomasse et déchets : 3 092 ktep (14,0 %)
  • éolien, solaire, géothermie : 1 385 ktep (6,3 %)
  • électricité (solde exportateur net) : −437 ktep (-2 %).

Depuis 1990, la consommation de charbon a baissé de 3 % et celle de pétrole de 11 % ; celle d'hydroélectricité a progressé de 72 %, celle de biomasse-énergie de 25 %, et celle d'énergies nouvelles (éolien, solaire) a été multipliée par 98.

La consommation d'énergie primaire par habitant au Portugal était en 2016 de 2,14 tep/hab[k 1], supérieure de 16 % à la moyenne mondiale : 1,85 tep/hab et très inférieure à celles de l'Espagne : 2,58 tep/hab, de la France : 3,65 tep/hab et de l'Allemagne : 3,77 tep/hab[k 2], ainsi qu'à celle de l'Union européenne : 3,13 tep/hab[11].

Énergie finale consommée[modifier | modifier le code]

Après raffinage du pétrole brut et transformation en électricité et en chaleur de la quasi-totalité des ressources en charbon, de 55 % de celles de gaz naturel et de 3 % de celles de pétrole et produits pétroliers importés, voici la répartition de la consommation d'énergie finale en 2016[1] :

  • produits pétroliers : 7 970 ktep (49,6 %)
  • gaz naturel : 1 619 ktep (10,1 %)
  • biomasse et déchets : 2 173 ktep (13,5 %)
  • solaire thermique, etc : 85 ktep (0,5 %)
  • électricité : 3 986 ktep (24,8 %)
  • chaleur : 211 ktep (1,3 %)

La part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d'énergie atteignait 28,5 % en 2016 au Portugal, taux largement supérieur à celui de l'Union européenne : 17 %, de l'Allemagne : 14,8 %, de la France : 16,0 % et de l'Espagne : 17,3 %, mais très inférieur à celui de la Norvège : 69,4 %, de la Suède : 53,8 % ou de la Finlande : 38,7 %[12] :

Part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d'énergie[12]
ktep 2004 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
Union européenne 8,5 % 11,1 % 12,4 % 12,9 % 13,2 % 14,4 % 15,2 % 16,1 % 16,7 % 17,0 %
Portugal 19,2 % 23,0 % 24,4 % 24,2 % 24,6 % 24,6 % 25,7 % 27,0 % 28,0 % 28,5 %

Cette part est fluctuante, selon les variations climatiques (pluies, vents), mais sa progression tendancielle depuis 2004 est très visible ; elle est très supérieure à la moyenne de l'Union européenne.

Cette consommation se répartit par secteur de la façon suivante[1] :

  • industrie : 4 330 ktep (27,0 %)
  • transport : 5 577 ktep (34,7 %)
  • ménages : 2 620 ktep (16,3 %)
  • tertiaire : 1 938 ktep (12,1 %)
  • agriculture : 339 ktep (2,1 %)
  • pêche : 79 ktep (0,5 %)
  • usages non-énergétiques (chimie, etc) : 1 147 ktep (7,1 %).

Depuis 1990, la consommation de l'industrie a reculé de 7 % et celle de l'agriculture de 26 %, celle des transports a progressé de 72 %, celle du résidentiel de 15 % et celle du tertiaire de 222 %.

Secteur électrique[modifier | modifier le code]

Le gouvernement portugais s'est donné au milieu des années 2000 pour objectif en 2010 que 45 % de l'électricité produite soit obtenue à partir de sources renouvelables[13]. La stratégie énergétique nationale adoptée le 15 avril 2010 confirme cette valeur et vise 60 % en 2020[14]. Au 1er trimestre 2013, le Portugal a atteint 70 % d'électricité d'origine renouvelable, grâce à des conditions météorologiques exceptionnellement favorables : l'hydroélectricité a atteint 37 % et l'éolien 27 %[15] ; sur l'ensemble de l'année 2013, la proportion des énergies renouvelables a été de 61,7 % (hydro : 30,6 % ; éolien : 24,6 % ; biomasse : 5,6 % ; solaire : 0,9 %) : l'objectif 2020 est atteint avec six ans d'avance, mais avec des conditions météo très favorables[16].

Production d'électricité[modifier | modifier le code]

Production brute d'électricité au Portugal par source (TWh)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2015 2016 % 2016 var.
2016/1990
Charbon 9,10 31,9 14,69 33,6 7,10 13,1 14,73 12,63 21,0 % +39 %
Pétrole 9,40 33,0 8,42 19,2 3,01 5,6 1,31 1,30 2,2 % -86 %
Gaz naturel - 7,14 16,3 14,90 27,5 10,56 12,58 20,9 % ns
Total fossiles 18,50 64,9 30,25 69,1 25,01 46,2 26,60 26,51 44,0 % +43 %
Hydraulique 9,30 32,6 11,71 26,8 16,55 30,6 9,80 16,91 28,1 % +82 %
Géothermie 0,004 0,014 0,08 0,2 0,20 0,4 0,20 0,17 0,3 % +4200 %
Biomasse 0,69 2,4 1,04 2,4 2,33 4,3 2,81 2,77 4,6 % +301 %
Déchets - 0,51 1,2 0,62 1,1 0,59 0,62 1,0 % ns
Éolien 0,001 0,004 0,17 0,4 9,18 17,0 11,61 12,47 20,7 % ns
Solaire 0,001 0,004 0,001 0,002 0,21 0,4 0,80 0,82 1,4 % ns
Total EnR 10,00 35,1 13,52 30,9 29,08 53,8 25,82 33,77 56,0 % +238 %
Total 28,50 100 43,76 100 54,09 100 52,42 60,28 100 % +112 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[17]

Les énergies renouvelables fournissent 56 % de l'électricité du Portugal, pourcentage parmi les plus élevés en Europe ; cette part varie fortement d'une année à l'autre en fonction du climat (pluies, vents) ; un indicateur approchant publié par Eurostat, le ratio production d'électricité provenant de sources renouvelables[n 1] / consommation nationale brute d'électricité[n 2], était au Portugal de 54,1 % en 2016, alors que la moyenne de l'Union européenne était de 29,6 % ; le Portugal était au 5e rang derrière la Norvège (104,7 %), l'Islande (95,3 %), l'Autriche (72,6 %) et la Suède (64,9 %)[18]

Hydroélectricité[modifier | modifier le code]

Barrage d'Alqueva (518 MW, pompage-turbinage)
Barrage Alto Lindoso (630 MW, pompage-turbinage)
Barrage d'Aguieira (270 MW, pompage-turbinage)

Le Portugal disposait en 2017 de 7 343 MW de centrales hydroélectriques, soit 3,3 % de la puissance installée hydroélectrique européenne et 0,6 % du total mondial. Sa production atteignait 7,61 TWh, soit 1,4 % du total européen, loin derrière la Norvège (143 TWh), la France (53,24 TWh) ou l'Espagne (20,57 TWh) ; les centrales de pompage-turbinage représentent 35,6 % de la puissance installée hydroélectrique portugaise avec 2 613 MW[19].

En 2017, le Portugal a mis en service les centrales de pompage-turbinage de Frades 2 (780 MW) et de Foz Tua (270 MW). Le projet Frades II est l'un des principaux projets de pompage-turbinage d'Europe ; ses deux groupes réversibles à vitesse variable, opérationnel depuis avril 2017, permettent d'obtenir des temps de réponse très courts, précieux pour la flexibilité du système électrique et pour le réglage de sa fréquence. Ce projet a été ajouté à la cascade d'ouvrages hydroélectriques Cavado-Rabagao, au nord du pays. Les projets de pompage-turbinage constituent une composante fondamentale du programme de transition énergétique du pays ; en mars 2018, les énergies renouvelables ont produit plus de 100 % de la consommation d'électricité, dont 55 % pour l'hydroélectricité[19].

Les centrales hydroélectriques portugaises ont fourni 16 909 GWh en 2016, soit 28,1 % de la production électrique totale du pays, contre 6 660 GWh en 2012 (14,3 %) et 12 115 GWh en 2011 (23,1 %)[17] ; ces fluctuations de -45 % en 2012, puis +123 % en 2013, illustrent bien la très grande sensibilité de cette source d'énergie aux variations climatiques.

Le barrage d'Alqueva, dans l'Alentejo (servant à l'irrigation des champs et à produire de l'énergie hydroélectrique) a créé le plus grand lac artificiel d'Europe de l'Ouest et ce fut un des plus grands investissements du pays ; sa centrale de pompage-turbinage, inaugurée en 2004, avait une puissance de 259 MW, portée à 518 MW en 2013[20].

Le barrage d'Aguieira, sur la rivière Mondego, dans le district de Coimbra, est également un aménagement à buts multiples ; construit de 1972 à 1981, il a une puissance installée de 270 MW (3 groupes Francis réversibles)[21]

L'aménagement hydroélectrique du Douro (Saltos do Douro en portugais), sur la frontière avec l'Espagne, compte 6 centrales avec une puissance installée totale de 3 161 MW. La plus importante est celle du barrage d'Aldeadávila, construit de 1956 à 1963 sur le fleuve Douro à la frontière espagnole, avait initialement une puissance installée de 718 MW, puis en 1987 une centrale de pompage-turbinage de 422 MW lui a été ajoutée. c'est la centrale la plus puissante d'Espagne et du Portugal.

Éoliennes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Énergie éolienne au Portugal.

Solaire[modifier | modifier le code]

Carte de l'irradiation solaire au Portugal (sans les Açores ou Madère).

La production photovoltaïque du Portugal atteignait 1 020 GWh (estimation) en 2018 contre 993 GWh en 2017, en progression de 2,7 % ; le Portugal se situe au 13e rang européen des producteurs d'électricité photovoltaïque avec 0,8 % du total européen, loin derrière l'Allemagne (37,7 %), l'Italie (18,5 %), le Royaume-Uni (10,6 %), la France (8,3 %) et l'Espagne (6,4 %)[22].

En 2018, le Portugal a installé 86 MWc en photovoltaïque (72 MWc en 2017) ; sa puissance cumulée de 671 MWc fin 2018 le classe au 15e rang européen. La puissance photovoltaïque installée par habitant atteignait 65,2 Wc en 2018, inférieure de 71 % à la moyenne européenne (223,6 Wc), très loin derrière l'Allemagne (546,9 Wc), la Belgique (373,2 Wc) et l'Italie (332,4 Wc) ; la France est au 13e rang avec 141,4 Wc et l'Espagne au 16e rang avec 101,8 Wc. Mais le gouvernement a annoncé fin 2018 une nouvelle stratégie énergétique visant 80 % d'énergies renouvelables dans la production d'électricité en 2030 ; pour cela, en février 2019, il a lancé un programme de 535 millions d'euros pour renforcer ses réseaux avec en particulier la construction de deux lignes pour transporter l'électricité des futures fermes solaires du sud du pays vers les centres de consommation situés plus au nord[22].

En 2015, le Portugal a installé 63 MWc en photovoltaïque (110 MWc en 2014 et 53 MWc en 2013) ; sa puissance cumulée de 454 MWc fin 2015 la classait au 15e rang européen ; le ralentissement du marché s'explique par la nouvelle réglementation du comptage net[23].

En 2007, une des plus grandes centrales solaires photovoltaïques du monde[24] a été inaugurée, elle est située à Brinches, municipalité de Serpa. Mais, la plus grande centrale solaire photovoltaïque est située dans le village d'Amareleja[25], commune de Moura, elle est complètement achevée depuis 2010 et a une puissance crête de 62 mégawatts.

En 2013, l'énergie solaire représentait 0,5 % de l'énergie produite au Portugal[26].

Géothermie[modifier | modifier le code]

Le Portugal utilise l'énergie géothermique sur l'île de São Miguel aux Açores où les deux centrales géothermiques de Ribeira Grande (13 MWe) et Pico Vermelho (3 MWe) produisaient 25 % de l'électricité de l'île en 2003. Le potentiel géothermique des Açores est évalué à 235 MW dont 173 MW sur São Miguel et 25 MW sur Terceira[27].

La construction d'une nouvelle centrale devrait commencer en 2013 sur l'île de Terceira, où trois puits doté d'une capacité de production ont été creusés ; la centrale, d'un coût estimé de 10 à 12 M€, en plus des 28 M€ déjà dépensés depuis 2000 en études et exploration, devrait produire au moins 3 MW et sa construction devrait prendre 18 à 24 mois[28].

Les eaux chaudes sont aussi utilisées pour des piscines thermales.

Énergies marines[modifier | modifier le code]

La première exploration commerciale du monde de l'énergie des vagues est entrée en fonctionnement en septembre 2008, à 5 kilomètres au bord d'Aguçadoura, commune de Póvoa de Varzim[29].

Opérateurs[modifier | modifier le code]

L'opérateur historique de la production et de la distribution d'électricité est Energias de Portugal (EDP)[30]. EDP opère dans de nombreux domaines et pays, en particulier :

  • production d'électricité au régime ordinaire (centrales thermiques et hydroélectriques classiques) : 13 809 MW installés dans la péninsule ibérique ; production : 27 997 GWh en 2012. Au Portugal : 9 603 MW, dont 5 273 MW de centrales hydroélectriques et 4 330 MW de centrales thermiques. En Espagne : 3 740 MW, 10 164 GWh en 2012.
  • production d'électricité au régime spécial : 324 MW au Portugal (cogénération : 42 %, mini-hydro : 48 %, biomasse : 10 %) et 615 MW d'éoliennes ; en Espagne : 142 MW, 817 GWh, plus 2 310 MW d'éoliennes.
  • production électrique hors péninsule ibérique : 3 637 MW aux États-Unis (éolien) ; 2 058 MW au Brésil, dont 1 794 MW hydroélectriques, 180 MW thermiques et 84 MW d'éoliennes ; 314 MW en France (éolien) ; 57 MW en Belgique (éolien).
  • distribution : 44 655 GWh distribués en 2012 au Portugal (223 734 km de lignes, 6,095 millions de clients) ; 9 294 GWh en Espagne (22 986 km de lignes, 658 600 clients) ; 24 923 GWh au Brésil (2,9 millions de clients).
  • fourniture d'électricité au tarif réglementé : au Portugal : 5 millions de clients, 19,8 TWh ; en Espagne : 709 GWh.
  • fourniture d'électricité au prix de marché : au Portugal : 9,8 TWh ; ; en Espagne : 19,5 TWh.
  • fourniture de gaz naturel : EDP Gás (filiale à 72 %) distribue le gaz sur une concession couvrant 25 % de la population (districts de Porto, Braga et Viana do Castelo).

Transport et distribution[modifier | modifier le code]

Le réseau de transport est géré par Redes Energéticas Nacionais (REN)[9] ; il comprend 8 534 km de lignes de très haute tension (THT)[31] :

  • les lignes THT 400 kV vont du nord au sud près de la côte depuis la centrale de Alto Lindoso au nord jusqu'à l'Algarve, et de l'ouest à l'est, où elles s'interconnectent avec le réseau espagnol ;
  • les lignes THT 220 kV relient Lisbonne à Porto, en diagonale Miranda do Douro et Coimbra, le long du fleuve Douro et dans la province de Beira Alta ;
  • les lignes HT 150 kV.

La carte du réseau peut être consultée sur le site internet de REN[32], ainsi que la courbe de charge journalière du réseau portugais[33].

Échanges internationaux[modifier | modifier le code]

Le Portugal échange des quantités importantes d'électricité avec l'Espagne :

Échanges physiques internationaux d'électricité Portugal-Espagne
GWh 2010 2011 2012[34] 2013 2014[35] 2015[36]
Exportations 3 189 3 930 2 871 5 323 6 345 2 282
Importations 5 823 6 744 10 768 8 100 7 247 4 549
Soldes importateurs 2 634 2 814 7 897 2 777 903 2 267

L'organisation européenne ENTSO-E donne pour 2015 le même solde, mais avec des volumes beaucoup plus élevés : 5 811 GWh en exportation et 8 077 GWh en importation[37].

Ces échanges s'effectuent via 11 lignes, dont 5 en 400 kV : Cartelle-Lindoso, Aldeadávila-Lagoaça, Cedillo-Falagueira, Brovales-Alqueva et Puebla de Guzmán-Tavira, par lesquelles a transité la plus grande part des échanges, 3 en 220 kV, et 3 lignes peu actives en 132 kV, 66 kV et 15 kV[35].

Une nouvelle ligne d'interconnexion est en cours de construction en Galice : Fontefría (Espagne) - Vilafría, avec une capacité de 3 000 MW en 400 kV[36].

Bourse de l'électricité[modifier | modifier le code]

À la suite de la libéralisation du marché électrique réalisée de 2007 à 2010, un système d'échange de contrats de fourniture d'électricité a été mis en place au niveau de la péninsule Ibérique : l'énergie échangée sur ce marché a atteint 3 349 GWh en 2012, soit 7 % de l'électricité consommée dans la péninsule. Les prix moyens au jour le jour ont été de 49,2 €/MWh au Portugal en 2012 (France : 47 €/MWh)[38].

Consommation d'électricité[modifier | modifier le code]

La consommation d'électricité par habitant au Portugal était en 2016 de 4 873 kWh[k 1], supérieures de 57 % à la moyenne mondiale : 3 110 kWh ; celle de la France était de 7 148 kWh, celle de l'Espagne de 5 505 kWh et celle des États-Unis de 12 825 kWh[k 2].

La consommation finale d'électricité du Portugal atteignait 46 353 GWh en 2016, en progression de 97 % depuis 1990[17], répartie en :

  • industrie : 15 083 GWh (32,5 %)
  • transport :385 GWh (0,8 %)
  • ménages : 13 090 GWh (28,2 %)
  • tertiaire : 16 964 GWh (36,6 %)
  • agriculture : 780 GWh (1,7 %)
  • pêche : 51 GWh (0,1 %).

Impact environnemental[modifier | modifier le code]

Les émissions de CO2 liées à l'énergie au Portugal atteignaient 42,81 Mt de CO2 en 2016, soit 4,59 tonnes de CO2 par habitant[k 1], inférieures de 5,5 % à la moyenne mondiale : 4,35 t/hab, de 5 % à celles de la France : 4,38 t/hab, et largement inférieures à celles de l'Espagne : 5,14 t/hab et de l'Allemagne : 8,88 t/hab[k 2], ainsi qu'à la moyenne de celles de l'Union européenne : 6,24 t/hab[11].


Évolution des émissions de CO2 liées à l'énergie
1971 1990 2016 var.
2016/1971
var.
2016/1990
var.UE
2016/1990
Émissions[h 1] (Mt CO2) 14,4 37,9 47,4 +229 % +25 % -20,7 %
Émissions/habitant[h 2] (t CO2) 1,65 3,79 4,59 +178 % +21 % -26,0 %
Source : Agence internationale de l'énergie

Les émissions du Portugal ont fortement progressé jusqu'à 2005 : 5,85 tCO2/hab, mais de 2005 à 2014 elles ont chuté de 30 % avant de remonter en 2015-2016.

Répartition par combustible des émissions de CO2 liées à l'énergie
Combustible 1971
Mt CO2
1990
Mt CO2
2016
Mt CO2
% 2016 var.
2016/1990
var.UE
2016/1990
Charbon[h 3] 2,5 10,8 11,3 24 % +4,6 % -47 %
Pétrole[h 4] 11,9 27,1 25,5 54 % -6 % -17,1 %
Gaz naturel[h 5] - - 9,6 20 % +24,8 %
Source : Agence internationale de l'énergie
Émissions de CO2 liées à l'énergie par secteur de consommation*
Émissions 2016 part du secteur Émissions/habitant Émiss./hab. UE-28
Secteur Millions tonnes CO2 % tonnes CO2/hab. tonnes CO2/hab.
Secteur énergie hors élec. 5,2 11 % 0,50 0,40
Industrie et construction 11,3 24 % 1,10 1,55
Transport 16,3 34 % 1,58 1,82
dont transport routier 15,3 32 % 1,48 1,70
Résidentiel 6,3 13 % 0,61 1,40
Tertiaire 7,0 15 % 0,68 0,91
Total 47,4 100 % 4,59 6,24
Source : Agence internationale de l'énergie[h 6]
* après ré-allocation des émissions de la production d'électricité et de chaleur aux secteurs de consommation

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. la production hydroélectrique est diminuée du pompage
  2. consommation nationale brute = production brute + importations - exportations

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c p. 33
  2. a b et c p. 29-34
  1. tab.2
  2. tab.18
  3. tab.3
  4. tab.4
  5. tab.5
  6. tab.9
  • Autres références
  1. a b c d e f g h et i (en)Portugal : Balances for 2016, Agence internationale de l’énergie, 21 septembre 2018.
  2. (en)Portugal : Indicators for 2014, Agence internationale de l'énergie, 16 octobre 2016.
  3. a b et c (en)Portugal - Overview, sur le site de l'EIA consulté le 4 novembre 2013.
  4. (en)Galp Energia, site officiel consulté le 3 novembre 2013.
  5. (pt) Agência Lusa, « Protesto. Mais de mil pessoas contra prospeção de petróleo em Aljezur », sur Observador (consulté le 15 avril 2018)
  6. (en)The market in Portugal, sur le site de Galp Energia consulté le 3 novembre 2013.
  7. (en)LNG Map, site de Gas Infrastructure Europe consulté le 3 novembre 2013.
  8. (en)Transport's Value chain, storage and regasification -Investment, site de REN consulté le 3 novembre 2013.
  9. a et b (en)REN - the network of all networks, site de REN consulté le 3 novembre 2013.
  10. MODERNISATION DE LA CENTRALE THERMIQUE DE SINES, site de TPF Planege consulté le 4 novembre 2013.
  11. a et b (en)European Union-28 : Indicators for 2016, Agence internationale de l’énergie, 21 septembre 2018.
  12. a et b Part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d'énergie, Eurostat, 17 août 2018.
  13. La plus grande centrale solaire du monde est désormais portugaise
  14. Les énergies renouvelables plébiscitées au Portugal
  15. Le Portugal atteint 70% d'électricité d'origine renouvelable, site de Techniques de l'Ingénieur consulté le 30 mars 204.
  16. Monthly Statistics - SEN, site REN consulté le 30 mars 2014.
  17. a b et c (en)Portugal : Electricity and Heat for 2016, Agence internationale de l'énergie, 21 septembre 2018.
  18. Statistiques de l'énergie - indicateurs principaux - Électricité provenant de sources d´énergies renouvelables, Eurostat, 26 juin 2018.
  19. a et b (en) [PDF] 2018 Hydropower Status Report (voir pages 75 et 99), Association internationale de l'hydroélectricité (IHA), 25 mai 2018.
  20. Inauguration of Alqueva II Hydro plant, in Portugal powered by Alstom, Alstom, 23 janvier 2013.
  21. (en) Aguieira dam, cnpgb.apambiente.pt
  22. a et b EurObserv'ER, (en) Photovoltaic barometer 2019, avril 2019.
  23. (en) A Snapshot of Global PV : 2014, IEA-PVPS, 30 mars 2015.
  24. Ancienne plus grande centrale solaire au monde, Visitée le 24 mars 2009.
  25. La plus grande centrale solaire du Monde, Visitée le 24 mars 2009.
  26. « LE MIX ÉLECTRIQUE DU PORTUGAL », sur l'énergeek, (consulté le 28 février 2018)
  27. (pt) Geotérmica - Actualidade, site Portal das Energias Renováveis consulté le 3 novembre 2013.
  28. (pt)26-09-2013 - Central geotérmica da Terceira deve arrancar em março, site Portal das Energias Renováveis consulté le 3 novembre 2013.
  29. (pt) Production électrique grâce aux vagues de la mer, Visitée le 24 mars 2009
  30. (en)site officiel EDP consulté le 4 novembre 2013.
  31. (en)Transmission's Grid Value Chain - Operation, sur le site de REN consulté le 3 novembre 2013.
  32. (pt)Rede Nacional de Transporte de Electricidade 2012, sur le site de REN consulté le 3 novembre 2013.
  33. (pt)Estatística Diária - SEN , sur le site de REN consulté le 3 novembre 2013.
  34. (es)REE, Rapport annuel 2012 de Red Electrica de Espana, Red Electrica de España (lire en ligne), p. 82
  35. a et b (es)REE, Rapport annuel 2014 de Red Electrica de Espana, Red Electrica de España, (lire en ligne), p. 85-86
  36. a et b (es)REE, El sistema eléctrico español 2015, Red Electrica de España, (lire en ligne), p. 56 et 70
  37. Statistical Factsheet 2015, ENTSO-e.
  38. (en)Electricity Market Annual Report 2008-2012, site REN consulté le 3 novembre 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]