Énergie au Portugal

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Énergie au Portugal
Image illustrative de l'article Énergie au Portugal
Parc éolien à São Bartolomeu dos Galegos.
Bilan énergétique (2014)
Offre d'énergie primaire (TPES) 21,2 M tep
(886 PJ)
par agent énergétique pétrole : 43,6 %
gaz naturel : 16,4 %
électricité : 13,1 %
charbon : 12,6 %
Énergies renouvelables 12,8 %
Consommation totale (TFC) 14,8 M tep
(617,9 PJ)
par habitant 1,4 tep/hab.
(59,4 GJ/hab.)
par secteur ménages : 17,4 %
industrie : 29,8 %
transports : 36,9 %
services : 12,9 %
agriculture : 2,3 %
pêche : 0,6 %
Électricité (2014)
Production 52,8 TWh
par filière thermique : 38,1 %
hydro : 31,1 %
éoliennes : 22,9 %
biomasse/déchets : 6,2 %
autres : 1,6 %
Commerce extérieur (2014 - Mtep)
Importations électricité : 0,62
pétrole : 15,30
gaz naturel : 3,47
charbon : 2,59
Exportations électricité : 0,55
pétrole : 4,76
Sources
Agence internationale de l’énergie[1]

Le secteur de l'énergie au Portugal est marqué par un fort déficit des échanges énergétiques, le Portugal important la totalité des combustibles fossiles consommés dans le pays, soit 77 % des besoins d'énergie primaire du pays en 2014.

Le développement des énergies renouvelables (EnR) a amélioré la situation dans le secteur électrique (52 % d'EnR en 2014, 48 % en 2015), mais n'a qu'un impact limité sur le bilan énergétique global (25 % de la consommation d'énergie primaire en 2014, dont 14,2 % pour la biomasse et les déchets, 6,4 % pour l'éolien, le solaire et la géothermie, et 4,4 % pour l'hydroélectricité) ; cette part est cependant très supérieure à la moyenne de l'Union européenne (12,5 % en 2014).

La consommation d'énergie primaire par habitant au Portugal ne dépasse que de 7 % la moyenne mondiale et est inférieure de 34 % à celle de l'Union européenne.

Les émissions de CO2 liées à l'énergie par habitant au Portugal sont inférieures de 8 % à la moyenne mondiale et de 34 % à celles de l'Union européenne.

Vue d'ensemble[modifier | modifier le code]

Principaux indicateurs de l'énergie au Portugal[2]
Population Consommation
énergie primaire
Production Exportation
nette
Consommation
électricité
Émissions
de CO2
Année Million Mtep Mtep Mtep TWh Mt CO2éq
1990 10,00 16,78 3,39 14,91 25,38 37,88
2000 10,29 24,59 3,85 22,06 41,05 57,84
2008 10,56 24,68 4,47 21,82 51,22 52,82
2009 10,57 24,35 4,92 20,88 51,19 53,06
2010 10,57 23,50 5,80 18,68 52,43 47,55
2011 10,56 22,85 5,53 18,92 51,19 47,04
2012 10,52 21,44 4,71 18,25 49,80 45,66
2013 10,46 21,52 5,77 16,93 48,99 43,73
2014 10,40 21,16 6,00 16,38 48,50 42,81
variation
1990-2014
+4,0 % +26,1 % +77,0 % +9,9 % +91,1 % +13,0 %
variation
2008-2014
-1,5 % -14,3 % +34,2 % -24,9 % -5,3 % -19,0 %

Production[modifier | modifier le code]

La production nationale est exclusivement composée d'énergies renouvelables[1], dont :

  • biomasse et déchets : 3 294 ktep (55,0 %)
  • hydroélectricité : 1 339 ktep (22,3 %), très fluctuante : 483 ktep en 2012, 992 ktep en 2011
  • autres (éolien, solaire,etc) : 1 361 ktep (22,7 %).

Cette production couvrait 28,3 % des besoins d'énergie primaire du pays en 2014. Elle a progressé de 77 % depuis 1990 (hydraulique : +70 %, biomasse-déchets : +33 % ; autres : x97).

Importations[modifier | modifier le code]

Le Portugal importait 77 % de ses besoins d'énergie primaire en 2014[1].

Pétrole[modifier | modifier le code]

Le pétrole est la principale ressource énergétique utilisée au Portugal : 9 235 ktep en 2014, soit 43,6 % de l'énergie primaire consommée[1]. Il est importé à 100 %.

La production de pétrole du Portugal est modeste : 5 250 barils par jour en 2012 (après un pic à 6 960 barils par jour en 2008), soit 2 % des besoins ; la consommation baisse rapidement : 234 000 barils par jour en 2012 après un pic à 343 000 barils par jour en 2002[3].

Galp Energia (Petróleos e Gás de Portugal, SGPS, S.A)[4] est la principale entreprise portugaise du secteur pétrolier et gazier, créée le 22 avril 1999 dans le cadre de la restructuration du secteur énergétique portugais. Elle mène des activités d'exploration au Brésil, en Angola et au Mozambique, y produit 24 400 barils par jour ; ses réserves atteignent 783 Mbbl. Elle est le seul raffineur au Portugal (330 kbbl/j). Elle exploite 1486 stations-service, dont 1367 au Portugal. Elle importe le gaz naturel (contrats de fourniture de six milliards de m³3 de gaz naturel par an d'Algérie et du Nigeria) et le vend à 1,3 million de clients en Espagne et au Portugal. Elle a 175 MW de centrales électriques (cogénération et éoliennes).

Gaz[modifier | modifier le code]

Le gaz naturel est la deuxième source d'énergie primaire utilisée au Portugal : 3 472 ktep en 2014, soit 16,4 % de la consommation totale d'énergie primaire ; il est entièrement importé[1].

Selon l'EIA, le Portugal a commencé en 2012 pour la première fois à produire du gaz naturel : 173 milliards de mètres cubes ; la consommation, apparue en 1997, a progressé rapidement jusqu'à 182,6 milliards de mètres cubes en 2011, puis a fléchi en 2012 à 163,3 Gm3 ; les importations par contre ont continué à croître à 183,1 Gm3[3].

Les ventes de gaz ont démarré en 1997 et ont bondi en deux ans de 68 à 2 137 millions de mètres cubes ; elles ont culminé à 4 617 en 2008, puis ont décliné du fait de la crise économique à 4 138 Mm3 en 2011 et 3 585 Mm3 en 2012[5].

Le Portugal est approvisionné en gaz naturel :

  • depuis l'Algérie par le gazoduc Maghreb–Europe qui relie le gisement d'Hassi R'Mel à Cordoue en Espagne ; de là, le gazoduc d'Estrémadure alimente le Portugal.
  • par le terminal méthanier de Sines, mis en service en 2004 par REN Atlantico, dont la capacité de regazéification est de 8 milliards de mètres cubes par an[6]. En juillet 2012, sa capacité de stockage a été portée à 390 000 m3 et sa capacité d'émission de gaz à 1 350 000 m3/h[7]

Les infrastructures de transport et de stockage de gaz sont gérées par Redes Energéticas Nacionais[8] qui exploite également le réseau de transport d'électricité.

Les centrales électriques de Tapada do Outeiro et TER (Termoeléctrica do Ribatejo) fonctionne à partir de gaz naturel.

Charbon[modifier | modifier le code]

Le charbon est la troisième source d'énergie primaire utilisée au Portugal : 2 669 ktep en 2014, soit 12,6 % de la consommation totale d'énergie primaire ; il est entièrement importé[1].

La production de charbon au Portugal a cessé en 1995 après avoir atteint un pic à 310 000 tonnes en 1990 ; le Portugal a consommé 4,55 millions de tonnes en 2012 ; après avoir atteint un pic à 6,73 Mt en 2000, la consommation de charbon a décru jusqu'à 2,98 Mt en 2010, puis s'est redressée comme dans toute l'Europe à cause du bas prix du charbon américain, conséquence du boom du gaz de schiste aux États-Unis ; tout le charbon consommé est importé : les importations ont atteint 3,97 Mt en 2012[3].

Le charbon est presque uniquement utilisé pour la production d'électricité ; la centrale thermique charbon de Sines, sur le port de Sines par où arrivent la plupart des importations du Portugal, a été rénovée en 2006-2007 afin de réduire ses émissions d'oxydes d'azote[9].

La centrale à charbon Central Tejo a alimenté Lisbonne de 1909 à 1972, mais en 1944, une nouvelle loi (nº2002 – Loi de l’Électrification Nationale) donna une priorité absolue à la production d’énergie hydroélectrique ; cette loi relégua la « Central Tejo » au second plan en raison de la construction de la première grande centrale hydroélectrique: le barrage du « Castelo do Bode », qui commença à produire en 1951 et, progressivement, la « Central Tejo » devint une centrale de réserve. Elle a été transformée en musée.

Consommation d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

La consommation totale d'énergie primaire locale et importée atteignait 21 161 ktep en 2014[1], répartie comme suit :

  • pétrole (net des exportations de produits pétroliers et des soutes) : 9 235 ktep (43,6 %)
  • gaz naturel : 3 472 ktep (16,4 %)
  • charbon : 2 669 ktep (12,6 %)

total combustibles fossiles : 15 376 ktep (72,7 %)

  • hydroélectricité : 1 339 ktep (6,3 %)
  • biomasse et déchets : 3 007 ktep (14,2 %)
  • éolien, solaire, géothermie : 1 361 ktep (6,4 %)
  • électricité (solde importateur net) : 78 ktep (0,4 %).

Depuis 1990, la consommation de charbon a baissé de 3 % et celle de pétrole de 14 % ; celle d'hydroélectricité a progressé de 70 %, celle de biomasse-énergie de 21 %, et celle d'énergies nouvelles (éolien, solaire) a été multipliée par 97.

Les combustibles fossiles sont encore largement prédominants, en particulier le pétrole, malgré le développement des énergies renouvelables :

Part des énergies renouvelables dans la consommation d'énergie primaire du Portugal[10]
ktep 1990 2000 2005 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014
Énergies renouvelables (ktep) 3 278 3 759 3 475 4 329 4 786 5 459 5 138 4 354 5 320 5 526
% de la consommation d'énergie primaire 18,5 % 15,0 % 12,7 % 17,2 % 19,3 % 22,5 % 21,7 % 19,6 % 23,8 % 25,0 %

Cette part est très fluctuante, selon les variations climatiques (pluies, vents), mais sa progression tendancielle depuis 2005 est très visible ; elle est très supérieure à la moyenne de l'Union européenne (12,5 % en 2014). Par ailleurs, les conventions adoptées par l'AIE et Eurostat pour le calcul des énergies primaires minorent fortement la part des énergies renouvelables électriques (hydroélectricité, éolien et solaire) ; avec les conventions adoptées par l'EIA, la part des énergies renouvelables ne serait plus de 25 %, mais de 35 % environ.

La consommation d'énergie primaire par habitant au Portugal était en 2014 de 2,03 tep/hab[k 1], à peine supérieure à la moyenne mondiale : 1,89 tep/hab et très inférieure à celles de l'Espagne : 2,47 tep/hab, de la France : 3,67 tep/hab et de l'Allemagne : 3,78 tep/hab[k 2], ainsi qu'à celle de l'Union européenne : 3,08 tep/hab[11].

Énergie finale consommée[modifier | modifier le code]

Après raffinage du pétrole brut et transformation en électricité et en chaleur de la quasi-totalité des ressources en charbon, de 45 % de celles de gaz naturel et de 2 % de celles de pétrole et produits pétroliers importés, voici la répartition de la consommation d'énergie finale en 2014[1] :

  • produits pétroliers : 8 259 ktep (51 %)
  • gaz naturel : 1 547 ktep (9,6 %)
  • biomasse et déchets : 2 148 ktep (13,3 %)
  • solaire thermique, etc : 78 ktep (0,5 %)
  • électricité : 3 887 ktep (24 %)
  • chaleur : 270 ktep (1,7 %)

La part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d'énergie atteignait 27 % en 2014 (25,7 % en 2013) au Portugal, taux largement supérieur à celui de l'Union européenne : 16 %, de l'Allemagne : 13,8 %, de la France : 14,3 % et de l'Espagne : 16,2 %, mais très inférieur à celui de la Norvège : 69,2 %, de la Suède : 52,6 % ou de la Finlande : 38,7 %[12].

Cette consommation se répartit par secteur de la façon suivante[1] :

  • industrie : 4 393 ktep (27,1 %)
  • transport : 5 439 ktep (33,6 %)
  • ménages : 2 569 ktep (15,9 %)
  • tertiaire : 1 904 ktep (11,8 %)
  • agriculture : 335 ktep (2,1 %)
  • pêche : 89 ktep (0,5 %)
  • usages non-énergétiques (chimie, etc) : 1 435 ktep (8,9 %).

Depuis 1990, la consommation de l'industrie a reculé de 5,5 % et celle de l'agriculture de 27 %, celle des transports a progressé de 68 %, celle du résidentiel de 12 % et celle du tertiaire de 217 %.

Secteur électrique[modifier | modifier le code]

Le gouvernement portugais s'est donné au milieu des années 2000 pour objectif en 2010 que 45 % de l'électricité produite soit obtenue à partir de sources renouvelables[13]. La stratégie énergétique nationale adoptée le 15 avril 2010 confirme cette valeur et vise 60 % en 2020[14]. Au 1er trimestre 2013, le Portugal a atteint 70% d'électricité d'origine renouvelable, grâce à des conditions météorologiques exceptionnellement favorables : l'hydroélectricité a atteint 37 % et l'éolien 27 %[15] ; sur l'ensemble de l'année 2013, la proportion des énergies renouvelables a été de 61,7 % (hydro : 30,6 % ; éolien : 24,6 % ; biomasse : 5,6 % ; solaire : 0,9 %) : l'objectif 2020 est atteint avec six ans d'avance, mais avec des conditions météo très favorables[16].

Production d'électricité[modifier | modifier le code]

La production nette d'électricité du Portugal atteignait 48,2 TWh en 2015, dont 49 % de thermique fossile (28 % charbon, 20 % gaz naturel), 48 % de renouvelables (23 % éolien, 18 % hydro, 5 % biomasse, 2 % solaire) et 2,5 % de pompage-turbinage[17].

Production brute d'électricité au Portugal par source (TWh)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2011 2012 2013 2014 % 2014 var.
2014/1990
Charbon 9,10 31,9 14,69 33,6 7,10 13,1 9,85 13,09 11,84 11,95 22,6 +31 %
Pétrole 9,40 33,0 8,42 19,2 3,01 5,6 2,68 2,19 1,70 1,36 2,6 -86 %
Gaz naturel - 7,14 16,3 14,90 27,5 14,92 10,67 7,23 6,83 12,9 ns
Total fossiles 18,50 64,9 30,25 69,1 25,01 46,2 27,45 25,95 20,76 20,14 38,1 +9 %
Hydraulique 9,30 32,6 11,71 26,8 16,55 30,6 12,11 6,66 14,87 16,41 31,1 +76 %
Géothermie 0,004 0,014 0,08 0,2 0,20 0,4 0,21 0,15 0,20 0,21 0,4 +5025 %
Biomasse 0,69 2,4 1,04 2,4 2,33 4,3 2,63 2,70 2,76 2,81 5,3 +307 %
Déchets - 0,51 1,2 0,62 1,1 0,62 0,50 0,58 0,49 0,9 ns
Éolien 0,001 0,004 0,17 0,4 9,18 17,0 9,16 10,26 12,01 12,11 22,9 ns
Solaire 0,001 0,004 0,001 0,002 0,21 0,4 0,28 0,39 0,48 0,63 1,2 ns
Total EnR 10,00 35,1 13,52 30,9 29,08 53,8 25,01 20,67 30,91 32,66 61,9 +227 %
Total 28,50 100 43,76 100 54,09 100 52,46 46,61 51,67 52,80 100 +85 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[18]

Les énergies renouvelables fournissent 61,9 % de l'électricité du Portugal, pourcentage parmi les plus élevés en Europe ; cette part varie fortement d'une année à l'autre en fonction du climat (pluies, vents) ; un indicateur approchant publié par Eurostat, le ratio production d'électricité provenant de sources renouvelables[n 1] / consommation nationale brute d'électricité[n 2], était au Portugal de 52,1 % en 2014 (40,7 % en 2010, 45,9 % en 2011, 47,6 % en 2012, 49,1 % en 2013), alors que la moyenne de l'Union européenne était de 27,5 % en 2014 ; le Portugal était au 5e rang derrière la Norvège (109,6 %), l'Islande (97,1 %), l'Autriche (70,0 %) et la Suède (63,3 %)[19]

Hydroélectricité[modifier | modifier le code]

Les centrales hydroélectriques portugaises ont fourni 16 412 GWh en 2014, soit 31,1 % de la production électrique totale du pays, contre 6 660 GWh en 2012 (14,3 %) et 12 115 GWh en 2011 (23,1 %)[18] ; ces fluctuations de -45 % en 2012, puis +123 % en 2013 et +10 % en 2014, illustrent bien la très grande sensibilité de cette source d'énergie aux variations climatiques.

Le barrage d'Alqueva, dans l'Alentejo (servant à l'irrigation des champs et à produire de l'énergie hydroélectrique) a créé le plus grand lac artificiel d'Europe de l'Ouest et ce fut un des plus grands investissements du pays ; sa centrale, inaugurée en 2004, a une puissance de 240 MW.

L'aménagement hydroélectrique du Douro (Saltos do Douro en portugais), sur la frontière avec l'Espagne, compte 6 centrales avec une puissance installée totale de 3 161 MW. La plus importante est celle du barrage d'Aldeadávila, construit de 1956 à 1963 sur le fleuve Douro à la frontière espagnole, avait initialement une puissance installée de 718 MW, puis en 1987 une centrale de pompage-turbinage de 422 MW lui a été ajoutée. c'est la centrale la plus puissante d'Espagne et du Portugal.

Éoliennes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Énergie éolienne au Portugal.

Solaire[modifier | modifier le code]

En 2015, le Portugal a installé 63 MWc en photovoltaïque (110 MWc en 2014 et 53 MWc en 2013) ; sa puissance cumulée de 454 MWc fin 2015 la classe au 15e rang européen ; le ralentissement du marché s'explique par la nouvelle réglementation du comptage net[20].

En 2007, une des plus grandes centrales solaires photovoltaïques du monde[21] a été inaugurée, elle est située à Brinches, municipalité de Serpa. Mais, la plus grande centrale solaire photovoltaïque est située dans le village d'Amareleja[22], commune de Moura, elle est complètement achevée depuis 2010 et a une puissance crête de 62 mégawatts.

Géothermie[modifier | modifier le code]

Le Portugal utilise l'énergie géothermique sur l'île de São Miguel aux Açores où les deux centrales géothermiques de Ribeira Grande (13 MWe) et Pico Vermelho (3 MWe) produisaient 25 % de l'électricité de l'île en 2003. Le potentiel géothermique des Açores est évalué à 235 MW dont 173 MW sur São Miguel et 25 MW sur Terceira[23].

La construction d'une nouvelle centrale devrait commencer en 2013 sur l'île de Terceira, où trois puits doté d'une capacité de production ont été creusés ; la centrale, d'un coût estimé de 10 à 12 M€, en plus des 28 M€ déjà dépensés depuis 2000 en études et exploration, devrait produire au moins 3 MW et sa construction devrait prendre 18 à 24 mois[24].

Les eaux chaudes sont aussi utilisées pour des piscines thermales.

Énergies marines[modifier | modifier le code]

La première exploration commerciale du monde de l'énergie des vagues est entrée en fonctionnement en septembre 2008, à 5 kilomètres au bord d'Aguçadoura, commune de Póvoa de Varzim[25].

Opérateurs[modifier | modifier le code]

L'opérateur historique de la production et de la distribution d'électricité est Energias de Portugal (EDP)[26]. EDP opère dans de nombreux domaines et pays, en particulier :

  • production d'électricité au régime ordinaire (centrales thermiques et hydroélectriques classiques) : 13 809 MW installés dans la péninsule ibérique ; production : 27 997 GWh en 2012. Au Portugal : 9 603 MW, dont 5 273 MW de centrales hydroélectriques et 4 330 MW de centrales thermiques. En Espagne : 3 740 MW, 10 164 GWh en 2012.
  • production d'électricité au régime spécial : 324 MW au Portugal (cogénération : 42 %, mini-hydro : 48 %, biomasse : 10 %) et 615 MW d'éoliennes ; en Espagne : 142 MW, 817 GWh, plus 2310 MW d'éoliennes.
  • production électrique hors péninsule ibérique : 3 637 MW aux États-Unis (éolien) ; 2 058 MW au Brésil, dont 1 794 MW hydroélectriques, 180 MW thermiques et 84 MW d'éoliennes ; 314 MW en France (éolien) ; 57 MW en Belgique (éolien).
  • distribution : 44 655 GWh distribués en 2012 au Portugal (223 734 km de lignes, 6,095 millions de clients) ; 9 294 GWh en Espagne (22 986 km de lignes, 658 600 clients) ; 24 923 GWh au Brésil (2,9 millions de clients).
  • fourniture d'électricité au tarif réglementé : au Portugal : 5 millions de clients, 19,8 TWh ; en Espagne : 709 GWh.
  • fourniture d'électricité au prix de marché : au Portugal : 9,8 TWh ; ; en Espagne : 19,5 TWh.
  • fourniture de gaz naturel : EDP Gás (filiale à 72 %) distribue le gaz sur une concession couvrant 25 % de la population (districts de Porto, Braga et Viana do Castelo).

Transport et distribution[modifier | modifier le code]

Le réseau de transport est géré par Redes Energéticas Nacionais (REN)[8] ; il comprend 8 534 km de lignes de très haute tension (THT)[27] :

  • les lignes THT 400 kV vont du nord au sud près de la côte depuis la centrale de Alto Lindoso au nord jusqu'à l'Algarve, et de l'ouest à l'est, où elles s'interconnectent avec le réseau espagnol ;
  • les lignes THT 220 kV relient Lisbonne à Porto, en diagonale Miranda do Douro et Coimbra, le long du fleuve Douro et dans la province de Beira Alta ;
  • les lignes HT 150 kV.

La carte du réseau peut être consultée sur le site internet de REN[28], ainsi que la courbe de charge journalière du réseau portugais[29].

Échanges internationaux[modifier | modifier le code]

Le Portugal échange des quantités importantes d'électricité avec l'Espagne :

Échanges physiques internationaux d'électricité Portugal-Espagne
GWh 2010 2011 2012[30] 2013 2014[31] 2015[32]
Exportations 3 189 3 930 2 871 5 323 6 345 2 282
Importations 5 823 6 744 10 768 8 100 7 247 4 549
Soldes importateurs 2 634 2 814 7 897 2 777 903 2 267

L'organisation européenne ENTSO-E donne pour 2015 le même solde, mais avec des volumes beaucoup plus élevés : 5 811 GWh en exportation et 8 077 GWh en importation[17].

Ces échanges s'effectuent via 11 lignes, dont 5 en 400 kV : Cartelle-Lindoso, Aldeadávila-Lagoaça, Cedillo-Falagueira, Brovales-Alqueva et Puebla de Guzmán-Tavira, par lesquelles a transité la plus grande part des échanges, 3 en 220 kV, et 3 lignes peu actives en 132 kV, 66 kV et 15 kV[31].

Une nouvelle ligne d'interconnexion est en cours de construction en Galice : Fontefría (Espagne) - Vilafría, avec une capacité de 3 000 MW en 400 kV[32].

Bourse de l'électricité[modifier | modifier le code]

À la suite de la libéralisation du marché électrique réalisée de 2007 à 2010, un système d'échange de contrats de fourniture d'électricité a été mis en place au niveau de la péninsule Ibérique : l'énergie échangée sur ce marché a atteint 3349 GWh en 2012, soit 7 % de l'électricité consommée dans la péninsule. Les prix moyens au jour le jour ont été de 49,2 €/MWh au Portugal en 2012 (France : 47 €/MWh)[33].

Consommation d'électricité[modifier | modifier le code]

La consommation d'électricité par habitant au Portugal en 2014 était de 4 663 kWh[k 1], supérieures de 54 % à la moyenne mondiale : 3 030 kWh ; celle de la France était de 6 955 kWh, celle de l'Allemagne de 7 035 kWh et celle des États-Unis de 12 962 kWh[k 2].

La consommation finale d'électricité du Portugal atteignait 45 195 GWh en 2014 (en baisse de 6,6 % en trois ans par rapport aux 48 364 GWh de 2011)[18], répartie en :

  • industrie : 15 395 GWh (34,1 %)
  • transport :302 GWh (0,7 %)
  • ménages : 11 915 GWh (26,4 %)
  • tertiaire : 16 756 GWh (37,1 %)
  • agriculture : 782 GWh (1,7 %)
  • pêche : 45 GWh (0,1 %).

Impact environnemental[modifier | modifier le code]

Les émissions de CO2 liées à l'énergie au Portugal atteignaient 42,81 Mt de CO2 en 2014, soit 4,12 tonnes de CO2 par habitant[k 1], inférieures de 8 % à la moyenne mondiale : 4,47 t/hab, de 5 % à celles de la France : 4,32 t/hab, et largement inférieures à celles de l'Espagne : 4,99 t/hab et de l'Allemagne : 8,93 t/hab[k 2], ainsi qu'à la moyenne de celles de l'Union européenne : 6,22 t/hab[11].


Évolution des émissions de CO2 liées à l'énergie
1971 1990 2013 var.
2013/1971
var.
2013/1990
var.UE
2013/1990
Émissions[h 1] (Mt CO2) 14,4 37,9 44,9 +212 % +18,6 % -17,0 %
Émissions/habitant[h 2] (t CO2) 1,65 3,79 4,30 +161 % +13,3 % -22,0 %
Source : Agence internationale de l'énergie

Les émissions du Portugal ont fortement progressé jusqu'à 2005 : 5,84 tCO2/hab, mais de 2005 à 2013 elles ont chuté de 26,4 %.

Répartition par combustible des émissions de CO2 liées à l'énergie
Combustible 1971
Mt CO2
1990
Mt CO2
2013
Mt CO2
% var.
2013/1990
var.UE
2013/1990
Charbon[h 3] 2,5 10,8 10,5 23 % -2,7 % -36,4 %
Pétrole[h 4] 11,9 27,1 24,9 55 % -7,9 % -18,9 %
Gaz naturel[h 5] - - 8,7 19 % +35,3 %
Source : Agence internationale de l'énergie
Émissions de CO2 liées à l'énergie par secteur de consommation*
Émissions 2013 part du secteur Émissions/habitant Émiss./hab. UE-28
Secteur Millions tonnes CO2 % tonnes CO2/hab. tonnes CO2/hab.
Secteur énergie hors élec. 5,4 12 % 0,51 0,41
Industrie et construction 11,2 25 % 1,07 1,67
Transport 15,7 35 % 1,50 1,74
dont transport routier 14,8 33 % 1,41 1,61
Résidentiel 5,6 12 % 0,53 1,58
Autres 7,0 16 % 0,67 1,17
Total 44,9 100 % 4,30 6,57
Source : Agence internationale de l'énergie[h 6]
* après ré-allocation des émissions de la production d'électricité et de chaleur aux secteurs de consommation

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. la production hydroélectrique est diminuée du pompage
  2. consommation nationale brute = production brute + importations - exportations

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c p. 55
  2. a, b et c p. 48-57
  1. p.48
  2. p.96
  3. p.51
  4. p.54
  5. p.57
  6. p.69
  • Autres références
  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en)Portugal : Balances for 2014, Agence internationale de l’énergie, 16 octobre 2016.
  2. (en)Portugal : Indicators for 2014, Agence internationale de l'énergie, 16 octobre 2016.
  3. a, b et c (en)Portugal - Overview, sur le site de l'EIA consulté le 4 novembre 2013.
  4. (en)Galp Energia, site officiel consulté le 3 novembre 2013.
  5. (en)The market in Portugal, sur le site de Galp Energia consulté le 3 novembre 2013.
  6. (en)LNG Map, site de Gas Infrastructure Europe consulté le 3 novembre 2013.
  7. (en)Transport's Value chain, storage and regasification -Investment, site de REN consulté le 3 novembre 2013.
  8. a et b (en)REN - the network of all networks, site de REN consulté le 3 novembre 2013.
  9. MODERNISATION DE LA CENTRALE THERMIQUE DE SINES, site de TPF Planege consulté le 4 novembre 2013.
  10. Consommation brute d'énergie intérieure, par type de combustible, Eurostat, 28 septembre 2015.
  11. a et b (en)European Union-28 : Indicators for 2014, Agence internationale de l’énergie, 16 octobre 2016.
  12. Statistiques de l'énergie - Principaux indicateurs - Part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d'énergie, Eurostat, 28 septembre 2015.
  13. La plus grande centrale solaire du monde est désormais portugaise
  14. Les énergies renouvelables plébiscitées au Portugal
  15. Le Portugal atteint 70% d'électricité d'origine renouvelable, site de Techniques de l'Ingénieur consulté le 30 mars 204.
  16. Monthly Statistics - SEN, site REN consulté le 30 mars 2014.
  17. a et b Statistical Factsheet 2015, ENTSO-e.
  18. a, b et c (en)Portugal : Electricity and Heat for 2014, Agence internationale de l'énergie, 16 octobre 2016.
  19. Statistiques de l'énergie - indicateurs principaux - Électricité provenant de sources d´énergies renouvelables, site Eurostat consulté le 29 décembre 2016.
  20. (en) A Snapshot of Global PV : 2014, IEA-PVPS, 30 mars 2015.
  21. Ancienne plus grande centrale solaire au monde, Visitée le 24 mars 2009.
  22. La plus grande centrale solaire du Monde, Visitée le 24 mars 2009.
  23. (pt) Geotérmica - Actualidade, site Portal das Energias Renováveis consulté le 3 novembre 2013.
  24. (pt)26-09-2013 - Central geotérmica da Terceira deve arrancar em março, site Portal das Energias Renováveis consulté le 3 novembre 2013.
  25. (pt) Production électrique grâce aux vagues de la mer, Visitée le 24 mars 2009
  26. (en)site officiel EDP consulté le 4 novembre 2013.
  27. (en)Transmission's Grid Value Chain - Operation, sur le site de REN consulté le 3 novembre 2013.
  28. (pt)Rede Nacional de Transporte de Electricidade 2012, sur le site de REN consulté le 3 novembre 2013.
  29. (pt)Estatística Diária - SEN , sur le site de REN consulté le 3 novembre 2013.
  30. (es)REE, Rapport annuel 2012 de Red Electrica de Espana, Red Electrica de España (lire en ligne), p. 82
  31. a et b (es)REE, Rapport annuel 2014 de Red Electrica de Espana, Red Electrica de España, (lire en ligne), p. 85-86
  32. a et b (es)REE, El sistema eléctrico español 2015, Red Electrica de España, (lire en ligne), p. 56 et 70
  33. (en)Electricity Market Annual Report 2008-2012, site REN consulté le 3 novembre 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]