Énergie en Autriche

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Énergie en Autriche
Image illustrative de l'article Énergie en Autriche
Barrage de Klaus
Bilan énergétique (2013)
Offre d'énergie primaire (TPES) 33,2 M tep
(1 390,9 PJ)
par agent énergétique pétrole : 34,9 %
gaz naturel : 21,1 %
électricité : 14,4 %
charbon : 10,1 %
Énergies renouvelables 12,5 %
Consommation totale (TFC) 26,1 M tep
(1 091,5 PJ)
par habitant 3,92 tep/hab
par secteur ménages : 25,2 %
industrie : 30,7 %
transports : 31,8 %
services : 10,1 %
agriculture : 2,2 %
Électricité (2013)
Production 68,3 TWh
par filière hydro : 67 %
thermique : 19,7 %
biomasse/déchets : 7,9 %
éoliennes : 4,6 %
autres : 0,9 %
Combustibles (2013 - Mtep)
Production pétrole : 0,9
gaz naturel : 1,1
Commerce extérieur (2013 - Mtep)
Importations électricité : 2,15
pétrole : 13,89
gaz naturel : 8,52
charbon : 3,3 Mtep
Exportations électricité : 1,52
pétrole : 2,51
gaz naturel : 3,23
Sources
Agence internationale de l'énergie[1]

Le secteur de l'énergie en Autriche se distingue au sein de l'Union européenne (UE) par la part de ses énergies renouvelables qui n'a pas cessé d'augmenter depuis les années 1970, période au cours de laquelle un référendum a mis fin, le 5 novembre 1978, à la mise en service effective de la centrale nucléaire de Zwentendorf. En 2013, la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique nationale était ainsi de 32 %, l'énergie hydraulique comptant pour 10,9 % et le reste (principalement la biomasse) pour environ 19,5 %. En termes de part des énergies renouvelables dans la consommation brute d'énergie finale en 2011, avec 30,9 % l'Autriche se situait au 4e rang européen, après la Suède (47,6 %), la Lettonie et la Finlande.

Cependant, les énergies fossiles représentaient encore 66 % de la consommation d'énergie primaire en 2013. De ce fait, les émissions de CO2 liées à l'énergie de l'Autriche étaient en 2013 de 7,68 t CO2 par habitant, niveau supérieur de 70 % à la moyenne mondiale : 4,52 t/hab ; la France était à 4,79 t/hab, la Suède à 3,91 t/hab et l'Allemagne à 9,25 t/hab.

Le marché de l'électricité a été libéralisé en 2001 et celui du gaz en 2002.

Production d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

L'Autriche produit de modestes quantités de pétrole (0,9 Mtep) et de gaz naturel (1,1 Mtep), mais l'essentiel de sa production nationale d'énergie est composé d'énergies renouvelables : biomasse et déchets (5,96 Mtep), hydroélectricité (3,6 Mtep), éolien et solaire (0,53 Mtep). Au total, cette production locale couvre 36,5 % des besoins du pays[1].

Importations[modifier | modifier le code]

L'Autriche importe une grande partie de son énergie : 64 % en 2013[1].

Consommation d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

La consommation d'énergie primaire autrichienne atteignait 33,2 Mtep en 2013, dont 21,96 Mtep (66,1 %) de combustibles fossiles : 3,3 Mtep de charbon (10,1 %), 11,6 Mtep de pétrole (34,9 %), 3,6 Mtep de gaz naturel (21,1 %) ; les énergies renouvelables totalisent 10,6 Mtep (32,0 %) : 6,5 Mtep de biomasse-déchets (19,5 %), 3,6 Mtep d'hydroélectricité (10,9 %) et 0,5 Mtep d'éolien et solaire (1,6 %) ; enfin, le solde importateur d'électricité contribue pour 0,6 Mtep (1,9 %)[1].

La consommation d'énergie primaire par habitant atteignait 3,92 tep en 2013, soit 2,06 fois la moyenne mondiale (3,92 tep), et légèrement supérieure à celles de la France (3,84 tep) et de l'Allemagne (3,87 tep)[2].

Consommation finale d'énergie[modifier | modifier le code]

En termes de part des énergies renouvelables dans la consommation brute d'énergie finale en 2011, avec 30,9 % l'Autriche se situait au quatrième rang, après la Suède (47,6 %), la Lettonie et la Finlande, parmi les pays de l'UE[3].

Secteur de l'électricité[modifier | modifier le code]

L'Autriche produit de l'électricité notamment avec de nombreux barrages hydroélectriques, cependant le pays est importateur net d’électricité : 24,96 TWh d'importations, 17,69 TWh d'exportations, soit un solde importateur de 7,27 TWh en 2013 qui représente 9,6 % des besoins du pays[1].

Production[modifier | modifier le code]

En 2013, la production du pays se monte à 68,3 TWh, dont 13 4 TWh (19,7 %) par des centrales à combustibles fossiles, 45,7 TWh (67 %) par des centrales hydrauliques et 9,1 TWh (13,3 %) par d'autres énergies renouvelables : biomasse 6,4 %, éolien 4,6 %, déchets 1,4 %, solaire 0,9 %[1].

Jeudi 5 novembre 2015, la Basse-Autriche, l’une des principales provinces autrichiennes, qui compte 1,65 million d’habitants, a annoncé couvrir l’intégralité de sa consommation d’électricité avec des énergies renouvelables, à savoir 63 % d’énergie hydraulique, 26 % d’éolien, 9 % de biomasse et 2 % de solaire[4].

Hydroélectricité[modifier | modifier le code]

L'énergie hydraulique est la principale source de production d'électricité en Autriche, avec 45,7 TWh en 2013, soit 67 % de la production du pays[1]. Selon un plan présenté en mai 2008 par des représentants du gouvernement et de la Fédération des entreprises d'électricité autrichiennes (VEÖ) le potentiel d'hydroélectricité se monte à 56 TWh. Il resterait ainsi 8 TWh de gisement potentiel dans le pays. L'objectif du gouvernement autrichien est d'en réaliser 7 de 2008 à 2020. Des réserves ont été émises par le parti des verts et des associations environnementales, les potentiels chiffrés sont jugés trop élevés[5].

Lac Vermuntsee dans le Vorarlberg.
Réservoir Silvretta-Stausee (2 030 m).

La centrale hydraulique d'Obervermuntwerk (29 MW), mise en service en 1943 à Gaschurn dans le Vorarlberg, va être transformée en une station de pompage-turbinage ; le projet baptisé Obervermuntwerk II consiste à construire une centrale souterraine de 360 MW équipée de groupes réversibles qui, en période de faible demande, pomperont l'eau du lac de Vermuntsee jusqu'au lac de Silvretta-Stausee, situé 311 mètres plus haut, pour la turbiner lors des périodes de forte demande ; les travaux commencent en mai 2014 pour une mise en service en 2018 et un investissement de 600 M€ ; cet ouvrage servira également à compenser les énergies renouvelables variables ; une station de pompage-turbinage peut atteindre sa puissance maximale en deux minutes contre 15 minutes pour les turbines à gaz, les centrales thermiques les plus souples ; les deux alternateurs de 180 MW seront fournis par Alstom[6].

En 1984, le projet de construction de la centrale hydroélectrique de Hainburg dans le parc national Danube-Auen a fait l'objet d'un mouvement de protestation, auquel participa la première présidente des Verts, Freda Meissner-Blau. Celle-ci participa aux négociations avec le gouvernement. Les écologistes obtinrent, après des débuts difficiles et de nombreuses actions directes, que le projet de centrale hydroélectrique soit abandonné[7].

Énergie thermique[modifier | modifier le code]

Le volume d'électricité produit en 2013 dans les centrales thermiques est de 13,4 TWh soit 19,7 % de la production d'électricité du pays (mais 31,6 % en 2011, année de faible hydraulicité). Cette production provient surtout des centrales à gaz : 49,5 % de la production d'électricité d'origine thermique, et des centrales à charbon : 45,3 %[1].

Éolien[modifier | modifier le code]

En 2013, l'Autriche se situe au 15e rang européen pour la production d'électricité éolienne : 2 882 GWh, en progression de 17 %. Sa puissance installée éolienne atteint 1 684 MW fin 2013 (15e rang européen), en augmentation de 307 MW (+22 %). La puissance éolienne par habitant est de 199 W/hab, au 8e rang européen (moyenne UE : 233 W, Allemagne : 430 W, France : 124 W)[8].

Énergie nucléaire[modifier | modifier le code]

L'Autriche ne produit pas d'électricité d'origine nucléaire sur son sol et ne l'a jamais fait. Une centrale nucléaire a été construite entre 1972 et 1977. Construite par Siemens, la centrale nucléaire de Zwentendorf n'a jamais été mise en activité[9]. Au cours d'un référendum le 5 novembre 1978, le peuple autrichien a voté contre sa mise en service à 50,5 %. Par la suite, le gouvernement autrichien a voté, en 1978, une loi de non-utilisation de l'énergie nucléaire (Atomsperrgesetz), puis l'a intégré à la constitution en 1999. Ce consensus sur la non production d'énergie nucléaire demeure aujourd'hui de l'ordre du consensus politique[9],[5]. Le producteur et distributeur d'électricité de Basse-Autriche, EVN, a racheté le site, et compte aujourd'hui le transformer en site de production d'énergie solaire[9],[5]. L'objectif est à la fois de satisfaire les critères du protocole de Kyoto sur le réchauffement climatique, en réduisant les émissions de CO2, et d'augmenter la part d'énergie renouvelable de 70 % à 78 % d'ici 2010[9].

Consommation[modifier | modifier le code]

La consommation d'électricité du pays atteignait 8 515 kWh par habitant en 2013, soit 2,81 fois la moyenne mondiale (3 026 kWh/hab), 15 % au-dessus de la France (7 382 kWh/hab) et 21 % au-dessus du niveau allemand(7 022 kWh/hab)[2].

Émissions de gaz à effet de serre[modifier | modifier le code]

Les émissions de CO2 liées à l'énergie de l'Autriche étaient en 2013 de 65,13 Mt CO2, soit 7,68 t CO2 par habitant, niveau supérieur de 70 % à la moyenne mondiale : 4,52 t/hab ; la France était à 4,79 t/hab et l'Allemagne à 9,25 t/hab[2].

Programmes gouvernementaux[modifier | modifier le code]

Depuis 1995, l'État a versé plus de 25 millions d'euros dans la recherche énergétique[10]. Le Ministère des transports, de l'innovation et de la technologie (BMVIT) a mis en place le programme Nachhaltig Wirtschaften (« Les économies durables ») visant à promouvoir le développement durable[10]. L'État soutient ainsi des recherches concernant la pile à combustible[10].

Le Conseil national a adopté une « Stratégie du climat autrichienne 2008-2012 » afin de remplir les exigences du protocole de Kyoto sur le réchauffement climatique[11]. Celui-ci prévoit une concertation entre l'État et les Länder afin d'augmenter la part d'utilisation de la biomasse [11].

Depuis 1996, une écotaxe sur le gaz et l'électricité a été mise en place[11]. La loi de 2002, intitulée Energie-Eco, prévoyait de faire passer en 2008 de 1 à 4 % la part dans la production nationale énergétique des centrales « éco-électriques », c'est-à-dire utilisant des énergies renouvelables autres que l'énergie hydraulique (dont l'énergie solaire, éolienne, la biomasse, le biogaz, l'énergie géothermique, ou encore le gaz issu des égouts - sewer gas (en)) [11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h (en)Austria : Balances for 2013, Agence internationale de l’énergie, 8 novembre 2015.
  2. a, b et c (en) [PDF] Agence internationale de l’énergie (AIE - en anglais : International Energy Agency - IEA) Key World Energy Statistics 2015, 6 novembre 2015.
  3. Baromètre bilan 2012 Etat des énergies renouvelables en Europe, sur le site d'Observ'ER.
  4. Angela Bolis, « La Basse-Autriche, où l’électricité est 100 % verte », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  5. a, b et c Office fédéral de l'énergie (Suisse), Magazine Energeia, mars 2009, Notre voisin autrichien, cet autre château d'eau de l'Europe.
  6. Step - L'Autriche stocke son électricité, site d'Observ'ER consulté le 22 mai 2014.
  7. (de)Die Auseinandersetzungen um den Bau des Donaukraftwerks Hainburg, site Demokratiezentrum Wien consulté le 22 mai2014.
  8. EurObserv'ER Baromètre éolien 2013 (février 2014).
  9. a, b, c et d Laurence Monnot, L'Autriche convertit sa centrale nucléaire fantôme... à l'énergie solaire, Le Monde, 11 novembre 2008.
  10. a, b et c Jean-Michel Nataf, attaché pour la science et la technologie à l’ambassade de France en Autriche, L'Energie en Autriche, document de deux pages sur le site du Programme interdisciplinaire Energie du CNRS 2006-2009.
  11. a, b, c et d Renewable Energy in Austria, Ministère autrichien des Affaires économiques, Federal Ministry for Economic Affairs, 2e édition, 2003 (en)