Énergie en Roumanie

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Le secteur de l'énergie en Roumanie est marqué par le secteur pétrolier du pays, qui, bien qu'aujourd'hui assez marginal d'un point de vue global, est d'une grande importance historique.

Production d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

La production d'énergie primaire de la Roumanie s'est élevée à 24,87 Mtep en 2016, dont 17 % de charbon, 15 % de pétrole, 31 % de gaz naturel, 12 % de nucléaire, 6 % d'hydroélectricité, 15,5 % de biomasse et 3 % d'éolien, solaire et géothermie[1].

Secteur pétrolier et gazier amont[modifier | modifier le code]

L'époque où la Roumanie exportait du pétrole est révolue depuis longtemps.

La production de pétrole en Roumanie est très ancienne. À Ploiești, une production industrielle de pétrole et une petite raffinerie (la première du monde) sont opérationnelles dès 1857[2]. C'est l'une des deux plus anciennes production, commencée deux ans avant le puits construit par Edwin Drake. L'extraction artisanale de pétrole est attestée plusieurs siècles auparavant.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le pétrole roumain était vital pour l'effort de guerre de l'Axe et fut la cible des alliés (notamment avec l'Opération Tidal Wave).

La production est centrée dans la Plaine de Pannonie. Elle a culminé à 313 000 barils/jours en 1976 avant de décroitre jusqu'à 79 000 b/j en 2016[3]. La production de gaz, de son côté, atteint un point haut de 37 km3 en 1982 puis diminue jusqu'à 9,2 km3 en 2016. La Roumanie n'est plus autonome, ni en gaz, ni en pétrole.

L'exploration offshore en mer Noire a commencé dès les années 1970 et a révélé quelques modestes gisements, elle s'est récemment déplacé vers les eaux plus profondes où deux gisements de gaz significatifs ont été découverts : Lira (Rosneft) et Domino (ExxonMobil) [4],[5]. Ces deux gisements permettront un rebond de la production de gaz du pays.

Secteur aval[modifier | modifier le code]

Le secteur du raffinage est en crise en Roumanie : plusieurs raffineries ont fermé. Seuls quatre site restaient actifs en 2015[6]. Leur approvisionnement est assuré par environ un tiers de pétrole roumain et deux tiers de brut importé[7]. Le pays reste exportateur de produits raffinés, notamment essence et diesel.

Le secteur de la distribution de carburant est toujours dominé par Petrom et Rompetrol, entreprises roumaines, qui en 2014 détiennent respectivement 545 et 394 stations-services. Des acteurs étrangers sont également présents : Mol, Lukoil et SOCAR[8].

Importations d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

La Roumanie importe 42 % de ses besoins en énergie en 2016 : 20 % de ses besoins en charbon, 68 % pour le pétrole brut (mais elle en réexporte 44 % sous forme de produits pétroliers) et 13 % pour le gaz ; par contre, elle est largement exportatrice en électricité[1].

Consommation d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

La consommation intérieure brute d'énergie primaire de la Roumanie s'est élevée à 31,74 Mtep en 2016, dont 17 % de charbon, 27 % de pétrole, 28 % de gaz naturel, 9,3 % de nucléaire, 4,9 % d'hydroélectricité, 12,5 % de biomasse et 2,4 % d'éolien, solaire et géothermie[1].

Secteur électrique[modifier | modifier le code]

L'électricité représente 16,3 % de la consommation finale d'énergie du pays en 2016[1].

La production d'électricité de la Roumanie s'élevait à 65,1 TWh en 2016, dont 24,5 % produits à partir de charbon, 15 % de gaz naturel, 17 % du nucléaire, 28,5 % d'hydroélectricité, 10 % de l'éolien et 3 % du solaire. Le solde exportateur des échanges internationaux d'électricité atteignait 5,02 TWh, soit 7,7 % de la production[9].

Hydraulique[modifier | modifier le code]

La Roumanie possède nombre de barrages dans les Carpathes qui ont contribué à la production d'électricité pour 18,54 Twh en 2016[9]. Les barrages les plus importants sont les barrages Portes de Fer I et II. Ils sont situés à la frontière avec la Serbie et leur production est partagée entre les deux pays, la part roumaine représente environ 7 Twh/an pour les deux installations [10]

Nucléaire[modifier | modifier le code]

La centrale nucléaire de Cernavodă est la seule du pays, comptant deux réacteurs de type CANDU de 650 MW chacun, mis en service en 1996 et 2007 ; ils ont produit 10,44 TWh en 2018, soit 17,2 % de la production d'électricité du pays[11].

La construction des tranches 3 et 4 de la centrale de Cernavodă, interrompue depuis 1992, a connu de nombreuses vicissitudes : en 2008, un tour de table avait été finalisé avec Nuclearelectrica, entreprise publique propriétaire de la centrale, et six investisseurs européens pour le financement du projet, qui a obtenu toutes les autorisations requises et finalisés les études de faisabilité, mais en 2011-2013 tous les actionnaires, sauf Nuclearelectrica, se sont retirés. Un nouvel appel à candidature en 2014 a permis de sélectionner le Chinois China General Nuclear Power Corporation, avec lequel les négociations détaillées sont toujours en cours en 2017[12].

Éolien[modifier | modifier le code]

L'éolien a contribué pour 6 590 GWh à la production d'électricité du pays en 2016, soit 10,1 % du total[9].

Selon WindEurope (Association européenne de l'énergie éolienne), la puissance installée éolienne de la Roumanie s'élève à 3 029 MW fin 2018 ; aucune nouvelle installation n'a été mise en service en 2018[13].

Le parc éolien de Fântânele-Cogealac[14] (600 MW) était, à sa mise en service en 2012, le plus puissant d'Europe, hors parcs offshore.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d (en)Romania : Balances for 2016, Agence internationale de l'énergie, 21 septembre 2018.
  2. Alain Perrodon, Histoire des grandes découvertes pétrolières : un certain art de l'exploration (ISBN 2901026192)
  3. (en) [PDF] BP Statistical Review of World Energy June 2017, BP, juin 2017.
  4. (en) « Lukoil Discovers Deepwater Gas Field in Romania », sur Rigzone, (consulté le 25 avril 2016)
  5. (ro) « Zăcământ uriaş de GAZE NATURALE în Marea Neagră », sur Provincianews.ro, (consulté le 25 avril 2016) via Internet Archive.
  6. Lavinia Iancu, « ROMANIA DOWNSTREAM 2015 CONFERENCE » (consulté le 5 mai 2017)
  7. EIA Reports [1]
  8. Romania Insider, « Media: OMV Petrom to sell 100 gas stations in Romania - Romania Insider », sur Romania Insider (consulté le 5 mai 2017)
  9. a b et c (en)Romania : Electricity and Heat for 2016, Agence internationale de l'énergie, 21 septembre 2018.
  10. (ro) « Sucursala Hidrocentrale Portile de Fier », sur Hidroelectrica (consulté le 25 avril 2016)
  11. (en)Country Statistics - Romania, AIEA-PRIS, 22 janvier 2018.
  12. (en)Units 3 & 4, Nuclearelectrica, consulté le 23 janvier 2018.
  13. (en) Wind energy in Europe in 2018, WindEurope, février 2019.
  14. Roumanie, The Wind Power.