Énergie en Espagne

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Énergie en Espagne
image illustrative de l’article Énergie en Espagne
Cheminée de la raffinerie de Petronor (Biscaye), une des principales d'Espagne[1] ; le pétrole est de loin la principale énergie utilisée en Espagne.
Bilan énergétique (2015)
Offre d'énergie primaire (TPES) 118,9 M tep
(4 978,9 PJ)
par agent énergétique pétrole : 41,4 %
électricité : 20,8 %
gaz naturel : 20,6 %
charbon : 11,2 %
Énergies renouvelables 8,3 %
Consommation totale (TFC) 75,5 M tep
(3 159,4 PJ)
par habitant 1,6 tep/hab.
(68,1 GJ/hab.)
par secteur ménages : 19,7 %
industrie : 23,9 %
transports : 39,1 %
agriculture : 3 %
pêche : 0,3 %
Électricité (2015)
Production 281,02 TWh
par filière thermique : 43,6 %
nucléaire : 20,4 %
éoliennes : 17,6 %
hydro : 11,2 %
autres : 5 %
Combustibles (2015 - Mtep)
Production pétrole : 0,24
gaz naturel : 0,05
charbon : 1,25
Commerce extérieur (2015 - Mtep)
Importations électricité : 1,29
pétrole : 84,54
gaz naturel : 28,17
charbon : 10,95
Exportations électricité : 1,30
pétrole : 22,74
gaz naturel : 7,41
charbon : 0,72
Sources

La branche de l'énergie en Espagne représente approximativement 2,3 % du PIB du pays[3]. Un des facteurs qui ont limité le développement économique de l'Espagne a été la pauvreté en ressources énergétiques, en particulier le manque d'hydrocarbures liquides et gazeux et la mauvaise qualité du charbon existant. La rareté des ressources a condamné le système énergétique national à une situation de déficit et de dépendance extérieure. Le taux de dépendance énergétique national se chiffrait en 2016 à 69,4 %. L'Espagne est donc un gros importateur de combustibles fossile : elle figurait en 2015 au 8e rang mondial des importateurs de pétrole et au 10e rang de ceux de gaz naturel.

L'énergie primaire consommée en 2015 était principalement (à 73,3 %) d'origine fossile: pétrole (41,4 %), gaz naturel (20,6 %) et charbon (11,2 %) ; restait 26,8 % d'énergies dé-carbonées : nucléaire (12,6 %) et renouvelables (14,2 %). Quant à l'énergie produite dans le pays (30,6 % de l'énergie consommée), la principale source était en 2015 le nucléaire (44,5 %), suivi par les énergies nouvelles (solaire et éolien : 22,2 %), la biomasse (21,6 %), l'hydroélectricité (7,2 %) et les combustibles fossiles (4,6 %) ; les énergies renouvelables totalisaient 51,0 %.

La consommation espagnole d'énergie primaire par habitant en 2015 était de 2,56 tep ; pour comparaison, celle de la France était de 3,71 tep et celle de l'Allemagne de 3,77 tep.

L'électricité couvre 23,8 % de la consommation finale d'énergie et les énergies renouvelables thermiques 6,3 % ; le pétrole domine avec 51,1 %, la part du gaz naturel est de 17,1 % et celle du charbon de 6,6 %.

Les émissions de CO2 de l'Espagne atteignaient 5,32 tonnes par habitant en 2015 (France : 4,37 ; Allemagne : 8,93).

Vue d'ensemble[modifier | modifier le code]

Principaux indicateurs de l'énergie en Espagne[4]
Population Consommation
énergie primaire
Production Importation
nette
Consommation
électricité
Émissions
de CO2
Année Million Mtep Mtep Mtep TWh Mt CO2éq
1990 39,34 90,07 34,59 60,38 137,46 202,60
2000 40,55 121,86 31,56 100,18 209,65 278,53
2008 45,98 139,07 30,35 123,01 276,91 309,69
2009 46,37 127,85 30,38 110,69 262,07 276,01
2010 46,56 127,75 34,43 106,84 265,79 261,98
2011 46,74 125,72 31,99 105,16 261,73 264,80
2012 46,77 125,51 33,50 100,45 260,69 260,44
2013 46,59 117,11 34,73 90,03 252,19 235,09
2014 46,46 114,56 35,10 91,94 248,95 231,99
2015 46,41 118,92 33,60 95,38 254,38 247,01
variation
1990-2015
+18,0 % +32,0 % -2,9 % +58,0 % +85,1 % +21,9 %

Comparaisons internationales[modifier | modifier le code]

Dans les classements "top ten" de l'Agence internationale de l'énergie, l'Espagne apparait dans les premiers rangs pour plusieurs indicateurs du domaine de l'énergie:

Place de l'Espagne dans les classements mondiaux
Source d'énergie indicateur rang année quantité unité % monde commentaires
Pétrole brut[s 1] Importation nette 8e 2015 65 Mt 3,2 % 1er : États-Unis 348 Mt ; 6e : Allemagne 91 Mt ; 10e : France 57 Mt
Gaz naturel[s 2] Importation nette 10e 2016p 28 Mds m³ 3,3 % 1er : Japon 116 Mds m3 ; 2e : Allemagne 79 Mds m3 ; 4e : Italie 65 Mds m3 ; 8e : France 43 Mds m3
Nucléaire[s 3] Production 10e 2015 57 TWh 2,2 % 1er : États-Unis 830 TWh, 2e : France 437 TWh
% nucl./élec* 5e 2015 20,6 % 1er : France (77,6 %)
Énergie éolienne[s 4] Production élec. 4e 2015 49 TWh 5,9 % 1er : États-Unis 193 TWh, 2e : Chine 186 TWh ; 3e : Allemagne 79 TWh
Puissance installée 5e 2015 22,9 GW 5,5 % 1er : Chine (129,3 GW) ; 3e : Allemagne 44,7 GW
% éolien/élec 1er 2015 17,6 % 2e : Allemagne (12,2 %)
Énergie solaire photovoltaïque[s 5] Production élec. 6e 2015 8 TWh 3,4 % 1er : Chine 45 TWh ; 2e : Allemagne 39 TWh ; 5e : Italie 23 TWh
Puissance installée 9e 2015 4,9 GW 2,2 % 1er : Chine (43,2 GW)
% PV/élec 4e 2015 2,9 % 1er : Italie (8,1 %)
Énergie solaire thermodynamique[5] Production élec. 1er 2015 5,6 TWh 59 % 2e : États-Unis 3,5 TWh
2016p = données provisoires 2016
* % nucléaire/total production d'électricité ; rang parmi les dix plus gros producteurs.

La consommation espagnole d'énergie primaire par habitant en 2015 était de 2,56 tep[s 6] ; pour comparaison, celle de la France était de 3,71 tep, celle de l'Allemagne de 3,77 tep et celle des États-Unis de 6,80 tep[s 7].

La consommation espagnole d'électricité par habitant en 2015 était de 5 481 kWh[s 6] ; celle de la France était de 7 043 kWh, celle de l'Allemagne de 7 015 kWh et celle des États-Unis de 12 833 kWh[s 7].

Les émissions de CO2 de l'Espagne atteignaient 5,32 tonnes par habitant en 2015[s 6] (France : 4,37 ; Allemagne : 8,93 ; États-Unis : 15,53)[s 7].

Histoire[modifier | modifier le code]

Plan incliné dans la mine de charbon "Mariana" (Mieres (Asturies), vers 1900).

Historiquement, un des facteurs qui ont limité le développement économique de l'Espagne a été la pauvreté en ressources énergétiques, en particulier le manque d'hydrocarbures liquides et gazeux et la mauvaise qualité et la rareté du charbon existant. La rareté des ressources a condamné traditionnellement le système énergétique national à une situation de déficit et de dépendance extérieure.

L'Espagne a commencé sa Révolution industrielle avec retard par rapport aux autres nations européennes, dans la seconde moitié du XIXe siècle.

Un des premiers défis énergétiques consista à tenter de remplacer par des ressources propres le charbon importé de Grande-Bretagne qui alimentait les locomotives du réseau ferré espagnol naissant. Avec l'impulsion également de la Marine de Guerre, la production de charbon asturien connut une croissance rapide[6].

Cependant, la première crise énergétique grave se produisit au début de la Première Guerre mondiale (1914-1918) lorsque, du fait des hostilités, les importations de charbon se réduisirent. Après la guerre, l'Espagne misa sur le pétrole pour réduire sa dépendance du charbon anglais, mais du fait du monopole des grandes entreprises pétrolières se produisit une nouvelle crise. La dictature de Primo de Rivera promulgua donc la Ley del Monopolio de Petróleos de 1927, qui établit un monopole d'État sur le commerce et la transformation du pétrole, créant l'entreprise d'État CAMPSA. Durant la période de l'entre-deux-guerres commença également le développement de l'énergie hydroélectrique avec la construction des premiers grands barrages. Mais après la Guerre Civile et la victoire de Franco en 1939, l'Espagne souffrit du blocus des Alliés, avec de fréquentes coupures de courant et autres difficultés. Dans ces années il ne fut pas possible de construire de nouvelles centrales hydroélectrique ou thermiques car la priorité était de relever le pays[6].

À mesure que l'économie du pays décollait et que l'Espagne sortait de son isolationnisme, la production d'énergie dut augmenter de nouveau pour soutenir cette croissance, grâce à l'exploitation des lignites galiciens et d'autres charbons nationaux, ainsi qu'à la construction de nouveaux barrages et de raffineries de pétrole. De plus, l'Espagne fut un pays pionnier dans le développement de l'énergie nucléaire pour la production d'électricité, avec l'inauguration de la Centrale nucléaire José Cabrera en 1969. Mais en 1973 survint la première crise du pétrole (voir Premier choc pétrolier), suivie par celle de 1979 (voir Deuxième choc pétrolier), qui perturbèrent gravement l'économie espagnole comme celle du monde entier.

L'ambitieux programme nucléaire espagnol se vit freiné dans les années 1980 par la vague anti-nucléaire déclenchée par la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, et la nouvelle politique énergétique se tourna vers d'autres ressources : le gaz naturel, jugé moins polluant. Un gazoduc fut alors construit pour acheminer la fourniture de l'Algérie en passant par le Maroc, ainsi que des stations de regazéification pour recevoir les navires méthaniers qui le transportent sous forme liquide.

Plus récemment, dans les années 1990 et 2000 se répandit la conscience du fait que les sources d'énergie non renouvelables ne sont pas éternelles, ainsi qu'une croissante sensibilité environnementaliste, favorisant le fort développement des nouvelles énergies renouvelables : éolienne principalement, mais aussi solaire (thermique et photovoltaïque), biomasse, etc.

Pour la période récente, voir la section "politique énergétique".

Production nationale[modifier | modifier le code]

La production nationale d'énergie primaire a évolué comme suit :

Production d'énergie primaire en Espagne par source (Mtep)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2014 2015 % 2015 var.
2015/1990
Charbon 11,74 34,0 7,97 25,2 3,30 9,6 1,63 1,25 3,7 -89 %
Pétrole 1,17 3,4 0,23 0,7 0,13 0,4 0,31 0,24 0,7 -80 %
Gaz naturel 1,27 3,7 0,15 0,5 0,04 0,01 0,02 0,05 0,2 -96 %
Total fossiles 14,19 41,0 8,35 26,4 3,47 10,1 1,96 1,54 4,6 -89 %
Nucléaire 14,14 40,9 16,21 51,4 16,15 46,9 14,93 14,93 44,5 +5,6 %
Hydraulique 2,19 6,3 2,43 7,7 3,64 10,6 3,37 2,42 7,2 +11 %
Biomasse-déchets 4,07 11,8 4,13 13,1 6,31 18,3 7,24 7,26 21,6 +79 %
Solaire, éolien 0,005 0,01 0,44 1,4 4,86 14,1 7,60 7,45 22,2 ns
Total EnR 6,26 18,1 7,01 22,2 14,81 43,0 18,21 17,13 51,0 +173 %
Total 34,59 100 31,56 100 34,43 100 35,10 33,60 100 -2,9 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[2]

La production nationale couvre seulement 30,6 % des besoins du pays en 2016.

Charbon[modifier | modifier le code]

Les réserves prouvées récupérables de charbon du Royaume-Uni étaient estimées par BP à 1 187 Mt (millions de tonnes) fin 2016 (868 Mt d'anthracite et charbon bitumineux et 319 Mt de lignite et charbon sub-bitumineux), soit 140 ans de production au rythme de 2015. Ces réserves représentaient seulement 0,1 % du total mondial[7].

Les effectifs des mines de charbon baissent rapidement : 4594 en 2010, 3963 en 2011, 3407 en 2012, 3308 en 2013, 3126 en 2014, 2795 en 2015[e 1]. Le gouvernement a décidé en 2010 de conditionner les aides à la fermeture des mines non compétitives de charbon à leur fermeture définitive avant la fin 2018. La production a chuté de 8,43 Mt (millions de tonnes) en 2010 à 3,49 Mt en 2015[e 2].

Le 27 mai 2016, la Commission européenne a autorisé l’Espagne à subventionner la fin d’activité de filières charbonnières : 2,1 milliards d’euros seront consacrés à la fermeture de 26 mines de charbon et de lignite jugées non rentables. Les aides pourront être versées à la condition que les exploitations minières soient effectivement fermées avant 2019[8].

Énergies renouvelables[modifier | modifier le code]

Les énergies renouvelables n'ont joué en Espagne, jusqu'à la fin du XXe siècle, qu'un rôle limité dans la satisfaction de la demande d'énergie primaire et d'électricité ; elles étaient principalement représentées par l'énergie hydroélectrique. Cependant, depuis une quinzaine d'années, plusieurs gouvernements ont soutenu le développement des technologies éolienne et solaire.

En 2005, le gouvernement espagnol a approuvé une nouvelle loi dont l'objectif était de produire 30 % de l'énergie nationale à partir des énergies renouvelables jusqu'à parvenir à 20,1 GW en 2010 et 36 GW en 2020[9]. Il est prévu que la moitié de cette énergie provienne du secteur éolien, ce qui éviterait l'émission de 77 millions de tonnes de dioxyde de carbone [10]

En 2011, le gouvernement espagnol a approuvé le Plan National des Énergies Renouvelables qui fixe des objectifs pour la période 2011-2020 de 35 000 MW installés en 2020 en éoliennes terrestres et 3 000 MW en éoliennes offshore[11].

Mais le nouveau gouvernement espagnol de Mariano Rajoy, après son arrivée au pouvoir fin 2011, a suspendu les dispositifs de soutien aux nouveaux projets d'énergies renouvelables : le ministère de l'Industrie a annoncé le 27 janvier 2012 la clôture temporaire du programme de tarifs d'obligation d'achat d'énergies renouvelables pour les nouveaux projets ; les projets déjà approuvés continueront à bénéficier de ces tarifs ; cette suspension est justifiée par la crise économique et surtout par le déficit dû au programme qui s'accumulait dans les comptes des opérateurs, ces derniers n'étant pas autorisés à répercuter les surcoûts d'achat d'énergies renouvelables dans leurs tarifs de vente, mais seulement à comptabiliser ces surcoûts dans des comptes d'attente ; le gouvernement prépare une réforme qui éliminera ces déficits[12], qui atteignent 26 milliards d'euros en 2013 ; l'État a dépensé plus de 50 milliards € d'aides aux renouvelables de 1998 à 2013, avec une hausse de 800 % à partir de 2005 ; le gouvernement annonce son intention de réduire fortement les aides à l'éolien[13]. Cette décision va fortement ralentir le développement des énergies renouvelables ; cependant, les réglementations européennes amèneront l'Espagne à réintroduire tôt ou tard des politiques de soutien[14].

Ci-dessous est figurée l'évolution de la part des énergies renouvelables dans l'approvisionnement du pays en énergie primaire ; on y distingue aussi la dépendance de l'énergie hydroélectrique aux variations climatiques (années sèches ou pluvieuses) qui se voit clairement jusqu'au milieu de la décennie 2000 ; la baisse observée en 2011 provient d'une faible hydraulicité ; en 2012, les précipitations ont été encore plus faibles, mais la progression des autres EnR a compensé le déficit hydraulique ; en 2013 et 2014, la baisse de la consommation (-6,4 % puis -2,2 %) a fait croître la part des EnR ; en 2015, la sécheresse a fait chuter la production hydroélectrique de 27 %, les mauvaises conditions de vent ont réduit la production éolienne, et le redressement de la consommation a contribué à réduire la part des EnR[e 3]:

Parmi les énergies renouvelables, en dehors des énergies électriques (hydraulique, éolien, solaire) qui sont traitées dans l'article Électricité en Espagne, l'essentiel des ressources provient de la biomasse, utilisée soit directement (combustion de bois ou de déchets agricoles pour le chauffage), soit pour produire des biocarburants tels que l'éthanol ou le biodiesel, ou du biogaz. Selon le Conseil Mondial de l'Énergie (World Energy Council), les ressources en résidus agricoles disponibles étaient estimées à 5,8 Mtep en 2008 (avec un potentiel de 12,8 Mtep), et la production de biocarburants était de 257 kt (kilotonnes) pour l'éthanol (capacité de production : 415 kt) et de 150 kt pour le biodiesel (capacité : 322 kt)[15].

Déficit énergétique[modifier | modifier le code]

La dépendance énergétique extérieure de l'Espagne est supérieure à la moyenne de l'Union européenne. Le degré d'autosuffisance en énergie primaire (rapport entre production intérieure et consommation totale d'énergie primaire) a été en 2015 de 27,2 %, autrement dit 72,8 % de l'énergie primaire consommée est importée de l'extérieur. Dans le tableau suivant est détaillée l'évolution du degré d'autosuffisance :

Année degré d'autosuffisance en énergie primaire
1975 22,6
1985 38,9
1995 28,0
1998 25,6
2003 22,1
2008 21,6
2009 22,9
2010 26,1
2011 24,4
2012 26,8
2013 29,7
2014 26,8
2015 27,2
Sources: 1975-1998[16], 2003-2012 : Ministerio de Industria, Turismo y Comercio[e 4]

L'amélioration observée de 2009 à 2013 résulte de la baisse de la consommation d'énergie causée par la crise. La reprise économique à partir de 2014 a fait chuter le degré d'autonomie énergétique.

Consommation intérieure d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

Consommation d'énergie primaire en Espagne, 1973-2011
Source des données : Ministerio de Industria, Turismo y Comercio.
Les agrocarburants sont inclus dans la biomasse.
Répartition de la consommation d'énergie primaire de l'Espagne en 2011
Source données : Ministerio de Industria, Turismo y Comercio.

Les graphiques montrent la prédominance écrasante du pétrole, ainsi que l'impact profond de la crise de 2008 : la consommation totale a baissé de 20,3 % entre 2007 et 2014, et cette baisse a surtout affecté les énergies fossiles : charbon -43 %, pétrole -31 %, gaz naturel -26 %. Le gaz avait progressé très rapidement jusqu'à la crise : +602 % de 1990 à 2008 ; les renouvelables progressent rapidement, mais restent encore minoritaires.

Consommation intérieure brute d'énergie primaire en Espagne par source (Mtep)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2014 2015 % 2015 var.
2015/1990
Charbon 19,27 21,4 20,84 17,2 7,81 6,1 11,41 13,34 11,2 -31 %
Pétrole 45,47 50,5 62,10 51,0 58,16 45,5 46,87 49,26 41,4 +8 %
Gaz naturel 4,97 5,5 15,21 12,5 31,12 24,4 23,66 24,53 20,6 +394 %
Total fossiles 69,71 77,4 98,26 80,6 97,09 76,0 81,95 87,13 73,3 +25 %
Nucléaire 14,14 15,7 16,21 13,3 16,15 12,6 14,93 14,93 12,6 +6 %
Hydraulique 2,19 2,4 2,43 2,0 3,64 2,8 3,37 2,42 2,0 +11 %
Biomasse-déchets 4,07 4,5 4,13 3,4 6,72 5,3 7,01 7,00 5,9 +72 %
Solaire, éolien 0,005 0,01 0,44 0,4 4,86 3,8 7,60 7,45 6,3 ns
Total EnR 6,26 7,0 7,01 5,7 15,22 11,9 17,94 16,87 14,2 +169 %
Solde exp.électricité -0,04 -0,04 0,38 0,3 -0,72 -0,6 -0,29 -0,01 0 ns
Total 90,07 100 121,86 100 127,75 100 114,56 118,92 100 +32 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[2]

La prédominance des combustibles fossiles reste massive, bien que leur part recule légèrement : -4 points en 25 ans ; l'accroissement de 32 % de la demande d'énergie primaire en 25 ans a été couvert pour l'essentiel par le gaz naturel et les énergies renouvelables, en particulier le solaire, l'éolien et la biomasse.

Les conventions de l'Agence internationale de l'énergie utilisées ici minorent le poids des énergies renouvelables électriques (hydraulique, éolien et solaire) : avec celles de l'EIA (voir bilan énergétique), elles représentent 22 % au lieu de 8,3 % ; les EnR représentent donc en réalité 28 % de la consommation d'énergie primaire.

À noter la très forte remontée du charbon en 2011 (+59 %) et en 2012 (+22 %) aux dépens du pétrole et du gaz naturel, du fait de la baisse des prix internationaux du charbon causée par l'effondrement de la consommation de charbon aux États-Unis à la suite du boom du gaz de schiste. Les énergies renouvelables ont légèrement reculé en 2011, la progression du solaire n'ayant pas suffi à compenser la forte baisse de l'hydraulique et celle plus modérée de l'éolien dues aux aléas climatiques ; en 2012, une sécheresse exceptionnelle a fait chuter la production hydroélectrique à un minimum historique, mais la progression de l'éolien et du solaire a permis de compenser cet aléa défavorable ; en 2016, une nouvelle sécheresse cause une forte baisse de la production hydroélectrique, et de mauvaises conditions de vent font reculer l'éolien.

Charbon[modifier | modifier le code]

La consommation intérieure brute de charbon en 2015 s'élevait à 52,43 Mtep (+3,9 %) ; la production nationale a été de 1,3 Mtep (-19,5 %) ; le solde importateur de l'Espagne s'est élevé à 12,27 Mtep (-10,4 %). La consommation des centrales électriques a été de 12,68 Mtep (+32 %), soit 88 % de la consommation totale ; la sidérurgie a consommé 1,08 Mtep (-5 %)[e 5].

Importations de charbon[modifier | modifier le code]

Le solde importateur est passé de 11,33 Mt en 2010 à 16,02 Mt en 2015  ; la progression des importations en 2015 s'explique par le déficit hydraulique, mais aussi par la baisse de 27 % du prix du charbon importé ; les importations proviennent surtout de Colombie, de Russie, d'Indonésie et d'Afrique du Sud[e 6].

Pétrole[modifier | modifier le code]

La consommation d'énergie primaire d'origine pétrolière en 2015 a été de 52,4 Mt (+3,9 %), soit 42,3 % de la consommation d'énergie totale du pays[e 3] ; la consommation finale de produits pétroliers (soutes maritimes incluses, hors autoconsommation des raffineries) a été de 55,2 Mt (+2,5%)[e 7] ; la production nationale de brut a été de 232 kt en 2015 (-24 %)[e 8] ; la quasi-totalité du brut utilisé en Espagne a donc été importée.

Importations de pétrole[modifier | modifier le code]

Les importations de pétrole brut en 2015 proviennent de pays de l'OPEP pour 51,8 % (+8,6 %) ; les importations en provenance de pays hors OPEP ont augmenté de 10,3 %, accroissement concernant surtout le Mexique et la Russie ; le principal pays fournisseur est le Nigeria : 16,7 %[e 8].

Provenance du pétrole brut importé en Espagne (millions de tonnes)[e 9]
Pays 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
Drapeau du Nigeria Nigeria 6,02 4,86 5,04 5,40 5,58 6,91 8,43 7,61 9,90 10,82
Drapeau du Mexique Mexique 7,56 7,18 7,71 5,66 5,93 6,13 8,68 8,94 8,56 8,88
Drapeau de la Russie Russie 11,77 12,74 8,81 8,20 6,58 7,98 8,18 8,13 7,07 7,93
Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite 6,49 5,47 6,40 5,81 6,57 7,66 7,94 8,14 7,24 6,81
Drapeau du Venezuela Venezuela 3,27 2,12 1,87 2,68 0,79 0,42 2,58 2,37 2,92 3,19
Drapeau de l'Algérie Algérie 1,51 0,39 1,63 1,08 1,01 0,54 1,65 3,18 2,08 2,93
Drapeau de l'Irak Irak 3,29 3,25 1,83 2,25 1,90 3,86 4,87 2,01 1,87 2,16
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 0,23 0,69 1,43 1,19 0,40 0,16 0 0,40 1,36 1,79
Drapeau de la Libye Libye 5,53 4,90 5,96 5,04 6,83 1,16 4,89 2,85 1,43 1,60
Drapeau de l'Iran Iran 5,19 4,51 6,80 6,27 7,67 7,49 1,10 0 0 0
Total 60,47 57,51 58,51 52,30 52,46 52,15 58,81 57,87 59,05 64,63
Variation -4,9 % +1,7 % -10,6 % +0,3 % -0,6 % +12,8 % -1,6 % +2,0 % +9,4 %

Les totaux par région sont :

  • Moyen-Orient : 25,4 % en 2006, 37,2 % en 2011, 13,9 % en 2015
  • Afrique : 31 % en 2006, 27,2 % en 2011, 36,3 % en 2015
  • Europe (y c. Russie) : 24,4 % en 2006, 17,2 % en 2011, 19,6 % en 2015
  • Amérique : 18,5 % en 2006, 16,7 % en 2011, 27,3 % en 2015.

Raffineries de pétrole[modifier | modifier le code]

Raffinerie de Puertollano.
Raffinerie de Gibraltar-San Roque.

L’Espagne compte neuf raffineries:

Localisation Propriétaire Nom
Tarragone (Catalogne) Repsol YPF
Puertollano (Castille-La Manche) Repsol YPF Refinería de Puertollano
Carthagène (Murcie) Repsol YPF
Bilbao (Pays basque) Petronor[17]
La Corogne (Galice) Repsol YPF
Castellón (Communauté valencienne) BP BP Oil Refinería de Castellón, S.A.U.
Huelva (Andalousie) Cepsa Refinería La Rábida
San Roque (Andalousie) Cepsa Refinería de Gibraltar-San Roque
Santa Cruz de Tenerife (Îles Canaries) Cepsa Refinería de Santa Cruz de Tenerife

Réseau d'oléoducs[modifier | modifier le code]

La carte du réseau d'oléoducs de l'Espagne[e 10] fait apparaître une structure partant des ports d'approvisionnement, auprès desquels sont situées les huit raffineries (sauf celle de Puertollano), pour alimenter l'intérieur du pays.

Gaz naturel[modifier | modifier le code]

La consommation de gaz naturel s'élevait à 285,94 TWh en 2015, en hausse de 3,9 % par rapport à 2014, mais en baisse de 9,5 % par rapport à 2013[e 11], répartie en :

  • 103,80 TWh (36,3 %) pour l'industrie ;
  • 65,84 TWh (23,0 %) pour les secteurs résidentiel et commercial ;
  • 50,72 TWh (17,7 %) pour la production d'électricité (en baisse de 12,3 % par rapport à 2013 à cause de la concurrence du charbon américain à bas prix) ;
  • 37,14 TWh (13,0 %) pour la cogénération (production combinée de chaleur et d'électricité) ;
  • le reste correspond aux usages non énergétiques (chimie) : 1,8 % et aux pertes et consommations propres de l'industrie gazière : 8,1 %.

Les centrales à cycle combiné utilisant le gaz naturel comme combustible assuraient 20 % de la production électrique en 2015[e 12].

La production nationale de gaz naturel était en 2015 de 0,7 TWh, en progression de 160 % grâce à la mise en production du gisement de Viura ; elle ne couvre que 0,2 % de la consommation du pays[e 13].

Importations-exportations[modifier | modifier le code]

Les importations de gaz naturel ont atteint 365,38 TWh en 2015 (-5 %) :

Répartition des importations par pays de provenance (TWh)[e 14]
Pays 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 % 2015
Drapeau de l'Algérie Algérie 151,77 139,68 128,36 121,47 135,80 150,19 192,04 211,89 218,75 59,9 %
Drapeau du Nigeria Nigeria 96,34 83,30 44,27 75,49 70,70 54,84 37,11 31,65 43,32 11,9 %
Drapeau de la France France nd nd nd nd nd nd 45,56 49,23 36,90 10,1 %
Drapeau du Qatar Qatar 49,53 51,57 45,67 59,07 46,62 40,96 40,64 35,04 33,14 9,1 %
Drapeau de Trinité-et-Tobago Trinité-et-Tobago 24,44 50,20 44,93 32,31 24,89 23,96 22,44 23,48 12,75 3,5 %
Drapeau du Pérou Pérou nd nd nd nd nd nd 16,90 13,97 10,79 3,0 %
Drapeau de la Norvège Norvège 24,69 27,58 35,31 33,77 29,42 40,77 13,37 14,06 7,98 2,2 %
Total 407,14 410,13 369,39 371,50 358,99 354,64 376,18 384,68 365,38 100 %

NB : la rubrique "France" regroupe des importations par gazoducs en provenance de Norvège, Pays-Bas, etc, qui figuraient jusqu'en 2012 dans les importations de ces pays ; à partir de 2013, elles sont attribuées à la France, pays de transit ; les importations par méthaniers restent bien entendu attribuées à leur pays d'origine.

gazoducs transméditerranéens : en bleu, le gazoduc Medgaz de Hassi-R'Mel à Almeria.

La plupart de ces importations (58,3 % en 2015) se font par gazoducs depuis la France, le Portugal et surtout l'Algérie, le reste par méthanier sous forme de GNL. En 2015, 203 cargaisons de méthaniers ont été réceptionnés, soit 28 de moins qu'en 2014, du fait de la taille moyenne croissante des méthaniers et surtout de la part croissante des importations par gazoducs ; les terminaux de Barcelone, Huelva et Sagunto ont reçu les volumes les plus importants. Le gazoduc Medgaz qui achemine le gaz algérien depuis sa mise en service en mars 2011 représente le principal point d'entrée du gaz en Espagne ; les entrées depuis la France ont baissé de 25 %[e 14]. Les exportations ont baissé de 38 % à 56,92 TWh, surtout vers le Portugal (35,3 TWh, +12,3 %), réexpéditions de GNL (16,0 TWh, -73,4 %) et vers la France (5,59 TWh, +1279 %)[e 15].

Le gazoduc Medgaz comporte une section à terre de 547 km de Hassi R'Mel au port de Beni Saf, puis une section sous-marine de 200 km jusqu'à Almeria. Sa capacité est de 8 milliards de m³/an.

Le projet de gazoduc Midi-Catalogne (Midcat) doublerait la capacité de transport de gaz d'Espagne vers la France, grâce à 224 kilomètres de nouvelles canalisations à travers les Pyrénées ; ce projet nécessiterait 3,1 milliards d'euros d'investissements, dont 2,7 milliards à la charge de la France ; l'Espagne pousse ce projet pour rentabiliser ses terminaux méthaniers qui tournent au ralenti. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) critique en 2016 ce projet dont les études préparatoires sont financés par l'Union européenne : selon la CRE, la France est aujourd'hui bien interconnectée avec ses voisins et l'utilité de ce projet n'est pas démontrée[18].

Réseau de gazoducs[modifier | modifier le code]

Le réseau intérieur de gazoducs atteignait 83 830 km (+2,5 %) à fin 2015 ; depuis 2008, il s'est accru de 23 %[e 16].

La capacité des installations de regazéification atteignaient 6,86 Mm3/h (millions de mètres cubes par heure) fin 2015, sans changement depuis 2010[e 17] :

La carte du réseau de gazoducs[e 18] montre une irrigation assez complète du territoire national, avec quatre axes principaux nord-sud reliés par plusieurs connexions est-ouest.

Les capacités de stockage sont de 3,32 TWh dans les terminaux méthaniers AS Gaviota près de Bilbao[e 17], plus 18,34 TWh au stockage sous-marin Gaviota (ancien gisement offshore) à 8 km au large de Bermeo (Biscaye)[19] et 12,89 TWh dans les stockages souterrains de l'intérieur[e 18] :

  • Serrablo (Aragon) : 9,73 TWh ;
  • Marismas (Andalousie) : 1,62 TWh ;
  • Yela (Castille) : 1,54 TWh.

Commercialisateurs[modifier | modifier le code]

Part de marché dans la commercialisation par entreprise (3e trimestre 2010):

Entreprise Pourcentage
Gas Natural 38,71 %
Unión Fenosa Gas 14,59 %
Endesa 11,44 %
Iberdrola 9,20 %
Naturgas 6,42 %
Cepsa 5,57 %
GDF Suez 2,67 %
Shell 2,66 %
BP 2,43 %
E.ON 2,14 %
autres 4,71 %

Énergie nucléaire[modifier | modifier le code]

Les besoins en uranium des centrales nucléaires espagnoles ont été de 1 408 tU en 2015 et 1 163 tU en 2016, entièrement importés[20].

De la production à la consommation finale[modifier | modifier le code]

L'approvisionnement de l'Espagne en énergie primaire provient de la production locale et d'importations, dont il faut soustraire les exportations et les soutes internationales, puis ajouter ou retrancher les variations de stocks.

Ces ressources sont ensuite transformées (moyennant des pertes de transformation et de transport) par la filière énergétique, puis consommées pour des usages non énergétiques (bitume, chimie, …) ou énergétiques : consommation finale d'énergie par les utilisateurs.

Tous ces flux peuvent se résumer en un tableau de bilan énergétique :

BILAN ÉNERGÉTIQUE 2015[e 19]
RESSOURCES kTep % EMPLOIS kTep %
Production d’énergie primaire 34 529 28 % Consommation branche énergie et pertes 36 086 29 %
Importations-exportations+var. stocks+soutes 89 339 72 % Consommation finale non énergétique 3 859 3 %
Consommation finale énergétique 83 923 68 %
Total ressources 123868 100 Total emplois : Consommation d'énergie primaire 123868 100

Consommation d'énergie finale[modifier | modifier le code]

Consommation d'énergie finale en Espagne 1973-2011
source données : Ministerio de Industria, Turismo y Comercio.
Les EnR non électriques sont issues de la biomasse : bois, déchets, biogaz et agrocarburants.

Le graphique ci-contre montre la progression quasi continue des consommations de pétrole, de gaz et d'électricité jusqu'à 2007. Mais la crise de 2008 a causé une chute très importante des consommations : -21 % entre 2007 et 2015 ; cette chute est particulièrement marquée pour le charbon : -37 % et le pétrole : -31 % ; elle est moins marquée pour le gaz : -12 % et l'électricité : -7 % ; les énergies renouvelables thermiques croissent de 24 % en huit ans[e 20].

Consommation finale par type d'énergie (Mtep)
Source d'énergie 1990 2000 2010 2011 2012 2013 2014 2015 % 2015 var.2015
/1990
Charbon 3,42 1,72 1,34 1,61 1,23 1,52 1,14 1,20 6,3 % -65 %
Gaz de houille 0,67 0,24 0,26 0,31 0,27 0,3 % -64 %
Produits pétroliers 34,99 54,89 53,17 50,12 45,54 43,60 42,26 42,88 51,1 % +22,5 %
Gaz naturel 4,60 12,38 14,85 14,49 14,99 15,25 14,78 14,34 17,1 % +212 %
Électricité 10,82 16,21 21,05 20,94 20,66 19,95 19,51 20,00 23,8 % +85 %
Énergies renouvelables thermiques 3,91 3,47 5,37 5,81 6,30 5,29 5,11 5,30 6,3 % +35 %
Biomasse 3,69 4,25 4,09 3,94 4,7 %
Biogaz 0,03 0,04 0,08 0,05 0,1 %
Agrocarburants 1,44 1,66 2,09 1,02 1,2 %
Solaire thermique 0,18 0,20 0,22 0,28 0,3 %
Géothermie 0,02 0,02 0,02 0,02 0,02 %
Total usages énergétiques 58,41 88,91 96,04 93,28 89,00 85,85 83,03 83,97 100 % -3,6
Usages non énergétiques :
Charbon 0,04 0,06 nd 0 0,04
Produits pétroliers 6,58 6,29 5,63 3,62 3,37
Gaz naturel 0,47 0,48 0,35 0,48 0,45
Total consommation finale 97,58 93,29 89,35 87,14 87,74
Source : Ministerio de Industria, Energia y Turismo (La energía en España 2015)[e 19],[e 20],[e 21].

Les énergies renouvelables électriques ont produit 27,5 % de l'électricité du pays en 2015[e 12], soit 6,5 % de la consommation finale ; avec les EnR thermiques (6,3 %), les énergies renouvelables couvrent au total 12,8 % de la consommation finale d'énergie.

La consommation finale se répartit en 2014 de la façon suivante[e 22] :

  • transport : 40,4 %
  • industrie : 25,1 %
  • résidentiel : 18,7 %
  • services : 11,2 %
  • agriculture et pêche : 3,5 %
  • autres : 1,0 %.

La consommation d'énergie des transports se répartit en 2014 comme suit :

  • transport routier : 81,3 %
  • transport aérien : 16,9 %
  • transport fluvial : 1,0 %
  • transport ferroviaire : 0,8 %[e 23].

La répartition par usages de la consommation résidentielle est très différente de la répartition moyenne dans l'Union européenne :

Répartition par usages de la consommation résidentielle[e 24]
Usage Espagne
part en 2014
UE-28
part 2013
chauffage 43,0 % 67,6 %
appareils électriques 26,6 % 12,1 %
eau chaude sanitaire 17,9 % 12,8 %
cuisine 7,7 % 4,7 %
éclairage 4,9 % 2,2 %
air conditionné 1,0 % 0,4 %

Secteur électrique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Électricité en Espagne.
Évolution de la production électrique en Espagne en TWh (1980-2011)
source données : EIA

La production d'électricité en Espagne se caractérise par la prépondérance des centrales thermiques à combustibles fossiles, principalement à charbon et fioul à l'origine, en partie remplacées par le gaz naturel depuis la création de nombreuses centrales à cycle combiné : les combustibles fossiles totalisaient 37,9 % en 2016. Les centrales à gaz ont couvert 27 % de la demande en 2009, devenant la principale source de production électrique, puis sont redescendues à 17 % en 2014, grâce à la baisse de la demande causée par la crise de 2008, à la baisse des prix du charbon qui est repassé en tête avec 19,8 % en 2011 mais ramené à 14,3 % en 2016, et à la forte croissance des énergies renouvelables qui en 2016 produisaient 38,2 % de l'électricité du pays. La production d'énergie hydraulique varie avec les années, en fonction des précipitations (exceptionnellement faibles en 2012 et en 2015), et la couverture de la demande par les autres renouvelables est en progression, stimulée par les subventions accordées par les gouvernements successifs jusqu'en 2012, puis supprimées. Ainsi, tandis qu'en 2005 l'énergie éolienne produisait 7,7 % de l'électricité du pays, en 2016 elle atteignait 18,2 %, et le solaire 4,9 %. Par ailleurs, les 6 centrales nucléaires espagnoles ont vu leur part dans la production électrique faiblir progressivement du fait du gel du parc nucléaire dû au moratoire nucléaire de 1983, alors que la production totale continuait sa croissance au cours des dernières décennies : elles sont passées de 35 % en 1996 à 21,4 % en 2016[21].

Politique énergétique[modifier | modifier le code]

La politique énergétique des pays développés tente de concilier les objectifs de sécurité d'approvisionnement, de contribution de l'énergie à l'amélioration de la compétitivité économique, avec l'intégration des objectifs environnementaux, particulièrement ceux qui concernent les émissions de gaz à effet de serre.

En 1983, le gouvernement socialiste de Felipe González promulgua un moratoire nucléaire (encore en vigueur); alors commença la discussion sur le devenir de l'énergie nucléaire. De nouveau en 2005, avec un gouvernement socialiste et face à la montée des prix des combustibles fossiles importés, se rouvrit le débat sur la nécessité de l'énergie nucléaire, qui continue à être rejetée par le PSOE (et d'autres groupes politiques) et les écologistes, comme ils indiquent que continuent à exister des raisons de poids qui incitent à renoncer à l'énergie nucléaire : les problèmes de sécurité, la future pénurie d'uranium et la difficile gestion des déchets radioactifs annuleraient les avantages des centrales nucléaires, préconisant la fermeture des centrales existantes et la non-construction de nouvelles[22].

À partir du milieu des années 1990, cependant, la politique énergétique s'orienta vers la stimulation des énergies renouvelables, avec un système de primes qui a provoqué le décollage de ces technologies, dont l'énergie éolienne constitue l'exemple de succès le plus accompli, puisqu'en 2016 elle couvre 18,2 % de la demande électrique[21]. Mais le gouvernement Rajoy a supprimé ces primes en 2012, stoppant le développement des énergies renouvelables.

Entre 2004 et 2007, les gouvernements de plusieurs communautés autonomes approuvèrent des lois telles que la Ley de Fomento de las Energías Renovables d'Andalousie[23], qui rendent obligatoire l'installation de panneaux solaires sur les bâtiments de logements de construction neuve ou qui doivent subir une rénovation intégrale, à usage de chauffage et eau chaude, afin de réduire la dépendance du gaz naturel, du gazole et du butane. Cette mesure avait déjà été adoptée antérieurement par les conseils municipaux de diverses cités comme Madrid et Barcelone.

Récemment, en 2011, ont été détectés des gisements pétroliers de taille moyenne au sud de Álava au Pays basque. Il a été décidé de les exploiter pour l'extraction de gaz naturel, bien que des prospections ont encore lieu et que des négociations sont en cours avec l'entreprise américaine Heyco pour mettre en marche le projet.

Impact environnemental[modifier | modifier le code]

Les émissions de CO2 de l'Espagne atteignaient 5,32 tonnes par habitant en 2015[s 6] (France : 4,37 ; Allemagne : 8,93 ; États-Unis : 15,53)[s 7].

Évolution des émissions de CO2 liées à l'énergie
1971 1990 2015 var.
2015/1971
var.
2015/1990
var.UE
2015/1990
Émissions[é 1] (Mt CO2) 119,0 202,6 247,0 +108 % +21,9 % -20,5 %
Émissions/habitant[é 2] (t CO2) 3,44 5,15 5,32 +55 % +3,4 % -25,5 %
Source : Agence internationale de l'énergie

Les émissions ont atteint 333,6 Mt CO2 en 2005, soit 7,64 t CO2/hab ; elles ont reculé depuis lors de 26 % en valeur absolue et de 30 % en t/hab ; l'essentiel de ce recul provient de la crise : -15,4 % entre 2008 et 2010[é 1].

Répartition par combustible des émissions de CO2 liées à l'énergie
Combustible Émissions 2015
Mt CO2
% var.
2015/1990
var.UE
2015/1990
Charbon[é 3] 53,2 21,5 % -29,2 % -41,7 %
Pétrole[é 4] 136,4 55,2 % +16,5 % -18,1 %
Gaz naturel[é 5] 56,4 22,8 % +464 % +24,8 %
Source : Agence internationale de l'énergie
Émissions de CO2 liées à l'énergie par secteur de consommation*
Émissions 2013 part du secteur Émissions/habitant Émiss./hab. UE-28
Secteur Millions tonnes CO2 % tonnes CO2/hab. tonnes CO2/hab.
Secteur énergie hors élec. 21,0 8,5 % 0,45 0,42
Industrie et construction 54,9 22 % 1,18 1,60
Transport 87,6 35 % 1,89 1,78
dont transport routier 78,7 32 % 1,70 1,66
Résidentiel 40,1 16 % 0,86 1,40
Autres 43,4 18 % 0,94 1,08
Total 247,0 100 5,32 6,28
Source : Agence internationale de l'énergie[é 6]
* après ré-allocation des émissions de la production d'électricité et de chaleur aux secteurs de consommation

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. p. 13
  2. p. 15
  3. p. 19
  4. p. 23
  5. p. 25
  6. a, b, c et d p. 69
  7. a, b, c et d p. 60-69
  • (es)[PDF]Secretaría de Estado de Energía, La energía en España 2015, Ministerio de Industria, Energia y Turismo (lire en ligne)
  1. p. 87
  2. p. 85
  3. a et b p. 32
  4. p. 36
  5. p. 85-87
  6. p. 88
  7. p. 129
  8. a et b p. 130
  9. p. 344-345
  10. p. 330
  11. p. 105
  12. a et b p. 40
  13. p. 106
  14. a et b p. 107
  15. p. 108
  16. p. 326
  17. a et b p. 327
  18. a et b p. 328
  19. a et b p. 31-32
  20. a et b p. 341
  21. p. 190
  22. p. 155
  23. p. 162
  24. p. 171
  1. a et b p.94
  2. p.130
  3. p.97
  4. p.100
  5. p.103
  6. p.115
  • Autres références
  1. (es)Instalaciones Petronor. Consulté le 3/4/2010.
  2. a, b et c (en)Spain : Balances for 2015, Agence internationale de l’énergie, 19 septembre 2017.
  3. (es)INE 2,3 % en 2009.
  4. Spain : Indicators for 2015, Agence internationale de l'énergie, 19 septembre 2017.
  5. (en) Spain : Electricity and Heat for 2015, Agence internationale de l'énergie, 19 septembre 2017.
  6. a et b (es)Luis Gutiérrez Jodra, « España y la energía: un punto de vista académico », (consulté le 21 décembre 2010), p. 83-103
  7. (en) [PDF] BP Statistical Review of World Energy June 2017, BP, juin 2017.
  8. Valéry Laramée de Tannenberg, L’Europe fait la chasse au charbon, Journal de l'Environnement, 31 mai 2016.
  9. (es) « Spain steps up its targets for clean energy supply. », Utility Week, vol. 24, no 4,‎ , p. 14
  10. (es) « Wind Power in Spain », MIT Technology Review,‎ (lire en ligne)
  11. (es)« Plan de Acción Nacional de Energías Renovables 2011-2020 »
  12. (en)Spanish government halts PV, CSP feed-in tariffs, site Solar Server.
  13. Gaelle Lucas,L'énergie renouvelable a coûté 50 milliards d'euros à l'Espagne, 5/02/2014, page vue le 6/02/2014
  14. (es)« World Wind Energy Report 2011 »
  15. (en)[PDF]World Energy Council (WEC), WEC survey of energy resources 2010, World Energy Council (WEC) - Conseil Mondial de l’Énergie, (lire en ligne)
  16. (es) Antonio Rayo Romero, Guzmán Cuevas Joaquín; Santos Cumplido Francisco Javier, Curso de estructura económica española, Ediciones Pirámide (ISBN 84-368-1536-X)
  17. Petronor (Petroleos del Norte) filiale de Repsol YPF
  18. Energie : l’afflux de projets d’interconnexion inquiète le régulateur, Les Échos, 15 juin 2016.
  19. (es) Almacenamiento subterráneo de gas natural Gaviota, Enagas.
  20. Données sur l’énergie nucléaire 2017 (pages 27 et 28), OCDE-NEA (Agence pour l'énergie nucléaire), 2017.
  21. a et b (es)REE, El sistema eléctrico español 2016 (Rapport annuel 2016 de REE sur le système électrique espagnol), Red Eléctrica de España, (lire en ligne), p. 31
  22. (es)annonce de la table ronde de dialogue sur un site anti-nucléaire, sur le site www.rebelion.org.
  23. (es) Loi des énergies andalouses

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]