Énergie aux Pays-Bas

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Énergie aux Pays-Bas
Image illustrative de l'article Énergie aux Pays-Bas
Centrale Claus, la plus grande centrale à gaz des Pays-Bas, à Maasbracht en 2011
Bilan énergétique (2014)
Offre d'énergie primaire (TPES) 73 M tep
(3 054,3 PJ)
par agent énergétique gaz naturel : 39,5 %
pétrole : 39,1 %
charbon : 12,3 %
électricité : 4,1 %
Énergies renouvelables 0,9 %
Consommation totale (TFC) 42,6 M tep
(1 781,7 PJ)
par habitant 2,5 tep/hab.
(105,7 GJ/hab.)
par secteur ménages : 21,4 %
industrie : 31 %
transports : 24,2 %
services : 14,9 %
agriculture : 7,9 %
pêche : 0,4 %
Électricité (2014)
Production 103,42 TWh
par filière thermique : 81,2 %
biomasse/déchets : 6,4 %
éoliennes : 5,6 %
nucléaire : 4 %
autres : 0,9 %
hydro : 0,1 %
Combustibles (2014 - Mtep)
Production pétrole : 2,09
gaz naturel : 50,13
charbon : 0
Commerce extérieur (2014 - Mtep)
Importations électricité : 2,83
pétrole : 143,62
gaz naturel : 20,87
charbon : 28,67
Exportations électricité : 1,56
pétrole : 101,92
gaz naturel : 42,09
charbon : 18,87
Sources
Agence internationale de l'énergie[1]

Le secteur de l'énergie aux Pays-Bas est historiquement marqué par son gisement de gaz de Groningue ainsi que par le rôle majeur du port de Rotterdam, principal point d'entrée des importations européennes d'hydrocarbures. L'énergie nucléaire a aussi joué un rôle modeste. Enfin, les Pays-Bas développent depuis plusieurs années une politique d'incitation aux énergies renouvelables, en particulier aux éoliennes.

En 2014, l'approvisionnement en énergie primaire du pays provient à 90,9 % des combustibles fossiles (gaz naturel : 39,5 %, pétrole : 39,1 %, charbon : 12,3 %), du nucléaire pour 1,5 %, des énergies renouvelables pour 5,9 % et des importations d'électricité pour 1,7 %.

La production d'électricité se répartissait en 83 % d'énergies fossiles (gaz 49,8 %, charbon 31,3 %, pétrole 1,8 %), 4 % de nucléaire et 13 % d'énergies renouvelables (éolien 5,6 %, déchets 3,4 %, biomasse 3,0 %, solaire 0,8 %).

Les émissions de CO2 liées à l'énergie aux Pays-Bas sont parmi les plus élevées en Europe : 8,80 tonnes de CO2 par habitant en 2014, supérieures de 42 % à la moyenne de l'Union européenne (6,22 t/hab, presque aussi élevées qu'en Allemagne : 8,93 tonnes/hab, et plus de deux fois supérieures à celles de la France : 4,32 t/hab).

Vue d'ensemble[modifier | modifier le code]

Principaux indicateurs de l'énergie aux Pays-Bas[2]
Population Consommation
énergie primaire
Production Importation
nette
Consommation
électricité
Émissions
de CO2
Année Million Mtep Mtep Mtep TWh Mt CO2éq
1990 14,95 65,71 60,56 17,63 78,02 144,85
2000 15,92 75,47 57,90 35,63 103,63 161,49
2008 16,44 79,73 66,64 34,92 117,97 164,29
2009 16,53 78,06 63,07 35,72 113,34 159,52
2010 16,61 83,50 69,89 31,32 116,41 169,96
2011 16,69 77,40 64,42 29,59 117,85 158,04
2012 16,75 77,85 64,73 29,81 115,22 156,04
2013 16,80 77,30 69,28 25,27 114,84 155,72
2014 16,86 72,95 58,53 30,51 113,21 148,34
variation
1990-2014
+12,8 % +11,0 % -3,4 % +73,1 % +45,1 % +2,4 %

Comparaisons internationales[modifier | modifier le code]

Dans les classements mondiaux de l'Agence internationale de l'énergie, les Pays-Bas apparaissent :

  • au 10e rang des importateurs de pétrole brut en 2014, avec 54 Mt, soit 2,8 % du total des importations mondiales[k 1] ;
  • au 7e rang des importateurs d'électricité en 2014, avec 15 TWh, soit 4,2 % du total des importations mondiales[k 2].

Dans les classements mondiaux établis par Observ'ER pour la production d'énergies renouvelables, les Pays-Bas apparaissent au 10e rang pour la production d'électricité à partir de biomasse : 7,2 TWh en 2012 (2,2 % du total mondial) ; au 1er rang les États-Unis produisaient 63,3 TWh, et l'Allemagne, au 3e rang : 41,4 TWh[3].

Au niveau européen, les Pays-Bas figurent en 2012[4] :

  • au 10e rang pour la puissance installée éolienne fin 2012 : 2 434 MW ;
  • au 5e rang pour la puissance installée éolienne offshore : 228 MW ;
  • au 9e rang pour la production d'électricité éolienne : 4 999 GWh ;
  • au 13e rang pour la puissance installée photovoltaïque : 365 MW et pour la production d'électricité photovoltaïque : 253,8 GWh ;
  • au 8e rang pour le parc installé de pompes à chaleur : 189 068 PAC (198 ktep de chaleur renouvelable) ;
  • au 6e rang pour la production de biogaz : 297,5 ktep ;
  • au 6e rang pour la production d'électricité à partir de biomasse solide : 3 960 GWh.

Production d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

Production d'énergie primaire aux Pays-Bas par source (Mtep)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2011 2012 2013 2014 % 2014 var.
2014/1990
Pétrole 4,07 6,7 2,65 4,6 1,64 2,3 1,64 1,69 1,74 2,09 3,6 -49 %
Gaz naturel 54,60 90,2 52,17 90,1 63,41 90,7 57,73 57,42 61,75 50,13 85,7 -8 %
Total fossiles 58,67 96,9 54,83 94,7 65,05 93,1 59,37 59,11 63,49 52,22 89,2 -11 %
Nucléaire 0,91 1,5 1,02 1,8 1,03 1,5 1,08 1,02 0,75 1,07 1,8 +17 %
Hydraulique 0,007 0,01 0,01 0,02 0,01 0,01 0,005 0,01 0,01 0,01 0,02 +43 %
Biomasse-déchets 0,95 1,6 1,94 3,3 3,40 4,9 3,47 4,09 4,44 4,59 7,8 +373 %
Solaire, éolien 0,007 0,01 0,10 0,2 0,39 0,6 0,49 0,50 0,59 0,64 1,1 x92
Total EnR 0,96 1,6 2,05 3,5 3,80 5,4 3,97 4,60 5,04 5,24 9,0 +433 %
Total 60,54 100 57,90 100 69,88 100 64,42 64,73 69,28 58,53 100 -3 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[1]

En 2014, la production d'énergie des Pays-Bas couvrait 80,2 % des besoins en énergie primaire du pays (89,6 % en 2013)[1], taux d'indépendance énergétique parmi les meilleurs d'Europe. Elle a fortement augmenté de 1963 (431 PJ) à 1974 (2 819 PJ) grâce à la mise en exploitation du gisement de Groningue ; ensuite, elle a assez peu varié depuis 40 ans, avec deux pics en 1977 (3 245 PJ) et 1996 (3 140 PJ)[5].

Gaz naturel[modifier | modifier le code]

Carte des gisements gaziers néerlandais, dont le champ principal situé sous Groningue
Article détaillé : Groningue (gisement).

La production de gaz naturel des Pays-Bas est très importante : 2 406 PJ en 2012, soit 89 % de la production totale d'énergie du pays ; elle couvre largement les besoins en gaz du pays (1 373 PJ) et l'excédent est exporté (939 PJ d'exportation nette en 2012). Démarrée en 1953, elle est restée modeste jusqu'en 1964 (28 PJ), puis a décollé jusqu'à atteindre un pic à 3 100 PJ en 1977 ; ensuite elle a régressé jusqu'à 2 285 PJ en 1982, puis s'est stabilisée entre 2 200 et 2 500 PJ depuis 30 ans[5].

Le gisement de Groningue, le plus grand gisement de gaz naturel d'Europe occidentale, fut découvert en 1959, dans la province de Groningue au nord des Pays-Bas. Les réserves furent évaluées à quelque 2 820 Unité de l'industrie du pétrole et du gazGm⋅3 (soit 100 Tcf, ou 17 Gep), ce qui en faisait un des plus gros gisements connus dans le monde. Le gouvernement incita les particuliers et les industries à convertir leurs équipements pour utiliser du gaz au lieu de charbon. L'infrastructure de distribution nécessaire fut mise en place, et Groningue alimenta une conversion massive de l'économie néerlandaise à ce combustible, favorisant de plus les exportations. Les mines de charbon du pays furent fermées.

En 1975, Groningue produisit environ 80 Gm3 de gaz, soit 80 % de la production du pays. Mais à cette époque la politique changea : les chocs pétroliers ayant prouvé que les hydrocarbures étaient plus précieux qu'on ne le pensait, et l'optimisme sur l'avenir de l'énergie nucléaire étant de plus en plus remis en cause, il fut alors décidé de :

  1. Limiter la production de gaz de Groningue en dessous de sa capacité technique.
  2. Développer aussi vite les petits gisements (inférieurs d'au moins deux ordres de grandeur en taille), dont environ la moitié sont offshore. Groningue restera un fournisseur majeur de gaz européen jusqu'en 2030 au moins.

Pétrole[modifier | modifier le code]

La production de pétrole des Pays-Bas n'a jamais été très importante : en 2012, elle atteint 63 PJ, soit 2,3 % de la production d'énergie du pays ; depuis 1946, elle n'a dépassé 100 PJ qu'en 1965 et 1966 ainsi que de 1983 à 2004, avec un pic à 214 PJ en 1986[5].

Charbon[modifier | modifier le code]

La production de charbon des Pays-Bas couvrait la majeure partie des besoins d'énergie dans l'immédiat après-guerre : 241 PJ sur 362 PJ en 1946 ; elle a connu un pic à 350 PJ en 1952, puis a décliné jusqu'à son arrêt définitif en 1975[5].

Importations et exportations d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

En 2014, les importations d'énergie primaire des Pays-Bas ont atteint 196,65 Mtep et leurs exportations 166,14 Mtep[1] ; le solde importateur de 30,51 Mtep représente 42 % de la consommation d'énergie primaire du pays contre 80 % pour la production nationale (taux d'indépendance énergétique) ; les ressources (production nationale + solde importateur) couvrent en effet, outre la demande intérieure (consommation d'énergie primaire), les soutes internationales (consommation d'énergie des moyens de transport internationaux maritimes et aériens), très importantes aux Pays-Bas (16,2 Mtep en 2014)[1] du fait du trafic très important des ports de Rotterdam, premier port européen et quatrième port mondial, et d'Amsterdam, ainsi que des aéroports de Rotterdam et d'Amsterdam.

Pétrole[modifier | modifier le code]

Les importations de pétrole brut (56,3 Mtep) et de produits pétroliers (87,3 Mtep) de 2014 représentent 73 % des importations d'énergie du pays ; la majeure partie est réexportée : 1,2 Mtep de brut et 100,8 Mtep de produits pétroliers, après raffinage du brut importé ; Rotterdam est le principal port d'importation de pétrole en Europe. La consommation intérieure de pétrole (25,5 Mtep) ne représente que 18 % des importations[1].

Gaz naturel[modifier | modifier le code]

Les Pays-Bas ont importé 20,9 Mtep de gaz naturel en 2014 et en ont exporté 42,1 Mtep ; le solde exportateur de 21,2 Mtep représente 42 % de la production nationale[1].

Demande d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

La consommation totale d'énergie primaire des Pays-Bas atteignait 72,95 Mtep en 2014, soit 4,33 tep par habitant[k 3] (France : 3,67 ; Allemagne : 3,78)[k 4].

En 2014, la consommation intérieure d'énergie primaire du pays provient à 90,9 % des combustibles fossiles (gaz naturel : 39,5 %, pétrole : 39,1 %, charbon : 12,3 %), du nucléaire pour 1,5 %, des énergies renouvelables pour 5,9 % (surtout biomasse-déchets : 5,0 %) et des importations d'électricité pour 1,7 %[1].

Raffinage[modifier | modifier le code]

Les Pays-Bas disposent de six raffineries, dont cinq à Rotterdam :

  • Raffinerie de Flessingue[6] (Total et Lukoil) : 180 000 barils par jour ;
  • Raffinerie de Rotterdam Shell[7] : 420 000 bbl/j ;
  • Raffinerie de Rotterdam BP[8] : 380 000 bbl/j ;
  • Raffinerie de Rotterdam ExxonMobil[9] : 220 000 bbl/j ;
  • Raffinerie de Rotterdam Q8 (Kuwait Petroleum Corporation)[10] : 100 000 bbl/j ;
  • Raffinerie de Rotterdam Neste Oil[11] : 16 000 bbl/j (raffinerie de biodiesel mise en service en 2011).

Oléoducs et gazoducs[modifier | modifier le code]

Gazoduc BBL, long de 235 km, reliant les Pays-Bas au Royaume-Uni.

Le BBL Pipeline relie le terminal gazier de Bacton en Angleterre à la côte néerlandaise près de La Haye ; mis en service fin 2006, il a une capacité de 19 milliards de m3 par an et permet l'exportation de gaz néerlandais et russe vers le Royaume-Uni.

Le terminal GNL de Rotterdam Gate Terminal, mis en service en 2011 par Gasunie et Vopak, a une capacité de regazéification de 12 milliards de m³/an et de stockage de 540 000 m³[12],[13].

Consommation finale d'énergie[modifier | modifier le code]

En 2014, la consommation finale d'énergie des Pays-Bas a atteint 56,74 Mtep (dont 15,4 % d'électricité et 4,6 % de chaleur de réseau)[1], répartis en :

  • industrie : 13,18 Mtep (23,2 %) ;
  • transport : 10,28 Mtep (18,1 %) ;
  • ménages : 9,12 Mtep (16,1 %) ;
  • tertiaire : 6,33 Mtep (11,1 %) ;
  • agriculture : 3,38 Mtep (6,0 %) ;
  • usages non énergétiques (chimie) : 14,19 Mtep (25,0 %).

Acteurs du marché[modifier | modifier le code]

Siège social de Shell à La Haye aux Pays-Bas au 23, rue Carel van Bylandtlaan.

Shell, multinationale pétrolière anglo-néerlandaise, a son siège à La Haye, figure en 2012 au 1er rang mondial des entreprises pétrolières ainsi qu'au 1er rang mondial des entreprises tous secteurs en termes de chiffre d'affaires.

Siège social de Gasunie à Groningue.

N.V. Nederlandse Gasunie, usuellement abrégé en Gasunie[14], est l'entreprise semi-publique fondée en 1963 par l'état néerlandais (50 %), Royal Dutch Shell (25 %) et ExxonMobil (25 %) pour vendre et distribuer le gaz naturel de la province de Groningue. En 2005, ses activités de négoce de gaz ont été transférées à GasTerra, appartenant aux deux actionnaires privés, et Gasunie, désormais propriété à 100 % de l'état, n'a conservé que le réseau de gazoducs : 12 000 km aux Pays-Bas, 3 100 km en Allemagne, ainsi que 60 % des parts du gazoduc BBL, long de 235 km, reliant les Pays-Bas au Royaume-Uni, et 42,5 % de Gate Terminal, le premier terminal d'importation de GNL des Pays-Bas, sur le Maasvlakte à Rotterdam.

Secteur électrique[modifier | modifier le code]

Puissance installée[modifier | modifier le code]

Au 31 décembre 2012, les Pays-Bas disposaient de 29,9 GW de puissance installée (6 449 installations)[15], répartie en :

  • centrales de cogénération (4408 installations): 12728 MWe et 68,3 TJ/h de chaleur, dont :
    • moteurs à combustion interne (4250 installations): 3602 MWe et 17,5 TJ/h ;
    • turbines à vapeur (35 centrales): 2090 MWe et 11,2 TJ/h ;
    • centrales à cycle combiné gaz (50 centrales): 5956 MWe et 27,2 TJ/h ;
    • turbines à gaz (67 centrales): 1062 MWe et 12,4 TJ/h ;
  • centrales électriques (2041 installations) : 17 188 MW, dont :
    • turbines à vapeur (24 centrales): 6 270 MW ;
    • centrales à cycle combiné gaz (12 centrales): 7 171 MW ;
    • turbines à gaz (5 centrales): 357 MW ;
    • centrale nucléaire (1 centrale) : 510 MW ;
    • centrales hydroélectriques (7 centrales): 37 MW ;
    • éoliennes (1984 éoliennes) : 2 434 MW ;
    • solaire : 365 MW ;
    • autres (11 installations) : 53 MW.

Production d'électricité[modifier | modifier le code]

Production d'électricité aux Pays-Bas par source (TWh)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2011 2012 2013 2014 % 2014 var.
2014/1990
Charbon 27,52 38,3 27,11 30,2 25,80 21,6 24,74 27,31 27,54 32,42 31,3 +18 %
Pétrole 3,11 4,3 2,64 2,9 1,25 1,0 1,41 1,06 1,20 1,91 1,8 -39 %
Gaz naturel 36,60 50,9 51,52 57,5 75,33 63,2 69,47 56,59 56,10 51,52 49,8 +41 %
Total fossiles 67,24 93,5 81,28 90,7 102,38 85,8 95,62 84,96 84,84 85,85 83,0 +28 %
Nucléaire 3,50 4,9 3,93 4,4 3,97 3,3 4,14 3,91 2,89 4,09 4,0 +17 %
Hydraulique 0,08 0,1 0,14 0,2 0,10 0,1 0,06 0,10 0,11 0,11 0,1 +32 %
Biomasse 0,12 0,2 0,72 0,8 5,28 4,4 5,02 4,97 3,88 3,11 3,0 +2364 %
Déchets 0,93 1,3 2,48 2,8 3,33 2,8 3,77 3,99 3,77 3,53 3,4 +279 %
Éolien 0,06 0,08 0,83 0,9 3,99 3,3 5,10 4,98 5,63 5,80 5,6 +10252 %
Solaire 0,008 0,01 0,06 0,01 0,10 0,23 0,49 0,79 0,8 ns
autres 0,25 0,3 0,15 0,1 0,15 0,15 0,12 0,14 0,1 ns
Total EnR 1,20 1,7 4,18 4,7 12,81 10,7 14,05 14,42 14,00 13,48 13,0 +1023 %
Total 71,94 100 89,63 100 119,27 100 113,96 103,30 101,74 103,42 100 +44 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[16]

Thermique fossile[modifier | modifier le code]

Amercentrale (centrale de l'Amer) à Mont-Sainte-Gertrude.

La centrale de l'Amer (Amercentrale) une centrale au charbon de la compagnie Essent, sur la rive gauche de la rivière Amer dans la commune de Mont-Sainte-Gertrude (Geertruidenberg) dans la province du Brabant-Septentrional ; cette centrale mise en service en 1952 est la plus puissante centrale au charbon des Pays-Bas, avec deux groupes qui produisent 1 245 MW d'électricité plus 600 MW de chaleur pour le chauffage urbain et les serres horticoles.

Centrale de Hemweg en 2009.

La centrale de Hemweg (Nuon-Vattenfall) au nord d'Amsterdam dispose d'une unité à charbon (1994) de 630 MW et d'une unité à gaz (1979) qui va être remplacée par une nouvelle unité de 435 MW au rendement record de 59 %[17].

La centrale à cycle combiné gaz de Magnum de Nuon-Vattenfall (1311 MWe) à Eemshaven près de Groningue a été mise en service en 2012-2013 ; elle a un rendement de 58 % ; Vattenfall souhaite en faire un cycle combiné à gazéification intégrée qui transformera du charbon et de la biomasse en gaz, mais un accord avec les associations environnementalistes l'engage à repousser ce projet à 2020[18].

Centrale de l'Eems à Eemshaven en 2012.
Centrale de Maasvlakte en 2010.
Opérateur Site (unités) Ville Combustible MWe Mise en service réf.
EDF/DELTA Sloe Vlissingen Gaz naturel 870 2010 [19]
GDF SUEZ Energie Nederland Eems Eemshaven Gaz naturel 1750 1996 [20],[19]
Nuon Magnum Eemshaven Gaz naturel 1311 2013 [18],[19]
GDF SUEZ Energie Nederland Flevo Maxima Lelystad Gaz naturel 880 2010 [21],[19]
Essent Claus (A et C) Maasbracht Gaz naturel 1900 1977 (unité C en 2012) [19]
Eneco/Dong Energy Enecogen Gaz naturel 870 2011 [19]
Essent Moerdijk Gaz naturel 769 1997 [19]
Nuon Lage Weide & Merwedekanaal Utrecht Gaz naturel 474 MWe et 470 MWth 1995 [22],[19]
Essent Swentibold Gaz naturel 231 1999
EPZ Borssele (BS12) Borssele Charbon 426 1988
GDF SUEZ Energie Nederland Gelderland (CG13) Nijmegen Charbon/biomasse 602 1982 [23],[24]
E.ON Maasvlakte (MV1 and MV2) Rotterdam Charbon/biomasse 1040 1988 [24]
E.ON Maasvlakte (MPP3) Rotterdam Charbon 1070 2013 [25],[24]
Essent Amercentrale (AC8 et AC9) Geertruidenberg Charbon/biomasse 1245 1981 (AC9 en 1994) [24]
NUON Hemweg (HW8) Amsterdam Charbon 630 1995 [17],[24]

centrales en construction :

  • Eemshaven (RWE Energy Nederland) : 2x800 MW, charbon/biomasse, chantier lancé en 2009, mise en service attendue en 2014[24].
  • Maasvlakte Electrabel (GDF SUEZ Energie Nederland) : 800 MW, charbon/biomasse, chantier lancé en 2009, mise en service attendue en 2013[24].

Nucléaire[modifier | modifier le code]

Site de la Centrale nucléaire de Borssele en 2005.

La seule centrale nucléaire en activité aux Pays-Bas est la centrale nucléaire de Borssele, dotée d'un réacteur à eau pressurisée de 485 MWe mis en service en 1973 près du village de Borssele sur la presqu'île de Zuid-Beveland, en Zélande, au sud du pays. À l'origine, elle avait été construite principalement pour fournir de l'électricité à coût modéré pour une fonderie d'aluminium, installée à proximité par le groupe français Pechiney, qui pendant de nombreuses années a consommé les deux tiers de la production de la centrale. Elle appartenait à la société EPZ, filiale commune (50/50) aux groupes Essent et Delta. Après le rachat d'Essent par l'allemand RWE, les parts d'Essent dans EPZ ont été transférées à une nouvelle compagnie (Energy Resources Holding, ERH) appartenant aux autorités provinciales et municipales, dont celles qui étaient déjà à l'origine actionnaires d'Essent.

La politique gouvernementale a changé à plusieurs reprises au sujet du nucléaire : en 1994, le gouvernement et le parlement décidèrent de fermer la centrale de Borssele en 2004. Mais, à la suite des actions en justice des propriétaires et des employés de la centrale et de changements politiques en 2002, la fermeture fut repoussée à 2013, ce qui laissait la centrale accomplir exactement sa durée de vie initialement prévue de 40 ans. Au cours des dernières années l'énergie nucléaire est devenue moins sujette à controverses aux Pays-Bas et est de plus en plus considérée comme l'un des moyens de réduire les émissions de CO2 et d'accroître l'indépendance énergétique nationale. Finalement, le gouvernement a décidé en 2006 que Borssele resterait en fonctionnement jusqu'en 2033.

Delta a déposé en 2009 un dossier préliminaire auprès du ministère concerné en vue de l'autorisation pour la construction d'un nouveau réacteur à Borssele, dont elle prévoyait la mise en service pour 2018[26] ; la demande finale d'autorisation devait être déposée en 2011, pour un réacteur de 1000 à 1 600 MW ; mais en janvier 2012, Delta a annoncé le report pour deux ou trois ans de sa décision de construire, du fait du climat défavorable causé par la crise : faible demande, bas prix de gros de l'électricité, surcapacité, etc. ERH avait également annoncé en 2010 son intention de construire une nouvelle centrale pouvant atteindre 2 500 MW, dont le chantier aurait débuté en 2015 pour s'achever en 2019[27].

La centrale nucléaire de Dodewaard (58 MWe), la première centrale nucléaire construite aux Pays-Bas, mise en service en 1969, a été définitivement arrêtée en 1997, sept ans avant l'échéance initiale, et est en cours de démantèlement.

Les deux réacteurs de Petten (réacteur à haut flux - HFR 45 MWth et réacteur à bas flux -LFR 30 kW), mis en service en 1960, sont des réacteurs de recherche et d'essais, et produisent des radio-isotopes à usage médical (60 % des besoins européens et 30 % des besoins mondiaux) ; le HFR appartient à la Commission européenne ; le gouvernement néerlandais a approuvé en janvier 2012 le remplacement du HFR par un nouveau réacteur : Pallas, qui serait mis en service en 2022[27].

L'université de technologie de Delft possède en outre un réacteur de recherche de 2 MWth[28].

Énergies renouvelables[modifier | modifier le code]

En 2012, les Pays-Bas se classent au 22e rang européen pour la part des énergies renouvelables dans la consommation brute d'électricité : 10,5 % (10,1 % en 2011) ; l'Autriche, placée au 1er rang, est à 68,3 % d'EnR et la Suède à 67,1 %, l'Allemagne (11e) à 24 % et la France (14e) à 16,1 %[4].

Les Pays-Bas produisent 12,2 % de leur électricité à partir d'énergies renouvelables (EnR) en 2012 : éolien (4,8 %), biomasse (7,0 %), hydraulique (0,1 %), solaire (0,2 %)[29].

Évolution de la production brute d'électricité des énergies renouvelables (TWh)[29]
Source 2002 2009 2010 2011 2012 part 2012* 2012/2011 2012/2002**
Hydraulique 0,11 0,098 0,105 0,1 0,1 0,1 % 0 % -0,9 %
Éoliennes 0,946 4,6 4,0 4,7 4,9 4,8 % +4,6 % +18 %
Biomasse 2,9 6,1 7,0 7,1 7,2 7,1 % +1,1 % +9,4 %
dont biomasse solide 1,3 3,6 4,2 4,0 3,9 3,8 % -0,7 % 11,9 %
dont biogaz 0,324 0,914 1,0 1,1 1,1 1,1 % +0,4 % +12,6 %
dont déchets municipaux 1,2 1,5 1,6 1,7 1,8 1,8 % +5,7 % +5,8 %
Solaire 0,017 0,046 0,06 0,1 0,236 0,2 % +136 % +30 %
Production brute EnR 4,0 10,8 11,2 12,0 12,4 12,2 % +3,6 % +12,1 %
Part EnR/prod.élec.* 4,2 % 9,6 % 9,5 % 10,7 % 12,2 %
* part 2012 : part dans la production totale d'électricité ; ** 2012/2002 : taux de croissance moyen annuel.
Biomasse[modifier | modifier le code]

La biomasse a fourni 57,6 % de la production d'électricité d'origine renouvelable et 7,0 % de la production totale d'électricité en 2012, en progression de 1,1 % par rapport à 2011 et de 9,4 % par an sur 10 ans[29].

Éolien[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Énergie éolienne aux Pays-Bas.

L'énergie éolienne est de plus en plus utilisée dans le pays. Les sites d'implantations sont terrestres et offshore.

Solaire[modifier | modifier le code]

En 2014, les Pays-Bas ont installé 400 MWc en photovoltaïque ; leur puissance cumulée de 1 123 MWc fin 2014 les classe au 18e rang mondial et au 12e rang européen ; un système d'enchères inversées a été expérimenté[30].

Le solaire photovoltaïque représentait seulement 1,9 % de la production d'électricité d'origine renouvelable et 0,2 % de la production totale d'électricité en 2012, mais sa progression en 2012 a été de 136 %, la capacité ayant triplé en un an grâce à l'atteinte de la parité réseau dans le secteur résidentiel et à l'éligibilité récente du photovoltaïque au programme national de subventions "Energy and Innovation"[29].

Hydroélectricité[modifier | modifier le code]

L'hydroélectricité représente seulement 0,8 % de la production d'électricité d'origine renouvelable et 0,1 % de la production totale d'électricité en 2012[29].

Transport et distribution[modifier | modifier le code]

Importations et exportations[modifier | modifier le code]

Tracé de BritNed.

Les Pays-Bas sont reliés au Royaume-Uni par un câble sous-marin : BritNed, liaison de transport d'électricité en courant continu à très haute tension avec le Royaume-Uni d'une capacité de 1 000 MW, co-gérée par TenneT et son homologue britannique National Grid.

Tracé de NorNed.

De même, ils sont reliés à la Norvège par une liaison de transport d'électricité en courant continu à très haute tension : NorNed, reliant le village de Feda au sud de la Norvège et le port d'Eemshaven aux Pays-Bas, dont la capacité est de 700 MW, co-gérée par TenneT et son homologue norvégien Statnett. Elle a été installée en décembre 2007 et mise en service le 6 mai 2008. Avec 580 km, NorNed est le câble électrique sous-marin le plus long au monde.

Une nouvelle interconnexion HVDC est par ailleurs envisagée entre le Danemark (Energinet.dk) et les Pays-Bas (TenneT), dans un projet intitulé Cobra. Son but est de développer plus avant le marché européen de l'électricité, mais aussi de mieux intégrer les énergies renouvelables (éolien notamment) dans le réseau électrique[31].

Les échanges internationaux d'électricité des Pays-Bas ont été en 2012, selon ENTSO-E[32] :

Échanges extérieurs physiques d'électricité des Pays-Bas
GWh 2012
Pays Export Import Solde
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 6 073 254 -5 819
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 744 22 561 +21 817
Drapeau de la Norvège Norvège 93 5 645 +5 552
Drapeau de la Belgique Belgique 8 017 3 697 -4 320
Total 14 927 32 157 +17 230
soldes : + = importateur ; - = exportateur

Bilan électrique[modifier | modifier le code]

Le bilan électrique est un sous-ensemble du bilan énergétique qui retrace les flux énergétiques depuis l'approvisionnement en électricité jusqu'à la consommation finale :

Bilan électrique des Pays-Bas 1995-2012[33]
Flux en TWh 1995 2000 2005 2008 2009 2010 2011 2012 2012/1995
Production nationale 80,9 89,6 100,4 108,2 113,5 118,1 113,0 102,5 +26,7 %
Importations 12,0 22,9 23,7 25,0 15,5 15,6 20,6 32,2 +168 %
Exportations 0,6 4,0 5,4 9,1 10,6 12,8 11,5 15,0 ns
Total approvisionnement 92,3 108,5 118,7 124,1 118,4 120,9 122,1 119,6 +29,6 %
Pertes 3,5 4,1 4,5 4,7 4,4 4,5 4,6 4,5 +30 %
Consommation brute= 88,3 104,2 113,9 119,2 113,3 116,4 117,3 115,15 +30,3 %
Conso.non énergétique* 6,0 7,4 8,1 7,9 5,2 6,3 7,0 3,9 ns
Conso.industrie énergétique** 6,0 6,9 9,7 9,9 9,6 10,2 10,6 9,2 +55,2 %
dont :
extraction pétrole & gaz 0,2 0,2 2,5 2,6 2,4 2,7 2,7 1,9 ns
fourniture électricité & gaz 3,7 4,3 4,6 4,8 4,7 4,8 4,8 4,7 +29,2 %
raffineries 2,1 2,5 2,6 2,5 2,5 2,7 3,1 2,6 +23,5 %
Consommation finale énergétique 76,4 89,9 96,1 101,4 98,5 100,0 99,8 102,0 +33,6 %
* chimie, goudrons, huiles, etc ; ** consommations d'électricité des industries pétrolière, charbonnière, gazière et électrique.

Consommation d'électricité[modifier | modifier le code]

La consommation d'électricité par habitant atteignait 6 713 kWh en 2014[k 3] (France : 6 955 kWh ; Allemagne : 7 035 kWh)[k 4].

La consommation finale d'électricité a été en 2012 de 102,04 TWh[33], dont :

  • industrie : 30,86 TWh (30,2 %) ;
  • transport : 1,78 TWh (1,7 %) ;
  • ménages : 25,03 TWh (24,5 %) ;
  • services, agriculture et pêche : 44,38 TWh (43,5 %).
Consommation finale d'électricité des Pays-Bas par secteur 1995-2012[33]
Flux en TWh 1995 2000 2005 2008 2009 2010 2011 2012 2012/1995
Industrie 30,0 32,6 33,0 33,5 30,9 32,4 31,6 30,9 +3,0 %
Transport 1,5 1,6 1,6 1,6 1,7 1,7 1,7 1,8 +20,1 %
Ménages 19,7 21,8 24,2 24,8 24,2 24,7 23,7 25,0 +27 %
Services, agric.&pêche 25,2 33,8 37,3 41,4 41,8 41,1 42,8 44,4 +76 %
Consommation finale énergétique 76,4 89,9 96,1 101,4 98,5 100,0 99,8 102,0 +33,6 %
* chimie, goudrons, huiles, etc ; ** consommations d'électricité des industries pétrolière, charbonnière, gazière et électrique.

Prix de l'électricité[modifier | modifier le code]

Le graphique ci-dessous présente les statistiques de la base de données Eurostat sur les prix hors taxes de l'électricité au 1er semestre 2012 pour les consommateurs domestiques consommant 2500 à 5 000 kWh/an[34] :

Prix de l'électricité en Europe pour les consommateurs domestiques au 1er semestre 2012.

Ce graphique permet de constater que les consommateurs domestiques (résidentiels) néerlandais supportent un prix hors taxes : 13,17 c€/kWh, quasiment égal à la moyenne de l'Union européenne (13,16 c€/kWh) et supérieur de 34 % à celui de la France (les consommateurs français bénéficient de prix parmi les plus bas d'Europe : 9,86 c€/kWh hors taxes, inférieurs de 25 % à la moyenne).

Il convient cependant de préciser que les prix hors taxes sont une base de comparaison insuffisante, car les taxes sont très importantes dans certains pays, surtout lorsque certaines de ces taxes sont directement affectées au financement des énergies renouvelables (EEG-Umlage en Allemagne, CSPE en France).

Les taxes modifient considérablement le classement : au 1er semestre 2013, les consommateurs domestiques (résidentiels) néerlandais payaient en moyenne 19,16 c€/kWh ttc (UE28 : 20,02 c€/kWh, France : 14,72 c€/kWh, Allemagne : 29,19 c€/kWh) contre 13,22 c€/kWh hors taxes (UE28 : 13,73 c€/kWh, France : 10,07 c€/kWh, Allemagne : 14,93 c€/kWh) ; les taxes augmentaient donc le prix de 45 % (UE28 : 45,8 %, France : 46,2 %, Allemagne : 95,5 %). Ce prix moyen ttc a augmenté de 3,1 % en un an et de 10,1 % en deux ans.

Prix de l'électricité en Europe pour les consommateurs industriels au 1er semestre 2012

Le graphique ci-dessus permet de constater que les consommateurs industriels (500 à 2 000 MWh) néerlandais payaient en 2012 (1er semestre) un prix hors taxes ( 8,05 c€/kWh) inférieur de 18 % à la moyenne de l'Union européenne (9,76 c€/kWh) et de 0,5 % à celui de la France : 8,09 c€/kWh ; seuls quatre pays (Suède, Norvège, Finlande, Bulgarie) ont des prix encore plus bas qu'aux Pays-Bas.

Les prix TTC sont là aussi sensiblement différents : au 1er semestre 2013, le prix moyen hors taxe était de 7,89 c€/kWh (UE28 : 9,43 c€/kWh, France : 7,71 c€/kWh, Allemagne : 8,60 c€/kWh) (contre 8,22 c€/kWh en 2011 et 8,05 c€/kWh en 2012) et le prix ttc de 11,65 c€/kWh (UE28 : 14,88 c€/kWh, France : 11,45 c€/kWh, Allemagne : 18,79 c€/kWh) : les taxes augmentent le prix de 47,7 % (UE28 : 57,8 %, France : 48,5 %, Allemagne : 118,5 %).

Régulation[modifier | modifier le code]

Acteurs du marché[modifier | modifier le code]

Le siège de l'entreprise à Arnhem.

Essent, fournisseur d'électricité, de gaz et de chaleur, est la principale société du secteur énergétique néerlandais ; jusqu'en 2009, Essent appartenait à six provinces et plus de 100 municipalités ; en 2009, l'allemand RWE a racheté les branches de production et commercialisation d'énergie, laissant aux collectivités locales la gestion des réseaux de distribution.

Nuon N.V. est un opérateur de gaz et d'électricité, issu du regroupement de plusieurs compagnies régionales. Après un projet de fusion échoué en 2007 avec Essent, Nuon a été racheté en 2009 par le suédois Vattenfall qui a acquis 49 % en 2009, puis est passé progressivement à 67 % en 2013 et doit atteindre 100 % en 2015. Nuon dessert plus de 2,6 millions de clients et revendique le premier rang pour la fourniture d'électricité, ainsi que pour la fourniture de gaz en nombre de clients, le troisième rang pour la production d'électricité et le deuxième pour celle de chaleur[35]. Sa production d'électricité en 2010 était de 13,4 TWh et sa production de chaleur de 3,7 TWh.

Electrabel (filiale de GDF Suez)

E.ON Benelux

Regelzonen mit Übertragungsnetzbetreiber in Deutschland.png

TenneT, compagnie 100 % publique, est, depuis 1998, le gestionnaire du réseau public de transport d'électricité des Pays-Bas à 380 kV et 220 kV, des interconnections avec les pays voisins et du réseau 150 kv de la province de Hollande-Méridionale.

Tennet (Tennet TSO GmbH) est aussi, depuis le 1er janvier 2010, un gestionnaire de réseau électrique en Allemagne (carte ci-contre).

Tennet gère 20 000 km de lignes à haute tension alimentant 36 millions de consommateurs[36].

Réseaux de chaleur[modifier | modifier le code]

La production de chaleur pour l'alimentation des réseaux de chaleur atteignait 147,2 pétajoules[n 1] (40,9 TWh) en 2014, soit 1,1 % de la production mondiale, loin derrière la Russie (5 533 PJ, 40 %), la Chine (3 783 PJ, 27,4 %) ou l'Allemagne (438 PJ, 3,2 %)[16]. Cette production de chaleur se répartit entre les centrales de cogénération : 86 % et les centrales de chaleur pure : 14 %[1]. La consommation de chaleur atteignait 109,1 PJ, dont 81 % dans l'industrie, 10 % dans le secteur résidentiel, 6 % dans le tertiaire et 4 % dans l'agriculture[16]. Elle représentait 4,6 % de la consommation finale d'énergie du pays[1].

Impact environnemental[modifier | modifier le code]

Émissions de gaz à effet de serre[modifier | modifier le code]

Les émissions de CO2 liées à l'énergie étaient en 2014 de 148,34 Mt CO2, soit 8,80 tonnes par habitant[k 3], supérieures de 42 % à la moyenne de l'Union européenne : 6,22 t/hab[37], presque aussi élevées qu'en Allemagne : 8,93 tonnes/hab, et plus de deux fois supérieures à celles de la France : 4,32 t/hab[k 4].

Évolution des émissions de CO2 liées à l'énergie
1971 1990 2013 var.
2013/1971
var.
2013/1990
var.UE
2013/1990
Émissions[h 1] (Mt CO2) 127,6 144,9 156,2 +22 % +7,9 % -17,0 %
Émissions/habitant[h 2] (t CO2) 9,67 9,69 9,30 -3,8 % -4,0 % -22,0 %
Source : Agence internationale de l'énergie

Par habitant en 2013, les Pays-Bas émettaient 42 % de plus que la moyenne de l'Union européenne (6,57 t/hab ; l'Allemagne émettait 9,25 tonnes/hab, la France 4,79 t/hab, les États-Unis 16,18 t/hab et la Chine 6,60 t/hab[h 2].

Répartition par combustible des émissions de CO2 liées à l'énergie
Combustible 1971
Mt CO2
1990
Mt CO2
2013
Mt CO2
% var.
2013/1990
var.UE
2013/1990
Charbon[h 3] 15,2 32,3 31,6 20 % -2,1 % -36,4 %
Pétrole[h 4] 65,2 44,6 48,1 31 % +7,8 % -18,9 %
Gaz naturel[h 5] 47,3 67,0 73,4 47 % +9,6 % +35,3 %
Source : Agence internationale de l'énergie
Émissions de CO2 liées à l'énergie par secteur de consommation*
Émissions 2013 part du secteur Émissions/habitant Émiss./hab. UE-28
Secteur Millions tonnes CO2 % tonnes CO2/hab. tonnes CO2/hab.
Secteur énergie hors élec.[n 2] 13,8 9 % 0,82 0,41
Industrie et construction 41,1 26 % 2,45 1,67
Transport 32,6 21 % 1,94 1,74
dont transport routier 30,8 20 % 1,83 1,61
Résidentiel 30,0 19 % 1,79 1,58
Autres 38,7 25 % 2,30 1,17
Total 156,2 100 % 9,30 6,57
Source : Agence internationale de l'énergie[h 6]
* après ré-allocation des émissions de la production d'électricité et de chaleur aux secteurs de consommation

La mauvaise performance des Pays-Bas provient donc surtout de l'importance des secteurs de l'industrie et des services, ainsi que de son mix énergétique dominé par les combustibles fossiles.

Autres impacts[modifier | modifier le code]

La société NAM, filiale commune de Shell et ExxonMobil, a été condamnée en septembre 2015 par la justice néerlandaise à indemniser les propriétaires de logements dont les biens ont été affectés par les tremblements de terre répétés, depuis 1990, liés à l'exploitation des gisements gaziers de Groningue et Loppersum ; les indemnités pourraient atteindre un milliard d'euros selon les avocats des plaignants. Devant l'ampleur croissante de ces séismes causés par les poches de vide formées par l'extraction du gaz, le gouvernement néerlandais a décidé en juin 2015 de réduire drastiquement la production du gisement de Groningue, qui passera de 42,5 milliards de m³ en 2014 à 30 milliards de m³ en 2015. Cette décision va réduire de 0,5 % le PIB des Pays-Bas et obligera l'Europe à se tourner vers la Russie pour compenser cette baisse de production gazière[38].

Protection environnementale[modifier | modifier le code]

Les Pays-Bas sont parmi les premiers pays impactés par la montée des océans, du fait de leur faible altitude. Bien que les modes de transport non polluants soient favorisés par rapport à l'automobile, aussi bien par les collectivités (Amsterdam compte 15 lignes de tramway) que par les citoyens (des statistiques dénombrent 3 fois plus de bicyclettes que de voitures dans le pays, et à Amsterdam les déplacements quotidiens se font à 33 % en vélo, 27 % à pied, 20 % par les transports en commun et seulement 19 % en voiture[39]), les Pays-Bas connaissent un trafic routier dense, du fait de leur positionnement géographique en Europe et surtout de l'activité très importante du port de Rotterdam.

Afin de remédier à la pollution engendrée par ce trafic, le Parti travailliste, membre du gouvernement, a annoncé en 2016 qu'à l'horizon 2030, il souhaitait voir seuls les véhicules électriques rouler sur le territoire national. Alors que nombre d'experts estiment cet objectif irréaliste, étant donné que seulement 43 000 nouveaux véhicules électriques et hybrides rechargeables ont été immatriculés en 2015, soit 9,6 % de part de marché, l'exécutif entier annonce qu'il présentera des mesures légales fortes durant l'été 2016[40]. Les Pays-Bas avaient par ailleurs, avant la COP 21, rejoint l'alliance Zero Emission Véhicules, qui prône un passage de l'automobile au tout électrique avant 2050[41].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le joule est l'unité choisie dans le Système international d'unités pour quantifier l'énergie ; il est égal à un watt seconde, 1 kWh = 3 600 000 J. Le pétajoule (PJ) égale un million de milliards de joules : 1 PJ = 1015 J.
  2. raffinage de pétrole, cokéfaction, extraction de pétrole et de gaz, etc.

Références[modifier | modifier le code]

  1. p. 11
  2. p. 27
  3. a, b et c p. 54-55
  4. a, b et c p. 51-53
  1. p.48
  2. a et b p.96
  3. p.51
  4. p.54
  5. p.57
  6. p.69
  • Autres
  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k (en)Netherlands : Balances for 2014, Agence internationale de l'énergie, 16 octobre 2016.
  2. (en)Netherlands : Indicators for 2014, Agence internationale de l'énergie, 16 octobre 2016.
  3. [PDF] La production d'électricité d'origine renouvelable dans le monde - 15e inventaire - édition 2013 - chapitre 2 - aperçu des dynamiques régionales par filière, site Observ'ER consulté le 11 mars 2014.
  4. a et b État des énergies renouvelables en Europe -13e baromètre bilan 2013, site Observ'ER consulté le 11 mars 2014.
  5. a, b, c et d (en)Energy balance sheet; key figures, site Statistics Nederlands consulté le 13 mars 2014.
  6. Raffinerie de Flessingue, site Europétrole consulté le 13 mars 2014.
  7. Raffinerie de Rotterdam Shell, site Europétrole consulté le 13 mars 2014.
  8. Raffinerie de Rotterdam BP, site Europétrole consulté le 13 mars 2014.
  9. Raffinerie de Rotterdam ExxonMobil, site Europétrole consulté le 13 mars 2014.
  10. Raffinerie de Rotterdam Q8, site Europétrole consulté le 13 mars 2014.
  11. Raffinerie de Rotterdam Neste Oil, site Europétrole consulté le 13 mars 2014.
  12. Terminal LNG de Rotterdam Gate Terminal, site Europétrole consulté le 13 mars 2014.
  13. en Gate terminal, site officiel de Gate Terminal consulté le 13 mars 2014.
  14. Gasunie, site officiel.
  15. (en)Electricity; production and means of production, site Statistics Nederlands consulté le 13 mars 2014.
  16. a, b et c (en)Netherlands : Electricity and Heat for 2014, Agence internationale de l'énergie, 16 octobre 2016.
  17. a et b (en)Hemweg, site du groupe Vattenfall consulté le 10 mars 2014.
  18. a et b (en)Magnum, site du groupe Vattenfall consulté le 10 mars 2014.
  19. a, b, c, d, e, f, g et h (en)CCGT Power Plants in the Netherlands, site Industcards consulté le 11 mars 2014.
  20. (nl)Eemscentrale, site de GDF-Suez Nederland consulté le 11 mars 2014.
  21. (nl)Maxima-centrale, site de GDF-Suez Nederland consulté le 11 mars 2014.
  22. (en)Lage Weide and Merwedekanaal, site du groupe Vattenfall consulté le 10 mars 2014.
  23. (nl)Centrale Gelderland, site de GDF-Suez Nederland consulté le 11 mars 2014.
  24. a, b, c, d, e, f et g (en)Coal-Fired Plants in the Netherlands, site Industcards consulté le 11 mars 2014.
  25. (en)Maasvlakte Power Plant 3, site E.ON.NL consulté le 11 mars 2014.
  26. (en)Delta sets ball rolling for new Dutch plant, site World Nuclear News consulté le 10 mars 2014.
  27. a et b (en)Mixed news on Netherlands new build, site World Nuclear News consulté le 10 mars 2014.
  28. (en)Reactor Institute Delft, site de l'Université de technologie de Delft consulté le 10 mars 2014.
  29. a, b, c, d et e La production d'électricité d'origine renouvelable dans le monde - édition 2013 - Pays-Bas, site Observ'ER consulté le 11 mars 2014.
  30. (en) A Snapshot of Global PV : 2014, IEA-PVPS, 30 mars 2015.
  31. (en) Energinet.dk, « Development phase of COBRA Cable extended », sur energinet.dk, (consulté le 13 mars 2014).
  32. (en)ENTSO-E Memo 2012, site ENTSO-E consulté le 15 février 2014.
  33. a, b et c Energy balance sheet; supply, transformation and consumption -Electricity, site Statistics Nederland consulté le 13 mars 2014.
  34. accès à la base de données Eurostat, sur le site d'Eurostat.
  35. (en)Markets - The Netherlands, site du groupe Vattenfall consulté le 10 mars 2014.
  36. (en)Tennet - Electricity transmission, site de Tennet consulté le 10 mars 2014.
  37. (en)European Union-28 : Indicators for 2014, Agence internationale de l’énergie, 16 octobre 2016.
  38. Gaz : Shell et Exxon jugés responsables de séismes, Les Échos du 8 septembre 2015.
  39. Amsterdam dépassée par le succès du vélo, Les Échos, 21 novembre 2012.
  40. Pays-Bas : des voitures électriques dès 2025?, Aruco, consulté le 4 aveil 2016.
  41. Les Pays-Bas voudraient imposer la voiture électrique en 2025, Capital, 9 avril 2016.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

(en) Statistics Netherlands - Manufacturing and energy, site CBS (statistiques néerlandaises)