Énergie en Pologne

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Énergie en Pologne
Image illustrative de l’article Énergie en Pologne
La centrale thermique de Dolna Odra en Pologne.
Bilan énergétique (2021)
Offre d'énergie primaire (TPES) 4 505,6 PJ
(107,6 M tep)
par agent énergétique charbon : 41,9 %
pétrole : 28,4 %
gaz naturel : 16,9 %
bois : 10,8 %
électricité : 2 %
Énergies renouvelables 12,7 %
Consommation totale (TFC) 2 926,2 PJ
(69,9 M tep)
par habitant 77,7 GJ/hab.
(1,9 tep/hab.)
par secteur ménages : 29,8 %
industrie : 22,9 %
transports : 31,1 %
services : 10,7 %
agriculture : 5,5 %
pêche : 0 %
Électricité (2021)
Production 179,42 TWh
par filière thermique : 82,2 %
éoliennes : 9,1 %
biomasse/déchets : 4,7 %
autres : 2,3 %
hydro : 1,7 %
Combustibles (2021 - PJ)
Production pétrole : 38
gaz naturel : 140
charbon : 1750
bois : 478
Réserves prouvées pétrole : 12 Mt[r 1]
gaz naturel : 92 Gm3[r 2]
charbon : 22,5 Gt[r 3] + lignite : 5,8 Gt[r 4]
Commerce extérieur (2021 - PJ)
Importations électricité : 54
pétrole : 1446
gaz naturel : 642
charbon : 326
bois : 37
Exportations électricité : 51
pétrole : 172
gaz naturel : 4
charbon : 394
bois : 24
Sources
Agence internationale de l'énergie[1],[2]
NB : dans le bilan énergétique, l'agent « bois » comprend l'ensemble biomasse-déchets.

Le secteur de l'énergie en Pologne se caractérise avant tout par la prépondérance massive du charbon, qui assurait 70,2 % de la production d'énergie primaire en 2021, 42 % de la consommation intérieure totale d'énergie primaire en 2022 (contre 76,5 % en 1990) et 71,1 % de la production d'électricité en 2022 (96 % en 1990), avec en conséquence de fortes émissions de dioxyde de carbone : 7,59 tonnes de CO2 par habitant en 2022, supérieures de 78 % à la moyenne mondiale, de 88 % à celles de la France et de 5 % à celles de l'Allemagne. Ces émissions ont reculé de 16 % entre 1990 et 2022.

La Pologne est au 1er rang européen et au 9e rang mondial pour la production de charbon et lignite en 2022 avec 1,0 % de la production mondiale, devant l'Allemagne (0,7 %). Ses réserves de charbon se classent au 9e rang mondial avec 3 % des réserves mondiales et celle de lignite au 10e rang mondial (1,8 %).

Grâce à la construction d'un terminal méthanier et du gazoduc Baltic Pipe depuis la Norvège, la Pologne peut se passer du gaz russe depuis fin 2022.

La consommation intérieure brute d'énergie primaire de la Pologne par habitant était en 2022 supérieure de 43 % à la moyenne mondiale, mais inférieure de 27 % à celle de l'Allemagne et de 17 % à celle de la France.

La part de l'électricité dans la consommation finale d'énergie n'est que de 15,6 % en 2020 ; la production d'électricité provient en 2022 pour 78,6 % des combustibles fossiles (71,1 % de charbon, 6,5 % de gaz naturel, 0,9 % de pétrole) et pour 20,5 % des énergies renouvelables : 10,8 % d'éolien, 4,5 % de solaire, 4,0 % de biomasse et déchets, 1,1 % d'hydroélectricité. La production solaire a connu une croissance fulgurante depuis 2018, progressant chaque année de plus de 100 % ; en 2021 et 2022, la Pologne a été le 2e marché de l'Union européenne derrière l'Allemagne, portant sa puissance installée solaire au 6e rang européen fin 2022.

Afin de remplir ses engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre, la Pologne a engagé une politique de développement des énergies renouvelables, en particulier de la biomasse et des éoliennes, et se prépare à construire sa première centrale nucléaire.

Vue d'ensemble[modifier | modifier le code]

Principaux indicateurs sur l'énergie en Pologne[1]
Population
[3]
Énergie
primaire
Production Importations
nettes
Consom.
élect.*[4]
Émissions
GHG**[g 1]
Million PJ PJ PJ TWh Mt
1990 38,0 4 317 4 349 36 125 349,6
2000 38,3 3 719 3 318 401 125 294,3
2010 38,5 4 208 2 809 1 345 144 314,3
2011 38,5 4 228 2 853 1 447 148 309,6
2012 38,1 4 086 2 986 1 295 148 303,5
2013 38,0 4 089 2 970 1 084 150 298,7
2014 38,0 3 937 2 820 1 168 151 285,2
2015 38,0 3 974 2 842 1 198 154 288,7
2016 38,0 4 157 2 791 1 295 159 299,4
2017 38,0 4 348 2 690 1 688 163 312,1
2018 38,0 4 556 2 707 2 008 167 311,5
2019 38,0 4 389 2 601 2 014 166 294,1
2020 37,8 4 260 2 423 1 833 161 279,2
2021 37,6 4 506 2 492 1 859 171 306,1
Var.1990
–2021
-1 % +4,4 % -43 % +5064 % +37 % -12 %
* consommation brute d'électricité = production+importations-exportations-pertes en ligne
** émissions de gaz à effet de serre par combustion.

La Pologne a connu une rapide amélioration de son efficacité énergétique après sa sortie du bloc soviétique : sa consommation d'énergie primaire a baissé de 14 % en dix ans (1990-2000), d'où une baisse de 16 % de ses émissions de CO2.

Production d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

Production d'énergie primaire en Pologne par source (PJ)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2020 % 2021 % 2021 var.
2021/1990
Charbon 4 144 95,3 2 985 90,0 2 319 82,6 1 683 69,5 1 750 70,2 % -58 %
Pétrole 7 0,2 30 0,9 31 1,1 40 1,7 38 1,5 % +443 %
Gaz naturel 100 2,3 139 4,2 155 5,5 142 5,9 140 5,6 % +40 %
Total fossiles 4 251 97,7 3 154 95,1 2 505 89,2 1 866 77,0 1 927 77,3 % -55 %
Hydraulique 5 0,1 8 0,2 11 0,4 8 0,3 8 0,3 % +60 %
Biomasse-déchets 93 2,1 156 4,7 286 10,2 480 19,8 478 19,2 % +414 %
Éolien, solaire 0 0,1 0,004 7 0,2 68 2,8 77 3,1 % ns
Total EnR 99 2,3 164 4,9 303 10,8 557 23,0 565 22,7 % +471 %
Total 4 349 100 3 318 100 2 809 100 2 423 100 2 492 100 % -43 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[1]

Charbon[modifier | modifier le code]

Une production en déclin.

Réserves de charbon[modifier | modifier le code]

Les réserves prouvées récupérables de charbon de la Pologne étaient estimées par l'Institut fédéral pour les sciences de la terre et les ressources naturelles allemand (BGR - Bundesanstalt für Geowissenschaften und Rohstoffe (de)) à 22,5 Gt (milliards de tonnes) de charbon (anthracite et charbon bitumineux) fin 2020, soit 3 % des réserves mondiales (9e rang)[r 3], plus 5,75 Gt de lignite, soit 1,8 % des réserves mondiales (10e rang)[r 4].

Production de charbon[modifier | modifier le code]

En 2022, la production de charbon de la Pologne s'élevait à 107,5 Mt (millions de tonnes), soit 1,70 EJ (exajoules). Elle se classe au 2e rang européen en tonnes et au 10e rang mondial avec 1,3 % du total mondial, juste derrière l'Allemagne, 8e mondial avec 132,5 Mt (1,5 %) ; mais en contenu énergétique (exajoules) elle se situe au 1er rang européen et au 9e rang mondial avec 1,0 % du total mondial, devant l'Allemagne (0,7 %) ; elle a reculé de 3,2 % en 2022 et de 30 % depuis 2012[s 1].

Un rapport de la Commission européenne[Lequel ?] a estimé qu'environ 80 % des mines de charbon polonaises n'étaient pas profitables en 2017, et l'agence Bloomberg New Energy Finance considère que la situation s'est encore dégradée depuis ; selon elle, la trajectoire la moins coûteuse pour la Pologne consisterait à réduire la part du charbon dans la production d'électricité à moins de 30 % d'ici 2030, contre 77 % en 2019. Au début d', le gouvernement polonais a annoncé un plan pour restructurer ses trois grands énergéticiens PGE, Enea et Tauron en les transformant en deux entités, l'une concentrée sur les activités charbon et l'autre sur toutes les activités hors charbon. Il s'est engagé dans des négociations difficiles avec les syndicats pour fermer deux mines de PGE qui emploient 7 000 personnes, a essuyé un premier échec et doit présenter un plan alternatif en septembre ; le sujet est politiquement épineux car l'industrie emploie près de 80 000 personnes dans le pays[5].

Gaz naturel[modifier | modifier le code]

Réserves de gaz naturel[modifier | modifier le code]

Les réserves gazières prouvées de la Pologne étaient estimées par le BGR à 92 Gm3 (milliards de mètres cubes) fin 2020, soit 18 années de production au rythme de 2020[r 2].

Production de gaz naturel[modifier | modifier le code]

En 2022, la Pologne a produit 4,0 Gm3) de gaz naturel, soit 0,14 EJ, représentant 0,1 % de la production mondiale, en hausse de 3 % en 2022, mais en baisse de 12 % depuis 2012[s 2].

Importations d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

Importations de pétrole[modifier | modifier le code]

En 2021, la Pologne a importé 1 038 PJ de pétrole brut, soit 95 % de sa consommation intérieure, et en exporté 7 PJ. Elle a de plus importé 408 PJ de produits pétroliers et en a exporté 165 PJ[1].

Importations de gaz naturel[modifier | modifier le code]

Terminal GNL de Świnoujście en 2018.

En 2021, la Pologne a importé 642 PJ de gaz naturel, soit 84 % de sa consommation intérieure, et en exporté 4 PJ[1].

En , un terminal maritime de gaz naturel liquéfié (GNL) a été mis en service à Świnoujście, dans le nord-ouest du pays, en Poméranie occidentale, près de la frontière allemande. Il permet à la Pologne de s’approvisionner désormais par navires méthaniers auprès de nombreux pays tels que le Qatar ou le Nigeria. La Première ministre polonaise, Ewa Kopacz a déclaré : « La Pologne a atteint son but stratégique, nous sommes indépendants en matière de gaz » . La mise en exploitation du terminal GNL de Świnoujście réduira sensiblement le risque de pressions russes et permettra surtout à la Pologne de choisir en toute indépendance ses fournisseurs et de négocier librement les prix. Construit pour 720 millions €, le terminal aura une capacité de 5 Gm3 par an, soit un tiers du gaz consommé par la Pologne, dont environ 40 % provient de Russie. Le terminal permettra également d'approvisionner, via un gazoduc, les États baltes, dépendants de la Russie pour 30 % à 100 % de leurs achats de gaz, selon un protocole signé début à Bruxelles ; l'Union européenne financera la moitié, soit 300 millions €, de ce gazoduc qui devrait être opérationnel en 2020[6]. En février 2020, Polskie LNG, détenue par le gestionnaire de réseau polonais Gaz-System, signe un contrat pour augmenter la capacité de regazéification du terminal de 50 %, la portant à 7,5 Gm3 par an[7].

Réseau de gaz naturel[modifier | modifier le code]

Réseau de gaz naturel polonais (en tireté les extensions envisagées en 2016).

Le gazoduc Baltic Pipe, en construction depuis 2018, reliera les gisements norvégiens de Mer du nord à la Pologne en traversant le Danemark[8]. En 2021, une instance danoise, la Commission des recours en matière d'environnement et d'alimentation, a annulé, pour des motifs de protection des espèces animales, le permis de réalisation des travaux sur les 210 km de la partie danoise du gazoduc. Le , le gestionnaire d'infrastructures énergétiques danois Energinet annonce la reprise des travaux et prévoit une mise en service partielle de Baltic Pipe à partir du . Le gazoduc devrait être entièrement opérationnel au et avoir une capacité de transport annuel de 10 Gm3 de gaz. En 2019, la Pologne a annoncé ne pas prolonger au-delà de 2022 son contrat avec le russe Gazprom, qui couvrait alors les deux tiers de sa consommation de gaz[9].

Importations et exportations de charbon[modifier | modifier le code]

En 2021, la Pologne a importé 326 PJ de gaz naturel, soit 17 % de sa consommation intérieure, et en exporté 394 PJ, soit 22,5 % de sa production[1].

Consommation d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

La consommation d'énergie primaire de la Pologne s'élevait à 4,31 EJ en 2022, en baisse de 2,2 % en 2022, mais en hausse de 5 % en dix ans, soit 0,7 % de la consommation mondiale[s 3]. Elle se répartissait en 91 % d'énergies fossiles (charbon : 42 %, pétrole : 34 %, gaz naturel : 15 %) et 9,5 % d'énergies renouvelables[s 4]. Sa consommation par habitant en 2022 était de 108,2 GJ, 43 % au-dessus de la moyenne mondiale (75,7 GJ), mais 17 % au-dessous de celle de la France : 129,8 GJ, 27 % au-dessous de celle de l'Allemagne : 147,5 GJ et 62 % au-dessous de celle des États-Unis : 283,5 GJ[s 5].

Consommation intérieure brute d'énergie primaire en Pologne par source (PJ)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2020 % 2020 2021 % 2021 var.
2021/1990
Charbon 3 302 76,5 2 359 63,4 2 292 54,5 1 711 40,2 1 887 41,9 % -43 %
Pétrole 546 12,7 802 21,6 1 064 25,3 1 210 28,4 1 279 28,4 % +134 %
Gaz naturel 374 8,7 417 11,2 536 12,7 716 16,8 763 16,9 % +104 %
Total fossiles 4 223 97,8 3 578 96,2 3 892 92,5 3 637 85,4 3 928 87,2 % -7 %
Hydraulique 5 0,1 8 0,2 11 0,2 8 0,2 8 0,2 % +63 %
Biomasse-déchets 93 2,2 156 4,2 303 7,2 499 11,7 488 10,8 % +422 %
Éolien, solaire 0 0,1 0,004 7 0,2 68 1,6 77 1,7 % ns
Total EnR 99 2,3 163 4,4 321 7,6 575 13,5 574 12,7 % +483 %
Solde imp.électricité -4 -0,1 -23 -0,6 -5 -0,1 48 1,1 3 0,1 % ns
Total 4 317 100 3 719 100 4 208 100 4 260 100 4 506 100 % +4 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[1]

Consommation de charbon[modifier | modifier le code]

La consommation de charbon en Pologne s'est établie en 2022 à 1,81 EJ, au 11e rang mondial avec 1,1 % du total mondial ; elle a reculé de 5,2 % en 2022 et de 15 % depuis 2012. La consommation de charbon du pays dépasse sa production de 6,5 %[s 6].

Consommation de gaz naturel[modifier | modifier le code]

En 2022, la Pologne a consommé 17,9 Gm3 de gaz naturel, soit 0,65 EJ (exajoules), représentant 0,5 % de la consommation mondiale, en baisse de 19,9 % en 2022, mais en hausse de 3 % depuis 2012. Sa production couvre seulement 22 % de sa consommation[s 7].

Consommation de pétrole[modifier | modifier le code]

En 2022, la Pologne a consommé 1,46 EJ de pétrole, soit 0,8 % de la consommation mondiale ; elle a progressé de 7,7 % en 2022 et de 32 % depuis 2012[s 8].

Consommation finale d'énergie[modifier | modifier le code]

La consommation finale d'énergie (après déduction des pertes de rendement et de transport) s'élevait en 2020 à 3 173 PJ, dont 64,4 % de combustibles fossiles (pétrole : 37,0 %, charbon : 12,5 %, gaz : 14,9 %), 15,6 % d'électricité, 12,5 % de biomasse et 7,4 % de chaleur de réseau. Les progressions les plus fortes par rapport à 1990 sont celle de la biomasse : +480 % et celle du pétrole : +157 % ; l'électricité a progressé de 43 %, le gaz de 47 % ; le charbon a reculé de 45 % et la chaleur de réseau de 64 %. La consommation se répartissait en 21,1 % pour l'industrie, 28,7 % pour les transports, 27,5 % pour le secteur résidentiel, 9,9 % pour le tertiaire, 5,1 % pour l'agriculture et 7,8 % pour les usages non-énergétiques (chimie). Elle a progressé de 23 % entre 1990 et 2020 ; les progressions les plus rapides ont été celles des transports : +205 % et du tertiaire : +51 %, alors que la consommation de l'industrie a régressé de 30 %[1].

Secteur électrique[modifier | modifier le code]

Puissance installée[modifier | modifier le code]

En 2018, la puissance installée totale des équipements de production d'électricité en Pologne atteignait 39 878 MW, dont 30 595 MW de centrales à combustibles fossiles (charbon : 19 195 MW, lignite : 8 049 MW, gaz naturel : 2 585 MW, gaz de houille : 387 MW, pétrole : 379 MW) ; 1 398 MW de centrales de pompage-turbinage et 57 MW de déchets non-renouvelables ; 7 828 MW de centrales à énergies renouvelables (hydraulique : 957 MW, éolien : 5 608 MW, biomasse : 719 MW, biogaz : 145 MW, solaire : 399 MW)[10].

Production d'électricité[modifier | modifier le code]

Selon l'Energy Institute, en 2022 la Pologne a produit 179,1 TWh, en baisse de 0,3 % en 2022, mais en hausse de 10 % par rapport à 2012. La part de la Pologne dans la production mondiale est de 0,6 %[s 9]. La part des combustibles fossiles atteint 78,6 % (charbon : 71,1 %, gaz naturel : 6,5 %, pétrole : 0,9 %), celle des énergies renouvelables de 20,5 % (hydroélectricité : 1,1 %, autres : 19,4 %)[s 10], dont éolien : 10,8 %, solaire : 4,5 %, biomasse-déchets : 4,0 % ; la part des autres sources est de 0,9 %[s 11].

Production brute d'électricité en Pologne par source (TWh)
1990 2000 2010 2015 2020 2021
Source TWh % TWh % TWh % TWh % TWh % TWh % var.
2021/1990
Charbon 131,0 96,1 137,7 94,8 138,4 87,8 133,0 80,6 109,4 69,3 129,7 72,3 % -1 %
Pétrole 1,6 1,2 1,9 1,3 2,9 1,8 2,1 1,3 1,9 1,2 2,1 1,2 % +33 %
Gaz naturel 0,1 0,1 0,9 0,6 4,8 3,0 6,4 3,9 16,8 10,6 15,8 8,8 % x125
Total fossiles 132,7 97,4 140,5 96,8 146,1 92,7 141,5 85,8 128,1 81,1 147,6 82,2 % +11 %
Hydraulique 3,3 2,4 4,1 2,8 3,5 2,2 2,4 1,5 2,9 1,9 3,1 1,7 % -6 %
Biomasse 0,06 0,04 0,22 0,2 6,3 4,0 9,9 6,0 8,1 5,1 7,7 4,3 % x139
Déchets renouv. 0,2 0,1 0,08 0,05 0,04 0,02 0,07 0,04 0,2 0,1 0,2 0,1 % +4 %
Éolien 0 5 0,003 1,7 1,1 10,9 6,6 15,8 10,0 16,2 9,1 % ns
Solaire 0 0 0 0,06 0,03 2,0 1,3 3,9 2,2 % ns
Total EnR 3,6 2,6 4,7 3,2 11,4 7,2 23,4 14,1 29,5 18,7 31,2 17,4 % +774 %
Déchets non renouv. 0,5 0,3 0,5 0,3 % ns
Autres 0 0 0,08 0,1 0,12 0,07 0,1 0,04 0,1 0,1 % ns
Total 136,3 100 145,2 100 157,7 100 164,9 100 158,0 100 179,4 100 % +32 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[4]

Centrales thermiques classiques[modifier | modifier le code]

Centrale thermique de Bełchatów ; photo : 30/10/2011.
Mine de lignite de Bełchatów ; photo : juin 2007.

La Centrale thermique de Bełchatów, dans la Voïvodie de Łódź, est la centrale thermique la plus puissante d'Europe et la 5e mondiale avec une capacité de 5 053 MW. Elle produit près de 20 % de l'électricité polonaise à partir de lignite. En 2011 a été mise en service une nouvelle unité supercritique de 858 MW, construite par Alstom[11] qui a aussi modernisé 12 turbines et a signé en 2012 un contrat pour réhabiliter 6 unités[12] ; des travaux de modernisation en cours porteront la puissance de la centrale à 5 474 MW d'ici 2015.

Nucléaire[modifier | modifier le code]

La Pologne envisageait en 2011 de se doter de deux centrales nucléaires de 3 000 mégawatts chacune d'ici à 2024[13] ; le programme a depuis lors pris du retard.

Le gouvernement polonais adopte officiellement le son premier programme nucléaire : la première centrale, dotée de deux ou trois tranches, aura une puissance de 3 000 MW ; son coût est estimé entre 9,5 et 14,3 milliards d’euros. Les travaux devraient débuter en 2019 et elle devrait être mise en service en 2024. La construction de la seconde centrale ne devrait pas être lancée avant 2025, pour une mise en service en 2035[14],[15].

L'opérateur électrique polonais du projet PGE EJ1 annonce le que cinq consortiums ont affiché leur intérêt pour le prochain appel d'offres portant sur la construction de la première centrale nucléaire en Pologne : le français EDF/Areva, les nippo-américains GE Hitachi et Toshiba - Westinghouse, le sud-coréen Kepco et le canadien SNC-Lavalin Nuclear. La Pologne devait lancer, d'ici à la fin 2015, un appel d'offres pour une centrale nucléaire de 3 000 MW. Une liste resserrée à trois candidats doit être annoncée à la mi-2016[16].

Le ministère de l'Énergie publie le un projet soumis à consultation publique, intitulé « Politique énergétique polonaise jusqu'à 2040 » (PEP2040), prévoyant la mise en service du premier réacteur d'ici 2033. L’objectif à moyen terme est d’atteindre 6 à 9 GWe de capacité nucléaire d'ici 2043, représentant environ 10 % de la future production d'électricité de la Pologne ; la part des énergies renouvelables atteindrait 21 % d'ici 2030[17]. Le plan d'investissement qui en découle a été annoncé à l'automne 2020, le lancement de la construction du premier réacteur étant prévu en 2026[18].

GE Hitachi Nuclear Energy (en) signe en un accord avec la Pologne pour l’étude et la mise en œuvre de son petit réacteur modulaire (SMR), le BWRX-300. Réacteur de 300 MW, celui-ci est dérivé de la conception du réacteur à eau bouillante simplifié et vise un objectif de 60 % de réduction de coût d’investissement par rapport aux réacteurs nucléaires actuels de grande puissance[19].

En octobre 2020, un accord de coopération est signé entre les États-Unis et la Pologne pour définir les contours d'un programme nucléaire et d'un potentiel financement. L'administration Trump pousse l'offre de Westinghouse et du groupe Bechtel. Après l'élection de Joe Biden, le ministre du Climat polonais, Michal Kurtyka, interrogé par le Financial Times, déclare : « Il y a des discussions avancées avec les États-Unis sur ce sujet et je pense qu'elles sont très prometteuses. Je n'attends pas de changement de cap sur cette décision stratégique »[18].

En mai 2021, Westinghouse annonce la création d'un centre mondial de services partagés à Cracovie, qui ouvrira en et emploiera près de 150 travailleurs hautement qualifiés. Cette décision fait suite à l'accord intergouvernemental d' sur la coopération pour la mise en œuvre du programme d'énergie nucléaire du pays, ainsi que d'une précédente rencontre entre le PDG de Westinghouse, Patrick Fragman, et du secrétaire d'État polonais à la Chancellerie du Premier ministre et plénipotentiaire pour les infrastructures énergétiques stratégiques, Piotr Naimski[20].

En septembre 2021, la startup américaine Nuscale signe un mémorandum d'accord avec le géant du cuivre polonais KGHM pour le développement et la construction, d'ici à 2030, d'au moins quatre petits réacteurs nucléaires[21]. Le , Nuscale et KGHM signent un accord de collaboration en vue de la mise en service de la première centrale VOYGR, composée de SMR de NuScale, en Pologne dès 2029[22].

Le 13 octobre 2021, EDF remet au gouvernement polonais une offre préliminaire « non engageante » pour la construction de quatre à six réacteurs EPR, pour une puissance allant de 6,6 à 9,9 GW[21].

Le 15 décembre 2021, GE Hitachi Nuclear Energy (GEH), BWXT Canada et la société polonaise Synthos Green Energy (SGE) annoncent leur intention de coopérer pour déployer des petits réacteurs modulaires BWRX-300 de GEH ; ils espèrent installer au moins dix de ces réacteurs en Pologne d'ici le début des années 2030. Le BWRX-300 est un réacteur refroidi à l'eau à circulation naturelle avec des systèmes de sécurité passive, déjà adopté par Ontario Power Generation[23]. SGE prévoit que le premier de ces réacteurs sera mis en service en 2029[24].

Le 28 octobre 2022, le gouvernement polonais choisit le groupe américain Westinghouse Electric Company pour construire sa première centrale nucléaire à Choczewo, près de la mer Baltique, au nord du pays. Le gouvernement souhaite que cette première centrale nucléaire, dotée de trois réacteurs, entre en service en 2033 ; trois autres réacteurs sont prévus ultérieurement. Le groupe américain était en concurrence avec EDF et le sud-coréen KHNP[25],[26]. La première centrale nucléaire polonaise serait construite à partir de 2026[27].

Le 30 octobre 2022, le gouvernement polonais et les compagnies polonaises ZE PAK et PGE signent avec Korea Hydro & Nuclear Power (KHNP) une lettre d'intention pour préparer conjointement la construction d'une centrale nucléaire exploitant la technologie coréenne APR1400 sur un site appartenant à ZE PAK à Pątnów. Les gouvernements polonais et coréens ont signé un mémorandum d'entente pour soutenir le projet de Pątnów, précisant qu'il s'agit d'un nouveau projet pour compléter le programme nucléaire du gouvernement polonais[28]. Ce projet de Pątnów est privé. Westinghouse a attaqué en justice KHNP et sa maison mère KEPCO devant une cour fédérale américaine pour empêcher l'entreprise coréenne de vendre des réacteurs en Pologne, arguant que l'APR1400 inclut des éléments de propriété intellectuelle sous licence de Westinghouse et ne peut donc être vendu sans son accord ; KHNP rejette cet argument, affirmant avoir développé sa technologie indépendamment de Westinghouse[29].

En novembre 2022, le gouvernement polonais sélectionne l'AP1000 américain de Westinghouse pour la construction d'une première centrale de trois réacteurs dans le nord de la Pologne à Lubiatowo-Kopalino, pour une puissance totale de 3 750 MW (soit 1 250 MW par réacteur)[30]. Le premier béton est prévu pour 2026 et la mise en service du premier réacteur en 2033[30].

Le consortium privé PGE PAK Energia Jądrowa SA, détenu à part égale par deux électriciens polonais ZE PAK et PGE, publie en une « lettre d’intention », puis en une « décision de principe » pour la construction de deux APR1400 du sud coréen KHNP sur le site d'une centrale à lignite de la région de Patnów-Konin dans la province de Wielkopolska[31],[32]. La puissance totale installée serait de 2 800 MW, après une mise en service du premier réacteur en 2035 au plus tôt[33].

Le nucléaire devrait à terme constituer 20 à 35 % du mix énergétique de la Pologne. Plus de 85 % de la population sondée en se prononçaient pour le nucléaire[34].

Hydroélectricité[modifier | modifier le code]

La Pologne se classe au 20e rang européen par sa puissance hydroélectrique installée, de 2 385 MW, dont 1 780 MW de pompage-turbinage. Sa production hydroélectrique s'est élevée à 2,64 TWh en 2019[35].

Éolien[modifier | modifier le code]

Solaire[modifier | modifier le code]

Transport d'électricité[modifier | modifier le code]

Le réseau de transport électrique polonais est constitué en 2002 de 12 692 km de lignes à haute tension, dont 114 km de lignes à 750 kV, de 4 677 km à 400 kV, de 7 901 km à 220 kV et de 27 km à 110 kV. Il comprend également 274 km de lignes de moyen voltage et 380 000 km de lignes de bas voltage[36].

Échanges internationaux[modifier | modifier le code]

Le solde des échanges avec les pays voisins a été importateur en 2018 : 13 839 GWh d'importations et 8 121 GWh d'exportations, d'où un solde importateur de 5 718 GWh. Les principaux flux d'importation provenaient d'Allemagne : 7 054 GWh, de Suède : 3 099 GWh, d'Ukraine : 1 410 GWh et de Lituanie : 1 615 GWh, et ceux d'exportations allaient vers la République tchèque : 3 761 GWh, la Slovaquie : 3 236 GWh et la Lituanie : 718 GWh[10].

Structure du marché électrique[modifier | modifier le code]

La principale entreprise du secteur énergétique polonais est la société publique Polskie Sieci Energetyczne (PSE), elle contrôle et gère notamment le réseau de transport. PSE produit environ 12 GW avec près de cinq millions de clients essentiellement dans la partie centrale et orientale du pays[37]. Viens, ensuite la société Koncern du Sud (PKE), crée en 2001, qui concentre son activité en Silésie.

Il existait après 1989, 35 entreprises de production et 33 compagnies de distribution d'électricité[37]. Cependant en 2006, il ne restait déjà plus que 7 sociétés de distribution[36].

L'auto-production d'électricité représente une puissance installée de 2 641 MW et produit 8 159 GWh par année, soit 7,7 % de la production d'électricité[36].

Consommation finale d'électricité[modifier | modifier le code]

La part de l'électricité dans la consommation finale d'énergie de la Pologne était en 2020 de 15,6 %[1].

La consommation d'électricité par habitant en Pologne était de 4 201 kWh/hab en 2021, inférieure de 32 % à celle de l'Allemagne (6 147 kWh/hab) et de 36 % à celle de la France (6 592 kWh/hab)[38].

La répartition par secteur de la consommation finale d'électricité a évolué comme suit :

Consommation finale d'électricité en Pologne par secteur (TWh)
Secteur 1990 % 2000 % 2010 % 2020 % 2020 2021 % 2021 var.
2021/1990
Industrie 42,7 44,4 40,5 41,0 41,8 35,1 55,3 40,2 56,7 39,7 % +33 %
Transport 5,5 5,7 4,7 4,7 3,3 2,8 3,2 2,3 3,4 2,4 % -38 %
Résidentiel 20,2 21,0 21,0 21,3 28,6 24,0 30,0 21,9 33,5 23,4 % +65 %
Tertiaire 19,3 20,0 27,8 28,1 43,7 36,7 47,0 34,2 47,5 33,3 % +146 %
Agriculture 8,5 8,8 4,7 4,8 1,6 1,4 1,8 1,3 1,8 1,3 % -78 %
Total 96,2 100 98,6 100 119,1 100 137,3 100 142,9 100 % +49 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[4]

Voiture électrique[modifier | modifier le code]

Quatre énergéticiens publics polonais (Tauron, Enea, Energa et PGE) se sont associés en 2016 pour créer Electromobility Poland, dans le but de lancer une voiture électrique compacte de segment C d'ici 2022 ou 2023[39].

Réseaux de chaleur[modifier | modifier le code]

La chaleur issue des centrales de cogénération et des centrales de chaleur pure (chaufferies) et distribuée par les réseaux de chaleur représentait 234,6 PJ en 2020, soit 7,4 % de la consommation finale d'énergie du pays, destinée pour 15 % à l'industrie, 65 % au secteur résidentiel et 19 % au tertiaire[1]. En 2021, elle était produite à partir de charbon pour 80,1 %, de pétrole pour 1,5 %, de gaz naturel pour 9,9 %, de biomasse pour 6,3 %, de déchets pour 2 % et d'autres sources pour 0,2 %. La production a décliné de 57 % entre 1990 et 2021 (charbon : -62 %, gaz : +114 %, biomasse : +81 %) et la consommation de chaleur de 61 %, surtout dans l'industrie : -89 % et l'agriculture : -94 %, beaucoup moins dans le résidentiel : -31 % ; elle a par contre progressé de 51 % dans le tertiaire. La production de chaleur de la Pologne atteignait 286 PJ en 2020 (316 PJ en 2021, au 7e rang mondial avec 1,8 % du total mondial, à comparer avec l'Allemagne : 427 PJ, la France : 165 PJ et la Russie, numéro 2 mondial : 5 207 PJ[4].

Politique énergétique[modifier | modifier le code]

Les questions énergétiques sont parmi les rares sur lesquelles les parlementaires polonais de tous bords parviennent à faire front commun. Favorables en grande majorité au développement du gaz de schiste, ils sont également réservés sur la politique de réduction des émissions de gaz à effet de serre[40].

La politique énergétique actuelle de la Pologne repose sur un document d’orientation publié en 2009 et élaboré avant la crise économique et financière de 2008, qui définit la trajectoire énergétique du pays jusqu’en 2030. Le principal objectif polonais est de réduire l’intensité énergétique au niveau de l’UE15 de 2005 et de limiter la consommation d’énergie : système de « certificats blancs », programme d’amélioration de l’isolation des habitations financé par les fonds européens. Le second objectif est de diversifier le mix énergétique actuellement dominé à 84 % par le charbon. Afin d’assurer son approvisionnement en gaz naturel, la Pologne s’est lancée dans la construction d’infrastructures, dont un terminal GNL à la frontière avec l’Allemagne, afin de réduire sa dépendance au gaz russe (80 %) et d'augmenter les échanges avec l’Allemagne, dont provient 15,5 % de son gaz. La Pologne a prévu la construction de deux centrales nucléaires d’ici à 2020, mais une seule pourrait être opérationnelle à l’horizon 2024. Le pays souhaite développer les énergies renouvelables (EnR) à condition qu’elles soient fiables et peu chères. Afin de respecter les directives européennes, l’objectif polonais est d'atteindre une part de 15 % d’énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie en 2020, contre 11 % actuellement, puis 18,2 % de sa production électrique en 2030. Les principaux programmes portent sur les éoliennes, les centrales de cogénération charbon-biomasse et les panneaux solaires thermiques[41].

La « Politique énergétique de la Pologne jusqu'en 2050 » (PEP 2050) élaborée par le ministère de l'Économie donne la priorité à la sécurité des approvisionnements : assurer l'indépendance énergétique, grâce à un recours prioritaire aux ressources nationales, notamment au charbon. Selon le scénario dit « équilibré », qui a la faveur du ministère de l'Économie, la houille et le lignite devraient continuer à occuper en 2050 une part majoritaire (autour de 60 %) dans la production nationale d'électricité et de chaleur, le reste étant assuré par des centrales nucléaires et au gaz ainsi que des EnR. Pour ces dernières, quel que soit le scénario retenu, la Pologne ne devrait guère aller au-delà des seuils minimaux fixés par l'UE. Le manque de bonne volonté en la matière se manifeste notamment par la mauvaise transposition de la directive de 2009 sur les EnR. Le gouvernement polonais, désireux de faire preuve d'une attitude constructive pendant les négociations sur les objectifs 2030 de l'Union européenne, a choisi de ne pas s'opposer à la cible de 40 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre, tout en demandant des mécanismes de compensation. Ainsi, la Pologne a obtenu l’obtention jusqu'en 2030 de quotas d'émission gratuits pour son secteur énergétique dans le cadre du marché européen du carbone et pourra affecter une partie des recettes générées par ce système au financement d'investissements visant à améliorer l'efficacité énergétique et moderniser les systèmes énergétiques. La Pologne devra en effet compenser au cours des dix prochaines années la fermeture programmée de 5,2 GW de puissance installée sur un total de 38 GW, certaines centrales devant bientôt atteint leur limite d'âge tandis que d'autres sont considérées comme excessivement polluantes au regard des normes fixées par la directive européenne sur les émissions industrielles[42].

Le ministre de l’Énergie polonais a déclaré en qu’une fois que les entreprises énergétiques publiques auront terminé les trois projets en cours, aucun autre investissement dans le charbon n’était prévu, et que la Pologne souhaite construire trois unités de centrale nucléaire à des intervalles de cinq ans, dont la première serait installée en 2029[43].

Le , le gouvernement polonais annonce une mise à jour de sa stratégie énergétique à horizon 2040 : la part du charbon dans la production d'électricité devrait être réduite à une fourchette de 37 % à 56 % en 2030, puis entre 11 % et 28 % en 2040. Pour le remplacer, le pays compte installer des éoliennes en mer Baltique pour une puissance de 8 à 11 GW, ainsi que 5 à 7 GW de panneaux photovoltaïques, et investir 34 milliards  dans l'énergie nucléaire pour une puissance de 6 à 9 GW. Six réacteurs seront mis en service d'ici à 2040 et la construction du premier sera lancée en 2026. Le , un accord signé entre le gouvernement polonais et les représentants syndicaux des mines de charbon fixe en 2049 la fin de l’exploitation des mines de charbon[44],[45].

Impact environnemental[modifier | modifier le code]

Émissions de gaz à effet de serre[modifier | modifier le code]

La prépondérance du charbon entraîne de fortes émissions de gaz à effet de serre (GES) : 293,8 Mt d'équivalent CO2 en 2022[g 1], soit 7,59 tonnes d'équivalent CO2 par habitant, supérieures de 78 % à la moyenne mondiale (4,26 t/hab en 2021), de 88 % à celle de la France (4,03 t/hab) et de 5 % à celle de l'Allemagne (7,21 t/hab)[g 2].

Évolution des émissions de gaz à effet de serre liées à l'énergie
1971 1990 2022 var.
2022/1971
var.
2022/1990
var.UE27
2022/1990
Émissions GES (Mt CO2)[g 1] 292,3 349,6 293,8 +0,5 % -16 % -28,3 %
Émissions CO2/habitant (t CO2)[g 2] 8,76 9,07 7,59 -13,4 % -16,3 % -28,4 %
Source : Agence internationale de l'énergie
Répartition par combustible des émissions de gaz à effet de serre par combustion
Combustible 1971
Mt CO2
1990
Mt CO2
2022
Mt CO2
% var.
2022/1990
var. UE27
2022/1990
Charbon[g 3] 258,7 295,0 171,6 58 % -41,8 % -57,2 %
Pétrole[g 4] 21,9 34,1 85,6 29 % +151 % -21,2 %
Gaz naturel[g 5] 10,3 15,6 29,2 10 % +87 % +22 %
Total 292,3 349,6 293,8 100 % -16,0 % -28,3 %
Source : Agence internationale de l'énergie
Émissions de CO2 liées à la combustion par secteur de consommation*
Émissions 2021 part du secteur Émissions/habitant Émiss./hab. UE-27
Secteur Millions tonnes CO2 % tonnes CO2/hab. tonnes CO2/hab.
Secteur énergie hors élec. 20,4 7 % 0,53 0,37
Industrie et construction 75,4 25 % 1,98 1,50
Transport 68,9 23 % 1,80 1,74
dont transport routier 65,4 22 % 1,71 1,64
Résidentiel 73,0 24 % 1,91 1,21
Tertiaire 51,0 17 % 1,34 0,74
Total 299,3 100 % 7,84 5,76
Source : Agence internationale de l'énergie[g 6]
* après ré-allocation des émissions de la production d'électricité et de chaleur aux secteurs de consommation.

Le secteur du transport est à peine plus émetteur de CO2 que dans les autres pays européens ; ce sont surtout les secteurs résidentiel, industriel et tertiaire qui sont responsables des fortes émissions, le charbon étant prédominant aussi bien dans la production d'électricité que dans celle de chaleur.

Pollution atmosphérique[modifier | modifier le code]

Un rapport publié en par WWF et trois autres ONG avec le soutien de l'Union européenne évalue à 22 900 décès prématurés les effets de la pollution atmosphérique dus aux centrales au charbon de l'Union européenne en 2013, un bilan comparable à celui des accidents de la route : 26 000 décès. Les centrales polonaises à elles seules ont causé 5 830 décès prématurés, dont 4 690 dans les pays voisins, en particulier en Allemagne : 620 décès et en Italie : 430 décès, mais aussi en France : 160 décès[46]. Sept mines de charbon polonaises en particulier seraient responsable en 2023 de 39 % des émissions européennes de méthane[47].

La mine de lignite de Turów, ouverte en 1904 et autorisée en 2020 par le gouvernement polonais à continuer à extraire du lignite jusqu'en 2044, cause de fortes nuisances pour les riverains, en République tchèque. Le gouvernement tchèque porte donc le dossier devant la justice européenne. En , la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) ordonne à la Pologne de « cesser immédiatement les activités d'extraction de lignite dans la mine de Turów ». Mais le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki décide de maintenir la mine ouverte afin de préserver l'approvisionnement énergétique du pays, la mine fournissant environ 7 % de l'électricité polonaise. Le , la CJUE condamne la Pologne à une astreinte journalière de 500 000  tant que la mine n'aura pas été mise à l'arrêt[48].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c tab.GHG-FC
  2. a et b tab.CO2-POP
  3. tab.GHG FC-Coal
  4. tab.GHG FC-Oil
  5. tab.GHG FC-Gas
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  6. Varsovie s’émancipe du gaz russe, Les Échos, 23 octobre 2015.
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  8. Du Danemark au Portugal, l'Europe redouble d'efforts pour s'émanciper du gaz russe, L'Express, 12 avril 2022.
  9. Le Danemark autorise la reprise de la construction d'un gazoduc entre Norvège et Pologne, Le Figaro, 1er mars 2022.
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]