Énergie en Russie

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Énergie en Russie
Image illustrative de l’article Énergie en Russie
Principaux gazoducs russes vers l'Europe.
Le gaz naturel est la principale énergie utilisée en Russie.
Bilan énergétique (2018)
Offre d'énergie primaire (TPES) 759,3 M tep
(31 791,5 PJ)
par agent énergétique gaz naturel : 54,5 %
pétrole : 19,5 %
charbon : 15,7 %
électricité : 9,1 %
bois : 1,1 %
Énergies renouvelables 3,3 %
Consommation totale (TFC) 434,9 M tep
(18 206,4 PJ)
par habitant 3 tep/hab.
(126 GJ/hab.)
par secteur ménages : 34,1 %
industrie : 32 %
transports : 23,2 %
agriculture : 2 %
pêche : 0,2 %
Électricité (2018)
Production 1 115,09 TWh
par filière thermique : 64 %
nucléaire : 18,3 %
hydro : 17,3 %
autres : 0,1 %
éoliennes : 0 %
biomasse/déchets : 0 %
Combustibles (2018)
Production pétrole : 558,2 Mtep
gaz naturel : 606,6 Mtep
charbon : 240,4 Mtep
uranium : 2917 tonnes bois : 8,7 Mtep
Réserves prouvées pétrole : 14 500 Mt
gaz naturel : 35 000 Mds m³
charbon : 160 400 Mt
uranium : 507 800 t
Commerce extérieur (2017 - Mtep)
Importations électricité : 0,4
pétrole : 1,6
gaz naturel : 7,7
charbon : 16,9
Exportations électricité : 1,5
pétrole : 391,8
gaz naturel : 201,4
charbon : 133,2
Sources
Agence internationale de l'énergie[1],[s 1]
NB : dans le bilan énergétique, l'agent « bois » comprend l'ensemble biomasse+déchets.

Le secteur de l'énergie en Russie tient une place dominante dans l'économie de la Russie (36 % des recettes du budget fédéral en 2016) et figure parmi les plus importants au monde.

La Russie possède, en 2019, les premières réserves de gaz naturel du monde (19,1 % des réserves prouvées mondiales) devant l'Iran (16,1 %), ainsi que les deuxièmes réserves de charbon (15,2 %) derrière les États-Unis et les sixièmes de pétrole (6,2 %).

La production d'énergie primaire en 2018 est constituée presque entièrement (94,7 %) de combustibles fossiles : pétrole (37,6 %), gaz naturel (40,9 %) et charbon (16,2 %).

La Russie est en 2019 au 2e rang mondial des producteurs de gaz naturel (18,3 % de la production mondiale) derrière les États-Unis, au 2e rang des producteurs de pétrole (12,6 %) et au 6e rang des producteurs de charbon (5,3 %), au 1er rang des exportateurs de gaz naturel avec 25,2 % des exportations nettes mondiales, au 1er rang des exportateurs de pétrole et produits pétroliers (13 %) et au 3e rang des exportateurs de charbon (14 %).

Elle est 4e producteur d'électricité mondial, 4e producteur d'électricité nucléaire, 5e producteur d'hydroélectricité, 2e producteur d'électricité à partir de gaz naturel.

L'énergie primaire consommée en 2018 en Russie était de 5,26 tep par habitant, soit 2,8 fois la moyenne mondiale et 44 % au-dessus de la consommation française. Elle se répartissait en 89,8 % d'énergies fossiles (gaz naturel 54,5 %, pétrole 19,5 %, charbon 15,7 %), 7,1 % d'énergie nucléaire et 3,3 % d'énergies renouvelables (hydraulique 2,2 %, biomasse 1,1 %).

L'électricité représentait seulement 12,7 % de la consommation finale d'énergie en 2018 ; la part élevée de la chaleur de réseau (20,8 %) est caractéristique des pays nordiques ; la Russie est le 1er producteur mondial de chaleur de réseau avec 36,5 % de la production mondiale en 2018.

La production d'électricité provient en 2019 à 63,3 % des combustibles fossiles (gaz naturel 46,4 %, charbon 15,8 %, pétrole 1,1 %), à 18,7 % du nucléaire et à 18 % des énergies renouvelables (surtout hydroélectricité : 17,5 %).

Les émissions de gaz à effet de serre de la Russie étaient en 2018 de 10,98 tonnes de CO2 par habitant, soit 2,48 fois la moyenne mondiale, 2,43 fois celles de la France et 1,61 fois celles de la Chine, mais inférieures de 27 % à celles des États-Unis.

Vue d'ensemble[modifier | modifier le code]

carte de la Fédération de Russie

Le pétrole et le gaz naturel pèsent chacun 15 % du PIB russe en 2017 ; ils fournissent les deux tiers des recettes en devises et la moitié des revenus budgétaires, mais moins d'un million d'emplois[2].

Principaux indicateurs de l'énergie en Russie[1]
Population[s 1] Cons.énergie primaire Production Exportations nettes Cons.Électricité Émissions CO2[s 1]
Année Millions Mtep Mtep Mtep TWh Mt
1990 148 879 1 293 413 990 2 164
2000 147 619 978 350 762 1 474
2007 143 673 1 239 552 898 1 534
2008 143 688 1 254 537 914 1 554
2009 143 647 1 191 538 870 1 441
2010 143 689 1 280 579 916 1 529
2011 143 722 1 300 570 927 1 605
2012 143 740 1 316 566 948 1 551
2013 144 720 1 331 595 938 1 514
2014 144 724 1 319 571 950 1 487
2015 144 710 1 334 604 949 1 466
2016 144 732 1 374 624 969 1 439
2017 144,5 729 1 429 664 978 1 537
2017 144,5 759 1 484 701 999 1 587
Variation 1990-2018 -2,4 % -13,6 % +14,8 % +70 % +1,0 % -26,7 %

Comparaisons internationales[modifier | modifier le code]

L'Agence internationale de l'énergie classe la Russie aux tout premiers rangs pour la plupart des indicateurs du domaine de l'énergie :

Place de la Russie dans les classements mondiaux
Source d'énergie indicateur rang année quantité unité % monde commentaires
Pétrole brut[s 2] Production 2e 2019p 560 Mt 12,6 % 1er : États-Unis (742 Mt), 2e : Arabie saoudite (546 Mt)
Exportation nette 2e 2018 260 Mt 12,5 % 1er : Arabie saoudite (368 Mt)
Gaz naturel[s 3] Production 2e 2019p 750 Mds m³ 18,3 % 1er : États-Unis (955 Mds m³)
Exportation nette 1er 2019p 265 Mds m³ 25,2 % 2e : Qatar (124 Mds m³)
Charbon[s 4] Production 6e 2019p 418 Mt 5,3 % 1er : Chine (3 693 Mt)
Exportation nette 3e 2019p 189 Mt 14,0 % 1er : Indonésie (448 Mds m³), 2e : Australie (393 Mds m³)
Nucléaire[s 5] Production 4e 2018 205 TWh 7,5 % 1er : États-Unis (841 TWh), 2e : France (413 TWh), 3e : Chine (295 TWh)
Puissance installée 5e 2018 27 GW 6,8 % 1er : États-Unis (99 GW), 2e : France (63 GW)
% nucléaire/élec* 7e 2018 18,4 % 1er : France (71,0 %)
Hydroélectricité[s 6] Production 5e 2018 193 TWh 4,5 % 1er : Chine (1 232 TWh)
Puissance installée 5e 2018 51 GW 3,9 % 1er : Chine (352 GW)
% hydro/élec* 5e 2018 17,3 % 1er : Norvège (95,0 %)
Prod.élec.par source**[s 7] Charbon/lignite 8e 2018 178 TWh 1,8 % 1er : Chine (4 773 TWh)
Gaz naturel 2e 2018 528 TWh 8,6 % 1er : États-Unis (1 519 TWh)
Renouvelables 7e 2018 193 TWh 2,9 % 1er : Chine (1 833 TWh)
Électricité[s 8] Production 4e 2018 1 113 TWh 4,2 % 1er : Chine (7 149 TWh), 2e : États-Unis (4 434 TWh), 3e : Inde (1 583 TWh)
Exportation nette 9e 2018 13 TWh 3,5 % 1er : France (63 TWh)
2019p = données provisoires 2019
* % source (nucléaire, hydro, etc)/total production d'électricité (classement parmi les 10 principaux producteurs)
** production d'électricité à partir de combustibles fossiles

Sources d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

La Russie est riche en ressources énergétiques. Elle possède les plus grandes réserves de gaz naturel du monde (18 % des réserves prouvées) et les secondes pour le charbon ; elle est le second producteur mondial de gaz naturel, le troisième pour le pétrole, le sixième pour le charbon et le quatrième producteur d'électricité nucléaire.

Le pétrole et le gaz contribuaient pour 36 % au budget fédéral. Plus de 70 % des importations de gaz naturel de l'Europe provenaient de Russie en 2016, ainsi que plus d'un tiers de celles de pétrole brut ; à l'inverse, près de 60 % des exportations russes de pétrole brut et plus de 75 % de celles de gaz naturel étaient destinées à l'Europe[3].

La production d'énergie primaire de la Russie atteignait en 2018 un total de 1 484,1 Mtep (millions de tonnes d'équivalent pétrole), dont 94,7 % d'énergies fossiles : pétrole 37,6 %, gaz naturel 40,9 %, charbon 16,2 % ; le nucléaire (3,6 %) et les énergies renouvelables (1,7 %) pèsent peu à côté des mastodontes fossiles, alors même que la Russie compte plusieurs centrales hydroélectriques et nucléaires parmi les plus puissantes du monde[1].

Près de la moitié (47,3 %) de cette énorme production est exportée (solde exportateur net) : 46,8 % du pétrole brut (69,9 % avec les produits pétroliers), 31,9 % du gaz naturel et 48,4 % du charbon. La consommation intérieure d'énergie primaire (approvisionnement net, après déduction du solde exportateur, des soutes internationales et des variations de stocks) est de 759,3 Mtep ; dans cette consommation primaire, la part du gaz est majoritaire : 54,5 %, le pétrole pèse 19,5 % et le charbon 15,7 % ; le nucléaire a une part de 7,1 % et l'hydroélectricité de 2,2 %[1].

Voici la partie supérieure du bilan énergétique russe 2018 qui détaille l'approvisionnement en énergie primaire du pays :

Source d'énergie Production (ktep) % solde exportateur (ktep) % part exportée
de la production
soutes, var.stocks (ktep) Consomm.
intérieure
%
Charbon+lignite 240 400 16,2 % −116 298 16,6 % 46,5 % −4 515 119 587 15,7 %
Pétrole brut 558 165 37,6 % −261 356 37,3 % 46,2 % −2 346 294 463 38,8 %
Produits pétroliers −128 829 18,4 % 23,0 % −17 345 −146 182 -19,3 %
Gaz naturel 606 616 40,9 % −193 722 27,6 % 31,0 % 814 413 707 54,5 %
Nucléaire 53 637 3,6 % 53 637 7,1 %
Hydraulique 16 435 1,1 % 16 435 2,2 %
Biomasse-déchets 8 696 0,6 % -25 154 8 579 1,1 %
Autres EnR 185 0,01 % 185 0,02 %
Solde exp. électricité −1 084 0,15 % -1084 -0,1 %
Total 1 484 134 100 % −701 316 100 % 46,5 % −23 491 759 327 100 %
Source : Agence internationale de l'énergie[1]

Le poids du secteur pétrolier (pétrole brut + produits pétroliers) est de 19,5 % de la consommation intérieure d'énergie primaire.

Évolution de la production d'énergie primaire en Russie par source (Mtep)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2015 2018 % 2018 var.
2018/1990
Charbon 192 14,9 129 13,1 166 13,0 200 240 16,2 % +25 %
Pétrole 526 40,7 323 33,1 507 39,6 536 558 37,6 % +6 %
Gaz naturel 517 40,0 471 48,1 540 42,2 524 607 40,9 % +17 %
Total fossiles 1 235 95,5 922 94,3 1 213 94,8 1 261 1 405 94,7 % +14 %
Nucléaire 31 2,4 34 3,5 45 3,5 51 54 3,6 % +71 %
Hydraulique 14 1,1 14 1,4 14 1,1 14 16 1,1 % +15 %
Biomasse-déchets 12 0,9 7 0,7 7 0,5 8 9 0,6 % -29 %
Autres EnR 0,02 0,002 0,05 0,01 0,4 0,03 0,16 0,18 0,01 % +671 %
Total 1 293 100 978 100 1 279 100 1 334 1 484 100 % +15 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[1]

Sur l'ensemble de la période 1990-2018, la production d'énergie de la Russie a peu varié ; les seules évolutions importantes en pourcentage sont la forte progression du nucléaire et le déclin de la biomasse, mais ce sont des sources d'énergie modestes. On observe deux périodes très contrastées :

  • les années 1990 ont connu de fortes baisses de production : charbon -33 %, pétrole -39 %, gaz naturel -9 % ;
  • les années 2000 ont vu la production en Russie regagner le terrain perdu pour retrouver les niveaux de 1990 ; les années 2010 ont connu une progression importante.

Gaz naturel[modifier | modifier le code]

Réserves de gaz naturel[modifier | modifier le code]

Les réserves prouvées de gaz naturel de la Russie étaient estimées par BP à 38 000 milliards de m3 fin 2019 (1 340,5 trillions US de pieds cubes), soit 56 années de production au rythme de 2019. Ces réserves classaient la Russie au 1er rang mondial avec 19,1 % du total mondial, devant l'Iran (16,1 %) et le Qatar (12,4 %). Cette estimation est en augmentation de 15,5 % par rapport à celle de 2009[b 1].

Selon le Conseil mondial de l'énergie (rapport 2013 sur les ressources mondiales), les réserves prouvées récupérables de gaz naturel de la Russie fin 2011 étaient de 44 750 milliards de m3, au 1er rang mondial : 23 % du total mondial, devant l'Iran (16 %), et sa production était de 670 milliards de m3, ce qui laissait 71 ans de réserves. Les réserves sont principalement situées en Sibérie, dont les bassins de Yamburg, Urengoy et Medvezh’ye totalisent 45 % des réserves du pays. La compagnie d'État Gazprom domine l'amont de la chaine gazière, produisant environ 80 % du gaz russe et contrôlant directement plus de 65 % des réserves et une grande part du reste en joint-ventures. Le gaz naturel associé à la production de pétrole est souvent brûlé à la torchère : selon la U.S. National Oceanic and Atmospheric Administration, la Russie a brûlé 1244 milliards de pieds cubes de gaz, plus que tout autre pays et 30 % du total brûlé à la torchère en 2010 dans le monde ; le gouvernement russe a lancé un programme visant à utiliser 95 % de ce gaz associé d'ici 2012, mais cet objectif a peu de chances d'être atteint aussi vite[4].

Le gisement gazier géant de Chtokman, découvert en 1998 en mer de Barents, recèle des réserves gigantesques : 3 900 milliards de m3, soit 2 % des réserves mondiales. Son développement, lancé en 2007 par Gazprom, le norvégien Statoil et Total ; ses conditions d'exploitation sont très difficiles : il est situé à 500 kilomètres au nord des côtes russes, dans une zone prise par les glaces une bonne partie de l’année. Le coût de son développement, estimé au départ à 15 milliards de dollars, avait été revu à au moins 30 milliards ; Statoil s'est retiré du projet en , puis Total en ; Gazprom a annoncé qu'il sera repris lorsque la technologie ou les conditions de marché seront plus favorables[5].

Production de gaz naturel[modifier | modifier le code]

En 2019, la Russie a produit 679 milliards de m3 de gaz naturel, soit 24,45 EJ (exajoules), en progression de 1,5 % en 2019 et de 26,6 % depuis 2009. Elle se classe au 2e rang mondial avec 17,0 % de la production mondiale, derrière les États-Unis (23,1 %)[b 2].

L'AIE donne des estimations plus élevées pour 2018 : 750 milliards de m3 et 18,3 % de la production mondiale[s 3].

Exportations de gaz naturel[modifier | modifier le code]

En 2019, les exportations de gaz naturel russe ont atteint 256,6 Mds m3, au 1er rang mondial (loin devant le Qatar : 128,6 Mds m3), dont 217,2 Mds m3 par gazoducs et 39,4 Mds m3 par mer (GNL)[b 3], destinés :

  • à l'Europe : 188 Mds m3 par gazoduc, en particulier l'Allemagne : 55,6 Mds m3, l'Italie : 20,7 Mds m3, la France : 7,8 Mds m3, les Pays-Bas : 8,0 Mds m3 ; 20,5 Mds m3 par mer, dont 6,9 Mds m3 pour la France ;
  • à la Turquie : 14,6 Mds m3 ;
  • aux pays de l'ancienne URSS : 28,9 Mds m3, en particulier la Biélorussie : 19,0 Mds m3 et le Kazakhstan : 5,1 Mds m3 ;
  • à l'Asie (sous forme de GNL) : 17,9 Mds m3, surtout au Japon : 8,7 Mds m3.

La Russie a également importé 26,8 Mds m3 par gazoduc en 2019, dont 20,6 Mds m3 du Kazakhstan et 6,2 Mds m3 de l'Ouzbekistan. Ses exportations nettes de 229,8 Mds m3 la classent au 1er rang mondial avec 23,3 % du total mondial des échanges inter-régionaux[b 3].

En 2018, selon l'AIE, la Russie assurait 25,2 % des exportations mondiales de gaz naturel[s 3].

En 2013, selon une étude d'Eurogas, la part du gaz russe dans la consommation des 28 pays de l'Union européenne a atteint 27 %, contre 23 % en 2012 ; la consommation de gaz de l'UE a pourtant reculé, pour la troisième année de suite, baissant de 1,4 % à 462 milliards de mètres cubes, après des baisses de 10 % et 2 % en 2011 et 2012 ; la production de gaz sur le territoire de l'Union européenne a connu un déclin de 1 % à 156 milliards de mètres cubes mais reste la première source (33 % de la consommation, comme en 2012) de l'UE[6].

Selon les statistiques d'Eurostat, en 2011 la part des importations de gaz russe dans la consommation brute de gaz naturel des pays de l'Union européenne était la suivante[7] :

  • six pays dépassaient 100 % : les trois pays baltes, la Finlande, la République tchèque et la Slovaquie (ces dépassements peuvent s'expliquer par des variations de stocks ou des consommations extérieures telles que les soutes) ;
  • deux pays proches de 100 % : Autriche (98,3 %) et Bulgarie (95,7 %) ;
  • trois autres pays au-dessus de 50 % : Grèce (65,5 %), Slovénie (53,2 %) et Hongrie (51 %) ;
  • quatre pays entre 20 et 50 % : Allemagne (41,6 %), Italie (28,2 %), Luxembourg (26,6 %) et Roumanie (21,2 %) ;
  • deux pays peu dépendants (<20 %) : France (16,9 %) et Pays-Bas (4,7 %) ;
  • dix pays non dépendants (0 % ou <1 %) : Belgique, Royaume-Uni, Suède, Pologne, Danemark, Irlande, Espagne, Portugal, Croatie, Chypre.

Les importations de gaz russe de l'Allemagne représentaient 29,6 % du total de celles de l'UE, suivies de l'Italie : 18,3 % ; ces deux pays recevaient donc 48 % du gaz russe importé par l'UE.

Gazoducs[modifier | modifier le code]

Principaux gazoducs existant et en projet approvisionnant l'Europe en gaz russe.

Gazprom domine également le réseau de gazoducs russe : dix grands gazoducs, dont huit gazoducs d'exportation : Yamal-Europe I, Northern Lights, Soyuz et Bratrstvo acheminent le gaz vers l'Europe à travers l'Ukraine et le Belarus (capacité totale : 4 Tcf) et Nord Stream, inauguré en 2011, à travers la Baltique ; Blue Stream, North Caucasus et Mozdok-Gazi-Magomed desservent la Turquie et les ex-républiques soviétiques de l'est. La Russie exporte aussi du GNL par méthaniers : en 2011, l'usine de gazéification de Sakhalin Energy (10 millions de tonnes de capacité), inaugurée en 2009, a exporté du GNL vers le Japon (69,5 %), la Corée du Sud (25,7 %), la Chine (2,4 %), Taïwan (1,7 %) et la Thaïlande (0,6 %) ; plusieurs projets de terminaux méthaniers sont en cours : Yamal LNG, Shtokman LNG, Vladivostok[4].

Le projet de gazoduc South Stream, qui devait alimenter l'Italie et plusieurs pays de l'Est en contournant l'Ukraine par le sud, a été abandonné : le , le président Vladimir Poutine a annoncé cet abandon, le justifiant par le refus de la Bulgarie, sous pression de l’Union européenne, dont elle est membre, d’autoriser le passage du tuyau sur son territoire ; il a aussi vivement critiqué Bruxelles qui estime que les contrats signés par Gazprom pour ce projet violent les règles européennes de la concurrence, et annoncé une réorientation des flux d'exportations énergétiques de la Russie : « l’Europe ne recevra plus les mêmes volumes de la Russie ,  mais c’est le choix de nos amis européens »[8].

Gazprom, principal fournisseur de gaz de l'Union européenne, a annoncé à ses clients qu'ils devront aller chercher leur gaz à leurs frais en Turquie, appelée à remplacer l'Ukraine comme zone de transit après l'abandon par la Russie du projet de gazoduc South Stream. Or GDF Suez, ENI, E.ON et autres gaziers européens disposent de contrats de long terme prévoyant que Gazprom leur livre du gaz en des points précis, et non à la frontière gréco-turque. Gazprom devrait alors payer des pénalités énormes. Les pays européens sont diversement concernés par ce bras de fer : le Royaume-Uni, la Belgique et les Pays-Bas n'achètent pas de gaz russe, la Pologne et l'Allemagne sont approvisionnés via le Belarus ; mais l'Autriche, la Slovaquie, la République tchèque, tous les pays du sud et du sud-est de l'Europe, ainsi que des clients italiens ou français, sont concernés[9].

Terminaux GNL[modifier | modifier le code]

L'exportation par voie maritime de gaz naturel liquéfié (GNL) se développe. Novatek, numéro deux du gaz en Russie après Gazprom et premier groupe gazier privé, est le spécialiste du GNL dans l'Arctique. Il annonce le la finalisation du financement d'Arctic LNG 2, un chantier sur la péninsule de Gydan estimé à plus de 21 milliards de dollars, avec un premier cargo prévu pour 2023. Total est actionnaire du projet à 10 % et détient également 19,4 % du capital de Novatek, qui détient 60 % du projet. Novatek a démarré fin 2017 la production de sa première usine de liquéfaction Arctic LNG 1 de 27 milliards de dollars sur la péninsule de Yamal, voisine de la péninsule de Gydan où se situe le deuxième projet[10].

Consommation de gaz naturel[modifier | modifier le code]

En 2019, la Russie a consommé 444,3 milliards de m3 de gaz naturel, soit 16,0 EJ (exajoules), en recul de 2,2 % en 2019 mais en progression de 11,7 % depuis 2009. Elle se classe au 2e rang mondial avec 11,3 % de la consommation mondiale, loin derrière les États-Unis (21,5 %) mais devant la Chine (7,8 %)[b 4].

Pétrole[modifier | modifier le code]

Réserves de pétrole[modifier | modifier le code]

Les réserves prouvées de pétrole[n 1] de la Russie étaient estimées par BP à 14,7 milliards de tonnes fin 2019 (107,2 milliards de barils), soit 25,5 années de production au rythme de 2019. Ces réserves classaient la Russie au 6e rang mondial avec 6,2 % du total mondial, loin derrière le Venezuela (17,5 %) et l'Arabie Saoudite (17,2 %). Cette estimation des réserves est inférieure de 4 % à celle de 1999[b 5].

Le risque d'épuisement des réserves reste théorique, car le pays compte de vastes territoires inexplorés ainsi que des réserves « probables et possibles » gigantesques en Sibérie orientale, en Arctique et dans l'offshore profond. Mais ces gisements seront coûteux à exploiter et nécessiteront des technologies dont ne dispose pas la Russie[2].

Selon le Conseil mondial de l'énergie (rapport 2013 sur les ressources mondiales), les réserves prouvées récupérables de la Russie à fin 2011 étaient de 8,2 milliards de tonnes (60 milliards de barils), au 7e rang mondial : 4,6 % du total mondial (le no 1, l'Arabie saoudite, a 36,2 Mds tonnes, soit 20 %), et sa production de 509 Mt (2e rang mondial), ce qui laissait seulement 16 ans de réserves. La majeure partie des réserves sont situées en Sibérie occidentale, entre les Monts Oural et le plateau central sibérien, ainsi que dans la région Volga-Urals, jusqu'à la Caspienne ; la Sibérie a des réserves encore peu explorées[11].

Les réserves prouvées de pétrole de schiste sont estimées à 248 milliards de barils, soit 5 % du total mondial ; plus de 80 gisements ont été identifiés dans le bassin de la Baltique, à l'est de la partie européenne du pays et au nord-est de la Sibérie[11].

Lukoil a signé avec Total le un accord créant une coentreprise (51 % Lukoil, 49 % Total) pour exploiter du pétrole de schiste en Sibérie occidentale ; les deux groupes investiront 120 à 150 millions $ pendant deux ans dans l'exploration géologique ; la formation Bajenov, où la coentreprise effectuera ses explorations, contient des réserves estimées de façon sommaire à 70 millions de tonnes de pétrole. Les premiers forages d'exploration sont prévus en 2015 sur une zone couvrant 2 700 km2 dans le district autonome des Khantys-Mansis[12].

Production de pétrole[modifier | modifier le code]

En 2019, la Russie a produit 568,1 Mt (millions de tonnes) de pétrole, soit 11,54 Mb/j (millions de barils par jour), en progression de 0,8 % en 2019 et de 13 % depuis 2009. Elle se classe au 2e rang mondial avec 12,7 % de la production mondiale, derrière les États-Unis (16,7 %) et devant l'Arabie saoudite (12,4 %)[b 6].

En 2011, la Russie avait produit 10,2 millions de barils par jour d'hydrocarbures liquides, dont 9,8 Mbbl/j de pétrole brut, et en avait consommé environ 3,1 Mbbl/j et exporté 7 Mbbl/j, dont 4,9 Mbbl/j de brut et le reste en produits raffinés ; 78 % des exportations étaient destinées à l'Europe, en particulier l'Allemagne, les Pays-Bas et la Pologne ; 16 % allaient à l'Asie et 6 % à l'Amérique. La Russie avait 40 raffineries, d'une capacité totale de 5,4 Mbbl/j ; Rosneft, le principal raffineur, contrôlait 1,3 Mbbl/j, en particulier la plus grande raffinerie du pays, celle d'Angarsk (385 176 bl/j) LUKoil a une capacité de raffinage de 976 000 bl/j et TNK-BP 690 000 bl/j[11].

La principale compagnie pétrolière russe est Rosneft suivie par Lukoil, TNK-BP, Surgutneftegaz, Gazprom Neft et Tatneft[13],[14].

Le 22/10/2012, Rosneft a annoncé son intention de s'emparer de la totalité de TNK-BP pour 61 milliards de dollars[15].

La Russie prévoyait d’investir 400 milliards de dollars sur vingt ans dans l'Arctique, mais les sanctions liées à l’Ukraine risquent de ralentir ses ambitions. Gazprom est la première société au monde à avoir commencé à produire du pétrole dans l’océan Arctique : entrée en production en avril dernier, la plate-forme de Prirazlomnoye, en mer de Petchora, a produit 2,2 millions de barils équivalent pétrole en 2014, et prévoit de multiplier ce chiffre par 2 à 2,5 en 2015, au moyen de quatre nouveaux puits. C’est en Russie que se trouve, et de loin, le plus gros potentiel de l’Arctique », mais les compagnies russes ont besoin des technologies occidentales ; elles savent réaliser des forages en conditions extrêmes, mais pas développer des projets pour produire. Gazprom a ainsi conclu des coopérations avec Shell et s’était associé à Total, entre autres, pour développer le champ de Chtokman en mer de Barents, finalement suspendu sine die il y a deux ans, car trop coûteux. Le grand projet Yamal de Total, qui n’est pas un projet offshore, n’est pas touché directement par les sanctions, mais son financement est affecté. Rosneft a conclu des accords avec ExxonMobil, Statoil, BP et ENI, et a foré durant l'été 2014 un premier puits à 600 millions de dollars en mer de Kara avec ExxonMobil, qui a donné lieu à une découverte potentiellement gigantesque, estimée à 1 milliard de barils de pétrole, mais les opérations ont dû être interrompues avant même que le puits ait été testé, à cause des sanctions. Statoil a arrêté ses opérations en mer de Barents mais poursuit sa coopération en mer d’Okhotsk, où un puits d’exploration doit être foré en 2016[16].

Exportations de pétrole[modifier | modifier le code]

La Russie était en 2019 le 1er exportateur mondial de pétrole et produits pétroliers avec 9,19 Mb/j (450,7 Mt, dont 286,1 Mt de brut), soit 13 % des exportations mondiales, devant l'Arabie saoudite (8,40 Mb/j, soit 11,8 %) et les États-Unis (8,02 Mb/j, soit 11,3 %). Ces exportations ont progressé de 1,2 % en 2019 et de 26,6 % depuis 2009. Les exportations de brut de 2019 étaient surtout destinées à l'Europe : 153,0 Mt (53,5 %), à l'Asie : 100,3 Mt (35 %) (dont la Chine : 77,7 Mt, 27 %) et aux pays de l'ex-URSS : 18,4 Mt (6,4 %). La Russie exportait 164,6 Mt de produits pétroliers, dont 106,1 Mt vers l'Europe, 24,6 Mt vers l'Asie, 18,3 Mt vers les États-Unis[b 7].

En 2018, la Russie était le 2e exportateur mondial de pétrole brut avec 260 Mt, contribuant pour 12,5 % aux exportations mondiales[s 2].

Tous les oléoducs majeurs (sauf celui du Caspian Pipeline Consortium) sont possédés et exploités par le monopole étatique Transneft; les oléoducs pour produits pétroliers sont possédés et exploités par sa filiale Transnefteproduct. Actuellement, Transneft construit l'Oléoduc Sibérie orientale - océan Pacifique qui va transporter le pétrole russe aux marchés de l'Asie-Pacifique (Chine, Japon, Corée). La Russie est aussi le principal pays de transit pour le pétrole du Kazakhstan.

Consommation de pétrole[modifier | modifier le code]

Centrale Surgut-2 dans le District autonome de Khantys-Mansis, en Sibérie Occidentale
C'est la plus puissante centrale au fioul au monde, avec 5 600 MW ; les 3e (Surgut-1, 3 280 MW) et 5e (Ryazan, 2 800 MW) sont aussi en Russie.

En 2019, la Russie a consommé 3,32 Mb/j (millions de barils par jour), soit 6,57 EJ (exajoules), en progression de 1,1 % en 2019 et de 19,5 % depuis 2009. Elle se classe au 6e rang mondial avec 3,4 % de la consommation mondiale, loin derrière les États-Unis (19,7 %) et la Chine (14,3 %). Sa production représente 3,5 fois sa consommation[b 8].

Charbon[modifier | modifier le code]

Réserves de charbon[modifier | modifier le code]

Les réserves prouvées récupérables de charbon de la Russie étaient estimées par BP[n 2] à 162,2 milliards de tonnes fin 2019 (71,7 Mds tonnes d'anthracite et de charbon bitumineux, et 90,4 milliards de tonnes de sub-bitumineux et de lignite), soit 369 ans de production au rythme de 2019. Ces réserves classaient la Russie au 2e rang mondial (15,2 % du total mondial) derrière les États-Unis (23,3 %) et devant l'Australie (13,9 %) et la Chine (13,2 %)[b 9].

Selon le Conseil mondial de l'énergie (rapport 2013 sur les ressources mondiales), les réserves prouvées de la Russie à fin 2011 étaient de 194 milliards de tonnes (estimation de 1996), dont 157 milliards de tonnes récupérables (dont 10,5 milliards de tonnes de lignite), et sa production de 326 Mt, ce qui laissait plusieurs siècles de réserves. Une grande part des gisements est exploitable à ciel ouvert : 23 % du charbon bitumineux, 74 % du sub-bitumineux et 100 % du lignite. Les gisements sont répartis dans de nombreuses régions, depuis le bassin de Moscou à l'ouest au bassin de Donetsk, à cheval sur la frontière ukrainienne au sud-ouest, au bassin de Petchora au nord-est de la Russie européenne, et aux bassins sibériens d'Irkoutsk, de Kouznetsk, de Kansk-Achinsk, de la Léna, de Yakoutie du Sud et de la Toungouska[17].

Les principaux gisements de houille sont situés dans les bassins de Petchora (90 000 km2), dont 85 % est sous le permafrost, produisant des charbons de bonne qualité et assez proche des marchés, et du Kouznetsk (26 700 km2), à l'est de Novossibirsk. Le bassin de Kansk-Achinsk, encore plus à l'est, contient d'énormes gisements de lignite ; situé sur le tracé du transsibérien, il alimente des centrales électriques et des usines carbo-chimiques. Les vastes bassins sibériens de la Léna et de la Toungouska constituent des ressources largement inexplorées, dont l'exploitation commerciale serait probablement difficile[17].

Production de charbon[modifier | modifier le code]

La Russie est aussi un gros producteur et exportateur de charbon

En 2019, la production de charbon de la Russie atteignait 9,2 EJ (exajoules), au 6e rang mondial avec 5,5 % du total mondial, loin derrière la Chine : 47,6 %, en recul de 0,3 % en 2019 mais en progression de 55 % depuis 2009[b 10]. En unités physiques, cette production est de 440,4 Mt (millions de tonnes)[b 11].

En 2016, la Russie a produit 406 Mt (millions de tonnes) de charbon, dont 73,5 Mt de lignite[18].

Depuis un pic à environ 425 Mt (millions de tonnes) en 1988, la production de charbon de la Russie a connu un déclin prononcé à la suite de la désintégration de l'URSS, atteignant un point bas de 232 Mt en 1998, puis elle a regagné une partie du terrain perdu, atteignant 326 Mt (154 Mtep) en 2008[17].

Année Production de charbon
(Millions de tonnes)[b 11]
1985 409,3
1990 405,2
1995 269,6
2000 262,2
2005 300,1
2010 322,9
2015 372,5
2016 386,6
2017 412,5
2018 441,6
2019 440,4

Les deux principaux producteurs russes de charbon sont Rosugol et Donugol.

Exportation de charbon[modifier | modifier le code]

En 2019, la Russie a exporté 5,87 EJ (exajoules) de charbon, au 3e rang mondial avec 16,6 % des exportations mondiales, derrière l'Australie (27,5 %) et l'Indonésie (26 %). Les exportations russes ont progressé de 140 % en dix ans (2009-2019)[b 12].

Consommation de charbon[modifier | modifier le code]

La consommation de charbon en Russie s'est établie en 2019 à 3,63 EJ (exajoules), stable en 2019 mais en recul de 6 % depuis 2009, au 6e rang mondial avec 2,3 % du total mondial, très loin derrière la Chine (51,7 %). La Russie consomme 39 % de sa production de charbon et exporte le reste[b 13].

En 2018, 45 % du charbon consommé en Russie a été brûlé dans les centrales de cogénération (électricité + chaleur) et 9 % dans les centrales de chaleur, ces deux catégories de centrales alimentant le chauffage urbain ; la cokéfaction pour la sidérurgie (16 %), l'industrie (21 %), le secteur résidentiel (1,4 %, en forte baisse) et le tertiaire (0,5 %) se partageaient le reste[1].

Tourbe[modifier | modifier le code]

Centrale de Shatura près de Moscou
Construite en 1925, initialement alimentée par la tourbe, c'était la plus puissante centrale à tourbe du monde avec 1 100 MW ; depuis, elle a été convertie au multifuel ; en 2005, elle n'utilisait plus que 11,5 % de tourbe.

La Russie compte 1,39 million de km² de tourbières, soit 35 % du total mondial ; les principaux gisements de tourbe (85 %) sont situés dans la partie nord-ouest de la Russie, en Sibérie Occidentale, près de la côte ouest du Kamtchatka et dans plusieurs autres régions extrême-orientales. Les tourbières sibériennes comptent pour presque 75 % des réserves totales de Russie de 186 milliards de tonnes, les secondes après celles du Canada. Environ 5 % de la tourbe exploitable (0,8 million tonnes en 2008) est utilisée pour la production de combustible, le reste est utilisé dans l'agriculture et pour le chauffage résidentiel dans les zones rurales. Bien que la tourbe ait été utilisée comme combustible industriel pour la production d'électricité en Russie sur une longue période (en 1928 plus de 40 % de l'électricité soviétique était produite à base de tourbe), sa part a été en déclin sur le long terme, et depuis 1980 s'est élevée à moins de 1 %[19].

Pétrole non conventionnel[modifier | modifier le code]

Schistes bitumineux[modifier | modifier le code]

La Russie possède les plus grandes réserves de schiste bitumineux en Europe estimées à 35,47 milliards de tonnes d'huile de schiste. Plus de 80 gisements d'huile de schiste ont été identifiés. Les principaux gisements sont situés dans la province de Volga-Petchyorsk et dans le bassin de la Baltique. L'exploitation des gisements dans la province de Volga-Petchyorsk a commencé dans les années 1930, mais fut abandonnée à cause de problèmes environnementaux. L'essentiel de l'industrie de l'huile de schiste était concentré dans le bassin de la Baltique, où la mine de Leningradslanets produisait 1,12 Mt en 2002 ; la production était livrée à la centrale électrique Estonian Baltic dont l'électricité était livrée à UES (Unified Energy System of Russia), jusqu'à 2005 où la production de la mine a été arrêtée ; la société russe Renova prévoit de construire sa propre usine de production d'huile de schiste, et a redémarré l'exploitation minière en 2007 à 50 000 tonnes par mois, en grande partie exportées vers l'Estonie en 2009. À Slantsy, près de la frontière estonienne, une centrale électrique (75 MW) brûlait l'huile de schiste, mais en 1999 l'usine de traitement d'huile de schiste de Slantsy et la centrale furent reconvertis pour utiliser du gaz naturel et les activités minières cessèrent en 2005. À Syzran une petite usine de traitement (10 000 tonnes par an) continue à fonctionner[20].

Bitume naturel et pétrole extra-lourd[modifier | modifier le code]

De petites réserves de pétrole extra-lourd ont été identifiées : 6 gisements avec 177 millions de barils de réserves, dans les bassins de Volga-Oural et de Nord Caucase-Mangyshlak. D'importants gisements de bitume naturel (39 gisements, avec 295 milliards de barils de réserves prouvées et 51 Mds éventuelles) sont localisés dans la Sibérie Orientale dans le bassin de la Toungouska (plus de 50 Mds barils), ainsi que dans les bassins Timan-Petchora and Volga-Oural, ainsi que dans le Tatarstan, seule zone où les études sont suffisamment avancées pour qu'une exploitation soit envisageable[21]. En , Tatneft et Royal Dutch Shell ont annoncé un partenariat stratégique pour développer la production de pétrole brut lourd au Tatarstan, où Tatneft a déjà une production pilote de bitume[22].

Uranium[modifier | modifier le code]

La Russie était en 2017 le 6e producteur mondial d'uranium avec 2 917 tonnes, soit 4,9 % du total mondial, loin derrière le Kazakhstan (23 391 tonnes)[23].

Les ressources récupérables d'uranium en Russie étaient estimées en 2015 à 507 800 tonnes, soit 9 % du total mondial, au 4e rang derrière l'Australie, le Kazakhstan et le Canada[24].

Selon le Conseil mondial de l'énergie, la Russie avait en 2008 des réserves d'uranium « raisonnablement assurées » estimées à 181 000 tonnes (4,5 % des réserves mondiales) ; le Kazakhstan voisin en a 414 000 tonnes. S'y ajoutent les réserves « présumées » qui s'élèvent à 385 000 tonnes (Kazakhstan : 418 000 tonnes), et les réserves « pronostiquées » et « spéculatives » : 815 000 tonnes (Kazakhstan : 800 000 tonnes). Les activités d'exploration, entreprises dès 1944, ont permis de découvrir plus d'une centaine de gisements dans 14 districts, dont trois ont été mis en valeur à l'est de l'Oural (Transural, West Siberia et Vitim). La plus importante zone de production d'uranium a été la région de Streltsovsk près de Krasnokamensk dans l'Oblast de Tchita, où l'exploitation relève de l'entreprise d'état Priargunsky, dont la capacité nominale de production atteint 3 500 tonnes par an, et qui assure plus de 90 % de la production nationale. En 2008, la Fédération de Russie était le cinquième producteur d'uranium du monde : 3 521 tonnes représentant 8 % de la production mondiale ; sa production cumulée jusqu'à fin 2008 atteignait 139 735 tonnes (5,8 % du total mondial)[25].

Consommation intérieure d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

La consommation intérieure d'énergie primaire par habitant de la Russie est très élevée : 5,26 tep en 2018, soit 2,8 fois la moyenne mondiale (1,88 tep) et 44 % au-dessus de la consommation française : 3,66 tep, mais 23 % au-dessous de celle des États-Unis : 6,81 tep[s 1].

Consommation d'énergie primaire en Russie par source (Mtep)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2015 2018 % 2018 var.
2018/1990
Charbon 191,1 21,7 120,0 19,4 100,9 14,6 116,5 119,6 15,7 % -37 %
Pétrole 263,8 30,0 126,1 20,4 139,1 20,2 156,7 148,3 19,5 % -44 %
Gaz naturel 367,4 41,8 318,9 51,5 383,4 55,6 364,3 413,7 54,5 % +13 %
Total fossiles 822,3 93,5 565,0 91,2 623,4 90,6 637,5 681,6 89,8 % -17 %
Nucléaire 31,3 3,6 34,4 5,6 44,8 6,5 51,3 53,6 7,1 % +71 %
Hydraulique 14,3 1,6 14,1 2,3 14,3 2,1 14,4 16,4 2,2 % +15 %
Biomasse-déchets 12,2 1,4 6,9 1,1 6,9 1,0 7,7 8,6 1,1 % -30 %
Géothermie, éolien, solaire 0,024 0,003 0,05 0,008 0,4 0,06 0,16 0,18 0,02 % +671 %
Total EnR 26,5 3,0 21,1 3,4 21,7 3,1 22,3 25,2 3,3 % -5 %
Solde exp.électricité -0,7 0,08 -1,2 0,2 -1,5 0,2 -1,0 -1,1 -0,1 % +52 %
Total 879,3 100 619,3 100 688,4 100 710,0 759,3 100 % -14 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[1]

La consommation d'énergie primaire a reculé de près de 30 % pendant la décennie 1990-2000, puis a progressé de 23 % entre 2000 et 2018 ; au total, elle a baissé de 14 %.

Consommation finale d'énergie[modifier | modifier le code]

La consommation finale d'énergie en Russie (après raffinage, transformation en électricité ou en chaleur de réseau, transport, etc) a évolué comme suit :

Consommation finale d'énergie en Russie par source (Mtep)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2015 2018 % 2018 var.
2018/1990
Charbon 55 8,8 18 4,3 14 3,2 12 27 5,3 % -50 %
Produits pétroliers 145 23,2 90 21,5 110 24,5 135 125 24,2 % -14 %
Gaz naturel 143 22,9 117 28,0 143 32,1 141 186 36,1 % +30 %
Biomasse-déchets 8,1 1,3 3,1 0,7 2,3 0,5 3,0 4,0 0,8 % -51 %
Électricité 71 11,4 52 12,5 62 14,0 62 65 12,7 % -8 %
Chaleur 203 32,5 137 32,7 115 25,7 103 107 20,8 % -47 %
Total 625 100 418 100 447 100 457 514 100 % -18 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[1]

La consommation finale d'énergie en Russie a fortement reculé au cours des années 1990 du fait des crises de cette période (crise de 1992-1994 lors des privatisations massives ; crise financière russe de 1998, conséquence de la crise économique asiatique) et de gains d'efficacité énergétique, puis a regagné pendant les années 2000 une partie du terrain perdu ; elle est cependant encore inférieure de 18 % au niveau de 1990.

On note la part considérable du gaz, mais aussi celle des réseaux de chaleur, qui dépassent l'électricité et pèsent même presque autant que les produits pétroliers : c'est un trait original de la Russie, comme de bien des pays nordiques.

Consommation finale d'énergie en Russie par secteur (Mtep)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2015 2018 % 2018 var.
2018/1990
Industrie 209 33,4 128 30,6 126 28,3 124 139 27,0 % -33 %
Transport 116 18,5 74 17,8 96 21,6 94 101 19,6 % -13 %
Ménages 83 13,4 140 33,6 111 25,0 114 148 28,8 % +78 %
Tertiaire 36 5,8 23 5,4 37 8,3 36 37 7,2 % +2 %
Agriculture 22 3,5 14 3,3 9 2,0 9 10 1,9 % -57 %
Non spécifié 118 18,9 3 0,6 0,02 ns 0,06 0 0 % -100 %
Usages non énergétiques 40 6,4 36 8,7 66 14,8 79 80 15,5 % +98 %
Total 625 100 418 100 447 100 457 514 100 % -18 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[1].

La modernisation de l'économie russe est mise en évidence par la quasi-disparition de la rubrique "non spécifié", la baisse des consommations de l'industrie et des transports (efficacité énergétique accrue) et la progression de la part des ménages et du tertiaire.

Secteur électrique[modifier | modifier le code]

Production d'électricité[modifier | modifier le code]

Évolution de la production des principales sources d'électricité en Russie
Source : Agence internationale de l'énergie[26]

En 2019, selon l'Agence internationale de l'énergie, la Russie a produit 1 118 TWh, en progression de 0,3 % en 2019 et de 3,3 % depuis 1990. Cette production se répartissait en 63,3 % de combustibles fossiles (gaz naturel : 46,4 %, charbon : 15,8 %, pétrole : 1,1 %), 18,7 % de nucléaire et 18 % d'énergies renouvelables (hydroélectricité 17,5 %, déchets 0,3 %, solaire 0,09 %, géothermie 0,04 %, éolien 0,03 %, biomasse 0,01 %)[26].

La Russie était le quatrième producteur mondial d'électricité en 2018 avec une production de 1 113 TWh (4,2 % de la production mondiale), derrière la Chine (26,9 %), les États-Unis (16,7 %) et l'Inde (5,9 %), et le neuvième exportateur d'électricité 13 TWh[s 8]. Elle se classait au 2e rang mondial pour la production d'électricité à partir de gaz naturel (8,6 % de la production mondiale), au 8e rang pour le charbon (1,8 % de la production mondiale) et au 7e rang pour les énergies renouvelables (2,9 % de la production mondiale ; surtout hydroélectricité)[s 7].

Production brute d'électricité en Russie par source (TWh)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2015 2018 2019 % 2019 var.
2019/1990
Charbon 157 14,5 176 20,0 166 16,0 159 178 177 15,8 % +13 %
Pétrole 129 11,9 33 3,8 9 0,9 10 8 12 1,1 % -91 %
Gaz naturel 512 47,3 370 42,2 521 50,1 530 528 519 46,4 % +1 %
Ss-total fossiles 798 73,7 579 55,8 696 67,0 698 714 708 63,3 % -11 %
Nucléaire 118 10,9 131 12,6 170 16,4 195 205 209 18,7 % +77 %
Hydraulique 166 15,3 165 15,9 168 16,2 170 193 196 17,5 % +18 %
Biomasse 0,04 0,003 0,02 0,003 0,04 0,003 0,03 0,07 0,09 0,01 % +149 %
Déchets 2,5 0,2 2,7 0,3 2,8 2,5 3,2 0,3 % ns
Géothermie 0,03 0,003 0,06 0,01 0,5 0,05 0,5 0,4 0,4 0,04 % +1432 %
Solaire 0,03 0,07 1,0 0,09 % ns
Éolien 0,015 0,02 0,3 0,03 % ns
Ss-total EnR 166 15,3 167 16,1 170 16,4 174 197 201 18,0 % +21 %
Total 1 082 100 878 100 1 038 100 1 068 1 115 1 118 100 % +3,3 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[26].

Énergie nucléaire[modifier | modifier le code]

Centrale nucléaire de Balakovo, dans l'oblast de Saratov, la plus puissante de Russie (3 800 MW).

En 2019, la Russie a produit 1,86 EJ (exajoules) d'électricité nucléaire, en progression de 1,8 % en 2019 et de 21 % depuis 2009. Elle se classe au 4e rang mondial avec 7,5 % de la production mondiale, derrière les États-Unis (30,5 %), la France (14,3 %) et la Chine (12,5 %)[b 14].

Au , la Russie exploite 38 réacteurs nucléaires opérationnels, totalisant 28 437 MW de puissance installée, répartis dans 11 centrales nucléaires de production d'électricité, et compte 4 réacteurs nucléaires en construction totalisant 4 525 MW[27], ce qui la place au 4e rang en nombre de réacteurs en service, au 4e rang en puissance installée[28], et au 3e rang en nombre de réacteurs en construction, derrière la Chine (11 réacteurs en construction) et l'Inde (7 réacteurs), ex-æquo avec la Corée du sud et les Émirats arabes unis (4 réacteurs chacun), mais au 5e rang en capacité de production derrière la Chine, les Émirats arabes unis, la Corée du sud et l'Inde[29].

Avec une production brute d’électricité d’origine nucléaire s'élevant à 208 TWh en 2019, soit 19,7 % de la production d'électricité de la Russie[27], le pays se situe au 4e rang des pays producteurs d'énergie électrique d'origine nucléaire, loin derrière les États-Unis (809 TWh), la France (379 TWh) et la Chine (348 TWh)[30].

En 2018, la production brute d'électricité nucléaire en Russie atteignait 204,6 TWh, soit 18,3 % de la production totale russe d'électricité[26], ce qui faisait de la Russie le 4e producteur mondial avec 7,5 % de la production mondiale d'énergie nucléaire, derrière les États-Unis, la France et la Chine. La capacité totale installée des réacteurs nucléaires était de 27 GW, au 5e rang mondial avec 6,8 % de la capacité mondiale[s 5].

Le constructeur russe de centrales nucléaires Rosatom annonce en avoir gagné les contrats de construction pour 36 réacteurs à l'étranger. Seize sont déjà en chantier : deux en Biélorussie, trois en Inde, deux en Chine, un en Finlande, deux en Hongrie, quatre en Turquie et deux au Bangladesh. Tous sont selon lui des réacteurs de troisième génération (VVER 1200 ou 1000)[31]. En , il reste 33 réacteurs en commande, dont 12 en chantier ; le principal modèle proposé est le réacteur de troisième génération VVER 1200[32].

Depuis 2001 tous les réacteurs civils russes étaient exploités par Energoatom. Le le Parlement Russe a adopté une législation qui crée Atomenergoprom, compagnie holding regroupant toute l'industrie nucléaire civile russe, y compris Energoatom, le producteur et fournisseur de combustible nucléaire TVEL, le négociant d'uranium Techsnabexport (Tenex) et le constructeur d'installations nucléaires Atomstroyexport.

En , la Russie compte 38 réacteurs nucléaires électrogènes en service, répartis dans 11 centrales ; 23 appartiennent à la filière des réacteurs à eau pressurisée, 13 à celle des réacteurs refroidis à l'eau légère et modérés au graphite (LWGR), et 2 sont des réacteurs à neutrons rapides (FBR) :

Composition du parc nucléaire en 2020[27]
Centrale Localisation Type* Nb réacteurs** Mise en service Puissance nette(MWe) Observations
Akademik Lomonosov Pevek, district autonome de Tchoukotka VVER 2 2020 64 Centrale nucléaire flottante russe
Balakovo oblast de Saratov VVER-1000/320 4 de 1985 à 1993 3 800 la plus puissante de Russie jusqu'en 2017
Beloïarsk oblast de Sverdlovsk 2 RNR 2 1980 et 2015 1380 les plus puissants RNR en fonctionnement dans le monde
Bilibino district autonome de Tchoukotka tubes de force U-graphite 4 de 1974 à 1976 33 réacteurs mixtes chaleur-électricité
Kalinine oblast de Tver VVER 4 de 1984 à 2011 3 800
Kola oblast de Mourmansk VVER 4 1973 à 1984 1 644
Koursk oblast de Koursk RBMK 4 1976 à 1985 3 700
Leningrad oblast de Léningrad 3 RBMK et 1 VVER 4 1973 à 1981 et 2018 3 876 la plus puissante de Russie ; +1 réacteur VVER de 1 066 MWe en construction
Novovoronej oblast de Voronej VVER 4 1972, 1980, 2016, 2019 3 536
Rostov oblast de Rostov VVER 4 2001, 2010, 2014, 2018 3 829
Smolensk oblast de Smolensk RBMK 3 1982, 1985, 1990 2 775
Total 38 28 437
* VVER = réacteur de puissance à caloporteur et modérateur eau (PWR) ; RNR = Réacteur à neutrons rapides ; RBMK = réacteur de grande puissance à tube de force
** seuls les réacteurs en fonctionnement sont pris en compte

autres informations :

  • Centrale nucléaire de Balakovo : la construction d'un cinquième réacteur a été arrêtée en 2008.
  • Centrale nucléaire de Beloïarsk : ce site comprenait antérieurement 2 réacteurs au graphite de type RBMK datant de 1964 et 1967, qui ont été arrêtés en 1983 et 1989. La construction d'un nouveau RNR plus puissant (804 MWe nets, dit BN-800) a été lancée en 1987, mais les travaux furent suspendus en 1988, puis relancés en 2010, pour une mise en service en 2015.
  • Centrale nucléaire de Bilibino : la centrale nucléaire la plus septentrionale du monde, au nord du cercle polaire arctique, avec 4 petits réacteurs mixtes qui produisent à la fois de l'énergie thermique et électrique. Cette centrale devait être remplacée en 2019 par la centrale nucléaire flottante Akademik Lomonosov (deux réacteurs PWR de 35 MW chacun), qui a été construite dans les chantiers navals de Saint-Pétersbourg qu'elle a quitté au début de à destination de Mourmansk, où le combustible nucléaire a été chargé dans ses réacteurs ; après des tests, elle a été remorquée jusqu'à Pevek, où la centrale flottante a été connectée au réseau électrique local en 2020, pour remplacer les quatre petits réacteurs (48 MW au total) de la centrale nucléaire de Bilibino et une unité au charbon[33]. En , 3 des anciens réacteurs restent en service.
  • Centrale nucléaire de Koursk : la construction d'un 5e réacteur a démarré en 1985, puis celle d'un 6ème, mais il ne sont pas encore livrés en 2020.
  • Centrale nucléaire de Novovoronej : en Russie centrale. Sa construction a démarré en 1957 ; c'est la plus vieille centrale nucléaire de Russie. Elle comprend 5 réacteurs de type VVER mis en service entre 1964 et 1980, dont les 3 plus anciens ont été arrêtés en 1988, 1990 et 2016, plus deux réacteurs VVER de 3e génération, Novovoronej 2-1 et 2-2, de 1 100 MWe chacun[34]. AREVA NP a fourni à Rosatom son système de contrôle-commande de sûreté (I&C) en vue de son installation au sein de l'unité 1 de la centrale nucléaire russe de Novovoronezh-2*, connectée au réseau en [35].
  • Centrale nucléaire de Rostov : au bord du réservoir de Tsimliansk à 120 km à l'est de Rostov-sur-le-Don, sur le Don.

En , 4 réacteurs (puissance nette totale : 4 525 MWe) étaient en construction[27] :

Énergies renouvelables[modifier | modifier le code]

Les énergies renouvelables sont très peu développées en Russie, en dehors de l'hydroélectricité, bien que la Russie ait d'abondantes ressources potentielles en énergie renouvelable. En le Premier Ministre russe a signé une directive exécutive pour accroître l'usage des énergies renouvelables afin d'améliorer l'efficacité du secteur électrique. Les objectifs de part des énergies renouvelables dans la production d'électricité sont de 1,5 % en 2010, 2,5 % en 2015 et 4,5 % en 2020[36].

Hydroélectricité[modifier | modifier le code]
Énergie géothermique[modifier | modifier le code]

L'énergie géothermique, utilisée pour le chauffage et la production d'électricité dans quelques régions du Caucase du Nord et de l'Extrême-Orient, est la source d'énergie renouvelable la plus développée (après l'hydroélectricité) en Russie[37]. Des ressources géothermiques ont été identifiées dans le Caucase du Nord, la Sibérie Occidentale, près du Lac Baïkal, au Kamtchatka et dans les Îles Kouriles ; dans ces 2 dernières régions, l'eau thermale atteint 300 °C et le potentiel de production électrique est évalué à 2 000 MWe, plus 3 000 MWth de chaleur pour le chauffage urbain. En 1966 une centrale de 4 MWe à forage unique a été mise en service à Pauzhetka, au sud du Kamtchatka (fin 2008 : 81,9 MWe grâce à 4 centrales supplémentaires) suivie d'une centrale géothermique de 12 MWe à Verkhne Mutnovsky, et de la centrale géothermique de 50 MWe de Mutnovsky. À la fin 2008 la capacité installée pour la production d'électricité atteignait 82 MW (production annuelle : 441 GWh), et la capacité pour utilisation directe dépassait 308 MWth (production annuelle : 6 144 TJ) ; l'utilisation directe (chauffage urbain, chauffage de serres, process industriels, élevage de bétail et de poissons, séchage de récoltes, piscines) est surtout développée dans les régions Kamtchatka-Kouriles, au Dagestan et au Krasnodar Krai ; des projets existent aussi à Kaliningrad[38].

Énergie solaire[modifier | modifier le code]

Le potentiel brut de la Russie pour l'énergie solaire a été estimé à 2300 milliards Tec (tonnes équivalent charbon), le potentiel technique à 2,3 milliards Tec et le potentiel économiquement exploitable à 12,5 millions de Tec. Les régions dont le potentiel de radiation solaire est le meilleur sont le Nord Caucase, les rives de la Mer Noire et de la Mer Caspienne, le sud de la Sibérie et de l'Extrême-Orient. Ce potentiel est largement inutilisé, alors que les possibilités pour des applications d'énergie solaire hors réseau ou hybrides dans les zones reculées sont énormes : 10 millions de citoyens russes n'ont pas accès au réseau électrique. Cependant, la construction d'une unique centrale solaire : Kislovodskaya SPP (1,5 MW) a été différée[39].

Anatoli Tchoubaïs, président du groupe Rusnano, annonce que son groupe, avec des partenaires privés, a construit la première usine russe de panneaux solaires, qui a commencé sa production au printemps 2015. D'ici à 2020, la Russie devrait avoir au moins 1 500 MW de capacités installées en énergie solaire[40].

Énergie éolienne[modifier | modifier le code]

La Russie a des ressources éoliennes de haute qualité sur les côtes Pacifique et Arctique et dans les vastes zones de steppes et de montagnes. Des systèmes éoliens à grande échelle sont appropriés en Sibérie et en Extrême-Orient (est de l'île de Sakhaline, sud du Kamtchatka, péninsule de Tchoukotka, Vladivostok), dans les steppes au long de la Volga, celles du Caucase du Nord et ses montagnes et sur la péninsule de Kola, où l'infrastructure électrique et de gros consommateurs industriels sont présents. À la fin 2008, la capacité éolienne installée totale était de 17 MW et la production annuelle de 30 GWh. Des centrales éoliennes fonctionnent à Kalmytskaya (2 MW), Zapolyarnaya (1,5 MW), Kulikovskaya (5,1 MW), Tyupkildi (2,2 MW) et Observation Cape (2,5 MW). Des études de faisabilité sont en cours pour les fermes éoliennes Kaliningradskaya (50 MW) et Leningradskaya (75 MW). Des projets éoliens de 100 MW existent en Kalmoukie et dans le Kraï de Krasnodar[41].

Énergie marémotrice[modifier | modifier le code]

Des études pour le développement de l'énergie marémotrice ont été menées en Russie dès les années 1930. Elles ont abouti à la construction d'une petite centrale marémotrice pilote avec une capacité de 400 kW dans la baie de Kislaya près de Mourmansk en 1968. En 2007, Gidro OGK, une filiale de l'opérateur électrique russe Unified Energy Systems (UES) a initié l'installation d'une turbine orthogonale expérimentale de 1,5 MW dans la baie de Kislaya. S'il s'avère un succès, UES projette de lancer un programme de marémotrices géantes avec les projets de la baie de Mezen (15 000 MW, production : 40 TWh/an) et de la baie de Tougour (7 980 MW, production : 20 TWh/an). Gidro OGK estime, à fin 2008, le potentiel de l'énergie marémotrice russe à 250 TWh/an et projette d'installer d'ici 2015 une capacité de 12 MW produisant 24 GWh, et pour 2020 une capacité de 4 500 MW produisant 2,3 TWh[41]. Le projet de centrale marémotrice de la baie de Penjine atteint 87 100 MW.

Échanges internationaux[modifier | modifier le code]

En 2018, la Russie a importé 5,18 TWh et exporté 17,78 TWh ; en 2019 : 1,62 TWh d'import, 20,05 TWh d'export[26].

Elle exporte de l'électricité vers la Finlande (7,85 TWh en 2018), la Lettonie (1,2 TWh)[42], la Chine et les pays de la Communauté des États indépendants.

Consommation finale d'électricité[modifier | modifier le code]

La consommation d'électricité par habitant était en 2018 de 6 917 kWh, soit 2,12 fois la moyenne mondiale (3 260 kWh), 41 % au-dessus de celle de la Chine (4 906 kWh) mais 3 % au-dessous de celle de la France (7 141 kWh)[s 1].

La répartition par secteur de la consommation finale d'électricité a évolué comme suit :

Consommation finale d'électricité en Russie par secteur (TWh)
Secteur 1990 % 2000 % 2010 % 2015 2018 % 2018 var.
2018/1990
Industrie 482 58,3 312 51,3 327 45,0 329 340 44,8 % -29 %
Transport 104 12,6 61 10,0 85 11,7 82 82 10,8 % -21 %
Résidentiel 107 12,9 141 23,1 130 17,8 147 166 21,9 % +56 %
Tertiaire 67 8,1 64 10,6 169 23,2 152 152 20,0 % +128 %
Agriculture 67 8,1 30 5,0 16 2,2 16 19 2,5 % -72 %
Total 827 100 609 100 727 100 726 760 100 % -8 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[26]

Réseaux de chaleur[modifier | modifier le code]

Production de chaleur[modifier | modifier le code]

La Russie est le pays leader en matière de production de chaleur pour l'alimentation de réseaux de chauffage urbain : 5 239 pétajoules[n 3] (1 455 TWh) en 2019 ; elle représentait 36,5 % de la production mondiale en 2018[26].

Production brute de chaleur en Russie par source (Pétajoules)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2015 2018 % 2018 var.
2018/1990
Charbon 2 191 23,3 1 793 27,6 1 232 20,5 993 1 086 20,7 % -50 %
Pétrole 1 370 14,6 554 8,5 312 5,2 232 193 3,7 % -86 %
Gaz naturel 5 682 60,5 4 013 61,9 4 010 66,7 3 521 3 430 65,5 % -40 %
Sous-total fossiles 9 243 98,3 6 361 98,1 5 554 92,3 4 746 4 708 89,9 % -49 %
Nucléaire 20 0,2 15 0,2 15 0,2 14 14 0,3 % -27 %
Biomasse 136 1,4 44 0,7 36 0,6 26 17 0,3 % -87 %
Déchets 0 68 1,0 84 1,4 81 109 2,1 % ns
Géothermie 0 0 0 0 0,2 0 ns
Sous-total EnR 136 1,4 111 1,7 120 2,0 107 126 2,4 % -7 %
autres sources 0 327 5,4 339 391 7,5 % ns
Total 9 398 100 6487 100 6 016 100 5 207 5 239 100 % -44 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[26]

La forte baisse de la production de 31 % au cours des années 1990 s'explique par des investissements massifs dans l'amélioration de l'efficacité des réseaux de chaleur, dont le taux de fuites était très élevé à l'époque soviétique. La part des énergies renouvelables est très faible ; cependant, il est probable qu'une partie des "autres sources" soient des sources renouvelables (par exemple : récupération de calories par pompes à chaleur).

Consommation finale de chaleur[modifier | modifier le code]

La répartition par secteur de la consommation finale de chaleur a évolué comme suit :

Consommation finale de chaleur en Russie par secteur (Pétajoules)
Secteur 1990 % 2000 % 2010 % 2015 2018 % 2018 var.
2018/1990
Industrie 4 088 48,1 2 105 36,8 1 864 38,8 1 530 1 542 34,3 % -62 %
Résidentiel nd 2 886 50,4 2 204 45,9 2 018 2 092 46,6 % ns
Tertiaire nd 555 9,7 607 12,7 678 737 16,4 % ns
Agriculture nd 181 3,2 125 2,6 99 119 2,7 % ns
Total 8 500 100 5 728 100 4 800 100 4 325 4 490 100 % -47 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[26].

Impact environnemental[modifier | modifier le code]

Émissions de gaz à effet de serre[modifier | modifier le code]

La Russie occupe le quatrième rang mondial pour les émissions de CO2 liées à l'énergie, avec 1 587 Mt d'émissions en 2018, soit 4,7 % du total mondial (33 513 Mt), derrière la Chine : 9 528 Mt, les États-Unis : 4 921 Mt et l'Inde : 2 308 Mt[s 1].

Ses émissions par habitant étaient en 2018 de 10,98 t CO2, soit 2,48 fois la moyenne mondiale : 4,42 t CO2/hab, ou 2,43 fois celles de la France : 4,51 t et 61 % au-dessus de celles de la Chine : 6,84 t, mais inférieures de 27 % à celles des États-Unis : 15,03 t[s 1].

Évolution des émissions de CO2 liées à l'énergie
1990 2018 var.
2018/1990
var.UE28
2018/1990
Émissions[h 1] (Mt CO2) 2 163,5 1 587,0 -26,6 % -21,7 %
Émissions/habitant[h 2] (t CO2) 14,59 10,99 -24,7 % -27,1 %
Source : Agence internationale de l'énergie

Les émissions de CO2 liées à l'énergie en Russie ont reculé de 26,6 % en 28 ans, plus que celles de l'Union européenne : -21,7 %. Cependant, après une très forte chute jusqu'en 1998 (1 406,6 Mt, soit -35 % en 8 ans grâce à des améliorations substantielles de l'efficacité énergétique, en particulier dans l'industrie), elles ont remonté de 12,8 % en 20 ans entre 1998 et 2018[h 1].

Répartition par combustible des émissions de CO2 liées à l'énergie
Combustible 1990
Mt CO2
2018
Mt CO2
% var.
2018/1990
var.UE28
2018/1990
Charbon[h 3] 707,2 411,2 25,9 % -41,9 % -50,3 %
Pétrole[h 4] 618,7 303,0 19,1 % -51,0 % -17,0 %
Gaz naturel[h 5] 837,6 838,0 52,8 % +0,05 % +37,0 %
Source : Agence internationale de l'énergie

L'Agence internationale de l’énergie fournit la répartition de l'ensemble des émissions par secteur de consommation (après ré-allocation des émissions de la production d'électricité et de chaleur aux secteurs de consommation) :

Émissions de CO2 liées à l'énergie par secteur de consommation*
Émissions 2018 part du secteur Émissions/habitant Émiss./hab. UE-28
Secteur Millions tonnes CO2 % tonnes CO2/hab. tonnes CO2/hab.
Secteur énergie hors élec. 158,6 10,0 % 1,10 0,41
Industrie et construction 520,3 32,8 % 3,60 1,55
Transport 294,1 18,5 % 2,04 1,85
dont transport routier 154,6 9,7 % 1,07 1,71
Résidentiel 441,5 27,8 % 3,06 1,30
Tertiaire 140,0 8,8 % 0,97 0,86
Total 1 587,0 100 % 10,99 6,14
Source : Agence internationale de l'énergie[h 6]
* après ré-allocation des émissions de la production d'électricité et de chaleur aux secteurs de consommation.

En terme d'émissions cumulées de 1850 à 2007, la Russie était le troisième émetteur mondial :

  1. États-Unis : 339 200 Mt (28,8 %) ;
  2. Chine : 105 900 Mt (9,0 %) ;
  3. Russie : 94 700 Mt (8,0 %) ;
  4. Allemagne : 81 200 Mt (6,9 %) ;
  5. Royaume-Uni : 68 800 Mt (5,8 %)[43].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) World Energy Council (WEC), WEC survey of energy resources 2010, World Energy Council (WEC) - Conseil Mondial de l’Énergie, (lire en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. y compris condensats et liquides de gaz naturel.
  2. BP prend comme source le rapport 2020 de l'Institut fédéral allemand pour les géosciences et les ressources naturelles.
  3. Le joule est l'unité choisie dans le Système international d'unités pour quantifier l'énergie ; il est égal à un watt seconde, 1 kWh = 3 600 000 J. Le pétajoule égale un million de milliards de joules : 1 PJ = 1015 J.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f et g p. 60-69
  2. a et b p. 13
  3. a b et c p. 15
  4. p. 17
  5. a et b p. 19
  6. p. 21
  7. a et b p. 31
  8. a et b p. 33
  1. a et b tab.FC
  2. tab.CO2-POP
  3. tab.CO2 FC-Coal
  4. tab.CO2 FC-Oil
  5. tab.CO2 FC-Gas
  6. tab.SECTOREH
  1. p. 32
  2. p. 34-35
  3. a et b p. 40-43
  4. p. 36-37
  5. p. 14
  6. p. 16-17
  7. p. 30-31
  8. p. 21-22
  9. p. 44
  10. p. 46
  11. a et b tab.40
  12. tab.44
  13. p. 47
  14. p. 50
  • Autres
  1. a b c d e f g h i et j (en)Data and statistics - Russia : Balances 2018, Agence internationale de l'énergie, 12 septembre 2020.
  2. a et b La Russie dépend plus que jamais de son pétrole, Les Échos, 14 mars 2018.
  3. (en) « Country Analysis - Russia », Energy Information Administration, (consulté le 5 novembre 2018)
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Articles connexes[modifier | modifier le code]