Cressier (Neuchâtel)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Cressier
Cressier (Neuchâtel)
Cressier.
Blason de Cressier
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton Drapeau du canton de Neuchâtel Neuchâtel
Région Littoral
NPA 2088
No OFS 6452
Démographie
Gentilé Cressiacois
Population
permanente
1 892 hab. (31 décembre 2020)
Densité 221 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 03′ 05″ nord, 7° 02′ 10″ est
Altitude 609 m
Min. 428 m
Max. 1 061 m
Superficie 8,55 km2
Divers
Nom officiel Cressier (NE)
Langue Français
Localisation
Localisation de Cressier
Carte de la commune dans sa subdivision administrative.
Géolocalisation sur la carte : canton de Neuchâtel
Voir sur la carte administrative du canton de Neuchâtel
City locator 14.svg
Cressier
Géolocalisation sur la carte : Suisse
Voir sur la carte administrative de Suisse
City locator 14.svg
Cressier
Géolocalisation sur la carte : Suisse
Voir sur la carte topographique de Suisse
City locator 14.svg
Cressier
Liens
Site web www.cressier-ne.ch
Sources
Référence population suisse[1]
Référence superficie suisse[2]

Cressier est une commune suisse du canton de Neuchâtel, située dans la région Littoral.

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue aérienne (1965)

Selon l'Office fédéral de la statistique, Cressier mesure 8,55 km2[2]. 15,9 % de cette superficie correspond à des surfaces d'habitat ou d'infrastructure, 27,9 % à des surfaces agricoles, 54,3 % à des surfaces boisées et 1,9 % à des surfaces improductives.

La commune est limitrophe de Enges, Le Landeron, Gals (BE), Cornaux, Saint-Blaise et Neuchâtel.

Histoire[modifier | modifier le code]

La commune a une origine romaine, il s'agissait d'une Villa appartenant à la famille des frontinii qui ont construit un temple dédié à Mars[3].

Démographie[modifier | modifier le code]

Selon l'Office fédéral de la statistique, Cressier compte 1 892 habitants fin 2020[1]. Sa densité de population atteint 221 hab./km2.

Le graphique suivant résume l'évolution de la population de Cressier entre 1850 et 2008[4] :

Politique[modifier | modifier le code]

La commune de Cressier est dotée d'un conseil communal (exécutif) de cinq membres et d'un conseil général (législatif) de vingt-neuf membres[5].

Monuments[modifier | modifier le code]

  • Le château
Chevet de l'ancienne église Saint-Martin en 2011

Ancienne église Saint-Martin[modifier | modifier le code]

Située sur les hauteurs du village de Cressier, l'église Saint-Martin est le seul édifice religieux médiéval du canton en mains privées. Les fouilles archéologiques effectuées de 2013 à 2016 ont mis au jour des sépultures du VIIe siècle suggérant la présence d’un lieu de culte, alors que des spolia attestent de constructions romaines dans les environs immédiats. Ce n’est qu’en 1180 que les premiers textes d’archives confirment l’existence d’un lieu de culte, une construction de l’époque romane, dont les petites fenêtres en plein cintre ont été repérées dans les murs de la nef. Un clocher détaché du chœur et rehaussé d'arcatures aveugles est rapidement venu signaler l’édifice. Le chœur est rebâti à l'époque gothique, vers 1424, alors qu’une chapelle est aménagée dans le mur sud au début du 16e siècle, suivie d’une sacristie et d’un porche au 17e siècle. Les interventions des 18e et 19e siècles ne porteront plus que sur l’aménagement intérieur[6],[7],[8],[9].

Remplacé par une église néo-gothique édifiée au centre du village de 1873 à 1876, l'ancien lieu de culte est désaffecté et vendu à l'ingénieur Léo Jeanjaquet. L’édifice est mis sous protection au titre de monument historique depuis 1954; il a bénéficié de plusieurs chantiers de restauration depuis 1995[10].

Château Jeanjaquet[modifier | modifier le code]

Entrée du "château Jeanjaquet" en 2011

En 1872-1873, l’ancienne église Saint-Martin est abandonnée au profit d’un nouveau lieu de culte édifié au centre du village. Alors que l’église et le cimetière sont désaffectés, la cure connaît un tout autre destin. Mentionnée dans les sources au XVIe siècle, elle est reconstruite en 1615-1622 et réparées à plusieurs reprises, car sa fonction ne se borne pas au logement du curé, mais comprend de nombreux locaux utiles à l’exploitation d’un domaine viticole. Lors de sa mise aux enchères en 1872, l’ensemble comprend ainsi «habitation, grange, écurie et dépendance» et «renferme de belles caves à voûtes fortes»[11],[12].

En 1872, l’ingénieur neuchâtelois Eugène Jeanjaquet achète la propriété et charge l’architecte Léo Châtelain de transformer cet ancien site religieux en une superbe propriété de maître. En décembre déjà, le maître de l’ouvrage présente un projet de transformation du corps de logis, comprenant notamment l’aménagement d’un étage dans le comble et l’édification d’une imposante tour sommée de mâchicoulis. En 1875-76 l’ancienne grange est à son tour en chantier et un plus tard, des dépendances complètent l’ensemble. Conscient d’avoir affaire à un ensemble historique de premier ordre, l’architecte et le propriétaire conservent tous les éléments anciens d’importance: l’église et son clocher, de même que la grande tour d’escalier et les percements initiaux de la cure et de la grange. Ils intègrent aux nouvelles constructions des éléments récupérés lors des démontages ou acquis sur le marché des «antiquités». Au bénéfice d’une vue imprenable sur l’entre-deux-lacs et les Alpes, la propriété dispose d’une environnement naturel exceptionnel qui dispense son propriétaire d’aménager ex nihilo un jardin ou un parc paysager[13]. L’édifice est mis sous protection au titre de monument historique depuis 2000;

Maison Jeanneret[modifier | modifier le code]

Vue depuis le nord-ouest

Le nom de la maison renvoie bien entendu au peintre neuchâtelois Gustave Jeanneret (1847-1927), mais il ne doit pas occulter la dimension vigneronne du bâtiment, ainsi que sa longue et riche histoire[14].

En 1729, le gouverneur de la Principauté de Neuchâtel, Paul de Froment (1664-1737), acquiert une propriété en mauvais état et la fait transformer en « campagne », une construction qui répond aux habitudes patriciennes du moment en alliant exploitation rurale et logement de maître. En 1730, l’ensemble comprend des locaux viticoles au rez-de-chaussée, un appartement au bel étage et s’ouvre sur un jardin. Quelques années après le décès du gouverneur, Madame de Froment et ses filles se défont de la propriété au profit d’un riche soleurois François-Victor-Augustin von Roll qui s’en porte acquéreur en 1747. Par mariages et par héritages, la maison passe ensuite aux mains de la famille Vigier de Steinbrugg et y demeure jusqu’à la fin du XIXe siècle. Au cours du deuxième quart du XVIIIe siècle, l’une de ces familles fait peindre un étonnant décor à motifs de chinoiseries. Petits personnages chinois, animaux exotiques et paysages européens dialoguent dans une structure décorative de style Régence[15].

Autoportrait de Gustave Jeanneret, 1873

En 1888, Gustave Jeanneret et son épouse Emma font l’acquisition de la maison et la transforment à leur image ; ils profitent notamment de l’imposante toiture pour aménager un atelier de peintre dans le comble. En 1898, leur architecte, Léo Châtelain, confère définitivement au bâtiment sa silhouette Heimatstil (ou régionaliste), par l’adjonction d’une tourelle d’angle et la conversion de l’ancien pressoir en salle à manger ; ce local est éclairé par une fenêtre dont l’encadrement extérieur renvoie au style Renaissance répandu dans la région neuchâteloise au XVIe siècle. Les imposants décors muraux réalisés par Gustave Jeanneret au début du XXe siècle ornent toujours différentes pièces[16]. En 1975, l'ensemble est mis sous protection au titre de monument historique par le canton de Neuchâtel.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Industrie[modifier | modifier le code]

  • Viticulture et vins
  • Le raffinage de pétrole
  • Industrie des pompes

Transport[modifier | modifier le code]

Manifestations[modifier | modifier le code]

  • Fête du Vin nouveau chaque premier week-end de mai

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Bilan démographique selon le niveau géographique institutionnel », sur Office fédéral de la Statistique (consulté le ).
  2. a et b « Portraits régionaux 2021: chiffres-clés de toutes les communes », sur Office fédéral de la Statistique (consulté le ).
  3. Jacques Bujard, Michel Fuchs, « L'archéologie enquête sur l'origine de Saint-Martin à Cressier (NE) », Passé Simple,‎
  4. [zip] « Evolution de la population des communes 1850-2000 », sur Office fédéral de la statistique (consulté le )
  5. « Commune de Cressier: Organisation », sur www.cressier-ne.ch (consulté le )
  6. Jean Courvoisier, Les monuments d'art et d'histoire du canton de Neuchâtel : Les districts de Neuchâtel et de Boudry, t. 2, Bâle, éditions Birkhäuser, , 476 p. (lire en ligne), p. 107-113
  7. Jacques Bujard, « L'ancienne église Saint-Martin de Cressier et la chapelle du Rosaire », dans Cressier entre Thielle et Jura, Hauterive, Attinger, , p. 49-55
  8. Jacques Bujard et Livio Napoli, « L'ancienne église Saint-Martin: à la recherche du temple perdu », Archéologie suisse, no 2,‎ , p. 56-60
  9. Jacques Bujard, « Un site entre Antiquité et Moyen Âge. Le Crêt-de-la-Cure et l'ancienne église Saint-Martin de Cressier (canton de Neuchâtel, Suisse) », Bulletin de l'Association pour l'Antiquité tardive, no 2,‎ , p. 8-16
  10. Claire Piguet, « Du gothique au néogothique, mutation d'une église villageoise », dans Cressier entre Thielle et Jura, Hauterive, Attinger, , p. 56-62
  11. Petite annnce, « Vente du domaine de la cure de Cressier », Feuille d'avis de Neuchâtel,‎ , p. 1
  12. Jean Courvoisier, Les monuments d'art et d'histoire du canton de Neuchâtel : Les districts de Neuchâtel et de Boudry, t. 2, Bâle, éditions Birkhäuser, , 476 p. (lire en ligne), p. 120-121
  13. Claire Piguet, « Le château Jeanjaquet, une silhouette propre à enflammer l'imaginaire », dans Cressier entre Thielle et Jura, Hauterive, Attinger, , p. 138-143
  14. Jean Courvoisier, Les monuments d'art et d'histoire du canton de Neuchâtel : Les districts de Neuchâtel et de Boudry, t. 2, Bâle, éditions Birkhäuser, , 476 p. (lire en ligne), p. 137-138
  15. Anne-Laure Juillerat, Estelle Niklès-van Osselt et Claire Piguet, « Un salon pour les « curieux », les dessous d'une chinoiserie neuchâteloise », Art & Architecture, no 1,‎ , p. 16-25
  16. Pascal Ruedin, Gustave Jeanneret (1847-1927), entre régionalisme et cosmopolitisme : une carrière artistique au temps des avant-gardes, Hauterive, Editions Gilles Attinger,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]