Sphenisciformes

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Les Sphenisciformes sont un ordre d'oiseaux de mer vivant dans l'hémisphère austral. Il n'est constitué que d'une seule famille, les Spheniscidae (ou sphéniscidés). Il comprend 11 espèces nommées manchots et 8 nommées gorfous.

L'espèce la plus connue, le Manchot empereur, vit en Antarctique. Ces espèces de l'hémisphère sud sont souvent confondues avec les espèces appelées pingouins, notamment en raison du terme anglais penguin qui désigne les Sphenisciformes.

Description[modifier | modifier le code]

Ces espèces sont incapables de voler à cause de leur adaptation à la vie aquatique. Ils sont de taille moyenne à grande (de 40 à 115 cm). Ils ont le corps trapu, les pattes courtes, et leurs ailes sont transformées en palettes natatoires.

On les rencontre dans les régions marines de l'hémisphère Sud, surtout dans les eaux froides antarctiques et sub-antarctiques.

Ces oiseaux sont massifs, avec un cou court, un bec pointu et des pattes palmées. L'articulation des fémurs au niveau de la ceinture pelvienne leur impose une stature verticale au sol. Le fait qu'ils soient massifs et donc que leurs pattes, leur tête, leurs nageoires pectorales et leur queue ne soient pas réellement séparées du corps, leur confèrent une bonne résistance au froid. En effet, la surface en contact avec l'extérieur est réduite. De plus, les fossiles de manchots montrent la présence de sillons au niveau de l'humérus et de la nageoire antérieure, sillons qui indiquent l'existence d'un plexus adapté à la thermorégulation de la ciculation sanguine (sorte d'échangeurs à contre-courant entre le sang veineux froid et le sang artériel chaud) pour pouvoir, dans un climat qui était chaud à l'époque, plonger dans des eaux très froides pour aller chercher leur nourriture et qui aujourd'hui leur sert à se protéger contre le climat froid[1]. Ils possèdent, en outre, une bonne couche de graisse. Leur plumage est coloré, noir sur l'ensemble de la face dorsale et blanc sur le ventre, agrémenté, chez certaines espèces, de rouge, d'orange ou de jaune sur le cou et la tête. Il est formé de petites plumes très serrées, comparables à des écailles, uniformes sur tout le corps, fait unique chez les oiseaux.

Ses ailes, très réduites, ne lui permettent absolument pas de voler, mais sont formidablement adaptées à la nage. Maladroit et lent sur le sol où il se laisse volontairement glisser, le manchot est remarquablement agile et rapide dans l'eau. Ses ailes lui servent alors de nageoires, et ses pattes palmées de gouvernail. Contrairement aux autres animaux, chez qui la mue est souvent progressive, les plumes se détachent par plaques chez le manchot. Le manchot en train de muer ne va pas en mer se nourrir.

Le plus petit des Spheniscidae est le Manchot pygmée qui pèse moins d'un kilogramme, alors que le plus gros, le Manchot empereur, atteint les 45 kilogrammes. La plupart des adultes de cette famille pesant entre 2 et 15 kilogrammes.

  • Le genre Aptenodytes, manchots empereurs puis manchots royaux
  • Le genre Pygoscelis entre 4 et 8 kg
  • Le genre Eudyptes entre 2 et 7 kg
  • Le genre Spheniscus pèse de 2 à 5 kg
  • Les autres de 3 à 8 kg
  • Le manchot pygmée à 1 kg

La profondeur à laquelle ces espèces peuvent plonger varie selon les espèces. Les Aptenodytes atteignent plus de 500 mètres[2] alors que les manchots pygmées ne dépassent pas les 70 mètres[3]. Les plus grandes espèces peuvent pêcher plus loin à plus grande profondeur.

Comportement[modifier | modifier le code]

Manchot à jugulaire qui marsouine
Colonie de Pygoscelis antarticus (manchots à jugulaire) sur un iceberg.
Un groupe d'individus en train d'aborder par sauts pittoresques.
Petit Manchot Empereur

Ces oiseaux se nourrissent de poissons, de seiches, de crustacés et de mollusques.
Leur attitude sociale est très développée : ils sont grégaires. Ils se groupent pendant les tempêtes afin de se protéger mutuellement. Comme les oiseaux situés à la périphérie sont très exposés au vent, ils se relaient à cette position en se déplaçant continuellement les uns par rapport aux autres. Ce regroupement en mouvement est appelé « tortue », car elle rappelle la célèbre formation défensive romaine. En effet, même le manchot empereur, très tolérant aux températures basses de l'Antarctique, ne survivrait pas s'il se retrouvait isolé dans la tempête.


Pendant la saison de reproduction, ils se rassemblent en immenses colonies - plusieurs milliers de couples - sur des côtes désertes et escarpées. Ces colonies contiennent parfois différentes espèces de Sphéniscidés, mais qui sont alors assez nettement séparées. Seul le manchot à jugulaire niche en effectifs de quelques individus au milieu des colonies de manchots Adélie en Terre Adélie. Leurs sites de nidification peuvent être très difficiles d'accès, et éloignés de plusieurs kilomètres de l'océan. Les différentes espèces n'ont pas les mêmes nids. Certains creusent la glace ou les cailloux pour former un terrier bien protégé, tel le manchot de Humboldt et celui du Cap, d'autres forment un nid à l'aide de brindilles, à l'air libre, tel le manchot d'Adélie. Enfin, les manchots royaux et empereurs gardent leur unique œuf sur leurs pattes. De 30 à 50 jours sont nécessaires à l'éclosion. Les plus petites espèces nichent sous les blocs de rochers comme les gorfous sauteurs ou dans des crevasses comme le manchot pygmée et même dans des terriers comme les espèces du genre Spheniscus.

À la naissance, les petits sont recouverts d'un duvet gris. Les parents vont alors en mer pour chercher de la nourriture et la régurgitent pour leur petit. Lorsque le duvet tombe, le petit s'aventure en mer et doit, dès lors, se nourrir seul.

Prédateurs[modifier | modifier le code]

En premier lieu, l'homme, les Sphéniscidés ayant été très appréciés pour leur huile. Cependant, l'Antarctique a été une barrière, tant géographique qu'environnementale, à leur trop grande chasse. Les prédateurs naturels sont principalement les phoques léopards, et les épaulards. De plus il faut citer les labbes, les pétrels géants et les skuas qui s'attaquent aux petits et aux œufs.

Répartition[modifier | modifier le code]

Les Spheniscidae sont des oiseaux marins présents dans les eaux froides de l’hémisphère austral comme le continent Antarctique et les îles Crozet, Kerguelen, etc., jusqu'aux tropiques pour certaines espèces qui vivent aux Galápagos. Certaines espèces effectuent de grandes migrations en pleine mer comme les Pygoscelis et au contraire, d’autres ne migrent pas comme le manchot des Galapagos. Les Megadyptes, les Eudyptula vivent en Australie et en Nouvelle-Zélande. Les Spheniscus vivent en zone tempérée en Afrique du Sud, en Amérique du Sud ou aux Galàpagos. Les Aptenodytes, Pygoscelis et Eudyptes nichent en territoires australs et antarctiques, en effectifs souvent très importants.

Analyses phylogéniques[modifier | modifier le code]

De l'ordre[modifier | modifier le code]

Ce sont les oiseaux les mieux adaptés à la vie marine.

L'étude de la morphologie laissent penser à une position suivante de l'ordre :

──o 
  ├─o
  │ ├─o Procellariiformes
  │ └─o Pelecaniformes
  └─o
    ├─o
    │ ├─o Gaviiformes
    │ └─o Podicipediformes
    └─o Sphenisciformes

Les analyses ADN penchent plutôt pour le schéma[4] :

──o 
  ├─o Gaviiformes 
  └─o
    ├─o
    │ ├─o Pelecaniformes
    │ └─o Ciconiiformes 
    └─o 
      ├─o Sphenisciformes
      └─o Procellariiformes

Dans l'ordre[modifier | modifier le code]

Cladogramme basé sur l'analyse ADN et sur la morphologie[5] :

──o Spheniscidae
  ├─o Aptenodytes 
  └─o
    ├─o Pygoscelis
    └─o
      ├─o
      │ ├─o Eudyptula
      │ └─o Spheniscus
      └─o
        ├─o Megadyptes
        └─o Eudyptes

Systématique[modifier | modifier le code]

Liste des genres[modifier | modifier le code]

D'après la classification de référence du Congrès ornithologique international (ordre phylogénique) (version 2.9, 2009)[6] :

Liste des espèces vivantes[modifier | modifier le code]

D'après la classification de référence du Congrès ornithologique international (ordre phylogénique) (version 2.2, 2009)[7] :

Liste des espèces fossiles[modifier | modifier le code]

Protection[modifier | modifier le code]

Article détaillé : protection des oiseaux.

Les populations de Spheniscidae sont globalement en déclins même si les populations de gorfou de Schlegel ou de Gorfou des Snares se maintiennent. En 2008, selon les estimations de l'UICN, trois espèces sont en danger (EN) : le Gorfou de Sclater, le Manchot des Galápagos, le Manchot antipode, l'estimation sur les deux premières pouvant évoluée vers le statuts de danger critique d'extinction. Sept espèces sont considérées comme vulnérables, deux comme quasi-menacées, et cinq comme en préoccupation mineur[8]. Deux sont inscrites sur la liste I de la CITES, le Manchot de Humboldt et le Manchot du Cap[9], toutes deux vulnérables selon l'UICN.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Tony D. Williams, J. N. Davies, John Busby, The Penguins: Spheniscidae, Oxford University Press,‎ 13 avril 1995, 309 p. (ISBN 978-0198546672)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) D. B. Thomas, D. T. Ksepka et R. E. Fordyce, « Penguin heat-retention structures evolved in a greenhouse Earth », Biology Letters, vol. 7, no 3,‎ 22 décembre 2010, p. 461-464 (DOI 10.1098/rsbl.2010.0993)
  2. (en) « Emperor Penguin », National Institute of Polar Research, Japan
  3. (en) « Little Penguin », National Institute of Polar Research, Japan
  4. (en) « Water Birds » sur Tree of Life (tolweb.org). Clade phylogénique basé sur Hackett et al., 2008.
  5. (en) « Spheniscidae » sur Tree of Life (tolweb.org). Clade phylogénique basé sur Bertelli et Giannini, 2005.
  6. Congrès ornithologique international, version 2.9, 2009
  7. Congrès ornithologique international, version 2.2, 2009
  8. (UICN, 2008)
  9. (CITES, 2008)