Charles Lucien Bonaparte

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Charles-Lucien Bonaparte

Description de l'image  Bonaparte Charles Lucien 1803-1857.png.
Naissance 24 mai 1803
Paris (France)
Décès 29 avril 1857 (à 53 ans)
Paris (France)
Nationalité Drapeau de France Français
Champs Zoologie, Ornithologie

Charles Lucien Jules Laurent Bonaparte couramment appelé Charles-Lucien Bonaparte, né le 24 mai 1803 à Paris et mort le 29 avril 1857 dans cette même ville, est un ornithologue français. Fils de Lucien Bonaparte, il est aussi l'un des neveux de Napoléon Bonaparte.

Prince français en 1815 à la suite de la réconciliation de Lucien et de son frère, il hérite des titres pontificaux de son père à la mort de ce dernier, devenant ainsi le second prince romain de Canino, de Musignano et Bonaparte en 1840, et prince Bonaparte en vertu du statut de la famille impériale adopté par Napoléon III.

Biographie[modifier | modifier le code]

Charles-Lucien Bonaparte est le fils aîné[1] du mariage en secondes noces de Lucien Bonaparte (1775-1840)[2], frère de l'Empereur et de Alexandrine Jacob de Bleschamp (1778-1855).

En 1804, sa famille se rendit à Rome pour se mettre sous la protection du pape Pie VII. En 1810, à la suite d'une rupture entre le pape et Napoléon, il tente de rallier les États-Unis mais il est capturé avec sa famille par la Royal Navy en Méditerranée et retenu au Royaume-Uni jusqu’à la chute de Napoléon en 1814. Il retourne alors dans les États pontificaux;

Après son mariage en 1822, il emménage aux États-Unis avec le père de son épouse (et cousine) Zénaïde Bonaparte, Joseph Bonaparte, pour quelques années et s’installe à Philadelphie en 1823 avec une seconde résidence à Bordentown, New Jersey. Son premier fils est né à Philadelphie et ses autres enfants à Rome[3].

En 1824, Bonaparte a tenté d'obtenir que John James Audubon alors inconnu soit accepté par l'académie des sciences naturelles, mais cela a été contesté par l'ornithologue George Ord.

À la fin de 1826, Bonaparte et sa famille retournent en l'Europe. Il se rend en Allemagne, où il rencontre Philipp Jakob Cretzschmar, et en Angleterre où il a rencontré John Edward Gray au British Museum et a renouvelé ses relations avec Audubon. En 1828, la famille s'installe à Rome. En Italie, il est à l'origine de plusieurs congrès scientifiques, donne des conférences et écrit de nombreux articles sur l'ornithologie américaine et européenne ainsi que sur d'autres branches de l'histoire naturelle.

Ses idées démocratiques, sans doute renforcées par son expérience à Philadelphie, lui firent prendre une part active dans l'insurrection romaine de 1847-1849. En 1849, il est élu à l'Assemblée romaine et participe à la création de la République romaine. Selon Jasper Ridley, lorsque l'Assemblée est convoquée pour la première fois: « Lorsque le nom de Carlo Bonaparte, qui était un membre de Viterbo, a été appelé, il a répondu à l'appel en appelant Vive la République! » (Viva la Repubblica!). Il devint le vice-président du conseil législatif et participe à la défense de Rome contre les « 40000 » soldats français envoyés par son cousin Louis-Napoléon. Il quitta Rome après que l'armée républicaine eut été défaite en juillet 1849. Il débarque à Marseille, mais il doit quitter le pays sur ordre de Louis-Napoléon. Il part en exil à Leyde puis, en 1850, il est autorisé à rentrer en France. Il s'installe alors à Paris pour le reste de sa vie. Il réaffirme ses convictions politiques en 1850 en nommant un oiseau Paradisier républicain en l'honneur de l'idée républicaine.

En 1854, il devient directeur du Jardin des plantes de Paris. En 1855, il est nommé membre étranger de l'Académie royale des sciences de Suède.

Famille[modifier | modifier le code]

Le 29 juin 1822, il épousa à Bruxelles sa cousine Zénaïde Bonaparte, fille de Joseph Bonaparte. Ils eurent quatre fils et huit filles :

  • Joseph-Lucien Bonaparte, né à Philadelphie le 12-2-1824, mort à Rome le 2-9-1865, prince Bonaparte, sans alliance,
  • Alexandrine Bonaparte, née à Philadelphie le 06-07-1826, morte à Livourne en juin 1828,
  • Lucien-Louis Bonaparte, cardinal de l'Église catholique romaine (1828-1895),
  • Julie Bonaparte, née à Rome le 6-6-1830, morte à Rome le 28-10-1900, princesse Bonaparte et altesse (1853), mariée à Alessandro del Gallo, marquis de Roccagiovine[4]
  • Charlotte Bonaparte, née à Rome le 4-3-1832, morte à Rome le 10-9-1901, mariée en 1848 à Pietro comte Primoli di Foglia,(1821-1883), officier dans la marine pontificale, dont Joseph Primoli
  • Léonie Bonaparte, née à Rome le 18-09-1833, morte à Ariccia le 14-09-1839,
  • Marie-Désirée Bonaparte, née à Rome le 18-3-1835, morte à Spolète le 28-8-1890, alliée à Rome le 2-3-1851 à Paolo comte Campello della Spina, (1829-1917), propriétaire, auteur d'ouvrages historiques;
  • Augusta Bonaparte, né à Rome le 9-11-1836, morte à Rome le 29-3-1900, mariée à Paris le 1-2-1856 à Placido Gabrielli, 4ème et dernier prince de Prossedi, (1832-1911), président de la Banque de Rome, fils de Mario Gabrielli et de la princesse Charlotte Bonaparte, (fille de Christine Boyer, première épouse de Lucien Bonaparte);
  • Napoléon-Charles Bonaparte, officier de la Légion étrangère (1839-1899),
  • Bathilde Bonaparte, née à Rome le 26-11-1840, décédée à Paris le 9-6-1861, mariée à Paris en 1856 au comte Louis de Cambacérès, auditeur au Conseil d'État, député de l'Aisne,
  • Albertine Bonaparte, née à Florence le 12-03-1842, décédée à Rome le 03-06-1842,
  • Charles-Albert Bonaparte, né à Rome le 22-03-1843, décédée à Rome le 06-12-1847.

Travaux scientifiques[modifier | modifier le code]

C'est à Rome, que le jeune Charles-Lucien Bonaparte découvrit l'histoire naturelle et particulièrement l'ornithologie.

Parti s'installer aux États-Unis où vivait déjà son père, il participa activement entre 1823 à 1826 à la vie de la communauté scientifique de Philadelphie où il publia son premier article en 1824. Il ne cessa dès lors d'étudier les oiseaux et acquit une réputation internationale. Il devint correspondant de l'Institut de France. En 1843, il isole par précipitation alcoolique l'échidnine ou vipérine[5]du venin de vipère et montre que cette substance reproduit tous les effets hématologiques du venin complet[6].

Œuvres et publications[modifier | modifier le code]

Il publia, de 1825 à 1833 les quatre volumes de son American Ornithology (Philadelphie, 1825)[7] et Ornithology of the North America (1826). Lors de son séjour à Rome, il avait commencé une étude des vertébrés d'Italie. Il la termina et la publia de 1832 à 1841 sous le titre d‘Iconografia della Fauna Italica.

Charles-Lucien Bonaparte publia de nombreux autres ouvrages dont certains écrits en italien. On peut notamment citer :

  • Ornithologie comparée de Rome et de Philadelphie, Rome, 1828 ;
  • Classification des animaux vertébrés, 1831 ;
  • La Faune italienne, 1833-1841 ;
  • (en) A geographical and comparative list of the birds of Europe and North America, J. Van Voorst, 1838, 67 p., Texte intégral.
  • Conspectus Generum Avium (Leyden, 1850) ;
  • Revue critique de l'ornithologie Européenne (Bruxelles, 1850) ;
  • Monographie des loxiens (Leyden, 1850) en collaboration avec Hermann Schlegel, Texte intégral ;
  • Tableau des oiseaux-mouches (1854)
  • Coup d'oeil sur l'ordre des pigeons, imp. Mallet-Bachelier (Paris), 1855, 59 p., Texte intégral.
  • Catalogue des oiseaux d'Europe (Paris, 1856) ;
  • Ornithologie fossile (1858)[8].
  • Mémoires (New York, 1836).

Avec M. de Pouancé, il préparait aussi un catalogue descriptif des pigeons et un autre des perroquets qui furent publiés après sa mort.

Charles-Lucien Bonaparte publia également en anglais :

  • “Observations on the Nomenclature of Wilson's ‘Ornithology,’” dans le Journal de l'académie de Philadelphie ;
  • “Synopsis of the Birds of the United States,” dans les Annales du lycée de New York ;
  • “Catalogue of the Birds of the United States,” dans les Contributions du Maclurian Lyceum of Philadelphia.

Il découvrit et nomma de nombreuses espèces. Il créa notamment l'ordre des monotrèmes.

Taxons éponymes[modifier | modifier le code]

Huit espèces d'oiseaux portent en français le nom de Bonaparte :

Par ailleurs il a donné le nom de sa femme, Zenaide, à un genre de tourterelles.

Hommage[modifier | modifier le code]

Une médaille posthume à l'effigie de Charles-Lucien Bonaparte a été réalisée par les graveurs Auguste Dumont et Hubert Ponscarme. Un exemplaire en est conservé au musée Carnavalet (ND 191).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Généalogie de Charles-Lucien Bonaparte dans le site Geneanet
  2. Généalogie de Lucien Bonaparte, prince de Canino dans le site Geneanet
  3. (en) Michael J. Brodhead, « The Work of Charles Lucien Bonaparte in America », Proceedings of the American Philosophical Society, vol. 122, no 4,‎ 18 août 1978
  4. (it)« Biographie de DEL GALLO DI ROCCAGIOVINE Luciano, fils d'Alessandro », sur Sénat de la République italienne (consulté le 15 avril 2012)
  5. Roussy: « Ptomaïnes et leucomaïnes », in: Revue de sciences médiales, 1838, t. 31, p. 719, Texte intégral.
  6. « Les venins en recherche biologique et médicale », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 23 mai 2012)
  7. (en)« American ornithology, or, The natural history of birds inhabiting the United States, not given by Wilson : with figures drawn, engraved, and coloured, from nature », sur Digital Library for the Decorative Arts and Material Culture (consulté le 23 mai 2012)
  8. (en)« Charles-Lucien Bonaparte, prince di Canino e di Musignano », sur Encyclopædia Britannica (consulté le 23 mai 2012)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Bo Beolens et Michael Watkins, Whose Bird ? Common Bird Names and the People They Commemorate. Yale University Press (New Haven et Londres), 2003. (ISBN 0-300-10359-X)
  • Michael J. Brodhead, The Works of Charles Lucien Bonaparte in America, Proceedings of the American Philosophical Society, 1978. (ISSN 0003-049X)
  • Patricia Tyson Stroud, The Emperor of Nature: Charles-Lucien Bonaparte and His World, University of Pennsylvania Press (Philadelphie), 2000. (ISBN 0-81-223546-0)
Bonaparte est l’abréviation habituelle de Charles Lucien Bonaparte en zoologie.
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