François-Nicolas Martinet

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François-Nicolas Martinet (1731-1800), ingénieur et graveur français.

Il réalise la gravure de très nombreux ouvrages d'histoire naturelle, notamment en ornithologie. Il a travaillé notamment sur l'Ornithologie de Mathurin Jacques Brisson (1760).

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en 1731, Martinet a une formation d'ingénieur et de dessinateur. La gravure est dans un premier temps une profession secondaire, mais sa popularité le pousse à en faire son activité principale.

Il meurt probablement fin des années 1790 (les sources ne s'accordent pas sur l'année de sa mort).

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Très vite, il grave les illustrations d'oiseaux pour les ouvrages des plus influents ornithologues français du XVIIIe siècle. Il collabore notamment à l'Histoire naturelle des oiseaux de Buffon, en gravant 1 008 illustrations.

À la fin de sa carrière, Martinet, très expérimenté dans la gravure des oiseaux, publie son propre ouvrage d'ornithologie. François-Nicolas Martinet doit la célébrité de ses gravures au réalisme qu'il apporte à ses oiseaux. À l'époque, les illustrateurs ne respectaient pas les proportions dans leurs dessins, ne rendant l'identification des oiseaux possible que par des ornithologues expérimentés. Techniquement, il dessinait en noir et blanc et rajoutait les couleurs par la suite sur la gravure — le procédé d'impression polychrome était inconnu à l'époque.

Les techniques de conservation des oiseaux n'étaient pas très efficaces et les méthodes variaient beaucoup : conservation dans un liquide, chauffage de l'animal dans un four très chaud ou plongeon dans du vernis, impliquant une modification systématique de la coloration du plumage. Les couleurs ne correspondent donc pas toujours à la stricte réalité en particulier pour certains spécimens exotiques. En conséquence, pour ne pas altérer l'identité des oiseaux, Martinet, comme bien d'autres par la suite, les reproduisait à partir de sujets morts, simplement éviscérés et rembourrés. Mais l'oiseau infesté de parasites était rapidement décomposé. Cette méthode a toutefois fait largement progresser la représentation ornithologique, donnant du « vivant » aux sujets.

Martinet a aussi participé à l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, il a contribué à 21 illustrations ornithologiques.

Son atelier fournit des estampes réalisées à partir de dessins signés de lui-même et de différents artistes, illustrant des sujets divers, fêtes, ornithologie, dont les planches d’oiseaux commandées par Diderot pour l'Encyclopédie, de nombreux livres, un Buffon, une Description de Paris ; il est aussi l’auteur d’estampes d’architecture, de paysages, de portraits de genre. Sa carrière est particulièrement identifiée à partir de 1756, moment où il est nommé graveur au Cabinet du Roi, fonction dépendant du Service des Menus Plaisirs et relevant de la Maison du Roi.

À partir de 1763 deux des quatre gentilshommes de la Chambre du Roi, les ducs de Richelieu et de Duras reçoivent l’attribution des spectacles. Sous leurs ordres, les intendants nomment des artistes, architecte, sculpteur, dessinateur, graveur, tels les Gissey, les Slotz, Challe, etc. Le service des Menus plaisirs étant chargé de l’organisation des spectacles de la cour, les artistes officialisés sont invités à suivre les représentations de l’opéra, des comédiens français et italiens, du théâtre de la foire Saint-Laurent, installé dans la salle construite par Monnet et décorée par Boucher, et ce afin de choisir les spectacles à donner au souverain dans les années 1760-1770.

L’idée vient à Martinet de publier des suites de gravures, d’après des comédies et opéras-comiques à succès, presque toutes illustrant le Théâtre-Italien et le Théâtre de la foire dont certaines pièces présentées à la Cour. Il signe ces estampes comme graveur ou comme dessinateur, parfois les deux. Auprès de lui travaillent également ses deux sœurs, Marie-Thérèse et Angélique, ainsi que différents artistes, notamment Gravelot et Queverdo. Certaines planches ne portent aucune signature, travail d’atelier dont la personnalité de référence est Martinet. Vers 1780, il publie douze planches intitulées Portraits d’acteurs dans leur rôles de théâtre dessinés par Louis-René Boquet, et sept pièces in -12, Costumes de théâtre, figures de théâtre et projets de costumes, qu’il grave au trait et colorie à l’aquarelle. Installé rue des deux Ports, il meurt au début de l’Empire.(Peut-être au début du Consulat)

Aaron Martinet[modifier | modifier le code]

En 1792, l’un de ses fils, Aaron (1762 - 1841) se marie et s’établit marchand d’estampes rue du Coq Saint-Honoré. Il doit bientôt sa célébrité aux caricatures exposées dans sa vitrine, à la mode anglaise (Le Suprême Bon Ton). Il ouvre aussi un cabinet de lecture, qui compte 7 à 8 000 volumes au début de la Restauration française. Il reprend l’idée de son père d’illustrer les scènes les plus applaudies du répertoire avec les acteurs dans leur costume. Exécutées initialement à l’eau-forte et coloriées, les planches remportent un succès qui s’amplifie avec la vulgarisation des techniques lithographiques moins coûteuses.

Livres[modifier | modifier le code]

  • L'Histoire des oiseaux, peints dans leurs aspects apparents et sensibles, éd. originale conservée en un unique exemplaire au Trinity College d'Hartford. Nouvelle édition par le Bibliothèque des introuvables, avec les 208 gravures, 450 pages avec le texte originale et des commentaires d'Antoine Reille, ancien producteur de l'émission Les Animaux du Monde.

Liens externes[modifier | modifier le code]