Passeriformes

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Les Passeriformes (ou passériformes en français) sont le plus grand ordre de la classe des oiseaux. Le taxon regroupe en effet plus de la moitié des espèces d'oiseaux. Les oiseaux de cet ordre sont dénommés passereaux de manière générique, mais sont également souvent qualifiés d'oiseaux chanteurs d'après leur appellation « songbirds » par les anglophones. Ils étaient autrefois aussi appelés oiseaux percheurs.

En tant qu'espèces, les passériformes sont ceux qui ont le plus de succès parmi les vertébrés : il y en a 6 193 espèces dans la classification de référence (version 2.2, 2009) du Congrès ornithologique international, soit à peu près le double du nombre d'espèces de l'ordre le plus vaste parmi les mammifères, les rongeurs.

Seules certaines variétés de passereaux sont reconnues comme domestiques par la législation française dans la liste officielle du ministère de l'Environnement.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : vocalisation des oiseaux.
Troglodyte des marais (Cistothorus palustris) utilisant son arrangement anisodactyle.

Beaucoup de passereaux sont des oiseaux chanteurs qui ont des muscles complexes pour contrôler leur syrinx ; tous ouvrent leur bec pour se faire nourrir lorsqu'ils sont au nid. Ils ont quatre doigts, trois vers l'avant et un vers l'arrière (le pouce). Ils sont donc anisodactyles. La plupart des passereaux sont de taille plus petite que les oiseaux des autres ordres.

Le Corbeau corbivau est le passereau le plus lourd et le plus grand, tandis que le plus petit est le Microtyran à queue courte. Il est possible que le Xénique de Stephens fût l'oiseau à l’aire de répartition naturelle la plus réduite et le seul passereau incapable de voler.

Un zostérops à dos gris (Zosterops lateralis), passereau océanien.

Passereaux et zoonoses[modifier | modifier le code]

Comme tous les oiseaux, les passereaux peuvent normalement héberger de nombreux micro-organismes parasites ou pathogènes responsables de zoonoses. Ils contribuent à leur diffusion dans leurs déplacement autour du nid et lors de leurs migrations, et ces pathogènes contribuent probablement à réguler les populations de passereaux. Ces derniers sont sensibles à de nombreux virus grippaux, et une étude récente, basée sur l'analyse de restes de repas sanguin prélevés chez des nymphes de tiques en quête d'un nouveau repas, a montré qu'en Irlande au moins, les passereaux pouvaient jouer un rôle d'espèce-réservoir pour plusieurs borrélies responsables de la Maladie de Lyme[1].


Passereaux et chasse[modifier | modifier le code]

De nombreuses espèces de passereaux font l'objet de capture, piégeage et de chasse, et le plus souvent illégalement .

Nombre d'entre eux échappent aux pièges et aux tirs, mais meurent indirectement de la chasse, en subissant des intoxications chroniques ou aiguës induites par l'ingestion de grenaille de plomb, issues des cartouches au plomb)[2]. Comme de nombreux autres oiseaux, les passereaux peuvent absorber avec avidité les grenailles répandues sur le sol comme gastrolithes.

A titre d'exemple, une seule bille de plomb ingéré en même temps qu'une alimentation naturelle, libère assez de molécules de plomb dans le sang de Molothrus ater pour le tuer 3 fois sur 10 en moyenne[2]. Ils meurent alors d'intoxication saturnine aiguë en 24 heures. La plupart des survivants excrètent le reste de la bille de plomb dans les 24 h suivant l'ingestion[2], mais cette dernière a eu le temps d'être assez érodée (lors de son passage dans le gésier et dans le reste du tractus digestif)[2] ; Plus la bille a été érodée, plus l'oiseau risque de mourir[2].
Une hypothèse était que l'ingestion de bille neuve était moins dangereuse que celle d'une bille ancienne et corrodée par le temps à l'air libre, mais il n'en est rien : Les résultats expérimentaux ne montrent pas de différences statistiquement significatives (P = 0.14) de plombémie selon que la bille ingérée est neuve ou ancienne et déjà corrodée[2].
Les taux de plomb mesurés chez les oiseaux morts d'intoxication aiguë par le plomb variaient de 71 à 137 ppm (en poids secs)[2]. Le plomb est mortellement toxique pour les passereaux, même pour de faibles doses de plomb prélevées sur la bille ingérée[2].

Ce phénomène a longtemps échappé aux chasseurs, car les passereaux, comme tous les oiseaux se cachent pour mourir, et même en les cherchant, on a très peu de chances de les trouver. Moins réactif l'oiseau court plus de risques d'être mangé par un prédateur ou de se tuer sur une vitre ou contre un véhicule (roadkill). Hormis quelques oiseaux ne se nourrissant pas au sol (hirondelles, martinets...), la plupart des oiseaux sont concernés par ce phénomène[3], mais en raison de leur petite taille, les passereaux y sont très vulnérables et meurent encore plus discrètement.

Article détaillé : Saturnisme aviaire.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Passereau semble dériver du latin passer. Passer désignait les petits oiseaux comparables aux moineaux[4]. Dans le sud de la France, des termes issus de cette racine ont longtemps été utilisés en se déformant en passerat ou passeret par exemple. Cependant, ces noms vernaculaires ont finalement été supplantés par les termes originaires du nord de la France, termes qui donneront moineau. Passer désigne aujourd'hui un genre particulier de passériforme.

Systématique et taxonomie[modifier | modifier le code]

Taxonomies anciennes[modifier | modifier le code]

Ce terme est réapparu avec la francisation du nom scientifique du taxon Passeres qui regroupait les petits oiseaux, comprenant des espèces bien au delà cependant des espèces connues sous le nom de moineau. Cet ordre a été créé par Carl von Linné dans la sixième édition de Systema Naturæ. C'est un des six ordres d'oiseau avec les Accipitres c'est-à-dire les rapaces, les Grallae ou échassiers, les pics au sens large, les Anseres le groupe des espèces proches des oies et des canards, les Gallinae les espèces proches des faisans et de la poule domestique. Ces groupes faisant miroir aux six groupes de mammifères.

André Marie Constant Duméril, en 1806, décomposait l'ordre des passereaux en sept familles en fonction de la forme du bec. Il y avait par exemple les crenirostres dont la partie supérieure de la mâchoire du bec est marquée d'une crénelure, les dentirostres disposant de plusieurs crénelures sur cette même mâchoire. Les conirostres avaient, selon sa définition, un bec de forme conique, un peu recourbé vers le bas et plus court que la tête. Les oiseaux de cette famille portaient pour nom vernaculaire les termes de moineaux, bruants, étourneaux, loriots, et tous les passereaux de France[5].

C'est l'ordre qui regroupe le plus d'espèces. Toutes les classifications proposées ne comptent pas les mêmes espèces.

Taxonomie récentes[modifier | modifier le code]

D'après la classification de référence (version 2.2, 2009) du Congrès ornithologique international, de Tree of Life[6] et de Barker et al. (2004)[7]. (ordre phylogénique) :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pichon B, Rogers M, Egan D, Gray J. (Université de Dublin) Blood-meal analysis for the identification of reservoir hosts of tick-borne pathogens in Ireland; Vector Borne Zoonotic Dis. 2005 Summer;5(2):172-80 (PMID 16011434) Résumé (en anglais)
  2. a, b, c, d, e, f, g et h Vyas NB, Spann JW, Heinz GH. (2001), Lead shot toxicity to passerines ; Environ Pollut. 2001;111(1):135-8 (résumé)
  3. De Francisco N, Ruiz Troya JD, Agüera EI.(2003), Lead and lead toxicity in domestic and free living birds ; Avian Pathol. 2003 Feb; 32(1):3-13.
  4. Définitions lexicographiques et étymologiques de « passereau » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  5. Constant Duméril, Traité élémentaire d'histoire naturelle, vol. 2 (lire en ligne)
  6. Passeriformes sur tolweb.org
  7. F. K. Barker, A. Cibois, P. Schikler, J. Feinstein et J. Cracraft, « Phylogeny and diversification of the largest avian radiation », Proceedings of the National Academy of Sciences July 27, 2004 vol. 101, no 30, p. 11040-11045.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Géroudet, Les passereaux, Neuchâtel, Delachaux et Niestlé, 1980, 3 vol.
  • Verheyen, R., Les passereaux en Belgique, Bruxelles, Institut des Sciences naturelles de Belgique, 1957.