Écarlate

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Écarlate

Composante
RVB (r, v, b) (255, 36, 0)
Triplet hexa. FF2400
CMJN (c, m, j, n) (0 %, 86 %, 100 %, 0 %)
TSL (t, s, l) (8°, 100 %, 50 %)

L'écarlate est une teinte d'un rouge vif.

Étymologie et grammaire[modifier | modifier le code]

La couleur écarlate, du terme perse سقرلات saqerlât, est nommée d'après la teinture correspondante extraite d'un insecte parasite du chêne, la cochenille ou « kermès  ». Venu d'Orient par le biais de l’Espagne musulmane, sous le nom d'« alkermès », ce pigment, très onéreux, servait à la teinturerie et à la médecine.

Le nom, comme d'autres, est passé, à travers les siècles, de l'indication de la composition d'un pigment à la désignation d'une nuance, qui a pu être obtenue, au cours du temps, par différents procédés, à partir de la cochenille, mais aussi de la garance, ou par les oxydes de fer des couleurs de Mars[1]. Au XXe siècle, le rouge de cadmium était l'écarlate canonique, l'emportant sur les autres par son pouvoir couvrant et sa stabilité à la lumière. Mais nombre de couleurs vendues comme rouge de cadmium contiennent en réalité des pigments organiques (quinacridone)[2].

Grammaire[modifier | modifier le code]

En français, les adjectifs de couleur qui proviennent de noms d'objets sont invariables (des robes marron, et non pas *marronnes) ; « écarlate » est une des quatre exceptions à cette règle, et prend donc un s au pluriel : des robes écarlates.

Usage conventionnel[modifier | modifier le code]

  • Dans l'armée britannique du XIXe siècle, les hommes du rang et sous-officier portaient une tenue rouge ordinaire, teinte à la garance, tandis que les officiers avaient un manteau écarlate, se distinguant par une teinte plus vive, et une teinture plus chère.
  • Comme rouge vif, « écarlate » a été choisi pour exprimer un niveau superlatif de l'alerte sécuritaire en France (Plan Vigipirate), plus élevé que jaune, orange et rouge.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philip Ball (trad. Jacques Bonnet), Histoire vivante des couleurs : 5000 ans de peinture racontée par les pigments [« Bright Earth: The Invention of Colour »], Paris, Hazan,‎ 2010
  • Annie Mollard-Desfour, Dictionnaire des mots et expressions de couleur. Le Rouge, Paris, CNRS Editions, 2000, ou Le Rouge. Mots et expressions d'aujourd'hui. XXe-XXIe siècles,CNRS Editions, 2009 [Préface de S. Rykiel]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Blockx, Compendium à l'usage des artistes peintres : Peinture à l'huile -- Matériaux -- Définition des couleurs fixes et conseils pratiques suivis d'une notice sur l'ambre dissous, Gand, L'auteur,‎ 1881 (lire en ligne), p. 51.
  2. Ball 2010, p. 486.