Bordeaux (couleur)

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Le bordeaux est un champ chromatique qui regroupe des teintes rouges sombre. C'est à l'origine le nom commercial d'un colorant de synthèse, donnant un rouge violacé, adopté en référence à la teinte des vins du Bordelais. Le champ des nuances désignées par le terme bordeaux déborde cependant largement de celui des couleurs des vins.

Le Trésor de la langue française donne la couleur grenat comme synonyme de bordeaux. Le terme bordeaux, au sens de couleur, n'est attesté que depuis 1884[1]. Les premières occurences décrivent les couleurs obtenues avec les colorants ou pigments azoïques (Naphtol), récemment inventés ; il semble que Bordeaux ait été le nom commercial d'un de ces colorants, « dont la nuance tire sur le violet », breveté en 1878 par la maison Meister, Lucius et Brüning[2]. C'est aussi la définition donnée par l'Oxford English Dictionnary[3]. Quelques années auparavant, on était plus explicite : « —Mais enfin, s'écria le directeur, expliquez-moi au moins ce que c'est que votre velours-cardinal ? — C'est du velours rouge, du velours couleur de vin de Bordeaux[4] ».

La norme AFNOR NF X 08-010 « Classification méthodique générale des couleurs » donne des limites pour le champ chromatique des bordeaux. Les « bordeaux » couvrent l'ensemble des teintes rouges, du rouge-orangé au rouge-pourpre et même au pourpre-rouge pour plus sombres ; la clarté est faible ; la chromaticité est moyenne. Plus clairs, les bordeaux deviennent des roses ; avec un apport de jaune, ils deviennent marron[5]. Du point de vue de cette classification, la teinte lie de vin, bien attestée depuis le XIXe siècle en France, désigne un bordeaux tirant sur le violet.

Le Répertoire des couleurs de la Société des chrysantémistes donne parmi les rouges quatre tons de la couleur « Vin de Bordeaux » ; la conservation des couleurs imprimées ne permet pas de se faire une idée de la nuance, un peu plus sombre que « Gros vin » ; cependant le ton 4 est celui de la « betterave rouge cuite, en tranches minces »[6].

Beaux-arts[modifier | modifier le code]

Trois pigments organiques de synthèse permettent de créer la couleur bordeaux :

Le nuancier de papier mi-teintes Canson donne un bordeaux, n° 116. Celui des couleurs huile studio Caran d'Ache donne bordeaux, n° 085[7], celui de Winsor & Newton Maroon, n° 657[8]. Leroux propose un « Violet cardinal » sous-titré « Bordeaux d'alizarine »[9].

Nuanciers[modifier | modifier le code]

On trouve sous le nom de Bordeaux des couleurs étonamment différentes, compte tenu de la définition adoptée par l'AFNOR à la suite des travaux du Groupe Permanent pour l'Étude des Marchés des Peintures et Vernis dans les années 1960 et 1970.

Nous avons ainsi un pastel bordeaux  13 [10] une peinture laque bordeaux 3133[11].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Annie Mollard-Desfour, Le Rouge : Dictionnaire des mots et expressions de couleur. XXe et XXIe siècles, CNRS éditions, coll. « Dictionnaires »,‎ 2009 (1re éd. 2000)
  • Jean Petit, Jacques Roire et Henri Valot, Encyclopédie de la peinture : formuler, fabriquer, appliquer, t. 3, Puteaux, EREC,‎ 2005, p. 308-309 « Rouges (pigments) — Naphtols AS »

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Fabrication de matières colorantes tétrazoïques (…) Préparation des couleurs bordeaux, par l'action du diazoazoxylène sur les sulfonaphtols », « Le moniteur scientifique », sur bnf.gallica.fr.
  2. Adolphe Kopp, « Naphtaline (couleurs de) », dans Ad. Wurtz, Supplément au Dictionnaire de chimie pure et appliquée,‎ 1892-1908 (lire en ligne), p. 1049.
  3. « Bordeaux (2). A shade of red produced by any of several red azo-dyes derived from beta-naphtol » (une nuance de rouge produite par une entre plusieurs teintures azoïques dérivées du béta-naphtol), attesté en Angleterre en 1904.
  4. Arnold Mortier, Les soirées parisiennes, Paris, Dentu,‎ décembre 1875 (lire en ligne) (publié auparavant dans Le Figaro).
  5. Robert Sève, Science de la couleur : Aspects physiques et perceptifs, Marseille, Chalagam,‎ 2009 ;
    Jean Petit, Jacques Roire et Henri Valot, Encyclopédie de la peinture : formuler, fabriquer, appliquer, t. 2, Puteaux, EREC,‎ 2001, p. 159.
  6. Henri Dauthenay, Répertoire de couleurs pour aider à la détermination des couleurs des fleurs, des feuillages et des fruits : publié par la Société française des chrysanthémistes et René Oberthür ; avec la collaboration principale de Henri Dauthenay, et celle de MM. Julien Mouillefert, C. Harman Payne, Max Leichtlin, N. Severi et Miguel Cortès, vol. 1, Paris, Librairie horticole,‎ 1905 (lire en ligne), p. 167 ; le vol. 2 donne les classements par ton.
  7. « Toutes les couleurs de Caran d'Ache », sur carandache.com (consulté le 23 octobre 2014)
  8. « Huile extra-fine », sur winsornewton.com (consulté le 23 octobre 2014). L'intitulé traduit l'anglais maroon, qui correspond plus au bordeaux français qu'au marron (« brownish-crimson or claret colour », une couleur particulière brun-cramoisie ou couleur de vin [de Bordeaux], OED). La présentation des « Nouvelles couleurs », sur www.winsornewton.com indique « 657 (…) Bordeaux à pigment simple » (Benzimidazalone PBr25).
  9. « Nuancier Leroux », sur couleursleroux.fr.
  10. « Les pastels à la cire Manley », sur www.oz-international.com.
  11. « finitions », sur www.comus-marine.com.