Rabastens

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Rabastens
Image illustrative de l'article Rabastens
Blason de Rabastens
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Midi-Pyrénées
Département Tarn
Arrondissement Arrondissement d'Albi
Canton Canton de Rabastens
Intercommunalité Communauté de communes du Pays rabastinois
Maire
Mandat
Pierre Verdier
2014-2020
Code postal 81800
Code commune 81220
Démographie
Gentilé Rabastinois, Rabastinoises
Population
municipale
5 083 hab. (2011)
Densité 77 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 49′ 23″ N 1° 43′ 33″ E / 43.8230555556, 1.7258333333343° 49′ 23″ Nord 1° 43′ 33″ Est / 43.8230555556, 1.72583333333  
Altitude Min. 95 m – Max. 252 m
Superficie 66,29 km2
Localisation

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Liens
Site web Site de la mairie de Rabastens

Rabastens est une commune française, située dans le département du Tarn en région Midi-Pyrénées.

Géographie[modifier | modifier le code]

Commune située sur le Tarn entre Lisle-sur-Tarn et Saint-Sulpice-la-Pointe

La superficie de la commune (6 629 hectares) en fait l'une des plus grandes du département. En 1834, le territoire est d'ailleurs amputé du hameau de Grazac qui est érigé en commune distincte.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Rabastens
Grazac Salvagnac Lisle-sur-Tarn
Grazac Rabastens Loupiac
Mézens Saint-Sulpice-la-Pointe Coufouleux

Transport[modifier | modifier le code]

La commune est desservie par la Gare de Rabastens - Couffouleux. Celle-ci fait partie de la lignes ligne de Brive-la-Gaillarde à Toulouse-Matabiau via Capdenac qui dessert Toulouse - Rodez via Albi, et Toulouse - Capdenac, via Tessonnières

Histoire[modifier | modifier le code]

Des origines antiques[modifier | modifier le code]

Tambour de Colonne

Dès l'Antiquité, les coteaux de Rabastens ont été peuplés comme en témoignent les vestiges (découverts à 1 km de la ville) d'une ville gallo-romaine à Las Peiras. Une première campagne de fouilles, menée en 1840 par Gustave de Clausade livre une mosaïque et des tambours de colonnes en marbre sculptés de scènes hippiques (ceux-ci sont actuellement exposés au Musée Saint-Raymond de Toulouse). Une deuxième campagne de fouilles dans les années 1970 livre une splendide mosaïque exposée depuis au musée du pays Rabastinois. Les noms en "ens", dans la toponymie, laisse supposer une origine et une consonance germanique, et même wisigothique. L'hypothèse la plus vraisemblable sur la naissance de Rabastens est la suivante : les habitants de la villa gallo-romaine se seraient réfugiés sur l'éperon rocheux constitué par le ruisseau appelé depuis le Rotavolp et le Tarn au moment de l'arrivée des Wisigoths et la destruction de la villa. Le refuge constitue petit à petit le premier castrum, quartier appelé aujourd'hui "le château". Le castrum permet de contrôler un gué sur la route de Toulouse-Lyon.

La croisade des Albigeois[modifier | modifier le code]

Début XIIe siècle, la cité est dirigée par une co-seigneurie. La famille de Rabastens est proche des comtes de Toulouse : Raymond de Rabastens est évêque de Toulouse de 1200 à 1205 et Pierre Raymond fait partie du conseil de Raymond VI. En 1210 les co-seigneurs abandonnent leurs droits de justice au comte de Toulouse qui protège les habitants. Il leur attribue libertés et privilèges. Situé à proximité du Lauragais, épicentre du catharisme, Rabastens a la réputation d’être un « nid d’hérétiques ». La fidélité de Rabastens envers les comtes de Toulouse, surtout de Pelfort de Rabastens, va lui être chère. En application du traité de Paris (1229), la cité est contrainte de détruire ses fortifications. La cité devient un consulat au cours de cette période.

La prospérité[modifier | modifier le code]

La paix revenue, Rabastens connaît une fin du XIIIe s. prospère grâce à son vignoble, alors le plus vaste du gaillacois. La qualité du vin de Rabastens est estimée. Les gabares, bateaux à fond plat, descendent le Tarn avec des tonneaux de Rabastens jusqu'à Bordeaux. À cette époque, l'urbanisme se développe selon le plan des "bastides". La cité de Rabastens s'organise donc autour du Borg Meja (Bourg Moyen). L'église Notre-Dame du Bourg est édifiée entre 1230 et 1260 à l'initiative des moines bénédictins de Moissac, présent au prieuré au XIIe s. Elle comporte une vaste nef unique, rectangulaire, à quatre travées voûtées d'ogives et entièrement en briques selon le modèle de la Cathédrale Saint Etienne de Toulouse. Au XIVe s., le prieur Bernard Latour décide d'ajouter à la nef un chœur polygonal. Étant située sur la route des pèlerinages du Puy-en-Velay à Saint-Jacques-de-Compostelle, l'église va s'embellir. La ville de Rabastens était une ville étape pour les pèlerins comme en témoignent l'hôpital Saint Jacques et le patrimoine jacquaire de la ville.

La guerre de Cent Ans[modifier | modifier le code]

Quelques années avant le début de la guerre de Cent Ans (1337), les pastoureaux s'en prennent aux communautés juives. En 1381, plusieurs milliers d'hommes sont massacrés dans les murs de Rabastens par Gaston Febus, Comte de Foix et du Béarn. C'est cette vision qui aurait déclenché les révélations de Constance de Rabastens. Les ravages de la Peste Noire en 1348 vont s'ajouter à la guerre.

La Renaissance (XVIe siècle)[modifier | modifier le code]

En 1450, c'est la fin de la Guerre de Cent Ans. La culture du pastel, plante tinctoriale, permettant d'obtenir des bleus très stables, fait la prospérité de l'Albigeois et du Lauragais. Le pastel fait l'objet d'un commerce important en Europe. L'indigo, plus économique, le remplace au XVIe siècle. Le pastel fait la fortune des négociants albigeois qui se font construire de beaux hôtels particuliers.

En 1561, lors de la première guerre de religion, les protestants s'emparent de Rabastens et tuent plusieurs franciscains. Le massacre de la Saint-Barthélemy (24 août 1572 à Paris) se répète à Rabastens bien après le 24 août et des protestants sont massacrés le 5 octobre[1].

Une épidémie de peste affaiblit la population en 1631. Pour isoler la ville, les pestiférés sont logés dans le faubourg de Murel, ou quartier des pestiférés.

Au cours des siècles les riches marchands ont gravi l'échelle sociale. Et aux XVIIe et XVIIIe siècles ils deviennent "avocats et conseillers du roi" au Parlement de Toulouse et parfois Capitouls. Ils sont anoblis. Ils entretiennent ou construisent de riches demeures à Rabastens. Début XIXe : Rabastens prend son aspect actuel : les fossés sont comblés progressivement pour constituer la promenade des Lices, un pont suspendu est construit sur le Tarn en 1835 et la façade de Notre-Dame du Bourg est achevée avec l'adjonction d'une deuxième tour. La tradition artisanale demeure avec les tisserands et cordonniers du Moyen Age. Ils cèdent la place aux ébénistes et fabricants de meubles. La cave coopérative créée en 1953 dynamise l'économie de Rabastens.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Rabastens

Les armes de Rabastens se blasonnent ainsi : Tiercé en fasce : au premier d'azur à trois fleurs de lys d'or, au deuxième de gueules à la croix cléchée vidée et pommetée de douze pièces d'or, au troisième de sable à trois raves d'argent.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires depuis la Libération
Période Identité Étiquette Qualité
août 1944 mai 1945 Antonin Conte   Président du Comité de Libération
Aout 1945 mars 1959 Marius Malric    
mars 1959 septembre 1963 Marcel Gaubert    
novembre 1963   Roger Béteille    
mars 1971 avril 1975 Georges Raynal   Général
mai 1975 mars 1977 Jean Marty    
mars 1977 mars 1983 Fernand Fargues    
mars 1983 mars 1989 Jean Marty    
mars 1989 juin 1995 Fernand Fargues    
juin 1995 novembre 2002 Alain Brest PS  
novembre 2002 décembre 2004 Michel Bressolles Divers gauche  
décembre 2004 mars 2008 André Coudé du Foresto Divers droite  
mars 2008 mars 2014 Alain Brest PS  
mars 2014 en cours Pierre Verdier[2]   Conseiller général

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 5 083 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].
           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
5 930 6 076 6 330 6 872 6 966 5 677 5 794 5 426 5 551
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
5 419 5 441 5 391 5 317 5 161 5 093 4 985 4 788 4 821
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
4 593 4 553 4 249 3 622 3 858 3 866 3 819 3 892 4 012
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
4 133 4 307 4 182 3 806 3 825 4 176 4 621 4 747 4 965
2011 - - - - - - - -
5 083 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Hôtel de ville, ancien prieuré. Tourelle du XVIe siècle.
  • Musée du pays Rabastinois : installé dans l'hôtel particulier du XVIIe siècle de la famille La Fite de Pelleporc de Gourdas.
  • Le Pigeonnier, situé à la sortie de la ville, le long de la Route de Saurs. Entouré d'un parc, l'endroit est généralement appelé le Pigo.
  • Hôtel de la Castagne (actuelle école libre Puységur) Ancien hôtel particulier du Comte Louis Pierre de Chastenet de Puységur.
  • Église des pénitents blancs
Rabastens

Églises[modifier | modifier le code]

La commune, vue son étendue regroupe de nombreuses paroisses d'ancien régime (certaines ont aujourd'hui disparu) :

  • Notre-Dame du Bourg, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, halte sur les chemins de pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Haut lieu du patrimoine jacquaire, l'église renferme des fresques qui illustrent différents épisodes de la vie, réelle ou légendaire, de Jacques le Majeur
  • Notre-Dame du château
  • Saint-Pierre des Pénitents blancs
  • Saint-Amans de Pratméja
  • Saint-Jean de Puycheval
  • Saint-André de Mareux
  • Saint-Genest de Lauzefan
  • Saint-Georges de Saint-Géry
  • Saint-Jean de Blonac
  • Saint-Martin de Guiddal
  • Saint-Martin (Saint-Étienne) de Teyssode
  • Saint-Martin de Mours
  • Saint-Massal (annexe de Raust)
  • Saint-Michel
  • Saint-Pierre de Raust
  • Saint-Pierre de Saint-Caprais
  • Saint-Pierre de Vertus
  • Saint-Robert des Filles
  • Saint-Salvy de Belmontet (ou de la Recoste)
  • Saint-Georges de Mézerac
  • Notre-Dame de la Recoste
  • Saint-Symphorien de Ladin

ainsi que les paroisses de l'actuelle commune de Grazac

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Jean Auguste de Chastenet de Puységur
Gustave de Clausade

Expression[modifier | modifier le code]

L’expression « Se perdre entre Gaillac et Rabastens » est utilisée dans le Sud-Ouest de la France pour désigner l’état d’ébriété d’une personne.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Elie-A. Rossignol, Monographies communales ou Étude statistique, historique et monumentale du département du Tarn. Tome IV, Canton de Rabastens, Toulouse, Delboy, 1864
  • Raymond Picou, Aperçus préhistoriques sur Rabastens, sa région et le menhir de Vieux en Albigeois, 1924
  • L'Écho de Rabastens, organe des veillées rabastinoises, 1948-

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Miquel, Les Guerres de religion, Paris, Club France Loisirs, 1980 (ISBN 2-7242-0785-8), p 287
  2. ladepeche.fr 27 avril 2014
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011