Gazole

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Gazole
Identification
No CAS 68476-34-6
No EINECS 270-676-1
Apparence liquide incolore à jaune
Propriétés physiques
ébullition 170 à 390 °C[1]
Solubilité pratiquement insoluble dans l'eau[1]
Masse volumique 820 à 860 kg·m-3 à 15 °C[1]
d'auto-inflammation 220 °C[1]
Point d’éclair > 55 °C ISO 2719 (contient de l'essence en hiver, donc le point d'éclair est plus bas.)[1]
Limites d’explosivité dans l’air inférieure : 0,6 %vol
supérieure : 6,5 %vol[1]
Pression de vapeur saturante 1 mbar à 20 °C[1]
Viscosité dynamique 32,6 SUS - 40,1 SUS (à 37,7 °C)[1]
Précautions
Directive 67/548/EEC[2]
Nocif
Xn



Transport
30
   1202   
SGH[3]
SGH08 : Sensibilisant, mutagène, cancérogène, reprotoxique
Attention
H351,
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

Le gazole ou diesel ou gas-oil, ou encore gasoil, est un carburant pour moteur Diesel. Physiquement, c'est un fioul léger et, réglementairement, un carburant (norme fiscale) issu du raffinage du pétrole.

Le mot « gazole »[4] est issu du mot anglais « gasoil » (fioul, mazout). Ce terme est surtout utilisé en France. Dans d'autres pays, comme la Belgique, le Canada et la Suisse, le produit est connu comme « diesel »[5], mot issu du nom de Rudolf Diesel, l'inventeur du moteur Diesel, qui fonctionne habituellement avec ce carburant.

Gros émetteur de particules fines nocives pour le système respiratoire, le gazole est interdit au Japon, fortement taxé au Danemark ou en Suisse, vendu plus cher que l'essence aux États-Unis mais encore très utilisé en France[6].

Utilisation[modifier | modifier le code]

Au Canada, le carburant pour moteur Diesel est séparé en deux catégories :

  • le carburant diesel saisonnier type B d'usage général ;
  • le carburant diesel léger type A d'usage particulier.

Durant plusieurs décennies, le gazole canadien était aussi défini par sa teneur en molécules sulfurées ; on parlait alors d'ordinaire, de faible teneur en soufre et de très faible teneur en soufre. Le soufre permet de limiter l'accumulation de particules en suspension à l'arrivée dans le pot d'échappement. Néanmoins, dans la foulée des pressions environnementales, le gouvernement canadien restreint la vente de carburant à ceux à très faible teneur en soufre depuis septembre 2006[7]. Effectivement, le soufre s'oxyde dans la chambre de combustion pour faire place au dioxyde de soufre, produit participant au brouillard urbain et à l'acidification des pluies. Les teneurs maximales en soufre ont considérablement baissé. En France, elle a été divisée par cinquante en quinze ans, passant de cinq cents milligrammes par kilogramme en 1996 à trois cent cinquante en 2000 puis à cinquante en 2008 et enfin à dix milligrammes par kilogramme en 2009.

Autres formulations[modifier | modifier le code]

Lorsque le gazole est fabriqué sans pétrole ou avec une portion moindre de gazole pétrolier, on parle de biodiesel. Ce terme récent est contesté à cause de sa connotation environnementale plus ou moins usurpée. En fait, ce terme recouvre deux carburants différents :

  • le gazole mélangé à des carburants d'origine végétale (biocarburant), qu'il s'agisse d'huiles ou de bioéthanol. L'appellation est dans ce cas usurpée car le pourcentage de carburant d'origine végétale est généralement faible (~ 10 %). Il s'agit en fait de gazole oxygéné, terme plus correct mais peu utilisé dans le monde francophone ;
  • le carburant d'origine végétale utilisable par les moteurs Diesel. Généralement, de l'ester d'éthyle d'huile végétale (EEHV) ou de l'ester de méthyle d'huile végétale (EMHV). L'EEHV a l'avantage d'être productible à partir d'éthanol et d'huile végétale, soit des produits que l'on peut obtenir à 100 % à partir de l'agriculture.

Certains proposent le terme « agridiesel » mais cette nomenclature fait encore l'objet de discussions.

La masse volumique du gazole est d'environ 850 kg·m-3. En France, il n'y a pas obligation d'injecter du gazole dans les moteurs des engins agricoles ou de travaux publics. En général, le fioul domestique (FOD), cousin du gazole, est utilisé à la place.

De même, les avions à moteur Diesel sont autorisés à utiliser du jet A1, un kérosène un peu plus léger que le fioul mais suffisamment gras pour ne pas gripper les pompes. En cas de crise majeure, les moteurs Diesel des véhicules militaires sont prévus pour l'usage du jet A1 (recommandation OTAN).

Inconvénients[modifier | modifier le code]

La composition de tous les produits de distillation du pétrole peut varier et est adaptée aux législations en cours. En effet, la teneur maximale en soufre des combustibles automobiles est définie par les législateurs (par exemple l'Union européenne) car le soufre présente des inconvénients, comme la formation plus importante de suies (particules en suspension), de dioxyde de soufre (SO2) pouvant ensuite se transformer en acide sulfurique (H2SO4) en présence d'eau (pluie acide), ou encore de sulfure d'hydrogène H2S.

Les gaz d’échappement des moteurs Diesel ont été classés cancérigènes par l'OMS (voir la Liste de cancérogènes du groupe 1 du CIRC), associés au cancer du poumon et celui de la vessie[8].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Entrée du numéro CAS « 68476-34-6 » dans la base de données de produits chimiques GESTIS de la IFA (organisme allemand responsable de la sécurité et de la santé au travail) (allemand, anglais), accès le 1 novembre 2008 (JavaScript nécessaire)
  2. ESIS
  3. Numéro index 649-227-00-2 dans le tableau 3.1 de l'annexe VI du règlement CE N° 1272/2008 (16 décembre 2008)
  4. Terme recommandé en France par la DGLFLF - Journal officiel du 22/09/2000, voir FranceTerme
  5. Terme recommandé par l'Office québécois de la langue française - http://www.oqlf.gouv.qc.ca/ressources/bibliotheque/officialisation/terminologique/fiches/1199709.html
  6. Paris pollué, politiques irresponsables sur lemonde.fr du 14 décembre 2013
  7. Aperçu du marché des produits pétroliers - Avril 2006 : Offre et demande d'essence et de diesel
  8. (en) « LES GAZ D’ECHAPPEMENT DES MOTEURS DIESEL CANCEROGENES » [Communiqué de presse], Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) (consulté le 18 novembre 2012) : « 18 novembre 2012 ‐‐ À l’issue d’une réunion d’une semaine regroupant des spécialistes internationaux, le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC), qui fait partie de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a aujourd’hui classé les gaz d’échappement des moteurs Diesel comme étant cancérogènes pour l’homme (Groupe 1), sur la base d’indications suffisantes prouvant qu’une telle exposition est associée à un risque accru de cancer du poumon. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]