Économie verte
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L'économie verte est l'ensemble de l'activité économique générée « par toutes les entreprises qui produisent des biens et services contribuant à éviter, réduire ou supprimer des nuisances pour l'environnement »[1]. En France, on parle aussi d'éco-activités (« activités produisant des biens et services ayant pour finalité la protection de l’environnement ou la gestion des ressources naturelles) auquel sont ajoutées les activités produisant des biens et services qui sont favorables à la protection environnementale »)[2].
Ces définitions s'appliquent par exemple aux entreprises de traitement des déchets, des eaux usées, à l'isolation thermique, l'insonorisation des bâtiments, aux écomatériaux, aux producteurs d'énergie renouvelable, à la gestion des espaces verts et de milieux naturels aux transports doux ou moins polluants (infrastructures et matériel ferroviaires, véloroutes et voies vertes), et plus largement aux biens améliorant l'efficacité énergétique des bâtiments ou de l'électroménager (chaudières à condensation, lampes fluo-compactes[2]...). C'est un des thèmes retenus pour le Sommet de Rio 2012.
En 2006, l'Allemagne détenait une part de 16,1 % du marché mondial des biens contribuant à la protection de l'environnement, ce qui en faisait le numéro un, selon le ministère allemand de l'Environnement. Quelque 1,8 million d'Allemands (4,5 % du total des salariés du pays) vivent de l'économie verte.
En France, selon l'INSEE, ce secteur mieux supporté la crise que d’autres branches de l’économie nationale en 2009 et 2010 : « les effectifs des éco-activités ont en effet progressé de 4,5 % lors de cette période, malgré la crise de 2009. L’Institut a même noté une évolution soutenue de l’emploi portée par le domaine des énergies renouvelables, notamment le photovoltaïque »[2]). En 2009, selon l'INSEE, environ 960 000 emplois (4 % de l'emploi intérieur total) en dépendaient, dont 50 % (434 000 postes) dans les éco-activités et 50 % (526 000 équivalents temps plein environ) dans la production de biens et de services périphériques à la protection de l'environnement[2] [3].
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Valeur verte [modifier]
C'est le nom parfois donné à la survaleur patrimoniale (ou « valeur nette additionnelle d’un logement dégagé grâce à une meilleure performance environnementale, que ce soit au niveau de la performance énergétique du bien mais également à l’accès aux transports en commun, à ses matériaux de construction, à la qualité de son insertion locale, etc »[4], traduite en termes financiers). C'est une valeur induite par la performance énergétique et plus largement environnementale du bâti. Elle était en France, début 2012, estimée à +/- 6 %. Elle est notamment évaluée par le diagnostic de performance énergétique (DPE). « En situation d’achat ou de location, 8 Français sur 10 accordent de l’importance au DPE ; pour plus d’1/3, c’est un critère «très important». Même constat pour la vente : environ 7 interviewés sur 10 lui accordent une attention particulière, 3 sur 10 seulement le considérant comme une simple formalité administrative »[4].
Le 8 février 2012, un colloque organisé par l’ANIL (Agence nationale pour l'information sur le logement) et la CAPEB, a traité de l’impact de la performance énergétique sur les coûts de construction, pour le « neuf » (mieux encadré et évalué) et la rénovation (plus hétérogène), enjeu croissant par exemple dans le cadre du Plan Bâtiment Grenelle (suite au Grenelle de l'environnement), du dispositif Feebat, du programme Rage ou des démarches "qualité"[5].
Les coûts et économies sont liés aux études, audits, évaluation thermiques, matériaux et techniques d’isolation, réalisation des travaux, gestion des déchets, avec des ‘temps de retour’ dont les enjeux diffèrent selon le point de vue du client ; Bailleurs sociaux, hôtels, tertiaire, collectivités, particuliers propriétaire (locataire ou maître d’ouvrage)[5].
Alain Maugard, président de QUALIBAT, estime qu’il n’y a plus en 2012 de surcoût pour la rénovation BBC quand elle utilise les techniques constructives maitrisée d’isolation (estimation encore discutée). Il plaide donc pour une obligation de rénovation énergétique lors d'une cession ou mise en location d’un bien immobilier[5].
Le temps de retour pour le neuf serait de 10 ans en moyenne (ou 12 ans en tenant compte des incertitude sur le coût de la maintenance et des coûts futurs de l’énergie. Pour une rénovation partielle ou BBC de l’ancien, le temps de retour serait de 10 à 20 ans (plus long sur l’isolation des murs menuiseries extérieures, et donc a priori moins intéressant pour des occupants envisageant de changer de logement)[6].
Selon[7] la FNAIM (Fédération nationale de l’immobilier) la rentabilité d’un investissement d’efficience énergétique est pour 52 % des personnes sondées intéressant pour la diminution de consommation qu’elle permet ; 25 % ont d’abord un objectifs de protection de l’environnement ; et 19 % cherchent à améliorer le confort (acoustique et/ou thermique) de l’habitat ; 4 % le font pour augmenter la valeur de leur bien immobilier. Les incitations (PTZ+, éco-prêts collectif et individuel) semblent importants, ainsi que l’engagement des professionnels (agences immobilières promouvant les bâtiments à haute performance énergétique, syndic de copropriété cherchant à réduire les consommations, administrateurs de biens motivant les bailleurs à accroître la valeur de leur patrimoine en les améliorant énergétiquement, etc. Le secteur locatif privé (copropriétés notamment reste peu actif dans ce domaine) ; Une « Garantie de Performance Environnementale » devrait encourager ces démarches[5].
Controverse [modifier]
En juin 2012, à l'approche du Rio+20 (un Sommet des Peuples), une économiste et membre du conseil scientifique d'ATTAC, Geneviève Azam déclare : « L’économie verte, c’est la marchandisation de la nature. Nous refusons que s’exerce un droit de propriété sur la nature, qui ne peut pas être gérée de manière rationnelle. Les services écosystémiques sont rendus gratuitement. »[8]
Dans le monde [modifier]
L'idée d'une économie verte est soutenue par l'ONU et l'UE et trouve de nombreux échos dans le monde. Un Green New Deal Group[9] propose de résoudre à la fois la crise du crédit, celle du climat et les coûts élevés du pétrole. Mais les risques d'effet rebond[10] ainsi que des accusations parfois étayées de greenwashing, ou les suites de scandales environnementaux et sanitaires entachent la confiance et crédibilité que le public pourrait porter à de nombreuses démarches économiques et industrielles.
En France [modifier]
Selon l'INSEE, de 2004 à 2010, le nombre d’emplois lié à l’environnement a augmenté de plus de 20 % (moyenne de +3,4 %/an très supérieur à celui du reste des autres branches de l'économie[2] ;
En 2010, les éco-activités se sont développées (+4,5 %), avec 453 000 personnes employées, surtout dans la gestion des eaux usées (100 000 postes) et le secteur des déchets (100 000 emplois), alors que la gestion et gestion restauratoire des ressources naturelles représentait 1/4 des emplois verts (125 000 équivalents temps plein), dont 50 % dans le domaine en développement des énergies renouvelables (solaire, éolien) où l'évolution a atteint +19 %[2].
Articles connexes [modifier]
- Développement durable
- Écoblanchiment (Greenwashing)
- Achat vert
- Revue du Programme des Nations unies pour l’environnement - février 2010
Notes et références [modifier]
- Selon le ministère allemand de l'Environnement[réf. à confirmer]
- batiactu, Juin 2012, L’économie verte génératrice d’emplois... jusqu’en 2011
- Voir aussi « L’économie française - Comptes et dossiers » - Édition 2009, synthèse des mouvements des économies française et mondiale ; appuyée sur les comptes de la Nation (sommaire)
- BatiActu, valeur verte, un atout pour l’immobilier ? 2012-04-18
- Grégoire Noble « La valeur verte en questions», Batiactu, (13/02/2012)
- source : Antoine Desbarrières, directeur général de Qualitel et président de Cerqual (organisme de certification), Colloque Le coût de la performance énergétique du 8 février 2012
- Jean-François Buet secrétaire général de la FNAIM, au colloque Le coût de la performance énergétique 8 fev 2012
- (fr) "L’économie verte, c’est la marchandisation de la nature", L'Humanité. Mis en ligne le 14 juin 2012, consulté le 15 juin 2012
- Green New Deal Group (2008) A Green New Deal: Joined-up policies to solve the triple crunch of the credit crisis, climate change and high oil prices ; New Economics Foundation, London
- Greening, L.A., Greene, D.L. and Difiglio, C. (2000) Energy Efficiency and Consumption – the Rebound Effect: A Survey. Energy Policy, 28: 389-402.