Albert Cuyp

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Albert Cuyp

Nom de naissance Albert Jacobsz. Cuyp
Naissance 20 octobre 1620
Dordrecht
Décès enterré le 15 novembre 1695
Dordrecht
Nationalité néerlandaise
Drapeau des Provinces-Unies Provinces-Unies
Activités peintre
Maîtres Jacob Cuyp
Influencé par Jan Both,
Claude Lorrain,
Jan Van Goyen,
Salomon Van Ruisdael

Albert, Aelbert ou Aelbrecht Jacobsz. Cuyp (Dordrecht, 20 octobre 1620[1] – id., enterré le 15 novembre 1691[2]), est un peintre de paysage néerlandais (Provinces-unies) du siècle d'or, issu d’une illustre lignée d’artistes actifs à Dordrecht.

Biographie[modifier | modifier le code]

Bétail dans la rivière (c 1650). Musée des beaux-arts de Budapest

Albert Cuyp est né à Dordrecht le 20 octobre 1620. Il sera l'unique enfant de Jacob Cuyp, un peintre d'histoire et un portraitiste, en compagnie de qui il apprend son art et dont il devient le plus proche collaborateur. Son oncle, Benjamin Gerritsz. Cuyp (1612-1652) était peintre lui-aussi. Par la suite, Albert Cuyp exerce pour vivre le métier de brasseur, et c'est plutôt par goût qu'il peint.

Ses premiers tableaux, il les réalise vers la fin des années 1630. En 1642, il visite une première fois le nord du pays, entre autres les villes de Rhenen, Arnhem, Amersfoort, Utrecht, Leyde et La Haye. Au cours d'un second voyage en 1651-1652, il retourne à Arnhem, et se rend à Nimègue, Elten, Emmerich, Clèves et Kalkar[2]. Ces séjours marqueront son œuvre. Il réussit dans le paysage, dans les vues de routes avec des voyageurs – œuvres dans lesquelles des animaux sont souvent représentés –, de fleuves et de mers sillonnées par des navires.

En 1658, il épouse une femme issue de la bonne société, Cornelia Boschman qui, veuve de Johan Van den Corput, avait eu trois enfants de ce précédent mariage. À ce moment-là, Albert Cuyp avait déjà derrière lui une imposante carrière de peintre. L’année suivante, le couple donne naissance à une fille.

Après 1660, il remplit différentes fonctions dans l’Église réformée et, sa situation financière étant désormais assurée, sa production artistique devient de plus en plus rare. Ses dernières œuvres connues datent de 1665, mais à cette période, cependant, il avait toujours au moins un apprenti, soit Abraham soit Barent Van Calraet[2].

Albert Cuyp meurt en novembre 1691, quatre ans après sa femme. Il est enterré le 15 novembre dans l’Augustijnenkerk (« l'église des Augustins ») à Dordrecht.

Style pictural[modifier | modifier le code]

Le Port de Dordrecht, v.1660, huile sur toile, 115 × 170 cm (National Gallery of Art, Washington).

L'œuvre d'Albert Cuyp est particulièrement réputée pour le traitement de la lumière des paysages de Hollande, à l'aurore ou au crépuscule, mais également pour son sens de la composition.

Cuyp développa après 1650 un style personnel généreux. Il est connu pour avoir souvent représenté des personnages et des animaux richement colorés, et pour l’utilisation fréquente d’une palette abondante. Ses paysages baignent dans une lumière méditerranéenne, bien qu’il ne se rendît jamais en Italie.

Les paysages d'Albert Cuyp témoignent de l'influence de Salomon Van Ruisdael, Jan Van Goyen, Jan Both et Claude Lorrain. Ils rappellent également ceux de Nicolaes Berchem, qui était né quelques mois seulement après lui, tout en étant marqués par ses voyages dans les villes du nord. Ses vues fluviales dépouillées, dont sa Vue de Dordrecht constitue un exemple parmi les plus connus, manifestent une virtuosité dans l’emploi des couleurs mates, que l’on associe avec les paysages hollandais.

Il se prendra aussi d’intérêt pour tout ce qui concerne la dynastie et la chevalerie. Cette dernière revêt chez lui une singulière importance : les personnages qu’il représente à dos de cheval sont couramment vêtus quasi à l’orientale, ou bien « à la polonaise », style qui était prisé par les couches supérieures de la population, et ils adoptent des attitudes telles qu’elles étaient enseignées dans les académies équestres en France.

La plupart des œuvres d’Albert Cuyp ne sont pas datées. De ce fait, le catalogue de ses œuvres a été difficile à établir, un certain nombre de peintures étant susceptibles d'être attribuées à d'autres maîtres paysagistes de son temps.

Cuyp par Marcel Proust[modifier | modifier le code]

Pieter de Roovere, seigneur de Hardinxveld, v.1650, huile sur toile, 123,5 × 154 cm (Mauritshuis, La Haye).

Le romancier – et poète – Marcel Proust, dans Les Plaisirs et les Jours, paru en 1896, dédie quelques vers à Albert Cuyp :

« Cuyp, soleil déclinant dissous, dans l'air limpide
Qu'un vol de ramiers gris trouble comme de l'eau,
Moiteur d'or, nimbe au front d'un bœuf ou d'un bouleau,
Encens bleu des beaux jours fumant sur le coteau,
Ou marais de clarté stagnant dans le ciel vide.
Des cavaliers sont prêts, plume rose au chapeau,
Paume au côté ; l'air vif qui fait rose leur peau,
Enfle légèrement leurs fines boucles blondes,
Et, tentés par les champs ardents, les fraîches ondes,
Sans troubler par leur trot les bœufs dont le troupeau
Rêve dans un brouillard d'or pâle et de repos,
Ils partent respirer ces minutes profondes. »

Œuvres[modifier | modifier le code]

Musées[modifier | modifier le code]

Paysans et bétail près de la Merwede, v.1658-1660, huile sur toile, 38 × 51 cm (National Gallery, Londres).

Aux Pays-Bas, on peut admirer certaines de ses œuvres au Rijksmuseum d’Amsterdam et au Dordrechts Museum. Aux XVIIIe et XIXe siècles, cependant, les tableaux de chevalerie furent très populaires auprès de l’aristocratie anglaise ; ainsi bon nombre de ses œuvres font-elles partie de collections britanniques.

Parmi les musées à travers le monde où Albert Cuyp est représenté, se trouvent :

Anecdotes[modifier | modifier le code]

L’Albert Cuypmarkt est un marché qui se tient sur l’Albert Cuypstraat (la rue qui porte son nom) dans le Pijp, un quartier populaire d’Amsterdam.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. A. Van der Willigen et F.G. Meijer (2003). – Cité par le Rijksbureau voor Kunsthistorische Documentatie (RKD).
  2. a, b et c Allgemeines Kunstlexikon. – Cité par le RKD.
  3. The State Hermitage Museum

Sources[modifier | modifier le code]

  • (nl) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en néerlandais intitulé « Albert Cuyp » (voir la liste des auteurs)
  • (de) Allgemeines Künstlerlexikon. Die Bildenden Künstler aller Zeiten und Völker, Saur, Munich - Leipzig, 1992-, t. 22 (1999), p. 235.
  • Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Albert Cuyp » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)
  • (fr) Ben Broos, Hans Hoetink, Beatrijs Brenninkmeyer-De Rooij, et 1 al., De Rembrandt à Vermeer : Les Peintres hollandais du Mauritshuis de La Haye : [Catalogue d'exposition] 19 février - 30 juin 1986, Galeries nationales du Grand Palais, Paris, Fondation Johan Maurits van Nassau, La Haye, 1986 (ISBN 90-71566-01-3), p. 182-187.
  • (nl) Fiche consacrée à A. Cuyp sur le site du Rijksbureau voor Kunsthistorische Documentatie (RKD).
  • (nl) S. Schama, Kunstzaken. Over Rembrandt, Rubens, Vermeer en vele andere schilders, 1997, p. 85-90.
  • (en) Adriaan Van der Willigen et Fred G. Meijer, A Dictionary of Dutch and Flemish Still-life Painters Working in Oils, 1525-1725, Leyde, 2003, p. 69.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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