Néfertari

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L'épouse du dieu, la grande épouse royale, la maîtresse des Deux-Terres,
la souveraine de Basse-Égypte et de Haute-Égypte, Néfertari l'aimée de Mout
R8 N41
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M23 N41
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Néfertari Meryenmout (« La plus belle de toutes, aimée de Mout ») est la principale Grande épouse royale du pharaon Ramsès II qui vécut sous la XIXe dynastie aux environs du XIIIe siècle avant notre ère.

Elle est une des huit épouses connues de Ramsès II. On pense qu'il aurait, à l'âge de seize ans, épousé Néfertari, quant à elle âgée de quatorze ans, pendant la corégence avec son père Séthi Ier à Memphis. Elle fut toujours l'épouse préférée de Ramsès, bien que celui-ci eût avec Isetnofret un fils, Mérenptah, qui deviendra pharaon.

Néfertari a été une figure importante de cette époque. Elle a eu une grande influence sur le monarque qui tint compte de ses remarques et de ses conseils. Elle le seconda dans toutes les fonctions royales et religieuses en tant qu'« Épouse du Dieu ».

« Maîtresse de la Haute et Basse-Égypte », « Dame de charme », « Douce d'Amour », « Riche de Louanges », « Belle de Visage »... les épithètes les plus sublimes ont été employés pour la qualifier.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Statue de Néfertari accompagnant un des colosses assis de la cour de Ramsès II au temple de Louxor
Néfertari Meryenmout
Naissance v. -1302 Décès v. -1249 (an 30 du règne de Ramsès II)
Père Nakhtmin (incertain) Grands-parents paternels
Aÿ (incertain)
Tiyi II (incertain)
Mère Moutnedjemet (incertain) Grands-parents maternels
Aÿ (idem)
Tiyi II (idem)
Fratrie Tanedjemet (fille de Horemheb) (incertain)
Prématuré mort-né (enfant de Horemheb) (incertain)
1re épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
2e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
3e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
4e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
5e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
6e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
7e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
8e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
Mari Ramsès II Enfant(s) Amonherkhépeshef
Parêherouenemef
Mériamon
Amonemouia
Séthi (incertain)
Méryrê
Mériatoum
Baketmout
Néfertari II
Mérytamon
Nebettaouy
Hénouttaouy
2e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
3e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
4e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu

Si les origines de la reine ne sont pas certifiées, l'hypothèse qu'elle est issue d'une puissante famille d'Akhmim est avancée, en raison d'une part de l'attachement manifeste de la reine et de sa progéniture à la cité, et d'autre part de son titre d'Épouse du dieu qu'elle porte lors des grandes cérémonies du dieu Min. Enfin, la découverte dans son tombeau d'un bouton de coffre au nom du pharaon Aÿ pourrait être un indice supplémentaire qui la rattacherait à cette illustre famille qui marqua de son influence les dernières décennies de la XVIIIe dynastie.

Néfertari fut le grand amour de Ramsès - preuve en est la façade du petit temple d'Abou Simbel que Ramsès lui a dédié, ainsi qu'à Sothis (personnification de l'étoile Sirius) et à Hathor (déesse de la joie, de la musique, de la beauté et de l'amour) que Néfertari incarnait sur terre. Sur la façade du temple, ses sculptures ont la même taille que celles du pharaon :

« Ramsès a construit un temple creusé dans la montagne […] pour la première épouse royale Néfertari Meryenmout. »

Privilège exceptionnel, Ramsès II, qui s'est lui-même déifié, a également divinisé Néfertari[1]. On peut voir dans le petit temple d'Abou Simbel la scène représentant la divinisation de la reine. Elle montre Isis et Hathor ajustant sa coiffe sur la tête de Néfertari. Celle-ci tient dans la main gauche son sceptre de reine, mais dans la main droite « la croix de vie, que seules les divinités sont habilitées à posséder »[1]. Ainsi, après avoir assimilé sa mère à la déesse Mout, s'être proclamé fils d'Amon et s'être fait dieu, Ramsès divinise aussi sa bien-aimée.

Néfertari donna plusieurs fils à Ramsès mais aucun ne survécut à l'exceptionnelle longévité de leur père. Leur premier fils, Amonherkhépeshef, était considéré comme le prince héritier pendant une grande partie du règne de son père, avant son décès précoce en l'an 53.

Néfertari est également la mère de Mérytamon - la « Reine Blanche » - qui deviendra Grande épouse royale à son tour en épousant symboliquement son père.

Après la mort de Néfertari en l'an 30 du règne, Ramsès - qui l'avait appelée dans une inscription « celle pour qui brille le soleil » - écrivit dans un poème :

« Mon amour est unique, et personne ne peut rivaliser avec elle. En mourant, elle a volé mon cœur. »

En dernier hommage, Ramsès fit construire dans la Vallée des reines la plus belle tombe que l'on ait découverte à ce jour en Égypte.

Sépulture[modifier | modifier le code]

Néfertari sur la paroi de son tombeau
Néfertari Meryenmout
Type Hypogée
Emplacement QV66
Date de découverte 1904
Découvreur Ernesto Schiaparelli
Fouilles
Objets découverts Sarcophage fragmentaire en granit rose
Cercueil momiforme fragmentaire en bois recouvert d'or
34 ouchebtis au nom de Néfertari
3 grands vases fragmentaires
Restes de momie bandelettés
Vases en albâtre fragmentaires
Émaux
Restes de mobilier funéraire
Poignée de couvercle de coffre en émail bleu foncé en forme de fleur de lotus au nom de Aÿ
Amulette

La tombe de Néfertari a été découverte pendant la deuxième campagne de fouilles de Schiaparelli sur le versant nord du ouadi principal. En effet, l'égyptologue tombe sur des escaliers. Il aperçoit sur le linteau, au bout, une peinture représentant l'horizon entouré de deux yeux oudjat et des déesses Nephtys et Isis en adoration, ainsi que de deux cartouches au nom de Néfertari.

Les fresques murales rendent un vibrant hommage à sa beauté. Parfaitement exécutées, elles rivalisent avec les réalisations de la vallée des rois, mais sont si fragiles que la tombe n'accueille désormais pas plus de cent-cinquante visiteurs par jour (avec masque et protège-chaussures).

La tombe avait déjà été ouverte et, comme ils l'ont découvert plus tard, pillée.

Les maçonneries étaient tombées sur les escaliers et dans la première chambre elles atteignaient presque le plafond. Les autres pièces s'étaient pratiquement écroulées et le sol était couvert de boue à cause de nombreuses infiltrations d'eau de pluie.

Depuis cette première chambre, on accède à une sorte d'alcôve qui mène à une plus petite chambre rectangulaire. Au fond de la première pièce, un escalier conduit dans la salle du sarcophage composée de quatre piliers et de trois petites chambres sur chacun des murs de la pièce.

Au milieu de la salle du sarcophage, Schiaparelli trouve :

  • un sarcophage fragmentaire en granit rose ;
  • un cercueil momiforme fragmentaire en bois recouvert d'or ;
  • 34 ouchebtis au nom de Néfertari ;
  • trois grands vases fragmentaires ;
  • des restes de momies bandelettés ;
  • des vases en albâtre fragmentaires ;
  • des émaux ;
  • des restes de mobilier funéraire.

Il trouve aussi une fleur de lotus en émail bleu foncé qui devait servir de poignée au couvercle d'un coffre au nom de Aÿ (XVIIIe dynastie). Dans une petite niche creusée dans le mur du fond et recouverte d'une plaque de plâtre la camouflant, il découvre une amulette.

Bien qu'elle ne contienne que peu d'objets, cette tombe est considérée comme la plus belle de l'Égypte tout entière par ses décorations, aux couleurs vives et au style précis, quasiment intactes. Mais les infiltrations d'eau l'ont affaiblie et il a fallu consolider les murs. Fermée aux visites dans les années 1950 pour restauration, la réouverture n'eut lieu qu'en novembre 1995, l'admission des visiteurs étant soumise à des règles très strictes (coût d'entrée plus élevé, nombre de visiteurs limité) afin de préserver autant que possible les magnifiques décors.

Une réplique a été constituée en grandeur nature dans le sous-sol du musée de Tessé au Mans.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Christiane Desroches Noblecourt, La femme au temps des pharaons, p. 90 à 93.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]