Jacob Adriaensz Backer

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Jacob Adriaensz. Backer

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Autoportrait de J.A. Backer, 1638

Naissance 1608
Harlingen
Décès 27 août 1651
Amsterdam
Nationalité néerlandaise
Provinces-Unies Provinces-Unies
Activités peintre
Maîtres Lambert Jacobsz
Élèves Jan de Baen,
Abraham van den Tempel,
Jan van Noordt
Mouvement artistique Baroque
Influencé par Abraham Bloemaert,
Wybrand De Geest,
Rembrandt,
Rubens,
Bartholomeus Van der Helst


Jacob Adriaensz. Backer (Harlingen, entre le 27 août et le 31 décembre 1608 – Amsterdam, 27 août 1651[1]) est un peintre et dessinateur néerlandais (Provinces-Unies) du siècle d’or, auteur surtout de portraits et de tableaux à sujets biblique, mythologique ou littéraire. Doué d’une grande rapidité d’exécution – il réalisa quelque cent quarante peintures en l’espace de vingt ans –, il n’en était pas moins habile en particulier dans le rendu des plis et d’étoffe précieuses, ainsi que dans la représentation du corps humain – ses études de mains et de pieds et ses dessins de nus masculins et féminins témoignent de sa maîtrise dans ce domaine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jacob Adriaensz. Backer est né dans la ville frisonne de Haarlingen entre les mois d’août et de décembre de l’année 1608. Son père, Adriaen Tjerks, était boulanger (en néerlandais : bakker). Après la mort de la mère, la famille mennonite vient s’installer à Amsterdam, où elle habite sur la Nieuwendijk (la « Nouvelle Digue »), non loin du port, dans le quartier où se dressait alors la Haringpakkerstoren (la « Tour d’emballage des harengs »). Le père ne tarde pas à se remarier avec une veuve.

Portrait d'une dame inconnue en muse Euterpe, v.1649-1650 (Coll. privée).
Portrait de Johannes Lutma (v. 1584-1669), orfèvre à Amsterdam, v.1639-1651 (Rijksmuseum, Amsterdam).

Entre 1627 et 1633, Backer se rend à Leeuwarden et y devient l’apprenti, en même temps que Govaert Flinck[2], du peintre Lambert Jacobsz[3]. Ce dernier, de confession mennonite tout comme Backer et Flinck, était spécialisé dans la représentation de scènes bibliques. Flinck fut également l’élève de Rembrandt, mais rien ne permet de dire que ce fut également le cas pour Backer[2]. On peut toutefois déceler l’influence de Rembrandt dans l’œuvre de ce dernier, qui sera également influencé par d’autres artistes tels que Wybrand De Geest[2], Rubens et Abraham Bloemaert.

En 1633, Backer, après un bref séjour à Flessingue[3], revient à Amsterdam, où il semble avoir travaillé pour Hendrick Uylenburgh[4]. Il reçoit alors sa première commande officielle importante, un Portrait des régentes de l'orphelinat civil d'Amsterdam, aujourd'hui conservé à l'Amsterdams Historisch Museum, une œuvre qui se révélera être davantage inspirée par la peinture flamande que par Rembrandt[5].

Les documents d’époque concernant la vie de Backer sont assez rares. Ainsi, il semblerait qu’il ne se soit jamais marié, qu’il n’ait jamais acheté de maison et ne se soit jamais retrouvé mêlé à aucun scandale.

Il meurt âgé d’un peu plus de quarante ans, le 17 août 1651, à Amsterdam, où il est enterré dans la Noorderkerk (« Église du Nord »). À sa mort, une médaille commémorative est frappée en son honneur[6].

Il compta au nombre de ses élèves Jan de Baen, Jan van Noordt et Abraham van den Tempel, lequel avait été auparavant l’élève du propre maître de Backer, Lambert Jacobsz.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Jusqu’à sa mort prématurée, Jacob Adriaensz. Backer fut un artiste majeur à Amsterdam. Malgré une carrière relativement courte, quelque cent quarante peintures lui sont aujourd’hui attribuées. Son extrême rapidité dans l’exécution de portraits a été particulièrement remarquée, et Joachim von Sandrart raconte à ce sujet que Backer termina en un seul jour un portrait à mi-corps et en grande toilette d’une dame, si vite qu’elle put rentrer le jour même à Haarlem. Parmi ses portraits les plus remarquables, on peut citer le Jeune Garçon en gris (1634 – Mauritshuis, La Haye) ou ceux de Johannes Wtenbogaert (1638) et de Johannes Lutma (v.1639-1651 – les deux se trouvent au Rijksmuseum d'Amsterdam). Il exécuta également le portrait de son collègue Bartholomeus Breenbergh. En 2009, un Double Portrait d'un marchand soyeux et de sa femme était redécouvert ; le tableau se trouve au Musée-Hôtel Le Vergeur, à Reims[7]. Backer a dessiné en outre des nus et des études de mains et de pieds remarquables.

Officiers et autres arquebusiers du "wijk V" à Amsterdam sous le commandement du capitaine Cornelis De Graeff et du lieutenant Hendrick Lauwrensz, 1642 (Rijksmuseum, Amsterdam).

Backer est l'auteur de quelques portraits de groupe (on en dénombre quatre). Après son retour de Leeuwarden en 1633, l’orphelinat civil d’Amsterdam lui commanda un portrait des régentes de l’institut ; cette œuvre, qui vaudra la célébrité à son auteur, est aujourd’hui conservée à l’Amsterdams Historisch Museum (musée qui occupe en fait les bâtiments de l'orphelinat en question). Le portrait de groupe d’arquebusiers (la schutterij) La Compagnie de Cornelis De Graeff se trouve au Rijksmuseum à Amsterdam où, pendant longtemps, il fut accroché au même mur que la célèbre Ronde de nuit de Rembrandt.

Granida et Daifilo, v.1635 (Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg).

En plus d’avoir été un important portraitiste – environ soixante-dix portraits peuvent aujourd’hui lui être attribués avec certitude –, Backer réalisa également avec un talent certain des tableaux à sujets religieux, mythologique ou littéraire.

Il s’intéressa en particulier en la représentation de scènes pastorales, comme Granida et Daifilo (d'après la pièce de Hooft), dont il réalisa au moins deux versions, ou le Couronnement de Mirtillo (inspiré par le Pastor Fido de Giovanni Battista Guarini), sujet d’un tableau de 1641 aux dimensions imposantes (250 × 250 cm) et qui se trouve aujourd’hui conservé au Muzeul national Brukenthal de Sibiu-Hermannstadt (Roumanie).

Style pictural[modifier | modifier le code]

Venus et Adonis , v.1650 (Museum Schloss Fasanerie, Eichenzell)


Le style de Backer est caractérisé par la retenue, une couche de peinture lisse et mince, presque transparente, et une facture ornementale. Son traitement de la lumière est le plus souvent moins diffus que chez Rembrandt, dont cependant il s’inspira visiblement. Durant les années 1640, Backer semble avoir emprunté à Bartholomeus Van der Helst les tons clairs et frais, mais ses dernières œuvres témoignent encore de l’influence de Rembrandt[6].

Dans les œuvres de Backer, les paysages sont la plupart du temps absents, au mieux ils sont suggérés par un élément – comme un arbre, un bâtiment – traité de façon relâchée et placé sur un fond relativement uni.

Exposition[modifier | modifier le code]

En 2008-2009, une exposition consacrée aux œuvres de Backer a été présentée successivement à la Rembrandthuis d’Amsterdam (29/11/2008–22/02/2009) et au Suermondt-Ludwig-Museum d’Aix-la-Chapelle (12/3/2009-7/6/2009). Cette rétrospective regroupait trente-trois peintures et vingt dessins de l’artiste[4].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pour les dates, cfr. Rijksbureau voor Kunsthistorische Documentatie – RKD.
  2. a, b et c Allgemeines Künstlerlexicon (1992).
  3. a et b A. Van der Willigen et F.G. Meijer (2003).
  4. a et b Codart.
  5. B. Broos, et al. (1986), p. 130.
  6. a et b Getty.
  7. Tribune de l’Art (2009).

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie complémentaire[modifier | modifier le code]

  • (de) Kurt Bauch, Jakob Adriaensz. Backer : ein Rembrandtschüler aus Friesland, Grote'sche Verlagsbuchhandlung, Berlin, 1926.
  • (nl) J. Giltaij, « Jacob Backer », dans Albert Blankert et al., Hollands classicisme : in de zeventiende-eeuwse schilderkunst, Museum Boijmans Van Beuningen, Rotterdam, 1999 (ISBN 90-5662-120-3), p. 160.
  • (en) Walter Liedtke, Dutch Paintings in the Metropolitan Museum of Art, New York, Metropolitan Museum of Art, 2007 (ISBN 978-1-588-39273-2).
  • (nl) Jaap Van der Veen, Peter Van den Brink, Michiel Kersten, Jacob Backer (1608/09-1651), Waanders, Zwolle, 2008 (ISBN 978-90-400-8558-1). – Catalogue d’exposition Rembrandthuis, Amsterdam - Suermondt-Ludwig-Museum, Aix-la-Chapelle, 2008/2009.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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