Merlot

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Merlot N
La photographie couleur représente un pied de merlot juste avant vendange. Le gros plan est focalisé sur la zone des grappes. Les grains sont noirs bleutés recouverts de pruine mate. Le tronc du cep est tuteuré sur un fer à béton torsadé.
Grappes de merlot
Caractéristiques phénologiques
Débourrement 2 jours après le Chasselas
Floraison À compléter
Véraison À compléter
Maturité 2 semaines et demie après le Chasselas
Caractéristiques culturales
Port À compléter
Vigueur Cépage vigoureux. Il a tendance à émettre des pampres sur le tronc
Fertilité À compléter
Taille et mode
de conduite
À compléter
Productivité À compléter
Exigences culturales
Climatique Climat océanique tempéré sans sécheresse
Pédologique Marne
Potentiel œnologique
Alcoolique Bonne
Aromatique Fruits noirs (mûre, cassis), rouge, épices[1]

Le merlot N[2] est un cépage de cuve noir français. Utilisé traditionnellement dans le Bordelais, ses qualités lui ont permis de gagner le vignoble du sud-ouest et du Languedoc-Roussillon. Expatrié en Italie et en Suisse, il l'est également dans les pays producteurs comme les États-Unis (Californie), l'Afrique du Sud, l'Argentine...

Cépage d'assemblage à Bordeaux, il apporte rondeur et tanins souples à l'austérité du cabernet sauvignon jeune. Sa culture prépondérante dans certains domaines du vignoble du Libournais ont conduit à essayer de le vinifier en solo. Les résultats très intéressants en ont fait un des principaux acteurs en vin de cépage.

Origine[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

Il fait partie de la famille des Carmenets. Il pourrait venir du Vignoble du Libournais où il est cité pour la première fois en tant que "merlau". Son nom pourrait provenir du merle (en occitan, le merlòt est un petit merle) de par sa couleur noire comme les merles, ou du goût de ces derniers pour le raisin[3].

Il n'est formellement identifié comme cépage qu'au XVIIIe siècle. Il apparaît en 1789 dans la collection du jardin du Luxembourg sous le nom de bigney rouge[4].

Sa sensibilité vis-à-vis de la coulure en fait un cépage de seconde catégorie. C'est le phylloxéra qui va provoquer son essor. Le greffage du malbec N donne une grosse production de raisins, aqueux et très sensible à la pourriture. C'est donc le merlot N qui va lui succéder pour apporter rondeur, finesse et complexité au cabernet-sauvignon N. La sélection clonale va améliorer sa régularité de production dans les années 60. Il devient alors un cépage facile à cultiver et à vinifier, donnant un vin complexe, facile à boire et qui ne nécessite pas de long vieillissement, même s'il se conserve longtemps.

Son homogénéité morphologique prouve une origine récente: en ampélographie, un cépage créé il y a 2 ou 3 siècles est jeune en comparaisons à certains cépages connus depuis les Romains. La preuve en est apportée en 2009. Une équipe de génétique de l'Université de Californie à Davis et de l'INRA de Montpellier a trouvé l'origine génétique du merlot N. Il s'agit d'un métissage intraspécifique entre le cabernet franc N et la magdeleine noire des Charentes N[5]. Le merlot est donc le plus jeune cépage bordelais[6].

Aire de répartition de kamasutra[modifier | modifier le code]

Il est devenu au cours des années 2000-2010, le premier cépage rouge mondial avec près de 250 000 hectares[7].

Sa diffusion dans le monde viticole et le volume de production devraient continuer à croître au cours des prochaines années, notamment en Argentine et en Chine.

France[modifier | modifier le code]

La photographie couleur montre des ceps de vigne palissés sur fil de fer et terrain sablonneux. En arrière-plan, un clocher un peu flou laisse deviner un village.
Vignoble de Pétrus, un domaine planté à 95 % de merlot.

La surface plantée dans le vignoble français est aujourd'hui supérieure à 100 000 ha, dont environ 68 000 ha dans le Bordelais et le Sud-Ouest et 25 000 ha en Languedoc-Roussillon, ce qui en fait le cépage le plus cultivé en France (source : recensement agricole 2000).

En France il est surtout présent dans le Bordelais, le Sud-Ouest en AOC (il donne leur rondeur aux assemblages du cahors), et dans le Languedoc-Roussillon en vin de pays. Il est le cépage presque exclusif de l'AOC Pomerol, et est prépondérant dans l'AOC Saint-Émilion.

Reste de l'Europe[modifier | modifier le code]

En Suisse, il est surtout présent dans le Tessin. Il y occupait 300 ha en 1991[4]. Il donne des vins moins puissants et plus clairs que dans le Bordelais[réf. nécessaire].

En Italie, c'est essentiellement en Toscane, en Vénétie, au Frioul et dans le Latium qu'il s'épanouit. Il occupait 29 000 ha en 1990[4].

En Europe de l'est, il est cultivé en Bulgarie sur 9500 ha, en Hongrie sur 1000 ha, en Moldavie, en Roumanie sur 10 000 ha ou en Slovénie.

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Il est aujourd'hui cultivé aux États-Unis en Californie, à New-York (Long Island).

Comme le Chardonnay et le Cabernet-Sauvignon, il fait partie des cépages que les producteurs et négociants californiens ont cherché le plus à adapter à leur culture et leur marché, à l'aide notamment du marketing, de la viticulture et de l'oenologie contemporaine. Des entreprises comme Gallo ou Mondavi ont eu depuis 40 ans un rôle de pionniers en matière d'industrialisation et de commercialisation[8].

Variabilité génétique[modifier | modifier le code]

Clones[modifier | modifier le code]

La prospection a parcouru les vieilles vignes du vignoble de Bordeaux. Elle a abouti à la constitution d'une collection importante au domaine INRA de Vassal. (47 clones[9]). La chambre d'agriculture de Gironde a créé quatre collections en 1958, 1966, 1988 et 1999 qui rassemblent 294 clones[3].

Dans ces collections, quinze clones ont été homologués pour la production. Les numéros 181, 182, 184, 314, 342, 343, 346, 357, 348, 349 et 519 sont les plus multipliés. La surface de vignes mères de greffons et en constante augmentation depuis les années 1980.

Métis[modifier | modifier le code]

En 1981, l'INRA de Bordeaux Grand Parc a homologué l'arinarnoa N, cépage issu du métissage du merlot N et du petit verdot N. Non reconnu en AOC, ce cépage a été créé pour améliorer la qualité et la régularité de production dans les vignobles de vin de pays.

Le merlot blanc B n'est pas la forme blanche du merlot N, mais il est issu du métissage du merlot N et de la folle blanche B[7].

Synonymes[modifier | modifier le code]

Le merlot est connu sous les noms bégney, bigney, bigney rouge, crabutet, langon, médoc noir, merlau, merle petite, merlô, merlot noir, merlott, odzalesi, petit Merle, plant du Médoc, plant Médoc, Saint-Macaire, sème de la Canau, sème Dou Flube, sémillon Rouge, semilhoun rouge, vitraille.

Caractéristiques ampélographiques[modifier | modifier le code]

La photographie couleur représente une feuille en gros plan. La forme est caratéristique mais la luminosité fait paraître la couleur plus claire qu'elle n'est en réalité.
Feuille de merlot N

Le bourgeonnement est cotonneux blanc à liseré rouge et les jeunes feuilles sont de couleur verte. Le rameau herbacé est de couleur uniforme.

Les feuilles adultes comportent cinq à sept lobes bien marqués, cunéiforme, de taille moyenne, vert foncé, à sinus pétiolaire en U, parfois bordé par la nervure. Le limbe est limité par des dents droites à convexes ; il est bullé, et gaufré.

Les grappes sont généralement ailées et moyennement grandes. Les baies sont moyennes et rondes.

Aptitudes[modifier | modifier le code]

Culturales[modifier | modifier le code]

Il est de deuxième époque, deux semaines et demie après le Chasselas B. Il est vigoureux et émet des gourmands sur le bois. La production est moyenne à élevée, et nécessite d'être modérée par un éclaircissage les premières années. Il a un port retombant qui nécessite un bon palissage.

Il est bien adapté aux terres argileuse ou argilo-calcaires, tout en évitant les terres trop fertiles (excès de rendement) ou limoneuses (coulure importante). En règle générale, il doit être planté en terrain pas trop riche sur un porte greffe peu vigoureux.

Sensibilité[modifier | modifier le code]

Il est sensible à la carence en potassium, et moyennement à la chlorose. Il est sensible aux gelées printanières (précocité de débourrement) mais surtout à la sécheresse (nécessité d'un sol sans carence hydrique ou irrigué).

Il craint le mildiou, le black-rot et la pourriture grise de la grappe. Il extériorise moins les symptômes de maladies du bois (esca, eutypiose, flavescence dorée) que le cabernet, une raison parmi d'autres de l'augmentation de sa proportion dans l'encépagement bordelais.

Aptitudes œnologiques[modifier | modifier le code]

Cépage très en vogue, il doit son succès à un ensemble de qualités étonnantes :

  • Précocité : c'est un avantage pour la maturité lors des années à automne pluvieux.
  • Production régulière, sauf année à exceptionnelle coulure.
  • Facilité de culture : il supporte des sols variés ou des densités de 3500 à 10000 ceps par ha.
  • Relative résistance aux maladies du bois.
  • Facilité de vinification : peu sensible à l'oxydation, aptitude à l'élevage en cuve ou en barrique.
  • Facilité d'adaptation : il donne de bons vins partout où il est planté. Même en zone peu viticole, on peut en tirer un produit honorable.
  • Il a des arômes bien caractérisés qui le font reconnaitre des non-initiés. Son nom a la notoriété d'une marque, raison de son succès en vin de cépage. Même s'il se conserve bien, il peut être bu rapidement.
  • Il permet de produire des vins de soif, fruités, fins et colorés ou des vins de garde amples, structurés et complexes.
  • Il peut être utilisé seul pour produire un vin de cépage ou en assemblage avec du cabernet-sauvignon ou du cabernet franc, il donne des vins amples et complexes, caractéristiques du Bordelais en général.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Cépage merlot », Site œnologie.fr (consulté le 31 janvier 2011)
  2. « Code d'identification des cépages préconisé par le World Information and Early Warning System » (consulté le 31 janvier 2011)
  3. a et b www.gironde.chambagri.fr/Bibliographie/.../C%E9pages_rouges_merlots.pdf
  4. a, b et c "Guide des cépages, 300 cépages et leurs vins", Ambrosi, Dettweiler-Münch, Rühl, Schmid et Schuman, éditions ULMER, 1997. (ISBN 2-84138-059-9)
  5. http://www.monaoc.com/document.asp?alc=n&t=2&id=9463&p=1
  6. « Le merlot », Site monaoc.com (consulté le 30 janvier 2011)
  7. a et b « Merlot, la découverte du chainon manquant », Institut français de la vigne et du vin (consulté le 31 janvier 2011)
  8. Julien Lefour, Comment les cépages de tradition française deviennent des vins californiens ?, Communications, n°77, 2005, 16 p. (Centre Edgar Morin - EHESS). Consultable gratuitement sur http://www.persee.fr
  9. http://bioweb.ensam.inra.fr/collections_vigne/Intro.php?section=variete&cle=326

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Galet: Dictionnaire encyclopédique des cépages Hachette Livre, 1. édition 2000 ISBN 2-01-236331-8
  • Julien Lefour, Comment les cépages de tradition française deviennent des vins californiens ?, Communications, n°77, 2005, 16 p. (Centre Edgar Morin - EHESS). Consultable gratuitement sur http://www.persee.fr
  • "Guide des cépages, 300 cépages et leurs vins", Ambrosi, Dettweiler-Münch, Rühl, Schmid et Schuman, éditions ULMER, 1997. (ISBN 2-84138-059-9).
  • Pierre Galet: Dictionnaire encyclopédique des cépages Hachette Livre, 1. édition 2000 ISBN 2-01-236331-8
  • Catalogue des variétés et clones de vigne cultivés en France, édition du Ministère de l'Agriculture et de la pêche, 1994.

Articles connexes[modifier | modifier le code]